Le Western américain : Parcours chronologique II 1950-1954

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés avant 1980.

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Lord Henry
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Re: Le Western américain : Parcours chronologique Part 2 (50

Post by Lord Henry »

ballantrae wrote:Même si ce n'est pas tout à fait un western, ne serait-ce que pour The beguiled Don siegel occuperait déjà une place privilégiée dans mon panthéon westernien...c'est donc avec confiance que j'essaierai de découvrir cette première incursion dans le genre!
Dans un style très différent, il y aussi Le Secret du Grand Canyon, un film policier en format scope qui emprunte plusieurs éléments au western - souvenir d'un dimanche après-midi de mon enfance.

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Jeremy Fox
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Re: Le Western américain : Parcours chronologique Part 2 (50

Post by Jeremy Fox »

Jamais entendu parler mais c'est le genre de film sur lequel je sauterais dessus à la première occasion.
someone1600
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Re: Le Western américain : Parcours chronologique Part 2 (50

Post by someone1600 »

ca donne envie cette chronique ! et vivement la suivante pour un superbe film :)
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Major Dundee
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Re: Le Western américain : Parcours chronologique Part 2 (50

Post by Major Dundee »

Lord Henry wrote:
Dans un style très différent, il y aussi Le Secret du Grand Canyon, un film policier en format scope qui emprunte plusieurs éléments au western - souvenir d'un dimanche après-midi de mon enfance.

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Pas revu depuis des lustres mais j'en garde un excellent souvenir 8)
Charles Boyer (faisant la cour) à Michèle Morgan dans Maxime.

- Ah, si j'avais trente ans de moins !
- J'aurais cinq ans... Ce serait du joli !


Henri Jeanson
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Re: Le Western américain : Parcours chronologique Part 2 (50

Post by daniel gregg »

Major Dundee wrote:
Lord Henry wrote:
Dans un style très différent, il y aussi Le Secret du Grand Canyon, un film policier en format scope qui emprunte plusieurs éléments au western - souvenir d'un dimanche après-midi de mon enfance.

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Pas revu depuis des lustres mais j'en garde un excellent souvenir 8)
Vous me rendez très curieux tous les deux, l'affiche et le sujet du film faisant le reste.
Hélas, il semble qu'il n'existe qu'une obscure édition Z1 (SPE), privée de st. :|
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Jeremy Fox
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The Big Sky

Post by Jeremy Fox »

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La Captive aux yeux clairs (The Big Sky , 1952) de Howard Hawks
RKO


Avec Kirk Douglas, Dewey Martin Arthur Hunnicutt, Elisabeth Threatt, Hank Worden, Jim Davis
Scénario : Dudley Nichols
Musique : Dimitri Tiomkin
Photographie : Russell Harlan
Un film produit par Howard Hawks pour la RKO


Sortie USA : 06 aout 1952


The Big Sky est le deuxième western réalisé par Howard Hawks. Tout comme La Rivière rouge (Red River), il s’agit d’un film nonchalant, au rythme lent et sans réelle progression dramatique ; il est fort probable que certains seront décontenancés par ce ton décontracté et cette cadence modéré au point d’être incapable de s’y passionner. Ca peut aisément se comprendre d’autant plus qu’au fil des visions, la réception de ces deux films sur une même personne peut varier de l’ennui poli à la jouissance totale. Je peux en témoigner puisque ça m’arrive régulièrement tout en sachant maintenant qu’ils font néanmoins partie des westerns qui me tiennent tout particulièrement à cœur, ceux dans la lignée de deux autres merveilles, Le Convoi des braves (Wagonmaster) de John Ford et surtout Au-delà du Missouri (Across the Wide Missouri) de William Wellman avec qui il entretient de nombreux points communs au niveau des lieux et époques évoquées. Encore faudrait-il pouvoir découvrir La Captive aux yeux clairs à partir d’une copie correcte, ce qui n’est malheureusement toujours pas le cas. A mon humble avis et au vu des quelques rares plans du film parfaitement conservés, le plaisir pris à ce beau film serait décuplé. En l’état, c’est parfois pénible de le suivre jusqu’au bout tellement l’impression de grisaille prédomine. Quoiqu’il en soit, une bien belle réussite dont on peut regretter aussi, au vu des paysages traversés, qu'elle n'ait pas été filmée en couleurs à l'instar du film de Wellman.


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En 1832, deux jeunes trappeurs avides d'aventure, Jim Deakins (Kirk Douglas) et le jeune Boone (Dewey Martin) décident de se diriger vers l’Ouest. Ensemble, ils se joignent à l’expédition d’un capitaine français remontant le fleuve Missouri en direction du Montana. A bord du bateau le ‘Mantan’, ce sont les premiers hommes blancs à se rendre dans le territoire des indiens Pieds-noirs avec lesquels ils souhaitent entamer des échanges commerciaux. Fait également partie du voyage, Teal-Eye (Elisabeth Threatt), belle princesse indienne, précieux sauf-conduit (et pourquoi pas monnaie d'échange) pour la réussite de l’aventure. Un triangle amoureux va se nouer entre les deux héros et la jeune indienne alors que dans le même temps une compagnie commerciale concurrente va mettre tout en œuvre pour empêcher le succès de cette expédition…


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1952. La RKO, l’un des trois plus gros studios de l’Hollywood des années 30, est assez mal en point. Howard Hughes cherche des noms prestigieux pour apporter une nouvelle vigueur à la compagnie dont il est alors le directeur. Howard Hawks, qui n’a pas connu d’échecs financiers depuis des années, décide de tourner son second western pour son vieil ami. Après La Rivière rouge qui décrivait les premiers convois d’énormes troupeaux se rendant du Texas au Kansas, il cherche avidement une autre histoire concernant une "première fois historique" qu’il trouvera dans 'The Big Sky', long roman de A.B. Guthrie. Adaptant uniquement le début du livre, La Captive aux yeux clairs narre la première expédition sur le Missouri, de trappeurs allant explorer le territoire réputé dangereux des Pieds noirs. Hawks déroule son scénario au rythme des méandres du fleuve. Nous assistons donc à un western lent, majestueux et serein, assez unique en son genre. Malheureusement, alors qu’il aurait du donner un second souffle à la compagnie, il en précipitera au contraire le déclin suite à un cuisant échec commercial. Pourtant, dans les premières semaines d’exploitation, le film démarre très bien et, dans le but d’augmenter le nombre de séances, on décide de couper 12 minutes au métrage initial. Cette 'hérésie' se retournera alors contre les exploitants puisque les spectateurs ne seront plus au rendez-vous. La version initiale disparaîtra de la circulation jusqu’à nous être restituée sur le DVD collector Montparnasse (c'est cette version que j'ai revu à cette occasion) bien plus satisfaisante que la version que nous connaissons actuellement notamment pour la découverte des deux personnages principaux en tout début de film.


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La captive aux yeux clairs fait partie de ces quelques films, dans la carrière de Hawks, empreint d’une merveilleuse liberté, à la réalisation transparente et modeste, dont le point culminant sera Hatari, expérience jusqu’auboutiste de fausse roublardise et de vraie modernité. Hawks se soucie ici moins d’une progression dramatique de son intrigue que du parfait fonctionnement de chacune des scènes indépendamment les unes des autres. Déjà avec Le grand sommeil (The Big Sleep) il avait réussi cet exploit : même si l’histoire demeure toujours aussi peu compréhensible (y compris pour l’auteur et le réalisateur), on peut regarder chaque scène hors contexte et se délecter de chacune d’elle sans avoir besoin de regarder le film dans son intégralité. C’est là que réside la modernité du réalisateur, dans son approche de la narration, assez anti-hollywoodienne de ne plus proposer d’intrigue millimétrée, mais au contraire de nous faire partager l’existence d’un groupe d’hommes et d’essayer de nous le rendre le plus humain possible en n’ayant pas peur de prendre son temps à le regarder vivre à son propre rythme : cette démarche donnera également des séquences à la limite du documentaire dignes d’un Robert Flaherty comme celles du halage du bateau. On a également rarement autant vu de séquences de feu de camp que dans The Big Sky, scènes destinées à se poser avec les différents protagonistes, à vivre un moment à leurs côtés. On comprend alors mieux pourquoi ce cinéaste a été l’un des chouchous de la Nouvelle Vague et des ‘Cahiers du cinéma'.


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Aucune recherche de l’effet voyant, aucun cadrages savants, aucune afféterie dans la mise en scène, c’est là que réside le génie de Hawks, en l’occurrence ici le triomphe de la discrétion sur la virtuosité. Le cinéaste, aidé en cela par le très bon scénario de Dudley Nichols (Stagecoach), s’immisce au plus près de ses personnages, nous passionne sans avoir recours à la multiplication des coups de théâtre ou des séquences spectaculaires, nous conte avec un plaisir non dissimulé une histoire déroulée en de vastes paysages et pénétrée de l’amour d’une existence virile. Hawks se spécialise dès lors dans les scènes qui ne servent justement à rien dans la progression dramatique de l’intrigue mais demeurent inoubliables : comme dans Rio Bravo plus tard, ce seront entre autres les séquences musicales et ici en l’occurrence, celle de ‘Oh whisky leave me alone’ entonnée avec humour par un Kirk Douglas parfaitement à son aise dans cet exercice dont il n’est pas coutumier. A propos de musique, la partition de Dimitri Tiomkin épouse le minimalisme de la mise en scène par l’utilisation de quelques beaux thèmes discrètement élégiaques. Une partition à l’opposée de celle, plutôt pénible, qu’il venait d’écrire pour High Noon.


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Dans La Captive aux yeux clairs, l’intrigue possède donc beaucoup moins d’importance que les relations entre les personnages, les scènes statiques étant plus nombreuses et aussi intéressantes que les scènes d’action proprement dites (dont d'ailleurs nous trouvons un bon exemple dans la version longue, une course poursuite bien menée entre des indiens et un groupe de trappeurs). Tout comme dans Le convoi des braves de John Ford, film qui ressemble par le rythme et le thème à celui de Hawks, tous les coups durs n’altèrent en aucune manière l’optimisme des personnages et le scénario ne verse jamais dans le dramatisme outrancier. On peut aussi rapprocher les deux films dans leur approche et leur traitement de la violence. On ne peut pas dire qu’elle soit souvent présente mais quand elle surgit, c’est brutalement et sèchement : la danse sur le bateau violemment stoppée par une flèche venant brusquement percer le cou d’un danseur est totalement inattendue et son impact en est d’autant plus fort.


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L’un des thèmes principaux, typiquement hawksien, de ce film est la description d’une très forte amitié qui devra résister à l’amour que portent les deux hommes pour la même femme. Cette expédition servira de voyage initiatique qui transformera ces grands enfants bagarreurs, susceptibles et chahuteurs en hommes mûrs et sensés, sachant gérer leur vie sans que ce soit au détriment de cette formidable amitié. "Deux hommes sont amis, une fille arrive et bientôt ils ne sont plus amis du tout. L’un s’en va en laissant ce que l’autre aurait donné son bras droit pour garder et je me demande ce qu’ils vont faire pour pouvoir arranger ça" prononce Arthur Hunnicutt en résumant la situation juste avant le final. Final qui, dans un autre film aurait pu se résoudre par un affrontement dramatique, nous dévoile au contraire un Howard Hawks profondément intelligent et d’une grande maturité. La décision respective des deux amis clôt le film en beauté. Beaucoup de critiques ont voulu voir dans cette description de l’amitié virile, une homosexualité latente : Hawks a du être le premier étonné. Cette mode qui cherche à trouver des traces d’homosexualité dans un film dès qu’il aborde le sujet de fortes amitiés peut se révéler parfois ridicule et c’est le cas ici.


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Hawks aurait voulu Robert Mitchum et Marlon Brando pour jouer les deux personnages principaux, il devra se rabattre sur Kirk Douglas, qui se révèle excellent acteur, et Dewey Martin un peu plus fade mais correspondant parfaitement à ce rôle beaucoup moins exubérant. L’indienne est jouée par le mannequin Elisabeth Threatt, superbe femme qui depuis, a complètement disparu de la circulation. Et c’est Arthur Hunnicutt qui se colle au personnage de vieillard picaresque et bourru, personnage récurrent dans tous les westerns de Hawks, et il l’interprète ici à la perfection. Tout comme Walter Brennan dans des rôles similaires, Arthur Hunnicutt était loin d’avoir l’âge du personnage puisque ici, il n'avait à peine que 40 ans ! Quant à Hank Worden, acteur fordien par excellence, il est ici méconnaissable dans la peau de l’indien à moitié fou, 'Poor Devil'. Une belle interprétation d’ensemble qui ne cherche pas à faire d’étincelle à l’image du ton du film.


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Hawks a toujours été discret sur son film, il n’en est d’ailleurs pas très satisfait et on se demande vraiment pourquoi tellement cette pépite cinématographique se regarde toujours avec le même intense plaisir et presque sans la moindre lassitude malgré les multiples visions. Un ton nonchalant, serein, chaud et humain qui nous émerveille et nous fige un sourire aux lèvres à chaque fois. Un très beau film sans aucune descendance puisque les westerns suivants de Hawks (de Rio Bravo à Rio Lobo) ne ressembleront en rien à ce Big Sky à propos duquel Jean-Louis Rieupeyrout disait dans sa grande aventure du western "L’eau de la rivière, les rochers de la montagne, la profondeur des forêts composent le décor classique du western le plus vigoureusement sain, celui qui sait être lyrique sans prétention et laisse la métaphysique à l’ancre."
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Re: Le Western américain : Parcours chronologique Part 2 (50

Post by someone1600 »

Encore une superbe chronique pour un film que je ne demande qu'a redécouvrir. Personnelement il s'agit d'un enregistrement TCM, donc de qualité moyenne pour la compression...
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Jeremy Fox
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The Savage

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Le Fils de Géronimo (The Savage - 1952) de George Marshall
PARAMOUNT


Avec Charlton Heston, Susan Morrow, Peter Hansen, Joan Taylor, Ted de Corsia
Scénario : Sydney Boehm
Musique : Paul Sawtell
Photographie : John F. Seitz (Technicolor 1.37)
Un film produit par Mel Epstein pour la Paramount


