Notez les films naphtas - Juin 2011

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés avant 1980.

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Strum
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Re: Notez les films naphtas - Juin 2011

Post by Strum »

Jeremy Fox wrote:Pas forcément me concernant ; disons que c'est différent, moins jouissif peut-être. Et si j'adore Moonfleet, Scaramouche m'est un régal supérieur ne serait-ce que pour son dynamisme.
Ah Scaramouche, ce Capitaine Fracasse à la sauce hollywoodienne, en passant par Sabatini. C'est la quintessence du cinéma de cape et d'épée : chatoiement de couleurs, d'action, d'humour et de musique, que je revois toujours avec autant de plaisir. Et cet incroyable duel final, qui franchit les limites du monde du théâtre pour aller dans les décors des coulisses révéler la vérité sur les liens unissant les deux escrimeurs.

Moonfleet, c'est autre chose, cela n'a même rien à voir. C'est un film triste et sombre, tout humide, sur lequel pèse comme un couvercle. C'est merveilleusement composé et filmé. Mais s'il faut choisir, je préfère le soleil et l'humour de Scaramouche.
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Jeremy Fox
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Re: Notez les films naphtas - Juin 2011

Post by Jeremy Fox »

Strum wrote:
Jeremy Fox wrote:Pas forcément me concernant ; disons que c'est différent, moins jouissif peut-être. Et si j'adore Moonfleet, Scaramouche m'est un régal supérieur ne serait-ce que pour son dynamisme.
Ah Scaramouche, ce Capitaine Fracasse à la sauce hollywoodienne, en passant par Sabatini. C'est la quintessence du cinéma de cape et d'épée : chatoiement de couleurs, d'action, d'humour et de musique, que je revois toujours avec autant de plaisir. Et cet incroyable duel final, qui franchit les limites du monde du théâtre pour aller dans les décors des coulisses révéler la vérité sur les liens unissant les deux escrimeurs.

Moonfleet, c'est autre chose, cela n'a même rien à voir. C'est un film triste et sombre, tout humide, sur lequel pèse comme un couvercle. C'est merveilleusement composé et filmé. Mais s'il faut choisir, je préfère le soleil et l'humour de Scaramouche.
Voilà, tout à fait bien résumé mon ressenti envers ces deux films.
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Kevin95
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Re: Notez les films naphtas - Juin 2011

Post by Kevin95 »

bruce randylan wrote:
Kevin95 wrote:Farrow est définitivement un cinéaste académique, sage et sans génie.
Le John Farrow des années 40 c'est autre chose que celui des années Vaquero. Il y a chez lui des recherches sur les plan-séquences qui n'ont rien d'académiques ou de sage
Je veux bien te croire, je connais finalement peu ses premiers films. J'aime beaucoup son célèbre The Big Clock mais dans mes souvenirs c'est moins pour sa mise en scène (qui de mémoire est correcte mais sans plus) que pour son scénario. Je me souviens d'avoir découvert coup sur coup The Big Clock et Ministry of Fear et de loin la mise en scène de Lang m'a beaucoup plus marquée par exemple.
Les deux fléaux qui menacent l'humanité sont le désordre et l'ordre. La corruption me dégoûte, la vertu me donne le frisson. (Michel Audiard)
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Jeremy Fox
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Re: Notez les films naphtas - Juin 2011

Post by Jeremy Fox »

John Farrow a quasiment toujours gâché les bons scénarios de westerns qu'il avait à sa disposition ; cependant, Hondo est vraiment une sympathique réussite.
Julien Léonard
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Re: Notez les films naphtas - Juin 2011

Post by Julien Léonard »

John Farrow a gâché pas mal de choses, c'est entendu. Mais il sait se débrouiller parfois !

La grande horloge brille autant par son scénario que par sa mise en scène, c'est sans aucun doute son meilleur film : la scène d'ouverture est assez impressionnante et le huis-clos est brillamment géré. Beaucoup de suspense, une bonne pincée d'humour et une ambiance du tonnerre, ce que Farrow a superbement su mélanger. Pas très subtil la plupart du temps, mais à vrai dire ce n'est pas grave tant le film se veut fonceur, dynamique et surtout extraverti ! Une vraie réussite, jubilatoire et qui vieillit très bien dans ma mémoire. Et quelle distribution !

