Fritz Lang : rétrospective personnelle

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés avant 1980.

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Roy Neary
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Re: Fritz Lang : rétrospective personnelle

Post by Roy Neary »

Rien à voir avec votre discussion, mais voici une mini-chronique classikienne consacrée aux Pionniers de la Western Union. :)
Couplée à une petite analyse du film Arizona de Wesley Ruggles, cette mini-chronique sera peut-être propice à un autre débat.

:arrow: Arizona / Les Pionniers de la Western Union
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Julien Léonard
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Re: Fritz Lang : rétrospective personnelle

Post by Julien Léonard »

Beau travail ! :D

Arizona m'intéresse. Par contre, je n'ai jamais été fan du Lang... J'avoue rester de marbre en règle générale devant ses 3 westerns. Pas fait exprès. :oops:
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O'Malley
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Re: Fritz Lang : rétrospective personnelle

Post by O'Malley »

Coeurs en exil (1921)
Contrairement aux autres Fritz Lang de jeunesse découverts précédemment au Cinéma de Minuit, ce film là est une belle découverte. Le film déploie un rythme trépidant qui fait passer les 80mm de métrage comme une lettre à la poste! Les acteurs jouent avec bcp de naturel (on est loin de l'emphase de Metropolis) et surtout le scénario est excellent et superbement mis en image par Lang. L'histoire de cette oie blanche qui évolue dans un univers de ripoux, où les hautes sphères de la société n'ont rien à envier aux pires voyoux des Bas-Fonds et, même, forme avec elle une seule et même société avec est d'une noirceur jouissive et révèle déjà un Fritz Lang très pessimiste sur la nature humaine.
Et puis le film comporte, il me semble, l'un des tous premiers flash-backs (le premier?) à points de vue multiples avec la séquence de la chambre. A ce titre, Coeurs en exil pourrait marquer un jalon dans la constitution de la grammaire cinématographique.
Une réussite.
bruce randylan
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Re: Fritz Lang : rétrospective personnelle

Post by bruce randylan »

O'Malley wrote: Et puis le film comporte, il me semble, l'un des tous premiers flash-backs (le premier?) à points de vue multiples avec la séquence de la chambre. A ce titre, Coeurs en exil pourrait marquer un jalon dans la constitution de la grammaire cinématographique.
Une réussite.
On en trouvait un déjà dans l'étrange aventures de l'ingénieux Lebel de Viktor Sjostrom en 1916.

Pour le Fritz lang, c'était bien mieux que les autres muets de Lang que Brion a diffusait récément mais je n'ai pas accroché plus que ça à l'histoire. Bon il faut dire que j'étais particulièrement fatigué.
Mais il est vrai que les acteurs sont bons et qu'on sent bien plus la présence de Lang dans l'utilisation des décors, de la profondeur de champ ou la composition des cadres. Après je trouve dommage que l'ambiance "film noir" glisse vers le mélodrame.
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nobody smith
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Re: Fritz Lang : rétrospective personnelle

Post by nobody smith »

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Harakiri constitut ma première véritable déception de la part de Fritz Lang. C’est dommage puisque j’étais ravi à l’idée de voir Lang se frotter à la culture japonaise. D’autant plus intéressant par rapport à ma lecture de l’encyclopédie du cinéma asiatique. Dans l’intro au cinéma japonais, Frédéric Sanchez présente une industrie cinématographique du début du XXème siècle privilégiant une mise en scène lente, sans trop de plans, axé sur le quotidien ou l’histoire du pays. Ça n’est qu’aux environs des années 20 que celle-ci commencera a adopté des méthodes plus occidentales. A l’orée de cette évolution, l’approche de Lang s’avérait encore plus passionnante à mes yeux. Au bout du compte, c’est le principal grief que je ferais au film. Sa vision du sujet est tellement occidentale qu’on ne sent pratiquement aucune implication dans le contexte japonais. Il aurait pourtant bien fallu ça pour cette histoire dramaturgiquement forte mais au déroulement laborieux et où Lang ne fait guère d’éclat au niveau de la mise en scène. Un trop petit film pour de trop grandes espérances.
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Julien Léonard
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Re: Fritz Lang : rétrospective personnelle

