Allan Dwan (1885-1981)

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés avant 1980.

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Federico
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Re: Allan Dwan (1885-1981)

Post by Federico »

daniel gregg wrote:
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Federico wrote:Le gorille (The gorilla) 1939

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Un Dwan à oublier. Cette comédie policière de série Z est aussi affligeante que son trio de comiques pas drôles, les Ritz Brothers (aux côtés desquels les Stooges paraîtraient presque des génies du rire) en détectives abrutis engoncés dans leurs impers fermés jusqu'au col et des chapeaux trop petits. L'intrique est tout aussi miteuse : une vague histoire de criminel à main poilue doublée de l'évasion d'un véritable gorille. Tout ce petit monde gesticule et crie beaucoup et pour rien à l'adresse d'un public qu'on imagine en culottes courtes (et je ne suis pas sympa pour les gamins). Présence anecdotique de Lionel Atwill et de Bela Lugosi, qui fait son numéro de chouette inquiétante. Fermez le ban, c'est à jeter.

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:shock: tu l'as vu où sans indiscrétion ?
Hier soir sur la Rai Tre. :wink: suivi d'un film aussi nul, Bride of the Gorilla de Curt Siodmak (1951)

http://www.fuoriorario.rai.it/R2_pagina ... 43,00.html

Cette nuit, ils passe Assaut de Carpenter suivi de docus sur... Gilles Deleuze (l'émission est très éclectique). :lol:
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Ann Harding
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Re: Allan Dwan (1885-1981)

Post by Ann Harding »

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Manhandled (Tricheuse, 1924) d'Allan Dwan avec Gloria Swanson, Tom Moore, Frank Morgan, Lilyan Tashman et Ian Keith

Tessie McGuire (G. Swanson) est vendeuse dans un grand magasin new-yorkais. Elle voudrait pouvoir échapper à son quotidien épuisant : un travail harassant, un voyage dans une rame de métro bondée et un appartement minuscule. Son petit ami Jim Hogan (T. Moore) est mécanicien dans un garage. Il espère faire fortune avec son invention pour réduire la consommation d'essence des moteurs...

Avec cette comédie très enlevée, Gloria Swanson relance sa carrière comique après une succession de films pour Cecil B. DeMille où elle était cataloguée dans les rôles de créatures altières vêtues de costumes tapageurs. Allan Dwan prend le contrepied de cette image en faisant d'elle une simple vendeuse qui mâche du chewing-gum, porte une petite robe à deux sous et doit affronter son chef de rayon. Pour la mettre dans le bain, Dwan l'envoit passer quelques jours dans un grand magasin new-yorkais, puis, lui fait prendre le métro en l'abandonnant à son propre sort au dernier moment. Les leçons sont bien retenues : Gloria devient Tessie, la jeune new-yorkaise délurée. Le film débute avec la fameuse séquence du métro où Tessie doit lutter contre le flot de voyageurs pour entrer dans la rame. Elle perd son sac; son chapeau est écrasé et elle doit lutter à nouveau pour sortir à la station suivante. La reconstitution du métro au studio Paramount est vraiment excellente. On s'y croirait ! Swanson machouille son chewing-gum sous le nez de son chef qui la houspille. Puis, la chance apparait lorsqu'elle est invitée à une soirée chez un sculpteur ami du fils du patron du magasin. La collègue de Tessie, Pinkie (jouée avec beaucoup de talent par Lilyan Tashman) l'enjoint d'accepter. Elle aussi, elle voudrait bien échapper à son rayon au sous-sol du magasin. Gloria va se voir proposer un emploi de fausse comtesse russe dans une maison de couture tenue par Arno Riccardi (Frank Morgan). Gloria en profite pour parodier sa rivale de l'époque à la Paramount, Pola Negri. Mais, elle découvrira que tous ses hommes qui l'entourent, cherchent tous à profiter d'elle. Tout finira bien lorsque son petit ami Jim (Tom Moore) réussira enfin à vendre son invention. Si l'intrigue est relativement attendue et n'offre que peu de surprises, cette comédie est cependant parfaitement rythmée et bien menée. Gloria Swanson montre un abattage et un talent comique formidable. Une excellente comédie de celui qui fut le réalisateur préféré de Swanson, Allan Dwan.
Last edited by Ann Harding on 11 Jun 11, 11:00, edited 2 times in total.
daniel gregg
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Re: Allan Dwan (1885-1981)

Post by daniel gregg »

Tu l'as vu de quelle façon ?
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Ann Harding
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Re: Allan Dwan (1885-1981)

Post by Ann Harding »

Il a été publié par Grapevine il y a quelques années en VHS. On doit pouvoir trouver une copie en flânant sur amazon.com en DVD-R (plus ou moins 'bootleg') . Pas sensass, mais regardable.
daniel gregg
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Re: Allan Dwan (1885-1981)

Post by daniel gregg »

Merci, parce que je pensais qu'il était disponible en streaming sur Youtube et en fait non.
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Jeremy Fox
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Re: Allan Dwan (1885-1981)

Post by Jeremy Fox »

Mon avis sur Belle Le Grand, film de 1951 avec John Carroll et Vera Ralston
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Sybille
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Re: Allan Dwan (1885-1981)

Post by Sybille »

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Silver Lode / Quatre étranges cavaliers
Allan Dwan (1954) :

Assez désappointée de n'avoir su apprécier ce film à sa juste valeur, dans lequel jamais je ne me suis sentie, ne serait-ce qu'à moitié, réellement immergée.

L'ouverture immédiatement spatiale : une petite ville inévitablement tranquille de l'Ouest, et temporelle : un 4 juillet, jour de fête nationale, définit ainsi ce qui est déjà en train de devenir le cadre et les circonstances du récit ultérieur, hors des limites desquelles - et c'est une bonne idée - nous ne sortirons jamais.
L'arrivée des "quatre étranges cavaliers" du titre français, bande d'hommes rugueux et taciturnes, qui dès les premiers plans font fuir un groupe d'enfants avant d'intriguer toute la population, paraissait pourtant contenir une dose de mystère efficace. Le scénario va en fait beaucoup plus loin, proposant avant tout une critique terrible et trouble d'une société qui, dès les premiers signaux d'alerte lancés par de parfaits inconnus, oublie un peu trop vite ses qualités d'accueil et de générosité. Les dernières minutes, qui signe la fin du calvaire enduré par le personnage de John Payne, les paroles qu'il lance à la face de la population honteuse et atterrée d'elle-même, font véritablement frémir.
Avant cela, il aura fallu passer par un récit plutôt original donc, dotés de personnages variés mais souvent insuffisamment dessinés, de péripéties un peu trop ternes et répétitives. Payne tient efficacement son rôle d'homme subitement traqué, n'oubliant pas de lui adjoindre une semie ambiguité, en accord avec les données fraîches que nous avons apparemment l'occasion d'apprendre sur lui. Dan Duryea (étonnant et très bon 'second couteau') offre un méchant un brin caricatural mais pertinent, tandis que les deux actrices Lizabeth Scott et Dolores Moran, malgré les forces d'abnégation et d'audace dont le scénario les gratifie, daignent surtout se faire remarquer de par leur looks carrément outranciers.

Si 'Silver Lode" se hisse sans mal au-dessus du tout-venant grâce à la froideur désespérée et sans concession de son scénario, de la belle mise en scène de Dwan munie d'un score sobrement dramatique signé Louis Forbes, il lui aura cependant manqué je ne sais trop quoi pour m'en faire profiter complètement. 5,5/10
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Roy Neary
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Re: Allan Dwan (1885-1981)

Post by Roy Neary »

Aujourd'hui, DVDClassik met en ligne la chronique de La Femme aux revolvers rédigée par notre shérif adoré. :)
L'édition testée est celle des Éditions Montparnasse dans leur collection RKO.

:arrow: La Femme aux revolvers (Montana Belle)
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daniel gregg
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Re: Allan Dwan (1885-1981)

Post by daniel gregg »

Enchanted Island-1958

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Scénario : James Leicester d'après la nouvelle d'Herman Melville "Taipee"
Production: Benedict Bogeaus.

Une mutinerie entre les membres d'un équipage accostant sur une des îles Marquises, amène deux hommes à se fondre dans la jungle.
Ils sont recueillis par des indigènes dont ils ne tardent pas à découvrir qu'il s'agit de typees, réputés être de redoutables cannibales.

Avant dernier film de l'abondante filmographie d'Allan Dwan, Enchanted Island est peut être, avec Escape to Burma et Pearl of the south Pacific, des films produits par Benedict Bogeaus, celui qui a le plus souffert des affres du temps.
Tavernier et Coursodon, dans 50 ans de cinéma américain, décrivent assez justement l'état des lieux : couleurs hideuses (en tout cas passées), distribution de seconde division (excepté Arthur Shields, cynique à souhait), en effet Dana Andrews, embué dans l'alcool, n'est plus que l'ombre de lui même et Jane Powell, vahiné assez peu crédible, n'est sauvée du ridicule que par ses descendances européennes.

Alors, que reste t-il, me direz vous pour soutenir l'effort et prolonger jusqu'au terme, une expérience en l'état, calamiteuse ?
Eh bien, justement, d'efforts, je n'en ai pas fait, me laissant agréablement bercé par les dons de narrateurs de Dwan, sa caractéristique première.
Comme chez Melville (la nouvelle dont est tirée cette adaptation est semi autobiographique) , voire le Poe de "Gordon Pym", il y a dans ce film de Dwan, une musicalité d'une douceur élégiaque, s'accordant à merveille avec l'esprit "Rousseauiste" du réalisateur.
Certes, les indigènes typee sont décrits de façon très conventionnelle et occidentale, mais à travers l'affrontement d'attitude entre le chef de la tribu et son sorcier à l'égards des blancs, c'est une belle leçon d'humilité que nous donne Dwan sur cette civilisation, soit disant sauvage.
Car sauvage, elle l'est sans doute, mais en harmonie avec une nature, dont elle n'entend pas la dominer.
On regrettera toutefois la fin du film, comme une concession trop évidente à la logique hollywoodienne.
Spoiler (cliquez pour afficher)
Dana Andrews s'enfuit pour rejoindre "sa" civilisation.
Quoiqu'il en soit, ce film rare d'Allan Dwan, diffusé il y a quelques années sur TCM, fut une belle surprise, ne quittant plus mon esprit depuis ce week end.
Inexplicable, c'est peut être là tout le charme...
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Jeremy Fox
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Re: Allan Dwan (1885-1981)

Post by Jeremy Fox »

Je comprend tous à fait ces petits plaisirs coupables (moi même en ai plusieurs) mais je ne tenterais pas l'expérience ayant trouvé vraiment très mauvais ses précédents films d'aventures : Escape to Burma et Pearl of the south Pacific
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Re: Allan Dwan (1885-1981)

Post by Jack Carter »

Jeremy Fox wrote:Je comprend tous à fait ces petits plaisirs coupables (moi même en ai plusieurs) mais je ne tenterais pas l'expérience ayant trouvé vraiment très mauvais ses précédents films d'aventures : Escape to Burma et Pearl of the south Pacific
deux titres "coupables" pour moi :oops:
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Jeremy Fox
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Re: Allan Dwan (1885-1981)

Post by Jeremy Fox »

Jack Carter wrote:
Jeremy Fox wrote:Je comprend tous à fait ces petits plaisirs coupables (moi même en ai plusieurs) mais je ne tenterais pas l'expérience ayant trouvé vraiment très mauvais ses précédents films d'aventures : Escape to Burma et Pearl of the south Pacific
deux titres "coupables" pour moi :oops:
Oui, je m'en rappelais parfaitement :lol:
daniel gregg
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Re: Allan Dwan (1885-1981)

Post by daniel gregg »

Complètement inédit en dvd, en tout cas, même aux USA où il n'est disponible en VHS d'occasion qu'à 95 $!!! :mrgreen:
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Profondo Rosso
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Re: Allan Dwan (1885-1981)

Post by Profondo Rosso »

Jack Carter wrote:
Jeremy Fox wrote:Je comprend tous à fait ces petits plaisirs coupables (moi même en ai plusieurs) mais je ne tenterais pas l'expérience ayant trouvé vraiment très mauvais ses précédents films d'aventures : Escape to Burma et Pearl of the south Pacific
deux titres "coupables" pour moi :oops:

De même bien apprécié ces petites sucreries un peu fauchées et kitsch mais très distrayante ! Du coup bien tenté par ce Enchanted Island :D
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Rick Blaine
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Re: Allan Dwan (1885-1981)

Post by Rick Blaine »

Jeremy Fox wrote:Je comprend tous à fait ces petits plaisirs coupables (moi même en ai plusieurs) mais je ne tenterais pas l'expérience ayant trouvé vraiment très mauvais ses précédents films d'aventures : Escape to Burma et Pearl of the south Pacific

On est d'accord... :lol: