Roy Ward Baker (1916–2010)

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés avant 1980.

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bruce randylan
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Roy Ward Baker (1916–2010)

Post by bruce randylan »

Hop ! Création de topic sur cet excellent artisan du cinéma anglais qui fut l'assistant d'Hitchcock, connut une brève carrière américaine avant de revenir en Angleterre où il tourna quelques fleurons du cinéma local comme sa fabuleuse adaptation du naufrage du Titanic Atlantique, latitude 41°, le mémorables film de science-fiction Les monstres de l'espace, les très funs 7 vampires d'or (co-production Shaw Brothers / Hammer Films), le savoureux The Anniversary (avec Bette Davis vacharde à souhait) ou le petit classique Docteur Jekyll & sister Hyde.

Night without sleep (1952) fait justement parti de sa carrière américaine.

Un homme se réveille dans sa maison sans se souvenir des évènements de la veille. Encore plongé entre un cauchemar et la réalité, il se demande s'il n'a pas tué quelqu'un

Le début est sensationnel avec cet homme qui sort d'un mauvais rêve et qui peine à démêler le vrai du faux. La caméra parvient à capter cet état d'instabilité émotionnelle avec des décors vides, une focale qui semble légèrement déformer l'architecture ou une photographie sombre qui ne permet pas d'établir de repère temporel. Et puis il y a le trop rare Gary Merrill, magnétique ici dont la voix off ténébreuses, craintive et angoissée rajoute une dimension supplémentaire à ce malaise impalpable.

On le devine, et on le craint, le film sera raconté par une succession de flash-backs qui nous donneront des clés de compréhensions. Et malheureusement, inévitablement, ces flash-backs se font de plus en plus longs... et de plus en plus assommants.
De quelques minutes pour le premier, on dépasse rapidement la dizaine de minutes pour des séquences trop redondante où le héros, écrivain has-been et alcoolique, oscille entre sa femme, sa maîtresse et un nouvel amour idéalisé.
Les retours au "temps présent" sont toujours aussi efficaces et permettent de prendre un peu de respiration avant de replonger en apnée dans le passé. C'est dommage car le film ne dure que 77 minutes et la seconde moitié semble presque durer le double !
Un meilleur équilibre aurait été vraiment bénéfique et aurait renforcé la paranoïa du héros. D'ailleurs les dernières minutes renoue avec le brio initial quand on découvre la vérité (qui n'était pas non plus trop difficile à deviner). La réalisation est en tout cas inspirée et rappelle l'économie de moyen d'un Ulmer avec cette même science de l'impact et de l'épure. L'ultime scène a d'ailleurs vraiment la classe, ce qui ne fait que confirmer un certain sentiment de gâchis.

Edit : Et les chroniques du site sur

Troublez moi ce soi

Atlantique, latitude 41°

Docteur Jekyll & sister Hyde
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Commissaire Juve
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Re: Roy Ward Baker (1916–2010)

Post by Commissaire Juve »

Je savais bien que je connaissais ce nom.

De lui, j'ai The One that Got Away / L'Evadé du Camp 1 (1957) avec Hardy Krüger. Un des rares films de guerre à papa que je trouve encore regardables (car on y voit les choses du côté d'un ennemi).
La vie de l'Homme oscille comme un pendule entre la douleur et l'ennui...
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Alexandre Angel
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Re: Roy Ward Baker (1916–2010)

Post by Alexandre Angel »

bruce randylan wrote:comme sa fabuleuse adaptation du naufrage du Titanic Atlantique, latitude 41°
à laquelle James Cameron pique pas mal de plans, à la limite même du plagiat (ce qui ne retire rien à la classe de la mise en scène).
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hellrick
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Re: Roy Ward Baker (1916–2010)

Post by hellrick »

De ce que j'ai vu:

EXCELLENTS:

1958 : Atlantique, latitude 41° (A Night to Remember)
1971 : Dr. Jeckyll et sister Hyde (Dr. Jekyll and Sister Hyde)

TRES BONS:

1967 : Les Monstres de l'espace (Quatermass and the Pit)
1972 : Asylum sur un scénario de Robert Bloch
1974 : Les 7 Vampires d'or (The Legend of the 7 Golden Vampires) :D

BONS
1968 : The Anniversary
1973 : Le Caveau de la terreur (The Vault of Horror)

MOYENS:
1970 : The Vampire Lovers
1970 : Les Cicatrices de Dracula (Scars of Dracula)
1973 : And Now the Screaming Starts!

