Les films noirs à petits budgets et/ou de cinéastes méconnus

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés avant 1980.

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kiemavel
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Re: Les films noirs à petits budgets et/ou de cinéastes méconnus

Post by kiemavel »

C'est celui des 6 films noirs -ou au moins de la famille "criminelle" - de Roy Rowland que je préfère et effectivement, alors que je leur reproche souvent leur élégance froide, une certaine artificialité et même parfois la fausseté des rapports humains tels qu'ils y sont montrés, dans ce film noir MGM, les déboires conjugaux et plus globalement la relation entre le flic et sa femme, notamment - sont montrés, pour le coup, de manière assez sensible et juste.

Par contre, Van Johnson a tourné au moins un "noir" de plus, c'est d'ailleurs un autre Roy Rowland : Slander (1957). Il est même dans le topic :mrgreen:
===> http://www.dvdclassik.com/forum/viewtop ... 5#p2320933

Sinon, toujours de Rowland, il y avait déjà aussi : Killer McKoy (McCoy aux poings d'or) : http://www.dvdclassik.com/forum/viewtop ... 5#p2320933

En ce qui concerne Arlene, je crois qu'elle est aussi bien dans d'autres films, notamment dans : No Questions Asked (Discrétion assurée) avec Barry Sullivan. ici : http://www.dvdclassik.com/forum/viewtop ... 3#p2270653
Et dans deux films criminels anglais : Wicked as They Come de Ken Hughes et Fortune is a Woman (Le manoir du mystère) de Sidney Gilliat

Pour répondre à Thesix avant supfiction, juste histoire de le doubler, presque tous les films noirs de Roy Rowland sont passés à la télévision sauf précisément Slander. Mais un seul est édité, chez Carlotta : The Girl Hunters (Solo pour une blonde ), le moins "film noir" de tous avec le film sur le milieu de la boxe (Killer McKoy).

Les "noirs" anglais, pour les voir, c'est un peu plus compliqué et il faut au moins suivre les films avec sous titrage en anglais, ou bien voir avec "les trafiquants de la nuit", justement :wink:

EDIT :
Après vérif, avec Van Johnson, il y a aussi : 23 Paces to Baker Street / A 23 pas du mystère de Henry Hathaway. Edité par Sidonis
et
Beyond This Place / Fils de forçat , film anglais (1959) de Jack Cardiff, bien moins réussi que Intent to Kill / Tueurs à gages (1958) où une bande de tueurs dirigés par Warren Stevens tentaient de liquider un chef d'état sud américain (Herbert Lom dans un de ses nombreux rôles "à accent") venu se faire soigner à Montreal. L'un des toubibs (Richard Todd) tentait de s'interposer … Pas un film noir mais un bon thriller brit
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Re: Les films noirs à petits budgets et/ou de cinéastes méconnus

Post by Supfiction »

J’avais oublié ces films de Van Johnson effectivement!

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Pour revenir à Arlene Dahl, elle est vraiment très bien aussi dans Wicked as They Come de Ken Hughes.. un bel exemple de “regard féminin” comme on dit aujourd’hui mais pas sûr que les néo féministes apprécient ce portrait de femme façon Évita. :P Cela dit, son art de manipuler les hommes et de repousser les avances leur plairait..
Arlene y est très juste et parvient à incarner un personnage de femme ambitieuse sans être jamais antipathique. Il y a du Garbo dans son jeu, je trouve. Ça mériterait d’ouvrir un topic Arlene Dahl tient!

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Tread Softly Stranger

Post by Supfiction »

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Tread Softly Stranger (1958)



Réalisation : Gordon Parry
Scénario : Warren Douglas (d'après la pièce "Blind Alley" de Jack Popplewell)
Photographie : Douglas Slocombe
Avec : Diana Dors, George Baker, Terence Morgan, Patrick Allen
90 minutes, Atlantic Pictures

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Londres à la tombée de la nuit. Une femme bien apprêtée se rend en taxi chez son amant. A la radio passe la ballade romantique "Tread Softly Stranger". Le téléphone sonne.
- Allo Johnny
- Allo Bill
- Tonight is the night, Johnny. You owe a lot of money. If i don't collect, you better get yourself a good plastic surgeon.
- Yes Bill, first thing in the morning !"
Johnny (George Baker) raccroche et fait immédiatement sa valise, laissant en plan sa maîtresse. Il part précipitament prendre le premier train en partance afin de fuir la chirurgie du portrait qui lui est promise. Le train démarre. Générique.

