Sergio Leone (1929-1989)

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés avant 1980.

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Lino
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Re: Sergio Leone (1929-1989)

Post by Lino »

allen john wrote:GIU LA TESTA (Sergio Leone, 1972)

Je confesse une irritaion irrémédiable devant la manie fellinienne de la post-synchronisation systématique des films Italiens, dont souffre selon moi ce film. C'est irritant, et le fait est que le film a été doublé de façon insupportable, en Anglais, tout comme dans toute autre langue puisque l'Anglais reste malgré tout la langue de référence comme sur les autres films de la série. http://allenjohn.over-blog.com/article- ... 20336.html
L'anglais n'est pas la langue de référence des films de Leone, et d'ailleurs pour la version française de Il était une fois la Révolution, le générique indiquait "version française dirigée par Sergio Leone" (de loin, c'est la meilleure, la plus vivante et truculente) . De même, ne figurait pas dans la version française d'origine la dernière phrase dans l'adresse au spectateur par Rod Steiger (présente sur la version italienne) et rajoutée par MGM sur le DVD, la citation de Mao allait aussi jusqu'à sa fin (ici J.F. Gire et moi avons le même souvenir, puiqu'il cite le texte intégralement dans ses livres) : le révolution est un acte de violence par lequel une classe en renverse une autre.
allen john
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Re: Sergio Leone (1929-1989)

Post by allen john »

Lino wrote:
allen john wrote:GIU LA TESTA (Sergio Leone, 1972)

Je confesse une irritaion irrémédiable devant la manie fellinienne de la post-synchronisation systématique des films Italiens, dont souffre selon moi ce film. C'est irritant, et le fait est que le film a été doublé de façon insupportable, en Anglais, tout comme dans toute autre langue puisque l'Anglais reste malgré tout la langue de référence comme sur les autres films de la série. http://allenjohn.over-blog.com/article- ... 20336.html
L'anglais n'est pas la langue de référence des films de Leone, et d'ailleurs pour la version française de Il était une fois la Révolution, le générique indiquait "version française dirigée par Sergio Leone" (de loin, c'est la meilleure, la plus vivante et truculente) . De même, ne figurait pas dans la version française d'origine la dernière phrase dans l'adresse au spectateur par Rod Steiger (présente sur la version italienne) et rajoutée par MGM sur le DVD, la citation de Mao allait aussi jusqu'à sa fin (ici J.F. Gire et moi avons le même souvenir, puiqu'il cite le texte intégralement dans ses livres) : le révolution est un acte de violence par lequel une classe en renverse une autre.
(Attention, ce message revêt un caractère tranché, voire ayatollesque d'un militant Anglophile qui déteste manifestemet la langue Française.)
Il n'est pas en effet la langue de référence qui était sans doute le plus parlée sur un tournage, je constate juste que le doublage de L'Anglais s'effectue sans heurts puisque les acteurs étaient supposés annoner ce langage: Leone savait que les Anglophones ne supportent pas la trace du doublage (Contrairement aux Italiens depuis le sale coup de Mussolini en 1930 qui a imposé la langue Italienne sur le cinéma projeté dans la péninsule, d'ailleurs la post-synchronisation à l'Italienne, c'est du travail de cochon - Et par ailleurs, je suis Franco-Italien, mais c'est un autre problème), donc il a tout fait pour que la synchronisation de la langue Anglaise sur la bouche des acteurs se fasse au mieux: tout acteurs qui parle en gros plan devant la caméra parle en effet Anglais, langage que j'enseigne, donc je voie quand on me bourre le mou, ou qu'on fait semblant. Si en revanche on met sur l'image de quelqu'un qui fait semblant de parler l'Anglais une voix qui parle en Français, ça ne marche pas, comme d'ailleurs 100% du doublage en Français. Ensuite, voir un film dans lequel Clint Eastwood aurait la voix de Chrsitian Clavier, c'est absolument hors de question. :mrgreen:
...et par ailleurs, le doublage des premières séquences souffre d'une post-synchro hâtive, et franchement mal fichue. Mais au moins les acteurs font des mouvements qui correspondent à ce qu'on entend.

