Sergio Leone (1929-1989)

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés avant 1980.

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Lino
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Re: Sergio Leone (1929-1989)

Post by Lino »

I Sogni del Mirino fut déjà été publié dans le Coffret Sergio Leone, tout noir, chez CVC, édité pour Noël 2002 (ses 5 westerns) . Introuvable maintenant... (mais excepté les deux Il était une fois..., les masters CVC sont complètement dépassés par les MHE). Chaque disque CVC était aussi accompagné d'un bout de documentaire -sous une forme un peu anarchique- , qui n'a pas été réédité, sans titre.
Lino
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Re: Sergio Leone (1929-1989)

Post by Lino »

Sortie en Italie de Sergio Leone Cinema Cinema, documentaire de Manel Mayol, 2001, DVD à l'unité, qui n'existait qu'en Bonus de l'édition BR de Pour une poignée de Dollars , chez RHV.

(La sortie de ce documentaire chez RHV signifie-t-elle une renaissance ce cette éditeur ?)

Langue italienne seulement, quand les entretiens sont en anglais (Frayling) ou espagnol (Conrado San Martin, Julio Semperere, Aldo Sambrell...) le texte est sous-titré en italien.

Je n'ai pas tout regardé, mais sur une demi-heure, le plus intéressant est ce que disent ceux que l'on a fort peu entendu (San Martin, Sempere) et directement engagés dans les films , je suis beaucoup plus circonspect sur les entretiens avec Frayling et Verdone.

De remarquables dessins de Carlo Simi montrés , dont une splendide maquette panoramique de Poblado Leone (Falgastone), Estacion de La Calahorra (Grenade).

Hélas, toujours de grands absents (refus ?) : assistants réalisateurs (Valerii, Santi, Giraldi, dont ont attend toujours un commentaire complet sur les films auxquels ils ont participé ) , réalisateurs italiens de deuxième équipe (De Martino, Margheriti qui vivait encore en 2001, Anthony Brandt , maintenant décédé...), Baragli... Stelvio Massi (cadreur de Pour une poignée de Dollars) qui vivait encore il me semble il y a 10 ans...

A suivre avec intérêt, même si la performance exceptionnelle de Antonio Lobo (documentaire Per un Punado de Suenos, 2005 sur la fabrication des films à Almeria racontée par ceux qui l'ont directement vécue) ne semble pas de mise ici.

(Disponible chez amazon.it ou tout autre de site de vente en ligne italien).


Et d'autres documents d'archives, petit à petit, sur mon Blog :wink:

http://monnomestpersonne1973.blogspot.com/
Grimmy
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Re: Sergio Leone (1929-1989)

Post by Grimmy »

Dis Lino, toi qui est le spécialiste de Leone, sais-tu si on peut encore trouver (et où ), un livre de photos qui coutait à l'époque la peau du c... autour de "Il était une fois en Amérique" ? C'était une édition italienne. De mémoire le livre doit dater de 1988, bref, sorti du vivant du cinéaste.
J
Lino
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Re: Sergio Leone (1929-1989)

Post by Lino »

Grimmy wrote:Dis Lino, toi qui est le spécialiste de Leone, sais-tu si on peut encore trouver (et où ), un livre de photos qui coutait à l'époque la peau du c... autour de "Il était une fois en Amérique" ? C'était une édition italienne. De mémoire le livre doit dater de 1988, bref, sorti du vivant du cinéaste.
J
C'est le livre de Marcello Garofalo avec une courte introduction de Sergio Leone : Photographic Memories.

L'idée est de mélanger trois temps photographiques autour de Il était une fois en Amérique : le temps réel de l'Amerique de ces années là (années 20 et 30, clichés d'époque ), le temps de la mise en scène (photographies de plateau), le temps propre du film projeté (photogrammes). Si l'introduction de Leone est facile à lire, le texte , assez court, de Garofalo est plus abstrait et difficile si l'on ne maîtrise pas l'italien couramment. On y voit aussi quelques images de scènes inédites dans le montage de 1984, dont E. Mc Govern sur scène (Cléopâtre).