MEDIOCRES:
1969 : Alerte Satellite 02 (Moon Zero Two)
1980 : Le Club des monstres (The Monster Club)
Critiques ciné bis http://bis.cinemaland.net et asiatiques http://asia.cinemaland.net

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bruce randylan
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Re: Roy Ward Baker (1916–2010)

Post by bruce randylan »

Commissaire Juve wrote:Je savais bien que je connaissais ce nom.

De lui, j'ai The One that Got Away / L'Evadé du Camp 1 (1957) avec Hardy Krüger. Un des rares films de guerre à papa que je trouve encore regardables (car on y voit les choses du côté d'un ennemi).
Celui-là fait partie du stock prenant la poussière en attente d'être vu (avec la piste infernaleet le club des monstres).

Je note Asylum d'autant que je n'en ai jamais entendu parlé. :)
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Profondo Rosso
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Re: Roy Ward Baker (1916–2010)

Post by Profondo Rosso »

Réalisateur que j'aime beaucoup aussi, habile dans tous les registres ! Je remets quelques avis ici

Highly Dangerous de Roy Ward Baker (1950)

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Un film d'espionnage aussi fantaisiste qu'efficace que ce Highly Dangerous . Margaret Lockwood est ici une entomologiste que les services secrets britanniques envoient dans un pays de l'est pour étudier les insectes d'un laboratoire local soupçonnés d'être modifié génétiquement pour une attaque biologique. A partir de ce pitch nous sommes partis pour 85 minutes trépidantes, inventives et bourrées de rebondissements inventifs. Au départ avec cette scientifique sérieuse on a le sentiment que Margaret Lockwood délaisse les rôles piquant qui ont fait sa renommée mais quelques indices laissent poindre que ce ne sera pas tout à fait le cas. Elle refuse la mission qui lui est proposée dans un premier temps mais le script révèle les lubies de cette femme rangée lorsqu'on nous la montre surexcitée au volant par un serial radio d'espionnage qu'elle écoute pour le narrer à son neveu avec moult détails.

On ne s'embarrasse pas trop de réalisme (pas de formation au terrain, un rapide briefing et elle est dans l'avion) et on se trouve déjà dans cette république totalitaire hostile. Roy Ward Baker instaure d'emblée une atmosphère oppressante notamment lors de l'arrivée de Margaret Lockwood (dont le jeu anxieux fait merveille) à la gare où la photo de Reginald H. Wyer joue superbement sur les ombres pour y rendre la moindre silhouette menaçante. Autre atout de taille, Marius Goring grimé et bien vieilli qui campe un mémorable méchant avec ce chef de police à la bonhomie de façade et assez redoutable et perspicace. Le début voit le piège se refermer sur Margaret Lockwood dont le contact est rapidement tué et qui se retrouve aux mains de la police locale. On aura droit à une éprouvante scène d'interrogatoire (ou le montage percutant d'Alfred Roome fait merveille pour traduire la confusion de l'héroïne) avant qu'un étonnant rebondissement nous emmène dans une direction inattendue. Soumise à un sérum de vérité, Margaret Lockwood pour ne rien révéler se réfugie dans son inconscient et fusionne sa personnalité avec celle du héros radio qu'elle écoutait au début (ce qui est annoncé subtilement précédemment lorsqu'elle choisit Frances "Conway" comme couverture soit le même nom que le personnage radio). Stupéfaction alors notre frêle et fragile héroïne se métamorphose pendant près d'une demi-heure en quasi barbouze totalement casse-cou laissant son seul allié le journaliste Bill Casey (Dane Clarke) complètement dépassé.

Totalement fantaisiste sur le papier, l'argument fonctionne parfaitement à l'image grâce à l'efficacité et au rythme soutenu qu'instaure Baker ne nous laissant pas réfléchir à l'improbabilité de la chose. Margaret Lockwood est excellente pour exprimer ce basculement passant de la fébrilité apeurée à la détermination sans faille et comiquement on a parfois l'impression que c'est Dane Clarke qui remplit le cliché de figure "féminine" peinant à suivre le héros énergique (même si les choses rentrent un peu plus dans l'ordre sur la toute fin). Le suspense est redoutable et les péripéties variées notamment une traque finale en forêt des plus palpitante et une fuite finale des plus fine. On sentait déjà le savoir-faire de Roy Ward Baker dont c'est un des premiers films et qui serait un touche à tous des plus doué du cinéma britannique notamment au sein de la Hammer. Excellent et très enlevé divertissement en tout cas. 4,5/6

Troublez moi ce soir (1950)

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Des clients fortunés d’un grand hôtel, appelés à se rendre à une soirée, font appel à une baby-sitter pour garder leur fille. Leur choix se porte sur Nell, la nièce du garçon d’ascenseur, une jeune femme gentille et discrète d’apparence. Mais Nell se révèle vite être une personne psychologiquement instable. Ce que va découvrir un voisin de chambre, d’abord attiré par sa beauté et son mystère.

