Allan Dwan (1885-1981)

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés avant 1980.

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Beule
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Allan Dwan (1885-1981)

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EDIT DE LA MODERATION:

Sur le forum vous pouvez également trouver

le topic de Montana Belle (1952)
le topic de La femme qui faillit être lynchée (1953)

un début de topic consacré aux réalisateurs Allan Dwan, Joseph Lewis et Joseph Kane

et les "Chroniques Classik" de Quatre étranges cavaliers / Silver Lode (1954) et Deux rouquines dans la bagarre / Slighty Scarlett et Iwo Jima



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Le masque de fer

Le testament de Fairbanks au genre qui établit sa gloire est un enchantement de chaque instant. Parmi les adaptations que j'ai pu voir du roman de Dumas, celle-ci est assurément l'une des plus infidèles, mais par cet équilibre constant entre une fougue dynamique si naturelle et un sens du romanesque confondant, qui sait faire poindre çà et là un désenchantement réel, elle est aussi celle qui en a le plus dignement hérité.
Le travail de mise en scène de Dwan, et notamment son utilisation dramatique de décors d'un gigantisme vertical souvent accablant dans les nombreuses scènes d'extérieur, est d'une modernité stupéfiante. Quant au travail de restauration de Brownlow avec le Museum d'art moderne de NY, il représente sans doute ce que j'ai vu de plus impressionnant depuis les Chaplin.
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Beule
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Post by Beule »

Dave Bannion wrote:

Il ne m'a pas laissé un souvenir aussi fulgurant que Silver Lode
mais c'est un western tout à fait plaisant (comme bcp de films de Dwan : un autre cinéaste à redécouvrir)
Ah il n'y a pas moins fulgurant que cette histoire de rédemption portée par une ferveur quasi mystique contée sur un rythme apaisé, c'est certain, et il est de ce fait difficile d'imaginer joyaux plus opposés que Silver Lode et Passion.
Passion n'est sans doute pas un film parfait, car un peu trop linéaire dans sa seconde partie -et en outre quelque peu pénalisé par quelques raccords de studios douteux lors de la fameuse poursuite en montagne- mais il offre dans sa première partie, une image du bonheur si simple et si parfait que je lui passe ses quelques menus défauts pour ne retenir que ce plaisir suprême de conter.
Et d'un point de vue plastique, c'est sûrement avec Tennessee's partner ce que j'ai vu de plus beau sur un écran dans le cadre du genre :P
Dave Bannion
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Post by Dave Bannion »

Beule wrote:
Dave Bannion wrote:

Il ne m'a pas laissé un souvenir aussi fulgurant que Silver Lode
mais c'est un western tout à fait plaisant (comme bcp de films de Dwan : un autre cinéaste à redécouvrir)
Ah il n'y a pas moins fulgurant que cette histoire de rédemption portée par une ferveur quasi mystique contée sur un rythme apaisé, c'est certain, et il est de ce fait difficile d'imaginer joyaux plus opposés que Silver Lode et Passion.
Passion n'est sans doute pas un film parfait, car un peu trop linéaire dans sa seconde partie -et en outre quelque peu pénalisé par quelques raccords de studios douteux lors de la fameuse poursuite en montagne- mais il offre dans sa première partie, une image du bonheur si simple et si parfait que je lui passe ses quelques menus défauts pour ne retenir que ce plaisir suprême de conter.
Et d'un point de vue plastique, c'est sûrement avec Tennessee's partner ce que j'ai vu de plus beau sur un écran dans le cadre du genre :P
Toute la série produite par Bogeaus et photographié par Alton est extra :
tu aurai pu citer Slighty scarlett (superbe film noir en couleur !!), la reine de la prairie (très joli western avec R Reagan) et les rubis du prince birman (film d'aventure très Kitsch..).

J'ai découvert Silver Lode, il y a qq années après une présentation faîte par Scorsese ds son doc sur le cinéma américain : j'avais le film depuis qq temps et je ne l'avais jamais regardé.
Scorsese a décortiqué le film et en particulier le réglement de comptes final et ca m'a scotché tout comme sa manière de replacer le film ds le contexte de l'époque.
Le film est aujourd'hui un de mes westerns de chevet
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Beule
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Post by Beule »

Légère déception que la découverte des Rubis du Prince Birman, la première dans le cycle des collaborations Dwan-Bogeaus en ce qui me concerne.

Pour une fois l'économie de moyen et génie plastique du cinéaste et de ses collaborateurs géniaux (Alton et Polglase) ne transcende pas vraiment le matériau narratif assez basique. Force est même de constater que la recréation de cette jungle peu luxuriante n'evite pas l'artifice kitsch et que certaines associations de couleurs suscitent parfois un rejet visuel assez brutal (particulièrement en ce qui concerne le maquillage particulièrement outrancier de Barbara Stanwyck). Mais force est de constater aussi que la colorimétrie du DVD ne rend pas honneur à l'étalonnage de couleurs de l'artiste Alton.

