Notez les films naphtas

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés avant 1980.

Moderators: cinephage, Karras, Rockatansky

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Kevin95
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Re: Notez les films naphtas

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Rockatansky wrote:
Kevin95 wrote:Mais on n'avait pas dit qu'on s'en tapait ? Que le topic "Notez" serait un fourre-tout sans queue ni tête ???
Si si tout va bien
Peinard.
Les deux fléaux qui menacent l'humanité sont le désordre et l'ordre. La corruption me dégoûte, la vertu me donne le frisson. (Michel Audiard)
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Kevin95
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Re: Notez les films naphtas

Post by Kevin95 »

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SOYLENT GREEN (Richard Fleischer, 1973) découverte

Deuxième incursion dans la SF par Richard Fleischer après le pop et excellent Fantastic Voyage. L'approche est ici radicalement différente, plus de positivisme sixties, le réalisateur ne filme plus l’intérieur d'un homme mais ses déjections. Si le film a formidablement vieilli par rapport à d'autres films du genre de la même époque, c'est que le metteur en scène ne s’embarrasse pas d'une réalisation qui met en valeur les exploits visuels ou techniques (donc périssables) mais opte pour une forme proche du film noir, qui se contente de peu d’éléments pour instaurer une atmosphère. Les extérieurs sont tout aussi pauvres, beaucoup de figurants pour saturer le cadre, peu de décors typés SF et une image poussiéreuse pour mieux transmettre étouffement des lieux. Haut niveau. 9,5/10

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THE BLOOD BEAST TERROR (Vernon Sewell, 1968) découverte

Contrefaçon d'un film Hammer qui - sans évidemment atteindre la qualité du produit d'origine - se défend pas trop mal, aidé en cela par un Peter Cushing dont la présence est toujours appréciable. L'acteur interprète un rôle à la Van Helsing en moins rigide, capable de mordiller un brin d'herbe en pleine enquête à la campagne, qui doit faire face à une mystérieuse créature. Le scénario louche clairement du coté de The Reptile (production Hammer, tiens tiens tiens) sans l'élégance de la mise en scène de John Gilling mais avec un sous-texte sexuel plus clairement visible. Le costume du la bête est kitchissime mais l'ambiance se pose, le rythme n'est pas trop longuet (caprice pourtant récurrent de ce type de production) et l'ensemble symptatoche. 7/10
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Post by Kevin95 »

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FOUR FOR TEXAS (Robert Aldrich, 1963) découverte

Un Robert Aldrich fatigué, paumé au milieu de ce véhicule de studio à la gloire des membres influents du Rat Pack. Quand bien même il est co-auteur du scénario, on serait bien en peine de trouver la marque du réalisateur dans un film certes pas nul mais somnolant, empesé, à l'image du personnage de Victor Buono tout en poids et ne s'exprimant que par une série de rots. La décontraction de Sinatra et sa bande a laissée place à de la feignantise et ce sur près de deux heures (le monteur est en grève ?). Restent deux-trois petites choses attachantes : l'introduction entre accélération du générique et dilatation du temps de la première scène (du pré-western italien), le final tout en démesure et les apparitions de Charles Bronson, personnage hautement aldrichien qui vient nous sauver de l'ennui. 6/10

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GLI ANNI RUGGENTI (Luigi Zampa, 1962) découverte

Nino Manfredi est un chien (benêt) lancé dans le jeu de quilles du fascisme italien. Un quiproquo et voilà tout un système qui montre son vrai visage, ses incompétences et évidemment son ridicule. Zampa ne cherche pas la note grave ou un contexte tendu et inscrit son récit dans un coin reculé d'Italie, où il peut à loisir se foutre gentiment de ces fascistes du dimanche sans se soucier de la grande Histoire et son cortège de drames. Manfredi n'est ni un saint à la Capra ni une ordure, c'est un monsieur tout le monde capable d'applaudir Mussolini tout se désolant du sort réservé à certaines castes. Le film est un délice tout juste amoindri par un dernier quart d'heure plus explicatif où Zampa prend le virage du drame avec un pas plus lourd. Rien de raté, mais une légère faiblesse pour un film qui en a peu. 8,5/10

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RUBY (Curtis Harrington, 1977) découverte

Vendu comme un sous-Exorcist histoire de profiter de la sortie du deuxième opus, le film est en fait un pur produit de son auteur qui recycle de manière condensée les obsessions du réalisateur : les stars vieillissantes, Hollywood Babylone, Hitchcock, What Ever Happened to Baby Jane ? et les esthétiques camp et soap. La marque d'Harrington est telle, que le quart d'heure qui plagie sans vergogne le film de Friedkin parait déconnecté et gratuit (drôle aussi). Un magnifique sabotage donc, qui permet à Piper Laurie de jouer les Norma Desmond hantée par le meurtre d'un de son amant et régnant sur un petit royaume qui prend, non plus la forme d'un manoir comme chez Wilder mais celui d'un drive-in (idée économe et fun). Harrington trouve des idées bis absolument délicieuses (un pendu avec une bobine de film, la voix de fantômes dans les hauts parleurs du cinéma) au profit d'un de ses meilleurs films. 8/10
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Post by Kevin95 »

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VIVERE IN PACE (Luigi Zampa, 1947) découverte

Aldo Fabrizi est un Père tranquille qui ne voit rien ou presque de la guerre en cours jusqu'au jour où des ricains débarquent dans sa ferme et lui offre la possibilité d'agir en héro. Comme pour le René Clément, il s'agit ici moins de faire le procès d'une Italie fasciste (tout juste incarnée par un petit chef plus ridicule qu'autre chose) que de panser les plais du pays en mettant en scène l’héroïsme lambda, la résistance sans flonflons. C'est bien l'humanité et la drôlerie de Fabrizi qui tiennent les reines sans quoi, on serait tomber dans une forme de naïveté et d'opportunisme. Zampa construit son récit en crescendo, en misant sur des petites choses pour alimenter son suspense comme cette longue séquence géniale où un simple repas se transforme un moment de tension, de délire puis de chaos. Ça rachète facilement une conclusion lourdement mélodramatique. 8/10

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UN AMERICANO IN VACANZA (Luigi Zampa, 1946) découverte

Phénomène étrange, voyez cet œil cynique qui assiste méfiant à la première demi-heure de cette bluette italienne, se laisser happer par le charme que dégage le film avant de marcher complétement telle une midinette prépubère. Zampa a beau filmer les ruines de l'après-guerre comme les copains, c'est du coté d'Hollywood, entre On the Town et Roman Holiday, qu'il traine ses guêtres. Une fois acceptée la naïveté du point de vue (sans ça, autant arrêter le visionnage) on se glisse avec bonheur dans une comédie romantique légère et élégante. Un bonheur qui émane pour beaucoup de l'interprétation de Valentina Cortese, rayonnante et décontractée, qui fait de chacun de ses gros plans un moment précieux (cousin Imdb me signale que c'est la diva italienne de La Nuit américaine, waaatchaaa). C'est aussi l’occasion de voir Adolfo Celi jeune et fin (un moment d'Histoire en somme). 8/10

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MÉMOIRES D'UN FLIC (Pierre Foucaud, 1956) découverte

Polar en pyjama pour un Michel Simon qui tente d'imiter les mimiques du camarade Gabin. Vu qu'André Hunebelle et son équipe sont aux manettes, il ne faut pas s'attendre à un film sur les dents, bourré d'action mais à une péloche bavarde, pas méchante mais victime d’arthrite. L’interprétation toute ronchonne de Simon donne à son personnage des airs antipathiques pas aidé par l'éternel discours de vieux con autour d'une jeunesse décadente (so Quatrième République !). Trop court pour être déplaisant, deux trois scènes respirent le bon air de la série noire comme on l'aime, le film vaut surtout pour quelques détails rigolos (un raccord dans le mouvement entre une stripteaseuse et bobonne à la maison) ou sordides : prostitué mineur, balle perdue, fantôme de Vichy... 6,5/10
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Post by Kevin95 »

