Le Western américain : Parcours chronologique II 1950-1954

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés avant 1980.

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Jeremy Fox
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Re: Le Western américain : Parcours chronologique Part 2 (50

Post by Jeremy Fox »

hellrick wrote:
Rick Blaine wrote:
Tu ne peux pas savoir à quel point cette phrase me rassure, tant j'ai été déçu par ce film. Pourtant je suis un grand fan de John Ford, mais ce film ne passe pas, un ennui extrême(
Pareil pour moi :(
Tout à fait compréhensible ; c'est d'ailleurs pour cette raison que je précisais que, même s'il s'agit d'un western que j'aime énormément, je le conseillerais avec une grande parcimonie tout comme The Big Sky ou Across the Wide Missouri
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Rick Blaine
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Re: Le Western américain : Parcours chronologique Part 2 (50

Post by Rick Blaine »

Jeremy Fox wrote:
Rick Blaine wrote:
Si je suis d'accord pour Harry Carey Jr qui, bien que sympathique, est loin d'être un grand acteur, j'aurais parfaitement vu Ben Johnson en tête d'affiche. Peut-être pas encore dans les années 50 mais au vu de son interprétation dans One-Eyed Jacks de Brando, il aurait été je pense parfait dans les années 60 dans un premier rôle.
Je ne sais pas, tu as peut-être raison, mais je ne suis pas sur qu'il aurait vraiment pu franchir le pas, malgré son talent et sa performance très appréciable dans le Brando.
En tout cas dans le Ford, le casting me parait vraiment faible.
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hellrick
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Re: Le Western américain : Parcours chronologique Part 2 (50

Post by hellrick »

Jeremy Fox wrote:
hellrick wrote:
Pareil pour moi :(
Tout à fait compréhensible ; c'est d'ailleurs pour cette raison que je précisais que, même s'il s'agit d'un western que j'aime énormément, je le conseillerais avec une grande parcimonie tout comme The Big Sky ou Across the Wide Missouri
Ah oui, de ton top30 j'ai vu 28 films et les seuls que je n'ai pas aimé ce sont ces deux là, je suppose qu'ils ne sont pas assez "western purs et durs" pour moi :wink:
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Re: Le Western américain : Parcours chronologique Part 2 (50

Post by someone1600 »

Jamais vu celui-la... un autre film a voir, un achat dvd futur sans doute, je ne crois pas l'avoir enregistré a TCM. :?
Julien Léonard
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Re: Le Western américain : Parcours chronologique Part 2 (50

Post by Julien Léonard »

Il m'a également fallu du temps pour apprécier ce Ford là (j'ai eu autant de mal avec La rivière rouge et La captive aux yeux clairs). Mais aujourd'hui, je considère que c'est l'un de ses plus beaux westerns. :)
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Jeremy Fox
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Re: Le Western américain : Parcours chronologique Part 2 (50

Post by Jeremy Fox »

Julien Léonard wrote:Il m'a également fallu du temps pour apprécier ce Ford là (j'ai eu autant de mal avec La rivière rouge et La captive aux yeux clairs). Mais aujourd'hui, je considère que c'est l'un de ses plus beaux westerns. :)
J'ai l'impression qu'il faut être dans un certain état d'esprit pour pouvoir apprécier ce "style" de westerns nonchalants ; ce sont trois films "tranquilles" qui m'ont également tour à tour ennuyé et ébloui. J'en suis heureusement resté depuis sur la seconde impression.
Julien Léonard
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Re: Le Western américain : Parcours chronologique Part 2 (50

Post by Julien Léonard »

Jeremy Fox wrote:
Julien Léonard wrote:Il m'a également fallu du temps pour apprécier ce Ford là (j'ai eu autant de mal avec La rivière rouge et La captive aux yeux clairs). Mais aujourd'hui, je considère que c'est l'un de ses plus beaux westerns. :)
J'ai l'impression qu'il faut être dans un certain état d'esprit pour pouvoir apprécier ce "style" de westerns nonchalants ; ce sont trois films "tranquilles" qui m'ont également tour à tour ennuyé et ébloui. J'en suis heureusement resté depuis sur la seconde impression.
De ce fait, j'avoue que La captive aux yeux clairs fonctionne encore aujourd'hui selon mon humeur... Ce qui n'est pas le cas des deux autres qui, eux, ont toute ma considération à chaque nouveau visionnage.
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Re: Le Western américain : Parcours chronologique Part 2 (50