Post by Julien Léonard »

M le maudit (M) - Réalisé par Fritz Lang / 1931 :

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Un film dont je ne me lasse pas. Tout a déjà été dit, mais c'est fou de voir sa modernité, avec l'utilisation du son, les prises de vues dans les rues, le montage alterné (brillante séquence mettant en parallèle réunion de la police / réunion de gangsters)... L'aspect quasi-naturaliste du film lui vaut une atmosphère unique en son genre. M le maudit est davantage un film sur l'Allemagne du début des années 30 (la montée du nazisme, la crise sociale encore largement présente) qu'un film sur un tueur psychologiquement instable (même si cet aspect demeure le fil conducteur de l'intrigue, ne l'oublions pas). On y voit les enfants jouer dans les rues, les mendiants, les sorties d'école, les descentes de police... On a vraiment l'impression de "savourer" (si j'ose dire) l'Allemagne de l'époque. En dehors de cela, le scénario est implacable, les rebondissements nerveux (quel suspense également !) et les acteurs tous intéressants. Évidemment se détache du lot un Peter Lorre grandiose, incarnation éternelle de ce tueur d'enfants si complexe. Le monologue final, au sein d'une assemblée composée par la lie de la société, est d'une pertinence et d'une emphase toutes deux exceptionnelles. Mais ce n'est pas l'unique scène d'anthologie, puisque l'on trouve aussi la première scène de meurtre (à l'audace formelle impressionnante, pour l'époque), l'arrestation de gangsters dans un club clandestin, la recherche du criminel dans l'immeuble d'affaires... Entre le ventripotent commissaire Lohmann, symbolisant une police un peu dépassée par les évènements en dépit de techniques méticuleuses, et Schränker, chef d'une pègre en colère et parfaitement organisée, le film s'avère une passionnante enquête. Moderne, racé, puissant, esthétique (la photographie, entres autres choses) et sans fioriture. Pas une seule seconde d'ennui, pas une seule seconde de perdue. Un film immense.
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someone1600
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Re: Fritz Lang : rétrospective personnelle

Post by someone1600 »

Je suis vraiment décu alors qu'il y a 10 min, j'etais tres enthousiamé quand j'ai vu que la version restauré de Metropolis etait au programme du festival Fantasia a Montreal, et que je me disais que j'aurais enfin la chance de pouvoir découvrir un classique sur grand écran.

Mais voila, c'est le 28 juillet et je vais travailler ce jour-la... arf... faut que je trouve un moyen d'y aller.

http://www.fantasiafestival.com/2010/fr ... .php?id=95
frmwa
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Re: Fritz Lang : rétrospective personnelle

Post by frmwa »

Je suis également en train de passer en revue les oeuvres les plus accessibles de Fritz Lang. Pas de doute que M compte parmi les grands films de l'histoire du cinéma, par sa rigueur et sa fluidité. Et par la modernité de la forme comme du propos. Une vraie leçon de cinéma - mais sans ennui - pour des générations.
Je ne partage pas la détestation pour le diptyque indien où l'on retrouve le goût de Lang pour les architectures, dans la continuité de Metropolis, des Nibelungen. Ça a dû lui faire plaisir de tourner dans de vrais palais. Sinon pour la trame même, c'est un remake d'un film à succès sorti en 1938 sur la base d'un scénario de son ex-femme Thea von Harbou qui est devenue nazie. Donc c'est la vision du monde et des mondes exotiques qu'on avait à l'époque, qu'on retrouve aussi dans der Müde Tod, mais avec distanciation et dans les BD de Hergé, qui s'est beaucoup inspiré de Frau im Mond pour son diptyque "Objectif Lune" "On a marché sur la lune", bien plus tardifs que le film.
L'étendard est immobile, pas un souffle de vent.
C'est le cœur de l'homme qui est en tourment.
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Profondo Rosso
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Re: Fritz Lang : rétrospective personnelle

Post by Profondo Rosso »

Le Retour de Frank James (1940)

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Afin de venger la mort de son frère Jesse, James part à la recherche des deux frères Ford. James sera aidé par son neveu Clément et également par une jeune journaliste Eleanor Stone...

