L'homme qui tua Liberty Valance (John Ford - 1962)

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés avant 1980.

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Strum
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Post by Strum »

Welles a répondu en effet: "I prefer the old masters, by which I mean John Ford, John Ford and John Ford".

Le plus étonnant, c'est le jugement de Ford sur lui-même. Parmi d'autres réponses incrédules et furibardes de Ford, celle-ci alors qu'on lui demandait s'il était le plus grand poète de la saga des westerns comme on le disait: "Je ne suis pas un poète et je ne sais pas ce que veut dire "la saga des westerns" ! Je ne suis qu'un réalisateur ordinaire qui travaille beaucoup". Du Ford pur jus...
andrino
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Post by andrino »

Strum wrote:Welles a répondu en effet: "I prefer the old masters, by which I mean John Ford, John Ford and John Ford".

Le plus étonnant, c'est le jugement de Ford sur lui-même. Parmi d'autres réponses incrédules et furibardes de Ford, celle-ci alors qu'on lui demandait s'il était le plus grand poète de la saga des westerns comme on le disait: "Je ne suis pas un poète et je ne sais pas ce que veut dire "la saga des westerns" ! Je ne suis qu'un réalisateur ordinaire qui travaille beaucoup". Du Ford pur jus...

Et à un journaliste qui lui demandais: <<comment etes vous arrive à Hollywood?>>, by train, repondit-il!
Jihl
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Post by Jihl »

Strum wrote:Mon film de Ford préféré, mon western préféré et mon film préféré, depuis bien 15 ans. Les choses sont simples pour moi, quand on parle de L'Homme qui tua Liberty Valance, et je peux enfin laisser libre cours à mon enthousiasme sans scrupule ou hésitation ultérieurs. :)

Un film sur l'Histoire et les perdants de l'Histoire ; et j'ai toujours aimé les films sur les perdants, les oubliés, les sacrifiés. Le mythe du western, démythifié par celui-là même, Ford, qui lui a érigé ses plus beaux temples ; car c'est l'architecte qui sait le mieux déconstruire. Un film sur la démocratie et son inhérente ambiguité ; c'est par la force qu'elle est née, ce qui doit rester un secret aux yeux du monde, mais c'est de la force qu'elle doit nous protéger. Aussi, un film sur les non-dits au sein d'un couple entrant dans la vieillesse. Un film sur le temps et la vie, avec ceux qui sont laissés derrière, et ceux qui avancent avec elle en enterrant en chemin quelques souvenirs. Aussi, un film drôle et grotesque ; mais c'est le grotesque du pudique, qui cache sa profondeur. Un film où l'élégiaque et la nostalgie le disputent à la lucidité d'un metteur en scène déterminé à regarder en face la réalité. Enfin, une grâce, une sensibilité et une pensée souveraine qui transcendent ces contradictions dont le film rend compte et qui sont celles de la vie. Que demander d'autre du cinéma ?... (il faudra que je mette toutes ces pensées désordonnées en ordre un de ces jours. :) )
Je viens de découvrir le film dans le cadre d'un petit cycle westerns de John Ford (Fort Apache, My Darling Clementine, She wores a yellow ribbon, Wagon master, The searchers et donc Liberty Valance) que je viens de m'offrir cette semaine. Pour moi c'est le meilleur western de Ford (il me reste à voir Stagecoach) et mon deuxième film préferré de Ford après Les raisins de la colère. Valance rentre sans problème dans mon top 20.
Le film m'a beaucoup ému dès la mise en place (je crois que j'avais la larme à l'oeil au bout de 5 minutes). Je n'aime pas beaucoup la construction en flash back en général (ici, on sait que de nombreux personnages ne vont pas mourir durant 90% du film...), mais là, elle résiste bien et permet du coup une fin aussi émouvante que le début (les "regrets" silencieux de Vera Miles, d'ailleurs admirable de bout en bout, dans la dernière scène et puis la réplique "...print the legend" qui est un peu la cerise sur le gâteau).
Sinon pas grand chose à ajouter à ce qu'a écrit Sturm, le seul bémol que j'apporterais est constitué par quelques scènes où Edmond O'Brien en fait, à mon goût, un peu trop.
Mais ce n'est évidemment qu'une pécadille par rapport au film, à sa beauté plastique (presque aussi beau que My Darling Clementine), à son ambition (magnifique leçon de démocratie à la Capra), à son interprétation (John Wayne, Vera Miles) et à son attention à tous les personnages (fantastiques seconds rôles).10/10
Last edited by Jihl on 13 Dec 09, 11:52, edited 1 time in total.
angel with dirty face
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Post by angel with dirty face »