Par contre, pour le trouver maintenant.... je ne sais pas . Il faut chercher sur abebooks.com ou un site d'occasion (je l'avais trouvé en 2000 sur Internetbookshop.it, encore disponible) .

J'ai mis en lien un puissant moteur de recherches de livre épuisés sur Western Maniac. Il brasse tout ce qui peut exister d'important de commerces de livres épuisés en ligne.

http://western-maniac.forum-pro.fr/t268 ... les-livres

Bonnes recherches,

LINO.
Last edited by Lino on 25 Jun 11, 19:10, edited 1 time in total.
Grimmy
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Re: Sergio Leone (1929-1989)

Post by Grimmy »

'tain, merci !! Ca marche. J'ai trouvé un site le proposant à 92 euros (135 dollars US). Bon.
C'est quand même cher ! :mrgreen:
Je garde le lien...
Lino
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Re: Sergio Leone (1929-1989)

Post by Lino »

Pour ceux que cela intéresse, les références exactes sont :

Un film di Sergio Leone C'era Volta in America Photographic Memories, Marcello Garofalo, Editalia, 1988, 318 pages (sous cartonnage noir léger). Très bel album de photographies (noir et blanc, quelques planches couleurs).
Lino
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Re: Sergio Leone (1929-1989)

Post by Lino »

Sergio Leone Cinéma Cinéma, Carles Prats et Manel Mayol :

Vu dans son intégralité. (DVD RHV, 2011).

Langue italienne seule, sans aucun sous-titre sauf si l'intervenant s'exprime en espagnol ou anglais (Frayling).

Tourné en 1999, 2000 (les Twin Towers sont encore présentes à New-York), le film date un peu, puisqu' excepté quelques images encore inédites ailleurs du fonds Angelo Novi ( une vue du tournage, de Mon Nom est Personne, quelques vues de Il était une fois la Révolution -sur lequel rien n'est dit- , et du fonds Carlo Simi, excepté quelques intervenant espagnols jamais entendus ailleurs, le reste est devenu -ou était déjà- ultra-connu. Frayling repète d'ailleurs souvent exactement ce que quelques images plus tard Donati dit lui-même avec le poids du vécu.

La partie la plus réussie est la partie espagnole, en dépit des approximations propres aux souvenirs lointains, excepté Aguilar, qui ne dit rien d'intéressant.

Carla Leone parle très vite, sans sous-titre, j'ai eu du mal à tout suivre (sinon que les enfants Leone allaient le matin à la plage pendant les tournages à Almeria et qu'il y avait un excellent restaurant itinérant sur les tournages andalous ) , Tonino Delli Colli parle aussi trop vite pour moi. Intéressante est la conclusion ouverte sur le projet de western de Leone avec Richard Gere et Mickey Rourke, racontée par Luca Morsella .

Un version sous-titrée en français serait bienvenue.

Mon sentiment est que toutes ces histoires personnelles autour de Sergio Leone auront opacifié en grande partie la fabrique de l'oeuvre pour qu'un documentaire sur Leone vienne maintenant vraiment se démarquer des autres . Trop tard !
Lino
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Re: Sergio Leone (1929-1989)

Post by Lino »

Un gros ouvrage espagnol Clint Dispara ! consacré au tournage de "La Trilogie des Dollars" est sorti ces jours derniers chez T& B Editores, éditeur ibérique spécialisé dans le cinéma.

Sous la direction de Victor Matellano, historien du cinéma et des lieux de tournage madrilènes, avec des auteurs réputés : Ch. Frayling, C. Gaberscek, José Enrique Martinez Moya etc... et des documents inédits annoncés.

Plus de commentaires sur :

http://western-maniac.forum-pro.fr/t4646-clint-dispara

ou sur mon blog

http://monnomestpersonne1973.blogspot.com/

avec lien de l'éditeur. Un petit compte rendu dès que reçu (on le trouve très facilement).

Les amateurs de Leone et du western italien trouveront sur ce blog en plus de références d'ouvrages disponibles ou épuisés sur le genre (répertoriés petit à petit) beaucoup de documents d'archives , en espagnol, italien et français, complètement oubliés ou passés sous silence, avec maintes photographies (tournages, promotions) parfois jamais revues depuis leurs publications il y a de presque 40 à 50 ans... Des dizaines de sujets sont en stocks, d'autres sont en cours d'élaboration , à raison de deux ou trois publications par mois maximum .

Tout est bien sûr référencé avec la plus grande précision pour ceux que cela intéresse (rien n'est plus sûr dans la durée que le papier original :wink: ).

D' Almeria , 1970 :wink: ,

JO/LINO.
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Re: Sergio Leone (1929-1989)

Post by Pendragon »

Lino wrote:Un gros ouvrage espagnol Clint Dispara ! consacré au tournage de "La Trilogie des Dollars" est sorti ces jours derniers chez T& B Editores, éditeur ibérique spécialisé dans le cinéma.

Sous la direction de Victor Matellano, historien du cinéma et des lieux de tournage madrilènes, avec des auteurs réputés : Ch. Frayling, C. Gaberscek, José Enrique Martinez Moya etc... et des documents inédits annoncés.
Merci Lino! :wink:
J'attends avec impatience tes premières impressions pour ce bouquin.
Lino
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Re: Sergio Leone (1929-1989)

Post by Lino »

Je copie-colle de Western Maniac les liens où se procurer Clint, Dispara ! hors d'Espagne:

Achat international possible sur:

fnac.es (transport UPS):
http://www.fnac.es/

Librerias Picasso (Almeria), (transport TNT):
http://www.librerias-picasso.com/

(Ce site est parfaitement sécurisé pour l'achat CB et tous les ouvrages disponibles parlant des décors espagnols y sont en vente, comme le tout récent livre de 900 pages de José Enrique Martinez Moya, Cabalgando Hacia la Avenutra, Almeria y la industria el ciné (2011)).

Abebooks (diverses librairies comme MAXTOR).
http://www.abebooks.com/servlet/SearchR ... &x=63&y=15


Indisponible sur amazon.es, où seuls les revendeurs l'ont à disposition, mais réservé à la vente en Espagne...
http://www.amazon.es/CLINT-DISPARA-tril ... 833&sr=8-1

Référencé sur amazon.fr, mais pas encore disponible (on peut déjà le commander cependant) :
http://www.amazon.fr/%C2%A1clint-dispar ... 800&sr=8-1

Je devrais recevoir Clint, Dispara ! mardi ou mercredi...

L'édition espagnole, la plus dynamique actuellement sur le genre "spaghetti western", met à disposition un nombre d'ouvrages de plus en plus conséquents gorgés de matériel inédit à disposition du lecteur. Les fonds documentaires espagnols sont enfin exploités. :D
Lino
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Re: Sergio Leone (1929-1989)

Post by Lino »

Pendragon wrote:
Lino wrote:Un gros ouvrage espagnol Clint Dispara ! consacré au tournage de "La Trilogie des Dollars" est sorti ces jours derniers chez T& B Editores, éditeur ibérique spécialisé dans le cinéma.

Sous la direction de Victor Matellano, historien du cinéma et des lieux de tournage madrilènes, avec des auteurs réputés : Ch. Frayling, C. Gaberscek, José Enrique Martinez Moya etc... et des documents inédits annoncés.
Merci Lino! :wink:
J'attends avec impatience tes premières impressions pour ce bouquin.
Ici :wink:

http://western-maniac.forum-pro.fr/t4646-clint-dispara

Trop peu de documents inédits : textes, photographies, documents sont pour la grande majorité d'entre eux des rediffusions et traductions (anglais vers espagnol, italien vers espagnol)...
Reste un photo de tournage inédite, quelques archives venues de Julio Sempere, assisant réalisateur de Leone et du fonds Cubero et Galicia pour les décors de Pour une poignée de Dollars (dessins pour la tranformation du Poblado del Oeste de Hoyo de Manzanares en San Miguel.) J' attendais surtout la publication des ces fonds et archives inédits, ils sont très minoritaires.
Gustave
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Re: Sergio Leone (1929-1989)

Post by Gustave »

J'espère faire plaisir à mes semblables (immenses fans de Sergio Leone) avec ce fruit d'un long travail sur le film que je considère comme le plus beau jamais réalisé, Il était une Fois dans l'Ouest.

D’où nous vient l’un des plus grands films de l’histoire ? Comment se déroulait le travail de Leone avec ses jeunes scénaristes Argento et Bertolucci ? Qu’est-ce qu’ont impliqué les choix de casting (et notamment le contre-emploi monumental d'Henry Fonda) ? A quel point est-ce une œuvre référencée et à quel point Leone en était-il au courant ? Les réponses sont ici :

http://www.courte-focale.fr/cinema/maki ... re-partie/
allen john
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Re: Sergio Leone (1929-1989)

Post by allen john »

Once upon a time in America (1983 selon le copyright)

La "version longue" de la version longue de ce film dont l'histoire de la confection est riche en rebondissements , supposée la plus proche des désirs de Leone, est sortie en Blu-Ray en Italie. Elle contient une vingtaine de minutes supplémentaires, dont certaines sont mythiques; par contre, certaines voix se sont élevées pour rappeler que leone lui-même se serait opposé à la réinsertion de certaines scènes. on n'est donc sans doute pas devant une version idéale. Au moins la vision de ces quatre heures et onze minutes nous permettent-elles de revoir le film, avec toujours plus de bonheur...

C'est vers 1968, au moment de la sortie de Once upon a time in the west que Leone a commencé à vouloir monter ce projet, y voyant la possibilité de continuer une nouvelle trilogie. L'histoire est célèbre: le cinéaste a tenté par plusieurs fois de monter ce film, trouvant à plusieurs époques les acteurs idéaux, avant de voir le projet capoter plusieurs fois. Tel qu'il est le film propose des solutions idéales avec ses acteurs Américains, qui s'expriment tous en anglais du début à la fin, permettant au film d'échapper à cette malédiction de post-synchronisation mal fichue qui reste embarrassante en particulier sur Il était une fois la révolution. Mais de toutes façons, l'intérêt de ce film vaste et riche est ailleurs: il conte une vision du siècle, par la lorgnette du banditisme, à travers l'amitié entre Noodles (David Aaronson, interprété par robert de Niro) et son ami Max, joué par le grand James Woods. Les deux sont au départ des garçons débrouillards de Brooklyn, ou ils apprennent à devenir des caïds, selon le précepte de Max (On ne veut pas de patron). Une rupture brutale, lorsque Noodles est envoyé en prison pour avoir brutalement tué un gangster qui avait abattu l'un des leurs, le petit Dominic, alors que tout semblait baigner dans l'huile... après le retour de Noodles à la vie active et aux affaires, en plein age du jazz (les années 20), les deux hommes semblent de plus en plus éloignés l'un de l'autre, et une trahison se profile alors, qui va avoir sur les personnages des répercussions graves, tant psychologiques qu'historiques...

Noodles, parallèlement, est hanté par le souvenir de son amour d'enfance, Deborah, dont il était fou, mais qui l'a constamment à la fois repoussé et encouragé de façon très ambigüe. Comme avec son film précédent, Leone le provocateur choisit de raconter à sa façon l'histoire du 20e siècle en en faisant l'histoire de gangsters et de leurs méthodes... Le motif qui sert de fil rouge au film est le temps, avec sa structure étonnante, faite de flash-backs ou de flash-forwards (Il y a un aspect polémique de la structure temporelle, sur lequel je reviendrai), le temps qui fait d'un garçon un homme et d'un homme un vieillard. Les acteurs ont été sélectionnés pour leur capacité à interpréter les personnages vieillis, et De Niro s'en sort bien, comme James Woods.

Le rêve Américain est ici vu par le biais du gangsterisme, mais aussi de l'antagonisme, à moins que ce ne soit l'amitié, de duex hommes. Max, celui qui va réussir, y compris en passant par l'ultime manipulation, et qui va mener, arrivant toujours avant son ami Noodles, et celui-ci, éternel second, en tout: leur rencontre est exemplaire; Noodles a prévu un coup avec ses amis, et compte sur un attelage qui va passer pour cacher des yeux de la police ce qu'ils envisagent de faire: se saisir d'un ivrogne, lui violer son argent... Mais Max, installé sur la carriole, qui a tout compris, se saisit de l'ivrogne pour lui faire traverser la route, eu au passage lui piquer sa montre. Leur déniaisage se passe également d'une façon qui tourne à l'avantage de Max, puis Noodles sera toujours celui qui a failli, celui qui a aidé. Toutes ses initiatives seront généralement mal venues... Et même sa trahison sera pilotée par Max. L'un des fils rouges du film est le temps, symbolisé dès la première rencontre de Noodles et Max par la montre volée au vieil homme saoul; Noodles va ensuite la voler à max dans une chamaillerie, mais un policier va la confisquer. elle sera ensuite récupérée lors d'un coup d'éclat, scellant une fois pour toutes le lien des deux hommes au temps qui passe, qui fait, ou défait les rêves. Il les voit devenir maîtres de la rue, de la ville... et se confronter l'un à l'autre, jusqu'en 1968.

Le sexe, absent des films précédents, prend ici une place très importante, d'abord dans les rapports entre les gens: la première vision de Deborah dans le film est celle ou la jeune Deborah (Jennifer Connelly) se déshabille sous le regard de Noodles qui se croit caché; puis, le dépucelage des jeunes gangsters devient un rite de passage qui se confond avec leur prise de pouvoir, puisqu'il coïncide avec le moment ou ils prennent le contrôle du flic local... Lors de sa sortie de prison, Noodles reçoit une fille nue en cadeau de la part de Max, et de nombreuses scènes de casse ou de coups se résovent dans une anecdote sexuelle (le viol de Tuesday Weld par De Niro, à moins que ce ne soit le contraire...). Le sexe et la vie, le tout vu par un vieillard (De Niro en 1968), quoi de plus naturel, pour quelqu'un qui vit planqué et seul depuis 35 ans? Bien sur, cette débauche allègre a rejailli sur le devenir du film, qui a connu de multiples coupes et versions... et cette débauche (sans jeu de mot) culmine à mon sens dans une scène qui donne à tous ces souvenirs un gout amer, scène de viol parmi les plus insupportables de l'histoire...

A moins que... Leone l'a souvent dit, et la structure du film telle qu'elle est le confirmerait: le début du film voit des raids de police, et des gangsters à la recherche de quelqu'un, alors que Noodles est dans une fumerie d'opium... Plus tard dans le film, on le voit y arriver, une fois la trahison qu'il a commise effectuée, et les derniers plans du film le voient exhaler la fumée, ce même jour, le regard hagard et hilare... les parties situées en 1968 sont-elles issues de sa rêverie, ou sont elles chronologiques? Sont-elles le résultat d'une vie de regrets et de bonheur foutu en l'air, ou le rêve que sa trahison ne soit qu'une manipulation de quelqu'un d'autre, afin de se dédouaner de ce geste qu'il n'assume pas? Les deux font du sens, même si les rebondissements mélodramatiques de la partie "moderne" sont particulièrement exagérés...

Une autre lecture serait celle d'un Noodles qui se serait résigné une fois pour toutes à regarder sa vie sous le signe du regret, découvrant à la fin que son ratage à lui n'est finalement rien à coté de la réussite d'un autre, le 'secrétaire' Bailey dont l'identité reste longtemps supposée inconnue, mais il ne faut pas beaucoup réfléchir avant de trouver la vraie identité de cet homme venu de nulle part, riche depuis le moment ou Max a été retrouvé mort, calciné, qui vit avec celle que Noodles a tant aimé mais qu'il a laissée partir... Ce secrétaire Bailey pris dans un scandale tel qu'il a décidé de payer Noodles pour le tuer lui; car leone nous le dit, au rêve Américain incarné par Max et bailey, correspond un irrépressible instinct de mort. l'éternel second, tout en faisant défiler le déroulement de sa vie ratée, s'en tire finalement plutôt pas mal.

Quoi qu'il en soit, ce film à la structure rêveuse, est fait comme on en a l'habitude chez Leone de scènes toutes entières dévolues au présent, dont les détails inoubliables sont liés au regard, et aux sens du personnage principal joué par de Niro ou le jeune acteur (Scott Tiler) qui interprète le jeune "Noodles" ou d'autres personnages. Le sens du détail parfois très trivial (Le corps de Deborah vu depuis un trou dans le mur, ou dans la scène d'ouverture, un tueur qui cherche Noodles prend le temps de voir qu'une jeune femme a un sein à l'air, et il pose le bout de son arme sur l'aréole. Une scène coupée dans de nombreux pays, et pourtant c'est un détail important: un moment d'humanité dans lequel la terre s'arrête de tourner) renvoie un peu à Stroheim et son talent pour donner de la substance et de la richesse à toutes les scènes... La musique de Morricone, qui est moins paroxystique que d'habitude, joue pour sa part la carte du jazz des années 25-35, renvoyant à l'idée d'un temps qui se serait arrêté pour les personnages à ces derniers évènements: trahison, tuerie, viol, et fin de la prohibition... Comment vieillir en paix après une telle crise? Tout cela ne serait donc qu'un rêve?

Un rêve de cinéma, en tout cas... Leone réalise son film le plus désiré de sa carrière, et le plaisir de filmer, en compagnie de son complice chef-opérateurTonino Delli Colli, est plus que jamais palpable... La version longue, sortie miraculeusement de plusieurs années de purgatoire, n'apporte rien à la thématique du film, mais le complète parfois avantageusemenent, parfois moins. Certaines scènes ajoutées y sont trop explicites ou bavardes, d'autres sous-tendent la thématique de la réussite vécue comme un échec: la pièce que joue deborahe lorsque Noodles vient la voir en 1968 est Anthony & Cleopatra, de Shakespeare, et on assite donc au suicide d'une femme, qui est la maîtresse d'un homme illustre, que tous veulent mort... Le dernier film de Leone est peut-être bardé de défauts (Beaucoup le disent)mais il est aussi très beau, dans son mystérieux déroulement, avec ses zones d'ombre, sa mise en valeur de l'amitié et du fait qu'entre la marche du temps et le plaisir de partager une amitié, un amour, un moment même, le choix est parfois trop dur. On y perd la tête, la vie, ou le bonheur...

http://allenjohn.over-blog.com/
Lino
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Re: Sergio Leone (1929-1989)

Post by Lino »

Les chroniques de tournage du Colosse de Rhodes, mai-novembre 1960, publiées par Fotogramas (Espagne) avec d'autres inédits, ici maintenant :

http://monnomestpersonne1973.blogspot.f ... -1960.html

(A suivre...)
Lino
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Re: Sergio Leone (1929-1989)

Post by Lino »

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Excepté Pour une poignée de Dollars, tous les westerns de Sergio Leone ressortent en Italie, DVD et BR, collection RAI (une première pour Il était une fois la Révolution.)

Le 5 décembre.

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Si, comme annoncé sur Videociak.net, le copie de Il était une fois dans l'Ouest est celle restaurée par Bologne (montrée en salles par Carlotta en France), le film est coupé et mal étalonné , trop froid et bien trop bleu.... :(

Videociak a encore quelques exemplaires du DVD Il était une fois dans l'Ouest, CVC, 2002, version italienne la plus longue et colorimétrie chaude, à l'image du film en salles.

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