Le charme de ces aventures exotiques nonchalantes n'est ni plus ni moins que celui de la série B d'alors, sans apport personnel ni plus-value d'auteur.
daniel gregg
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Post by daniel gregg »

"TORNADE" ("Passion") d'Alan Dwan en dvd zone 1 dans une copie honnete pour le prix(environ 4.5e),western flamboyant de ce veteran de Hollywood qui eut le bon gout de signer a la fin de sa carriere une serie ahurissante de chefs d'oeuvre chez RKO pour le producteur Benedict Bogeaus( dont "CATTLE QUEEN OF MONTANA", "SILVER LODE","TENNESSEE'S PARTNER ou encore "SLIGHTLY SCARLETT , extraordinaire film noir meconnu avec Rhonda Fleming et John Payne admirablement servis par la photo de John Alton)
Dans "TORNADE" les plans d'exterieurs comme d'interieurs sont autant de tableaux de peinture qui par le calme et la serenite qu'ils inspirent(la chambre au crepuscule avec la scene ou Wilde se penche sur le berceau est une des plus belle picturalement qu'il m'ait ete donne de voir dans un western et peut etre meme tout genre confondu) finissent par donner un "sens" a l'irrepressible soif de vengeance du heros.
Ce n'est qu' au terme d'une poursuite epique dans les superbes paysages de montagne magnifiquement mis en valeur par le technicolor de John Alton que la paix et la vie pourront reprendre leur cours apres que Cornel Wilde retrouve une signification a sa vie en apprenant in extremis que son fils avait survecu a la tuerie de sa famille.
Ce film dure 85 minutes et meriterait de durer deux fois plus de temps au regard du plaisir et de la joie de vivre qu'il procure.(et puis aussi pour la beaute sauvage d'Yvonne de Carlo)
A noter , helas , l'absence de stf mais l'action se deroulant en Californie a l'epoque ou elle etait encore sous domination mexicaine, l'essentiel des interpretes parle un anglais tres detache et comprehensible, et puis il ne s'agit pas d'une "screw-ball comedy"!
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Beule
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Post by Beule »

daniel gregg wrote: Dans "TORNADE" les plans d'exterieurs comme d'interieurs sont autant de tableaux de peinture qui par le calme et la serenite qu'ils inspirent(la chambre au crepuscule avec la scene ou Wilde se penche sur le berceau est une des plus belle picturalement qu'il m'ait ete donne de voir dans un western et peut etre meme tout genre confondu) finissent par donner un "sens" a l'irrepressible soif de vengeance du heros.
Ce n'est qu' au terme d'une poursuite epique dans les superbes paysages de montagne magnifiquement mis en valeur par le technicolor de John Alton que la paix et la vie pourront reprendre leur cours apres que Cornel Wilde retrouve une signification a sa vie en apprenant in extremis que son fils avait survecu a la tuerie de sa famille.
8)
Je partage au caractère près cette déclaration enflammée à l'endroit de ce joyau inexplicablement sous-estimé et méconnu, qui plus qu'un récit d'aventures et de vendetta revêt avant tout la forme d'un poème élégiaque et tendre sur le bonheur perdu puis in fine reconstitué.

Encore que l'image du bonheur émanant du premier panneau du récit, celle préludant à la destruction de la cellule familiale, presque comme par accident au cours de ce que je considère peut-être comme plastiquement la plus belle et assurément la plus déchirante d'un strict point de vue émotionnel de toutes les nombreuses séquences de siège dont est parsemée l'histoire du western -Dwan semblant toujours, un peu à la manière de King, réfuter toute célébration de la violence, voire toute justification, fut-ce à des fins purement dramatiques- témoigne par sa plénitude et sa quiétude d'un acomplissement si parfait (tu vantais la ou les séquences dédiées au recueillement autour du berceau mais il faudrait aussi témoigner de cette autre admirable pause nocturne au terme de laquelle un Cornel Wilde fébrile et impatient ne peut masquer son empressement à rejoindre la chambre de sa promise et de son fils, comme l'attestent son regard intensément rivé sur la fenêtre éclairée et l'agitation nerveuse de ses doigts sur la main-courante de la terrasse) qu'il semble difficile d'imaginer, quel que soit l'optimisme dont est coutumier le cinéaste, qu'il puisse être reconstruit à l'identique. Et l'émotion au final de s'en trouver décuplée par ce constat implicite, au goût d'inachevé que procure l'illusion.