Suite à l'immense succès du Brigand bien-aimé l'année précédente, une suite est immédiatement lancée par la Fox. Henry Fonda, Frank James taciturne et en retrait du premier film où il laissait Tyrone Power faire son numéro est donc cette fois ci au premier. Ce second film est une suite directe qui s'ouvre sur la reprise de l'assassinat de Jesse par Bob Ford du film précédent. La nouvelle parvient donc à un Frank retiré du monde et qui a retrouvé son activité première de fermier.

On s'attend donc à voir Frank se lancer immédiatement dans une vendetta vengeresse mais c'est mal connaître Fritz Lang qui aura toujours su entourer un de ses thèmes favoris, la vengeance, d'une vraie ambiguïté comme dans son excellent Fury. Le film de Henry King même s'il finissait par remettre en question les effets néfastes de cette vie hors la loi était néanmoins entièrement à la cause de Jesse et Frank James, en tournant constamment la dramaturgie des évènements réels en leur faveur et jouant de cet aura de Robin des Bois de l'Ouest dont ils bénéficiaient. Fritz Lang tout en respectant les codes du genre et les attentes du public (John Carradine est encore plus détestable que dans Jesse James éveillant les plus bas instincts dans son infamie tel son apparition triomphante lors du procès de Frank à la fin) remet donc constamment en cause cette soif de vengeance. Les chemins de fer ayant joués de leur influence pour faire acquitter Bob Ford, Frank se voit contraint d'en finir lui même avec l'assassin de son frère.

Naguère glorieux et spectaculaires, les entraves à la loi prennent une autre tournure ici dès le premier vol qui cause la mort involontaire d'un gardien. Le personnage de Jackie Cooper (fils d'un comparse décédé et élevé par Frank) amènent également une belle touche d'ambiguïté. Jeune chien fou ne rêvant que d'aventures et de fusillades, c'est le parfait reflet de Jesse dans le premier film mais au lieu d'être glorifiée comme chez Henry King, sa témérité n'est ici que source de problèmes. Henry Fonda est encore plus convaincant qu'auparavant en Frank James et amène de sa fameuse humanité au hors la loi notamment dans son rapport avec la jeune journaliste jouée par Gene Tierney (belle et innocente à croquer dans sa toute première apparition à l'écran). Fritz Lang soumet en effet Frank James à un terrible dilemme moral dans la dernière partie où il devra choisir entre accomplir sa vengeance et sauver une vie.

Fritz Lang parvient à broder cette trame romancée et parallèlement respecter parfaitement la véracité des faits comme la reddition et le procès de Frank (ou encore les spectacle auxquels participa Bob Ford en reproduisant à son avantage sa trahison). Lors de ce même procès est exprimé ce qui était totalement éludé dans le premier film à savoir l'ancrage sudiste des frères James et leur engagement dans la Guerre de Sécession. Les élans comique et le soutien sans failles du jury dans la dernière partie est ainsi plus aisément compréhensible pour le spectateur non américain (on peut supposer de l'apport de l'émigrant Fritz Lang pour l'accent mis sur ce point) et bien aidé par la prestation survoltée de Henry Hull (reconverti avocat) un des personnages les plus truculents du précédent. Au final Fritz Lang ne choisit pas entre la vengeance et la rédemption et conclu le film dans un entre deux qui satisfera les deux options même si on devine vers laquelle il penche. Une suite plus psychologique et moins spectaculaire mais tout aussi réussie si ce n'est meilleure que son modèle. Et il semble qu'elle ouvre la voie au traitement qu'appliquera Nicholas Ray dans son remake.
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Cathy
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Re: Fritz Lang : rétrospective personnelle

Post by Cathy »

La femme au gardénia, Blue Gardenia (1953)

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Une jeune femme qui vient d'apprendre par courrier que son fiancé, militaire en Corée l'a abandonnée, accepte de diner avec un séducteur invetéré. Leur soirée se termine mal, et l'homme est tué, mais est-elle vraiment coupable ?

Fritz Lang réalise ici un très joli film policier et surtout un très beau portrait de femme coupable qui ne sait quoi faire devant l'évidence du crime. A noter que le titre français est beaucoup moins romantique que le titre original. En effet, la coupable est surnommée par un journaliste Blue Gardenia, comme le restaurant où on lui a offert un gardenia bleu. Tout le film tourne autour du fait que la jeune femme se pense coupable et veut se dénoncer, grâce à un journaliste, elle accepte de le faire, c'est un jeu du chat et de la souris qui commence, mais il est évident aussi que la femme n'est peut-être pas aussi criminelle qu'elle le pense. Bon il est vrai que dans d'autres films de Lang, il y a de véritables surprises, mais là, nous sommes dans l'histoire très traditionnelle du faux coupable ! Ann Baxter est très à l'aise dans ce registre de la jeune femme qui perd pied par déception amoureuse et voit sa vie s'écrouler. Quant à Richard Conte, il est toujours séduisant en journaliste canaille au grand coeur. Il ne faut pas oublier aussi Raymond Burr, impressionnant en séducteur assassiné, tout comme Ann Sothern en collègue, amie et colocataire de la coupable. Fritz Lang montre une fois de plus qu'il est très à l'aise dans ce registre sans oublier l'illustration sonore fort importante entre le romantique blue gardenia chanté par Nat King Cole et le non moins romantique Liebestod de Tristan et Isolde. La scène du crime est admirable avec ce miroir brisé. Un Fritz Lang peut-être mineur mais vraiment très prenant !
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Cathy
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Re: Fritz Lang : rétrospective personnelle

Post by Cathy »

La cinquième victime, While the city sleeps (1956)

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Alors que dans un empire de presse, trois hommes luttent pour le poste de directeur, un assassin commet des crimes en les signant au rouge à lèvres.

Tourné la même année que Beyond a reasonable doubt (l'invraisemblable vérité), ce film compose en quelque sorte un dyptique avec le second. Celui-ci traite de la presse sous toutes ces formes, son sensationnalisme, la chasse aux scoops et accessoirement l'enquête policère et les liens étroits qui nouent police et journalisme dans la divulgation des informations, alors que le second sera une critique de la justice et mettra en avant la peine de mort et la possibilité des erreurs judiciaires. Ces deux films qui constituent les deux derniers films américains du réalisateur résonent donc comme une critique de l'Amérique et de ses "lois". Dans la cinquième victime nous avons le portrait de six hommes et trois femmes, trois hommes qui sont les directeurs des différentes composantes de cet empire de presse, un qui est Prix Pullitzer et présentateur télévision, le directeur de l'empire de presse qui succède à son père qui bien que malade vivait dans le journal et enfin le meurtrier que le spectateur connaît tout de suite. On pourrait d'ailleurs penser qu'une fois arrêté le coupable, le film va se terminer, car dès le prologue pré-générique, on voit le meurtrier commettre le crime qui sans doute aurait pu inspirer Hitchcock pour Psychose, la logique voudrait que cela soit la trame principale du film, mais pas du tout, l'essentiel réside dans cette lutte entre trois hommes prêts à tout pour avoir le poste tant espéré. Il ne faut pas oublier aussi les personnages féminins, la fiancée du présentateur vedette qui deviendra chèvre pour appater le tueur mais sera aussi en prise aux errements de son fiancé, à noter les dialogues remplis de sous-entendus sexuels entre les deux que ce soit dès leurs présentations ou naturellement dans la dernière scène, il y a aussi l'épouse du magnat de la presse qui maîtresse d'un des trois prétendants pourrait faire changer son avenir, et enfin la journaliste free lance.

Il y a aussi cette évocation psychanalytique du tueur que l'on décrit comme fils à maman, jeune, etc. et qui senble bien dans la veine de l'époque. La majeure partie de l'intrigue se déroule dans les bureaux de l'organe de presse, ou dans un bar, lieu de retrouvailles des journalistes , dans des appartements, très peu d'extérieurs, hormis la scène de l'arrestation du coupable dans le métro, scène virtuose s'il en est. Ici, il n'y aura pas de retournements de situation multiple comme dans la cinquième victime, mais un film fort prenant mêlant à la fois l'enquête policière et les portraits incisifs des acteurs du monde de la presse. Pour un tel film, il fallait un casting de premier ordre, et il faut dire que le spectateur est comblé, Dana Andrews en présentateur et prix Pullitzer, Thomas Mitchell prête sa gouaille au rédacteur en chef du journal, George Sanders son onctuosité au directeur de l'agence de presse, James Craig sa fadeur à l'amant arriviste, il ne faut pas oublier Vincent Price en fils héritier plein de morgue, et Howard Duff en policier prêt à donner ses renseignements à la presse, et naturellement John Barrymore Jr en meurtrier, inquiétant à souhait. Côté féminin. Ida Lupino interprète la journaliste pleine de mordant, Rhonda Fleming la maîtresse sensuelle et Sally Forrest, la jeune secrétaire fiancée toute "ingénue". Chacun est à sa place dans ce très bon Fritz Lang, finalement assez méconnu et qui devrait logiquement sortir l'an prochain en DVD avec l'invraisemblable vérité !
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Re: Fritz Lang : rétrospective personnelle

Post by jacques 2 »

Cathy wrote: Chacun est à sa place dans ce très bon Fritz Lang, finalement assez méconnu et qui devrait logiquement sortir l'an prochain en DVD avec l'invraisemblable vérité !
Oui, ben croisons les doigts ... parce que cette sortie est devenue une Arlésienne ... :? :wink:
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Cathy
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Re: Fritz Lang : rétrospective personnelle

Post by Cathy »

L'invraisemblable vérité, Beyond a reasonable doubt (1956)

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Un romancier et le rédacteur en chef d'un journal décident pour prouver l'iniquité de la peine de mort de profiter du crime d'une danseuse pour faire passer le journaliste comme l'assassin. Ils créent toutes les preuves nécessaires pour démontrer leur thèse.

Tourné la même année que While the City Sleeps, Beyond a reasonable doubt est la critique du système judiciaire américain et la facilité de pouvoir faire exécuter un innocent, mais le final montre aussi la force de cette justice américaine. Le film est une merveille du genre, et il est difficile d'en parler sans déflorer le sujet, car les twists sont nombreux. Il faut donc se limiter à parler de l'élaboration facile de preuves, de cette enquête une fois encore mal menée, la solution n'étant trouvée qu'après le procès. Il faut aussi le voir comme le portrait d'un écrivain prêt à tout pour écrire un best seller, le portrait de sa fiancée futile avant l'épreuve et qui va se montrer totalement forte dans l'adversité. Là encore Fritz Lang filme essentiellement en intérieur, hormis la route menant au lieu du crime. Le film vaut par la qualité de son histoire et l'interprétation brillante de Dana Andrews et de Joan Fontaine. Un très grand Fritz Lang qui devrait comme la cinquième victime sortir enfin l'année prochaine en DVD.
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Re: Fritz Lang : rétrospective personnelle

Post by Jeremy Fox »

Cette cinquième victime entre dans mon trio de tête des films de Fritz Lang.
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Re: Fritz Lang : rétrospective personnelle

Post by Sybille »

Et quels sont les 2 autres :?: