Le Western américain : Parcours chronologique I 1930-1949

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés avant 1980.

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Jeremy Fox
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Re: Le Western américain : Parcours chronologique I 1930-1949

Post by Jeremy Fox »

Remontée prochaine de cette partie avec un film de George Sherman qui sort fin juillet chez Sidonis

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Rashomon
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Re: Le Western américain : Parcours chronologique I 1930-1949

Post by Rashomon »

Avec un personnage féminin fort à ce qu'il semble. Et dire qu'il y en a pour accuser le western d'être un genre machiste...
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Alexandre Angel
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Re: Le Western américain : Parcours chronologique I 1930-1949

Post by Alexandre Angel »

Rashomon wrote:Avec un personnage féminin fort à ce qu'il semble.
Si le film pouvait l'être aussi, ce serait bath.
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Jeremy Fox
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Re: Le Western américain : Parcours chronologique I 1930-1949

Post by Jeremy Fox »

Ben voilà : pas folichon, et c'est peu de le dire !


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Jeremy Fox
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Re: Le Western américain : Parcours chronologique I 1930-1949

Post by Jeremy Fox »

Retour en 1948 avec Thunderhoof de Phil Karlson

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Alexandre Angel
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Re: Le Western américain : Parcours chronologique I 1930-1949

Post by Alexandre Angel »

J'ai survolé Thunderhoof hier soir et je m'empresse de dire que ce j'ai perçu m'a paru très bien. Mais je pense aussi avoir cerné ce qui a pu t'y décevoir.
Je ne me prononcerai pas avant de l'avoir visionné attentivement et tranquillement de A à Z.
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Alexandre Angel
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Re: Le Western américain : Parcours chronologique I 1930-1949

Post by Alexandre Angel »

Je confirme donc toute ma bienveillance vis à vis de Thunderhoof qui "aère" le traditionnel triangle de la série noire (le mari, la femme, l'amant) en le promenant dans les rocailles du far west. Il s'en aurait fallu de peu pour que nous ayons affaire ici à un film noir itinérant si le tragique s'en était plus mêlé. Tel quel, Thunderhoof nous apparaît désarmant de simplicité mais aussi de nudité quasi abstraite. C'est , je pense, ce dont raffole Bertrand Tavernier qui surévalue le film de manière contrôlée (comme on dirait "dérapage contrôlé"). L'historien est coutumier du fait. N'avait-il pas entamé sa présentation de Quand les tambours s'arrêteront par un tonitruant "Dire qu' Apache Drums est un chef d'œuvre est une évidence" ? A l'heure actuelle, j'en suis toujours à me demander si je lui emboîte le pas ou non tant cela ne m'avait pas paru évident à la première vision.
Je crois en fait que cela n'a aucune importance car nous avons affaire ici à des films qui touchent plus directement la sensibilité intime que d'autres. Il y a un côté jardin secret. On s'y abandonne ...ou pas. Thunderhoof est un film (attention, roulements de tambours!!! :mrgreen: )...déceptif, épuré, jouant sur la soustraction et non pas l'accumulation.
Et une fois n'est pas coutume, j'ai eu envie de dire "Tope-là!" à Patrick Brion qui a dit un truc auquel j'ai totalement pensé en cours de visionnage et qui va dans le sens de ce que je développe plus haut, à savoir que Thunderhoof lui a fait songer au Bandit , d'Edgar G.Ulmer. Ce à quoi je souscris totalement tant ce film inclassable (est-ce vraiment un western?)excite peu sur le moment mais instille en nous une vibration spéciale qui ne demande qu'à infuser.
On pouvait s'attendre à autre chose mais je crois que le Karlson appartient à cette catégorie.
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Jeremy Fox
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Re: Le Western américain : Parcours chronologique I 1930-1949

Post by Jeremy Fox »

Alexandre Angel wrote: Et une fois n'est coutume, j'ai eu envie de dire "Tope-là!" à Patrick Brion qui a dit un truc auquel j'ai totalement pensé en cours de visionnage et qui va dans le sens de ce que je développe plus haut, à savoir que Thunderproof lui a fait songé au Bandit , d'Edgar G.Ulmer.

Tout à fait ; d'ailleurs je n'ai jamais non plus accroché au Ullmer donc tout ceci est totalement cohérent.
Jack Carter
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Re: Le Western américain : Parcours chronologique I 1930-1949

Post by Jack Carter »

Jeremy Fox wrote:
Alexandre Angel wrote: Et une fois n'est coutume, j'ai eu envie de dire "Tope-là!" à Patrick Brion qui a dit un truc auquel j'ai totalement pensé en cours de visionnage et qui va dans le sens de ce que je développe plus haut, à savoir que Thunderproof lui a fait songé au Bandit , d'Edgar G.Ulmer.