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L'ONOREVOLE ANGELINA (Luigi Zampa, 1947) découverte

Zampa s'efface devant le mythe Anna Magnani, lui offre un film à la gloire de son imagerie de divine prolétaire, de femme forte, résignée, combattante de toujours. L’actrice y apparait plus grandiose que jamais, toujours les manches retroussées, les poches sous des yeux qui ne demandent qu'à pleurer devant les injustices de son pays. Le mythe cannibalise le film, le fait marcher au pas, offre peu d'à coté ou de personnages secondaires forts. L'intrigue ne sert que de terrain de jeu à la tragédienne et même si le film s'en trouve fragilisé, il trouve son intérêt justement dans les frissons que procurent ces moments forts où la comédienne laisse exploser ses émotions. La morale, pas conservatrice mais presque, est en revanche plus étonnante et plus difficile à avaler. 7,5/10

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LETTI SELVAGGI (Luigi Zampa, 1979) découverte

Dernier film de Zampa qui aborde le genre erotico-mique avec un peu de maladresse comme le choix de Tonino Guerra au scénario (habitué en général aux films d'Antonioni ou de Francesco Rosi) ou des fins de sketch jamais vraiment convaincantes. Si aucun des segments n'est raté, tous ont des faiblesses plus ou moins importantes. Étonnement, les meilleurs sont ceux avec Sylvia Kristel, principalement celui où Emmanuelle est mariée à un type imbitable (donc merveilleux pour la comédie). Les plus cabotins sont ceux avec Monica Vitti (dont celui où elle s'acharne sur un petit gros un tantinet attardé) tandis que les plus étranges sont ceux avec Laura Antonelli (avec un quasi pré After Hours). Malheureusement pour elle, Ursula Andress hérite des bonnes idées maltraitées comme cette séance photo longuette, prévisible qui aboutie sur pas grand chose. Oui c'est inégale, oui c'est attachant. 8/10

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SIGNORI, IN CARROZZA ! (Luigi Zampa , 1951) découverte

Un employé de train a deux pays, deux femmes et deux foyers quand déjà la comédie de boulevard française a la bave aux lèvres. Pas de bol pour elle et heureusement pour nous, c'est un cinéma italien au taquet qui s'en charge. Les ressorts habituels (genre placard et sous de lit) sont brocardés au profit d'un face à face entre Aldo Fabrizi et son beauf Peppino De Filippo qui relève du bonheur en barre. Tout est de ce niveau et même certaines situations disons classiques (deux repas pris simultanément à deux endroits différents par exemple) sont traitées avec un tel sens du rythme et de la réplique qu'on croirait les découvrir pour la première fois. Co-production oblige, on assiste à quelques vues touristiques et à l'apparition improbable de comédiens français doublés (Julien Carette et Noël Roquevert notamment) mais ils ne perturbent en rien cette gourmandise italienne. 9/10
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Jack Carter
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Re: Notez les films naphtas

Post by Jack Carter »

putain, je vais te mettre en "ignoré" si tu continues avec Zampa :mrgreen:
"On peut revenir au sujet du topic ?" (Jack Carter)
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Re: Notez les films naphtas

Post by Kevin95 »

Faut que mon chômage serve au moins à quelque chose. :oops:
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Re: Notez les films naphtas

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Kevin95 wrote:Faut que mon chômage serve au moins à quelque chose. :oops:
tu as bien raison d'en profiter :wink:
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hellrick
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Re: Notez les films naphtas

Post by hellrick »

Kevin95 wrote:Faut que mon chômage serve au moins à quelque chose. :oops:
Faut que tu regardes Criminalia, un excellent giallo :wink:
Critiques ciné bis http://bis.cinemaland.net et asiatiques http://asia.cinemaland.net

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Post by Kevin95 »

Justement, ils ne le passent pas celui-ci (j'ai une copie de l'oncle d'Amérique mais je vais attendre la deuxième session de Zampa à la Tek pour voir s'il débarque).
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CUORI SENZA FRONTIERE (Luigi Zampa, 1950) découverte

On dit des premiers Zampa, qu'ils naviguent dans un certain néo-réalisme "rose"... c'est ici pleinement le cas. Le réalisateur n'est ni Rossellini ni De Sica et son approche de l'Italie d'après-guerre n'y va pas de main morte dans le sentimentalisme le plus exacerbé et les grosses ficelles. Un pays coupé en deux et voilà notre réalisateur qui multiplie les situations mélo, les symboles pas finauds et les répliques qui résument toutes les dix minutes le discours des auteurs. Les couple Gina Lollobrigida/Raf Vallone est fadasse mais l’intérêt est plutôt du coté des gamins un rien roublards, traités un peu en singe savant mais dont la gouaille rattrape tout. Un peu d'anti-communisme, pas mal d'imagerie catho, le film de Zampa se casse la tronche sur de nombreux points mais trouve un peu de souffle dans la peinture tragique d'une famille de paysans. Pourquoi pas. 6,5/10

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THE DEADLY SILVER SPEAR (Ting Mei Sung, 1977) découverte

L'intrigue se complique inutilement la vie et multiplie le plus sérieusement du monde les trahisons et autres coups de théâtre au point où l'on se mettrait à douter de la pauvre aveugle dont s'est entiché le héro. Quand le scénario tente d'être opératique, la forme elle, s'éclate comme une bête et trouve n'importe quelle occasion pour s'amuser : une intro westernienne, des méchants allant d'un sosie d'Aquaman à une sorcière en passant par des squelettes cracheur de feu. Le réalisateur derrière tout ça prend plus de plaisir à filmer ses décors (parfois sublimes comme cette foret de bambous) ou ses objets (un frisbee denté qui obsède les personnages) que ses acteurs (quand on voit la mine bouffi de Jimmy Wang Yu, on sait pourquoi). Fun. 8/10
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L'IRONIE DU SORT (Édouard Molinaro, 1974) découverte

Les quinze première minutes ne payent pas de mine et l'on se demande ce que Molinaro a de plus à raconter sur l'Occupation que les camions de films qui l'entourent. Soudainement, le film trébuche, bégaie et murmure ses intentions, son ambition : traiter du temps, des vies possibles et des destins chamboulés par le "et si" de l'imaginaire. A travers trois personnage et une situation précise, le réalisateur filme les combinaisons possibles et tel un petit chimiste, imagine d'autres formules donc d'autres vies. Quelque chose de Renais (celui de La guerre est finie et Je t'aime, je t'aime) mais en plus modeste, en moins théorique. C'est aussi au second plan, le portrait déguisé de certains politicards utilisant la résistance comme d'une décoration promotionnelle (suivez le regard). Fascinant. 8,5/10
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LÉON MORIN, PRÊTRE (Jean-Pierre Melville, 1961) révision

Le film le plus difficile d'approche de la filmo de Melville. Pas de chapeau mou, de trench-coat ou de revolver dans la pogne en tirant la gueule mais un drame construit autour d'un face à face théologique (mais pas que) entre un jeune prêtre un peu foufou et une jeune veuve un peu anar'. Film terriblement verbeux mais qui tire sa beauté dans les non-dits, dans les gestes des personnages, dans leurs regards, dans la position de leurs corps l'un face à l'autre. On comprend très vite qu'il s'agit moins de savoir si Dieu existe ou non en ces temps d'Occupation (filmés lointainement) mais de savoir retenir (ou non) une pulsion de vie, des sentiments. Belmondo charme, gesticule, miaule ses répliques mais ne doute jamais. Riva en souffre. Pauvre Riva. 9/10

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PROFONDO ROSSO (Dario Argento, 1975) révision

