Georges Lautner (1926-2013)

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés avant 1980.

Moderators: cinephage, Karras, Rockatansky

Alligator
Réalisateur
Posts: 6629
Joined: 8 Feb 04, 12:25
Location: Hérault qui a rejoint sa gironde

Re: Georges Lautner

Post by Alligator »

:lol:
villag
Accessoiriste
Posts: 1721
Joined: 24 Feb 08, 09:48
Location: la rochelle

Re: Georges Lautner

Post by villag »

Profondo Rosso wrote:
julien wrote: il me semble que la plupart des films de Lautner réposent davantage sur la truculence des dialogues, le comique des situations, l'interprétation des acteurs plutôt que sur la mise en scène qui reste dans l'ensemble volontairement effacée.

Pas trop d'accord c'est une image qu'on a souvent à cause des "Tontons Flingueurs" et des mémorables dialogues d'Audiard .

A voir; il y a dans ces Tontons ,des scènes de bar/bowling ou Lautner, à l'instar de Welles ,joue de la profondeur de champ avec une tres grande virtuosité
F d F ( Fan de Ford )
Alligator
Réalisateur
Posts: 6629
Joined: 8 Feb 04, 12:25
Location: Hérault qui a rejoint sa gironde

Re: Georges Lautner

Post by Alligator »

Pas de problème! (Georges Lautner, 1975) :

http://alligatographe.blogspot.com/2010 ... bleme.html

Image
_______________

Après "Quelques messieurs trop tranquilles", Georges Lautner dans sa peur de vieillir veut se débarrasser des anciens qui ont fait sa fortune et se tourne résolument vers la jeunesse triomphante, incarnée par une Miou-Miou resplendissante. Beaucoup de comédiens issus du Café-Théâtre viennent donner la réplique à ceux du Boulevard. Lautner joue les entremetteurs et mêle les âges, constituant une étonnante distribution. On est donc bien dans une réplique de qu'il avait déjà fait sur les "Quelques messieurs...".

Pour se faire, il s'adjoint à nouveau les services du jeune Jean-Marie Poiré. L'association donne de la même manière un scénario prometteur, alléchant sur le papier mais qui n'aboutit pas vraiment. La comédie est parfois poussive.

Certes, le film dispose les charmants atours du road-movie. Dans cette configuration, les délicats liens, un peu flous, d'amitié ou d'amour, que nouent certains personnages sont assez ambigus et incertains pour susciter un léger intérêt.

Lautner ne peut s'empêcher de faire tomber son soufflé avec des scènes un peu grotesques, ici avec de la tarte à la crème, là avec du nichon impudique.

Alors, on s'amuse essentiellement des prestations des comédiens et de cette histoire de cadavre aussi ambulant qu'encombrant. On s'imagine la fin, on l'attend et l'on déchante.

Comme souvent d'ailleurs, la récompense provient du voyage et non de son dénouement. Sympathique pour la jeune et éclairante Miou-Miou, l'extraterrestre Bernard Menez et pour une fois le furibard et sévère Jean Lefebvre, le film ne parvient pas cependant à décoller. Dommage.
O'Malley
Cadreur
Posts: 4224
Joined: 20 May 03, 16:41

Re: Georges Lautner

Post by O'Malley »

Assez d'accord sur ce Lautner au rythme faiblard. Mais il garde un atout et de taille: son formidable générique !
User avatar
Rick Blaine
Howard Hughes
Posts: 19617
Joined: 4 Aug 10, 13:53
Last.fm
Location: Paris

Re: Georges Lautner

Post by Rick Blaine »

Arrêtez les Tambours (1960)

Image


Pour son troisième long métrage (après La Môme au Boutons, que je n'ai pas vu, et le très agréable Marche ou Crève), Lautner choisi pour sujet les français sous l'occupation, et plus précisément la vie d'un petit village du Calvados en 1944. Contrairement aux grands films de résistance de l'après guerre (parfois excellent comme la Bataille du Rail), la frontière n'est pas nette ici entre les bons et les méchants, et tous se côtoient "vrais" résistants et résistants de la 25ème heure, allemands fanatiques et allemands humain, et au milieu le Docteur Leproux, brillamment interprété par Bernard Blier, qui tente simplement de rester fidèle à sa vocation et à ce qui lui semble bon, ce qui finira par lui valoir le mépris de tous.
Il me semble que c'est l'un des premiers films français qui montre le revers de la médaille, la veulerie des comportements exacerbés par l'occupation, les français qui n'étais pas tous des héros, certains résistants d'autres qui essayaient de vivre, et certains qui ont choisi leur camp au gré du vent entrainants les exactions de l'après guerre.
Lautner traite avec beaucoup de dignité le sujet, avec beaucoup de courage aussi et je serais curieux de connaitre l'accueil du film à l'époque.
Blier, qui n'a jamais hésité à prêter son nom et son talent à de jeunes réalisateur talentueux (il était déjà le personnage principal de Marche ou Crève), est formidable, à la tête d'un casting brillant, fort bien servi par les dialogues de Pierre Laroche.
Lautner montre, pour son troisième film, qu'il sera un de plus grands, il est d'ailleurs dommage qu'il soit souvent absent quand vient l'heure de citer les grands réalisateurs français.