En dépit d’une musique outrancière et à la limite du supportable dans les scènes d'"action" et d'une mise en scène un peu figée (une grande partie du film se déroule en plans fixes dans un appartement ou sur la terrasse avec en toile de fond les usines fumantes de l'aciérie), ce petit film noir britannique vaut le coup d’oeil, essentiellement pour deux raisons. Tout d'abord Diana Dors, la Lana Turner britannique, qui fait tout ce qu'il faut ici pour marquer les esprits et incarner une tentatrice sexuelle d'anthologie. L'actrice fait une entrée presque aussi saisissante que celle de Lana Turner dans Le facteur sonne toujours deux fois (à la différence près que la mise en scène de Gordon Parry n'est vraiment pas aussi inspirée que celle de Tay Garnett pour mettre en valeur son actrice).
Le personnage de Diana Dors porte d'ailleurs le surnom de Calico, ce qui fait un peu écho à "Cora", celui de Lana Turner dans le film qui la rendit éternelle. Lana apparaissait en mini short blanc. Diana fait encore plus fort puisqu'on la découvre de dos, en culotte, bretelle de body tombante, et faisant des exercices physiques sur la terrasse. Au loin on entend au même moment un train relâchant la vapeur.

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Johnny débarque chez son jeune frère Dave qui visiblement, on le comprend immédiatement, a des gouts et des ambitions au dessus de ses moyens. Dave sert un whisky haut de gamme à son frère tout étonné. Dave n’a surtout pas vraiment les moyens ni l'envergure pour garder et entretenir une telle poupée comme petite amie. Celle-ci insiste d'ailleurs lors de sa rencontre avec Johnny sur le fait qu'elle n'est qu'une "amie" de Dave.
- I'm Dave's Brother.
- So you're Johnny.. I heard a lot about you.
- I heard a lot about you too. We're related now you and I.
- I said i was a friend of Dave, that's all.
- Good, i like it better that way.
- And what does that mean ?
- Just making conversation..
Tread Softly Stranger mérite également le coup d’oeil pour son ambiance atypique et très réaliste d'une ville industrielle du Nord Est de l'Angleterre. L'action se déroule en effet dans la ville sidérurgique de Rawborough, ville natale de Johnny Mansell dans laquelle il se réfugie pour fuir ses créanciers après avoir accumulé de grosses dettes de jeu à Londres. En réalité, il s’agit de la ville de Rotherham dans le Yorkshire, alors ville charbonnière très active et contributrice majeure de l'industrie sidérurgique britannique pour la fabrication du verre et la minoterie.
Les enfants jouent au football dans les rues brumeuses et les appartements sont exigus. En revanche, les acteurs n'ont pas vraiment l'accent de la région et certains détails semblent moins réalistes. Par exemple, Diana Dors travaille en tant qu'hôtesse dans un dancing alors qu'on imaginerait plus facilement les ouvriers trainer dans des pubs beaucoup plus populaires dans une telle cité.

Johnny Mansell s'installe dans l'appartement exigu dans lequel vit son frère Dave (Terence Morgan), petit employé administratif d'une aciérie locale. Calico vit plus ou moins avec eux mais a des ambitions de voyages et de mener la grande vie. Elle a un plan en tête qu'elle expose aux deux frères. Déjà Dave pique dans la caisse pour l'entretenir. Pour cacher la fraude et faire d'une pierre deux coups, elle leur suggère de s'emparer de la caisse destinée aux salaires de l'aciérie. Cela résoudrait les problèmes et les besoins d’argent de tout le monde, en particulier les dettes de Johnny. Dave, le jeune frère, est immédiatement partant, trop conscient qu'il doit en passer par là s'il veut avoir une chance de garder Calico et lui proposer le mariage. Mais Johnny rejette l'idée comme il rejette les avances de la belle, ce qui a pour effet d'exciter davantage le désir de Calico (il faut voir Diana Dors le contempler lorsqu'il se rase..).

L'actrice fait également preuve de ses talents d'actrice, notamment à l'occasion d'un long monologue face caméra durant lequel elle raconte son combat depuis l'enfance pour s'extraire du ghetto. Elle veut mener la grande vie après en avoir bavé. Ces trois personnages sont en réalité des laissés pour compte qui aspirent constamment à vivre au-dessus de leurs moyens. Même leur cambriolage et leur défense sont pathétiques. On a de la peine pour ces losers, à l’instar des petits voyous minables de chez Claude Sautet dans Max et les ferrailleurs.

Alors que Johnny a disparu, Dave entreprend le cambriolage seul avant que Johnny ne le rejoigne pour le protéger. Mais Dave tue à cette occasion le gardien de nuit (un vieil homme qu'il connaissait depuis l'enfance, petite ville oblige). S'en suit une enquête criminelle menée par le propre fils du gardien (Patrick Allen, une sacré gueule de truand, déjà aux côtés de Diana Dors dans The long haul). Rapidement, il est question d'un témoin qui aurait tout vu..

Pour ceux qui veulent connaître le dénouement :
Spoiler (cliquez pour afficher)
Dave tombe finalement dans un piège tendu par Patrick Allen puisqu'il finira par croire avoir vraiment été identifié par ce témoin et avouer, sans réaliser qu'en fait le témoin était aveugle. C'est d'autant plus con que, chose assez dingue, Johnny a mis le feu au butin un peu avant lorsqu'il a senti que l'enquêteur les soupçonnait.
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Re: Woman in Hiding

Post by Supfiction »

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Woman in Hiding (1949)



Réalisation : Michael Gordon
Scénario : Oscar Saul, Roy Huggins (d'après une histoire de James Webb)
Photographie : William H. Daniels
Avec : Ida Lupino, Stephen McNally, Howard Duff
92 minutes, Universal Pictures

Le film s'ouvre sur une femme fuyant en voiture et perdant le contrôle. La voiture tombe d'un pont au détour d'un virage.
Est-elle morte ?
Le suspense ne durera pas bien longtemps puisque Deborah Chandler Clark (Ida Lupino) nous raconte alors son histoire. Et on l'a déjà entendu bien des fois : jeune femme innocente et fille d'un riche propriétaire d'une mine, elle est courtisé par un homme ambitieux, Seldon Clark (joué par Stephen McNally) malgré la désapprobation de son père. Clairvoyant, il ne l'apprécie pas et a deviné l’arriviste qui se cache derrière le prétendant. On apprend alors qu'un accident a eu lieu à la mine et que le père de Déborah est mort. Seldon est immédiatement là pour consoler Deborah et surtout pour lui proposer de l'épouser.. le jour même de l'enterrement. Le spectateur a tout compris. Mais Deborah non.
Si cela ne suffisait pas, le jour de ses noces, elle rencontre la maitresse de son nouveau mari, Patricia Monahan (jouée par Peggy Dow vu notamment dans The Sleeping City et qui retrouvera Howard Duff l’année suivante dans Shakedown), une femme jalouse qui lui déclare que son mari ne l'a épousé que pour son argent.
Cette fois, Deborah commence à comprendre et prend la fuite le soir même en pleine nuit. Mais tout a été manigancé par Seldon qui a saboté la voiture.
Évitant de justesse la mort, et alors que toute la ville recherche son corps dans la rivière au moment où elle se réveille, Deborah préfère partir à la recherche de Patricia, craignant que personne ne croit à la tentative d'assassinat, afin de prouver la culpabilité de son mari.. Elle est alors contrainte de prendre une fausse identité et de se cacher...

C'est à partir de ce moment du récit, au bout de 25 minutes, que le film démarre vraiment et devient captivant et palpitant. Signalons d'ailleurs que Roy Huggins qui écrivit le scénario sera plus tard le créateur de la série Le fugitif dont Woman in Hiding fut très certainement une source d'inspiration. En effet, Deborah / Ida est traquée durant tout le film par son mari qui veut sa peau afin de devenir le seul propriétaire de la mine. Elle ne fait confiance à personne et elle a bien raison. D'ailleurs le scénario est très habile car il réserve quelques subtiles surprises, allant un peu à l’encontre des schémas habituels concernant les héros protecteurs.
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Je pense au personnage joué par Howard Duff, le good guy qui reconnait Ida/Deborah dans un journal et l’emmènera en fait dans la gueule du loup. En la ramenant à son mari, croyant bien faire, il refuse néanmoins la prime que le mari avait annoncé. Le tableau aurait été trop misanthrope peut-être.


Michael Gordon est aujourd'hui connu pour ses comédies réussies avec Rock Hudson et Doris Day (Pillow Talk, Le Coup de l'oreiller/A Very Special Favor, Move Over, Darling le second remake de Mon épouse favorite) mais aussi James Garner et Kim Novak (Boys' Night Out dans lequel Gordon retrouve Howard Duff). Par respect pour lui, on tentera d'oublier le ridicule Texas, nous voilà avec Dean Martin et Alain Delon.
Mais avant cela il avait réalisé plusieurs films noirs dont ce très bon Woman in Hiding.

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Sur la base d'une intrigue très classique (une femme un peu naïve prise dans une machination), Gordon réussit un film à suspense extrêmement prenant et attachant grâce à un un très bon Howard Duff. Et à l’interprétation nuancée d’Ida Lupino évidemment.

Le méchant du film est quant à lui joué par Stephen McNally, un spécialiste du film noir et habitué des rôles de salaud, connu notamment pour Johnny Belinda, Winchester '73, Grand Central Murder , Johnny Rocco, Criss Cross. Mais il n'a pas grand chose à jouer, sa gueule suffit ici. Et c'est d'ailleurs un choix habile de réduire les dialogues au stricte minimum lorsque Seldon Clark (Stephen McNally) poursuit et menace sa femme Deborah Chandler Clark (Ida Lupino).

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Re: Les films noirs à petits budgets et/ou de cinéastes méconnus

Post by Supfiction »

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Ah, j’ai oublié de préciser une information importante : Howard Duff est bien l’oncle de la grande actrice Hilary Duff (l’éternelle Lizzie McGuire). Accessoirement il a également été marié avec Ida Lupino et a brillé dans de nombreux films noirs dans lesquels il n’hésitait pas à jouer des personnages ambigus. Par exemple, dans Illegal entry (film favori de Donald Trump) et Shakedown dans lequel il incarne un photographe reporter arriviste qui prend les gens en photo au lieu de les secourir quand ils se noient..
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Re: Les films noirs à petits budgets et/ou de cinéastes méconnus

Post by Alba »

Guilty Bystander de Joseph Lerner est encore disponible sur Mubi pour 7 jours. Ça fait partie de la sélection Nicolas Winding Refn. Quelqu'un a vu ? J'en ai jamais entendu parler, ni de son réalisateur d'ailleurs. :?:


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Supfiction
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Re: Les films noirs à petits budgets et/ou de cinéastes méconnus

Post by Supfiction »

Alba wrote:Guilty Bystander de Joseph Lerner est encore disponible sur Mubi pour 7 jours. Ça fait partie de la sélection Nicolas Winding Refn. Quelqu'un a vu ? J'en ai jamais entendu parler, ni de son réalisateur d'ailleurs. :?:

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Bizarre que Refn conseille ce film qui me semble totalement à l'opposé de son cinéma souvent assez avare de dialogues et visuellement marquant. Guilty Bystander, c'est vraiment l'inverse : le film est vraiment très très très bavard et visuellement très faible. L'action est entièrement de nuit mais les scènes d'extérieur semblent éclairées à la lampe de poche déficiente sur la version qui était disponible jusqu'à présent (il faut espérer qu'ils aient poussé la luminosité à fond sur cette version restaurée pour qu'on y voit quelque-chose). En outre, l'interprétation n'est pas génial. On y retrouve Zachary Scott et Faye Emerson, le couple du film de Robert Florey, Danger Signal, et qui avait déjà partagé l'affiche du masque de Dimitrios de Negulesco. Deux films d'un autre niveau. Scott joue ici un ex flic devenu alcoolique (mais on y croit jamais trop tellement il joue .. sobrement, heureusement le rasage fait le reste) que son ex-femme vient sortir de son demi-coma dans son hôtel miteux pour l'informer que leur fils de trois ans a disparu. A l'instar d'Yves Montand dans Le cercle rouge, il reprend donc du service, pas pour un braquage mais pour mener l'enquête et retrouver son fils.. Pour couronner le tout, la version que j'ai vue avait plusieurs scènes manquantes, ce qui fait que l'on n'y comprenait pas toujours tout, c'est le moins que l'on puisse dire. En gros tu l'auras compris, je ne recommande pas du tout même si disons, pour finir sur une note positive, que Zachary Scott n'est pas si mal (au moins il évite d'en faire trop - comme c'est souvent le cas - en alcoolique) et que l'on peut facilement imaginer que le film ne peut qu'y gagner à être présenté dans une version non charcutée.
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Re: Les films noirs à petits budgets et/ou de cinéastes méconnus

Post by Alba »

Merci de ton avis ! Je vais regarder autre chose du coup, je crois ! :lol:
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Re: The Strange Affair of Uncle Harry (1945)

Post by moonfleet »

Supfiction wrote:
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Un petit mot rapide sur The Strange Affair of Uncle Harry (1945) petit film du grand Robert Siodmak tout juste qualifiable de film noir avec pourtant un casting alléchant : George Sanders (classe mais pour une fois en bon gars un peu trop gentil), Ella Raines (l'amoureuse) et Geraldine Fitzgerald (la sœur jalouse et quasi-incestueuse).

Je ne sais pas si quelqu'un l'a vu ici, mais je n'ai trouvé qu'un intérêt relatif à cette histoire de Harry Melville Quincey, petit bourgeois déclassé de province entamant une relation avec Deborah Brown, une jeune femme intelligente et éclairée qu'il envisage d'épouser, et tentant (ou ne tentant pas justement) de se défaire de l'emprise d'une sœur un peu trop possessive et d'un milieu trop fermé. Le film décrit ainsi la vie provinciale américaine d'avant guerre, ses bonnes mœurs puritaines un peu trop bien réglés, ses bavardages, ses commères et ses jeunes filles qui s'ennuient.
La mise en scène est plate et sans grande imagination. Seules Ella Raines (charmante et très moderne) et Geraldine Fitzgerald (digne et flippante sans être caricaturale), très convaincantes dans leurs rôles, permettent au film de garder de l'intérêt. Chose étonnante quand on sait à quel point George Sanders peut être savoureux, leur face à face éclipse l'acteur qui parait bien falot à côté des deux belles et talentueuses actrices.

Le film est très court et du coup on a pas le temps de s'ennuyer vraiment.
La fin en énervera plus d'un, touchant au ridicule ou à l’incompréhensible pour ceux qui n'auront pas bien suivi.
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Personnellement, j'ai cru tout d'abord que le personnage de Georges Sanders devenait fou, ce qui aurait été un bien meilleur dénouement que ce qu'il en est vraiment. Et pourtant nul doute possible puisque en fait, le coda final n'est qu'un retour en arrière avant que ce brave George ne tue accidentellement une sœur à la place d'une autre mais que celle-ci soit accusée du meurtre à sa place et exécutée.
Tout ce que le spectateur venait de voir n'était que le fruit de son imagination alors qu'il divaguait en tenant une fiole de poison dans la main.. Comble du ridicule, Ella Raines revient alors qu'elle était parti résignée en épouser un autre, ayant jugé que ce brave George ne se déferait jamais d'une sœur trop envahissante et jalouse. Tout est bien qui finit bien en une poignée de secondes! Du Joe Eszterhas avant l'heure, en moins tordu quand même. :P
+ tard, Dimanche 5 Avril 2020 :
Supfiction wrote:
moonfleet wrote:
Entre autres George a interprété un personnage presque lunaire, doux et amoureux dans le film de R.Siodmak The Strange Affair of Uncle Harry
Effectivement, mais si je me fie à ce que j’avais écrit ici, je n’avais pas été du tout convaincu par son interprétation dans ce film :
http://www.dvdclassik.com/forum/viewtop ... 2#p2437112
Ah moi j'ai beaucoup aimé ce film :wink:
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La fin avec Harry qui se réveille près de son télescope et qui remet en cause toute une partie du film a été imposée à Siodmak, et ajoutée à la scène où il quitte sa soeur en prison ( très pessimiste mais plus en accord avec ce film noir domestique ) qu'il avait choisie comme final.
Je n'arrive pas à intégrer la vidéo :roll: ===> https://www.youtube.com/watch?v=wofiOvY ... e=emb_logo
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Re: The Long Haul / Les trafiquants de nuit (1957)

Post by Beule »

Sybille wrote:
Supfiction wrote:The Long Haul / Les trafiquants de nuit (1957)

Voilà un film noir qui m'a particulièrement réjouit. Dans la lignée d'un Thieves Highway / Les Bas-fonds de Frisco, nous sommes plongés dans la vie difficile et nocturne des chauffeurs routiers, leur travail dur et gangrené par le racket et la corruption.

Allez, comme j'aime le faire, je continue dans les rapprochements : il y a aussi un peu du Framed (1947) de Richard Wallace dans lequel Glenn Ford était un camionneur pris dans un piège.

Pour l'anecdote, Robert Mitchum était initialement prévu mais Victor Mature est vraiment très bon dans ce registre de l'homme simple écrasé par le poids des difficultés. On le retrouva d'ailleurs à plusieurs reprises dans ce registre au cours de sa carrière.
Je ne connais pas du tout ce film mais Les Bas-fonds de Frisco m'avait plutôt marquée (faudrait d'ailleurs que je le revoie à l'occasion). Je garde également un bon souvenir de Framed, honnête film noir suffisamment divertissant et bien mené.
Formidable découverte. Sans doute ne manifeste-t-il pas sur la durée l'acuité documentaire du Dassin, mais pour sa netteté d'exécution, sa modernité d'écriture et d'interprétation qui en remontrerait à pas mal de concurrents US contemporains autrement célébrés, c'est une vraie révélation. Les rares Hughes que j'avais vus jusqu'à présent ne m'avait pas préparé à cet enthousiasme non feint. Sans jamais abandonner la veine réaliste, le réal et scénariste trouve l'équilibre idéal entre le kitchen sink drama très émouvant et l'authentique noir désespéré, riche en action échevelée (impressionnantes séquences du convoi dans les contreforts des Highlands 8). Une vraie pépite et un probable film du mois.
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Re: The Long Haul / Les trafiquants de nuit (1957)

Post by kiemavel »

Beule wrote:
Sybille wrote:
Formidable découverte. Sans doute ne manifeste-t-il pas sur la durée l'acuité documentaire du Dassin, mais pour sa netteté d'exécution, sa modernité d'écriture et d'interprétation qui en remontrerait à pas mal de concurrents US contemporains autrement célébrés, c'est une vraie révélation. Les rares Hughes que j'avais vus jusqu'à présent ne m'avait pas préparé à cet enthousiasme non feint. Sans jamais abandonner la veine réaliste, le réal et scénariste trouve l'équilibre idéal entre le kitchen sink drama très émouvant et l'authentique noir désespéré, riche en action échevelée (impressionnantes séquences du convoi dans les contreforts des Highlands 8). Une vraie pépite et un probable film du mois.
Sans valoir le film de Dassin, c'est effectivement l'un des meilleurs films de Ken Hughes.
Après, même si l'aspect criminel y est presque secondaire, The Small World of Sammy Lee est lui aussi très recommandable. C'est de mon point de vue au moins aussi bon. Le personnage principal est le présentateur/ animateur d'une boite de Striptease du quartier de Soho. Joueur malchanceux, il s'est lourdement endetté auprès d'un bookmaker. Ce dernier finit par lui envoyer 2 gros bras et il est sommé de rembourser sa dette dans la journée. Commence alors une course incroyable dans le Londres populaire de l'époque pour parvenir à réunir l'argent exigé dans le court délai qui lui a été accordé. Sammy Lee tente de mobiliser les proches : la famille, les amis puis les relations plus épisodiques et monte ainsi un tas de combines pour péniblement et progressivement faire rentrer l'oseille et s'en sortir. Intrigue minimaliste, certes, mais c'est admirablement joué et formidablement mis en scène par Hughes.

Je viens de voir que l'auteure et critique anglaise qui a récemment proposé un "voyage à travers le film noir britannique" sur le site a justement retenu ce film … mais pas The Long Haul qui aurait pu - aurait du ? - y être.
Je viens de lire tout ça. J'y ai fait quelques découvertes mais le "voyage" est quand même très inégal, partiel et du coup un peu décevant.
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Re: Embraceable You

Post by kiemavel »

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Réalisation : Felix Jacoves - Production : Saul Elkins pour Warner Bros - Scénario : Edna Anhalt à partir d'une histoire d'Aleck Block et Dietrich V. Hannekin - Directeur de la photographie : Carl Guthrie - Montage : Thomas Reilly - Musique : William lava (et – non crédité - George Gershwin)

avec Dane Clark (Eddie Novoc), Geraldine Brooks (Marie Willens), S. Z. Sakall (Sammy), Wallace Ford (Le Lt. de police Ferria), Richard Rober (Kelch), Lina Romay (Libby)

A New-York, un soir, Eddie Novoc, chauffeur du joueur Sig Kelch patiente au bas d'un immeuble en attendant la fin de la partie de cartes de son patron. Lorsque Kelch abat son partenaire d'un soir, il quitte précipitamment l'immeuble et demande à son employé de fuir les lieux au plus vite si bien que leur voiture heurte violemment Marie Willens, une jeune femme qui traversait la rue. Dans les jours qui suivent, Eddie, en proie à un sentiment de culpabilité, commence à rendre visite à sa victime hospitalisée, suscitant la curiosité du Lt. de police Ferria qui le suspecte bientôt, le reliant même au meurtre commis ce soir là mais qui, sans témoin et sans aveu, ne peut rien prouver et laisse Eddie en liberté. Ce dernier apprend bientôt du médecin que Marie est atteinte d'un anévrisme au cerveau inopérable causé par l’accident, qu'elle va bientôt mourir et qu'elle ignore la réalité de son état. Alors, à la suite de pressions exercées sur lui par le policier, Eddie accepte de prendre en charge la jeune femme, sans emploi et sans famille à New-York, et de subvenir à ses besoins pour le peu de temps qui lui reste à vivre …

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Dane Clark, ép. 4. Sorti entre Deep Valley de Jean Negulesco et Moonrise (Le fils du pendu) de Frank Borzage, Embraceable You est loin d'être aussi connu que ces deux films qui l'entourent et qui constituent sûrement les meilleurs films du genre ayant Dane Clark pour acteur principal mais il faut bien dire que ce sont aussi deux des rares possibilités qui lui furent offertes d'être dirigé par des metteurs en scène prestigieux car bien qu'il fut très actif dans le genre entre le milieu des années 40 et la fin des années 50, il fut le plus souvent cantonné aux petites séries B, aussi bien aux USA qu'en Angleterre (un tiers de sa quinzaine de films criminels y furent tourné) Or, Embraceable You n'est absolument pas indigne de ces 2 films justement réputés et c’est par ailleurs du film de Borzage dont celui de l'obscur Felix Jacoves se rapproche le plus. Comme metteur en scène, il n'est certes pas Borzage. Du tout. Malgré l'appui du très bon Carl Guthrie à la photographie, esthétiquement, comme du point de vue de la mise en scène, Embraceable You - même s'il est visuellement réussi - n'est pas Moonrise. D'autre part, Jacoves eut, aussi bien à Broadway que par la suite au cinéma, une carrière des plus modestes puisqu'il est seulement crédité comme dialogue director pour une dizaine de films (notamment de quelques bons films noirs), réalisant entre deux de ces modestes collaborations … la bagatelle de 2 films pour le cinéma, le second étant un autre film criminel plutôt réussi (Homicide, 1949) mais loin de valoir son premier essai.

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Embraceable You est centré sur un couple finalement bien plus vibrant que celui de Moonrise, Jacoves se montrant ici bien plus borzagien que le maître du mélodrame. Pas dans l’absolu - le film de Jacoves n'est pas un chef d’œuvre inconnu – mais comparé au seul film noir qu'aura tourné Borzage, celui de Jacoves le surpasse au moins en ce qui concerne l'histoire d'amour. Ce sont même pour ses qualités en tant que mélodrame et grand film romantique - et pour le couple merveilleux formé par Dane Clark et Geraldine Brooks - que le film doit être vu, plus que pour ses attributs de film noir, j'y reviendrai plus loin. Il ne va pas aussi loin dans le romantisme, les amoureux fous de Borzage s'aimant parfois par delà la mort. Jacoves s'arrête avant. Juste avant ... Une fois que le couple enfin formé nagera finalement en plein bonheur. Mais c'est un bonheur très précaire puisque l'héroïne s'abandonnera à l'amour que lui porte Eddie quand toutes les vérités seront dites : quand lui aura avoué sa culpabilité et quand elle aura eu confirmation de ce qu'elle avait envisagé elle-même suite à ses malaises inexpliqués, c'est à dire sa disparition prochaine.

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Il n'est pourtant pas bien brillant ce couple en gestation au temps de leur rencontre. L'un comme l'autre sont assez médiocres. Dane Clark n'a pas grand chose pour lui, pas même un passé familial douloureux (Moonrise). Même si on ne connaîtra jamais la nature des ses fonctions au sein du gang de Kelch, en dehors de son rôle de chauffeur le soir du crime, dans les prémices de l'histoire, il est tout de même au service d'un patron redoutable. Puis, nerveux et maladroit, il ne paye pas vraiment de mine lors de ses premières visites à Marie. Tout change quand on lui confie la jeune femme ... Passons sur le réalisme de la situation : un médecin chef (interprété par Douglas Kennedy) qui laisse sortir une patiente mourante et la confie à un quidam sans l'ombre d'une connaissance en médecine + un flic roublard qui fait pression sur le coupable pour qu'il assume vraiment ses responsabilités, au moins morales, vis à vis de sa victime ... Oui, mais heureusement, on avait compris d'emblée que nous nous n'allions pas voir un policier pseudo-documentaire …
Quant à la jeune femme, seule, sans ressources (elle venait de perdre un emploi de danseuse dans une boite de nuit), assez paumé (juste avant l'accident elle semblait marcher dans la rue comme un automate ayant besoin d'être remonté), dans un premier temps elle se laisse approcher par un jeune homme dont elle se méfie quelque peu puisqu'elle sait d'emblée qu' Eddie a employé une fausse justification pour expliquer sa présence auprès d'elle à l’hôpital. Elle déclare même par la suite espérer soutirer un peu d'argent à une compagnie d'assurance avant de, sans doute, saisir l’opportunité d'être pour un temps entretenue par un chevalier servant semblant désintéressé …
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Ils se révèlent progressivement, surtout à partir du moment où le couple quitte la ville - la campagne comme refuge c'est une situation assez fréquente au sein du cycle noir - une fois de plus à l'initiative du flic qui ne lâche pas l'affaire mais qui est dans une position d'attente, de surveillance … mais aussi de protection car tandis qu' Eddie et Marie apprennent à se connaître, Kelch et ses hommes ne restent pas inactifs. En effet, cette histoire de rédemption d'un mauvais garçon a ceci de paradoxal qu'il n'aura jamais été aussi loin dans le « crime » qu'à partir du moment où il quitte le gang de Kelch. On ne saura jamais qu'elle avait été au juste son rôle dans le gang mais il n'aura probablement jamais été aussi crapuleux que lorsqu'il va tenter de se racheter car une fois vendu ses quelques biens de valeur (une voiture, une montre ….) , pour faire vivre le couple qui n'en est pas encore un – Marie étant dans l'impossibilité de travailler et Eddie ayant décidé de se consacrer exclusivement au bonheur de la jeune femme - il n'aura d'autres choix que de se livrer au chantage sur son ancien patron.