Redécouvert il y a deux ans grâce à la très correcte édition de VCI (qui semble néanmoins légèrement recadrée mais dans des proportions bien moins pénalisantes que pour Silver Lode sachant que Tennessee's partner est quant à lui proposée dans sa version 4/3 et non superscope, Passion est sans aucun doute avec les grands westerns d'Anthony Mann le western que je me suis projeté avec régularité en goûtant chaque fois à la même émotion sensorielle et picturale au cours de ces derniers mois. Et si ce n'était quelques raccords de studio qui brisent l'homogénéité plastique de cette oeuvre bricolée à partir de trois fois rien (c'est à propos de Tornade que Dwan met en avant le système de récupération et de pillage perpétré avec son chef décorateur Van Nest Polglase dans le cadre de ses entretiens avec Bogdanovich), particulièrement au cours des plans nocturnes de la poursuite finale, traitée par ailleurs en de savants et impressionnants travellings récurrents et inversés qui sont comme la marque de fabrique du cinéaste, je suis persuadé que l'oeuvre jouirait de toute la reconnaissance qu'elle mérite, celle de l'une des plus enthousiasmantes des séries B produites par la cité du cinéma.
james
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Post by james »

Beule wrote:
daniel gregg wrote: Dans "TORNADE" les plans d'exterieurs comme d'interieurs sont autant de tableaux de peinture qui par le calme et la serenite qu'ils inspirent(la chambre au crepuscule avec la scene ou Wilde se penche sur le berceau est une des plus belle picturalement qu'il m'ait ete donne de voir dans un western et peut etre meme tout genre confondu) finissent par donner un "sens" a l'irrepressible soif de vengeance du heros.
Ce n'est qu' au terme d'une poursuite epique dans les superbes paysages de montagne magnifiquement mis en valeur par le technicolor de John Alton que la paix et la vie pourront reprendre leur cours apres que Cornel Wilde retrouve une signification a sa vie en apprenant in extremis que son fils avait survecu a la tuerie de sa famille.
8)
Je partage au caractère près cette déclaration enflammée à l'endroit de ce joyau inexplicablement sous-estimé et méconnu, qui plus qu'un récit d'aventures et de vendetta revêt avant tout la forme d'un poème élégiaque et tendre sur le bonheur perdu puis in fine reconstitué.

Encore que l'image du bonheur émanant du premier panneau du récit, celle préludant à la destruction de la cellule familiale, presque comme par accident au cours de ce que je considère peut-être comme plastiquement la plus belle et assurément la plus déchirante d'un strict point de vue émotionnel de toutes les nombreuses séquences de siège dont est parsemée l'histoire du western -Dwan semblant toujours, un peu à la manière de King, réfuter toute célébration de la violence, voire toute justification, fut-ce à des fins purement dramatiques- témoigne par sa plénitude et sa quiétude d'un acomplissement si parfait (tu vantais la ou les séquences dédiées au recueillement autour du berceau mais il faudrait aussi témoigner de cette autre admirable pause nocturne au terme de laquelle un Cornel Wilde fébrile et impatient ne peut masquer son empressement à rejoindre la chambre de sa promise et de son fils, comme l'attestent son regard intensément rivé sur la fenêtre éclairée et l'agitation nerveuse de ses doigts sur la main-courante de la terrasse) qu'il semble difficile d'imaginer, quel que soit l'optimisme dont est coutumier le cinéaste, qu'il puisse être reconstruit à l'identique. Et l'émotion au final de s'en trouver décuplée par ce constat implicite, au goût d'inachevé que procure l'illusion.

Redécouvert il y a deux ans grâce à la très correcte édition de VCI (qui semble néanmoins légèrement recadrée mais dans des proportions bien moins pénalisantes que pour Silver Lode sachant que Tennessee's partner est quant à lui proposée dans sa version 4/3 et non superscope, Passion est sans aucun doute avec les grands westerns d'Anthony Mann le western que je me suis projeté avec régularité en goûtant chaque fois à la même émotion sensorielle et picturale au cours de ces derniers mois. Et si ce n'était quelques raccords de studio qui brisent l'homogénéité plastique de cette oeuvre bricolée à partir de trois fois rien (c'est à propos de Tornade que Dwan met en avant le système de récupération et de pillage perpétré avec son chef décorateur Van Nest Polglase dans le cadre de ses entretiens avec Bogdanovich), particulièrement au cours des plans nocturnes de la poursuite finale, traitée par ailleurs en de savants et impressionnants travellings récurrents et inversés qui sont comme la marque de fabrique du cinéaste, je suis persuadé que l'oeuvre jouirait de toute la reconnaissance qu'elle mérite, celle de l'une des plus enthousiasmantes des séries B produites par la cité du cinéma.
Comme dise les americains"TORNADE" is good movies-B western :D :D
j'adore ce western.... :wink:
je suis fana de ce genre ciné,je recherche et propose.merci
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AtCloseRange
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Post by AtCloseRange »

Tornade - Allan Dwan
Encore une réussite que ce western méconnu de Dwan. Une petite série B bien sympathique qui va à l'essentiel avec de jolis moments de brillance (quelques scènes nocturnes brillamment photographiées par John Alton, un combat au couteau, une bagarre au milieu des chevaux, le final dans la montagne) et une interprétation convaincante, notamment de Cornel Wilde.
Nestor Almendros
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Post by Nestor Almendros »

QUATRE ETRANGES CAVALIERS d'Alan Dwan

Merci au Gentleman (qui se reconnaitra) de m'avoir proposé puis envoyé ce western diffusé il y a peu sur le câble. Ca m'aura en tout cas permis de découvrir ce réalisateur que je ne connaissais pas, et dont j'aimerais bien découvrir son IWO JIMA.

Si le scénario s'avère assez malin et prenant, notamment par certains retournements de situation ou par la vision d'une communauté versatile peinte avec insistance, j'ai en revanche été pas mal freiné par le jeu, parfois assez théatral, et les poses, qui font très "daté". Le film est une série B finalement originale mais qui est trop empreinte de ce cachet "produit de série" pour que je m'y intéresse totalement (j'ai du mal quand ça sent trop le film de "cinéma" :fiou: ). Je note toutefois des moyens très honnêtes, notamment avec les décors de la ville, dont certains travellings passant d'une rue à l'autre montrent que pour certains films, on y mettait les moyens.
Nestor Almendros
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Post by Nestor Almendros »

IWO JIMA d'Allan Dwan

Un film de guerre fort sympathique, et ce malgré la petite appréhension provoquée par la mise en place des personnages. Aucun lieu commun ne nous est épargné pour faciliter l'identification du spectateur aux différents types d'hommes rencontrés dans cette équipe, et surtout pas les romances de circonstance ou des scènes un peu mélo dans l'âme.
Mais le principal est là: on ressent assez bien le sentiment fraternel entre les différents membres de l'équipe.

Pour ce qui est des scènes de combat, le film n'a pas à rougir de la concurrence des grands classiques. Les reconstitutions sont efficaces, les explosions nombreuses et spectaculaires. Le gros plus, ce qui apporte un peu de réalisme à la reconstitution, c'est l'utilisation répétée d'images d'archives de l'armée. Ces archives, tournées sur les lieux-mêmes du combat (la plage d'Iwo Jima), à côté des combattants, presque par dessus leurs épaules, se révèlent très efficaces, surtout mêlées aux scènes dramatiques.
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Jeremy Fox
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Iwo Jima

Post by Jeremy Fox »

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1945. En pleine guerre du Pacifique, la vie quotidienne d’un commando de Marines stationné dans un camp en Nouvelle-Zélande. Ce groupe est placé sous les ordres du sergent Stryker, soldat implacable auquel s’oppose le fils d’un héros de la guerre qui a du mal à supporter sa dureté envers ses hommes.
Entre l’entraînement et les permissions, ces soldats devront participer à deux combats meurtriers : celui de l’île de Tarawa et surtout la prise du mont Suribachi sur l’île Iwo Jima, position stratégique devant servir de base avancée à l’aviation américaine chargée de pilonner le Japon au bord de la capitulation.


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Si le nom d’Iwo Jima ne dit plus grand chose à la plupart d’entre nous, tout le monde a du voir au moins une fois, sans savoir ce qu’elle représentait, la photo du journaliste Joe Rosenthal immortalisant la prise du mont Suribachi par six soldats plantant leur bannière au sommet. Ce cliché sera repris dans toute la presse et deviendra le symbole du courage des Marines (voir photo ci-contre). Cette scène de légende a été reconstituée par Allan Dwan pour la fin de son film. Trois des six soldats ayant mis le drapeau réitèreront leur geste quatre ans après la bataille mais cette fois devant les caméras du plus prolifique des réalisateurs hollywoodiens (pas moins de 250 films à son actif !)

