Cinéma muet français

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés avant 1980.

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Rashomon
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Re: Cinéma muet français

Post by Rashomon »

Alexandre Angel wrote:
Rashomon wrote:Le problème est que le public français, qui se dit par ailleurs le plus cinéphile du monde, n'aime pas le muet.
C'est vrai mais l'aime-t-on plus ailleurs?
Je ne sais pas mais au moins y est-il (relativement) plus facile d'accès. Et cela inclut le muet français.
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Ann Harding
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Re: Cinéma muet français

Post by Ann Harding »

damdouss wrote:
Ann Harding wrote:Image
Je viens de revisiter Tih Minh (1918, Louis Feuillade) sur mon blog.
J'espère Ann que tu pourras peut-être procéder auprès de Gaumont afin de voir la sortie de ce Louis Feuillade en dvd (quitte à ce que ce soit dans la série dvd à la demande à moindre coût !). Beaucoup de cinéphiles attendent des sorties de Judex et Tih Minh en France ! (négliger des sorties de films de Feuillade en France c'est comme négliger Griffith aux USA nom de nom : impensable...)
Je n'ai pas de pouvoir sur les décisions de Gaumont. Si vous recherchez dans les discussions avec Jérôme Soulet, vous verrez qu'il dit avoir renoncé à un troisième coffret "Gaumont Cinéma Premier" qui devait contenir Tih Minh et Vendémiaire car ils n'étaient pas viables financièrement. Pour Judex, vous pouvez acheter le coffret Flicker Alley aux USA qui offre une superbe partition signée Robert Israel.
Rashomon
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Re: Cinéma muet français

Post by Rashomon »

J'ai conscience de me répéter mais pourquoi faut-il encore en passer par Gaumont pour éditer/voir les films de Feuillade, quatre-vingt-seize ans après la mort de celui-ci? Pourquoi ne tombent-ils pas dans le domaine public, ce qui permettrait des éditions "pirate" sans doute de mauvaise qualité, mais qui auraient au moins le mérite d'exister?
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Alexandre Angel
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Re: Cinéma muet français

Post by Alexandre Angel »

Ann Harding wrote: Si vous recherchez dans les discussions avec Jérôme Soulet, vous verrez qu'il dit avoir renoncé à un troisième coffret "Gaumont Cinéma Premier" qui devait contenir Tih Minh et Vendémiaire car ils n'étaient pas viables financièrement.
J'ai un ami qui le guettait avec impatience celui-là. C'est dommage.
damdouss
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Re: Cinéma muet français

Post by damdouss »

Ann Harding wrote:
damdouss wrote:
J'espère Ann que tu pourras peut-être procéder auprès de Gaumont afin de voir la sortie de ce Louis Feuillade en dvd (quitte à ce que ce soit dans la série dvd à la demande à moindre coût !). Beaucoup de cinéphiles attendent des sorties de Judex et Tih Minh en France ! (négliger des sorties de films de Feuillade en France c'est comme négliger Griffith aux USA nom de nom : impensable...)
Je n'ai pas de pouvoir sur les décisions de Gaumont. Si vous recherchez dans les discussions avec Jérôme Soulet, vous verrez qu'il dit avoir renoncé à un troisième coffret "Gaumont Cinéma Premier" qui devait contenir Tih Minh et Vendémiaire car ils n'étaient pas viables financièrement. Pour Judex, vous pouvez acheter le coffret Flicker Alley aux USA qui offre une superbe partition signée Robert Israel.
On ne demande pas non plus un troisième coffret cinéma premier, juste une sortie de Tih Minh en dvd ce qui dans leur collection à la demande est un risque quasi inexistant ! De plus le Flicker Alley est un de leur rare coffret en zone 1 (donc illisible pour ceux qui n'ont pas de lecteur multizone) et chose impardonnable les intertitres sont en anglais. Je signalais d'ailleurs ce même problème sur le Napoléon de Gance qui faute de droit sur les intertitres est sorti en anglais outre manche. On attend donc aussi avec impatience la version restaurée de la cinémathèque française qui offrirait enfin la première sortie avec intertitres originaux en français, ce qui est la moindre des choses pour ces films de patrimoine...
bruce randylan
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Re: Cinéma muet français

Post by bruce randylan »

Rashomon wrote:
Alexandre Angel wrote: C'est vrai mais l'aime-t-on plus ailleurs?
Je ne sais pas mais au moins y est-il (relativement) plus facile d'accès. Et cela inclut le muet français.
Beaucoup de choses sortent aux USA tout simplement parce qu'il y a plus d'habitants donc plus de cinéphiles intéressés par le muet. C'est ce que nous expliquait Serge Bromberg : une sortie en Zone 1 / Zone A a plus de chance d'être amortie que chez nous.

Mais c'est dommage que Gaumont/Pathé & cie ne cherchent du coup d'autres moyens de diffusion comme un abonnement streaming/VOD par exemple. Je déteste le dématérialisé mais faut être réaliste, ce genre de sérial (Tao pour rester sur un titre évoqué récemment) est encore plus hardcore que la simple "niche".
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The Eye Of Doom
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Re: Cinéma muet français

Post by The Eye Of Doom »

bruce randylan wrote:
Beaucoup de choses sortent aux USA tout simplement parce qu'il y a plus d'habitants donc plus de cinéphiles intéressés par le muet. C'est ce que nous expliquait Serge Bromberg : une sortie en Zone 1 / Zone A a plus de chance d'être amortie que chez nous.
Pourquoi les films ne sortent il pas All zones ?
Ces histoires de zones et droits (de traduction) divers paraissent l'héritage d'un autre temps.

J'ai fini par acheter un lecteur Sony zone À lors de mon dernier voyage au US pour ne plus être emmerdé par ces conneries. Et je suis en train de découvrir Feu Mathias Pascal dans une belle édition Blu-ray...
bruce randylan
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Re: Cinéma muet français

Post by bruce randylan »

The Eye Of Doom wrote: Pourquoi les films ne sortent il pas All zones ?
Ces histoires de zones et droits (de traduction) divers paraissent l'héritage d'un autre temps.

J'ai fini par acheter un lecteur Sony zone À lors de mon dernier voyage au US pour ne plus être emmerdé par ces conneries. Et je suis en train de découvrir Feu Mathias Pascal dans une belle édition Blu-ray...
Ah ça, c'est clair que c'est une plaie le zonage, c'était le gros avantage du HD-DVD quand même. :cry:

Et puisqu'on parle de cinéma muet français :

Sous l'oeil de Bouddha (André Joyeux - 1923) est un moyen métrage réalisé par un semi-professionnel originellement peintre et qui voulait faire découvrir les coutumes annamites locales. On sent ainsi une vraie authenticité dans les costumes, les décors, les accessoires et le choix des comédiens qui sont tous amateurs. Cette volonté de coller au folklore de la région permis ainsi au film d'éviter de tomber dans les travers du colonialisme et du paternalisme avec une histoire classique d'amour impossible (finalement universel), tributaire des jeux de pouvoir.
Le souci, c'est qu'on devine bien que l'équipe du film n'a beaucoup d'expérience dans le cinéma. Le scénario est mal construit, les personnages souvent vides, l'arrière-fond politique incompréhensible et des acteurs inexpressifs qui semblent attendre le prochain bus un jour de grève... un carton nous indique au début que c'est une spécificité des habitants de ne pas exprimer leurs sentiments. Mouais, un jeu neutre ne veut pas dire une absence totale d’interprétation.
Il ne reste donc que ce désir initial de capter un pays sans exotisme de pacotille et un certain savoir-faire pour la composition des plans.
Une curiosité extrêmement rare mais guère plus.

Un court-métrage de 15 minutes en avant programme était plus intéressant : Gosses d’Indochine (Joseph Braun - 1936), un documentaire qui commence comme une succession de cartes postales mais qui dévie très rapidement vers une semi-fiction entre une mini bataille entre enfants, malicieusement racontée avec un vrai sens du pastiche à la limite de l'auto-parodie. Braun a l'air de s'amuser autant que les enfants, ravi de sortir de la brochure touristique formatée.
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Ann Harding
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Re: Cinéma muet français

Post by Ann Harding »

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La suite des aventures de Tao (1923, G. Ravel)
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Re: Cinéma muet français

Post by Ann Harding »

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La fin de Tih Minh (1918).
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Re: Cinéma muet français

Post by Ann Harding »

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Et la fin de Tao (1923, G. Ravel)
bruce randylan
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Re: Cinéma muet français

Post by bruce randylan »

La bataille (Edouard-Emile Violet et Sessue Hayakawa - 1923)

Pour faire plaisir à son mari, un officier militaire souvent en déplacement à l’étranger, une femme japonaise s'ouvre à la culture occidentale. Son époux pense en effet qu'avec une guerre sur le point d'éclater, il est important de se moderniser que ce soit soit au niveau des moeurs ou de la technologie.

Un film rare, très peu montré depuis sa restauration il y a 25 ans et dont les informations sur sa fabrication manquent. On se sait pas trop comment Sessue Hayakawa et son épouse Tsuru Aoki se sont retrouvés sur ce film français et quelle part Hayakawa a pris dans sa réalisation (qui reste sa seule mise en scène avec un film japonais de 1932).

On peut sans doute avancer que lui et sa femme ont permis d'avoir un regard beaucoup plus juste sur leurs personnage et dans un scénario qui évite bons nombres de clichés des films ayant traits au Japon et à l'orient de manière générale. Ce qui frappe tout d'abord c'est non seulement la remarquable qualité de l’interprétation mais la justesse de la psychologie. Il y a une réelle attention portée à la construction des personnages qui sont la dynamique même du récit et qui en définissent le rythme de chaque scène.
Ainsi même si la réalisation est assez classique, sans trop d'effets et frôle les deux heures sans qu'il ne se passe forcément grand chose, la bataille passionne constamment.
La photographie fait tout de même preuve de soin comme en témoigne la séquence très sophistiquée où Sessue Hayakawa surprend sa femme au piano à côté d'un occidental. Baignant dans une obscurité enveloppante, seul les visages semblent émerger de la nuit, ce qui participe à rester concentrer sur les regards, les gestes, les attitudes et les nuances d'expressions.
Fernand Delattre, un collectionneur rigoureux, aida aussi à instaurer un climat d'authenticité dans le mobilier, les costumes et l'aménagement des décors, ce qui rend d'autant plus crédible et immersif ce très beau drame qui devient vraiment poignant dans sa seconde moitié d'une grande force émotionnelle et qui tourne le dos au manichéisme.

La sobriété et la retenue de son interprétation comme de sa direction artistique en font une œuvre indémodable toujours aussi touchante et humaine.
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Re: Cinéma muet français

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Une critique de La femme rêvée (1928, Jean Durand) sur mon blog.
bruce randylan
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Re: Cinéma muet français

Post by bruce randylan »

De retour à la Cinémathèque avec un cycle consacré aux films de l'année 1918.

Marion Delorme (Henry Krauss - 1918)
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Après le Chemineau, deuxième découverte de Krauss cinéaste pour cette adaptation de Victor Hugo un peu ampoulée.
Il y a quelques grosses tares dont la plus incontestable est le choix de Nelly Cormon pour le rôle titre qui semble au moins deux fois plus âgée que son personnage. A partir de là, ça décrédibilise pas mal l'histoire qui souffre de manière générale d'une interprétation balourde, comme si le film avait quasiment été tourné 10 ans de plutôt.
J'ai donc eu pas mal de difficulté à me concentrer pour rentrer dans cette histoire au romantisme désuet qui manque de vie, de lyrisme et dont les personnages restent transparents.
Le style est généralement académique avec beaucoup de plans filmés frontalement. Mais de temps en temps, il y a de belles compositions de plans avec en particulier tout ce qui se prête à l'architecture médiévale. Krauss sait vraiment mettre en valeur les sites historiques où se déroulent les scènes comme les différents châteaux ou les vieilles ruelles typiques. Même constat pour les intérieurs, où des passages assez plats laissent place à des moments plus soignés où l'on songe beaucoup à la peinture flamande.

A première vue, j'ai envie de dire que Krauss est plus à l'aise dans la peinture sociale que le mélodrame historique.
Last edited by bruce randylan on 19 Apr 18, 09:39, edited 1 time in total.
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Re: Cinéma muet français

Post by aelita »

J'ai pensé aussi à la peinture flamande (Vermeer et Rembrandt) en voyant certains plans (en intérieur). J'ai même pensé que c'était une influence directe : le sol carrelé, les fenêtres à petits carreaux, certains costumes, et même la composition des plans en question.
Pour le reste, le jeu des acteurs était parfois (mais pas toujours) outré ou du moins manquant de naturel (enfin, pourvu des défauts qu'on attribue souvent -parfois à tort- aux acteurs du muet); L'histoire est typique du mélodrame romantique (ou assimilé). Le plus gros défaut, de ce côté, c'est la brièveté du film (1h) , si toutefois celui-ci est complet.
Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ? (pensée shadok)