Sortie USA : Septembre 1952


The Savage fait partie de la première vague de westerns dits pro-indiens initiée (comme tout le monde le sait désormais) en 1950 par La Flèche Brisée (Broken Arrow) de Delmer Daves et La Porte du Diable (Devil’s Doorway) d’Anthony Mann, même si je continue à penser que le véritable précurseur fut Le Massacre de Fort Apache (Fort Apache) de John Ford sorti encore deux années auparavant. On peut d’emblée affirmer que si le film de George Marshall n’est pas aussi célèbre que ses illustres prédécesseurs, c’est qu’il fait pâle figure si on commence à vouloir les comparer. Au vu du scénariste aux manettes, Sydney Boehm, on aurait pourtant pu croire à un regrettable oubli comme ce fut le cas pour le magnifique Tomahawk de George Sherman ; mais non, il s’agit seulement d’un western dont les bonnes intentions de départ n’ont pas accouché d’un grand film faute de plus grandes ambitions artistiques, l’écriture s’avérant également assez décevante de la part d’un aussi grand scénariste, celui qui signera par la suite quelques chefs d’œuvres, surtout dans le domaine du film noir, tels The Big Heat (Règlements de comptes) de Fritz Lang, Les Inconnus dans la Ville (Violent Saturday) de Richard Fleischer ou Midi Gare Centrale (Union Station) de Rudolph Maté… Pour le western il écrivit les très beaux scénarios de Marqué au Fer (Branded), toujours de Rudolph Maté, The Raid de Hugo Fregonese ou encore Les Implacables (The Tall Men) de Raoul Walsh. On pouvait donc raisonnablement s’attendre à mieux du film de George Marshall. Il n’en est pas pour autant mauvais.


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1868. Un convoi de pionniers traverse les Black Hills du Dakota, le territoire appartenant aux Sioux qui vivent désormais en paix avec les blancs. Le convoi est pourtant attaqué et tous ses occupants massacrés par des indiens de la tribu des guerriers Crows. Le jeune Jim Aherne, 11 ans, ne doit son salut qu’à l’arrivée des Sioux-Miniconjou qui mettent en fuite leurs ennemis mortels. Leur chef Yellow Eagle (Ian MacDonald) décide d’adopter le jeune garçon et de l’élever comme s’il s’agissait de son propre fils. Bien des années plus tard, Jim, rebaptisé Warbonnet (Charlton Heston), fait la fierté de son père adoptif pour son courage et sa bravoure. La tribu vit heureuse et le calme règne en son sein malgré des rumeurs qui commencent à circuler quant aux hommes blancs ayant trouvé de l’or dans les collines et souhaitant briser le traité de paix afin de se débarrasser des indiens devenus du coup importuns. Les chefs des différentes tribus vivant sur le territoire se réunissent pour tenir un conseil ; il en résulte la décision d’envoyer Jim ‘Warbonnet’ en tant qu’espion au fort pour savoir si les rumeurs s’avèrent justifiées. Jim quitte donc sa tenue de Sioux pour endosser celle de trappeur. Sur son chemin, il sauve la vie d’un groupe de soldats commandé par le lieutenant Hathersall (Peter Hansen) aux prises avec des guerriers Crows. Le soldat se prend de sympathie pour son sauveur à qui, une fois arrivés au fort, il présente sa sœur Tally (Susan Morrow) qui ne tarde pas à tomber sous son charme. Le Commandant de Fort Duane décide d’engager Jim comme éclaireur ; une aubaine pour pouvoir observer de près l’activité des Tuniques Bleues…


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La partie d’histoire narrée ci-dessus ne constitue que le premier tiers du film, le plus laborieux. On sent d’emblée le manque d’ampleur de la mise en scène lors du massacre des pionniers et le manque de puissance du scénario ; à ce dernier propos, le conseil des chefs indiens qui arrive au bout du premier quart d’heure s’avère languissant, solennel, intempestivement bavard et sentencieux, comme la plupart des discours qui émailleront la suite du film. On s'en détache dès lors assez vite d’autant que le casting s’avère relativement fade (y compris Charlton Heston d’ailleurs) et que la naïveté de l’ensemble parait ne pas vouloir faire place à un regard plus adulte sur le sujet. Heureusement, à partir de l’instant où le personnage joué par Charlton Heston se rend chez les Tuniques Bleues, le film gagne un peu en intérêt sans cependant arriver à s’envoler bien haut, sans vraiment nous captiver pour autant. ‘Le Sauvage’ (appelé ainsi car les hommes blancs avaient du mal à accepter un des leurs si celui-ci avait été élevé des années par les Indiens ; voir plus tard The Searchers), fortement attaché à son peuple d’adoption, tombe pourtant amoureux d’une femme blanche et se prend d’amitié pour le frère de cette dernière. Du coup, il commence à se poser des problèmes de conscience quant à sa mission ‘d’espionnage’. Dès ce moment, il se verra constamment tiraillé entre son peuple d’origine et son peuple adoptif, le dilemme moral se posant à tout moment quant à choisir la loyauté ou la trahison envers les uns et les autres. Le manichéisme de départ se délite donc un peu, Warbonnet assouvissant même une vengeance personnelle (celle également de sa tribu) en faisant massacrer la tribu adverse par l’armée. D’intéressantes idées arrivent donc à filtrer par-ci, par là, Sydney Boehm ne nous décevant pas totalement et faisant honneur à sa réputation.


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Si les auteurs nous délivrent un message de paix et de tolérance tout à fait louable, tout ceci reste cependant bien trop propre, bien trop sage, la conclusion un peu simpliste étant qu’il existe des bons et des mauvais dans chaque camp. Warbonnet arrive à faire entendre raison aux deux camps, leur expliquant qu’il ne faut pas faire payer à tout un peuple la bêtise et la violence d’un petit nombre, ce qui aboutirait à des guerres meurtrières. Guerre qui serait fatale pour les indiens, les hommes blancs étant bien plus nombreux et mieux armés. Il en arrive à faire accepter à ses 'frères' indiens que mieux vaut pactiser que de disparaitre. La réhabilitation des indiens n’en étant encore qu’à ses débuts au sein du cinéma hollywoodien, on ne pouvait guère blâmer la naïveté et le paternalisme du film à cette époque ; seulement aujourd’hui, contrairement à La Porte du Diable par exemple qui l’avait précédé, le western de George Marshall a pris un méchant coup de vieux même s’il nous offre quelques beaux moments et notamment les scènes mouvementées comme celle de la délivrance de la jeune indienne ou la poursuite qui s’ensuit au milieu de superbes paysages de prairies verdoyantes et de montagnes boisées filmés sur les lieux mêmes de l’action, dans les Black Hills du Dakota. Dommage d’ailleurs que le cinéaste ne sache pas en profiter mieux que ça, ne possédant pas un fort goût esthétique ni le sens de l’espace de l’autre George : Sherman ; George Marshall était bien plus à l’aise dans les westerns confinés tel Destry Rides Again (Femme ou Démon). Parmi les autres séquences bien menées, l’attaque et le massacre des Crows ou encore les embuscades dans la forêt de pins et au milieu des plaines. On se prend aussi à partager la tension qui règne dans le cerveau du personnage joué par Charlton Heston, déchiré à devoir choisir son camp ; de ce côté-là, c’est plutôt réussi et à mettre également à l’actif de Sydney Boehm qui ne sort finalement pas trop mal.


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Est-ce aussi lui qui a suggéré des détails encore jamais vus à l’écran et qui renforcent le réalisme du film, à savoir par exemple la manière qu’avaient les soldats de faire descendre les chariots lors de fortes pentes en bloquant les roues à l’aide de grands bâtons qu’ils faisaient passer à travers afin que la voiture ne s’emballe pas ? Quoiqu’il en soit, ils sont les bienvenus. Tout comme Paul Sawtell qui se révèle une nouvelle fois un compositeur très honnête à défaut d’être génial et John F. Seitz qui signe une belle photographie très colorée. A signaler que le titre français est d’un ridicule achevé, les sous titreurs ayant suivi le pas en parlant de Geronimo à tout bout de champs alors qu’il s’agit dans la version originale du chef Yellow Eagle, Geronimo n’ayant jamais fait partie du peuple Sioux mais bien évidemment de la tribu Apache. Les distributeurs ont sans doute estimé que Geronimo attirerait plus les foules et cette erreur n'a pas été corrigée depuis ce temps y compris donc dans la version originale sous titrée. Dommage car le film était pourtant respectueux des us, coutumes et costumes des indiens décrits, aussi bien concernant les Sioux que les Crows. Respect et égard envers le peuple indien mais l’on sait que les bonnes intentions ne font pas forcément les bons films. The Savage s'avère être un spectacle plutôt honnête mais à condition de ne pas en attendre grand chose.
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Re: The Big Sky

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Jeremy Fox wrote:Duel sans merci (Duel at Silver Creek , 1952) de Don Siegel
UNIVERSAL


DVD de très bonne qualité avec VF et VOSTF
Il me semble qu'il n'y a pas de VF sur le dvd. :wink:
Sinon, un petit film de série très sympathique, Audie Murphy est habillé tout en noir comme son personnage dans Une balle signée X, d'ailleurs il pourrait être le même personnage plus agé (si son amourette avec Susan Cabot capote !).

A propos des expressions de Faith Domergue, je te cite "ses moues, haussements de sourcils, de paupières, sa manière de s’exprimer et sa voix langoureuse font parfois étrangement penser à Marilyn", j'avais pensé la même chose à se demander si elles n'avaient pas le même coach, j'ai lu que Marilyn avait un coach pour sa diction particulière (la bouche en coeur) et pour "ses moues", à creuser !


Jeremy Fox wrote:La Captive aux yeux clairs (The Big Sky , 1952) de Howard Hawks
RKO
Pareil, j'adore ce film, mon seul regret (à part la qualité pourrite du dvd Montparnasse), que le film soit en noir et blanc alors que la plupart des westerns des 50's sont en couleurs... quel dommge vu les décors naturels, surtout quand on le compare à Au delà du Missouri par exemple.
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Jeremy Fox
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Hellgate

Post by Jeremy Fox »

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Les Portes de l’enfer (Hellgate, 1952) de Charles Marquis Warren
LIPPERT PICTURES


Avec Sterling Hayden, Ward Bond, Joan Leslie, James Arness, Peter Coe, John Pickard, Robert J. Wilke, James Anderson, Richard Emory
Scénario : Charles Marquis Warren et par John C. Champion
Musique : Paul Dunlap
Photographie : Ernest Miller (noir et blanc 1.37)
Un film produit par John C. Champion pour la Lippert Pictures


Sortie USA : 05 septembre 1952

Hellgate est le deuxième film réalisé par Charles Marquis Warren qui fut également un écrivain consacrant de nombreux de ses romans à l’histoire de l’Ouest, privilégiant les faits peu connus, les thèmes originaux et les personnages atypiques. Quant au début des années 50, on lui proposa de passer derrière la caméra, il demanda des conseils à Budd Boetticher (recommandations qu’il ne semble pas avoir bien suivi au vu de ses mises en scène manquant singulièrement d’efficacité et de rigueur). Il se spécialisera néanmoins à nouveau et très logiquement dans le western, passant du scénario à la réalisation, du cinéma à la télévision (Gunsmoke, Rawhide…). Il est resté tristement célèbre pour son troisième film, Le Sorcier du Rio Grande (Arrowhead), peut-être le western le plus haineux et raciste de l’histoire du genre. Sinon, il signera quelques scénarios très efficaces tel celui du réjouissant La Mission du Commandant Lex (Springfield Rifle) d’André de Toth. On a souvent dit qu’Hellgate était un remake de The Prisoner of Shark Island (Je n’ai pas tué Lincoln) de John Ford ; c’est peut-être un peu exagéré même si la situation de départ est assez similaire, celle d’un homme injustement accusé et, victime d’une justice expéditive, envoyé dans un établissement pénitentiaire où les conditions de détentions sont très dures. Ayant des notions de médecine, c’est grâce à lui qu’une épidémie s’étant déclarée au sein de la prison sera enrayée. Remake ou non, il s’agit d’un des rares exemples de western ayant flirté avec le film de prison. Amateurs de ce dernier sous-genre (sans que cette appellation ne soit aucunement péjorative), vous pourriez donc être fortement intéressés.


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Kansas 1867. La Guerre de Sécession est terminée depuis peu mais des renégats sudistes n’ayant pas supporté la défaite sillonnent toujours la campagne, commettant encore quelques actes ‘terroristes’ à l’encontre des civils. Le vétérinaire Gil Hanley (Sterling Hayden) vit paisiblement avec son épouse (Joan Leslie) dans un coin isolé quand un groupe de ces rebelles vient frapper à sa porte, l’un d’entre eux (James Anderson) étant blessé. Hanley le soigne sans se montrer curieux quant à la raison de sa plaie mais peu après des soldats de l’armée américaine viennent l’arrêter. Ils ont retrouvé derrière sa maison une sacoche d’argent volé, perdue par les hors-la-loi, et l’accusent d’avoir aidé des bandits en fuite, voire même de faire partie du gang traître à la patrie, lui-même ayant été un ex-soldat confédéré. Il est condamné à être retenu prisonnier à Hellgate, une prison militaire du Nouveau Mexique qui se trouve perdue au milieu de nulle part à l’intérieur d’une montagne sise au centre d’une région désertique et où officie l’impitoyable Lieutenant Tod Voorhees (Ward Bond). Ce dernier hait les ‘guérillero’ depuis que ces derniers ont incendié sa maison dans laquelle son épouse et sa fille ont péri. Autant dire que toutes les conditions sont réunies afin qu’il soit presque impossible de s’échapper d’Hellgate d’autant plus que des indiens de la tribu Pima sont payés pour ramener les éventuels fuyards, la prime étant plus élevée s’ils sont pris morts plutôt que vifs ! Mais les conditions de détention sont tellement pénibles que Hanley décide, malgré les réticences à son encontre, de s’associer avec son compagnon de cellule George Redfield (James Arness) pour organiser une évasion…


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Le film débute par un prologue nous faisant penser que l’intrigue qui va nous être contée serait tirée d’un fait réel et qu’il vaudrait mieux pour tout le monde qu’une telle histoire ne puisse plus se reproduire. Après maintes recherches, il s’avère que non, que ce ne serait que pure fiction. A la limite, ça nous est égal ! Une petite roublardise de la part du scénariste/réalisateur qui veut ainsi faire d’emblée monter la pression, semblant vouloir nous dire : « Vous allez voir ce que vous allez voir » ! C’est de bonne guerre en terme de marketing mais finalement, cet ‘avertissement moralisateur’ dessert un peu le film car nous aurons beau attendre des éléments de l’intrigue d’une force considérable, rien ne viendra jamais vraiment ou alors rien de bien nouveau ; rien en tout cas qui ne fut déjà fait avant et avec une toute autre puissance ! Alors bien évidemment que de telles conditions de détentions sont déplorables et inacceptables tout autant que le fait qu’un innocent ait été victime d’une justice aussi expéditive. Mais, pour ne citer qu’un seul exemple similaire, repensez à Je suis un évadé (I am a Fugitive from a Chain Gang) de Mervyn LeRoy qui s’avérait autrement plus efficace pour faire passer ce message humaniste. Mais il est finalement tout aussi malhonnête de ma part de vouloir comparer ces deux films, Charles Marquis Warren ayant tourné son western avec un minuscule budget pour une firme distribuée par l'un des studios de la Poverty Row, à savoir la Lippert Pictures, la toute petite compagnie qui avait produit les premiers films de Samuel Fuller (J’ai tué Jesse James et Le Baron de l’Arizona). Dans de telles conditions, on peut dire que Hellgate réussit néanmoins son pari, recréant avec talent cette prison peu banale.


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Mais avant d'arriver jusqu'à cet étonnant établissement pénitentiaire, il aura encore fallu patienter durant un petit quart d’heure introductif assez routinier (l’innocent envoyé en prison) qui s’avère finalement inutile si ce n’est pour passer un peu de temps avec la charmante Joan Leslie dans le rôle de l’épouse aimante de Sterling Hayden. Non seulement il n’amène rien au film mais en plus ils se termine sur une invraisemblance grosse comme une maison : pourquoi le chef de gang sachant ses jours comptés s’acharne t’il sur le pauvre homme qui lui avait précédemment sauvé la vie en faisant croire aux autorités que ce dernier fait partie de ses complices ?! Aucune raison plausible à cet état de fait, ce qui nous fait dès lors émettre un doute quant aux qualités d'écriture de Marquis Warren. Il me semble que le film aurait gagné en densité et en force s’il avait été amputé de cette introduction ; les faits rapportés de prime abord auraient par exemple pu l’être par l’intermédiaire du personnage de Sterling Hayden narrant les causes de son emprisonnement à ses codétenus. Le cinéaste aurait d’ailleurs pu supprimer tout ce qui se déroule en dehors de la prison et ses alentours, le final n’étant guère plus convainquant, cassant un peu le ton sec et violent qu’il avait réussi à instaurer pour un final assez mièvre et évacuant tout climax, en tout cas détonnant trop avec ce qui avait précédé. Cette histoire d’épidémie de typhus n’est guère passionnante d’autant qu’une invraisemblance au moins aussi importante que la première citée arrive pour nous sortir une fois de plus du film. Le personnage de Ward Bond, dont la haine envers Sterling Hayden n’a d’égale que son sadisme envers les prisonniers ("Vous n’aimerez pas le sort que je vous réserve ; vous voudrez vous échapper", les provoquant ainsi pour avoir une occasion de pouvoir leur tirer dessus), laisse pourtant Hanley partir sans escorte à la recherche de l’eau qui mettrait fin à la maladie ; un retour de confiance absolument pas crédible. Entre temps, lors d’une tentative d’évasion, les fuyards trouvèrent comme par enchantement des chevaux qui les attendaient bien sagement au détour d’un rocher. Tous ces exemple pour argumenter le manque de rigueur de l’écriture, défaut que l'on retrouve aussi dans la description des personnages dénuée de finesse.


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Ceci dit, et pouvant également trouver à redire à propos de la mise en scène manquant singulièrement d’inventivité et bien trop sage au regard du sujet, l’exploitation du décor de la prison est superbe et mérite à elle seule que l'on jette un œil à ce western ‘claustrophobique’ un peu frustrant à force de ne pas tenir ses promesses mais néanmoins fort plaisant à suivre. Une colonie pénitentiaire comme vous n’en avez jamais vu et comme vous n’en reverrez probablement jamais. Essayons de vous la faire imaginer ! Une montagne aux falaises hautes de plusieurs centaines de mètres sur les crêtes desquelles des soldats sont placés en surveillance ; en son centre une espèce de canyon où sont montées quelques tentes dans lesquelles vivent ces gardiens. Tout autour de cette montagne isolée, le désert à perte de vue. L’eau étant absente, elle est acheminée chaque mois par un convoi ; il faut donc bien la rationner afin d’éviter les manques en fin de mois. Quant aux cellules, pour y arriver, il faut pénétrer par une entrée de grotte au centre de laquelle une trappe en bois s’ouvre, sorte de porte vers les enfers (d’où le titre parfaitement bien trouvé), entrée vers les geôles s’enfonçant dans les entrailles de la terre. Même si le budget alloué fait que l'aspect carton-pâte est bien visible, les décors sont plutôt très réussis, apportant une touche de poésie fantastique à l'ensemble. Une seule entrée, le désert chaud à perte de vue, aucune source d'eau, des gardiens impitoyables, un commandant intraitable (« Vous n’allez pas l’aimer mais il ne va pas vous aimer non plus »), des postes de guets surplombant et des indiens chasseurs de prime employés à poursuivre et tuer les éventuels fuyards : autant dire que le spectateur n’aura pas le temps de s’ennuyer ; pas plus que les prisonniers qui n’auront qu’une envie, s’enfuir !


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Vils traîtres, matons cruels, gardiens sadiques et provocateurs, punitions, humiliations, tentatives d’évasion… le lot traditionnel des films de prison est réuni ici pour le plus grand bonheur des amateurs qui trouveront aussi, avant Le Pont de la rivière Kwai, un ‘four’, une boîte métallique en plein soleil dans laquelle les prisonniers récalcitrants sont enfermés pendant un certain laps de temps. Si dans le film de David Lean, cette cabane sera debout, ici, elle se présente comme un cercueil, couchée. Pas mal de détails nouveaux, une trame intéressante pour un film qui, même s’il ne tient pas toutes ses promesses, permet de passer un bon moment grâce à son formidable décor mais aussi à une très bonne performance de Ward Bond et à d’autres comédiens chevronnés à défaut d’être particulièrement talentueux tels James Arness, Robert Wilke ou Sterling Hayden dont la prestance est pour l’instant encore plus impressionnante que son jeu d’acteur toujours un peu terne. On ne s’ennuie jamais tout en regrettant que le film n’arrive jamais vraiment à décoller faute à la mise en scène et à l’écriture. Mais plus globalement, un honnête divertissement que ce western assez brutal signé Charles Marquis Warren.
Wagner
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Re: Le Western américain : Parcours chronologique Part 2 (50

Post by Wagner »

Je ne vois pas trop le rapport entre beauté des décors et couleur.
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Jeremy Fox
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Re: Le Western américain : Parcours chronologique Part 2 (50

Post by Jeremy Fox »

Wagner wrote:Je ne vois pas trop le rapport entre beauté des décors et couleur.
Ce n'est qu'entièrement suggestif car effectivement, on sait très bien que de fabuleux décors peuvent être splendidement rendus en NB : Wellman (le canyon dans Convoi de femmes), Curtiz (La caravane héroÏque) et Ford (Fort Apache, Wagonmaster) nous l'ont démontrés. C'est juste que j'accroche plus aux même décors en Technicolor (Across the Wide Missouri) qu'en NB (The Big Sky) pour comparer deux films se déroulant presque au même endroit. Le Monument Valley de She Wore a Yellow Ribbon m'impressionne encore plus, me fait encore plus rêver que celui de Fort Apache pour la simple raison qu'il soit photographié en couleurs.

Exemple : imagines tu The Searchers ou Spencer's Mountain en NB maintenant que tu les as vus et adorés en couleurs ?
villag
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Re: The Big Sky

Post by villag »

Jeremy Fox wrote:La Captive aux yeux clairs (The Big Sky , 1952) de Howard Hawks
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Pareil, j'adore ce film, mon seul regret (à part la qualité pourrite du dvd Montparnasse), que le film soit en noir et blanc alors que la plupart des westerns des 50's sont en couleurs... quel dommge vu les décors naturels, surtout quand on le compare à Au delà du Missouri par exemple.[/quote]


Le noir et blanc ne me gêne pas du tout, en revanche, la pitoyable copie dvd, si....Quand au film lui même, j'adore cette décontraction, ce long et lent voyage qui nous emmène vers des territoires quasi inexplorés....Un petit bijou qui meriterait, c'est vrai, une remasterisation beaucoup mieux aboutie...!
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Re: Le Western américain : Parcours chronologique Part 2 (50

Post by Wagner »

Jeremy Fox wrote:Exemple : imagines tu The Searchers ou Spencer's Mountain en NB maintenant que tu les as vus et adorés en couleurs ?
Non, parce que ce sont des films qui ont été pensés en couleurs. Si un chef op' pense son film en noir et blanc et qu'on regrette la couleur, je me dis qu'il a raté son boulot.
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Jeremy Fox
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Re: Le Western américain : Parcours chronologique Part 2 (50

Post by Jeremy Fox »

Wagner wrote: Si un chef op' pense son film en noir et blanc et qu'on regrette la couleur, je me dis qu'il a raté son boulot.
Je suis entièrement d'accord avec ça ; le regret vient d'une satisfaction toute personnelle à préférer la couleur au noir et blanc dans l'ensemble, pas de dire que le noir et blanc, c'est moins beau que la couleur (d'ailleurs, au vu d'une des photos incluses dans mon texte, le film dans une belle copie semble somptueux tel quel). C'est comme Juve qui préfère regarder les westerns tournés en scope qu'en 4/3