'OIlà!
allen john
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Re: Sergio Leone (1929-1989)

Post by allen john »

Il mio nome è Nessuno (Tonino Valerii, 1973)

Bien sur, Tonino Valerii n'est pas le pseudonyme de Sergio Leone, et de fait on attribue souvent ce film, à tort, à l'auteur d'Il était une fois en Amérique. Il ne manque pas de raisons pour entretenir cette confusion: Leone a participé à un scénario basé sur son idée, il a été un producteur actif, présent sur le plateau et a même tourné certaines scènes, parmi lesquelles des moments importants du film. De plus, si le fait qu'il ait donné l'impulsion de tourner ce film ne fait aucun doute, le résultat final ressemble à la fois à un film de Leone par le style, mais sur un versant ouvertement auto-parodique. A aucun moment la mythologie ne sera résolue par l'apparition de conflits personnels non résolus ou de plaies béantes générées par un traumatisme, comme dans les grands films du réalisateur.

Jack Beauregard (Henry Fonda), héros désireux de se retirer de la scène de l'ouest, se retrouve au milieu d'un conflit qui a couté la vie à son frère. Un jeune admirateur, qui se présente comme "personne" (Ternce Hill), le pousse à s'investir, et à faire une dernière fois la preuve de son talent en se battant seul contre une "horde sauvage" de 150 malfrats...

La comédie l'emporte bien sur sur ce film, qui n'est sans doute pas un classique aussi digne que les films de Leone. La thématique ressemble un peu, avec sa confrontation entre le vieil ouest et l'admirateur, ses rites de passage, et la mise en scène mythologique de certaines confrontations, mais la musique de Morricone joue ouvertement la carte de la parodie et du gag (La chevauchée des Walkyries est régulièrement citée lorsqu'on voit les bandits), et les scènes de bagarre reposent beaucoup sur le slapstick, mettant en valeur plus Terence Hill que Henry Fonda. On n'est, heureusement, pas dans Trinita, le film sait ne pas aller trop loin, mais l'ambiance est légère.

On ne sera pas surpris que la scène durant laquelle Beauregard se retrouve effectivement face à 150 bandits sur une vaste plaine, avec le nuage de fumée qui se déplace au loin, et un mouvement de grue significatif qui s'élève vers les cieux, en plein désert du Nouveau Mexique, ait été tournée par Leone lui-même. Celui-ci a infusé une dimension référentielle qui va au-delà de son propre travail, puisque les références s'étendent à peckinpah: The wild Bunch, mais aussi le nom du réalisateur, lu sur une tombe...

A noter qu'il a failli exister une bande dessinée du film, dont plusieurs planches ont été réalisées: le dessinateur Belge Joseph Gillain (Oui, LE Jijé!!) a été invité par Leone soi-même à prendre des croquis sur le plateau, comme en témoignent de nombreuses photos publiées dans le 18e volume de l'intégrale de Jijé publiée aux Editions Dupuis. Mais l'album ne sera pas finalisé faute d'un accord avec Leone qui était décidément très gourmand (Coincidence? le premier album, un Jerry Spring, de Jijé réalisé après ce rendez-vous manqué s'appellera L'or de Personne...).

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En attendant, ce petit film plaisant a réussi au moins à concilier sans trop de mal le western ouvertement parodique, et une version légère du grand ouest fascinant de Sergio Leone. Celui-ci avait sans doute trop à penser, puisqu'on l'imagine déjà la tête dans son vrai film suivant, ou il avait peur de s'auto-parodier, en attendant Tonino Valerii, dépourvu de tout complexe à l'égard de la comédie, a fait du bon travail. Et les scènes de machine à baffes nous renseignent définitivement sur le fait que décidément, tout ça n'est pas bien sérieux...

http://allenjohn.over-blog.com/article- ... 79705.html
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Kevin95
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Re: Sergio Leone (1929-1989)

Post by Kevin95 »

allen john wrote:Bien sur, Tonino Valerii n'est pas le pseudonyme de Sergio Leone, et de fait on attribue souvent ce film, à tort, à l'auteur d'Il était une fois en Amérique. Il ne manque pas de raisons pour entretenir cette confusion: Leone a participé à un scénario basé sur son idée, il a été un producteur actif, présent sur le plateau et a même tourné certaines scènes, parmi lesquelles des moments importants du film.l
Désolé mais toute la polémique autours du film m'énerve un peu. Mon nom est personne est une film de Tonino Valerii ! Leone n'a en fait tourné que la scène de l'urinoir qui est tout sauf importante. Fonda à l'époque racontait que Leone tourna toute ses scènes (ce qui n'est pas vrai selon les participants au film). Terence Hill dit que le film est de Leone, histoire de mettre un grand nom dans sa filmographie mais là aussi c'est un mensonge.

Quand au film, même si les gags sont assez lourdingues (enfin je trouve) il offre des séquences de pure beauté westernienne comme toutes celles avec La Horde Sauvage.
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Re: Sergio Leone (1929-1989)

Post by Watkinssien »

Kevin95 wrote:
allen john wrote:Bien sur, Tonino Valerii n'est pas le pseudonyme de Sergio Leone, et de fait on attribue souvent ce film, à tort, à l'auteur d'Il était une fois en Amérique. Il ne manque pas de raisons pour entretenir cette confusion: Leone a participé à un scénario basé sur son idée, il a été un producteur actif, présent sur le plateau et a même tourné certaines scènes, parmi lesquelles des moments importants du film.l
Désolé mais toute la polémique autours du film m'énerve un peu. Mon nom est personne est une film de Tonino Valerii ! Leone n'a en fait tourné que la scène de l'urinoir qui est tout sauf importante. Fonda à l'époque racontait que Leone tourna toute ses scènes (ce qui n'est pas vrai selon les participants au film). Terence Hill dit que le film est de Leone, histoire de mettre un grand nom dans sa filmographie mais là aussi c'est un mensonge.
Il n'y a pas de quoi vraiment s'énerver. Le film est plus de Tonino Valerii, c'est indéniable, mais Leone a participé un peu à la mise en scène. Il n'est pas crédité en tant que metteur en scène, mais il a mis un peu de sa patte. Cela n'enlève en rien le travail visuel de Valerii et les qualités qui lui sont dues...
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Kevin95
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Re: Sergio Leone (1929-1989)

Post by Kevin95 »

Watkinssien wrote:Il n'y a pas de quoi vraiment s'énerver. Le film est plus de Tonino Valerii, c'est indéniable, mais Leone a participé un peu à la mise en scène. Il n'est pas crédité en tant que metteur en scène, mais il a mis un peu de sa patte. Cela n'enlève en rien le travail visuel de Valerii et les qualités qui lui sont dues...
C'est plus dans l'idée d'oublier l'apport de Valerri (très bon réalisateur) qui me fait tilter à chaque fois que j'entends le nom de Leone à propos du film. Mais c'est à force de radoter comme quoi Leone n'est que le producteur du film à qui veut l'entendre qu'à force je rouspète ! :mrgreen:
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Re: Sergio Leone (1929-1989)

Post by Watkinssien »

Kevin95 wrote:
Watkinssien wrote:Il n'y a pas de quoi vraiment s'énerver. Le film est plus de Tonino Valerii, c'est indéniable, mais Leone a participé un peu à la mise en scène. Il n'est pas crédité en tant que metteur en scène, mais il a mis un peu de sa patte. Cela n'enlève en rien le travail visuel de Valerii et les qualités qui lui sont dues...
C'est plus dans l'idée d'oublier l'apport de Valerri (très bon réalisateur) qui me fait tilter à chaque fois que j'entends le nom de Leone à propos du film. Mais c'est à force de radoter comme quoi Leone n'est que le producteur du film à qui veut l'entendre qu'à force je rouspète ! :mrgreen:
Je peux comprendre... :wink:
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Re: Sergio Leone (1929-1989)

Post by someone1600 »

En tout cas... personnelement j'ai moyennement aimé ce film... Fonda est super... mais Terence Hill m'enerve... :?
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Re: Sergio Leone (1929-1989)

Post by Pendragon »

someone1600 wrote: Fonda est super... mais Terence Hill m'enerve... :?
Tu détesterais vraiment les ''Trinita'' dans ce cas! :mrgreen: :wink:
Le perso de Hill est comme l'a voulu Leone, car lui aussi détestait les films a la sauce ''Trinita'' qui furent d'énormes succès!
allen john
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Re: Sergio Leone (1929-1989)

Post by allen john »

Kevin95 wrote:
Watkinssien wrote:Il n'y a pas de quoi vraiment s'énerver. Le film est plus de Tonino Valerii, c'est indéniable, mais Leone a participé un peu à la mise en scène. Il n'est pas crédité en tant que metteur en scène, mais il a mis un peu de sa patte. Cela n'enlève en rien le travail visuel de Valerii et les qualités qui lui sont dues...
C'est plus dans l'idée d'oublier l'apport de Valerri (très bon réalisateur) qui me fait tilter à chaque fois que j'entends le nom de Leone à propos du film. Mais c'est à force de radoter comme quoi Leone n'est que le producteur du film à qui veut l'entendre qu'à force je rouspète ! :mrgreen:
Je me suis basé sur l'abondante littérature (un bien grand mot) disponible sur le net et dans la presse depuis la sortie du film. Mon premier contact avec le film, par le biais des volumes de l'intégrale du dessinateur que je mentionne, font état d'un producteur Leone qui "supervisait" le film sur le plateau. Je ne saurais juger de l''apport seul de Valerii (Qui est seul crédité, et dont on est bien d'accord qu'il est le metteur en scène du film, je ne le mets pas en doute), mais les deux scènes attribuées le plus souvent à Leone, peut-être à tort, sont l'ouverture, et la scène de la confrontation finale de Fonda avec les 150 cavaliers. je n'ai pas vu mentionnée la scène de l'urinoir, qui est effectivement loin d'être un grand moment. Pour le reste, effectivement si Leone avait réalisé autant de scènes que le prétend Fonda, il aurait été assez grand pour mettre son nom au crédit du film, et sinon c'est vrai que quand on a tourné avec Bud Spencer, on n'est pas digne de foi, donc tout ce que Terence Hill a prétendu, hein, on s'en balance(Et d'ailleurs, c'est quoi, ce nom, "Terence Hill"?). Voilà. Pour le reste, le film ressemble souvent à une amicale parodie (Si on retient l'idée que Valerii a seul assumé le tournage), ou une auto-parodie (Si leone a fait plus que de porter une casquette sur le tournage). Voilà.

Pour le reste, une chose est sure, le film est beaucoup plus un film de Tonino Valerii que, disons, The thing n'est un film de Christian Niby, ou Tight Rope n'est réalisé par Richard Tuggle.
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Re: Sergio Leone (1929-1989)

Post by Léo Pard »

Soirée Sergio Leone - Clint Eastwood jeudi 21 avril sur France 3 avec Pour une poignée de dollars à 20h35, puis Et pour quelques dollars de plus à 22h45. :wink:
Lino
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Re: Sergio Leone (1929-1989)

Post by Lino »

allen john wrote:
Kevin95 wrote:
C'est plus dans l'idée d'oublier l'apport de Valerri (très bon réalisateur) qui me fait tilter à chaque fois que j'entends le nom de Leone à propos du film. Mais c'est à force de radoter comme quoi Leone n'est que le producteur du film à qui veut l'entendre qu'à force je rouspète ! :mrgreen:
Je me suis basé sur l'abondante littérature (un bien grand mot) disponible sur le net et dans la presse depuis la sortie du film. Mon premier contact avec le film, par le biais des volumes de l'intégrale du dessinateur que je mentionne, font état d'un producteur Leone qui "supervisait" le film sur le plateau. Je ne saurais juger de l''apport seul de Valerii (Qui est seul crédité, et dont on est bien d'accord qu'il est le metteur en scène du film, je ne le mets pas en doute), mais les deux scènes attribuées le plus souvent à Leone, peut-être à tort, sont l'ouverture, et la scène de la confrontation finale de Fonda avec les 150 cavaliers. je n'ai pas vu mentionnée la scène de l'urinoir, qui est effectivement loin d'être un grand moment. Pour le reste, effectivement si Leone avait réalisé autant de scènes que le prétend Fonda, il aurait été assez grand pour mettre son nom au crédit du film, et sinon c'est vrai que quand on a tourné avec Bud Spencer, on n'est pas digne de foi, donc tout ce que Terence Hill a prétendu, hein, on s'en balance(Et d'ailleurs, c'est quoi, ce nom, "Terence Hill"?). Voilà. Pour le reste, le film ressemble souvent à une amicale parodie (Si on retient l'idée que Valerii a seul assumé le tournage), ou une auto-parodie (Si leone a fait plus que de porter une casquette sur le tournage). Voilà.

Pour le reste, une chose est sure, le film est beaucoup plus un film de Tonino Valerii que, disons, The thing n'est un film de Christian Niby, ou Tight Rope n'est réalisé par Richard Tuggle.
Je ne sais pas trop ce que vous avez lu ou entendu, parce que cela ne correspond en rien à ce qui été publié récemment (rectifiant ce qui a pu être dit précédemment) et surtout à une hypothèse crédible qui figure dans le commentaire audio du film par Tonino Valerii, qui confirme:

-la partie américaine est intégralement dûe à Valerii, Leone n'étant pas sur le plateau au Nouveau-Mexique (comme vous avez pu le contaster si vous connaissez les photos de Gillain à Acoma, photos montrée à l'exposition Gillain, Angoulême, 1976 ou 1977, que nous avions vues à l'époque.

