Notez les films naphtas

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés avant 1980.

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Kevin95
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THE MAN IN THE WHITE SUIT (Alexander Mackendrick, 1951) découverte

Le film de Mackendrick est à la fois une comédie burlesque, une fable sociale à la Capra et un drame. Le problème, c'est que tous ces genres se côtoient mais ne s'additionnent pas. Le réalisateur hésite, passe de l'un à l'autre par une petite passerelle visible à l'écran. Quand il a l'opportunité de pleinement embrasser l'un des genres, il fait machine arrière pour ne pas vexer les autres. Amusant mais pas drôle, touchant mais pas émouvant, la première heure retarde au maximum l'invention d'Alec Guinness sans pour autant combler le temps d'attente. Une fois le costume créé, Mackendrick a son sujet, choisit finalement le conte social et rattrape son retard dans la demi-heure qui suit, superbement complexe. Le monde a-t-il besoin de génie ? L'inventivité est-elle admise dans ce monde d'après-guerre qui n'aspire qu'au calme et la normalité ? Le réalisateur y répond par cette séquence où le scientifique est chassé par une meute de miliciens pour avoir osé créer. Une milice socialement disparate, composée de hauts bourgeois comme de prolétaires. Tous vont finir par rire de lui, par le déplumer au sens propre comme figuré. Mais cette union n'a pas le même but, les uns conserve leurs privilèges, les autres leurs emplois. La seule vraie victime, c'est la pensée, l'invention, l'imaginaire. Constat terrible, heureusement contrecarré par l’empathie du réalisateur pour son personnage principal qui, lunaire, ne voit pas qu'on ne veut pas de lui et qui court vers ses rêves sans regarder dans le rétroviseur. En une demi-heure tout se joue, alors tant pis pour la première heure. 7,5/10

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BELLO, ONESTO, EMIGRATO AUSTRALIA SPOSEREBBE COMPAESANA ILLIBATA (Luigi Zampa, 1971) découverte

Le cinéma n'est pas une science exacte. Prenez un grand cinéaste (Michael Powell tiens), une comédie romantique et un paysage australien de dépliant et vous avez un ratage (They're a Weird Mob). Prenez un cinéaste plus modeste (Luigi Zampa tiens) dans ces mêmes conditions et le bougre s'en sort avec moins de dégâts, voir avec quelques éclats. Faut dire qu'un duo Alberto Sordi/Claudia Cardinale ça pose un film et il suffit au réalisateur de lâcher son cabotin d'acteur et sa divine comédienne dans la nature pour obtenir un résultat concluant. Sordi est un italien qui tourne en rond en Australie, Cardinale une prostituée qui rêve de la grande vie, le téléphone arabe va les unir, enfin... l'un le sait l'autre pas. Un cadenas mignon et le film l'est indéniablement. Le duo marche à 300%, fait tout le charme du film même si le scénario a du mal à suivre. La banane tout le long du film, il est difficile de faire la fine bouche devant le métrage, qui plus est quand Piero Piccioni pond un score cocktail, qui entre dans l'oreille pour ne jamais en sortir. Un parfum de rom-com américaine (on pense à It Happened One Night) contrecarré par sa dernière demi-heure, plus mordante et italienne, où les deux personnages s'unissent non pas en acceptant les différences de l'autre (morale us) mais par défaut, par qu'elle ne peut pas rentrer en Italie, parce qu’il a déjà trop dépensé pour elle. S'en fout des coups de mou, des crises d'épilepsie longuets de Sordi, c'est du longue rigolo tout ce qu'il y a d'envoutant. 8,5/10
Les deux fléaux qui menacent l'humanité sont le désordre et l'ordre. La corruption me dégoûte, la vertu me donne le frisson. (Michel Audiard)
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GENTE DI RISPETTO (Luigi Zampa, 1975) découverte

Gente di rispetto est un film-dossier dont on aurait perdu la moitié du contenu. Il ne faut pas voir le film de Zampa comme un film-enquête rigoureux mais comme une variation étrange et perchée des films de Rosi ou Damiani, comme si Cadaveri eccellenti avait été réalisé par Mario Bava. Film de mafia mais surtout film mental (la présence de Leonardo Benvenuti et Piero De Bernardi futurs scénaristes de Once Upon a Time in America n'est pas innocente) et psychose d'une femme étrangère, introduite dans un monde d'hommes, de violence et de clichés. Le deux mâles importants répondent aux stéréotypes latins : l'amant moustachu jaloux (Franco Nero) et le patriarche (James Mason), forcément cultivé (sorte de vision grotesque du Burt Lancaster de Gruppo di famiglia in un interno), forcément au passé trouble (donc fasciste). Les morts se muent en mannequins sans que personne ne sourcille (surtout pas le réalisateur qui filme longuement ses êtes de cire), un nain apparait, la pluie intervient au moment le plus dramatique, les entrailles de la ville sont des labyrinthes, des visages aux fenêtres et un lourd silence dans une Sicile de carte-postale. Tout concourt à faire du récit un fantasme, encore moins son plan final qui ferme une boucle avec les premiers plans et qui ouvre l’hypothèse que tout ceci n'a jamais eu lieu en dehors de la tête de Jennifer O'Neill. Fascinant. 9/10
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LES CAPRICES DE MARIE (Philippe de Broca, 1970) révision

Variation plus sucrée du Roi de cœur, Les Caprices de Marie reprend les thématiques et la situation du film de 1966 : un village imaginaire, des excentriques comme habitants, un intru venant semer la discorde... Mais ici, ce n'est plus des fous lâchés dans la nature mais des citoyens tout aussi tarés mais de manière plus légitime, vivant en autarcie dans un monde sans âge et visiblement sans problème. Les rêves d’ailleurs de Marie vont bouleverser le quotidien du village comme le cœur de son instituteur un peu benêt (Noiret pardon... le grand Noiret). De Broca adoucit son trait, réduit (mais n'efface pas) sa mélancolie, travaille la corde doux-dingue de son cinéma et la vitesse qu'elle génère. Mais c'est là encore la tristesse qui reste et ce, même si tous les habitants hauts en couleur se fatiguent à rendre le film délirant. La musique de Delerue ne trompe personne, on participe à cette course tout en sachant qu'elle est perdue d'avance, on rit de bon cœur à la colère de Marielle pour oublier que le monde qu'il préserve n'hésite pas et l'on est ému comme tout lorsque ce brave Noiret ouvre la bouche. Si la partie américaine est clairement l’élément faible du film, c'est qu'elle n'est "que" comique alors que son réalisateur n'a pas le cœur à la déconnade. C'est aussi parce que le village a disparue de l'intrigue dont évidemment son centre émotionnel, son instit. Sans eux ce n'est pas pareil, avec eux c'est beau comme un Jour de fête avec les Marx Brothers. Trépidant certes, mais terriblement touchant. 8,5/10
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THE LAST MOVIE (Dennis Hopper, 1971) découverte

Le film qui crama la carrière (et peut-être un peu la vie) de Dennis Hopper. Sur un nuage après le carton (miraculeux) d'Easy Rider, sur un trône auprès des studios avec un carte blanche accordée par la Universal, sur des braises une fois le tournage commencé, The Last Movie était un échec écrit d'avance. Le tronche dans les stups, l'égo gonflé comme un ballon de baudruche, le cinéaste va se paumer au milieu de l'Amérique du Sud, les poches peines de pesos, et laisser son histoire de cascadeur dépressif se faire. Montage bordélique à souhait, AVC des producteurs et sortie salles torpillée par le studio (une poignée de ciné aux États-Unis et salut les copains) auront raison d'un film aujourd'hui quasiment invisible et un des derniers films maudit de cette période (Sorcerer est enfin rentré dans l'Histoire du cinéma). Que reste-t-il du trip d'Hopper alors même que son Easy Rider ne cesse d'être analysé dans tous les sens ? Sans aucune doute, son chef d’œuvre. Le terme fait snob, surtout pour un film introuvable, mais la pelloche colle au cerveau comme la coke colle au film. Imparfait, The Last Movie l'est assurément mais il ne cherche pas la perfection, il cherche le chaos, le bordel, le voyage avec embuches. Un titre qui n'intervient qu'au bout de 45 minutes, une situation qui ne s'éclaircit qu'au bout d'une heure avant de retomber dans une opacité, des personnages mal définis, une bizarrerie qui règne en maitre sont les composantes du métrage. Mais tout cela est porté, supporté, par une liberté dingue, par un réalisateur qui à priori se fout de tout mais qui s'acharne à retranscrire sa sensibilité, ses peurs et une forme de dépression post-succès et pré-descente de dope. L'influence godardienne est explicite, des citations directes renvoient à la mise en abyme et aux relations homme/femme du Mépris ou à la liberté anarchique de Pierrot le fou (sans oublier une scène de party et la présence de Samuel Fuller). En plus de JLG, Hopper fait des clins d’œil à Easy Rider via des cameos très discrets de Peter Fonda, comme un moyen de tisser un lien avec son premier film et en même temps de l'éloigner. Dans le champ mais pas dans plan. Dans l'esprit mais pas dans le cœur du film. Car le film joue contre Easy Rider, le cool a disparu, les États-Unis et le mythe aussi. The Last Movie joue surtout contre Hopper car il lui permet de se mettre à nu et de s'auto-détruire dans un projet voué à l’échec. Les derniers plans sont à ce titre déchirants, l'acteur/réalisateur met en scène sa mort de manière répétée, via une succession de rushs comme si tout le film n'était que la célébration d'une fin, de sa fin et de celle du Nouvel Hollywood. De fait, le bide monstrueux du film va faire de Hopper le premier cinéaste du Nouvel Hollywood à se bruler les ailes avant les Peckinpah, Scorsese, Cimino et (plus tard) Coppola. Oui, The Last Movie peut laisser beaucoup de monde sur le bas-coté par sa forme aride et son discours perchée mais il peut aussi toucher un très grand nombre et (enfin) sortir de son purgatoire. 9,5/10
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Profondo Rosso
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Fille d'amour de Vittorio Cottafavi (1953)

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Carlo Rivelli, jeune et fringant jeune homme issu d'une école d'ingénieur, marche sur les traces de son père, un industriel désargenté. C'est alors que Carlo rencontre la belle Margherita, une prostituée, qui n'a aucune peine à le séduire. Mais leur histoire d'amour naissante semble vouée à l'échec...

Si l'on se souvient surtout de Cottafavi pour ses péplums (La Vengeance d'Hercule (1960), Hercule à la conquête de l'Atlantide (1961), Messaline (1959)) et films historiques, il débuta dans un registre plus auteurisant et fut un maître du mélodrame comme le montre ce Fille d'amour. Le titre original Traviata '53 est plus parlant pour désigner ce qui est une adaptation contemporaine de La Dame aux camélias d'Alexandre Dumas fils. L'histoire bien connue de la courtisane entretenue tombant amoureuse d'un jeune homme sans le sou trouve donc son cadre dans l'aristocratie milanaise lorsque Carlo (Armando Francioli) croise la belle Rita (Barbara Laage). C'est réellement la puissance dramatique qu'apporte Cottafavi dans sa mise en scène et direction d'acteur qui donne toute sa force au récit qui déroule assez classiquement la célèbre trame de Dumas. Le début badin et cruel (le mépris dont fait l'objet le modeste Carlo face aux fêtards nantis milanais) voit le jeune héros n'observer et aimer Rita que de loin, aux antipodes de son monde et de ses aspirations. L'abnégation même de Carlo n'est vue que comme une tocade et un simple désir physique pour Rita jusqu'à une magnifique scène de premier baiser où Cottafavi capture la surprise sur le visage de la courtisane : elle comprend qu'elle est réellement aimée et va alors rendre ce baiser avec sincérité. La scène de séduction bascule vers la scène d'amour par ce revirement subtil. C'est avec ce même sens visuel que le réalisateur illustre le dépit amoureux, notamment ce panoramique sur la figure défaite de Carlo alors que Rita lui ment sur la nuit passée avec son "bienfaiteur".

A l'inverse toute la dimension sordide du train de vie de Rita reste hors-champ pour son aspect sexuel, l'environnement luxueux suffisant à traduire les ressources desquelles il est issu. Cottafavi place ainsi toute la facette mélodramatique hors-champs, la famille pauvre de Rita à aider, l'insistance de son riche amant et la pression sociale de la simili mère maquerelle jouée par Gabrielle Dorziat en restant à des esquisses douloureuses dont le tourment ne se dévoile que par la magnifique prestation de Barbara Laage. On ressent une véritable pudeur de Cottafavi pour son héroïne sacrificielle, le déterminisme social s'avérant plus explicite côté masculin avec la famille de Carlo. Cette retenue se ressentira dans le final où la douleur de Carlo est saisie à distance à la manière d'un Naruse dans ses grandes scènes dramatiques, la réelle flamboyance ne passant dans un long travelling en train où Rita accepte sa déchéance. Une belle réussite à laquelle Cottafavi parvient à amener une approche personnelle à une œuvre si souvent adaptée. 4,5/6
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Jeremy Fox
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La Coupe à 10 francs : Philippe Condroyer 1974

Dans la France provinciale des années 70, de jeunes ouvriers ébénistes sont harcelés par leur patron qui les obligent à se faire couper les cheveux sous peine de se faire renvoyer de l'usine.

Une chronique tout à fait réussie de la France profonde de cette époque (superbes séquences familiales entre autres, qui font penser à du Pialat) en même temps qu'un pamphlet social contre la 'dictature' de certains patrons qui imposent des lois arbitraires au sein de leur société. Un de ces films qui nous donnent envie de nous indigner et qui préfigurent les films de Laurent Cantet (Ressources humaines) ou des frères Dardenne (Deux jours une nuit) ; l'image finale est même d'une rare force là où on ne l’attendait pas si l'on ne connaissait pas le fait divers à l'origine de l'histoire. Les plans sur la triste campagne française hivernale sont d'une belle puissance d'évocation (notamment cette route boueuse d'où arrive le bus ramenant André à la maison familiale), la musique utilisée renforçant le côté un peu sordide mais authentique de l'ensemble. Jeunes inconnus très convaincants, scénario jamais ennuyeux, une formidable réussite.
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Re: Notez les films naphtas

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J'étais sur que ça te plairait !
"On peut revenir au sujet du topic ?" (Jack Carter)
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Kevin95
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Re: Notez les films naphtas

Post by Kevin95 »

Bon bah en bon dernier, faut que je me choppe le DVD. :oops:
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Post by Kevin95 »

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HIGH VELOCITY - Remi Kramer (1976) découverte

Premier et dernier film du dénommé Remi Kramer, rien avant, rien après, même pas une minuscule participation à la cantine d'un film, niet. Comprendre par là, qu'il s'est vu catapulter réalisateur sans rien sur le CV et s'est retiré du jeu une fois le bide du film consommé. Pourtant High Velocity a au moins le mérite d'arriver quelques années avant la mode des films de commandos (The Wild Geese ne sort que deux ans plus tard et on est encore bien loin des films 80's rejouant le Vietnam pour le compte de l'ami Ronald) puisque le film met en scène deux anciens du conflit engagés pour récupérer un haut costard cravate, enlevé par des salauds de coco d'un bled tropical. Mais le film se distingue de la majorité de ses confrères, en adoptant un point de vue plus à gauche, où les guérilleros sont dans leur bon droit, les bidasses sont victimes de chantage et où les dirigeants economico-politiques sont de parfaits enfoirés ne rêvant que de balayer tout ce merdier pour installer leur terrain de polo. L'introduction est d’ailleurs étonnante et nous montre la "victime" du rapt de la pire des manières, odieux, méprisant et terriblement tête à claques, on serait tenté d'applaudir fiévreusement lorsque les kidnappeurs sont en action. Intéressant donc, à défaut d'être passionnant, High Velocity souffre de l'inexpérience de son metteur en scène. Bavard, n'approfondissant jamais les questions les plus vives (comme le passé des personnages, la place de la multinationale dans le pays ou bien encore la fonctionnement du groupe de rebelles) et pauvre en action (en gros, tout le monde attend avant un bain de sang final mal filmé), l'ennui rode, les personnages ne cessent de regarder leur montre, on comprend pourquoi. Seulement, le point de départ intriguant, l'amitié entre Ben Gazzara et Paul Winfield ou la conclusion plutôt pessimiste, donnent une réelle personnalité au film. C'est raté en très grande partie, mais les complétistes du ciné us seventies peuvent s’arrêter à l'occasion sur cette péloche.
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Re: Notez les films naphtas

Post by AtCloseRange »

ça vaut pas Terminal Velocity...
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Flol
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Re: Notez les films naphtas

Post by Flol »

Kevin95 wrote:C'est raté en très grande partie, mais les complétistes du ciné us seventies peuvent s’arrêter à l'occasion sur cette péloche.
Et les complétistes goldsmithophiles, aussi (j'adore ce score).
Tu l'as vu comment, d'ailleurs ?
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Re: Notez les films naphtas

Post by Kevin95 »

Ratatouille wrote:
Kevin95 wrote:C'est raté en très grande partie, mais les complétistes du ciné us seventies peuvent s’arrêter à l'occasion sur cette péloche.
Et les complétistes goldsmithophiles, aussi (j'adore ce score).
Tu l'as vu comment, d'ailleurs ?
VHS, j'étais sur que tu allais tilter sur Goldsmith (d'ailleurs, je garde aucun souvenir de la musique si ce n'est une vague ressemblance avec son score pour Under Fire).
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Re: Notez les films naphtas

Post by Kevin95 »

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BOTTA E RISPOSTA - Mario Soldati (1950) Découverte

Pur produit de producteurs (en l’occurrence d'un tout jeune Dino De Laurentiis) bâti comme un numéro de music-hall avec spectacles entrecoupés d'une vague intrigue construite comme une succession de sketchs. Une forme aujourd'hui complétement obsolète et qui n'a même pas le charme d'antan puisque tout parait forcé et destiné à endormir un public franco-italien. Hors deux trois numéros (dont celui des Nicholas Brother's et celui de Louis Amstrong qui n'a besoin de personne d'autre que de lui-même pour briller), tout le reste est inaudible ou poussiéreux. Lors que Suzy Delair se met à chanter, les enceintes de la télévision déclarent forfait puis vos oreilles (en sang). Reste le personnage de Fernandel (rigolo mais perdu dans la masse) ou la présence de Nino Taranto et d'Ernesto Almirante, deux comédiens fétiches de Luigi Zampa. C'est trop peu et l'on stoppe le film machinalement, sans s'en rendre compte. Laissons le film croupir dans le grenier.
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Re: Notez les films naphtas

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Car Wash : Michael Schultz 1976

La journée d'une équipe d'une dizaine de laveurs de voitures dans une station de Los Angeles bercée par une radio locale diffusant de la Soul, du Funk et du disco. Rien de plus concernant l'intrigue qui est en fait inexistante, le film se rapprochant plus d'un film à sketchs à l'italienne sans néanmoins son acidité, jamais très fin mais constamment et éminemment sympathique. Une suite de blagues potaches, de situations cocasses, de délires immatures entrecoupés de quelques séquences émotion toutes aussi plaisantes. Un film qui sent bon les 70's et qui laisse le sourire aux lèvres durant 90 minutes d'autant que la BO est assez géniale. Rien de remarquable mais bougrement agréable et parfois hilarant.
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Re: Notez les films naphtas

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Les cousins
- Claude Chabrol (1959) :

Impression rare et pour le coup assez étonnante d'assister à un mauvais spectacle de guignols. A partir d'une histoire des plus classiques (la venue d'un étudiant de province à Paris, sa colocation avec son cousin), le film tente de nous décrire le malaise en amour, les différences de comportement en fonction de l'aisance ou de la maladresse sociale. Apparemment reconnu et valorisé comme le portrait d'une certaine jeunesse des années 50 (à base de moeurs plus libres), "Les cousins" frappe surtout par l'incohérence de caractère de ses personnages, ses scènes "musicales" grotesques et sa dramatisation éhontée. Gérard Blain avec son jeu sobre et sa bonne figure n'est pas trop mal, mais l'occasion ne lui est guère donnée de faire apparaître un peu mieux son talent. Je n'ai pas compris ce film ! 2/10