Hautement recommandable. 7,5/10
User avatar
Major Dundee
Réalisateur
Posts: 6105
Joined: 15 May 06, 13:32
Location: Bord de la piscine de "Private Property"

Re: Georges Lautner

Post by Major Dundee »

Rick Blaine wrote: Lautner montre, pour son troisième film, qu'il sera un des plus grands, il est d'ailleurs dommage qu'il soit souvent absent quand vient l'heure de citer les grands réalisateurs français.
Bof, moi j'aime bien les trois quarts des films de Lautner, surtout les premiers, mais de là à le placer dans les plus grands réalisateurs français, il y a une marge que je ne franchirais pas.
Je le vois bien aux côtés d'Oury, Zidi, etc... (ce qui à mon sens n'est pas déshonorant) mais je le vois moins aux côtés de Renoir, Pagnol, Becker, ou plus récemment Téchiné, Brisseau... et d'autres que je n'ai pas en tête sur le moment mais encore une fois c'est un cinéaste que j'aime bien et je ne voudrais pas avoir l'air de cracher dans la soupe :oops:
Charles Boyer (faisant la cour) à Michèle Morgan dans Maxime.

- Ah, si j'avais trente ans de moins !
- J'aurais cinq ans... Ce serait du joli !


Henri Jeanson
User avatar
Commissaire Juve
Charles Foster Kane
Posts: 22802
Joined: 13 Apr 03, 13:27
Location: Aux trousses de Fantômas !

Re: Georges Lautner

Post by Commissaire Juve »

Assez d'accord avec le Major...

Mais que vois-je ? un dvd qui m'avait échappé ! :o D'une manière générale, les films de Résistance ont plutôt tendance à me gaver, mais si le regard est un peu différent, ça me tente. Faut que je voie ça au plus vite.
La vie de l'Homme oscille comme un pendule entre la douleur et l'ennui...
User avatar
Rick Blaine
Howard Hughes
Posts: 19617
Joined: 4 Aug 10, 13:53
Last.fm
Location: Paris

Re: Georges Lautner

Post by Rick Blaine »

Major Dundee wrote: Bof, moi j'aime bien les trois quarts des films de Lautner, surtout les premiers, mais de là à le placer dans les plus grands réalisateurs français, il y a une marge que je ne franchirais pas.
Je le vois bien aux côtés d'Oury, Zidi, etc... (ce qui à mon sens n'est pas déshonorant) mais je le vois moins aux côtés de Renoir, Pagnol, Becker, ou plus récemment Téchiné, Brisseau... et d'autres que je n'ai pas en tête sur le moment mais encore une fois c'est un cinéaste que j'aime bien et je ne voudrais pas avoir l'air de cracher dans la soupe :oops:
Justement, au vu de pas mal de ces films, j'ai envie de lui faire passer ce cap (bon peut-être pas Renoir quand même). Dans l'esthetique, dans le rythme, il y a quelque chose, indéniablement. J'ai tendance à le placer un cran au-dessus d'Oury, Zidi (pour qui j'ai beaucoup de respect par ailleurs, loin de moi l'idée de les dénigrer, au contraire). Tout celà est assez subjectif.
Commissaire Juve wrote:Assez d'accord avec le Major...
Mais que vois-je ? un dvd qui m'avait échappé ! :o D'une manière générale, les films de Résistance ont plutôt tendance à me gaver, mais si le regard est un peu différent, ça me tente. Faut que je voie ça au plus vite.
C'est édité par CLC production, tout comme Marche ou Crève. Ils les ont ressorti récemment, mais ils étaient déjà parus me semble-t-il. Le son est assez sourd, et l'image accuse certains outrages du temps. Celui-ci est un peu meilleur que Marche ou crève, mais c'est globalement d'assez mauvaise qualité. Pas assez pour me gâcher le film, heureusement.
User avatar
Commissaire Juve
Charles Foster Kane
Posts: 22802
Joined: 13 Apr 03, 13:27
Location: Aux trousses de Fantômas !

Re: Georges Lautner

Post by Commissaire Juve »

Ouïe ! quand même. :?
La vie de l'Homme oscille comme un pendule entre la douleur et l'ennui...
User avatar
Rick Blaine
Howard Hughes
Posts: 19617
Joined: 4 Aug 10, 13:53
Last.fm
Location: Paris

Re: Georges Lautner

Post by Rick Blaine »

Commissaire Juve wrote:Ouïe ! quand même. :?
Attention, ce n'est pas l'odyssée du cinéma quand même, pour moi, c'est regardable. Sans plus évidemment.
Federico
Producteur
Posts: 9499
Joined: 9 May 09, 12:14
Location: Comme Mary Henry : au fond du lac

Re: Georges Lautner

Post by Federico »

Rick Blaine wrote:
Major Dundee wrote: Bof, moi j'aime bien les trois quarts des films de Lautner, surtout les premiers, mais de là à le placer dans les plus grands réalisateurs français, il y a une marge que je ne franchirais pas.
Je le vois bien aux côtés d'Oury, Zidi, etc... (ce qui à mon sens n'est pas déshonorant) mais je le vois moins aux côtés de Renoir, Pagnol, Becker, ou plus récemment Téchiné, Brisseau... et d'autres que je n'ai pas en tête sur le moment mais encore une fois c'est un cinéaste que j'aime bien et je ne voudrais pas avoir l'air de cracher dans la soupe :oops:
Justement, au vu de pas mal de ces films, j'ai envie de lui faire passer ce cap (bon peut-être pas Renoir quand même). Dans l'esthetique, dans le rythme, il y a quelque chose, indéniablement. J'ai tendance à le placer un cran au-dessus d'Oury, Zidi (pour qui j'ai beaucoup de respect par ailleurs, loin de moi l'idée de les dénigrer, au contraire). Tout celà est assez subjectif.
Oui, euh bon, disons que dans sa meilleure période (du moins pour les films que je connais), Lautner a su s'élever au rang des meilleurs réalisateurs du cinéma populaire et/ou de divertissement, ce qui n'est déjà en soi pas rien car la comédie est un art difficile. Pour ma part, je mettrai Oury juste un cran au-dessus parce qu'il a su mettre (même si c'était parfois naïf) un peu plus de réflexion et d'humanisme derrière la façade de la farce et tout en haut de l'échelle un Philippe de Broca pour sa poésie et son esprit BD.
The difference between life and the movies is that a script has to make sense, and life doesn't.
Joseph L. Mankiewicz
User avatar
Rick Blaine
Howard Hughes
Posts: 19617
Joined: 4 Aug 10, 13:53
Last.fm
Location: Paris

Re: Georges Lautner

Post by Rick Blaine »

Fleur d'oseille (1967)


Dans la foulée de La Grande Sauterelle, qui m'avait quelque peu déçu, Lautner donne à nouveau le premier rôle d'un de ses films à Mireille Darc. cette fois ci, je trouve le film bien plus réussi. D'abord parce que le scénario est mieux pensé, même s'il est probablement plus conventionnel, ensuite parce que l'actrice y est bien mieux utilisée. En insistant sur sa douceur, Lautner en fait un personnage éthéré, flottant dans le film comme si elle venait de tomber du jardin d'eden - ce qui justifie quelques scènes dénudées du meilleur aloi :D - et devenant un personnage très chargé en émotion, entre son deuil, l'enfant qu'elle ne parvient pas a élevé, et ses rêves qui se sont envolés. Cette émotion, Lautner s'empresse bien évidement de ne pas la souligner, de ne pas insister là dessus et se réfugie dans le rire. Il a convoqué pour cela un Audiard au meilleur de sa forme, et un casting réjouissant, à commencer par Anouk Ferjac, pendant parfait de Mireille Darc, et suivi d'un défilé de tronches, en tête desquelles Paul Preboist, formidable de bizarrerie et André Pousse remarquable dans un de ses premiers rôles.

Ce qui me réjouit tout particulièrement chez Lautner, c'est son soucis de l'esthétique, qu'il n'oublie jamais au prétexte qu'il ne tourne que des comédies; on retrouve donc une admirable photographie, dirigée par son complice Maurice Fellous, dans des décors admirablement choisis, notamment dans toute la seconde partie, ressemblant à une version comique de Fort Alamo. C'est dans ce décor que l'on assistera au siège nocturne de la maison ou Mireille Darc et Anouk Ferjac son retirées par le gang de Pousse, sur une lumière rougeoyante et sur les quelques magnifiques notes du thème principal jouées à l'harmonica - par parenthèse, la B.O. est très simple mais très belle - la plus belle scène du film. Une nouvelle fois d'ailleurs, l'émotion y point juste ce qu'il faut, avant d'être cassée par une réplique magnifique.

Sans avoir l'air d'y toucher, et sans jamais insister, Lautner livre un film aussi drôle qu'émouvant. Sans philosopher, sans se "prendre la tête", on réfléchit tout de même à la destinée de cette femme, mère et veuve, et on est ému, avant de rire joyeusement!

Federico wrote: Oui, euh bon, disons que dans sa meilleure période (du moins pour les films que je connais), Lautner a su s'élever au rang des meilleurs réalisateurs du cinéma populaire et/ou de divertissement, ce qui n'est déjà en soi pas rien car la comédie est un art difficile. Pour ma part, je mettrai Oury juste un cran au-dessus parce qu'il a su mettre (même si c'était parfois naïf) un peu plus de réflexion et d'humanisme derrière la façade de la farce et tout en haut de l'échelle un Philippe de Broca pour sa poésie et son esprit BD.
Je suis moins touché par Oury ou De Broca. J'aime beaucoup ce qu'ils font, mais je place Lautner au dessus par l'attention qu'il porte à l’esthétique de ses films, par le sérieux de son travail lorsqu'il s'agit de faire rire, comme c'est le cas dans Fleur d'Oseille.
Puisqu'on en parle en ce moment, je trouve que le premier à avoir réellement repris le flambeau de cette attitude, c'est Michel Hazanivicius, j’espère que la suite de sa filmographie sera à la hauteur.

Une chose est sure en tout cas, Fleur d'oseille conforte Lautner sur le modeste piédestal que j'aime à lui dresser.
Profondo Rosso
Howard Hughes
Posts: 15848
Joined: 13 Apr 06, 14:56

Re: Georges Lautner

Post by Profondo Rosso »

Galia (1966)

Image

A Paris, Galia sauve Nicole, qui veut se jeter dans la Seine car son mari la néglige. Galia lui conseille de disparaître pendant quelques jours afin d'inquiéter cet homme et accepte de le suivre pour voir ses réactions. Mais elle tombe amoureuse de lui et malgré les avertissements de Nicole, accepte de passer le week-end avec lui.

Galia semble être un film quelque peu oublié dans les fleurons de la collaboration entre Mireille Darc et Georges Lautner et pourtant ce drame troublant est probablement un des plus singulier et réussi. Si Lautner et Mireille Darc avait déjà travaillé ensemble trois fois auparavant (Des Pissenlits par la racine, Les Barbouzes et le génial film à sketch Les Bons Vivants) l'actrice y abordait toujours (et avec brio) le même emploi de jeune séductrice sensuelle et faussement ingénue. Galia marque donc une vraie avancée l'actrice trouve là son premier très grand rôle dramatique en jetant un voile sombre sur le personnage insouciant qu'elle s'est créé dans les précédents films.

ImageImage

Le film (adapté d'un roman de Vahé Katcha qui coécrit avec Lautner le scénario) nous narre donc l'étrange destin de Galia (Mireille Darc), une jeune fille bien de son temps. En quête d'aventure et de frisson,, elle qui sa trop étroite province d'Etretat pour la capitale où elle mène une existence trépidante et multiplie les conquêtes masculine d'un soir. Pourtant elle ne peut s'empêcher de ressentir la vacuité et la solitude qu'entraînent ce quotidien faussement exaltant. Lautner orchestre une mise en scène élégante, percutante et très moderne pour accompagner l'état d'esprit de son héroïne en ouverture. Le montage inventif est dans l'esprit psyché pop de l'époque et fait se bousculer les lieux et les visages, la caméra accompagne la silhouette radieuse de Mireille Darc dont la narration détachée en voix off fait parfaitement corps avec les images pour exprimer l'esprit libre de Galia. Ces fulgurances visuelles (qui annoncent grandement celles plus extravagantes de La Grande Sauterelle) seront plus parcimonieuse par la suite lorsque le drame va s'installer. Celui ci arrive par la rencontre de Galia avec Nicole (Françoise Prévost), une femme qu'elle sauve de la noyade dans la Seine où elle tentait de se suicider. La cause, un mari infidèle, et la malicieuse Galia décide d'aider sa nouvelle amie en côtoyant le goujat afin d'évaluer sa réaction face à la supposée disparition de son épouse. Seulement elle va être prise à son propre jeu en tombant folle amoureuse de lui.

ImageImage

Malgré quelques longueurs dans son dernier tiers, Galia passionne alors de bout en bout en estompant sa légèreté de ton pour un drame lourd et intense, à l'image de la transformation de son héroïne. Si Galia paraissait si pétillante et détachée face aux hommes, c'est qu'elle n'avait jamais réellement aimée. Mireille Darc offre une prestation mémorable avec cette jeune fille qui paradoxalement se découvre femme (l'allure relativement garçonne et androgyne du début laisse place progressivement à une féminité de plus en plus prononcée) au contact du pire homme possible, et se désagrège littéralement au fil du récit consumée par sa passion. Lautner crée un décalage constant entre la bonne mesure détachée que cherche à dégager Galia et le réel trouble qui la gagne, la voix off moqueuse contrastant avec son attitude (et inversement) et nous faisant comprendre que le mauvais tour se transforme en vrai romance. Venantino Venantini fait un peu peur le temps d'une première apparition où il incarne tout les clichés du macho séducteur et rouleur de mécanique italien. On comprendra plus tard que c'était par le prisme du regard de Galia qu'il était représenté ainsi puisque lorsqu'elle lui cède finalement (superbe séquence de weekend à Venise) on devine alors le terrible prédateur qu'il cache. Son personnage est réellement odieux, égoïste et satisfait de lui-même mais se cache si peu de ce qu'il est et impose une telle séduction animale qu'on comprend sans peine le trouble de Galia plus habituée à faire courir les jeunes hommes. Les accords de Bach s'alternant avec l'envoutant et majestueux score de Michel Magne exprime bien cette dualité entre doux romantisme qui s'oublie et douleur du présent.

ImageImage

Plusieurs élément fascinent tel le jeu de miroir entre Françoise Prévost et Mireille Darc, la première voyant dans les comportements de plus en plus perturbés de la seconde les affres par lesquels elle est passée mais ne pouvant l'empêcher d'y succomber. La complicité en les deux femmes laissent place à la dissimulation, la méfiance et la jalousie et la dernière partie n'est pas loin de basculer dans le thriller passionnel. Le film prend un tour oniriques et cauchemardesque face aux tourments de Galia, comme pour la punir de sa liberté du début (et Galia créa une réelle polémique pour la sexualité sans tabou de son héroïne), tel cette sordide scène où Mireille Darc débarque chez Venantini pour le trouver en pleine orgie enfumée ou plus tard une séquence de rêve oppressante et psychédélique (c'est plastiquement un des Lautner les plus aboutis, notamment le noir et blanc aux nuances subtiles de Maurice Fellous). En dépit d'une dernière partie moins maîtrisée, la conclusion implacable et dramatique est réellement marquante, ramenant Galia à sa solitude mais où la quiétude du début a laissée place à une angoisse sourde. 5/6

ImageImage
Last edited by Profondo Rosso on 6 Dec 11, 23:47, edited 1 time in total.
Federico
Producteur
Posts: 9499
Joined: 9 May 09, 12:14
Location: Comme Mary Henry : au fond du lac

Re: Georges Lautner

Post by Federico »

Profondo Rosso wrote:Galia (1966)
Spoiler (cliquez pour afficher)
Image
Ce Galia me fait vraiment très envie. Dommage qu'il ne soit jamais sorti en DVD (un jour, peut-être, qui sait ?...)
Si il s'agit du premier grand rôle dramatique de Mireille Darc au cinéma, les spectateurs avaient déjà pu admirer cette comédienne de formation classique sur le petit écran au début des 60's (et en brune) sous la direction de deux des meilleurs réalisateurs de l'ORTF avec La Grande Bretèche de Claude "Les rois maudits" Barma en 1960 (d'après Balzac) et Hauteclaire de Jean "Les Perses" Prat en 1961 (d'après Barbey d'Aurevilly).

http://www.ina.fr/fictions-et-animation ... rc.fr.html

http://www.ina.fr/video/I05041914/derni ... rc.fr.html
The difference between life and the movies is that a script has to make sense, and life doesn't.
Joseph L. Mankiewicz
Profondo Rosso
Howard Hughes
Posts: 15848
Joined: 13 Apr 06, 14:56

Re: Georges Lautner

Post by Profondo Rosso »

Si c'est depuis peu dispo en dvd je l'attendais depuis des années pour enfin le voir d'ailleurs j'ai sauté dessus...

http://www.amazon.fr/Galia-Mireille-Dar ... 955&sr=1-1

Et comme souvent avec les dvd à la demande de Gaumont, très belle copie comme le montre les captures. Merci pour les lien INA Mireille Darc brune !