-Leone est présent les trois derniers jours de tournage aux USA, Royal Street et Jackson Square, Quarier Français, La Nouvelle Orléans ; on peut penser ici à une intervention concertée avec Valerii. Selon Valerii, absent sur le tournage un jour pour cause d'une otite aiguë, Leone se fait photographier devant la presse dirigeant les acteurs, pour une postérité feinte.

En Espagne, suite à une embrouille douanière , le film prend un léger retard (tourné à Poblado Leone et environs, La Calahorra, Province de Grenade, été 1973). Leone dirige la majeure partie de la séquence dans le saloon (Marc Mazza/Terence Hill), une petite partie de la fête foraine (les tartes à la crème). Il rajoute la séquence de l'urinoir, qu'il conserve au montage final contre l'avis de Valerii , qui n'a pas le "final cut".


-Leone tourne quelque plans de la scène finale avec la Horde Sauvage, la rallongeant un peu, Valerii l'ayant prévue plus courte (absent aussi un bref temps du tournage, ôtite): on peut penser à ce long plan à la grue, qu traîne un peu.



Vous trouverez sur le site de l'INA un entretien de Leone avec André Halimi, mai 1973, Cannes, où il annonce le film mentionnant Terence Hill (la plus grosse vedette européenne de l'époque) , Henry Fonda et Tonino Valerii, qu'il présente.

Vous pouvez vous procurer ici, via le site de l'auteur, le script original du film que Ernesto Gastaldi a fait éditer pour son propre compte, fort intéressant à lire (plusieurs effets visuels du films sont déjà présents dans ce scénario), et d'ailleurs d'une grande qualité littéraire (Gastaldi se rendait tous les jours chez Leone, et l'écrivait la nuit.)

L'examen du film montre que la façon de tourner et surtout la partie américaine n'est pas dans le style Leone (à voir sans la musique) , particulièrement dans l'emploi de la profondeur de champ similaire à l' usage qu'en fait Valerii dans Texas. Cette thèse est développé dans la monographie sur Tonino Valerii par Roberto Curti (2008) et quelques critiques à la sortie du film.

Le film est conçu pour Terence Hill, que, selon Gastaldi, Leone aimait beaucoup, (mais il détestait Bud Spencer), dans un évident souci de "faire de l'argent" aussi. Leone, producteur, donne un énorme budget à Valerii, cinéaste cultivé et plus subtil que lui (la fluidité de Mon Nom est Personne diffère du style Leone- mais qui n'a pas pu, souvent par manque d'argent et de temps , trouver les moyens de faire valoir au mieux ses qualités.

La théorie de Frayling, biographe hélas trop peu rigoureux de Leone, est que Leone, jaloux de ce q'uil voit réalisé par son ancien assistant aux USA, le jugeant supérieur à son propre travail (Leone est aussi, à ce moment, en perte de vitesse, son dernier film n'ayant pas eu l'audience attendue) va tout faire pour reprendre en main le bateau. Le conflit prend une nouvelle tournure après la mort de Leone, quand sort un petit ouvrage de Francesco Minini où Leone avoue avoir réalisé entièrement Mon Nom est Personne. La famille Leone charge dans le même sens.

Valerii, à son tour, va jusqu'à expliquer que Leone, par exemple, n'a pas réalisé la partie de Pour une poignée de Dollars tournée à Almeria, ce qui est faux, puisqu'on le voit dans les rushes heureusement édités en 2008 par RHV en Bonus du film (Italie). L'assistant de Leone, Giraldi, avoue lui-même ne s'être rendu à Almeria que le dernier juour du tournage , avant de revenir à Rome (voir dans le livre qui lui est consacré).

L'attitude de Leone et de la famille ont rendu impossible tout travail d'enquête réel sur ses films, puisque nombre de ses collaborateurs encore vivants ne veulent plus en entendre parler (c'est pourquoi Valerii ne fait aucun commentaire sur Et pour quelques Dollars de plus, film qu'il a préparé.... Ch. Frayling, a glané une somme colossale de témoignages, mais ne semble jamais eu avoir l'idée de vérifier en recoupant par des archives, le travail est à refaire, mais n'est-ce pas trop tard (selon quelques spécialistes espanols, les auteurs anglo-saxons font des erreurs parcequ'il ne maîtrisent ni l'italien, ni l'espagnol suffisamment bien )?

Récemment, sur la RAI, et dans les interviews pour les DVd, Terence Hill effectivement accrédite l'idée (mais reste dans l'ellipse, "no comment" ) de Leone réalisateur de Mon Nom est Personne, probablement y trouvant un intérêt personnel; il a été dirigé par Leone, mais pour les quelques séquences répertoriées, dans l'hypothèse la plus vraisemblable.

Je mets petit à petit sur mon blog les différents documents d'archives que l'on peut encore trouver, et les références des livres (souvent épuisés, je viens de mettre la main sur le Tonino Valerii de l'équipe Nocturno, longue interview, 2005), mais ceci est bien mince par rapport à ce que l'on pourrait encore obtenir (idem pour Il était une fois la Révolution, De Martino en aurait réalisé un bon morceau).

Tant pis, tout le monde a perdu dans ces histoire de rivalités personnelles... et surtout Leone (dont la fabrication de l'oeuvre reste en fait très obscure). Sauf en Italie, les films sortent massacrés par MGM.

Même chose pour Gillain et Leone , il convient d'être très prudent, parce que les dessins et le texte (médiocre, plat) sont très décevants. Leone a pu simplement aussi être de cet avis (ils sont sortis dans la presse vers 77 ou 78).

Jean Fontaine, le doubleur de Terence Hill, dans Mon Nom est Personne, se souvient que Leone s 'était beaucoup impliqué dans le doublage français. On manque aussi beaucoup de documentation sur ces doublages (sur les doublages anglais, voir le témoignage de Sergio Donati, dépêché par Leone à New-York, pour éviter une post-syncrhonisation anglaise seulement labiale, la majeure partie du texte dit étant écrit... au doublage; les westerns de Leone sont tournés muets, chacun s'exprimant dans sa propre langue, sans d'ailleurs que le texte dit, mais non enregistré, soit celui que le spectateur entend finalement.)
allen john
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Re: Sergio Leone (1929-1989)

Post by allen john »

ONCE UPON A TIME IN AMERICA (Sergio Leone, 1984)

C'est vers 1968, au moment de la sortie de Once upon a time in the west que leone a commencé à vouloir monter ce projet, y voyant la possibilité de continuer une nouvelle trilogie. L'histoire est célèbre: le cinéaste a tenté par plusieurs fois de monter ce film, trouvant à plusieurs époques les acteurs idéaux, avant de voir le projet capoter plusieurs fois. tel qu'il estl film propose des solutions idéales avec ses acteurs Américaines, qui s'expriment tous en anglais (Il est donc une fois de plus totalement absurde de préconiser une version française) du début à la fin, permettant au film d'échapper à cette malédiction de post-synchronisation mal fichue qui reste embarrassante en particulier sur Il était une fois la révolution. Mais de toutes façons, l'intérêt de ce film lourd et riche est ailleurs: il conte une vision du siècle, pat la lorgnette du banditisme, à travers l'amitié entre Noodles (David Aaronson, interprété par Robert de Niro) et son ami Max, joué par le grand James Woods. Les deux sont au départ des garçons débrouillards de Brooklyn, ou ils apprennent à devenir des caïds, selon le précepte de Max (On ne veut pas de patron). Une rupture brutale, lorsque Noodles est envoyé en prison pour avoir brutalement tué un gangster qui avait abbattu l'un des leurs, le petit Dominic, alors que tout semblait baigner dans l'huile... après le retour de Noodles à la vie active et aux affaires, en pleina ge du jazzz (les années 20), les deux hommes semblent de plus en plus éloignés l'un de l'autre, et une trahison se profile alors, qui va avoir sur les personnages des répercussions graves, tant psychologiques qu'historiques...

Noodles, parallèlement, est hanté par le souvenir de son amour d'enfance, Deborah, dont il était fou, mais qui l'a constamment à la fois repoussé et encouragé de façon très ambigue. Comme avec son film précédent, Leone le provocateur choisit de raconter à sa façon l'histoire du 20e siècle en en faisant l'histoire de gangsters et de leurs méthodes... Le motif qui sert de fil rouge au film est le temps, avec sa structure étonnante, faite de flash-backs ou de flash-forwards (Il y a un aspect polémique de la structure temporelle, sur lequel je reviendrai), le temps qui fait d'un garçon un homme et d'un homme un vieillard. Les acteurs ont été sélectionnés pour leur capacité à interpréter les personnages vieillis, et De Niro s'en sort bien, comme James Woods. On est plus réservés sur le vieillissement d'Elizabeth Mc Govern (Deborah)... Mais là encore, il y une autre explication qui expliquerait le ratage de son maquillage. Le temps, est symbolisé dès leur premiere rencontre par une montre que Max a volé à un ivrogne, montre que Noodles lui vole ensuite, avant qu'elle soit confisquée par un policier véreux... Temps qui les voit devenir maitre de larue, de la ville, et assumer fièrement leur rêve Américain.

Le sexe, absent des films précédents, prend ici une place très importante, d'abord dans les rapports entre les gens: la première vision de Deborah dans le film est celle ou la jeune fille (jennifer Connelly) se déshabille sous le regard de Noodles qui se croit caché; puis, le dépucelage des jeunes gangsters devient un rite de passage qui se confond avec leur prise de pouvoir, puisqu'il coincide avec le moment ou ils prenennt le contrôle du flic local... lors de sa sortie de prison, Noodles reçoit une fille nue en cadeau de la part de Max, et de nombreuses scènes de casse ou de coups se résovent dans une anecdote sexuelle (le viol de Tuesday Weld par de Niro, à moins que ce ne soit le contraire...). Le sexe et la vie, le tout vu par un vieillard (De Niro en 1968), quoi de plus naturel, pour quelqu'un qui vit planqué et seul depuis 35 ans? Bien sur, cette débauche allègre a rejailli sur le devenir du film, qui a connu de multiples coupes et versions, ce qui n'est d'ailleurs pas résolu... et cette débauche (sans jeu de mot) culmine à mon sens dans une scène qui donne à tous ces souvenirs un gout amer, scène de viol parmi les plus insupportables de l'histoire...

A moins que... Leone l'a souvent dit, et la structure du film telle qu'elle est le confirmerait: le début du film voit des raids de polices, et des gansgers à la recherche de quelqu'un, alors que Noodles est dans une fumerie d'opium... Plus tard dans le film, on le voit y arriver, une fois la trahison qu'il a commise effectuée, et les derniers plans du film le voientt exhaler la fumée, ce même jour, le regard hagard et hilare... les parties situées en 1968 sont-elles issues de sa rêverie, ou sont elles chronologiques? Sont-elles le résultat d'une vie de regrets et de bonheur foutu en l'air, ou le rêve que sa trahison ne soit qu'une manipulation de quelqu'un d'autre, afin de se dédouaner de ce geste qu'il n'assume pas? Les deux font du sens, même si les rebondissements mélodramatiques de la partie "moderne" soient particulièrement exagérés...

Quoi qu'il en soit, ce film à la structure rêveuse, est fait comme on en a l'habitude chez Leone de scènes toutes entières dévolues au présent, dont les détails inoubliables sont liés au regard, et aux sens du personnage principal joué par de Niro ou le jeune acteur (Scott Tiler) qui interprète le jeune "Noodles" ou d'autres personnages. Le sens du détail parfois très trivial (Le corps de deborah vu depuis un trou dans le mur, ou dans la scène d'ouverture, un tueur qui cherche Noodles prend le temps de voir qu'une jeune femme a un sein à l'air, et il pose le bout de son arme sur l'aréole. Une scène coupée dans de nombreux pays, et pourtant c'est un détail important: un moment d'humanité dans lequel la terre s'arrête de tourner) renvoie un peu à Stroheim et son talent pour donner de la substance et de la richesse à toutes les scènes... La musique de Morricone, qui est moins paroxystique que d'habitude, joue pour sa part la carte du jazz des années 25-35, renvoyant à l'idée d'un temps qui se serait arrêté pour les personnages à ces derniers évènements: trahison, tuerie, viol, et fin de la prohibition... Comment vieillir en paix après une telle crise? Tout cela ne serait donc qu'un rêve?

Un rêve de cinéma, en tout cas... Leone réaslise son film le plus désiré de sa carrière, et le plaisir de filmer, en comagnie de son complice chef-opérateurTonino Delli Colli, est plus que jamais tangible... Le dernier film de Leone est sans doute bardé de défauts (Beaucoup le disent)mais il est aussi très beau, dans son mystérieux déroulement, avec ses zones d'ombre, sa mise en valeur de l'amitié et du frait qu'entre la marche du temps et le plaisir de partager une amitié, un amour, un moment même, le choix est parfois trop dur. On y perd la tête, la vie, ou le bonheur...