Post by someone1600 »

Personnelement je n'ai eu aucun mal a apprécié La riviere rouge et la captive aux yeux clairs au premier visionnement. :wink:
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Jeremy Fox
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Comanche Territory

Post by Jeremy Fox »

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Sur le Territoire des Comanches (Comanche Territory, 1950) de George Sherman
UNIVERSAL



Avec Maureen O’Hara, MacDonald Carey, Will Geer, Charles Drake, Pedro de Cordoba, Ian Mac Donald, Rick Vallin, Parley Baer, James Best…
Scénario : Oscar Brodney et Lewis Meltzer d’après une histoire de ce dernier
Musique : Frank Skinner
Photographie : Maury Gertsman (Technicolor)
Montage : Frank Gross
Une production Leonard Goldstein (Universal)
Couleur - 72 mn - 1950


Sortie USA : 01 mai 1950

Même si la nation indienne avait été déjà à maintes reprises décrite sans paternalisme et avec la plus grande des dignités (dans les films de John Ford entre autres, les deux premiers de la trilogie dite ‘de cavalerie’), avant même La Flèche Brisée (Broken Arrow) de Delmer Daves et La Porte du Diable (Deevil’s Doorway) d’Anthony Mann, Comanche Territory de George Sherman pourrait bien avoir été le premier western ‘pro-indien’ à sortir sur les écrans américains, quelques mois avant ses prestigieux successeurs. Comme nous le disions, beaucoup d’autres auparavant avaient été respectueux de ces natifs américains mais aucun film n’avait encore pris comme thème principal cette prise de position bien tranchée en faveur des Indiens et contre les hommes blancs venant sans vergogne s'emparer de leurs terres. S’il ne s’agit pas d’un grand film, il aura au moins eu le mérite de prétendre à cette primauté d’autant qu’il s’avère très plaisant par la même occasion.


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Jim Bowie (MacCarey Donald) est envoyé par le Président des Etats-Unis en territoire Comanche afin de s’assurer que le récent traité de paix passé avec le chef indien Quisima (Pedro de Cordoba) est bien respecté. Seulement, on a découvert des gisements d’argent sur cette terre et les colons installés à proximité aimeraient bien mettre la main dessus. Les plus envieux, qui semblent menés par Katie Howard (Maureen O’Hara), la fougueuse patronne du saloon, et son frère Stacey Howard (Charles Drake), décident même d’attaquer les Comanches afin de s’emparer du minerai. Jim Bowie, avec l’aide d’un ex-membre du congrès, Dan Seeger (Will Geer), venu dans les parages avec un traité remis au goût du jour, décide de se ranger du côté des Comanches tout en essayant d’éviter la reprise des guerres indiennes...


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George Sherman avait déjà à son actif plus d’une quarantaine de westerns de série avant de réaliser celui-ci tourné juste après La Fille des Prairies (Calamity Jane and Sam Bass) datant de l’année précédente et qui sera inclut sous peu dans la première partie de ce parcours. Ce fut un des réalisateurs les plus prolifiques du genre mais niveau qualitatif, on ne peut pas dire qu’il ait laissé grand-chose à la postérité. Il est né à New York en 1908. A 24 ans, il est déjà l’un des assistants de Mack Sennett pour des films avec W.C. Fields. Il devient ensuite l’un des réalisateurs les plus féconds de la Republic entre 1937 et 1944, puis de la Columbia entre 1944 et 1947. La suite de sa carrière le voit naviguer entre les compagnies Universal, 20th Century Fox et United Artists ; il y tourne toutes sortes de films d’aventure à petits budgets mais son genre de prédilection restera toujours le western (quelques 70 à son actif), y compris à la télévision dans les années 1960 au cours desquelles il mettra en boite plus de 250 épisodes de diverses séries dont Daniel Boone.


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« Mack Sennett, avec lequel il travailla, ne semble guère l’avoir influencé et il est difficile de dire du bien de la plupart de ses films tant il semble les tourner à la va-vite, en pensant à autre chose. Il bâcle aussi facilement une histoire de courses de voitures qu’un drame guerrier. Pour lui, tous les genres se valent, du moment qu’on peut les traiter par-dessus la jambe... Sherman est passé du western traditionnel au film antiraciste avec le même manque de talent. » Nous ne serons pas aussi méchants que Bertrand Tavernier et Jean-Pierre Coursodon dans leur "50 ans de cinéma américain" car George Sherman s’avère parfois un honnête artisan même s'il s'est révélé bien plus souvent médiocre derrière la caméra, sans aucun style et parfois incapable de la moindre idée de mise en scène ; beaucoup de ses films valent ce que valent ses scénarios et (ou) ses acteurs. Il faut néanmoins mettre à son actif un effort pour tourner dans des décors naturels splendides qu’il utilise d’ailleurs avec beaucoup de talent, un antiracisme estimable, une immense sympathie pour la nation indienne et une prédilection pour les héros historiques et légendaires tels Jim Bowie, Crazy Horse, Jim Bridger ou Joaquin Murieta dont il narrera les exploits dans des aventures plus ou moins fictives.


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En 1950, dans Sur le territoire des Comanches, il prend justement pour protagoniste principal l’un des futurs héros de Fort Alamo, le fameux Jim Bowie et son célèbre couteau dont on apprend en détail la fabrication lors d’une des premières séquences assez cocasse du film. Un personnage qui aura par la suite les traits d’Alan Ladd dans La Maîtresse de fer (The Iron Mistress) de Gordon Douglas et de Richard Widmark dans Alamo, le chef-d’œuvre de John Wayne relatant la fameuse bataille. Donc, quelques semaines avant Delmer Daves et Anthony Mann, George Sherman propose lui aussi sur les écrans américains l’un des premiers westerns pro-Indiens. Ne pouvant rivaliser avec ces deux autres prestigieux westerns (quoique, je réserve cet avis pour quand j'aurais revu le Mann), Comanche Territory n’en est pas moins un film plaisant à défaut d’être inoubliable, grâce à un bon scénario cependant sans surprises signé Oscar Brodney (déjà auteur du plaisant Texas de George Marshall), à de splendides décors naturels de l’Arizona superbement mis en valeur, à des dialogues assez pétillants, parfois assez proche de la comédie, et à un casting relativement plus convaincant que ce à quoi nous aurions pu nous attendre à sa lecture.


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En effet, hormis Charles Drake qui nous offre un bien terne "bad guy", après sa très belle performance dans La Chevauchée de l’Honneur (Streets of Laredo) de Leslie Fenton, le méconnu MacCarey Donald dans la peau de Jim Bowie, même s’il ne possède pas vraiment le physique de l’emploi du héros charismatique, s’en sort relativement bien ; ses joutes verbales avec une Maureen O’Hara très énergique dans le rôle d’une femme de tête au fort tempérament ne manquent pas de piquant. A leurs côtés, Will Geer (futur compagnon âgé de Robert Redford dans Jeremiah Johnson) est également excellent dans le rôle picaresque du vieux politicien. Pittoresque sans jamais sombrer dans l’exagération, grâce à la gestion sobre de l’acteur pour son personnage humoristique, le film ne tombe quasiment jamais dans la grosse farce, excepté lors de cette bagarre de saloon non seulement dispensable mais également ratée comme quasiment toutes les scènes d’action à mains nues dans les films de George Sherman. Trop peu nerveux, s’entourant de mauvais monteurs et de cascadeurs peu doués, ne possédant aucun sens du rythme, il n’est pas l’homme de la situation et ses séquences mouvementées se révèlent trop souvent involontairement drôles et arrivenr à gâcher l’ambiance sérieuse que les scénaristes avaient réussi à instaurer.


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Les séquences de combats à poings nus sont ainsi souvent râtées s alors que le cinéaste s’en sort au contraire plutôt honnêtement lorsqu’il s’agit de filmer des chevauchées, le montage calamiteux laissant ici souvent la place à des travellings cinégéniques et à des transparences très bien utilisées et qui se font très discrètes (il s'agit là d'un des aspects très positifs que l'on retrouve dans la majorité des productions Universal). Au final, peu de suspense ni de réelles surprises dans cette intrigue assez banale et bavarde et qui se traîne un peu trop vers son milieu, mais pas vraiment d’ennui non plus malgré l’absence de nervosité de la mise en scène. On admire la beauté des paysages et des costumes indiens (ils n’ont encore jamais été aussi beaux et aussi richement décrits) rehaussés par le chatoiement du Technicolor, on déguste de bons dialogues dits par d’honnêtes comédiens, on assiste à une efficace bataille finale après que, autre point positif non négligeable, Maureen O’Hara nous ait poussé la chansonnette d’une manière fort agréable. Et puis, sans machisme aucun, la séquence au cours de laquelle elle se fait botter le train avec ardeur par MacDonald Carey est assez réjouissante. Mélange de film d’aventure, de western et de comédie, un film vraiment agréable. On laisse George Sherman pour le moment mais nous aurons maintes occasion de le retrouver sur notre chemin. En tout cas voici le style de western idéal pour faire découvrir le genre aux plus jeunes enfants.
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Re: Comanche Territory

Post by Père Jules »

Jeremy Fox wrote: A suivre : Stars in My Crown de Jacques Tourneur (s'il s'avère qu'il a bien sa place au sein du genre)
C'est la question que je me suis posée en voyant le programme. Je te soupçonne de vouloir en causer coûte que coûte :wink:
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Re: Comanche Territory

Post by Jeremy Fox »

Père Jules wrote:
Jeremy Fox wrote: A suivre : Stars in My Crown de Jacques Tourneur (s'il s'avère qu'il a bien sa place au sein du genre)
C'est la question que je me suis posée en voyant le programme. Je te soupçonne de vouloir en causer coûte que coûte :wink:
Il est vrai que j'adore ce film mais il est aussi intégré dans pas mal de bouquins sur le genre notamment dans celui de Christian Viviani et dans celui de Phil Hardy ; je me réserve le choix de l'intégrer ou pas après l'avoir revisionné. Après avoir revu Le Trésor de la Sierra Madre, j'avais décidé par exemple de ne pas l'inclure car selon moi trop éloigné du western.

En revanche vous ne couperez pas à Annie Get His Gun, certainement pour ton plus grand plaisir :mrgreen:
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Re: Le Western américain : Parcours chronologique Part 2 (50

Post by Père Jules »

Pour l'avoir revu pas plus tard qu'il y a trois semaines, je suis sceptique quant à son appartenance au genre (je parle du Tourneur hein ;))... mais d'un côté, j'ai assez hâte de lire tes dithyrambes à son sujet...
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Re: Le Western américain : Parcours chronologique Part 2 (50

Post by Jeremy Fox »

Père Jules wrote:Pour l'avoir revu pas plus tard qu'il y a trois semaines, je suis sceptique quant à son appartenance au genre (je parle du Tourneur hein ;))... mais d'un côté, j'ai assez hâte de lire tes dithyrambes à son sujet...

Même si ça ne représente absolument pas le ton du film :




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Re: Le Western américain : Parcours chronologique Part 2 (50

Post by Père Jules »

Eternel débat. Le film tient plus de la chronique avec pour contexte l'Amérique profonde du XIXème que du western... M'enfin, nous n'y sommes pas encore :wink:
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Re: Le Western américain : Parcours chronologique Part 2 (50

Post by Jeremy Fox »

Finalement, je ne vois pas trop d'éléments westerniens dans cette superbe tranche d'Americana de Jacques Tourneur. Si je devais inclure ce film, j'aurais du logiquement déjà le faire avec Vers sa destinée de John Ford ou Jody et le faon de Clarence Brown voire même Gone with the Wind, ce qui n'est pas le cas. Bref, tout comme le Huston (Treasure of the Sierra Madre), je n'estime pas qu'il fasse partie du genre dont parle ce topic et je le saute à pieds joints ; mais j'y reviendrais probablement un jour dans un autre topic car c'est un film encore trop peu connu qui mérite vraiment qu'on s'y intéresse. En revanche, tout aussi éloigné -mais le Musical hollywoodien étant mon autre péché mignon-, je poursuis ces petits interludes (qui ne plaisent peut-être qu'à moi :mrgreen: ) avec le film de George Sidney.