Billy Wilder (1906-2002)

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés avant 1980.

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Major Tom
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Re: Billy Wilder (1906-2002)

Post by Major Tom »

Comment le plan iconique de la piscine dans Sunset Boulevard fut tourné :

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krolock
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Re: Billy Wilder (1906-2002)

Post by krolock »

35-70 wrote:Billy Wilder qui n'a jamais obtenu un oscar pour une de ses réalisations écrit dans ses mémoires cette sentence qui lui ressemble tellement dans sa causticité: "Les Oscars c'est comme les hémorroïdes, un jour ou l'autre n'importe quel trou du c.l fini par en avoir" !!!!!
C'est vrai, Billy Wilder est un des très grands du 7eme art et beaucoup de ses films sont de véritables chef-d'oeuvre, voire des monuments.
Bof à quoi bon donner de l'importance à ces prix ou tout est presque combiné d'avance, en France aux césars notre meilleur comédien Piccoli se fait damer le pion par belle gueule pistonnée ! Bon c'est comme çà.
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Jeremy Fox
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Re: Billy Wilder (1906-2002)

Post by Jeremy Fox »

krolock wrote:par belle gueule pistonnée !
De qui parles tu ?
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Jeremy Fox
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Re: Billy Wilder (1906-2002)

Post by Jeremy Fox »

krolock wrote:Aucune importance, Piccoli méritait cent fois le trophée, je trouve cela dégueu, tout comme Wilder qui, rien qu'avec son sunset boulevard mériterait de figurer dans les plus grands films de tous les temps.
Je l'ai dit dans mes dix films préférés ( primés ) que l'on peut faire une liste des films non primés tout aussi valable.
J'ai du mal à admettre que Piccoli et Wilder soient mis hors du coup par un jury pour qui le septième art n'en n'est pas un, juste un produit de consommation.
Non pas aucune importance ! De qui parles tu ? De quelle année s'agit-il ?

"Dégueu", encore des grands mots pour des choix qui ne vont pas dans ton sens !
par un jury pour qui le septième art n'en n'est pas un
N'importe quoi !

Mais du coup j'aurais quand même bien aimé savoir de quoi tu parlais dans ta première intervention.
krolock
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Re: Billy Wilder (1906-2002)

Post by krolock »

Jeremy Fox wrote:
krolock wrote:par belle gueule pistonnée !
De qui parles tu ?
Aucune importance car de toutes façons il y a au moins 5 films de Wilder ( dont sunset boulevard ) qui mériteraient l'oscar, Difficile également de détrôner celui que je considère comme étant le meilleur comédien français ( piccoli, Dewaere, Meurisse l'ont ils eu le Cesar ? ), comment un jury peut-il se gourrer à ce point . Cinéma 7ème art ? ou cinéma produit de consommation ? Cest vrai qu'on a du mal à dresser une liste des meilleurs films ou comédiens.
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Jeremy Fox
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Re: Billy Wilder (1906-2002)

Post by Jeremy Fox »

krolock wrote: Difficile également de détrôner celui que je considère comme étant le meilleur comédien français ( piccoli, Dewaere, Meurisse l'ont ils eu le Cesar ? ), comment un jury peut-il se gourrer à ce point .
Tu pourrais nous dire par qui Piccoli a été détroné et pour quel film et quelle année que l'on puisse constater l'étendue des dégats ?

En fait tu refais l'histoire du cinéma par le prisme de tes propres goûts ; si tu décrètes que Wilder est le plus grand cinéaste, que Piccoli est le plus grand acteur... alors le fait qu'ils n'empochent pas de récompenses serait un complot ourdi par un jury de vendus qui n'y connaissent rien : un peu de modestie ne te ferait pas de mal.

Et en plus on est toujours très vite dans le HS avec toi. Passer de Wilder à Piccoli ne te fait pas peur. :mrgreen:
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Rick Blaine
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Re: Billy Wilder (1906-2002)

Post by Rick Blaine »

krolock wrote:Meurisse l'ont ils eu le Cesar ?
Tu as eu l'idée de regarder quand on a commencé à décerner des césars et quand Meurisse a tourné son dernier film ? A mon avis ça t'aiderait à réfléchir à ce que tu as écrit. Moi je trouve scandaleux que Renoir n'ait pas eu le césar du meilleur réalisateur. Et qu'Albert Dieudonné n'ait pas eu celui du meilleur acteur pour son Napoléon...

Le reste je n'ai rien compris. Ca doit être la chaleur.
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Re: Billy Wilder (1906-2002)

Post by krolock »

Rick Blaine wrote:
krolock wrote:Meurisse l'ont ils eu le Cesar ?
Tu as eu l'idée de regarder quand on a commencé à décerner des césars et quand Meurisse a tourné son dernier film ? A mon avis ça t'aiderait à réfléchir à ce que tu as écrit. Moi je trouve scandaleux que Renoir n'ait pas eu le césar du meilleur réalisateur. Et qu'Albert Dieudonné n'ait pas eu celui du meilleur acteur pour son Napoléon...

Le reste je n'ai rien compris. Ca doit être la chaleur.
Cela s'appelle un anachronisme, désolé.
Mon post en fait ne conspue que les récompenses.
Baucoup de grands comédiens n'en n'ont jamais eu, c'est tout ce que je voulais dire.
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Watkinssien
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Re: Billy Wilder (1906-2002)

Post by Watkinssien »

krolock wrote:
Rick Blaine wrote: Tu as eu l'idée de regarder quand on a commencé à décerner des césars et quand Meurisse a tourné son dernier film ? A mon avis ça t'aiderait à réfléchir à ce que tu as écrit. Moi je trouve scandaleux que Renoir n'ait pas eu le césar du meilleur réalisateur. Et qu'Albert Dieudonné n'ait pas eu celui du meilleur acteur pour son Napoléon...

Le reste je n'ai rien compris. Ca doit être la chaleur.
Cela s'appelle un anachronisme, désolé.
Mon post en fait ne conspue que les récompenses.
Baucoup de grands comédiens n'en n'ont jamais eu, c'est tout ce que je voulais dire.
Ce n'est pas nouveau. Beaucoup de grands noms ont été parfois oubliés pour des récompenses, d'autres non. Pas grave du tout.
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Re: Billy Wilder (1906-2002)

Post by DearHunter »

Revu Double Indemnity hier, et je persiste à penser que Stanwyck n'est tout à fait convaincante. Je vais pas pinailler sur son statut de classique: le film reste emballant, rebondissements, dialogues, Edward G. Robinson génial, introduction du sous-genre "récit du criminel" dans le film noir etc...
En général quand on fait la moue sur Stanwick ou McMurray dans ce film, on s'entend dire que c'est précisément ce décalage (la perruque et le look "bitch/tramp" pour elle, le contre emploi total pour lui) qui en fait tout le sel. Bien sûr, mais ça reste théorique: Stanwyck est en dessous pour moi. McMurray est bien, mais le rôle est assez ingrat, pas vraiment jubilatoire.
L'autre adaptation de James Cain de l'époque, Postman Always Rings Twice, est probablement moins brillante formellement et moins jubilatoire, mais plus poignante. Il y a chez Wilder, même à son meilleur parfois, un côté wunderkind, petit malin, qui peut limiter l'impact émotionnel de l'ensemble.


Concernant Le Poison,
entendu hier dans les suppléments de Double Indemnity (BR US 2014) que ce film peut-être vu comme dédié à Chandler, qui avait "replongé" pendant sa collaboration avec Wilder sur le film précédent, alors qu'il était encore sobre en entrant sur le projet.
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Jeremy Fox
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Re: Billy Wilder (1906-2002)

Post by Jeremy Fox »

The Eye Of Doom
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Re: Billy Wilder (1906-2002)

Post by The Eye Of Doom »

One, two,three

Le film n’avait pas bonne reputation : trop outrancier, caricaturale, sans finesse,... et il a fait partie jusqu’a hier des films de Wilder que j’avais sciemment omis de voir.

Ce n’est pas un chef d’oeuvre mais le film est loin d’être dénué d’interet.
D’abord par ce choix curieux du Berlin juste avant le mur. Je ne sais pas quel etait la perception des contemporains mais on peine a croire que la ville divisee est pu paraitre un lieu evident pour une comédie débridé.
Ensuite la charge feroce contre les americains dans le film. Se foutre de la gueule des communistes c’est facile et tranquille. Et ils ont droit à un traitement gratiné, hilarant, individuellement et collectivement. Mais c’est tout de meme la description du méchanceté rare des americains qui frappe. Deja de base, le personnage principal est le patron de Coca cola sur place. Sous sa bonhomie et ses qualités de businessman, ce cache un homme pret a tout pour obtenir la promotion qu’il souhaite. C’est un homme de pouvoir: il regne sur le microcosme local, ses équipes mais aussi les politiques, la police, les journalistes, ... grace a sa position de representant de l’hegemonie americaine (cf la carte du monde avec les implantations de Coca cola. Il a tout de meme pour lui son intelligence et son efficacité. Son patron est juste un incroyable cretin, petri d’un suffisance naturelle que lui confère sa caste.
Mais aucun des personnages n’a le semblant d’une conscience, seul importe l’interet individuel et les doctrines, nazi, capitaliste, communiste , ne sont que les donnees d’un environnement, des contraintes, que l’on epouse et quitte au gre des circonstances favorables.

Impossible de ne pas penser à Lubitsch. Les 3 communistes renvoient a Ninotchka. Les nazis a To be or not to be.
Mais quoiqu’il arrive Lubitsch n’est jamais cynique. C’est un humaniste. Ici Wilder livre sous couvert d’une farce débridée un film d’un cynisme rare.
Un exemple, dans Cluny Brown quand Lubitsch se moque du couple de nobles britannique, c’est féroce et hilarant mais s’ils sont ridicules ils ne sont pas méprisés par Lubitsch qui les dépeint comme des resultats d’une société. Ici il n’y a aucune pitié pour le big boss venu avec sa femme récupérer sa fille.
Rien ni personne n’est a sauver: ils sont betes et/ou devenus des purs esclaves consentants d’un monde sans moral opportunément déguisé sous les habits de deux doctrines en trompe l’oeil et interchangeables.

J’ai adoré le passage au grand hotel, peut etre le plus drole car le plus enlevé.
Si il y avait chez Wilder apparemment un forme d’hommage aux Marx Brother, J’ai plutot souvent pensé à Tex Avery, au mécaniques non sensique qui se mettent en place quand tout s’accélère.

Le film est un peu long et épuisant aussi sous sa logorrhée verbale et dynamique.
On sort groggy
Il souffre aussi, mais dans une bien moindre mesure que 7 ans de reflexion, de son origine theatrale.
Mais on ne s’ennuie pas et finalement on passe un bon moment.
Un film « extravagant » qui s’assume comme tel.
Last edited by The Eye Of Doom on 20 Sep 20, 11:16, edited 1 time in total.
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Watkinssien
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Re: Billy Wilder (1906-2002)

Post by Watkinssien »

The Eye Of Doom wrote: 19 Sep 20, 21:07 One, two,free

C'est un jeu de mots?

Sinon, d'accord dans les grandes lignes, une comédie culottée et que je revois avec un grand plaisir!
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Re: Billy Wilder (1906-2002)

Post by The Eye Of Doom »

Watkinssien wrote: 20 Sep 20, 00:46
The Eye Of Doom wrote: 19 Sep 20, 21:07 One, two,free
C'est un jeu de mots?
:oops:
Corrigé
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Re: Billy Wilder (1906-2002)

Post by The Eye Of Doom »

Ariane
Une jeune femme s’éprends d’un richissime célibataire américain, seducteur « professionnel » de 30 ans de plus.

Le film a un problème : Gary Cooper a 10 ans de trop (au minimum) pour le role.
Le spectateur dans cette situation a le choix entre 3 options:
Ne pas accepter cette situation et donc ne pas apprécier le film. Ce fut mon cas quand je l’ai decouvert il y a 30 ans.
Se dire que finalement, Gary Cooper est trop vieux, c’est pas credible mais c’est pas grave
Croire a cette romance entre une jeunette et un vieux tombeur.

A la revoyure, j’ai opté pour la 3ieme option. Peut etre parce que j’ai maintenant dépassé l’age du protagoniste. :oops:

Le film est a l’evidence une hommage vibrant à Lubitsch. Tout y est.
En premier lieu bien sur Maurice Chevalier, le compere du maitre au moment critique de la bascule dans le parlant. Si le corps a vieilli et si le role de pere a peu a voir avec ceux qu’il tenait dans Le lieutenant souriant ou La veuve joyeuse, la voix et la malice sont la.
Ensuite la romance mystérieuse faite de faux semblants, de seduction, de desir,de quiproquos, de jalousie,…
Enfin la mecanique lubitsch :
où les objets ont de vrais roles : les dossiers, l’étui à violoncelle, la table roulante,
Où on ouvre, ferme, passe des portes
Où le genie consiste à aller au bout d’une idee jusqu’a l’épuisement du rire , ici bien sur l’ineffable quatuor tsigane.
Ou il y a forcement un lit bien visible

Que l’on ne se méprenne pas, rien de tout cela tourne au pastiche, au décalque, a la copie, tout est 100% Wilder mais le Wilder qui avait encadrée au dessus de son bureau la maxime « comment aurait Lubitsch ».

Alors que les protagonistes de Design for living se font le serment suivant : NO SEX, ici le serment qui lie nos amants de l’apres midi c’est SEX BUT NO LOVE.
Bien sur pas plus que dans le film de lubitsch on est dupe sur l’issue. Il faut juste un peu de temps pour que le playboy quinquagénaire comprenne qu’il est tombé amoureux, dans ce qui est peut etre la meilleure scene du film, en tout cas la plus drole.
Il ne peut se cacher derrière le dispositif seduction, mécanique et grotesque, qu’il repete immuablement tout les jours et que decrit de façon hilarante Maurice Chevalier au debut du film : 16h arrivee de l’orchestre,….
La facade se lézarde peu à peu devant cette jeune femme espiègle et tombeuse d’homme.
Face à Audrey Hepburn, lumineuse, de toute facon que faire….

Wilder aurait dit, de memoire, qu’elle faisait de la poitrine un accessoire démodé, ou un truc comme ca.
C’est sur, le surnom Brindille que lui donne Gary Cooper est bien le bon.

Un des aspects surprenants du film est que le coté purement sexuel de la relation entre les deux amants soit a la fois explicite et absent du film.
La declamation de Chevalier sur Paris, ville où tout le monde fait plus souvent l’amour qu’ailleurs, et le titre sans ambiguïté « Love in the afternoon », ne laisse aucune ambiguïté sur ce qui se passe une fois les musiciens partis.
Or, contrairement aux films de Lubitsch où c’est d’abord et sans fard le desir physique qui meut les personnages, ici le sex est désincarné. Aucun trouble de la jeune femme a perdre sa virginité « a pied levé », aucun impact physique ou psychique, a part se laver les cheveux.
Et d’ailleurs l’égrainage des amants de la belle, jusqu’au groupe d’etudiants, ne semble ne faire jamais echo a autre chose que de relations platonique.
Il y a donc un gap entre ce qui est se passe et ce qui est montrer.
Bien sur cette posture resolument non charnelle, accentue la romance des ames. Peut importe in fine si et comment le couple fait l’amour ou pas, l’important est le plaisir ludique qui irradie les amants.

Un des sommets de la filmographie de Billy Wilder. Tout est magnifique.

Le livre de conversation de C.Crowe m’apprends trois choses.
Que Cary Grant a refusé le role.
Que les verres etaient collés a la table roulante.
Que Wilder aurait peu etre préféré que Hepburn ne parle pas sur le quai mais que, bon, c’etait trop tard.

Enfin, le film m’aura fait decouvrir la chronologie de la filmo de Wilder. En effet alors que j’ai vu pratiquement tout ses films, je m’imaginais que Sabrina, Ariane, 7 ans de reflexion, arrivaient apres Certains l’aime chaud. Ou encore que Boulevard du crepuscule etait son premier film ( enfin disons qu’une partie de mon cerveau trouvé l’hypothese seduisante alors meme que j’ai bien vu Danielle Darrieux dans Mauvaise graine). Que Le poison venait apres Stalag 17,…
J’ai remis un peu d’ordre dans tout ca !