+ 1

Mon John Ford préféré... Et il fait partie de mon top 3 cinéma après Sunset Boulevard (1950) de Billy Wilder et The Third Man de Carol Reed (1949).
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nobody smith
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Post by nobody smith »

Je viens de le voir. C’est mon premier contact avec le cinéma de John Ford. J’avais beaucoup de crainte de l’aborder, le classicisme ambiant me rebutant assez. Je dois dire que la mise en scène confirme quelques peu ce que je pensait avec un coté trop statique à mon goût et quelques aspects très clichés (la dégaine de Lee Marvin). Toutefois, ça n’a pas pesé lourd face à la claque du scénario. J’ai vraiment été fasciné par tourtes les idées et les thématiques élaborées (la construction en flashback, la nostalgie mélancolique, l’antagonisme des deux personnages principaux, la démythification de la légende...). J’ai vraiment été impressionné par la force de l’histoire et j’ai sans problème ravalé mes rancoeurs visuelles. Je pense qu’en laissant mûrir la vision, je l’apprécie plus encore...
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Watkinssien
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Post by Watkinssien »

Et puis de t'apercevoir finalement que le "statisme" de la mise en scène n'est qu'une grande illusion ! :wink:
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nobody smith
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Post by nobody smith »

Watkinssien wrote:Et puis de t'apercevoir finalement que le "statisme" de la mise en scène n'est qu'une grande illusion ! :wink:
ça j'en doute mais on verra bien :wink:
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O'Malley
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Re: L'homme qui tua Liberty Valance (John Ford, 1962)

Post by O'Malley »

Une nouvelle fois, je n'accroche pas du tout à un western de John Ford; de celui là, j'en attendais bcp en rapport à ce que j'en avais lu.
Le film pourtant possède de grandes qualités: un scénario d'une grande richesse thématique, questionnant l'edification de la société américaine à travers ses mythes et l'ambivalente relation entre l'usage de la Force et celle de la Justice. Le film montre comment l'histoire du Far West s'est construite sur une mythologie magnifiée, releguant dans l'ombre une réalité parfois cruelle. Enfin, il montre le passage d'une société (?) fondée sur la loi du plus fort à une société fondée sur l'idéal de Justice, où les aventuriers laissent la place aux politiciens.
Il faut dire que le premier quart d'heure me laissait augurer le meilleur (avec un très beau moment d'émotion avec la visite de la ferme de Doniphon).
Et John Wayne trouve un de ses plus beau rôle (son véritable et unique portrait de looser), donnant à son jeu un naturel et une intensité magnifique.
Pourtant, plusieurs éléments m'ont empêché d'adhérer:
- l'inadéquation entre James Stewart et le personnage qu'il est censé interpréter. A aucun moment, je l'ai trouvé crédible dans son personnage de jeune avocat idéaliste (alors qu'il avait plus de 50 ans lorsqu'il a tourné ce film et qu'il les fait bel et bien)
- le jeu un peu outré de quelques comédiens: Stewart par moment horripilant, Edmond O'Brien qui cabotine, Andy Devine en shérif trouillard rigolo caricatural ou John Carradine en politicien.
Cependant, le manque d'intérêt que j'ai eu pour ce film relève plutôt de ma difficulté d'apprécier le style et l'univers de John Ford dans le cadre westernien (et uniquement westernien). La bonhomie de ses personnages, son humanisme fondé sur les notions d'honneur, de famille, de collectivité, de Patrie ne sont pas les thèmes qui m'intéressent dans ce genre. Autant ils me passionnent dans le cadre de la Depression, dans l'Irlande en Technicolor de l'Homme Tranquille ou dans la chronique contemporaine, autant dans le cadre de l'Ouest ils me laissent de marbre et encore plus lorsqu'ils sont traités dans le cadre de la Cavalerie.
Et la truculence des différents personnages, l'humour de certaines séquences ont eu tendance à annihiler l'approche nostalgique, crépusculaire voire désenchanté de l'Homme qui tua Liberty Valance.
Autant je prend un plaisir fou à regarder une comédie fordienne (Judge Priest, L'homme tranquille, Quand se lève la lune et le superbe segment du train en retard), autant j'ai du mal quand ce style est mélangé avec le pessimisme du propos (idem pour The seachers). Les scènes de beuverie avec le journaliste interprété par O'Brien, les séquences de l'élection et du débat politicien m'ont fortement gêné de part leur approche humoristique.
Pourtant, la photographie en noir et blanc de William Clothier est sublime et la composition des plans composé par Ford (les scénes de groupe en particulier) sont admirables. Je considère Ford comme un véritable génie de l'image mais voilà, c'est la manière dont l'intrigue est construite qui me gêne.

Encore un film à qui je donnerai une seconde chance (et même plus si nécessaire...)même si je doute que je change d'avis. Peut-être en vieilissant (mûrissant?)... :(
someone1600
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Re: L'homme qui tua Liberty Valance (John Ford, 1962)

Post by someone1600 »

C'est dommage pour toi que tu n accroches pas aux westerns de Ford, qui sont souvent considéré parmis les meilleurs du genre... :(

Enfin, on a tous des gouts différent, et Ford bien qu'étant a jamais considéré comme réalisateur de western, etait excellent dans d'autres genres. :wink:
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Watkinssien
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Re: L'homme qui tua Liberty Valance (John Ford, 1962)

Post by Watkinssien »

Pourtant, il n'y a rien à reprocher en ce qui concerne le traitement du film ! La narration est tout simplement magistrale.
Le fait que James Stewart soit trop âgé pour le rôle n'exclut pas le fait que son personnage soit magnifiquement écrit (et surtout bien interprété !).
Le pessimisme fordien dans un cadre de western est un des éléments qui ravivent les lettres de noblesse dans ce genre dont Ford a été un des plus beaux et grands représentants.
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wichita
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Re: L'homme qui tua Liberty Valance (John Ford, 1962)

Post by wichita »

Watkinssien wrote:Pourtant, il n'y a rien à reprocher en ce qui concerne le traitement du film ! La narration est tout simplement magistrale.
Le fait que James Stewart soit trop âgé pour le rôle n'exclut pas le fait que son personnage soit magnifiquement écrit (et surtout bien interprété !).
Le pessimisme fordien dans un cadre de western est un des éléments qui ravivent les lettres de noblesse dans ce genre dont Ford a été un des plus beaux et grands représentants.
entièrement d'accord , Ford illustre parfaitement la naissance du jeu démocratique américain :sur un plan politique- les débats actuels pour l'élection du canditat démocrate en sont le prolongement , seuls les moyens ont changé- et en y inscrivant fort bien le rôle et l'importance de la presse dans une démocratie .
et je n'ajouterai qu'une chose à ce qui a été si bien défini par ceux qui aiment ce film , et que , en filigranne est sous tendu dans ce film : "ce qui est juste doit ètre fort" comme l'a si bien écrit B.Pascal
et quelle idée lumineuse a eu Ford de tourner ce beau film en noir et blanc !
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Strum
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Re: L'homme qui tua Liberty Valance (John Ford, 1962)

Post by Strum »

O'Malley wrote:l'inadéquation entre James Stewart et le personnage qu'il est censé interpréter. A aucun moment, je l'ai trouvé crédible dans son personnage de jeune avocat idéaliste (alors qu'il avait plus de 50 ans lorsqu'il a tourné ce film et qu'il les fait bel et bien)
C'est fait exprès. Son personnage et celui de Wayne, sont des archétypes, des représentations de caractères de l'ouest américains. La différence d'âge crée une distance par rapport aux personnages, qui participe de la reflexion que le film engage sur l'ouest américain, sur la fondation de la démocratie, sur les mythes fondateurs et les mensonges d'une vie. Et Ford a beaucoup menti dans sa vie.

Pour moi, c'est un des plus beaux films de l'histoire du cinéma.
c'est la manière dont l'intrigue est construite qui me gêne.
C'est pourtant de la construction de l'intrigue, d'une intelligence rare, que le film tire toute sa force.
Last edited by Strum on 4 Jun 08, 15:28, edited 1 time in total.
O'Malley
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Re: L'homme qui tua Liberty Valance (John Ford, 1962)

Post by O'Malley »

[quote="Strum
c'est la manière dont l'intrigue est construite qui me gêne.
C'est pourtant de la construction de l'intrigue, d'une intelligence rare, que le film tire toute sa force.[/quote]

En fait, je ne suis pas assez précis: la construction en flash-back ne me gêne nullement; au contraire, elle est très pertinente, renforçant l'impact nostalgique du film. je voulais plutôt parler de l'approche très fordienne du film avec la galerie de personnages pittoresques qui donne très souvent une tonalité bouffonne aux séquences et plombe totalement l'aspect crepusculaire, seulement perceptible dans les premières et dernières séquences du retour des personnages de Stewart et de Miles à l'enterrement de Doniphon. Je trouve que Ford et pessimisme ne riment pas ensemble, s'accordent mal à ma sensibilité. et j'insiste sur l'idée de sensibilité car loin de moi l'idée de vouloir remettre en cause la qualité objective de ce western.
Je préfère dans la même thématique sur la deconstruction des mythes westerniens Impitoyable d'Eastwood qui joue à fond la carte de l'amertune et de la noirceur.

Et pourtant, j'approuve tout ce qui a été dit précédemment sur ce topic: la beauté du noir et blanc, la richesse des thèmes abordés mais voilà avec moi, cela n'a pas marché...du moins cette fois ci.

Et pour le personnage de Stewart et la notion d'archétype, difficilement convaincu :mrgreen: mais bon, c'est pas bien grave... il reste encore Le cheval de fer, Le sergent noir, Les deux cavaliers, Les cavaliers, Le convoi des braves Les cheyennes et quelques autres oeuvres du muet pour avoir le premier coup de coeur western de John Ford...
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cinephage
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Re: L'homme qui tua Liberty Valance (John Ford, 1962)

Post by cinephage »

Strum wrote:
O'Malley wrote:l'inadéquation entre James Stewart et le personnage qu'il est censé interpréter. A aucun moment, je l'ai trouvé crédible dans son personnage de jeune avocat idéaliste (alors qu'il avait plus de 50 ans lorsqu'il a tourné ce film et qu'il les fait bel et bien)
C'est fait exprès. Son personnage et celui de Wayne, sont des archétypes, des représentations de caractères de l'ouest américains. La différence d'âge crée une distance par rapport aux personnages, qui participe de la reflexion que le film engage sur l'ouest américain, sur la fondation de la démocratie, sur les mythes fondateurs et les mensonges d'une vie. Et Ford a beaucoup menti dans sa vie.
C'est curieux, à mes yeux, cette inadéquation entre l'age de Stewart et celui de son personnage m'a toujours paru judicieux, au contraire : le film est un immense flashback, vu du point de vue d'un James Stewart mur qui raconte. Aussi, je trouvais heureux qu'en ravivant ses souvenirs, il y apparaisse aussi vieux, étant celui qui raconte. Pour moi, cette inadéquation souligne l'aspect subjectif du récit.
Je me prends même à me demander, par moments, si Stewart n'arrange pas la réalité dans son récit : devenu homme de loi respectable, il nierait désormais avoir renoncé à ses principes en mettant sur le dos de J.Wayne ce meurtre dont il s'affirme incapable, histoire de conforter sa carrière politique à venir (disons qu'une réputation de meurtrier est utile pour se faire un nom localement, mais à une certaine étape, une réputation de tueur peut devenir une casserole pour un politique à l'ambition nationale). Disons que le traitement du film laisse certaines ouvertures dans l'interprétation du film, et que je l'apprécie aussi pour cette richesse.
I love movies from the creation of cinema—from single-shot silent films, to serialized films in the teens, Fritz Lang, and a million others through the twenties—basically, I have a love for cinema through all the decades, from all over the world, from the highbrow to the lowbrow. - David Robert Mitchell
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Re: L'homme qui tua Liberty Valance (John Ford, 1962)

Post by O'Malley »

cinephage wrote:C'est curieux, à mes yeux, cette inadéquation entre l'age de Stewart et celui de son personnage m'a toujours paru judicieux, au contraire : le film est un immense flashback, vu du point de vue d'un James Stewart mur qui raconte. Aussi, je trouvais heureux qu'en ravivant ses souvenirs, il y apparaisse aussi vieux, étant celui qui raconte. Pour moi, cette inadéquation souligne l'aspect subjectif du récit.
Je me prends même à me demander, par moments, si Stewart n'arrange pas la réalité dans son récit : devenu homme de loi respectable, il nierait désormais avoir renoncé à ses principes en mettant sur le dos de J.Wayne ce meurtre dont il s'affirme incapable, histoire de conforter sa carrière politique à venir (disons qu'une réputation de meurtrier est utile pour se faire un nom localement, mais à une certaine étape, une réputation de tueur peut devenir une casserole pour un politique à l'ambition nationale). Disons que le traitement du film laisse certaines ouvertures dans l'interprétation du film, et que je l'apprécie aussi pour cette richesse.
Piste intéressante mais bon, le personnage interprété par Stewart restait, au moment, du duel, une piètre tireur; cela m'étonnerait bcp qu'il soit le tueur de Liberty Valance...
Au contraire, ce qui me plait dans la mort de Valance, c'est que même Doniphon ne sort pas grandit sur le plan intime: après tout, Valance ne le soupçonnait pas et est finalement tué par surprise (et un peu comme s'il était descendu dans le dos...)...ce qui renforce le contre-emploi de John Wayne.
Last edited by O'Malley on 4 Jun 08, 23:28, edited 1 time in total.