Le film est au giallo, ce que C'era una volta il West est au western italien : à la fois compilation des thématiques d'un auteur et point d'orgue d'un style comme un point de non retour, un point final. Variation autour de Blow-Up, Argento construit ici un sur-giallo, dans la forme (l’abstraction est ici pleinement invitée), dans la durée (plus de deux heures) et dans le discours (qu'est-ce que voir, dans une post-modernité blasée par un trop plein d'images ?). Le scénario est un prétexte pour laisser le réalisateur pousser à l’extrême son style, expérimenter de purs moments visuels déconnectés de l’intrigue et traiter la question de regard sous une forme quasi théorique (et ludique). Le plus beau film d'Argento ? Je crois. 10/10
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Battlestar Galactica : Richard A. Colla - 1978

Les trois premiers épisodes de la série réunis pour faire un long métrage sorti en salles pour surfer sur la vague Star Wars. On peut aisément comprendre pourquoi ça n'a pas marché tellement l'ensemble s'avère calamiteux, aussi bien sur le fond (l'écriture surtout) que sur la forme. Excepté quelques bonnes idées qui seront reprises avec énormément plus de talent lors de la seconde et superbe série, pas grand chose à se mettre sous la dent au cours de ce film de SF aussi kitsch que ridicule. Ca n'a même pas le charme désuet de Star Trek la série originale de pourtant 10 ans plus vieille. Du coup je ne me lance pas plus avant dans la série.

2/10
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DOCTEUR FRANÇOISE GAILLAND (Jean-Louis Bertuccelli, 1976) découverte

Premier film de la période "assistante sociale" d'Annie Girardot. La comédienne est une femme Cookie Dingler qui parle sexualité avec ses mômes et (oh my god) fume comme une usine Renault. Girardot utilise ses instruments de prédilection : franc-parler, regard dans le vide et quatre litres de larme versés (une petit journée pour Annie). La tentation naturaliste cède vite le pas au mélodrame dans la tradition de la femme brisée du cinéma américain des années 40 avec morale à la fin (joker du réalisateur, c'est une histoire vraie) mais rien de malhonnête dans l'affaire. Le film se suit tranquillement et trouve quelques moments de grâce via justement sa comédienne comme lors de l'annonce de la maladie ou lors d'une balade gare St Lazare. 7,5/10

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THE DEVIL-DOLL (Tod Browning, 1936) découverte

Conte fantastique où se mêlent Le Comte de Monte-Cristo et Frankenstein, le film de Browning est une œuvre simple (1h15 puis rideau) et poétique. Que le réalisateur galère à filmer les émotions entre Lionel Barrymore et sa fille importe peu, seuls compte ces moments magiques où le banquier obsédé par la vengeance, use de ses poupées pour détruire ses associés. Des scènes en apesanteur où l'on ne sait s'il faut frémir ou rêver. Le vol du bijou et anéantissement du deuxième homme sont d'une grâce folle tandis que la scène où Rafaela Ottiano fait danser ses figurines, résume tout le cinéma de Tim Burton en quelques minutes. Une excellence qui ne s'accorde qu'à une partie du film certes, mais nondidou que c'est beau. 9/10

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LE FRUIT DÉFENDU (Henri Verneuil, 1952) découverte

Le duo Verneuil/Fernandel relève les manches et s'attaque à Georges Simenon. L'acteur est un homme rangé tenté par moitié moins que son âge dans un décor de province. Si le réalisateur signe, comme souvent, une copie propre et sans fautes d'orthographe et il est plus dommage que les auteurs aient baissé les armes devant la persona sympathique de Fernandel. Pas de cruauté façon La Chienne, ni même de déprime à la Simenon, mais un drame léger autour de personnages tout aussi légers. Plus rigolo est de pointer l'hypocrisie plus ou moins consciente du personnage principal qui "consomme" Françoise Arnoul à travers la robe de sa femme (et qui lui offre), qui calme sa conscience avec de belles phrases ou qui engueule sa femme de l'avoir poussée à la tromper. Classe. 7/10
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