Ainsi, la mort plane sur le film de deux manières, dans les malaises et les chutes successives de Marie qui surviennent dans les moments d'euphorie et de joie intense mais aussi par la présence menaçante de Kelch et de ses hommes. Mais si le film mérite d'être vu, c'est moins pour ces scènes où - par exemple - les gros bras de Kelch cherche à intimider un ami d' Eddie, Sammy (S.Z. Sakall) et saccage son bistro, pour le règlement de comptes 'presque' final ou pour les actions ambiguës du flic très bien campé par le débonnaire Wallace Ford mais bien pour les séquences lumineuses entre les deux personnages principaux.
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Malgré ce que d'aucuns pourraient redouter, s'il y a bien un arrière plan de profonde mélancolie car la mort rode, elle est même inéluctable – mais hors champ car "à venir" – cette histoire n'est en rien plombante ou déprimante pour la bonne raison que tout du long, on est surtout frappé par cette rencontre touchante de deux personnages ordinaires, assez médiocres même dans un premier temps mais surtout pas heureux, qui se découvrent, se révèlent à eux même et s’épanouissent en présence l'un de l'autre. Cela commence par l'attitude d' Eddie qui remue ciel et terre pour leur permettre de vivre. Cela se poursuit ensuite dans des situations très ordinaires : une danse, une fleur, un feu de cheminée dans une « vraie » maison de pierre … et cela se termine par une grande libération dans un amour enfin partagé quand bien même – ou parce que – ce bonheur immense est précaire et qu'ils le savent maintenant tout deux. On est touché aussi parce que le jeu sensible des comédiens principaux et leur osmose qui crèvent l'écran le permet. Celui de D. Clark, fiévreux mais plus fin et nuancé que d'ordinaire ; celui de la fine et délicate G. Brooks qui ne tombe jamais dans le pathétique. Bref (enfin, façon de parler), vraiment à voir. Vu «  à peu près «  en vost

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Chip
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Re: Les films noirs à petits budgets et/ou de cinéastes méconnus

Post by Chip »

Dane Clark ? on ignore, et si " Moonrise " a fait l'objet d'une sortie DVD, on en doit la raison à Frank Borzage, réalisateur relativement bien aimé par la critique hexagonale, même " le traqué " avec pourtant Simone Signoret au générique, est oublié.
Longue analyse d'un film que l'on ne verra probablement jamais hélas sur une galette made in France. Perso, j'attends Dane Clark, épisode 5. :wink:
krolock
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Re: Les films noirs à petits budgets et/ou de cinéastes méconnus

Post by krolock »

Baby Boy Frankie (Blast of Silence) est un film de Allen Baron sorti en 1961.

C'est un pur chef-d'oeuvre du film noir, c'est le seul film du cinéaste dans lequel il fait également l'acteur, le reste de sa carrière sera consacrée à la télé.
A noter que la voix-off qui compense le manque ( voulu ) de dialogues est assurée par Lionel Stander ( le gangster de cul de sac de Roman Polanski )
Cela fait de ce film un thriller ayant un petit côté documentaire.

Ce film a largement été commenté sur ce forum, mais cela mérite la piqure de rappel et vaut le coup d'être visionné, vraiment !
Jullien Robert
Assistant(e) machine à café
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Re: Les films noirs à petits budgets et/ou de cinéastes méconnus

Post by Jullien Robert »

" Le traqué" est passé sur cineclassic le 2 février 2010 en vostfr, je l'ai gravé sur dvd !
Amitiés Robert.