Après, j'aime beaucoup Hondo, plus faible mais tout à fait convaincant. John Wayne y est très bien filmé et l'action ne manque guère. Les effets 3D de l'époque sont heureusement discrets la plupart du temps. Pas très long mais plutôt esthétique, et le look de Wayne est rentré dans la légende (certaines photographies d'exploitation le présente de façon très cool). J'ai de l'affection pour ce film.

Fini de rire est un bon film noir de série B. On est loin des films de Richard Fleischer à la même époque, ou de Robert Wise (pour rester à la RKO), mais c'est plaisant, avec un Mitchum en pilotage automatique. Et Vaquero est un bon western également, dommage que le DVD soit si mauvais (encore moins convaincant que le DVD de L'or du hollandais, c'est dire).

Pour le moment, je note juste un mauvais film : Le renard des océans. Visuellement, c'est beau, mais après... cela se traîne en longueurs au travers d'un ramassis de clichés pas possibles. Et puis, j'ai beau être un grand fan du Duke, mais dans le rôle d'un allemand, ça le fait moyen... Le voir crier ses ordres avec un accent américain de premier ordre, c'est plutôt drôle. Et la fin est tellement mal fichue que l'on s'ennuie à en bailler très fort.
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bruce randylan
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Re: Notez les films naphtas - Juin 2011

Post by bruce randylan »

Kevin95 wrote:
bruce randylan wrote:
Le John Farrow des années 40 c'est autre chose que celui des années Vaquero. Il y a chez lui des recherches sur les plan-séquences qui n'ont rien d'académiques ou de sage
Je veux bien te croire, je connais finalement peu ses premiers films.
C'est le cas de beaucoup de personne je pense et c'est vraiment dommage. Sa période 1939 à 1950 reste la meilleure, la plus intéressante. C'est là où son art de la mise en scène est le plus aboutie. Après comme je le disais dans mes avis sur California ou Révolte à Bord les films restent maladroit, parfois prisonnier de cette mise en scène entièrement dédié aux plan-séquences en étouffant l'élan du scénario. Mais dans ses films noirs (Hitler's gang ; The big clock), ce procédé fonctionnent à merveille et il me tarde de découvrir Alias nick Beal et Night has a thousand eyes qui ont l'air brillants.
Ses films de guerre ont l'air pas mal aussi (Wake island et The commandos strikes at dawn)
Julien Léonard wrote:Fini de rire est un bon film noir de série B. On est loin des films de Richard Fleischer à la même époque, ou de Robert Wise (pour rester à la RKO), mais c'est plaisant, avec un Mitchum en pilotage automatique.
La mise en scène est justement de Fleischer qui retourna presque l'intégralité du film sur la demande du producteur Howard Hugues. (seul le premier tiers-quart a l'air d'être de Farrow)
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cinephage
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Re: Notez les films naphtas - Juin 2011

Post by cinephage »

Trois chambres à Manhattan (Marcel Carné - 1965)

Ben franchement, pas convaincu par ce film que j'ai trouvé figé à l'extrême, qui décrit les déambulations zonardes et alcoolisées d'un couple de français à Paris. Seule la bande sonore à base de jazz se distingue dans le film, mais pour moi qui n'aime pas particulièrement le jazz, ce n'est pas un atout. Le reste est vraiment peu convainquant, de tous les films de Carné que j'aie vu, c'est de loin le plus déplaisant et le plus ennuyeux.
Obviously the world is not a wish-granting factory (The fault in our stars, Josh Boone, 2014)
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Lord Henry
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Re: Notez les films naphtas - Juin 2011

Post by Lord Henry »

Bye Bye Braverman (1968)
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Leslie Braverman, "écrivain de second ordre au talent de premier ordre" casse inopinément sa pipe à l'âge de 41 ans. Ses quatre meilleurs amis entament depuis Greenwich Village un périple émaillé d'incidents afin d'assister aux funérailles quelque part dans le Queens.


Bye Bye Braverman compte au nombre non négligeable de films réalisés par Sidney Lumet qui ne furent pas distribués en France alors même que le cinéaste jouissait d'une réputation solidement établie. Comme souvent, lorsqu'il s'agit d'un metteur en scène reconnu, l'invisibilité d'une œuvre éveille une curiosité légitime, attise de réels espoirs et peut conduire, le cas échéant, à une amère désillusion.

Lumet a beaucoup tourné, trop sans doute pour maintenir sa filmographie à un niveau égal de qualité. Il laisse en héritage une production disparate dont les sommets marquent pour l'éternité quatre décennies de cinéma américain, mais dont les déceptions trahissent une absence de vision à laquelle l'intelligence sut opportunément se substituer.

A l'origine du film, se trouve le premier ouvrage de l'écrivain américain Wallace Markfield , To an Early Grave (1964) ; une illustration de l'humour juif que d'aucuns ont comparé à Ulysse de Joyce – qui lui-même ne pratiquait que modérément l'humour juif.

Quatre personnages s'entassent dans l'habitacle confiné d'une volkswagen, quatre personnages pour symboliser une génération, quatre érudits dont les ambitions littéraires de jeunesse n'ont pas résisté à la médiocrité persévérante du quotidien. Mais il leur reste le verbe, et du verbe ils vont faire un usage immodéré. Au fil de cette odyssée à travers le Bronx, le spectateur est accablé sous le flot incessant des observations se rapportant aussi bien à la vie qu'à la mort, la religion, l'écriture, la culture juive, la culture populaire, le tout lesté de son poids de références et de citations. Malheureusement, de cette logorrhée, Sidney Lumet ne tire pas grand-chose cinématographiquement.
Il resterait le loisir de goûter à une indifférence salutaire en attendant la fin des évènements, si ce confort de nous était dénié par les assauts incessants d'un humour laborieux tristement inefficace. Rien n'est vraiment drôle, rien ne touche – surtout pas les personnages qui peinent à inspirer la moindre sympathie.

Le quatuor d'acteurs (George Segal, Jack Warden, Sorrell Booke et Fred Wiseman) fait le métier, mais il est dépassé par un ébouriffant trio de seconds rôles féminins (Zohra Lampert, Jessica Walter, Phyllis Newman).
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feb
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Re: Notez les films naphtas - Juin 2011

Post by feb »

Avec un tout petit peu de retard...

Scaramouche - George Sidney (1952)
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Un film qui procure un réel plaisir, une image à la photo superbe, un rythme sans temps mort, un vrai plaisir de cinéma.

Stewart Granger fait preuve d'un charme, d'un charisme, d'une élégance que je ne connaissais pas chez cet acteur, les 2 actrices (une légère préférence pour la miss Parker qui est réellement très belle dans ce film :oops: ) sont belles et incarnent 2 personnages bien différents ce qui offre à André Moreau la possibilité de jouer sur 2 registres (d'un coté humour, charme et amour avec Léonore et, de l'autre, une distance, un respect mais saupoudré d'amour avec Aline).
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Le traitement du film est vraiment original, j'ai trouvé qu'il "ne faisait pas son age" dans sa présentation et dans sa mise en scène : des scènes plus légères aux scènes plus sérieuses en passant par les combats (vraiment bien filmés au passage) tout le film glisse à la perfection, l'ennui ne pointe jamais le bout de son nez et la réalisation de Sidney est aux petits oignons (très beaux plans rapprochés lors des scènes intimistes, dynamisme lors du duel final)...bref comme dirait Julien Léonard, on sent que les moyens de la MGM sont là :mrgreen:

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En plus de ça, le Technicolor est superbe (richesse des couleurs liées au monde du spectacle, superbe jeu des couleurs entre le le blanc d'Aline et le roux de Léonore, la beauté des costumes et des paysages), les passages musicaux accompagnent parfaitement le film dans le déroulement de son histoire et enfin, cerise sur le gateau, le DVD tient la route coté qualité d'image avec un très beau 1,33 et un Technicolor qui rend très très bien (même si je n'ose imaginer la beauté d'un tel film en BR :fiou: ). Bref que demander de plus : très beau, agréable, rythmé....9/10
ed wrote:Portrait de la jeune fille en feu
L'un des films les plus rigoureux, scénaristiquement et formellement, qu'il m'ait été donné de voir depuis longtemps (...)
Julien Léonard
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Re: Notez les films naphtas - Juin 2011

Post by Julien Léonard »

Content de lire un avis aussi enthousiaste ! :D Et puis Eleanor Parker, bon sang...

Oui, MGM rules. :mrgreen:
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