Les films de Kung-fu old school

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés avant 1980.

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bruce randylan
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Re: Les films de Kung-fu old school

Post by bruce randylan »

Découvert hier à la Cinémathèque dans le cadre d'une soirée bis

Le fauve noir du kung fu / black panther (Hou Cheng - 1973)

Lors d'un contrôle en douane, un homme est arrêté pour possession de drogue. Il a été piégé et décide de garder le silence durant ses 3 ans d'incarcération pour mieux se venger seul à sa libération. Mais ses amis qui l'ont trahis vont accélérer sa sortie.

Unique film produit par Chan Sing, second couteau plutôt habitué aux rôles de méchants, qui en profite pour se donner le personnage principal, celui de l'innocent accusé à tort.
Avec la présence de Ni Kuang au scénario, on aurait pu espérer un scénario sortant de l'ordinaire. Peine perdue, celui-ci est non seulement conventionnel au possible mais en plus particulièrement idiot et bourré de raccourcis grotesques et ridicules : Le héros qui vient de s'échapper de prison arrive à une intersection et manque de se faire écraser par une voiture dont sort 4-5 hommes qui engagent un combat. Pourquoi ? Aucune idée. Notons aussi le héros assommé puis enfermé dans le coffre d'une voiture... sauf qu'il lui suffit de sortir la main du coffre (comment ?) pour sauter de la voiture en marche tranquillement.
Le must est bien-sûr une longue séquence de suspens où sa copine est en bien fâcheuse posture. Lui, s'en doute mais ne sait où aller. Il demande donc à son chauffeur de taxi de rouler aux hasards des rues, puis apercevant trois ouvriers en BTP regardant en l'air déduit qu'il s'agit de l'immeuble où aller sauver sa bien-aimée... qui est en effet accrochée à un grillage sur le toit d'un immeuble que les méchant secouent en espérant la précipiter dans le vide. :mrgreen:
Celà dit, à partir de cette séquence, le film devient franchement excellent, beaucoup plus rythmé et pêchu avec un esprit sérial irrésistible (on est pour le coup en plein cliffhanger), pas très loin de la candeur primitive des premiers muets comme le précisait Jean-François Rauger. De plus la réalisation y gagne également en originalité tel ce double combat dans une cage d'escalier avec quelques belles trouvailles de cadrages avec en arrière-fond un Hong-Kong entre bidon-ville et essor économique tandis que les acteurs prennent certains risques vraiment dangereux à plusieurs reprises.
Du coup, j'avais presque envie d'y voir un réel discours socio-économique avec son héros poursuivant à pied un méchant, lui motorisé, sans parler des derniers combats qui se déroule dans le stock d'une scierie puis les docks de chantier naval. Des cadres de combats plutôt inhabituels et bien exploités.

Pour rester dans les combats, ceux-ci sont dans la tradition de la période, c'est à dire approximatif, pas forcément chorégraphié mais bien hargneux et rageux avec un belle énergie de son héros qui se démène vraiment à la tâche. A noter au passage que le méchant japonais (mais dont le vraie identité nippone reste un nom chinois :lol: ) est Yusuaki Kuruta.

Sinon, le doublage français est bien gratiné, ce qui renforce les incohérences du scénario. Les doubleurs ont voulut coller au labial des acteurs, du coup, les phrases sont souvent coupées en deux, espacées de 2 secondes en moyenne. Ca donne des trucs genre "je ne suis pas d'accord ... avec vous" ; "Je me vengerais ... oh oui" ou "mais comment peuvent-ils ... être-si méchant ?"
Et pour rester dans les spécificités françaises (ou pour l'export), je ne sais pas ça venait de scènes coupées ou de passages manquant dû au matériel endommagé, mais le montage de 79 minutes est par moment aussi stupéfiant que du Godard dans ses ellipses ou ses jump Cut. La fin notamment est totalement avant-gardiste, concluant l'histoire en 3 plans de 1 secondes. Reste à savoir si c'est volontaire ou non :mrgreen:

Il va sans dire qu'on est sorti de cette séance totalement enthousiaste et revigoré par ce gros moment de fun.

J'espère que la cinémathèque va en organiser plus souvent. Rauger semblait le sous-entendre. Il faut croiser les doigts.
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Enorme TV

Post by pak »

En feuilletant un programme TV, j'ai eu la surprise de découvrir que la chaine Énorme TV (canal 125 chez Free, 131 chez Orange, 155 chez SFR et 92 chez Bouygues) diffusait quelques vieilles productions HK.

Je ne sais pas depuis quand (a priori octobre), ni si ça va durer.

Les titres ramènent à l'époque VHS des vidéo-clubs, avec des "pépites" aux titres évocateurs du genre comme L'Exécuteur défie l'empire du kung fu (Godfrey Ho, 1982), Les Mercenaires du kung-fu (Hsin Yi Chang, 1979), Les 18 filles de bronze de Shaolin (Lai-Yeh Chien, 1983), Les 36 poings vengeurs de Shaolin (Chi-Hwa Chen, 1977) avec Jackie Chan dans un petit rôle... Apparemment les films sont multi-diffusés, les soirées des lundi et jeudi, pour l'instant.

D'ailleurs j'en ai enregistré un, et c'est vraiment qualité VHS, mais genre la k7 a tourné dans le magnéto des dizaines de fois. Et c'est en VF. Donc à l'ère du numérique et du multilingue, ça pique et les yeux et les oreilles... Et en plus il y a une coupure pub.


Pour nostalgiques...
Le cinéma : "Il est probable que cette marotte disparaîtra dans les prochaines années."

Extrait d'un article paru dans The Independent (1910)

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Jack Carter
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Re: Les films de Kung-fu old school

Post by Jack Carter »

Il y avait toutes une tripotee de ce genre de titres qui étaient sorti chez Bach films ou un éditeur du meme genre il y a quelques années, ça doit être ça que la chaîne diffuse....
"On peut revenir au sujet du topic ?" (Jack Carter)
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Re: Les films de Kung-fu old school

Post by pak »

Ah bien vu (voui, suis long à la détente... ).
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Donc c'est bien chez BACH. Et y en a apparemment 35, chefs-d’œuvre en plus... heu, là c'est question de point de vue quand même...

Autre point de vue discutable, on peut lire sur les jaquettes "Édition prestige : image et son restaurés", alors que c'est tout pourri ! A moins que le prestige, c'est d'avoir et le son et l'image, le délire quoi, comme en 1930 !


Voici la notion de l'image et du son restaurés fièrement affichée selon BACH :
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Ben ça pète non ?

Là où la jaquette ne ment pas, c'est qu'on n'a droit qu'à la VF, avec les doublages typiques d'époque des films asiatiques qu'on a savouré sur nos magnétoscopes ou en salles il y a... heu, 30 ans environ (aïe... ).


Les titres que j'ai collecté à ce jour (je mets les titres francophones et internationaux, suis pas trop calé en mandarin... ) :

La Prise secrète du dragon / Le Bras violent du kung-fu (Death Rivals of Shaolin / The Good and the Bad) de Ng See-Yuen (1972)
Born - L'héritier des hommes de bronze / La Colère du juste (Angry Fist / Iron Ox: The Tiger Killer) de Chin Sheng-En (1974)
Les Derniers jours du dragon (Chinese Godfather / Martial Arts) de Chien Lei (1974)
Il était une fois l'unique / Dragon Kung Fu (Superdragon : The Bruce Lee Story) de Ti Shih (1974)
Le Vengeur du karaté (Fury / Blood Start) de Lin Cheng-Shi (1976)
Big Boss à Bornéo / L’œil du cobra (Bruce Lee in New Guinea / Last Fist of Fury) de C.Y. Yang et Joseph Velasco (1978)
Chen le magnifique / Héros du temple (The Magnificent) de Chen Shao-Peng (1979)
Les Mercenaires du Kung-fu / Les Cinq mercenaires (Incredible Kung Fu Mission) de Chang Hsin-Yi (1979)
Ninja contre Cobra d'or (Monkey Kung Fu / Stroke of Death) de Joe Law Chi (1979)
La Vengeance aux poings d'acier (Fist of fury / Jeet Kune the Claws and the Supreme Kung Fu) de Lu Po Tu (1979)
Les Panthères du kung-fu (Scorching Sun, Fierce Wind, Wild Fire / Dragon Connection) de Sun Sheng-yuan (1980)
L’Exécuteur défie l'empire du kung fu (The Trouble-solving Broker) de Godfrey Ho et Lee Doo-yong (1982)
Mantis dans les griffes du faucon (Mantis Vs the Falcon Claws) de Mitch Wong (1982)
Les 18 filles de bronze de Shaolin (18 Bronze Girls of Shaolin) de Chien Lai-Yeh (1983)


La plupart sont sortis en salles (du moins à Paris à l'époque dans des salles spécialisées) d'où leur doublage.

A suivre si la chaine décline tout le catalogue de BACH...
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hellrick
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Re: Les films de Kung-fu old school

Post by hellrick »

pak wrote:

Chen le magnifique / Héros du temple (The Magnificent) de Chen Shao-Peng (1979)
Les Mercenaires du Kung-fu / Les Cinq mercenaires (Incredible Kung Fu Mission) de Chang Hsin-Yi (1979)
La Vengeance aux poings d'acier (Fist of fury / Jeet Kune the Claws and the Supreme Kung Fu) de Lu Po Tu (1979)
C'est 3 là sont vraiment pas mal: le premier est plus épique que de coutume, le 2ème a de très bon combats et le troisième c'est la (plutôt sympa) suite de la Fureur de Vaincre avec Bruce Lee.

Le reste tu peux zapper (même si les bruceploitations comme Big Boss a Bornéo sont rigolotes pour les pervers) :wink:

La liste sur mon vieux site: http://asia.cinemaland.net/html/dossier ... ilms_1.htm :fiou:
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bruce randylan
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Re: Les films de Kung-fu old school

Post by bruce randylan »

hellrick wrote:
pak wrote:

Chen le magnifique / Héros du temple (The Magnificent) de Chen Shao-Peng (1979)
Les Mercenaires du Kung-fu / Les Cinq mercenaires (Incredible Kung Fu Mission) de Chang Hsin-Yi (1979)
La Vengeance aux poings d'acier (Fist of fury / Jeet Kune the Claws and the Supreme Kung Fu) de Lu Po Tu (1979)
C'est 3 là sont vraiment pas mal: le premier est plus épique que de coutume, le 2ème a de très bon combats et le troisième c'est la (plutôt sympa) suite de la Fureur de Vaincre avec Bruce Lee.
J'ai vu récemment Chen le magnifique et en effet, c'est une bonne surprise. Le rythme est vraiment soutenu, pas de temps-mort et rarement plus de 10 minutes entre deux combats. Les chorégraphies n'ont peut-être pas la virtuosité des maîtres du renouveau de la Kung-fu comedy mais elles demeurent tout de même bien nerveuses, voire inventive, et surtout rarement répétitive et assez variées.
Y-a quelques passages vraiment sympa comme le combat dans la cale d'un bateau (bientôt en feu), des radis mortels (repris à Baby Cart 2 ?), des bonhommes de neiges et un long final où les héros cherchent à viser les points vitaux du méchant (avec une petite surprise sur l'un des principaux :mrgreen: ). On croise autant des duels mano à mano que des 2 contre 3 ou des grosses mêlées.

Une bonne pioche par contre le DVD Bach Films est l'un des pires de la collection. Non que l'image soit très sombres mais la copie est sacrément zoomée (genre un pan & scannée auquel on aurait rajouter des bandes-noires horizontales pour faire croire à un format respecte ?). Sur certains on voit vraiment que des mâchoires communiquer. :evil:
Par chance, les combats sont pas encore trop endommagés, l'avantage des plans larges.



Plus récent, j'ai aussi vu le très obscur Disciples of Shaolin (Hua Shan - 1985), à ne pas confondre avec le Chang Cheh.

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Très bonne surprise aussi, c'est vraiment conçu dans une logique old-school. La co-production Hk/mainland permet d'avoir des décors et des paysages un peu plus sophistiqués et "authentique" que la moyenne du genre. On ne retrouve pas de pointure aux postes clés même si le réalisateur a fait au moins un bon titre pour la shaw brothers où il a officié quelques années (Soul of the sword). Le chorégraphe est surtout un acteur de second plan qui a rarement eu vraiment la direction des combats à gérer. Quant aux acteurs, ce sont tous des inconnus chinois.
Peut importe car tout ce beau monde se démène avec entrains et talents pour livrer de nombreux et excellents combats, tantôt léger (le début avec la fiancée jalouse), tantôt un peu plus sérieux et intenses. Mais toujours d'un très bons niveaux. Le final est à ce titre franchement réjouissant. 8)



C'est sorti à HK chez Fortune Star (comme d'hab zone All, VOSTA de qualité et une image correct). J'avais acheté ça par hasard sur un coup de bluff et je ne le regrette absolument pas ! :D
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Re: Les films de Kung-fu old school

Post by hellrick »

LA RAGE MORTELLE DE SHAOLIN
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Sorti dans les salles françaises sous le merveilleux titres de « Kung Fu n’y va pas de main morte », cette petite production peu mémorable était logiquement tombée dans l’oubli avant d’être exhumée par Tarantino pour un de ses célèbres festivals « grindhouse ». L’intrigue concerne le célèbre combattant chinois Fong Sai Yuk (ou Fong Si Yu). Il s’agit d’ailleurs du premier long-métrage consacré à ses exploits et bien d’autres suivirent par la suite : la saga SHAOLIN TEMPLE de Chang Cheh à la Shaw Brothers, le TEMPLE DU LOTUS ROUGE de Ringo Lam et, sans doute les plus célèbres (du moins en Occident), les deux volets de LA LEGENDE DE FONG SAI YUK de Corey Yuen avec Jet Li. Dans cette première aventure, le jeune « chien fou » ne cesse de provoquer des bagarres pour s’amuser, ce qui finit par avoir de terribles conséquences : son père est assassiné et lui-même grièvement blessé. Aidé de sa mère, il panse ses blessures, s’entraine au kung-fu avec acharnement et se venge. Quelques temps plus tard, Fong Sai Yuk a grandi et, surnommé « L’homme à l’épouvantail », fait régner la justice en défiant les criminels, dont un être tyrannique ayant mis un petit village à sa botte.

Sans surprise et plutôt ennuyeux LA RAGE MORTELLE DE SHAOLIN déroule deux intrigues indépendantes, comme si on avait accolé deux épisodes disparates de la vie du héros. Cette construction surprenante rend l’ensemble peu passionnant, d’autant que la version française (vue à partir d’un rip de vhs délavée) n’arrange pas les choses : d’une durée de 77 minutes (contre 90 dans l’originale), doublée n’importe comment, manifestement coupée (la compréhension du récit passe dès lors au second plan) et affublée d’une voix off sentencieuse censée donner du liant aux péripéties mais souvent risible et redondante (« et donc un très long combat commença » déclame t’elle alors que nos héros se castagnent), elle représente le degré zéro du respect à une œuvre. Difficile dès lors de réellement juger ce petit film qui, en l’état, se montre plutôt raté. Le casting est pourtant intéressant puisqu’on y retrouve quelques artistes martiaux talentueux comme Meng Fei (LES CINQ MAITRES DE SHAOLIN), Yasuaki Kurata (FIST OF LEGEND), Alan Chan (DRUNKEN MASTER 2), Maggie Lee (THE KILLER SNAKES) et Bruce Lau / Lau Kar Wing (LES 8 DIAGRAMMES DE WU LANG). Les duels sont donc, comme souvent, le principal (unique ?) intérêt du film : efficaces, rageurs (le titre français ne ment donc pas sur le sujet quoique Shaolin réponde aux abonnés absents) et violents (gorge tranchée, empalements et énucléation du méchant sont au programme). Le tout se conclut de manière traditionnelle par un combat à 2 contre 1 énergique.

Si les plus courageux tenteront de dégotter la version originale pour apprécier LA RAGE MORTELLE DE SHAOLIN d’une manière moins partiale, force est de constater que la version ici visionnée d’insiste guère à rendre sa chance au film, petit kung-fu standard noyé dans la masse et même un peu en dessous de la moyenne, pourtant guère élevée, de ces productions tournées à la chaine au début des années ’70.
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Re: Les films de Kung-fu old school

Post by Kevin95 »

THE BIG SHOWDOWN - Tian-Lin Wang (1974) découverte

L'intrigue est un joli méli-mélo entre une vengeance à gauche, une autre à droite et un jeu de duperie au milieu. The Big Showdown passe une bonne partie de son temps de projection à démêler le sac de nœuds, à éclaircir la nature des personnages pour finalement se concentrer sur ce pourquoi on a payé notre place (ou appuyer sur lecture chez YouTube), des coups de tatanes en rafale. Combats énergiques, le méchant à une bonne tronche de fourbe tandis que le héros ressemble à un gosse de dix ans. Heureusement, son comparse est bien plus charismatique, trainant même une vague ressemblance avec Woody Strode. La dernière demi-heure est entièrement consacrée aux échanges amicaux entre les antagonistes, d'un coup de genoux dans un casino à un concours de baffes sur une montagne (oui, les personnages de films de karaté ont souvent le pouvoir de téléportation, surtout dans les films les moins fortunés). Seulement question, qu'est-ce que c'est que cette fin ultra abrupte ? Copie occidentale charcutée ? Hommage bâclée à Butch Cassidy and the Sundance Kid ? Foutage de gueule comme on en croise souvent dans ce type de production ? Je pencherais pour la dernière option.
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Re: Les films de Kung-fu old school

Post by bruce randylan »

Kevin95 wrote:THE BIG SHOWDOWN - Tian-Lin Wang (1974) découverte
Tiens, tu l'as vu où celui-là ?
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Re: Les films de Kung-fu old school

Post by Kevin95 »

Youtube, copie crevée + version us (donc doublage saveur sample du Wu-Tang Clan). Mais ça passe.
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Re: Les films de Kung-fu old school

Post by bruce randylan »

Ah okay, j'avais peur d'avoir raté une projo 35 à la Tek (ou à Levallois :P )

De mon côté, j'ai regardé The blade spares no one (Teddy Yip - 1971)
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Avec son histoire basé sur une scénario une nouvelle fois bien bordélique de Ni Kuang (le spécialiste des adaptations de Gu Long pour Chu Yuan), on abdique rapidement à essayer de comprendre qui cherche à trahir qui. On repère juste les personnages principaux et on attend les passes d'armes. Pour une fois (pour l'époque), c'est une femme (Nora Miao) qui est le personnage imbattable du récit ! Et elle est bien retors la dame !
Par chance les combats sont heureusement assez nombreux pour un rythme bien géré grâce à la loi du crescendo qui fait que les héros affrontent de plus en plus d'adversaires au fur et à mesure que le film avance. Après, les chorégraphies ont pris un p'tit coup de vieux et il n'est pas rare de voir les duellistes viser volontairement la parade en avance d'un coup. Malgré ça Sammo Hung (qui s'appelait Chu Yuan Lung à l'époque) et Han Ying Chieh (le chorégraphe de King Hu) livrent tout de même du bon boulot largement satisfaisant surtout lors des grosses mêlées du dernier tiers assez dynamique il faut reconnaître. Faut aussi aimer le trampoline mais ça me dérange pas du tout. :)

Sans être un virtuose comme King Hu, Teddy Yip livre une réalisation efficace avec notamment une réelle volonté de varier les décors à chaque nouveau combat pour un sens de l'espace plutôt maitrisé. Il y a même quelques plans tout a fait brillants comme lors du combat nocturne sous la pluie.
Mais on regrette ce scénario un peu trop obscur car le film dure toute de même 100 minutes.

Pour les curieux, c'est sorti dans la collection (zone all) des Fortune Star. Par contre la copie a vraiment souffert avec un incroyable festival de rayures. :?
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Re: Les films de Kung-fu old school

Post by k-chan »

bruce randylan wrote:(ou à Levallois :P )
Ah, il se passe des choses à Levallois en ciné asiat ? Parce qu'à part le cinéma Pathé à coté du centre commercial So Ouest, je ne vois pas.
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Re: Les films de Kung-fu old school

Post by bruce randylan »

On va dire que ce sont des projections privées quasi hebdomadaire :P
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Re: Les films de Kung-fu old school

Post by bruce randylan »

Et puisqu'on évoque des projections 35 mm privées :fiou:

L'invincible Super chan (Sun Yung - 1971)
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Vous vous rappelez que dans Cinéma Paradiso, le prêtre du village faisait couper toutes les scènes de baisers qu'il jugeait trop tendancieuses ? Et bien, il existe dans d'autres pays des individus qui suppriment toutes les scènes de dialogues des films de kung-fu.

L'invincible Super chan fait partie de cette catégorie de films incompréhensibles où la narration est tellement bordélique qu'on se demande s'il faut blâmer le scénariste, le réalisateur, le monteur, le distributeur ou le doubleur.
Mais en fait pourquoi devraient-ont les blâmer ? On a très rapidement envie de les étreinte avec allégresse tant ce super chan devient un plaisir non-sensique et surréaliste. Si on enlève les 10-15 premières minutes (et encore), tout la première partie est une succession de combats sans la moindre logique et surtout sans le moindre temps mort pour un expérience proche du théâtre absurde et avant-gardiste pour une durée de quasiment 30 minutes ininterrompue ! La seconde moitié est un peu plus bavarde avec une tentative de développer l'histoire avec un héros qui cherche à fuir les armes mais qui devra ressortir son sabre quand on assassine sa jeune fille.

Si ce n'est quelques dialogues invraisemblables ("Avant de mourir, je veux que vous me juriez de ne pas chercher à me venger... Arghhhh" ; "Maître, je n'aurais de répit que lorsque je vous aurais vengé"), il faut bien dire qu'on se moque de ce scénario insaisissable où les personnage portent en plus presque tous les mêmes noms. On est là pour les bastons et la tatane !
Alors évidement, on se trouve devant une obscure production taïwanaise sans véritablement nom connu au générique, il ne faut donc pas s'attendre à des échanges virtuoses. Par contre l'équipe compose avec une générosité déjantée pour offrir quelques éléments que je ne crois jamais avoir vu ailleurs ! 8)
Par exemple, le héros se fait cerner à un moment par un trio constitué notamment d'un nain et d'un mec armé d'un boulier (assez peu inquiétant) :lol:
L'un des grans méchants est équipé d'une sorte d'étendard/fanion qui lui permet de parer des coups d'épée (!), de surfer sur l'eau (!?) ou de lancer des bombes (!?!).
Quant au boss de fin, il utilise une ceinture/épée qui a la particularité d'être en fait une sorte de long ressort (ressemblant ainsi avant tout à un sex toy).
Cerise sur le cadeau, même le sound design sort du lot avec quelques bruitages inédits (comme la corde munie d'une griffe qui essaye de démanteler l'armure du héros).
Et surtout, il ne faut pas oublier que le film s'appelle l'invincible Super Chan, et que comme Clark Kent, Chan sait s'envoler avec facilité et aisance. Au point de battre sur son propre terrain les kamikazes du karaté dans la projection des adversaires et des envols. Ici Super Chan bondit au-dessus des falaises, se téléporte sans difficulté d'une carrière à un sous-bois sans oublier de malmener quantité de mannequins en mousse pour notre plus grand plaisir. Il parvient même en trancher complétement de haut en bas un adversaire avant les Baby Cart & cie (par contre, on se coltine un incontournable sabreur manchot).

Et c'est bien pour cette raison que le film devrait être diffusé dans les écoles de cinéma : pour son montage. On tient l'un des maîtres étalons du genre, celui qui dépasse la cohérence, la progression, le raccord et la continuité, renvoyant le découpage traditionnel à des préoccupations préhistoriques totalement obsolètes. Plusieurs séquences m'ont procuré de délicieux fous-rires tel ce sbire qui s'évertue à prendre appuie sur un rocher pour bondir sur le héros mais qui se rétame à chaque fois dans la poussière (et qui finira vaincu par un cailloux dans le gosier :mrgreen: ). Que dire aussi de ce montage parallèle hilarant où la copine du héros semble traverser la Chine entière pour lui apporter son épée alors qu'il se trouve en fâcheuse posture (et que la donzelle fonce dans tous les cailloux, rondins et autres aspérités de voiries).

J'avoue que j'avais un peu peur à l'annonce du film puisqu'il est signé par le responsable du navrant (mais parfois très drôle) Phenix, la fleur de Shaolin mais cet invincible Super Chan est une bouffée d'oxygène fort revigorante et exaltante.

Le film est assez rare (et encore plus en VF !) mais on trouve sur YouTube, une petite compilation (malheureusement déformée) pour vous donner une idée du délire ambiant (y compris l'épée sex toy)
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Re: Les films de Kung-fu old school

Post by Kevin95 »

INVINCIBLE SUPER CHAN / Tian zhan - Yang Sun (1971) découverte

Les 15 premières minutes laissent craindre le pire de la péloche de karaté taïwanaise faussement cossue, à base de mise en scène approximative et d'une intrigue à peine compréhensible (tu es Chan du clan To mais n'as-tu pas trahi Chow du clan Twa maintenant chef du clan Pow en guerre contre le clan To ?) seulement passé ce quart d'heure, le film déraille. Le programme gagne en simplicité : bagarre-bagarre-bagarre-bagarre-dialogues-bagarre-bagarre-larmes-bagarre-megabagarre-fin. Comme un boulard de bas étage, pas de scénario trop visible, juste des corps en mouvement et le râle de plaisir du spectateur. Méchant coupé en deux, sabre à ressors, surf improvisé, toutes les dix minutes une idée timbré pour pimenter la projo. Invincible Super Chan passe donc du purgatoire pour films bis à curiosité pour amateur d'excentricités.
Les deux fléaux qui menacent l'humanité sont le désordre et l'ordre. La corruption me dégoûte, la vertu me donne le frisson. (Michel Audiard)