Vittorio de Sica (1901-1974)

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés avant 1980.

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Tommy Udo
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Re: Vittorio de Sica (1901-1974)

Post by Tommy Udo »

Voilà un film qui m'intrigue depuis pas mal de temps...
Merci pour ton commentaire, Frances :wink:
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Frances
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Re: Vittorio de Sica (1901-1974)

Post by Frances »

You're welcome cher Tommy. J'espère t'avoir donné envie de le voir. :D
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Tommy Udo
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Re: Vittorio de Sica (1901-1974)

Post by Tommy Udo »

Oui, pour le coup, je suis bien tenté :wink:
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Supfiction
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Re: Vittorio de Sica (1901-1974)

Post by Supfiction »

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Miracle à Milan et influences..

Je ne reviens pas sur le film, d'autres en ont parlé récemment. Juste partager des impressions. Si je vois dans Miracle à Milan l'influence claire de Frank Capra, par la même occasion, on peut également dire que ce film a inspiré des clins d’œils et hommages en tous genres. Votre avis ?

Chez Jacques Demy (Une chambre en ville) ...


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Benigni (La vie est belle)

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..et (allez pourquoi pas, peu probable mais soyons fous !) dans Grease.


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Demi-Lune
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Re: Vittorio de Sica (1901-1974)

Post by Demi-Lune »

Pas vu les trois films auxquels tu fais référence, désolé. :oops:
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Supfiction
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Re: Vittorio de Sica (1901-1974)

Post by Supfiction »

Demi-Lune wrote:Pas vu les trois films auxquels tu fais référence, désolé. :oops:
Et moi qui croyait naïvement que toute personne ayant grandi dans les années 80 avait automatiquement vu Grease au moins une fois.. Toutes mes certitudes s'effondrent.. anything goes! :)
Cela dit j'ai peut-être été la chercher (très) loin cette analogie entre la fin de Grease et celle de Miracle à Milan mais c'est le flash que j'ai eu en voyant toute la bande à Toto s'envoler vers le ciel tout comme Olivia et John dans la dernière scène du film. La comparaison s'arrête là of course.
Sinon, on peut également penser à l'univers de Kusturica (dont je ne suis que moyennement amateur d'ailleurs).
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Demi-Lune
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Re: Vittorio de Sica (1901-1974)

Post by Demi-Lune »

Supfiction wrote:
Demi-Lune wrote:Pas vu les trois films auxquels tu fais référence, désolé. :oops:
Et moi qui croyait naïvement que toute personne ayant grandi dans les années 80 avait automatiquement vu Grease au moins une fois.. Toutes mes certitudes s'effondrent :)
Oh, les occasions ont été nombreuses avec toutes les rediffusions, et je me souviens avoir vu le début sur VHS au collège. Ça ne m'avait pas plus emballé que ça, donc j'avais fait l'impasse à la télé pour les années à suivre. Il faut que je redécouvre ça, maintenant :wink:
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Re: Vittorio de Sica (1901-1974)

Post by julien »

Supfiction wrote:j'ai peut-être été la chercher (très) loin cette analogie entre la fin de Grease et celle de Miracle à Milan mais c'est le flash que j'ai eu en voyant toute la bande à Toto s'envoler vers le ciel tout comme Olivia et John dans la dernière scène du film. La comparaison s'arrête là of course.
Sinon, on peut également penser à l'univers de Kusturica (dont je ne suis que moyennement amateur d'ailleurs).
Tiens comme c'est curieux, moi j'ai tout de suite pensé à ceci :
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:mrgreen:
Demi-Lune wrote:Oh, les occasions ont été nombreuses avec toutes les rediffusions, et je me souviens avoir vu le début sur VHS au collège. Ça ne m'avait pas plus emballé que ça, donc j'avais fait l'impasse à la télé pour les années à suivre. Il faut que je redécouvre ça, maintenant :wink:
Sois pas pressé. :D
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Kevin95
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Re: Vittorio de Sica (1901-1974)

Post by Kevin95 »

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MADDALENA... ZERO IN CONDOTTA (Vittorio De Sica, 1940) découverte

