Charles Vidor (1900-1959)

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés avant 1980.

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Cathy
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Charles Vidor (1900-1959)

Post by Cathy »

J'ai bien cherché mais apparemment ce réalisateur qui a quand même réalisé plusieurs films importants dont Gilda n'a visiblement pas son fil de discussion. Il a tourné plusieurs fois avec Rita Hayworth : Gilda naturellement mais aussi les amours de Carmen, Cover Girl, il a aussi signé ce très beau mélodrame avec Elisabeth Taylor, Rhapsody, ou encore les pièges de la passion avec Doris Day.

- Discussions sur des films de Charles Vidor
Les Desperadoes
Julien Léonard
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Re: Charles Vidor (1900-1959)

Post by Julien Léonard »

Je connais peu ce metteur en scène (mais sa filmographie n'est pas énorme non plus). J'ai adoré Les pièges de la passion, quel film ! :wink:

Pour le reste, il a également signé le dernier film de la jeune Grace Kelly, Le cygne, avant qu'elle ne quitte le cinéma (quel dommage !) pour aller vivre son rêve avec le Prince de Monaco.
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Jeremy Fox
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Re: Charles Vidor (1900-1959)

Post by Jeremy Fox »

En plus de ma critique de The Desperadoes que l'on peut aussi trouver dans le parcours chronologique western Part.1, (avec captures et tout et tout pour Mister Feb :mrgreen: ) voici ce que j'ai retrouvé.



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Hans Christian Andersen (1952) de Charles Vidor

Biographie totalement fantaisiste de la vie du conteur danois pour un spectacle familial platement filmé, bavard et assez terne mais néanmoins agréable grâce aux innombrables mélodies entêtantes de Frank Loesser, à la bonhommie de Danny Kaye et aux décors colorés en cartons pâtes et toiles peintes kitchissimes au possible mais qui pour cette raison ne sont pas sans charme. Le ballet de Roland Petit est un peu trop long mais nous permet de voir Zizi Jeanmaire danser. Je suis peut-être indulgent du fait qu'il s'agisse de l'un des premiers films que j'ai du voir à la télévision et qu'il a du faire partie de ceux m'ayant donné le gout pour le cinéma de l'usine à rêve.

Le DVD est regardable mais quand même de qualité assez médiocre, la copie et la compression n'étant pas vraiment à la fête.


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Les Pièges de la passion (Love me or Leave me - 1955) de Charles Vidor MGM

Charles Vidor nous offre avec Love me or Leave me un ‘Biopic’ sur Ruth Etting, chanteuse et actrice aujourd’hui totalement inconnue qui avait réussi à percer dans le show business grâce à un gangster notoire qui tomba amoureux d’elle et qui décida de gérer sa carrière. Elle finit par acquérir assez de notoriété pour être engagée dans les Ziegfeld Follies avant de devenir une vedette de la radio et de Broadway entre 1925 et 1935 et de jouer quelques rôles au cinéma. Voir Les Pièges de la passion, c'est l’occasion idéale pour ceux qui douteraient encore des talents d’actrice dramatique de Doris Day de réviser leurs jugements, l’inoubliable interprète de L’Homme qui en savait trop d’Hitchcock, Pique nique en pyjama de Stanley Donen, Pillow Talk de Michael Gordon et Young at Heart de Michael Douglas se révélant tout simplement prodigieuse et extrêmement convaincante dans le rôle de Ruth Etting, arrivant même sans problème à tenir tête à James Cagney pourtant égal à lui-même, touchant en amoureux transi et violent. Enormément de chansons dans ce drame musical mais toutes très belles et parfaitement mises en valeur par George Stoll, un scénario bien écrit et qui sera lauréat aux Oscars pour l’année 1955 et, si la mise en scène de Charles Vidor n’atteint pas des sommets, elle se tient tout à fait bien, bénéficiant des fameuses équipes artistiques de la MGM et maniant le technicolor et le cinémascope avec talent. Rien de révolutionnaire mais néanmoins l’un des ‘biopics’ musicals les plus réussis de l’époque avec The Glenn Miller Story d’Anthony Mann.

Le DVD est superbe.
riqueuniee
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Re: Charles Vidor (1900-1959)

Post by riqueuniee »

A noter que Les Amours de Carmen s'inspire directement de la nouvelle de Mérime, et assez fidèlement en plus : on retrouve même le personnage du mari de Carmen (même si le scenario lui donne certainement plus d'importance que dans la nouvelle).
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Père Jules
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Re: Charles Vidor (1900-1959)

Post by Père Jules »

Jeremy Fox wrote:
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Hans Christian Andersen (1952) de Charles Vidor

Biographie totalement fantaisiste de la vie du conteur danois pour un spectacle familial platement filmé, bavard et assez terne mais néanmoins agréable grâce aux innombrables mélodies entêtantes de Frank Loesser, à la bonhommie de Danny Kaye et aux décors colorés en cartons pâtes et toiles peintes kitchissimes au possible mais qui pour cette raison ne sont pas sans charme. Le ballet de Roland Petit est un peu trop long mais nous permet de voir Zizi Jeanmaire danser. Je suis peut-être indulgent du fait qu'il s'agisse de l'un des premiers films que j'ai du voir à la télévision et qu'il a du faire partie de ceux m'ayant donné le gout pour le cinéma de l'usine à rêve.
Hmm. C'est un film pour moi ça :mrgreen:
feb
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Re: Charles Vidor (1900-1959)

Post by feb »

De ce réalisateur, je ne connais que la comédie musicale La Reine de Broadway (Cover girl) avec Rita Hayworth et Gene Kelly qui n'est pas désagréable du tout même si je n'en ai pas gardé un souvenir impérissable...
Jeremy Fox wrote:En plus de ma critique de The Desperadoes que l'on peut aussi trouver dans le parcours chronologique western Part.1, (avec captures et tout et tout pour Mister Feb :mrgreen: )
Tiens je vais y jeter un oeil, merci Jeremy :mrgreen:
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Jeremy Fox
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Re: Charles Vidor (1900-1959)

Post by Jeremy Fox »

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Les Pièges de la passion (Love me or Leave me)

Réalisation Charles Vidor
Avec Doris Day, James Cagney, Cameron Mitchell, Robert Keith
Scénario : Daniele Fuchs & Isobel Lennart
Photographie : Arthur E. Arling (Eastmancolor 2.55)
Musique : divers
Une production Metro Goldwin Mayer
USA – 122 mn -1955


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Années 20. Dans un Night Club malfamé de Chicago, le gangster Martin Snyder (James Cagney) assiste à une altercation entre l’entraineuse Ruth Etting (Doris Day) et un client l'ayant un peu molestée. Ce n’est pas du goût du patron qui met la jeune femme à la porte. Snyder qui est tombé sous le charme de cette femme de caractère et qui possède de très nombreuses connaissances dans le monde du Show Business décide de prendre en main sa carrière. Ruth qui a toujours eu pour ambition de devenir une chanteuse réputée se laisse faire et -aussi par reconnaissance- accepte de l’épouser ; elle commence en tant que Chorus Girl dans un dancing où elle se lie d’amitié avec le pianiste Johnny Alderman (Cameron Mitchell). Les talents de chanteuse de Ruth vont rapidement se faire jour et, après avoir remplacée au pied levé la vedette du spectacle, elle entame une fulgurante ascension. Après les Ziegfeld Folies et des émissions de radio, les sirènes de Hollywood retentissent. Le succès est au rendez-vous mais les relations entre les deux époux sont loin d’être au beau fixe d'autant qu'à force de la côtoyer en tant que 'coach' Alderman est tombé amoureux de Ruth…

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Charles Vidor nous offre avec Love me or Leave me un ‘Biopic’ sur Ruth Etting, chanteuse et actrice aujourd’hui totalement oubliée qui avait réussi à percer dans le show business grâce à un gangster notoire qui tomba amoureux d’elle et qui décida de gérer sa carrière. Elle finit par acquérir assez de notoriété pour être engagée dans les Ziegfeld Follies avant de devenir entre 1925 et 1935 une vedette de la radio, de jouer dans quelques spectacles à Broadway -dont le célèbre ‘Whoopee’ d’où est tirée la chanson-titre du film de Vidor- puis de tenir quelques rôles au cinéma. Dans la vraie vie elle épousa Harry Alderman, son pianiste (Cameron Mitchell dans le film), après que Snyder se soit fait tuer en 1938. Ils demeurèrent d'heureux mariés jusqu’à la mort d’Alderman à qui elle survécut 12 années. Le film de Charles Vidor va être surtout intéressant pour sa description des relations ambigües, troublantes et tumultueuses entre la chanteuse et le gangster, Ruth ambitieuse et se servant de l’adoration de Snyder pour parvenir au succès, ce dernier aussi amoureux qu’envahissant, colérique, paranoïaque et violent mais que l’on arrive néanmoins à prendre en pitié lors de ses accès de tendresse et au vu de la fierté entière et sincère qu’il a pour son artiste de femme.

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Après 7 ans et 17 films au compteur, Doris Day est enfin désengagée de son contrat qui la liait à la Warner. Elle va désormais être libre de pouvoir choisir où et avec qui elle va continuer à travailler sans pour autant ne rien regretter de sa période dans le studio qui la mit sur orbite, faisant d’elle l’actrice la plus populaire et la mieux payée de l’époque. Après que Jane Powell ait été pressentie et qu’Ava Gardner ait refusée le rôle de Ruth Etting -ayant peur qu’on lui donne encore à jouer un biopic sans intérêt-, c’est James Cagney qui recommande au producteur Joe Pasternak l’actrice avec qui il avait joué dans West Point Story (Les Cadets de West Point) cinq ans auparavant et qu’il considérait alors comme une comédienne parfaite : "As an actress, she perfectly illustrates my definition of good acting ; just plant yourself, look the other actor in the eye, and tell him the truth. That’s what she does, all right." Il estime tellement Doris Day qu’il lui accorde même d’avoir son nom au dessus du sien en haut de l’affiche, ce qu’il avait quasiment toujours refusé jusqu’à présent. Intriguée par le personnage de cette chanteuse des années 30, heureuse de retrouver un partenaire masculin avec qui elle s’était entendue à merveille mais surtout enchantée de pouvoir travailler avec le département musical le plus réputé de l’époque -celui de la MGM, le studio roi de la comédie musicale- elle n’hésite plus et se lance à corps perdu dans la préparation du rôle : "I prepared for the role by listening to all the Ruth Etting records. She had a quiet way of speaking and singing. It was not my intention to mimic her, but to suggest her style with little inflections and shadings that I picked up from the recordings."

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Voir ou revoir Les Pièges de la passion aujourd’hui, c'est l’occasion idéale pour ceux qui douteraient encore des talents d’actrice dramatique de Doris Day de réviser leurs jugements, l’inoubliable interprète de L’Homme qui en savait trop (The Man who Knew too much) d’Hitchcock, Pique nique en pyjama (Pajama Game) de Stanley Donen, Confidences sur l’oreiller (Pillow Talk) de Michael Gordon et Young at Heart de Michael Douglas se révélant tout simplement impeccable dans le rôle de Ruth Etting, arrivant même sans problème dans ce registre bien plus sombre qu’à l’accoutumée à tenir tête à James Cagney pourtant égal à lui-même, touchant en amoureux transi, parvenant à insuffler un peu d’humanité à son personnage brutal même si manquant un peu de nuances sur la durée, le spectateur ayant parfois l’impression au bout d’une heure de film de le voir jouer et rejouer toujours la même scène ; la faute en incombe en partie aux scénaristes qui semblent avoir eu du mal à renouveler ce genre de séquences faute aussi à un manque flagrant de rebondissements dramatiques. Le film n’aurait duré que 90 minutes qu’il aurait probablement été plus harmonieux de ce point de vue, qu'il aurait paru moins redondant. Une toute petite réserve également sur le jeu de Doris Day : si elle parvient facilement à émouvoir en laissant couler quelques larmes discrètes, elle peine à nous convaincre de la véracité des quelques scènes où elle s’écroule en pleurs et en cris, séquences cependant très rares. Rien cependant de rédhibitoire de part et d'autre, bien évidemment. Aux côtés de cet improbable mais très joli couple de cinéma (dont la complicité était étonnante dans leur film précédent), beaucoup d’excellents seconds rôles dont un touchant et attachant Cameron Mitchell dans la peau du pianiste follement amoureux de la chanteuse avec qui il travaille.

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Le film eut non seulement un immense succès critique et public -le Soundtrack tout autant, au point de squatter plusieurs mois durant les Charts américains- mais obtint également l’Oscar du meilleur scénario et cinq autres nominations pour cette année 1955. Il s'agit toujours du film préféré de Doris Day et également l’un de ceux que James Cagney fut le plus fier d’avoir tourné. Dommage que le scénario soit un peu redondant, se mettant à piétiner à mi parcours, et que la mise en scène de Charles Vidor manque d'ampleur et de personnalité car le potentiel nécessaire pour aboutir à un grand film était bien présent. Imaginons le résultat sous la direction du premier réalisateur pressenti, George Cukor : au vu des sommets émotionnels qu'il avait fait atteindre à son récent Une étoile est née (A Star is Born), il ne fait presque aucun doute qu’entre ses mains Love me or Leave Me aurait été un drame musical d’une plus grande envergure et que toutes les séquences chantées auraient été plastiquement bien plus remarquables. En l’état, Charles Vidor étant loin d’être un tâcheron (rappelons nous les sympathiques The Desperadoes, Hans Christian Andersen ou Cover Girl sans oublier le célèbre Gilda), son film est sinon génial ni inoubliable mais néanmoins de très bonne tenue, aidé en cela par la perfection du travail effectué par les équipes artistiques et techniques de la MGM sous la direction d’un Joe Pasternak très bon producteur, un peu trop inustement éclipsé par Arthur Freed concernant le film musical.

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Dans ce drame musical nous retiendrons surtout deux grands comédiens rivalisant de talent, énormément de chansons -dont deux inédites écrites spécialement pour le film, les très belles ‘I'll Never Stop Loving You’ et ‘Never Look Back’- parfaitement mises en valeur par George Stoll, un scénario plutôt bien écrit même s’il s’essouffle un peu en cours de route ainsi qu'une mise en scène n’atteignant pas des sommets mais se tenant tout à fait bien, maniant le technicolor et le cinémascope avec un certain goût. Rien de révolutionnaire mais néanmoins l’un des ‘biopics’ musicaux les plus réussis de l’époque avec The Glenn Miller Story (Romance inachevée) d’Anthony Mann.
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Cathy
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Re: Charles Vidor (1900-1959)

Post by Cathy »

Hans Christian Andersen et la danseuse - Hans Christian Andersen (1952)

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Evocation de la vie d'Andersen et surtout de sa passion pour une danseuse qui le conduira à écrire pour elle, la fameuse Petite sirène.

Charles Vidor réalise ici une adaptation musicale totalement romancée et fantaisiste de la vie d'Andersen et surtout comment ce petit cordonnier va par amour pour une danseuse qu'il croit malheureuse dans son mariage écrire l'histoire de la Petite Sirène. Le film est donc une comédie musicale qui permet d'illustrer plusieurs contes illustres commes les habits du roi, le vilain petit canard, Poucelina notamment, il y a aussi toute cette visite de Copenhague où on voit pleins de personnages qui apparaîtront dans les contes comme la fameuse marchande d'allumettes, et d'autres qui ne sont pas forcément identifiables quand on ne connaît pas par coeur son Andersen. Nous sommes dans un film au technicolor éblouissant, aux décors évidents, mais qui possède ce charme unique des productions hollywoodiennes de l'époque, cette débauche de couleurs, ces toiles peintes. Et puis il y a aussi les ballets de Roland Petit qui vient de nous quitter et qui sont certes ancrés dans leur époque au niveau de l'interprétation mais qui montre le travail du chorégraphe et de son décorateur Clavé qui signera aussi les costumes et décors de son célèbre Carmen. Il y a une harmonie là encore des couleurs, des bleus, des violets, ce magnifique tutu jaune, vert et noir aux reflets bleus, et cette chorégraphie qui évoque grace aux mouvements des robes les cloches des mariages, les queues de sirènes grâce aux mouvements des pieds sortis d'une "mer" de décor. Il y a dans la réalisation du grand ballet final quelque chose qui évoque les chaussons rouges dans ce tableau chorégraphique aux trucages impossibles sur scène. La musique de Frank Loesser est assez réussie et on se souvient de nombreux airs une fois le film achevé. Le film est porté par Danny Kaye qui est loin de ses personnages habituels de naïfs imbéciles. Certes Andersen est naïf, mais il est surtout tendre, et il n'y a aucune scène comique dans ce film. Zizi Jeanmaire sait se montrer attachante même si elle joue souvent faux, on aperçoit Roland Petit en partenaire de ballet de même que le grand Erik Bruhn, Farley Granger complète le casting en chorégraphe et mari odieux. Naturellement la chorégraphie de Roland Petit est très loin de ce qui pouvait se faire à l'époque d'Andersen, mais le film a un vraiment un charme unique, une très jolie redécouverte !
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Cathy
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Re: Charles Vidor (1900-1959)

Post by Cathy »

Hans Christian Andersen est certes très kitsch, mais qu'est-ce que j'aime ce style de films, musique entêtante, technicolor somptueux (effectivement le DVD est par moment pas terrible, mais certaines scènes sont magnifiques)

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Quelques critiques retrouvées

Rhapsody, Rhapsodie (1954) - Charles Vidor

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Louise Durand, une jeune femme riche frivole, égoïste tombe amoureuse d'un violoniste en devenir Paul Bronte, mais celui-ci préfère sa carrière à l'amour. Elle jette alors son dévolu sur James Guest un jeune pianiste qu'elle détruit peu à peu.

Charles Vidor réalise ici un mélodrame musical autour de la personnalité d'Elisabeth Taylor. Les films musicaux sont de deux sortes ceux qui tournent essentiellement autour de la musique comme I always loved you de Borzage dont toute la première partie n'est qu'un long récital de piano, ou autour des personnages comme ce Rhapsody. SI la musique est présente, ce qui importe dedans ce sont les relations humaines, les affrontements entre Louise et son père, Louise et Paul, Louise et James. Tout tourne autour de ce personnage peu sympathique de Louise qui ne trouvera sa rédemption qu'à l'issue d'un concert de Rachmaninov. Il y a un certain manicheisme dans le film, l'opposition entre le brun carrieriste et le blond amoureux transi, l'opposition entre le violon et le piano, instrument plus "diabolique" contre "angelique". La musique y a quand même la part belle avec ces larges extraits du concerto pour violon de Tchaïkovsky doublé par Michael Rabin violoniste assez méconnu pour ne pas dire inconnu, ou du 2ème concerto pour piano de Rachmaninov doublé par rien moins que Claudio Arrau.
Elisabeth Taylor est de tous les plans, abandonnée les rôles de jeune fille naive, pleine de bons sentiments. Elle aborde un registre plus proche de la femme fatale qui fait le malheur de tous les hommes qu'elle approche, femme égoïste qui ne pense qu'à l'amour. Naturellement elle conserve une certaine fragilité, et elle se doit de changer à la fin du film. Vittorio Gasmann en jeune musicien arriviste prête sa prestance et son charme carnassier au personnage et s'oppose à John Ericson, fade mais attachant. Louis Calhern est parfait en père distant mais attentionné.
Nous sommes ici dans un superbe mélodrame où la morale est sauve, dommage que la copie proposée il y a quelques années par TCM ait eu des couleurs si délavées. Un très joli film qui met en valeur Elisabeth Taylor absolument éblouissante une fois encore à l'écran.

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Over 21(1945) - Charles Vidor

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Un journaliste décide de s'engager dans l'armée. Sa femme, écrivain et scripte décide de le suivre dans le campement réservé aux femmes de militiares. Mais le directeur du journal ne supporte pas l'abandon de son éditorialiste vedette et veut vendre le journal.

Nous sommes à la fin de la guerre, et le film sent le patriotisme à tout va. Le film part pourtant d'un postulat sympathique, un journaliste âgé d'une quarantaire d'années veut intégrer l'armée et se trouve confronté à la difficulté de reprendre des études qui ne sont pas faciles pour ceux qui ont plus de 21 ans d'où le titre du film.
Malheureusement ce qui semble parti pour être une comédie devient vite un film sans grand intérêt, le message pacifiste sonne assez creux aujourd'hui. Evidemment il y a Irene Dunne qui cherche à sauver tant bien que mal ce film de l'ennui, il faut dire que son partenaire Alexander Knox est d'une fadeur sans pareil et qu'il a du mal à exister devant l'actrice. Les gags sont téléphonés et convenus, heureusement que Charles Coburn apporte sa jovialité habituelle à son rôle. Mais le film est vraiment quelconque, même s'il n'est pas réellement ennuyeux, tout est évident, cousu de fils blancs. Maintenant on reste sur sa faim quant au personnage du directeur de studio, même si c'est voulu.

A noter que l'affiche espagnole mis en illustration n'a guère à voir avec le film !
Lord Henry
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Re: Charles Vidor (1900-1959)

Post by Lord Henry »

Je me souviens de Cover Girl dont l'intérêt réside essentiellement dans le travail de Gene Kelly et Stanley Donen.
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Re: Charles Vidor (1900-1959)

Post by Kimm »

Julien Léonard wrote:Je connais peu ce metteur en scène (mais sa filmographie n'est pas énorme non plus). J'ai adoré Les pièges de la passion, quel film ! :wink:

Pour le reste, il a également signé le dernier film de la jeune Grace Kelly, Le cygne, avant qu'elle ne quitte le cinéma (quel dommage !) pour aller vivre son rêve avec le Prince de Monaco.

Il s'avère que ce sera l'avant-dernier de Grace, le dernier étant HAUTE SOCIETE de Charles Walters (1956) :wink:

J'aime beaucoup LE CYGNE, rôle tenu à la télé par la même Grace Kelly en 1950 pour l'Actor's Sudio, et également par Lilian Gish dans ONE ROMANTIC NIGHT (Paul Stein, 1930), d'après une pièce de Ferenc Molnar.

Je connais de Charles Vidor L'ADIEUX AUX ARMES (1957), avec Jennifer Jones et Rock Hudson, adaptation dans un éclatant technicolor du roman d'Ernest Hemingway.

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Re: Charles Vidor (1900-1959)

Post by Jeremy Fox »

Kimm wrote:
Je connais de Charles Vidor L'ADIEUX AUX ARMES (1957), avec Jennifer Jones et Rock Hudson, adaptation dans un éclatant technicolor du roman d'Ernest Hemingway.

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Je n'y avais plus pensé ; une horreur me concernant :oops:
Kimm
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Re: Charles Vidor (1900-1959)

Post by Kimm »

Jeremy Fox wrote:
Kimm wrote:
Je connais de Charles Vidor L'ADIEUX AUX ARMES (1957), avec Jennifer Jones et Rock Hudson, adaptation dans un éclatant technicolor du roman d'Ernest Hemingway.

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Je n'y avais plus pensé ; une horreur me concernant :oops:
Je trouve la photographie absoluement remarquable; Selznick voulait renouer avec les grandes fresques comme AUTANT EN EMPORET LE VENT et DUEL AU SOLEIL.

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Jeremy Fox
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Re: Charles Vidor (1900-1959)

Post by Jeremy Fox »

Kimm wrote:
Selznick voulait renouer avec les grandes fresques comme AUTANT EN EMPORET LE VENT et DUEL AU SOLEIL.
Il n'est malheureusement pas arrivé à leurs chevilles. La photo est superbe effectivement sinon.
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Profondo Rosso
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Re: Charles Vidor (1900-1959)

Post by Profondo Rosso »

Jeremy Fox wrote:
Kimm wrote:
Je connais de Charles Vidor L'ADIEUX AUX ARMES (1957), avec Jennifer Jones et Rock Hudson, adaptation dans un éclatant technicolor du roman d'Ernest Hemingway.

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Je n'y avais plus pensé ; une horreur me concernant :oops:
Pareil malgré tout l'amour que je porte à Jennifer Jones, j'en garde souvenir douloureux :mrgreen: ,vraiment interminable et sirupeux ce mélodrame même si on retrouve effectivement toute la flamboyance esthétique typique des meilleures production Selznick (léchec du film a d'ailleurs signifié un peu la fin pour lui).