Tout à fait ; d'ailleurs je n'ai jamais non plus accroché au Ullmer donc tout ceci est totalement cohérent.
Vu que j'adore le Ulmer, je remet le Karlson en haut de ma liste d'achat :D
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Alexandre Angel
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Re: Le Western américain : Parcours chronologique I 1930-1949

Post by Alexandre Angel »

Jack Carter wrote:Vu que j'adore le Ulmer, je remet le Karlson en haut de ma liste d'achat
Attention, c'est très différent! Mais les deux films ont en commun un certain état d'esprit de cinéma, un minimalisme. Et on sent que les deux réalisateurs aiment leur sujet.
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Alexandre Angel
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Re: Le Western américain : Parcours chronologique I 1930-1949

Post by Alexandre Angel »

Oh punaise, j'ai mis "Thunderproof" tout partout :oops: Correction! :mrgreen:
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Jeremy Fox
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Re: Le Western américain : Parcours chronologique I 1930-1949

Post by Jeremy Fox »

A venir fin juin :


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Re: Le Western américain : Parcours chronologique I 1930-1949

Post by Jack Carter »

Tu esperes quelque chose ? Serie Z ?
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Jeremy Fox
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Re: Le Western américain : Parcours chronologique I 1930-1949

Post by Jeremy Fox »

Jack Carter wrote:Tu esperes quelque chose ? Serie Z ?

Finalement d'après ce que j'en ai lu, ça pourrait peut-être s'avérer sympa ; tout comme le Jesse Hibbs. Par contre je n'attends strictement rien du Castle... mais dans un soucis d'exhaustivité concernant cette période...
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Supfiction
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Re: The Desperadoes

Post by Supfiction »

Jeremy Fox wrote:
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Les Desperados (The Desperadoes, 1943) de Charles Vidor
COLUMBIA


Sortie USA : 25 mai 1943


La même semaine que le noirissime, austère et tendu The Ox-Bow Incident, les spectateurs américains pouvaient, pour reprendre leur souffle, découvrir ce western sympathique, sacrément mouvementé et bon enfant signé Charles Vidor ; à cette occasion, pour la première fois la Columbia nous dévoilait sa statue au flambeau habillée d’un glorieux Technicolor. Alors que les autres Majors avaient déjà testé le procédé depuis quelques années, le studio d’Harry Cohn s’y lançait à son tour et le résultat dépassait toutes les espérances. Dès l’image du générique sur laquelle vient s’imprimer le titre, on se dit que rien que pour la splendeur des couleurs et la flamboyance de la photographie aussi bien en intérieur qu’en extérieur, The Desperadoes mérite d’être visionné. Natalie Kalmus et George Meehan ainsi que les décorateurs et costumiers nous en mettent littéralement plein la vue. Tout ceci ne fait évidemment pas très réaliste mais peu importe ; l’usine à rêves méritait alors plus que jamais son appellation, son Ouest coloré et pittoresque nous convenait à merveille. A l’instar des comédies musicales chatoyantes de la Fox et de la MGM, les desperados de Vidor ont du faire oublier pendant quelques heures aux civils et soldats les évènements tragiques qui se déroulaient dans le monde. Un western à gros budget peu connu et qui mérite pourtant à mon avis de l’être !


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1863 ; la principale richesse de l’Utah est son cheptel de chevaux sauvages dont l’armée de l’Union a grandement besoin alors que la Guerre de Sécession fait encore rage. Grâce à ce commerce, Red Valley est une petite ville prospère, ce qui n’empêche pas son banquier (Porter Hall) d’être corrompu ; non content d’avoir de nombreux client, il organise lui-même le Hold-Up de sa banque se faisant ensuite passer pour le bon samaritain en acceptant de rembourser de sa poche 50% des pertes. Les habitants de la ville ne comprennent cependant pas que Steve Upton (Randolph Scott), leur honnête shérif, n’arrive pas à appréhender les bandits. Il fait pourtant tout son possible mais le gang, composé outre le banquier de plusieurs autres ‘respectables’ citoyens, est tellement bien organisé qu’il piétine dans son enquête. L’arrivée de Cheyenne Rogers (Glenn Ford), un étranger à la ville, va précipiter les choses. Ancienne connaissance du shérif avec qui il a pas mal bourlingué, il est depuis recherché pour meurtre. Même s’il souhaite rentrer dans le droit chemin, certains vont profiter de la venue de cet étranger pour lui faire porter le chapeau des violents cambriolages qui ont eu lieu. Heureusement, Cheyenne a d’autres amis en ville qui vont tout faire pour le sortir de cette mauvaise passe : son associé ‘Nitro’ Rankin (Guin ‘Big Boy’ Williams), expert en explosif, la Comtesse (Claire Trevor), la Saloon Gal qui a passé sa jeunesse à ses côtés et ‘à cause’ de qui il est devenu hors-la-loi, la jeune Alison McLeod (Evelyn Keyes) dont il vient de tomber amoureux, Uncle Willie (Edgar Buchanan), le père de cette dernière, un des membres du gang ayant décidé de changer de camp ne supportant pas que les vols se soient déroulés avec morts d’hommes à la clé… Après de multiples rebondissements, tout reviendra dans l’ordre ; les méchants seront châtiés et les bons pourront poursuivre leur vie tranquille et (ou) convoler en juste noce.



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Comme on peut le constater, rien de bien méchant ni de bien nouveau sous le soleil du western concernant l’intrigue : on revenait aux bonnes vieilles recettes routinières débouchant logiquement sur un film conventionnel mais qui respectait parfaitement son cahier des charges, celui d’un divertissement haut de gamme qui pouvait difficilement ne pas plaire à quelconques aficionados du genre ; ces derniers se retrouvaient en terrain connu, tous les éléments bien mis en place et bien gérés par le professionnalisme de Charles Vidor, des techniciens et équipes du studio. En résumé, pour être concis, on peut dire qu’il s’agit du pendant pour la Columbia de Dodge City de Michael Curtiz pour la Warner. Si la Columbia n’avait jusqu’à présent abordé le western qu’à de très rares reprise, à chaque fois elle se démarquait des autres studios par un soucis de réalisme notamment dans les tenues vestimentaires. Ici encore, voir des cow-boys ne portant pas le jean traditionnel mais des pantalons à carreaux ou à rayures n’est qu’un petit détail mais qui n’en est pas moins dépaysant. Pour le reste, un harmonieux patchwork d’humour, d’action et de romance qui ne révolutionne rien mais qui se révèle bougrement plaisant.



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La drôlerie provient des acteurs Guinn ‘Big Boy Williams qui faisait déjà le clown dans les films de Michael Curtiz avec Errol Flynn, du truculent Edgar Buchanan et sa voix éteinte très particulière sans oublier le personnage du barman qui a peur pour ses miroirs à chaque éclat de violence, interprété ici par Irving Bacon. L’action est procurée, à l’aide de beaux mouvements de caméra et d’un montage efficace, par une trépidante course poursuite dans les paysages montagneux grandioses de l’Utah, une phénoménale séquence de Stampede de chevaux sauvages filmée en partie d’hélicoptère, une impressionnante bagarre dans un Saloon qui vaut bien toutes celles vues jusqu’à présent. Quant aux parties romantiques assez réussies, elles le doivent avant tout à deux personnages féminins assez bien croqués et interprétés avec talent, que ce soit par une habituée du genre, Claire Trevor et ses robes chatoyantes, ou la méconnue Evelyn Keyes, l’épouse du réalisateur dont le rôle le plus célèbre était celui d’une des sœurs de Scarlett O’Hara dans Autant en Emporte le Vent. Pour leur tenir compagnie, un Randolph Scott qui force la sympathie et un Glenn Ford qui prend de plus en plus d’assurance. Si ce dernier arrivait à retenir l’attention dans ses précédents films sans pour autant se rendre inoubliable, il arrive ici à se hisser au niveau de ses partenaires ; on peut commencer à comprendre pourquoi quelques années plus tard, il deviendra la vedette maison.


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Autrement, Robert Carson signe un scénario bien plus passionnant que celui qu’il avait écrit pour le Western Union de Fritz Lang ; tiré d’une bonne histoire de Max Brand (Destry Rides Again), il est remarquablement bien ficelé, file à 100 à l’heure et ne nous laisse aucun moment de répit, le tout sans jamais se prendre vraiment au sérieux. Le ton est donc plutôt léger, les dialogues s’avèrent assez piquants et les scènes d'actions se déroulent souvent dans une relative bonne humeur. Une excellente surprise que cet unique western du futur cinéaste de Cover Girl, Gilda ou Les Pièges de la Passion (Love me or Leave me). Sans prétention autre que de nous offrir du bon spectacle ; mission pleinement accomplie et on en redemande !


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Le DVD est sublime mais il ne comporte pas de stf


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http://www.dvdclassik.com/test/dvd-les- ... import-usa


Plus à jour. :)

Le film est d’ailleurs en promo fnac en ce moment.
https://video.fnac.com/a9167387/Les-Des ... earchpos=1
Spoiler (cliquez pour afficher)
Outre stf et vf, ça permet d’éviter la jaquette du zone 1 ou Glenn Ford a la tête de Jerry Lewis.

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