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Strum
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Re: Sergio Leone (1929-1989)

Post by Strum »

allen john wrote:Le sexe, absent des films précédents... Un rêve de cinéma, en tout cas... Leone réaslise son film le plus désiré de sa carrière, et le plaisir de filmer, en comagnie de son complice chef-opérateurTonino Delli Colli, est plus que jamais tangible... Le dernier film de Leone est sans doute bardé de défauts (Beaucoup le disent)mais il est aussi très beau, dans son mystérieux déroulement, avec ses zones d'ombre, sa mise en valeur de l'amitié et du frait qu'entre la marche du temps et le plaisir de partager une amitié, un amour, un moment même, le choix est parfois trop dur. On y perd la tête, la vie, ou le bonheur...

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S'agissant du sexe, il y a tout de même dans chacun des Il était une fois précédents, un viol. Je ne pense pas que cela soit un hasard.

Il Etait une fois l'Amérique, c'est le sommet de la carrière de Leone en ce qui me concerne, qui plane, avec juste en dessous, Il était une fois la révolution, très loin au dessus de ses premiers films. C'est un film qui dans sa version actuelle est fabuleusement découpé, monté, raconté. Un film musical, par sa déconstruction du temps, ses leitmotivs thématiques, sonores et visuels, ses allez-retour temporels, ses accès nostalgiques. Proustien a-t-on dit, et sans doute le fait (exprès) que Deborah ne vieillisse (presque) pas fait-il penser à Odette. Mais la référence à Proust n'est pas entièrement satisfaisante. Le film se suffit à lui-même et pose d'autres questions que celles posées par Proust.

La musique est capable de créer un temps bien à elle, et le cinéma d'Il était une fois en Amérique par son rythme est musique. D'ailleurs, on entre par la musique de Morricone dans ce film, qui composée avant fut aussi la musique jouée pendant le tournage. La question de savoir dans quelle année Noodles est-il physiquement bloqué quand s'achève le film renvoie aussi à la question de savoir à quelle année de sa vie, Leone lui-même se sentait appartenir mentalement, avec quel instant de ce monde qui change plus vite que nous il se sentait le plus de points communs, peut-il (pouvons-nous) revenir en arrière, défaire ce qu'il a (que nous avons) fait. C'est une question éminement nostalgique. L'autre question, c'est : Noodles en vaut-il la peine ? Vaut-il la peine que l'on se prenne d'affection pour sa misérable individualité ? Peut-on atteindre une sorte d'absolu grâce au cinéma au travers de cette misérable individualité si rétrécie d'esprit et d'action dans sa vie mais si prodigue d'imagination dans ses rêves ? Est-il un pourri victime de ses propres faiblesses, de ses propres pulsions incontrôlables, ou un homme pas plus mauvais qu'un autre victime des circonstances ? Quoiqu'il en soit, Noodles est un homme qui a déçu Deborah et qui est déçu de lui-même. Le film en essayant de répondre à ces questions déploie des ailes d'une immense envergure allant de la plus terrible trivialité (les pieds dans la boue, avec le viol de Deborah qui est si traumatisant, car on voit Noodles détruire deux vies à la fois) au lyrisme le plus incandescent (la tête dans les étoiles, ou plutôt dans les rêves de Noodles au son du piano triste de Morricone et de la voix d'Edda Dell'Orso).
O'Malley
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Re: Sergio Leone (1929-1989)

Post by O'Malley »

Tous ces dévelloppements tant sur Mon nom est personne que Il était une fois en Amérique sont très intéressants...

En ce qui concerne Il était une fois en Amérique, j'ai du mal à admettre l'interprétation (avalisé par Leone dans ses conversations avec Simsolo) que l'ensemble du film soit un rêve, un fantasme sous opium de Noodles. Un vie faite de désillusion peut-il être en soit un fantasme? Je pense au contraire que le dernier plan de Noodles, souriant beâtement à la fumerie, représente le seul moment (ou le seuls moments puisque j'imagine qu'il y est allé plusieurs fois) de sa vie que Noodles aimerait retenir, le seul moment qui lui a permis de s'extraire de la diffculté de vivre et de se réfugier dans un univers fait d'oubli et de bien-être. Et si l'image se fige, c'est que ce moment est bel et bien l'instant que Noodles aimerait bien vivre éternellement, après avoir su ce qu'il avait vécu. Comme tu le dis, Noodles est physiquement bloqué dans cette fumerie.