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John Wayne, ayant déjà tourné dans quelques films de guerre, a peur de se laisser enfermer dans le rôle d’un dur à cuire et refuse tout d’abord le script qu’on lui propose jusqu’à ce que l’état-major des Marines révèle le véritable but du projet : ranimer la flamme de l’opinion publique et des politiques pour ce corps d’élite destiné à disparaître faute de financement. A leurs yeux, seul cet acteur est capable de pouvoir le faire grâce l’envergure qu’il a acquise au cours de cette décennie. Patriote jusqu’au bout des ongles, il accepte enfin à condition de pouvoir adjoindre au scénariste Harry Brown, James Edwart Grant, son ami, déjà réalisateur du très beau L’ange et le mauvais garçon et futur scénariste entre autres de Alamo. Il lui écrit des dialogues sur mesure et dans le même temps, l’armée américaine met à la disposition de l’équipe de tournage un véritable camp militaire, celui de Pendleton en Californie. Les lieux de tournage ressemblent à s’y méprendre à celles des îles du Pacifique où est censé se dérouler l’action. On en est franchement convaincu en ayant l’occasion de comparer les scènes tournées spécialement pour le film avec les documents d’archives. Saluons au passage le chef décorateur pour son étonnant travail de reconstitution qui permet de ne pas être choqué par l’intégration de ces images réelles.

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Ceux qui ne le connaissent pas, sachant que le film était destiné à faire la propagande de l’armée, auraient objectivement pu craindre un film de guerre belliciste, manichéen, béatement héroïque, surtout que John Wayne, de triste mémoire, avait tourné durant la seconde guerre mondiale des bandes aussi médiocres que Alerte aux Marines. Que ceux-ci soient rassurés puisqu’il s’agit au contraire, comme Les sacrifiés de John Ford, d’un excellent film de guerre, l’un des plus humains et des plus beaux réalisés à cette période. Le sujet ne paraîtra aujourd’hui pas très original mais c’est prendre le problème à l’envers. En effet, ce film aura été surtout copié par la suite et il s’agit au contraire d’une sorte de prototype tout à fait réussi de toute une flopée de films reprenant ce canevas. Aucune imagerie naïve, au contraire Dwan nous montre ici des hommes d’une humanité toute simple au repos comme au combat. L’autre élément qui fait de ce film une œuvre plus respectable que la moyenne est la vision des ennemis non caricaturale, ce qui n’était souvent pas le cas.

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Ayant commencé sa carrière au début du muet, le métier de Dwan est incontestable ; en témoigne ce film dont la réalisation est à la fois sobre et spectaculaire, les séquences d’actions étant aussi réussies que les scènes intimistes. Nous sommes heureux ne pas avoir à supporter un certain humour assez lourd, et pour tout dire pénible, que l’on trouve souvent dans ce genre de films y compris chez les plus grands à savoir Walsh ou Wellman. Les femmes ne sont pas ici des potiches mais au contraire des personnages foncièrement émouvants : Adèle Mara, dont on avait déjà remarqué le merveilleux visage dans Le réveil de la sorcière rouge, est ici totalement attachante ainsi que le personnage de mère aux abois que joue Julie Bishop. C’est elle qui redonnera du courage et le moral à Stryker, ce dernier ne s’estimant finalement pas si mal lotie après avoir rencontré cette femme qui, le temps d’être obligé de donner du bon temps aux soldats pour pouvoir survivre, doit enfermer son bébé dans la pièce à côté. Tout ceci est montré sans une once de misérabilisme ou de sentimentalisme outrancier mais au contraire avec beaucoup de sobriété et de sensibilité.

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Année faste pour John Wayne qui, après La charge héroïque, trouve une nouvelle fois un rôle très riche, celui d’un homme sévère porté sur la discipline. Les premières scènes d’entraînement des Marines avec en surimpression les gros plans sur son visage houspillant ses hommes pourraient faire croire à un personnage d’une seule pièce. Mais en réalité, Stryker cache une fêlure sous cette carapace de dur à cuire : il a raté sa vie privée car sa femme et son fils l’ont quitté et ne veulent plus lui donner de nouvelles. A la fin, ses hommes trouveront sur son cadavre, une lettre étant destinée à son garçon dans laquelle il lui dit : "Plus tu grandiras, mieux tu connaîtras ce qu’a été ma vie, et plus tu te rendras compte qu’elle n’a été qu’un échec sur bien des points." Homme finalement compréhensif, peu rancunier et à l’écoute de ses soldats qui noie régulièrement son chagrin dans l’alcool à chaque permission. Après une de ses cuites, on le voit surprendre une conversation dans laquelle deux de ses hommes parlent de leur croyance au coup de foudre et à l’amour : le visage de John Wayne est à ce moment bouleversé, sachant à cet instant qu’il est passé à côté de quelque chose de bien plus important que son métier. Ses méthodes radicales si décriées se révèleront quand même les bonnes lors de la bataille finale et ses hommes lui rendront alors un hommage un peu tardif. Ce personnage annonce celui de Richard Widmark dans Sergent la terreur de Richard Brooks mais surtout celui de Clint Eastwood dans Le maître de guerre.

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Le fils que Stryker a "perdu", il croit le retrouver dans la personne de Conway, joué par John Agar (le lieutenant Cohill de La charge héroïque). Mais, ce jeune homme sur lequel il voudrait porter son affection, au contraire le déteste, retrouvant dans sa personne tout ce qui lui déplaisait chez son héros paternel. Lors d’une scène mémorable, il lui jettera tous ses griefs en pleine figure devant le reste de ses camarades et la tristesse de Stryker se sentant mal aimé de ces hommes est à cet instant vraiment poignante. Il dira pourtant à l’un d’eux qui va être père "Déconseillez-lui de s’engager dans les Marines." Les autres soldats sont d’un caractère un peu typés, moins subtils, mais sans que jamais ce soit trop flagrant ni gênant. Au contraire, on aime retrouver le personnage du rigolo, celui du bagarreur, celui du vantard sans lesquels le film perdrait un peu de son charme suranné.

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Iwo Jima, en plus d’être empreint d’une grande sensibilité et d’un réel talent pour les scènes sentimentales, possède des séquences de combats vraiment impressionnantes d’efficacité et de modernités puisqu’elles annoncent par leur réalisme les films de guerre de Fuller, Aldrich, Milestone et Wellman, plus récemment Spielberg ou Oliver Stone. Dwan réalise une véritable prouesse technique peu envisageable de nos jours puisqu’il tournera ce film à gros budget en seulement deux mois. Les vétérans de la guerre vanteront d’ailleurs le réalisme du film assurant que les combats montrés à l’écran étaient identiques à ceux qu’ils avaient vécus : "Tout ceci avait l’air tellement vrai que j’ai été effrayé" dira même un héros de la bataille de Tarawa en voyant la reconstitution de la bataille. Peu d’actes d’héroïsme nous sont montrés mais la peur sur les visages, des affrontements durs et cruels, une boucherie que les hommes ont du mal à comprendre…Les séquences de débarquements ont la grandeur, la sobriété et la cruauté de la réalité. "Nos cœurs étaient jeunes et sans soucis", tel est le titre d’un article trouvé sur le corps d’un jeune soldat lors de son premier baptême du feu. Au milieu de ces scènes assez dures on trouve de très beaux moments comme celui de l’attente des soldats dans les tranchées, la nuit tombée : de superbes travellings latéraux viennent s’arrêter sur les visages angoissés de ces hommes qui ne doivent pas faire de bruit de peur d’un piège alors que des blessés les appellent à l’aide au milieu de ce silence nocturne. Considérant l’époque du film, il est important d’évoquer cette fin aussi inattendue dans laquelle on assiste à la mort brutale et sèche, sans aucun héroïsme, du personnage principal ; une mort ridicule comme peut l’être la guerre.

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Iwo Jima est l’un des films les plus rentables du studio et rentre dans le top ten pour l’année 1950. En France et dans le monde le succès sera aussi au rendez-vous. Le film vaut à Wayne une nomination à l’oscar tout à fait mérité mais il sera battu par Broderick Crawford dans Les fous du roi de Robert Rossen, film que Wayne avait d’ailleurs refusé en désaccord avec les idées qu’il véhiculait ! Devant l’enthousiasme du public, les producteurs décident d’en faire une suite qui ne verra jamais le jour mais l’idée de départ donnera le médiocre Diables de Guadalcanal de Nicholas Ray. Dwan était très fier de son film qui était un de ses préférés et déclarait à son propos : "J’ai voulu montrer les vrais sentiments des Marines durant la guerre du Pacifique." Il avait raison de l’être puisque son film sera autant apprécié par les critiques que par le grand public y compris les Marines.
bruce randylan
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Post by bruce randylan »

Doublet Allan Dwan que je ne connaissais qu'avec Iwo Jima et dont il me tardait d'en voir davantage

Le mariage est pour demain ( 1955 )
trés beau film doté de personnages fouillés et attachants y compris féminin.
Pas ou peu d'action et de rebondissement, l'important étant mis sur les relations entre John Payne et Ronald Reagan ( trés à l'aise dans le rôle, c'est une agréable surprise ). On est plus dans l'ordre de l'humanité que de la psychologie ce qui évite d'ailleurs allourdir ce film plutot frais avec des couleurs resplendissantes.
Celà dit Dwan emballe les scènes de bastons avec beaucoup de talent comme le combat final magnifiquement bien cadré et usant avec brio des décors naturels.
Bref, une belle histoire d'amitié avec suffisament de fond et de soin apporté aux intrigues secondaires ( la poussée de folie des villageois ) pour passer un excellent moment.