Après une série de second rôles remarqués où elle sut faire apprécier ses talents d'ingénue au sex-appeal ravageur (Quand la ville dort de John Huston en 1950, All About Eve de Mankiewicz (1950), Chérie, je me sens rajeunir de Howard Hawks (1952)) Don't Bother to Knock était donc pour la Fox un véhicule idéal pour mettre en valeur la star montante qu'était Marilyn Monroe. Celle-ci saura exploiter son physique avantageux vers une noirceur surprenante l'année suivante en jouant la vénéneuse femme fatale de Niagara (Henry Hathaway, 1953) et annonce déjà son penchant pour les personnages troubles en jouant cette fois de sa vulnérabilité dans Troublez-moi ce soir. Elle est d'ailleurs le principal atout de ce petit thriller à l'intrigue simple. Elle campe ici Nell, une jeune femme appelée pour faire la baby-sitter des riches clients d'un hôtel par à l'entremise de son oncle garçon d'ascenseur. Dès sa première apparition, une sourde angoisse et un certain malaise semble se dissimuler derrière ses manières douces, ce qui va dangereusement se vérifier. D'une gentillesse forcée avec la fillette qu'elle garde, elle va d'abord arborer tenues et bijoux de ses patrons et prolonger son fantasme en séduisant le voisin d'en face, Jed (Richard Widmark) en froid avec sa petite amie.

Il faut toute la conviction de Richard Widmark et Anne Bancroft (dans son premier rôle) pour s'intéresser au sort du couple au second plan dans ce récit en huis-clos alors que l'on est captivé dès que Marilyn est à l'écran. De son visage triste et allure fragile peuvent surgir en un instant le regard et le geste le plus menaçant (glaçant moment où la petite fille est suspendue à la fenêtre) et quand elle fait son numéro de vamp séductrice parait constamment ailleurs, extérieure aux évènements dans une quête indistincte d'affection.Il en faudrait peu pour que le film s'aventure dans des territoires plus inquiétants mais la mise en scène trop sage d'un Roy Ward Baker qu'on a vu plus inspiré (malgré quelques moments réussis comme la silhouette de Nell formant une ombre terrifiante pour la petite fille recroquevillée dans son lit) et le script unidimensionnel atténue tout ce potentiel. Reste donc une Marilyn fébrile qui déjà brille à susciter la compassion et l'empathie malgré les actions néfastes de son personnage, plus victime que criminelle. Il est vraiment dommage qu'elle n'ait pas eu l'occasion creuser ce registre par la suite mais à elle seule elle assure la postérité de ce Troublez-moi ce soir. 4/6

L'évadé du camp 1 (1957)

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Seconde Guerre mondiale, 5 septembre 1940, lors des opérations de la Bataille d'Angleterre. L'aviateur allemand Franz von Werra, abattu au-dessus de l'Angleterre, est fait prisonnier. Il ne fournit aucun renseignement aux officiers qui l'interrogent et, de surcroît, parie avec l'un d'eux qu'il s'évadera bientôt et regagnera l'Allemagne. Interné au 'camp n° 1' de Grizedale Hall (Lancashire), il s'enfuit effectivement peu après puis, repris et transféré dans un autre camp, il s'évade à nouveau...

Durant les années 50 et hors du contexte propagandiste qu’incluait la Seconde Guerre Mondiale, le cinéma se plut à offrir des biopics des grandes figures militaire allemandes du conflit. Parmi les plus fameux on pense à l’excellent Le Renard du désert (1951) d’Henry Hathaway, captivant portrait de Rommel joué par James Mason. L’évadé du camp 1 s’attarde sur une icône oubliée, l’aviateur Franz Von Werra resté célèbre pour avoir été le seul prisonnier de guerre allemand qui réussit à s’évader des geôles britannique et à rentrer au pays au terme de mémorables aventures. Avant même ces exploits, Von Werra est un personnage romanesque en diable dont le parcours explique déjà les hauts faits à venir.Descendant d’une noble lignée allemande remontant au XIIIe siècle, Von Werra ne découvrira cette parenté qu’à l’adolescence, sa famille ruinée ayant dû le placer en adoption avec sa sœur Emma alors qu’il est bébé. Cette découverte le bouleverse et renforce son côté rebelle, le voyant fuir à la Nouvelle Orléans alors qu’il n’a que 18 ans, reprendre son patronyme de Von Werra puis s’engager dans la Luftwaffe en 1936. Là encore il se distinguera par son côté flamboyant, s’imposant comme un pilote chevronné, prenant un lionceau comme emblème et gonflant ses statistiques ce qui lui vaudra une certaine notoriété dans l’opinion publique allemande. Ce sont cependant ses spectaculaires évasions qui façonneront sa légende.

Le film de Roy Ward Baker élude en partie ce passif tout en parvenant à exprimer cette dimension excentrique et romanesque du personnage. Dès son crash en terre anglaise et son attitude hautaine face à ses geôliers, on comprend que l’on a affaire à un vrai personnage. Les anglais lui renverront d’ailleurs ce côté vantard en quête de lumière durant son interrogatoire et c’est véritablement par l’audace de ses évasions que le personnage devient progressivement une légende. Production anglaise, le film rivé à son héros est totalement dépolitisé, le parcours de Von Werra ne disant pas grand-chose de l’Allemagne d’alors (si ce n’est leur confiance et sentiment de toute puissance) et dénué de toute allusion au nazisme (les soldats allemands semble ainsi plus des troufions ordinaire que des fanatiques) contrairement par exemple au Caporal épinglé (1961) de Jean Renoir, saisissant portrait de la déconfiture française.On est ainsi captivé par les aventures de Von Werra sans pour autant ressentir de l’empathie grâce à l’interprétation magnifiquement opaque de Hardy Krüger le rendant aussi charmeur qu’insaisissable, ainsi obsédé par la fuite (le devoir d'un prisonnier de guerre est de s'évader tel est son leitmotiv annoncé d'entrée).. Les évasions iront en crescendo spectaculaire, témoignant à chaque fois d’une facette de la personnalité singulière de Von Werra. Ayant parié une caisse de champagne au chef de camp qu’il s’évaderait, il s’exécute durant une promenade mais les rigueurs de la météo anglaise et la traque en campagne de l’armée et de la population anglaise auront raison de lui mais sa capture sera pleine de panache. Un panache qui se retrouve dans le meilleur moment du film, cette seconde évasion où il dupe son monde en se faisant passer pour un pilote hollandais et accède à l’aérodrome lui donnant accès au avion de chasse anglais. Le charme, le bagout et l’audace de Von Werra épate dans une longue séquence toute en duperie.

Après le sens du défi et l’audace, c’est la profonde détermination de Von Werra qui sera à saluer avec l’ultime évasion. Déporté au Canada, son ultime fuite, la plus improvisée, le verra traverser les paysages enneigés pour gagner les Etats-Unis alors encore pays neutre. Aucune traque ni ennemi duquel se cacher cette fois, l’échappée consistera à aller au bout de lui-même dans ce territoire hostile et glacial. Le personnage gagne enfin son statut héroïque nous faisant oublier son camp pour seulement voir un homme seul et déterminé face à la nature tel ce moment où il traîne une barque sur une interminable lande neigeuse. Epuisé, il trouvera tout de même la force pour un ultime bon mot et pied de nez lancé avec le plus beau des sourire. Une œuvre surprenante et un portrait finalement très original. Un des meilleurs rôles d’Hardy Kruger. 4,5/6
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Re: Roy Ward Baker (1916–2010)

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Les Monstres de l'espace (1967)

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Lors de travaux de prolongation de la ligne « Hobbs Lane » du métro londonien, les ouvriers font la découverte d'ossements fossiles emprisonnés dans la glaise ; les squelettes sont ceux d'humanoïdes de petite taille et au crâne développé. Par la suite, on découvre également un engin de grandes dimensions, fait d'un matériau extrêmement résistant et qui ne semble pas être du métal. L'armée pense qu'il s'agit d'un missile et fait évacuer la station de métro qui est devenue le centre de toutes les curiosités. Le professeur Quatermass, physicien réputé, est appelé à la rescousse pour étudier la question…

Le troisième volet des aventures surnaturelles du professeur Quatermass arrivait tardivement, près de dix ans après le second volet La Marque qui remporta pourtant un grand succès à sa sortie. Nigel Kneale avait pourtant dans la foulée écrit un troisième épisode avec Quatermass and the Pit qui comme les précédents fut produit sous forme de serial à la BBC en 1958. La Hammer en acquiert bien évidemment les droits et lance la préproduction du film où Val Guest et Brian Donlevy doivent rempiler pour une sortie prévue en 1963 sur un script de Nigel Kneale. Malheureusement, la Hammer a conclu un deal de distribution avec le studio américain Columbia qui n'a que faire de Quatermass et préfère continuer à exploiter le filon de l'épouvante gothique. Anthony Hinds (producteur des deux premiers films pour la Hammer) et Nigel Kneale soumettent un script à l'ambition plus modeste en 1964 mais la Columbia mettra à nouveau son veto. En 1966 la Hammer change de partenaire et signe un contrat de distribution avec Seven Arts et la Twentieth Century Fox, rendant enfin possible la production de Quatermass and the Pit. Nouveau maître du fantastique au sein du studio, Roy Ward Baker remplace Val Guest et Andrew Keir prend le relai de Brian Donlevy dans le rôle de Bernard Quatermass. Tous ces atermoiements n'auront pas d'effet sur la norme qualitative de la série puisqu'il s'agit du meilleur des trois épisodes.

Lors des travaux de prolongation de la ligne de métro Hobbs Lane, de mystérieux ossements ainsi qu'un engin d'un métal inconnu sont découverts. Quatermass dépêché sur place va aller de surprise en surprise en cherchant les origines de ces objets. Contrairement aux autres épisodes où tunnels de dialogues scientifique constituaient de vrais creux dans la montée du suspense, Roy Ward Baker nous tient près d'une heure en haleine autour de discussion théorique. Les ossements passent un temps pour des fossiles préhistoriques, avant que la reconstitution ne révèle des êtres humanoïdes disparus et l'engin d'abord pris pour une bombe allemande sa nature extraterrestre. Le ton oscille habillement entre la rigueur scientifique et un irrationnel plus indicible. Le scénario développe ainsi une théorie éculée depuis mais alors novatrice quant au passage d'aliens venus envahir la terre sans s'adapter à son atmosphère tout en provoquant les mutations qui conduiront à la naissance de l'Homme. Parallèlement cette idée prend un tour plus teinté de fantastique, Quatermass and the Pit étant le volet penchant le plus ouvertement sur Lovecraft. La menace ne vient plus du ciel mais des entrailles de la terre et de la nuit des temps tel les fameux "Grands Anciens" de Lovecraft, les visions de "l'Autre" évoquent les illustrations moyenâgeuses du Malin et la station de métro délestée d'un lettre donne Hobs soit démon en anglais. On retrouve même la nature d'horreur indescriptible dont le contact conduit à la folie, toutes les apparitions restant hors-champs (hormis sous formes de visions mentales, de reproduction ou de créatures éteintes on ne verra jamais l'extraterrestre/démon en action à l'image) et laissant les témoins aux confins de la folie. L'angoisse naîtra donc autant des théories scientifiques dont les conclusions conduiront à une thèse glaçante que du côté rituel et ancestral de la menace puisque cette zone aura été témoin de phénomènes étranges à travers les siècles dès qu'on approchait ce tunnel.

Même quand arrive l'heure des explications concrètes le mélange de science et d'occultisme domine et on devine où John Carpenter (qui n'a jamais caché son admiration pour le film) a pioché son inspiration pour son terrifiant Prince des ténèbres (1987). Les racines de l'invasion s'avèreront ancrée en l'homme de manière inattendue et très originale se déployant pleinement dans un final spectaculaire et cauchemardesque où enfin nous verrons la silhouette du mal absolu. Loin de la prestation antipathique (mais pas inintéressante) de Brian Donlevy, Andrew Keir campe un Quatermass bien plus attachant (et proche de la vision de Nigel Kneale), humaniste et vulnérable, constituant la meilleur incarnation du personnage. On tremble en voyant sa raison vaciller lors du climax et les seconds rôles s'avèrent remarquables : Julian Glover en militaire obtus niant l'évidence, l'anthropologiste flegmatique joué par James Donald et son assistante sensible au force occulte joué par la belle Barbara Shelley. Fascinant, original et terrifiant, le meilleur Quatermass et un grand classique Hammer. 5/6


The Vampire Lovers (1970)

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Un des derniers soubresauts d'une Hammer sur le déclin à l'orée des 70's. Une nouvelle fois Roy Ward Baker que la firme parvient à maintenir une vraie inventivité et exigence qualitative. Ici le scénario adapté d'une nouvelle de Sheridan Le Fanu dépeint les agissement d'une vampire qui introduit insidieusement les maisonnée de noble pour séduire et vider de leur sang les jeunes filles. Le grand élément novateur repose donc sur le saphisme ouvertement prononcé donnant une ambiance érotique troublante et plus du tout sous jacente comparé à d'ancien films Hammer. Ingrid Pitt incarne une vampire au charme vénéneux et hypnotique, et Baker ne se gêne pas pour dévoiler ses charmes lors de situations bien scabreuse tel cette scène où elle déniaise une jeune fille innocente qui ne comprend pas bien ce qui lui arrive et se laisse faire, finalement satisfaite. Un des atouts est de donner une certaine dimension tragique à l'intrigue grâce au sous texte lesbien, Ingrid Pitt malgré tout son vice semblant réellement tomber amoureuse des jeune fille qu'elle vide de leur sang. Le besoin de se nourrir n'empêche pas les sentiments de s'éveiller (même si le but de la provocation est plus de titiller le public masculin, nudité, corsage pigeonnant et postures indécentes sont légion) et la conclusion va clairement dans ce sens.

Roy Ward Baker délivre un bien bel objet, l'ambiance gothique même si moins prononcé que dans d'autres Hammer est superbement traduite avec un saisissante scène d'ouverture et un final flamboyant où Peter "Van Helsing" Cushing (qu'on voit peu) se charge d'embrocher de son pieu la vampire. Les scènes de cauchemars quasi expérimentales sont particulièrement inventives également. 4,5/6



Dr Jekyll and Sister Hyde (1971)

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Sur le déclin au début des 70's la firme Hammer tente de se renouveler à coup de pitch improbable, plus moderne et dans l'air du temps. Parfois c'est bien loupé (Les 7 vampires d'or coproduit avec la Shaw Brothers et mélangeant kung fu et gothique, Dracula 73 revival dans l'air du temps flashy et disco) et d'autres fois donne de belles réussites (Captain Kronos écrit par Brian Clements le créateur de Chapeau Melon et Botte de Cuir qui officie à nouveau ici) comme cette relecture brillante du roman de Stevenson. Les expériences du Docteur Jekyll ne le transforme donc plus en bestial Mister mais en vénéneuse et perverses Sister Hyde. Le scénario y mêle en le réinventant habilement le mythe de Jack l'éventreur (avec une pincée de Frankenstein pour la quête de cadavre de Jekyll nécéssaire aux transformations) en offrant une ambiance gothique à souhait dans un Londres nocturne et menaçant, dont le brouillard dissimule des dangers innommables. Le fameux récit de schizophrénie se voit teinté d'une bonne dose de trouble sexuel, avec un Jekyll attiré par les hommes, sa personnalité étant progressivement dominé par Sister Hyde qui elle déchaîne les passions dans la gente masculine. Les moments troublants sont légions lors des scènes d'amour même si le film n'ose pas aller totalement au bout de son idée avec une vraie relation sexuelle de Sister Hyde avec un homme.

La magnifique Martine Beswick est absolument vénéneuse en Sister Hyde, look flamboyant en robe rouge, un regard brûlant et son visage anguleux et androgyne permet de conserver la confusion des identités sexuelles. Très belle et inventive réalisation de Roy Ward Baker qui en profite pour nous offrir quelques scène de meurtres bien brutales et sanglantes façon giallo (les élans haineux de Sister Hyde sont dévastateurs), s'inspirant des succès du moment et renouvelant bien le ton Hammer. 5/6
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Kevin95
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Re: Roy Ward Baker (1916–2010)

Post by Kevin95 »

bruce randylan wrote:
Commissaire Juve wrote:Je savais bien que je connaissais ce nom.

De lui, j'ai The One that Got Away / L'Evadé du Camp 1 (1957) avec Hardy Krüger. Un des rares films de guerre à papa que je trouve encore regardables (car on y voit les choses du côté d'un ennemi).
Celui-là fait partie du stock prenant la poussière en attente d'être vu
Perdu dans les Notez les films, j'en avais dit le plus grand bien. Film de guerre à la fois épique et ambiguë, filmé dans un noir et blanc superbe. Sinon...


NIGHT WITHOUT SLEEP (Roy Ward Baker, 1952) découverte

Le pitch de départ vend du rêve (ou du cauchemar) : un type se réveille beurré et se demande s'il n'a pas buté quelqu'un au passage. On pense à l’introduction de Detour d'Ulmer mais va falloir déchanter mes chatons car Night Without Sleep est surtout composé de flash-black en rafale et d'un sentimentalisme pompier. Car notre homme est un raté et tient à le répéter quinze fois à toutes les femmes de sa vie (©L5). Le film est alors une suite de conversations longues comme mon bras, entrecoupées par le personnage se demandant "mais qui j'ai tué au fait". Les paupières deviennent lourdes, on est prêt à lâcher l'affaire voir à bruler l'écran si le réalisateur nous fait le coup de rêve (on y pense, on y pense) mais le malin glisse trois gouttes d'arsenic dans sa tisane et glisse à l'oreille du spectateur qu'il n'est pas impossible que son nigaud de personnage (interprété par l'invisible Gary Merrill) soit un léger psychopathe du dimanche. De quoi donner envie de rembobiner le film et de se refarcir les tunnels verbeux avec cette double lecture. Ça ne rachète pas forcement les longueurs, mais ça donne un statut étrange au film. Un cadavre dans le placard qui sort la péloche du néant, même si la photo est superbe, la mise en scène carrée et Linda Darnell excellente (une révélation). Pour complétistes des films noirs classiques.
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Re: Roy Ward Baker (1916–2010)

Post by nobody smith »

Le Club Des Monstres. Le dernier film de Roy Ward Baker n’a pas très bonne réputation mais je dois dire ne pas avoir passé un mauvais moment devant. Le début m’a plutôt séduit avec sa rencontre entre John Carradine et Vincent Price. On confie à ce dernier des dialogues complètement absurdes sur la généalogie des créatures ou la nature authentiquement monstrueuse des hommes. Avec quelqu’un d’autre ça serait certainement déplorable mais dans la bouche de Price, c’est complètement hypnotique. D’ailleurs, le film le démontre clairement avec un second degré à l’efficacité très variable. Faut dire que le film a trop tendance à bouffer à tous les râteliers. Moins qu’un chant du cygne, Le Club Des Monstres ressemble plus à une ultime tentative de rameuter le chaland en brassant large. On ne peut ainsi pas trop parler de film d’horreur. Il n’y a pas grand chose de terrifiant dedans, à l’exception peut-être du troisième sketch esquissant quelques frissons. Les histoires se fondent avant tout sur l’humour et de façon plus appréciable sur un certain sentimentalisme, les monstres ayant souvent le beau rôle. C’est probablement ce seul aspect qui me fait aimé le film, ajouté à une réalisation sans invention mais honnêtement exécutée. D’un autre côté, il faut se farcir les numéros musicaux entrecoupant chaque sketchs avec ses chansons craignos et déhanchements de figurants aux maquillages de Mardi Gras. Je retiens cela dit l’interprète de la deuxième chanson atteint de la maladie de la fellation du micro et que Baker prend de toute évidence un malin plaisir à filmer en un long gros plan.

Le Caveau De La Terreur. Autre film à sketch tourné quelques années plus tôt. On est ici moins tourné vers la gaudriole, même si le long-métrage ne se départit de cet inévitable humour noir inhérent aux histoires de Feldstein et Gaines. On reste ainsi sur des canevas classiques. Chaque segment est l’occasion de dépeindre un personnage tout à fait abject (un meurtrier voulant mettre la main sur un héritage, un psychorigique du rangement, un indécrottable incrédule, un vil arnaqueur, un peintre en quête de vengeance). Et naturellement, chacun paiera pour ses péchés non sans un délectable sadisme. Rien d’inoubliable en somme, d’autant plus que les histoires auraient pu être un peu mieux développées et l’emballage moins misérable (ah cet affrontement titanesque entre un septuagénaire et une corde). Cependant, le film offre ce qu’on attend de lui dans ce registre et reste fort plaisant pour cela.
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Re: Roy Ward Baker (1916–2010)

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The House In The Square. Un Roy Ward Baker différent de l’horreur précédemment exploré mais toujours enclin au canevas classique. The House In The Square est l’histoire d’un scientifique solitaire qui est transporté au XVIIIème siècle. Le début m’a assez surpris. Je m’attendais à ce que le voyage dans le temps soit considéré comme un simple prétexte. Or plutôt que de s’attarder à décrire la personnalité de son personnage principal, l’introduction prend surtout à cœur de poser tous les concepts scientifiques qui sous-tendront la structure à venir. Je me laissais croire que ce soin narratif pourrait faire échapper le film à des penchants trop traditionnels. Malheureusement, ça conduit surtout à le faire échouer sur tous les tableaux. L’histoire se déroule finalement de façon désespérément tranquille avec son protagoniste qui fout le boxon en étalant son savoir du futur de demain. Le résultat manque en plus de cohérence en illustrant la désillusion du héros sur cette époque qu’il a pourtant étudié en long en large et en travers. L’écriture manque donc de subtilité et finit par dépérir en l’absence de personnages forts. Ceux-ci ont trop peu de caractère pour être intéressants et l’interprétation guindée n’aide pas. La romance avait pourtant un beau potentiel mais aurait mérité un traitement autrement plus passionnel. D’ailleurs, au-delà de la transition NB/Couleur et de 2-3 moments disposant d’une vraie atmosphère (le final dans le cimetière), la mise en scène de Baker m’a paru plan-plan et se dépêtrant mal de l’origine théâtrale du projet. Regardable mais on est loin du petit bijou oublié. Sur un mode similaire, Quelque Part Dans Le Temps est autrement plus abouti.
"Les contes et les rêves sont les vérités fantômes qui dureront, quand les simples faits, poussière et cendre, seront oubliés" Neil Gaiman
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nobody smith
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Re: Roy Ward Baker (1916–2010)

Post by nobody smith »

Vu différents Baker ces derniers jours et l'intérêt de ses films est pour le moins variable.

L’évadé Du Camp 1. Je m’attendais à un film qui joue de façon plus maligne de son renversement de valeur en suivant les tentatives d’évasion d’un soldat allemand durant la seconde guerre mondiale. Le début m’y a fait croire dans son illustration d’officiers britanniques qui essaient de retourner l’ami Franz. Mais par la suite, on s’en éloigne et c’est plus le spectacle qui l’emporte. Cela dit, je ne m’en plaindrais pas parce que s’en est un rudement bon. Le vol de l’avion ou le climax muet sur la rivière gelée sont à cet effet des morceaux de suspense absolument remarquables.

Troublez-moi Ce Soir. Les histoires confinées ne sont décidément pas le fort de Baker. A l’instar de The House In The Square, il semble peu à l’aise dans l'exercice d'une mise en scène piégée entre quatre murs. Il y avait pourtant des choses à faire avec le microcosme de cet hôtel et toute cette construction autour de va-et-vient entre les chambres. Baker n’en fait qu’une sage utilisation, pas désagréable mais fade sur les bords. Tout ceci manque cruellement d’intensité, là où justement la psychologie perturbée du personnage principal féminin en appelait beaucoup plus. Je ne demandais à ce que ça tombe dans l’hystérique mais exacerber le danger et le pathétique du personnage n’aurait pas fait de mal. Heureusement, la prestation de Marilyn Monroe arrive à racheter pas mal de ces carences.

Les Masques De La Mort. Peter Cushing ne peut lui pas grand chose pour ce triste téléfilm de fin de carrière. L’acteur reprend une nouvelle fois le rôle de Sherlock Holmes pour une enquête sur fond de première guerre mondiale. Baker est de toute évidence en bout de course, ne masquant guère son manque d’intérêt pour ce job alimentaire. En se forçant, on peut trouver d’éphémères moments qui font illusion comme cette rencontre avec un clochard au doux parfum fantastique. Mais l’intrigue demeure désespérément morne et bavarde.
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shubby
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Re: Roy Ward Baker (1916–2010)

Post by shubby »

Asylum. Bon film à sketchs, avec en particulier celui du costume façonné pour faire revivre un mort. Histoire somme toute très classique, mais Baker la traite joliment au premier degré, soigne son ambiance et la présence de Peter Cushing ne gâte rien. Idem pour le court avec Rampling. Un peu déçu par Robert Bloch, je m'attendais à mieux à l'écrit, mais l'enrobage de l'asile en lui-même, très ludique, permet d'amener une conclusion plus que satisfaisante.
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Chapichapo
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Re: Roy Ward Baker (1916–2010)

Post by Chapichapo »

shubby wrote: 14 Mar 21, 16:12 Asylum. Bon film à sketchs, avec en particulier celui du costume façonné pour faire revivre un mort. Histoire somme toute très classique, mais Baker la traite joliment au premier degré, soigne son ambiance et la présence de Peter Cushing ne gâte rien. Idem pour le court avec Rampling. Un peu déçu par Robert Bloch, je m'attendais à mieux à l'écrit, mais l'enrobage de l'asile en lui-même, très ludique, permet d'amener une conclusion satisfaisante.
Et puis la belle idée anxiogène d'utiliser la composition à programme de Moussorgsky "Les tableaux d'une exposition" pour installer l'angoisse.
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shubby
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Re: Roy Ward Baker (1916–2010)

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Chapichapo wrote: 14 Mar 21, 16:34
shubby wrote: 14 Mar 21, 16:12 Asylum. Bon film à sketchs, avec en particulier celui du costume façonné pour faire revivre un mort. Histoire somme toute très classique, mais Baker la traite joliment au premier degré, soigne son ambiance et la présence de Peter Cushing ne gâte rien. Idem pour le court avec Rampling. Un peu déçu par Robert Bloch, je m'attendais à mieux à l'écrit, mais l'enrobage de l'asile en lui-même, très ludique, permet d'amener une conclusion satisfaisante.
Et puis la belle idée anxiogène d'utiliser la composition à programme de Moussorgsky "Les tableaux d'une exposition" pour installer l'angoisse.
C'est donc ça, merci. Je ne connaissais pas. Et le générique de fin est pour le moins épuré, chiche en infos.
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Jeremy Fox
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Re: Roy Ward Baker (1916–2010)

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