Vittorio de Sica (1901-1974)

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés avant 1980.

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Requiem
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Vittorio de Sica (1901-1974)

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EDIT DE LA MODERATION:

Vous pouvez aussi consulter les topics consacrés aux films du réalisateur

Umberto D. (1951)
Mariage à l'italienne (1964) et sa Chronique "Classik"
Le jardin des Finzi-Contini (1970)



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Mademoiselle Vendredi : Un des premiers De Sica. Une comédie plaisante avec une Anna Magnani bien différente des rôles tragiques que l'on retient en général de sa carrière et une Adriana Benetti tout bonnement à croquer. La mise en scène ne présente rien d'inoubliable mais ça se regarde sans déplaisir. Agréable et léger.
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Breezy
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Post by Breezy »

Le temps des amants de Vittorio de Sica

Très beau film.
Il fallait vraiment deux immenses acteurs pour porter a bout de bras cette simple et très belle histoire entre une jeune femme SPOILER condamnée par la maladie FIN SPOILER et cet ingenieur italien,et Marcello Mastroianni et Faye Dunaway font heuresement partie de ceux là.
Leur couple est a la fois originale et parfaitement homogéne,il permet au film d'atteindre une certaine ampleur emotionnelle.
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Fatalitas
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Post by Fatalitas »

Sciuscia

revu ce chef d'oeuvre poignant et bouleversant, le meilleur De Sica avec Miracle à milan

De 1946 à 1952, De Sica et son scenariste Cesare Zavattini ont été sur un nuage en signant Sciuscia, Le Voleur de Bicyclette, Miracle à Milan et Umberto D (que je n'ai jamais vu mais dont je ne doute pas de l'effet qu'il aurait sur moi, vu que j'adore les 3 autres)

je donne rarement une note pareille : 9,5/10
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Roy Neary
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Post by Roy Neary »

Fatalitas wrote:De 1946 à 1952, De Sica et son scenariste Cesare Zavattini ont été sur un nuage en signant Sciuscia, Le Voleur de Bicyclette, Miracle à Milan et Umberto D (que je n'ai jamais vu mais dont je ne doute pas de l'effet qu'il aurait sur moi, vu que j'adore les 3 autres)
Copain !
Je choisis les Beatles contre les Rolling Stone et Vittorio De Sica contre Roberto Rossellini ! :lol:

Plus sérieusement, les films de ce cinéaste me bouleversent autant que toi. Je pense qu'en regardant Umberto D, tu te décomposeras d'émotion. Et pourtant toute cette émotion n'est jamais facile ni forcée chez De Sica, elle surgit comme une évidence de la même manière que les personnages nous semblent aussi proches que si on les cotoyait tous les jours. L'existence de cette poésie de la rue et des petites gens me font donc préférer De Sica à tout autre cinéaste du néoréalisme italien (et pourtant j'adore La Terre tremble, Rome ville ouverte ou Païsa).
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Fatalitas
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Post by Fatalitas »

Roy Neary wrote:
Fatalitas wrote:De 1946 à 1952, De Sica et son scenariste Cesare Zavattini ont été sur un nuage en signant Sciuscia, Le Voleur de Bicyclette, Miracle à Milan et Umberto D (que je n'ai jamais vu mais dont je ne doute pas de l'effet qu'il aurait sur moi, vu que j'adore les 3 autres)
Copain !
Je choisis les Beatles contre les Rolling Stone et Vittorio De Sica contre Roberto Rossellini ! :lol:
pas copain alors :lol:

Du Rosselini neo-realiste, il n'y a guere que Allemagne,année zero qui me touche vraiment, et à un degré moindre, Paisa :wink:
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Fatalitas
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Post by Fatalitas »

Sinon, Roy, y'a t-il d'autres films de De Sica de cette periode neorealiste ??
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Roy Neary
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Post by Roy Neary »

Fatalitas wrote:Sinon, Roy, y'a t-il d'autres films de De Sica de cette periode neorealiste ??
On a cité les plus importants et les plus révélateurs. Après Umberto D, De Sica changera de style avec Station Terminus. Mais l'influence néoréaliste se fera toujours sentir dans des films comme L'Or de Naples ou La Ciociara.
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bruce randylan
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Post by bruce randylan »

Sciuscia
Un des 1er films néoréalistes qui ne tombent jamais dans une mise en scène facile ou "dépouillé". Photo soignée, mouvement de caméra travaillée, acteurs non professionnels dirigés avec talent...
De Sica assure donc et offre un film courageux sur les drame de l'enfance livrée à eux-mêmes dans le monde des adultes.
C'est pas forcement joyeux ou optimiste mais c'est fort et émouvant même si quelques ficelles mélodramatiques demeurent trop présentes.
"celui qui n'est pas occupé à naître est occupé à mourir"
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Profondo Rosso
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Post by Profondo Rosso »

Sept fois femme de Vittorio De Sica (1967)

Suite de sept sketches illustrant sept aspects de la femme : romantique, réaliste, impudique, volage, jalouse, capricieuse, amoureuse.

Le film est surtout une ode au charme et au talent de Shirley McLane qui interprète chacune des sept facette de la femme de chacun des sketches. L'humour italien devastateur est par moments un peu noyé sous le poids de la production internationale (casting héteroclite où Vittorio Gassman cotoie Philippe Noiret et Michael caine, tournage à Paris en langue anglaise...) dans quelques sketch un peu poussif : Paulette (chaque sketch porte le nom de l'héroïne) où une jeune veuve cède aux avances d'un prétendant en plein enterrement par appat du gain, Maria teresa où une femme trompée décide de se venger en cédant au premier venu, et Eve où Shirley Mclane campe une megère hysterique qui va tout faire pour empecher une rivale de venir à l'Opera avec la même robe qu'elle. De bonnes idées mais pas poussée assez loin (Maria Teresa pas loin de céder à la prostitution) et des histoires qui trainent en longueur.

A côté de ça quatre grandes réussites :

Linda
Shirley Mclane campe une jeune femme cédant au plaisir de l'esprit uniquement et qui va rendre fous deux prétendant qu'elle a invitées chez elle. Le sketch le plus fou et osé du film avec Shirley Mclaine nue la plupart du temps et qui se termine en partie à trois. Des instants hautement folklorique avec les deux hommes virant limite hysterique sous le charme provoquant de Linda et une ambiance psyché pop des plus agréable.

Edith
Une femme au foyer est délaissée par son mari écrivain qui fantasme sur ses créations littéraires de femmes libérées et excentrique. Mais quand elle se met à adopter le même genre de comportement pour plaire à son mari elle passe pour folle. Très belle prestation de Shirley Mclaine vraiment pathétique et touchante et la conclusion est vraiment belle.

Marie
Un couple adultère desepéré décide de se suicider ensemble par amour dans une chambre d'hotel. Superbe huis clos où on passe du gros comique avec les messages enregistrés, la difficile organisation du suicide (qui tire sur qui en premier, où alors des pilules ?) à une chute des plus triste et réussie, Shirley Maclaine est une nouvelle fois exeptionnelle.

Jean
Une jeune femme est suivie toute une après midi par un homme (michael caine)) et va se livrer à un cache cache des plus romantique avec lui. Le meilleur sketch du film, un charme fou tout du long grâce à une Shirley Mclane mutine et espiègle et un Michael caine timide et mysterieux tandis que le Paris retro 60's offre un cadre idéal au récit. Puis vient une conclusion des plus cynique qui nous ramène brrutalement sur terre.

Inégal mais dans l'ensemble très réussi et plaisant. 5/6
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Profondo Rosso
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Re: Notez les films Naphtas- Février 2009

Post by Profondo Rosso »

Mariage à l'italienne de Vittorio De Sica (1964)

Durant de nombreuses années, Filumena, ancienne protituée, a été à la fois servante et maîtresse de Domenico. Ce dernier a finalement décidé de se marier avec une jeune fille de bonne famille. C'est alors qu'elle décide de lui tendre un piège en lui faisant croire qu'elle est mourante et que son dernier désir est de se faire épouser. Dès que l'homme cède, la mourante ressuscite et lui apprend qu'il est déjà le père d'un de ses enfants...

Un des fleurons époustouflant de la comédie italienne. Un scénario brillant qui alterne avec brio la grosse farce outrancière, le drame et le romantisme par la grâce d'astuce narratives bien placées (les 2 flashback sous les points de vue des deux protagoniste en ouverture) de révélations bien amenées qui relancent constamment l'action et font basculer le film dans quelques chose de plus profond qu'il n'y parait à première vue. Une Sophia Loren qui livre une prestation époustouflante, avec un personnage qui évolue de jeune fille naïve découvrant la vie à la quarantenaire bafouée bien décidé à regagner son honneur de femme en suscitant le respect et l'amour de Mastroiani en l'épousant. Ce dernier est tout aussi brillant, arrivant à rendre humain et attachant un personnage de coureur égoïste vraiment odieux par instants. Le film trahit ses origines théâtrale dans le bon sens du terme à travers les engueulades dantesque Mastroiani/Loren en forme olympique (la scène qui suit la révélation sur la santé de Sophia Loren est un grand moment :lol: ) et De Sica par sa réalisation tout en mouvement apporte une belle énergie à l'ensemble, avec en prime une direction artistique splendide, une photo superbe et un Naples en pleine reconstruction brillamment illustré en arrière plan (discrète allusion au passé néo réaliste de De Sica). Quelques moments vraiment bouleversant comme lorsque Loren révèle son passé douloureux à ses fils qui la rencontre pour la première fois, les quelques scènes pathétique où elle subit le mépris inconscient de Mastroiani dans sa jeunesse (la sortie au champ de course vide, l'enterrement de la mère) et bien sur le final magnifique où elle laisse enfin couler ses larmes. Grande comédie, grand film. 6/6
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Profondo Rosso
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Re: Notez les films naphtas - juillet 2009

Post by Profondo Rosso »

Hier, aujourd'hui et demain de Vittorio De Sica (1963)

Film à sketches tournant autour de la sexualité et de l'évolution des rapports hommes/femmes dans l'Italie des 60's, à travers son titre ( chacune des histoires se déroulant à une période clé le hier pour le 1er sketch en 1954 et son ambiance encore teinté de néo rélisme, le aujourd'hui pour le 2e avec le boom économique et la personnage de bourgeoise incarné par Sophia Loren et le demain pour le dernier et sa sexualité débridée signe de l'évolution des moeurs) et aussi l'antagonisme régional et social régnant en Italie entre le sud pauvre et le nord prospère, la localisation de chacun des sketches étant bien marqué (chaque transition s'attarde longuement sur respectivement Naples, Milan et Rome) et ayant une vraie importance dans le récit, souvent illustré par l'interprétation outrée (pour le sud dans le 1er et 3e sketch) ou plus froide et mesurée pour le 2e sketch.

Un peu à la manière d'un "Boccace 70", seulement 3 longs sketches ici, donc assez développé et ne donnant pas dans la courte vignette méchante, tous interprété avec brio par le mythique couple Marcello Mastroiani/Sophia Loren.

Adelina

Un couple pauvre voit la mère menacée de prison pour contrebande de cigarettes , seuls revenu de la famille car le père et chômeur et dont elle ne peux régler l'amende.Ils trouve cependant une faille, la femme étant enceinte, ils ne peuvent ni être saisis et la femme ne peut être emprisonnée. Scénario génial qui d'un pitch qui pourrait tirer vers le drame déroule un grand numéro comique quand Sophia Loren s'empresse d'être mise enceinte à intervalle régulier (la période d'allaitement allonge aussi le délai) par Mastroianni pour éviter sa peine et qui nargue régulièrement les policiers qui revienne à la charge par un nouveau certificat de grossesse. Très drôle surtout quand Mastroianni finit par être éreinté par ce rythme, régulièrement sollicité par Sophia Loren et entouré d'une marmaille de plus en plus nombreuse. De Sica avec intelligence ne pousse pas plus loin le concept (alors que dans le fait divers dont s'inspire le sketch la femme aurait pondu 14 enfants ! :mellow: ) passé 7 enfants pour jouer sur la solidarité et l'esprit d'entraide du quartier pour sortir les héros de ce mauvais pas en réglant l'amende. Là où un Risi aurait amené l'histoire dans un terrain plus sordide, De Sica y coupe court également lors d'une scène où Loren ne peux se résoudre à cucher avec un autre lorsque son mari ne peut plus la mette enceinte car et elle préfère aller en prison plutôt que de le tromper. Cette tendresse et absence de cynisme fait du bien, typique de De Sica qui ne s'inscrit pas dans la veine méchante de la comédie italienne.


Anna

La femme blasée d'un riche industriel s'offre une balade en voiture avec son amant campé par Mastroianni. Récit assez cinglant sur cette bourgeoise milanaise qui semble aspirer à une existence plus authentique avec son amant mais dont le petit périple en voiture va révéler le fossé qui les sépare. Aux antipodes de la "mama" du premier sketch, Sophia Loren dégage une allure froide et sophistiquée, tout en Dior où ses actes contredise totalement ses paroles, entre la voix off d'ouverture, sa conduite kamikaze et surtout la conclusion où elle traite Mastroianni en domestique lorsqu'ils ont un accident de voiture. De Sica n'a clairement pas la même tendresse pour les bourgeois du nord que pour les prolétaires du sud à travers ce portrait et une nouvelle fois se sort astucieusement de son concept de départ comme dans le premier sketch. ici on s'attendait à ce que tout se déroule entièrement en voiture et on en sort de manière surprenante.


Mara

Une prostituée tente de remettre dans le droit chemin son jeune voisin aspirant prêtre prêt à tout lâché car tombé amoureux d'elle. Le plus léger des trois mais très amusant tout de même. Un côté vaudeville et théâtre filmé très appuyé avec son cadre unique de l'appartement de Sophia Loren mais que De Sica sait rendre mouvementé, notamment par le personnage du client joué par Mastroianni frustré durant toute l'histoire de sa coucherie et entretenant d'étrange rapport mari/femme avec Loren. L'aspect dramatique n'est pas très prononcé mais c'est enlevé, drôle et bien joué et ça donne l'occasion de revoir Tina Pica qui jouais la gouvernante de De Sica dans les "Pain, amour...". Cerise sur le gâteau, en conclusion un strip tease affolant de Sophia Loren à rendre priapique un moine tibétain.

5/6 reste à voir sa suite réalisée par Marco Ferreri espérons que ça soit aussi bien !

Et je ne résiste pas à l'envie de vous faire profiter de quelques captures du strip de Sophia Loren, il fait chaud d'un coup là :mrgreen: :oops:

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Re: Notez les films naphtas - juillet 2009

Post by AtCloseRange »

Profondo Rosso wrote:Et je ne résiste pas à l'envie de vous faire profiter de quelques captures du strip de Sophia Loren, il fait chaud d'un coup là :mrgreen: :oops:
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ça a été "repris" dans Prêt-à-Porter, non?
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Re: Notez les films naphtas - juillet 2009

Post by Profondo Rosso »

Oui la scène a été reprise dans Prêt-à-Porter en hommage au film de De Sica avec quelques années de plus aux compteur par Mastoianni et Sophia Loren. Ca me motive bien à voir le Altman que je je ne connais pas :mrgreen:
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Profondo Rosso
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Re: Notez les films naphtas - juillet 2009

Post by Profondo Rosso »

La Ciciora de Vittorio De Sica (1961)

En 1943, une jeune femme, veuve, décide de fuir la capitale avec sa fille pour retrouver le calme de son village.

Souvent accusé par les purs et dur du néo réalisme d'avoir vendu son âme au diable avec ses grosses comédies des 60's, De Sica donne avec ce film une réponse éclatante avec oeuvre cette aux carrefours du drame et de la comédie teinté du néo réalisme des débuts.

L'histoire nous compte le pénible destin des italiens de classe modeste au quotidien difficile alors que le conflit commence à tourner, et plus précisément des réfugiés fuyant les grandes villes pilonnés par les bombes pour aller à la campagne plus calame et sécurisante. On retrouve tout l'art de De Sica pour dresser un portrait immédiatement attachant de ses paysans, un peu ignorant et ne sachant s'ils doivent ou pas toujours soutenir le Duce et les allemands ou alors se ranger du côté des anglais, penchant vers celui susceptible de leur amené le plus rapidement la paix. Le tout es symbolisé par le personnage de Sophia Loren, mère courage et grande gueule prête à tout pour préserver sa fille des horreurs de la guerre. De Sica est décidément le meilleur pour filmer Sophia Loren, que ce soit dans sa facette glamour (voir "Hier,aujourd'hui et demain plus haut ou la 1er partie de "Mariage à l'italienne") ou comme ici dans son côté plus authentique en vraie fille de la campagne malgré son séjour à la ville et toujours doté d'un sex appeal déconcertant. A l'opposé le personnage de Jean Paul Belmondo (doublé en italien) en intellectuel vindicatif conscient de la mascarade du fascisme, un rôle tout en subtilité que ce type ordinaire, humain et lucide démontrant le registre étendu du Belmondo des débuts avant qu'il devienne "Bebel". Les fascistes purs et durs ne sont pas masqués non plus avec régulièrement l'ombre des miliciens qui se fait sentir.
On suit donc le quotidien de cette petite communauté, entre éclats de rires (Sophia Loren aligne les réplique géniales), difficultés materielles avec les denrées de plus en plus rares et le danger des patrouilles allemande et des bombardements. Le rapprochement progressif entre Loren et Belmondo est bien amené, et la relation de cette dernière avec sa fille poignante(la jeune Eleonora Brown est épatante de charme et de fragilité).

Le film bascule totalement dans sa dernière demi très sombre, alors que le danger semble pourtant s'écarter avec l'arrivée des alliés. Entre
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la mort de Belmondo
, une traumatisante scène de viol de Sophia Loren et sa fille (dénonçant une terrible réalité sur les exactions des corps du général Alphonse Juin dans la région et apparement constitué de soldats des colonies) et leurs relation qui se disloque lentement suite à ce choc. Un drôle de contraste que le pire arrive quand la paix pointe son nez et le ton léger et doux amer du reste du film bascule dans le vrai drame sur la toute fin. 6/6 et Oscar bien mérité pour Sophia Loren qui fut à cette occasion la première actrice ne s'exprimant pas en anglais se voyant offrir la récompense suprême. 6/6
Nestor Almendros
Déçu
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Post by Nestor Almendros »

posté le 4 mars 2008

SEPT FOIS FEMME - 1967

Je me suis assez copieusement ennuyé. Jamais suffisamment intéressé, trop succint, peu prenant. Mais je souscris sur deux points de l'avis de Profondo: Shirley McLaine est absolument splendide dans ce film, tant physiquement ( :oops: :oops: :oops: ) que professionnellement. Si j'ai tenu le coup pendant 1h30, c'est surtout grâce à elle, ses looks, son sourire, son plaisir évident à jouer ici.
Autre joli point: comme par hasard le seul segment qui m'ait un tant soit peu intéressé est aussi le préféré de Profondo. Et, comme par hasard, le meilleur segment clôt le film. Une histoire brève à la conclusion à double tranchant, qui permet une nouvelle fois à Miss McLaine de me briser le coeur.

Et je ne peux m'empêcher de quoter Lord Henry qui en août 2006 écrivait
Ce film est un mystère, et un désastre.
Plus précisément, sept fois un désastre.
Et qui 1 an plus tard, à la suite du post de Profondo en remettait une couche
Ce film est une véritable plaie. Ou plutôt les fameuses sept plaies, cette fois-ci infligées au spectateur.
:uhuh:


posté le 24 mars 2008

LE TEMPS DES AMANTS de Vittorio de Sica (TCM)

Une très agréable surprise, d'abord par l'ambiance proposée. Dès l'introduction on est dans un monde particulier, où le temps semble parfois ralentir, où le temps participe à l'union de ce couple. C'est une sorte de bulle élégiaque dans laquelle il faut profiter du moment, car on sent très vite que cela ne pourrait pas durer. De Sica, dans sa mise en place garde donc toujours une certaine légèreté mélangé à une sorte de magie, on se sentirait presque dans un rêve (le choix des décors - la maison bourgeoise aux nombreux trompes l'oeil, les environs dans la nature, la région montagneuse - y est pour beaucoup). Cela pourrait presque faire penser à un catalogue touristique d'Italie, s'il n'y avait une certaine retenue qui n'en fait pas un simple déballage, mais qui participe au sentiment de préciosité de ces moments, en même temps qu'une impression de bonheur qui sera perdu.

C'est un joli portrait de couple (Mastroianni et Faye Dunaway, très bien assortis). Belle musique, également, qui aide à poser cette ambiance particulière qu sied bien au film.