4 étranges cavaliers ( 1954 )
C'est presque l'inverse du précédent :
Du rythme, de l'action mais un gros zéro pointé pour les personnages.
Ca m'a même gaché beaucoup le visionnage.
De mémoire, ça fait longtemps que je n'avais pas vu de héros aussi crétin que celui-ci qui accumule les abbérations, les choix illogiques et les actions stupides.... et ce n'est certainement pas une volonté des scénéaristes ou des réalisateurs mais une impasse voire un aveu de faiblesse.
On sent qu'ils avaient trouvé uné idée en or ( c'est le cas ) mais plutot que de se creuser la tête pour peaufiner le récit, ils ont sauté à pied joint dans les facilités et les raccourcis gênant. De même l'histoire se déroulant presque en temps réel aurait mérité d'être diluée un peu afin de donner autrement plus de poids à la folie collective.
Et là où c'est frustrant c'est que la mise en scène est exemplaire avec comme je le disais au début un rythme infernal qui ne laisse à personne le temps de reprendre son souffle. Ce film est une pure course, une fuite en avant trépidante à la réalisation carrée et efficace au possible ( le gun-fight entre les tables du pic-nic :shock: )

Accessoirement, c'est vers la fin que j'ai reconnu que film était l'un des western qu'évoquait Scorsese dans son doc sur le ciné US et dont les quelques plans montrés ( dont l'incroyable travelling sur le fugitif progessant dans la ville ) m'avait fait fantasmé longtemps après que j'eusse oublié le nom du film en question.
Ca compense un peu la relative deception.

EDIT: posté le 7 mai 2006

Iwo Jima

Honorable film de guerre dont le gros avantage est de ne pas verser dans la propagande et le spot de pub de l'armée.
On trouve justement quelques trés belles séquences anti-héroique au possible ( le travelling sur les visages des soldats entendant les cris de leur ami dans le No Man's land ). Et puis la scène finale et la mort de "..." est traité avec une incroyable sobriété.

Dommage que les acteurs ne soit pas à la hauteur. L'intéprétation est le gros défaut du film. Reste quand même un John Wayne plus humain qu'à l'accoutumé dont le visage dit plus que les paroles.
Regret aussi sur le scenario et la psychologie qui n'ont rien d'originaux ni de transcendants.

Une deception également comporte le mélange de scènes de batailles reconstitués et d'images issus d'archives du front qui ne se mélangent pas parfaitement.
Reste que ces images d'archives apportent un touche un peu documentaire non négligeable ( un apport du producteur Merian C Cooper ? ).
En parlant des scènes de batailles, certain plans large sont également trés spectaculaire.

Voilà, agréable moment mais qui décoit dans son manque de rigueur du réalisateur Allan Dwan ( mon 1er film que je dois voir de lui en passant ) : parfois juste et maitrisé et d'autres quasiment baclé et paraisseuse ( celle sous les tentes des GI ).
"celui qui n'est pas occupé à naître est occupé à mourir"
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Jeremy Fox
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Post by Jeremy Fox »

Frontier Marshall de Allan Dwan (1939)

L'éclosion de Tombstone suite à la découverte de l'or dans les montagnes alentour, l'arrivée d'un certain Wyatt Earp qui devient le Marshall de la ville, son amitié avec Doc Holiday que deux femmes se disputent et un règlement de compte à OK Corral. Vision totalement fantaisiste de tous ces faits historiques mais ça ne serait pas bien grave si le film nous avait tenu en haleine ; ce qui n'est pas franchement le cas tellement le scénariste, voulant faire le plus mouvementé possible en un minimum de temps (70 minutes), part dans tous les sens en oubliant de nous rendre attachant les personnages qui composent son histoire. Allan Dwan possède certes du métier et nous délivre de nombreuses séquences bien troussées mais il n'arrive pas plus que ça à rehausser son scénario. Les nombreux seconds rôles sont eux aussi sacrifiés à l'action. Dommage car Randolph Scott et surtout Cesar Romero (étonnante ressemblance physique à de nombreuses reprises avec le Holliday de Kirk Douglas) s'en tirent plutôt très bien. Logique donc que ce film pourtant signé Dwan soit passé inaperçu au milieu de tous les chefs-d'oeuvre du genre sorti cette même année 1939, faste pour le western. Certainement le film le moins intéressant mettant en scène Wyatt Earp.

Frontier Marshall se trouve en bonus sur la nouvelle édition zone 1 du DVD My Darling Clementine. Belle copie, compression plus qu'honnête ; très bonne surprise donc pour ceux qui voudraient le découvrir. Présence de sous titres français mais malheureusement traduits à l'arraché : Pierre Tombale pour Tombstone, ça le fait moyennement. Et le reste est à l'avenant.
bruce randylan
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Re: Les Westerns (Part 2) !!

Post by bruce randylan »

La reine des prairies ( Allan Dwan - 1954 )

Le cas d'Allan Dwan me laisse pour le moment perplexe.
D'un coté, il y a un réalisateur vraiment talentueux avec un rare sens du cadre qui offre toujours des compositions de plans sublimes avec des couleurs bien utilisés tout en se montrant efficace et nerveux quand il faut.
De même il parvient souvent à décrire des personnages simples, attachants avec notamment des portraits de femmes plus riches que dans la plupart des western.

Mais d'un autre coté, "ses" scénarios me semblent à chaque fois à la ramasse, bourrés de situations invraisemblables, de raccourcis narratifs gênant et d'une cohérence psychologique très faiblarde.
C'est encore le cas ici avec le personnage de Ronald Reagan qui passe son temps à se trouver au bon endroit et au bout moment de manière agaçante. Je ne parle même pas du personnage en lui-même dont on connait jamais les raisons qu'il le pousse à agir.
Ce genre de facilités finissent par lasser et il devient alors bien dur de se contenter des (très ) belles images et du rôle de Barbara Stanwyck.

Après, je n'ai finalement vu que très peu des films du réalisateur ( l'inégal Iwo Jima, le frustrant 4 étranges cavaliers et le sympathique et humain Le mariage est pour demain ) et j'aimerai vraiment découvrir ses films des années 30 et 40 pour voir si mon blocage vient de lui ou des années 50 ( les Walsh, Curtiz ou Hawks sont assez mineurs sur cette décennie ). J'ai bien encore Tornade sous la main mais il date lui aussi de 1954 :|

EDIT: posté le 24 juillet 2008

Tornade ( Allan Dwan - 1954 )
J'exprimais juste au dessu mes réserves sur le Dwan des années 50 mais cette autre production RKO vient heureusement rééquilibrer la balance.
C'est un très joli film qui, s'il ne manque pas de défaut, fonctionne pour sa réalisation simple, efficace, uniquement au service de son histoire et de ses personnages. L'intrigue, sur une sempiternelle affaire de vengeance ( il y a de quoi avoir les boules le héros quand même ), transforme son gentil héros initial en un meurtrier violent et sombre prêt à tout pour avoir ses victimes. Comme l'interprétation est à la hauteur ( sans se fouler non plus ) et surtout que la photo du grand john Alton fait une nouvelle fois des miracles ( quel final ! ), on passe un bon moment.
Après, comme je le disais, ça n'écarte pas tous les défauts comme un Yvonne de Carlo en sœur jumelle certes mignonne(s) mais finalement inutile et à la psychologie un peu limite. Même chose pour quelques facilités dans le scénario mais c'est moins gênant que dans la reine de la prairie
"celui qui n'est pas occupé à naître est occupé à mourir"
bruce randylan
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Re: Le cinéma muet et vous ?

Post by bruce randylan »

Robin des bois ( Allan Dwan - 1922 )

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Enorme superproduction à l'époque ( budget imposant, plus grand décor de l'époque du muet etc... ), voilà une version tout a fait réussi grâce au talent de Allan Dwan et son soin des compositions. Qu'on soit dans dans l'immense château de du roi Richard ou dans une vraie forêt en extérieur, la caméra sait toujours mettre en valeur la direction artistique et l'argent investi.
130 minutes de plans toujours cadrés et éclairés avec un soin d'orfèvre, c'est un vrai livre d'images que nous offre le réalisateur. Rien que l'aspect visuel permet de ne jamais trouver le temps long.
De plus l'histoire est raconté de manière assez inhabituelle avec la moitié du films situé avant l'arrivée de Robin des bois et toute la partie sur la transformation de Huntingdon en Robin des bois est tout simplement zappé :o
Du coup, l'intrigue réserve un certains nombres de surprises et les passages incontournables des futures adaptations à venir sont ici absents... Et c'est tant mieux...

Seul bémol : l'interprétation qui a prix un gros coup de vieux. Même Douglas Fairbanks semble hors sujet et n'insuffle pas assez de son énergie habituelle. Celà dit le film est peu avare en action mais ça n'est pas un reproche.

Pour le DVD Bach Films, c'est de qualité plus qu'acceptable comme souvent avec les muets américains. Reste que les intertitres en français sur fond-noir et la musique bricolée avec plus ou moins de bonheur fait toujours tâche. En bonus, on retrouve un court sympatoche et forcement moralisateur de D.W. Griffith : le dilemne du voleur ( 1915 )
"celui qui n'est pas occupé à naître est occupé à mourir"