Une jeune fille un peu turbulente va aider sa prof trop timide à trouver l'amour et va déclencher une armée de quiproquos. De Sica pour son deuxième long métrage en tant que réalisateur, suit le mouvement du telefoni bianchi sans pour autant jouer les fayots auprès les fascistes. Naïf, enlevé et sans arrière pensée, le film connait les limites du cinéma italiens de l'époque et s'en fout, car son sujet n'appelle aucun jeu avec les interdits politiques. Rose bonbon mais jamais con, Maddalena carbure pour éviter les pièges du cinéma transalpin de l'époque et use avec parcimonie des violons. En une heure et quart, De Sica séduit et emballe le spectateur avec un certain panache. On voit tout venir avec appréhension avant d'en redemander. Le dernier acte est tonitruant, le rythme sue et les situations deviennent impossibles comme dans une comédie américaine. Du bon boulot qui touche par moment la grâce : des manteaux disent au revoir à une élève virée de cours, un couple s'offusque des baisers avant que l'homme en un plan de coupe soit couvert de rouge à lèvres ou ce gentleman de De Sica acteur, improvise une danse chez un inconnu. On sent l'époque corsetée mais c'est mené suffisamment avec entrain pour l'oublier l'espace d'un instant.
Les deux fléaux qui menacent l'humanité sont le désordre et l'ordre. La corruption me dégoûte, la vertu me donne le frisson. (Michel Audiard)
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Re: Vittorio de Sica (1901-1974)

Post by Colqhoun »

Le Voleur de Bicyclette
J'avais découvert Umberto D. il y a de ça 2 ans et ça m'avait déjà complètement estomaqué. Ce Voleur de Bicyclette remet le couvert de cette approche naturaliste, où quasiment toute l'histoire se déroule en extérieurs, dans un laps de temps assez resserré.

L'histoire, celle d'un homme qui essaie de retrouver le vélo qu'on lui a volé et qui lui permet d'avoir un travail, est simple et limpide et les déambulations de Antonio (Lamberto Maggionrani, impérial, avec sa gueule burinée qui rappelle par moments Peter Weller) et de son fils Bruno (Enzo Staiola, peut-être l'un des gamins de cinéma les plus convaincants que j'ai vu) à travers une Rome gagnée par la misère permettent d'offrir le constat d'un pays qui peine à se redresser, après des années de guerre. Des déambulations qui nous font découvrir la ville sous toutes ses coutures, des quartiers les plus pauvres au centre-ville aisé, où les familles les plus riches viennent se goinfrer dans les restaurants.

Et si le drame prime, De Sica n'oublie jamais de ménager des espaces plus légers, des notes d'humour, des moments où il laisse la ville parler. Mais il ne trahit non plus pas la fatalité d'une situation économique difficile à contrer. Le film est honnête jusque dans sa dernière image et laisse repartir le spectateur avec un goût amer en bouche. C'est très beau mais aussi d'une tristesse infinie.
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Thaddeus
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Re: Vittorio de Sica (1901-1974)

Post by Thaddeus »

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Sciuscià
Au sortir de la guerre, dans une Italie engoncée dans la pauvreté, deux petits cireurs de rues combinards tentent de conjurer la fatalité de leur condition en achetant leur idéal de liberté – un cheval gris porteur de tous les espoirs. Pris dans le cercle infernal d’une maison de correction, ils subissent les effets néfastes du cynisme et de la cruauté, et voient leur amitié grignotée par les malentendus, la trahison involontaire, la promiscuité, la manipulation des kapos et des geôliers qui transforment les promesses venimeuses en actes malveillants. À l’instar du seul gardien trop humain, qui craque devant la mort du petit tuberculeux, on est pris à la gorge, emporté, ému par l’évidence et la limpidité de cette allégorie tragique, qui pleure la perte des enfants sacrifiés sur l’autel d’une société injuste et misérable, sans place pour l’innocence. 5/6

Le voleur de bicyclette
Ça fait partie de ces classiques panthéonisés qu’il est difficile de commenter sans tomber dans les lieux communs. Historiquement, on le considère comme le frère de Rome, Ville ouverte, mais il s’en démarque par un sentimentalisme accru, une scénarisation plus signifiante qui l’habille du charme inusable de la fable, sans que jamais le choix idéologique de l’humanisme ne masque sa puissante revendication sociale. Une fois ces précisions apportées, ne reste qu’à pleurer devant les mésaventures de ces déshérités, leur combat du quotidien, leur quête morale qui interpelle tout un chacun sur un plan universel. Pleurer devant la déchirante humiliation finale, que rattrapent les toutes dernières images, lorsque la petite main du garçon glisse dans celle de son père, lui témoignant tout son amour et toute sa confiance – séquence sursublimissime. 6/6

Miracle à Milan
De Sica poursuit son aventure aux côtés des réprouvés et des traîne-misère mais change complètement de creuset : fuyant la recherche naturaliste, il saute à pieds joints dans un onirisme clochardisé, extrayant mille gags désopilants d’un bidonville réenchanté. À condition de ranger son cynisme au placard, il y a de bonnes raisons de se réjouir face à ce conte fantastique au style très particulier, où l’on voit un nouveau Jésus prêcher la bien et la bonté absolues, et les gueux d’une cour des miracles assister à un coucher de soleil comme au plus convoité des spectacles, ou s’envoler dans les cieux sur des balais magiques. Le néoréalisme est un esprit ; en recourant au burlesque le plus débridé, en souscrivant à une féérie qui bat la chamade jusqu’à friser l’absurde, le cinéaste en dévoile ici la dimension le plus candide. 4/6

Umberto D.
Résister, ne pas baisser les bras, se battre contre l’adversité qui menace chaque jour et prend les formes les plus diverses : une pension de misère, d’anciens amis qui tournent le dos, une marchande de sommeil sans scrupule. Umberto l’affirme, aux autres et surtout à lui-même : il ne se laissera pas faire. Mais ce retraité famélique, cultivé et lucide ne peut rien contre la société qui broie et écarte les plus faibles. Ses seuls amis sont la très jeune bonne de sa logeuse, dont les larmes coulent sans qu’elle en ait conscience, et surtout son chien, fidèle compagnon d’infortune, qui lui donnera le courage de continuer à vivre sa vie errante et misérable. En termes très purs, au plus près des pulsations intérieures de son héros, De Sica dit tout de la lassitude, du malheur des laissés-pour-compte d’une Italie exsangue et meurtrie. 5/6
Top 10 Année 1952

Station terminus
Ce n’est pas une brève rencontre mais sa fin, l’agonie lente d’une passion collée au rythme de l’existence, racontée dans un espace clos (l’immensité grouillante de la gare de Rome) et en temps réel, sans que jamais le récit ne cède à la tentation du flash-back. De par la composition sinueuse et désarticulée du film, le réalisateur gonfle chaque moment de sa charge concrète et cherche à rendre une sorte de condensé de la quotidienneté humaine. Entre la revendication désespérée contre l’organisation de la vie en structures sociales et la leçon du moraliste déplorant qu’il n’y a pas d’accomplissement possible sur terre, il maintient l’équilibre. Et c’est par le va-et-vient de sa sympathie du couple traqué au monde qui lui fait face qu’il parvient à offrir aux deux forces en présence une attention lucide et émue. 4/6

L’or de Naples
D’origine parthénopéenne, le réalisateur rend son hommage à une ville dont l’or réside essentiellement, comme l’indique le texte liminaire, dans l’espérance et la patience. Six sketches en forme d’anecdotes dressent une chronique quotidienne qui témoignent d’un savant dosage de comique dans le dramatique et vice-versa : Totò déguisé danse pour l’inauguration d’une épicerie, Sophia Loren exhibe ses rotondités, Silvana Mangano gèle immobile dans le froid du petit matin… S’il marque le glissement de l’auteur vers un cinéma idéologiquement moins engagé mais toujours concerné par l’expression des problèmes socio-culturels, ce sonnet populaire aux airs de comedia dell’arte demeure hélas inégal dans ses registres et sa fluidité, n’intéressant que par intermittence et ne touchant que rarement. 3/6

La ciociara
En cet été 1943, une veuve romaine se réfugie avec sa fille dans sa région natale, proche des Abruzzes, dont la tranquillité fragile est épargnée par la guerre. L’occasion pour De Sica de poursuivre son portrait nuancé des petites gens, de leur vie difficile et souvent douloureuse, entre égoïsme des uns et intransigeance idéaliste des autres. Il est servi par l’énergie volcanique et la beauté affolante d’une Sophia Loren merveilleuse en madone populaire, prête à déplacer les montagnes pour protéger la chair de sa chair. Mais c’est bien la perte de l’innocence que scellent les exactions commises lors de la libération, alors que même la victoire se charge du goût de l’amertume. Ne reste alors pour le spectateur et les héroïnes, enlacées dans la force d’un amour inviolable, que leurs larmes pour pleurer. Très beau film. 5/6

La loterie (segment de Boccace 70)
Le programme commandé aux trois cinéastes consistait en des moyens-métrages d’une demi-heure dont le thème commun est l’étude de la sexualité dans les différentes classes sociales. Aucun réalisateur n’a respecté la durée et tous ont fait dévier le sujet vers la notion plus large d’érotisme en livrant des exercices de style parfaitement reconnaissables. Concoctée par De Sica et située cette fois dans le milieu paysan, la conclusion du triptyque trouve une tonalité farcesque et gentiment grivoise en dressant le portrait d’une communauté chauffée par la mise en jeu de la loterie foraine – rien d’autre que la mégabombe du village, j’ai nommé la caliente Sophia. La comédie ne porte pas à conséquence mais elle est suffisamment cocasse et épicée pour faire passer un bon moment. 4/6

Il boom
En cette première moitié des années soixante, il restait encore à la comédie italienne beaucoup de chemin à parcourir dans la cruauté corrosive pour atteindre à la noirceur affreuse, sale et méchante d’un Scola. Mais De Sica fait un pas non négligeable à travers l’histoire d’un de ces losers toujours du mauvais côté de la marge, cherchant fébrilement à donner le change, et qui pour maintenir le lustre de sa situation et satisfaire les besoins de sa femme se voit contraint à une transaction pour le moins radicale. Nul épanchement de grotesque, d’outrance ni de bouffonnerie n’est de mise dans cette peinture drôlement angoissée d’un quotidien où l’on devine les couleuvres avalées, l’amour propre piétiné, la conscience fracassée. Et le cinéaste d’affirmer, derrière son humanisme de bon apôtre, une rage iconoclaste. 4/6

Hier, aujourd’hui et demain
Sur la trace de Bocacce 70, le réalisateur et son scénariste-fétiche construisent un triptyque qui donne une idée assez exacte de leurs problèmes de nouveaux demi-enrichis, devant leur situation à différents compromis. Hier-Naples est une historiette anecdotique dans la plus rudimentaire tradition du néoréalisme souriant. Aujourd’hui-Rome fournit le prétexte d’une comédie cocasse où le frisson catholique le dispute à la frivolité d’un pas-de-deux sentimental et grivois entre une volcanique prostituée et un notable veule mais sympathique. Demain-Milan, inséré en interlude, conclut sur la sécheresse de cœur provoquée par l’argent, avec une sorte de sous-entendu nostalgique pour l’époque des guenilles. L’ensemble, inégal, doit beaucoup à l’abattage et à la complicité évidente de son duo de vedettes. 4/6

Mariage à l’italienne
Comédie à l’italienne surtout, mais hélas pas de la meilleure eau. Engagés dans une mauvaise pente manifeste, De Sica et Zavattini racontent sur vingt ans les perpétuelles volte-face amoureuses d’une prostituée napolitaine et d’un fils de famille veule qui n’assume jamais leur relation. Ce qui aurait pu être une satire sarcastique des bases morales de ce monde petit-bourgeois et du mariage qui en est le centre se réduit à une suite de résidus néo-réalistes coloriés en rose, rapiécés à coups de petits chantages sentimentaux maladroits et truffé de clichés assez éculés de roman-photo. L’ensemble recourt régulièrement à une vulgarité d’almanach flirtant avec la grivoiserie, une sensiblerie de mélo qui , malgré quelques instants d’émotion réelle, laisse une tenace impression de verre à moitié vide. 3/6

Le jardin des Finzi-Contini
La jeunesse est éphémère, sa beauté transitoire et volatile. Mais il suffit que la tragédie la frappe de plein fouet pour qu’elle acquière une dimension éternelle, comme figée hors du temps dans l’intensité de son bonheur. Le jardin des Finzi-Contini, enclave de sérénité où les jeunes gens se livrent à des parties de tennis tandis que le fascisme gronde dans le monde extérieur, ne résistera pas au mal qui couve. De Sica évoque la montée de l’antisémitisme, la lente propagation du poison idéologique, les manifestations du danger rampant en des images lumineuses, limpides, pour mieux faire éprouver la douleur d’un passé à jamais révolu. Lorsque le malheur longtemps tenu à distance vient briser les trajectoires, ne subsiste que le souvenir d’une insouciance rendue plus poignante encore par le cauchemar de l’Histoire. 5/6


Mon top :

1. Le voleur de bicyclette (1948)
2. Umberto D. (1952)
3. Sciuscià (1946)
4. La ciociara (1960)
5. Le jardin des Finzi-Contini (1970)

Un cinéma en forme de portrait, celui de l’Italie d’après-guerre vue du côté des miséreux. Le sentimentalisme n’altère pas la précision du constat social, et formule la recherche d’un monde dans lequel l’injustice serait abolie. Une œuvre de grande importance, poignante et universelle, même si elle s’est sensiblement égarée dans la frivolité au cours des années soixante.
Last edited by Thaddeus on 21 Sep 19, 17:03, edited 7 times in total.
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Jeremy Fox
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Re: Vittorio de Sica (1901-1974)

Post by Jeremy Fox »

Les Acacias ressortent une des comédies les plus grinçantes de Vittorio De Sica, portée par un Alberto Sordi au sommet de son art. Le regard acéré, amusé et toujours chargé d'empathie du réalisateur observe une Italie confrontée au travers de son renouveau économique.
Il s'agit de Il Boom, chroniqué par Justin Kwedi.
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Alexandre Angel
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Re: Vittorio de Sica (1901-1974)

Post by Alexandre Angel »

Je n'ai jamais vu Il Boom mais lorsque Justin dit "la scène finale où le héros disparaît derrière une circulation de véhicules bardés de publicité est d'une terrible lucidité", il y a comme une rémanence et je ne peux m'empêcher de penser à la fin d' Au nom du peuple italien (Dino Risi, 1971) qui montrait Ugo Tognazzi se faire happer par un déferlement de supporters. C'est sans doute le même genre de fin ouverte sur le chaos. Il doit y avoir d'autres exemples.
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Re: Vittorio de Sica (1901-1974)

Post by ed »

Alexandre Angel wrote:Je n'ai jamais vu Il Boom mais lorsque Justin dit "la scène finale où le héros disparaît derrière une circulation de véhicules bardés de publicité est d'une terrible lucidité", il y a comme une rémanence et je ne peux m'empêcher de penser à la fin d' Au nom du peuple italien (Dino Risi, 1971) qui montrait Ugo Tognazzi se faire happer par un déferlement de supporters. C'est sans doute le même genre de fin ouverte sur le chaos. Il doit y avoir d'autres exemples.
Les scènes n'ont pas grand chose à voir ; dans le De Sica, c'est très sobre, ce sont des véhicules qui passent pendant que le personnage part dans le fond du plan, alors que dans le Risi, Tognazzi est véritablement plongé (et durablement) dans le tumulte et la folie.
Après, c'est vrai que c'était un peu à l'époque une façon-type d'achever un film (en particulier chez Risi) de façon ouverte mais un peu pessimiste : le personnage part dans le fond du champ, seul, avec l'idée que les choses sont loin d'être résolues pour lui...
Ceci étant, et si je n'irai pas comparer Il Boom avec Au nom du peuple italien, qui est pour moi l'un des deux ou trois plus grands chefs d'oeuvre du cinéma italien (pas de la comédie, hein), il faut avouer qu'Il Boom avait été pour moi une bonne surprise. Parce que, disons-le : De Sica - au demeurant un cinéaste essentiel de l'histoire du cinéma italien - a quand même globalement loupé le wagon de la "comédie à l'italienne". Il a contribué à l'amorcer, certes, mais entre 1960 et 1970, en gros, et à cette notable exception près, il va surtout faire de la comédie populaire gentillette, sans la méchanceté ni la conscience sociale propres au genre. Mariage à l'italienne, c'est quand même pas Une vie difficile ou Nous nous sommes tant aimés, et Hier aujourd'hui ou demain, c'est pas Les Monstres ou Parlons femmes(et je parle pas de ses tentatives "américaines")...
Me, I don't talk much... I just cut the hair
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Profondo Rosso
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Re: Vittorio de Sica (1901-1974)

Post by Profondo Rosso »

S'il fallait rapprocher Il Boom d'un Risi ce serait plus Le Veuf de nouveau avec Alberto Sordi qui campe un personnage très voisin de flambeur arrogant, après la tendresse de De Sica pour cette figure immature est remplacé par le cynisme de Risi mais ça dénonce un peu le même genre de comportement nouveaux riche. Pour la dernière scène effectivement l'esprit est différent même s'il s'agit aussi de noyer le héros visuellement dans l'idéologie dominante, l'abrutissement du sport chez Risi et le fait que l'homme soit réduit à un produit comme un autre avec De Sica. Pour les comédies de De Sica, moins sévère que Ed même si c'est vrai que c'est très inégal mais même les meringues internationales pas inoubliables comme Sept fois femmes ou Moi la femme je reste client :mrgreen: