René Clair (1898-1981)

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés avant 1980.

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julien
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Re: René Clair (1898-1981)

Post by julien »

Article intéressant mais assez incomplet. Pas un mot sur la très belle musique de Roman Vlad.
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"Toutes les raisons évoquées qui t'ont paru peu convaincantes sont, pour ma part, les parties d'une remarquable richesse." Watki.
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Commissaire Juve
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Re: René Clair (1898-1981)

Post by Commissaire Juve »

Petite remarque en passant...

Pour avoir vu récemment Quatorze juillet (1933) et revu très récemment Sous les toits de Paris (1930), j'ai été amusé par un détail : les personnages qui tirent la langue !

Dans ces deux films, on tire la langue !

Dans Sous les toits de Paris, Pola Illéry -- qui vient d'essuyer ses larmes -- tire une toute petite langue à Albert Préjean... Plus loin, c'est à Albert Préjean de tirer une grosse langue à Pola Illéry... Dans Quatorze Juillet, dans les toutes premières minutes, c'est Annabella qui tire une grosse langue à Georges Rigaud.

A mon avis, on tient un truc important. Il faudrait voir, s'il y a d'autres exemples dans les films suivants. De quoi écrire une thèse de doctorat passionnante ! :mrgreen:
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Commissaire Juve
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Re: René Clair (1898-1981)

Post by Commissaire Juve »

Commissaire Juve wrote:
Dans ces deux films, on tire la langue !

...

A mon avis, on tient un truc important. Il faudrait voir, s'il y a d'autres exemples dans les films suivants. De quoi écrire une thèse de doctorat passionnante ! :mrgreen:
J'ai vu Le Million (1931), il y a deux trois jours... personne n'y tire la langue. :?
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Profondo Rosso
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Re: René Clair (1898-1981)

Post by Profondo Rosso »

Ma femme est une sorcière (1942)

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Au XVIIe siècle, une sorcière et son père sont condamnés au bûcher par Jonathan Wooley, geste funeste car une malédiction est jetée à travers les siècles sur les héritiers de Wooley. Trois siècles plus tard, Wallace Wooley s'apprête à épouser Estelle Masterson.

Deuxième film américain de René Clair, I Married a Witch sans égaler les hauteurs de ses films des années 30, s'affirmait comme le premier grand succès du cinéaste ans son nouvel environnement après La Belle Ensorceleuse où la collaboration avec Marlène Dietrich fut compliquée. Là il parvient merveilleusement à mêler sa veine poétique et décalée aux codes de la screwball comey. Le script mêlant romance et surnaturel permet ainsi au réalisateur de donner libre cours à son imaginaire à travers cette drôle d'histoire d'amour entre une sorcière et le descendant de son bourreau à qui elle avait jeté une malédiction jetant le malheur sur les mariages de sa famille. Clair amène dès l'ouverture une ironie comique et un rythme mêlant touche typique de la comédie américaine en vogue à la Preston Sturges (ami de René Clair à Hollywood et qui lui a peut-être recommandé Veronica Lake dirigée dans Les Voyages de Sullivan) lors de cette vente de pop-corn aux spectateurs du bûcher au XVIIe. L'illustration de la malédiction conjugale à travers les époques, tout en mouvement et montage inventif dans une approche essentiellement visuelle semble quant à elle faire le lien avec les travaux antérieurs de René Clair.

Tout le film fonctionne sur cet habile décalage, que ce soit à travers le script où les idées de mise en scène du réalisateur. Le cadre solidement réaliste de la politique et des élections de gouverneur est ainsi progressivement dynamité par l'irruption du fantastique, l'univers des sorciers et les manifestations de leurs pouvoirs. Pour le héros Wallace Wooley (Fredric March), c'est un avenir tout tracé avec fiancée revêche (Susan Hayward géniale en mégère en puissance) et carrière politique ambitieuse qui est balayée par l'imprévisible Jennifer (Veronica Lake). Auréolée des aptitudes hors-normes de son personnage, Veronica Lake ajoute encore à la dimension surréaliste du film puisque cet enquiquineuse charmante typique de la screwball comedy va s'en avérer d'autant plus envahissante. On la découvre nue dans la fumée d'un incendie, elle apparaît/ disparaît à sa guise dans l'existence de Wallace en défiant toute les règles de la bienséance et Veronica Lake mêle à merveille charme mutin (aussi affolante nue sous sa fourrure que dans les grandes robes sombres qui lui sied parfaitement), présence érotique et innocence enfantine de celle pour qui tout est permis. Les scènes de séduction n'en sont que plus savoureuses notamment celle où en un panoramique et quelques tours d'aiguille sur l'horloge Fredric March passe de réticent à amoureux transi. La géniale séquence de mariage avorté et sa simili Castafiore toujours à contretemps des évènements est également sources de nombreux rires.

Ce va et vient entre sérieux et distance se joue bien sûr dans la nature de l'histoire d'amour, au départ guidée par la vengeance puis par des éléments artificiels (le philtre d'amour) avant un final tout en candeur où les sentiments transcende même les sortilèges. Ce retour au réel crée le romantisme dans un ton à la fois rétrograde (Jennifer renonçant à sa séduction agressive pour essayer d'être la parfaite ménagère) mais surtout humain puisque c'est en abandonnant les artifices que Jennifer se désinhibe et découvre finalement l'amour. Une mélancolie brève mais inattendue se dévoilent donc dans les dernières minutes (avec de jolie vision comme notre couple enlacé près de l'arbre maudit dans un superbe décor studio) où les amoureux se perdent et se retrouvent. Entre temps, René Clair aura fait preuve d'une inventivité constante distiller la féérie burlesque de l'ensemble, que ce soit les esprits sous formes de nuages des sorciers fraîchement libérés où ce taxi survolant la ville. Le film n'est pas parfait loin de là (rythme un peu décousu et pas mal e moment de creux et des personnages secondaires sous exploités hormis le père joué par Cecil Kellaway) mais procure un charme certain. Ce sera une des grandes sources d'inspiration (avec L'Adorable Voisine de Richard Quine) de la célèbre série Ma Sorcière bien-aimée. 4,5/6
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Commissaire Juve
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Re: Notez les films naphtalinés de Novembre 2008

Post by Commissaire Juve »

EddieBartlett wrote:
Karras wrote:Le silence est d'or (René Clair) (1947)
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Le premier film de René Clair après la libération. Une comédie gentillette avec Maurice Chevalier et François Perier qui ne brille pas vraiment par sa mise en scène et dont le scénario est tout aussi prévisible. L'interêt du film est plutôt dans cet hommage au cinéma muet et dans l'interprétation, en particulier de la jeune Marcelle Derrien, assez bluffante, qui est décédée il y a quelques jours.
Marcelle Derrien bluffante ??? :shock: :shock: :mrgreen:
Paix à son âme, mais je trouve au contraire son jeu exécrable. Elle plombe en grande partie le film. C'est une erreur de casting proprement incompréhensible de la part de René Clair. Du reste, elle n'a tourné que quelques films en tout et pour tout. Ca ne m'étonne pas vraiment.
(Bon maintenant, j'attend que le club des admirateurs de Marcelle Derrien me tombe dessus).

Sinon, le film, (dont le script est vaguement inspiré de "l'Ecole des Femmes", dixit René Clair) est une comédie très très gentillette sur une rivalité amoureuse entre un vieux beau charmant (Maurice Chevalier) et un jeune coq naïf (François Périer) au temps du muet.
La comédie est assez anodine et on est loin des grandes réussites de Clair.
Chevalier a repris au pied levé le rôle principal destiné au départ à... Raimu. C'est plus que probable que ce chamboulement d'acteurs a eu des conséquences négatives pour le film.
Découvert hier soir...

En dépit de la présence de Maurice Chevalier (dont je ne suis pas du tout friand), j'ai tenté le coup et j'ai trouvé ça très sympa (c'est mon côté "midinette" :mrgreen: ). Si j'ai été un peu frustré par la disparition rapide de Dany Robin (encore toute débutante, elle n'y a qu'un petit rôle), le regard de chat mouillé de Marcelle Derrien a su me toucher. Je me suis demandé pendant tout le film qui elle pouvait bien être (maintenant, je sais) et je trouve la réaction d'EddieBartlett bien excessive. Mais... les goûts et les couleurs.

Autour de Maurice Chevalier (sobre... je me demande bien ce que cela aurait donné avec Raimu), on retrouve quelques habitués des films de René Clair : Raymond Cordy (assez drôle en chaperon), Gaston Modot, Paul Ollivier... et je me dis que le rôle tenu par Maurice Chevalier aurait probablement convenu à Albert Préjean (5 ans plus jeune que Chevalier), mais Clair et lui s'étaient visiblement perdus de vue depuis 1930.

Une faute de goût : les nombreux plans tournés en transparence, comme un vulgaire Hitchcock : muuuf !
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Re: René Clair (1898-1981)

Post by Tommy Udo »

Film diffusé demain soir (plutôt dans la nuit de mardi à mercredi) au ciné-club^^
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Major Dundee
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Re: Notez les films naphtalinés de Novembre 2008

Post by Major Dundee »

Commissaire Juve wrote: Une faute de goût : les nombreux plans tournés en transparence, comme un vulgaire Hitchcock : muuuf !
J'adore les petites phrases assassines qui parsèment tes messages Commissaire. Même quand je ne suis pas d'accord. :)
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Commissaire Juve
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Re: René Clair (1898-1981)

Post by Commissaire Juve »

:uhuh:

Oh, quand même... Faire des contrechamps en transparence pour filmer un type qui joue du violon dans la rue (par ex), je trouve ça aussi impardonnable que de filmer Eva Marie Saint et Cary Grant faisant semblant de marcher devant une transparence de quai de gare. Horrible ! De sales habitudes prises en Amérique sans doute.
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Re: Notez les films naphtalinés de Novembre 2008

Post by Federico »

Commissaire Juve wrote:
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EddieBartlett wrote:
Marcelle Derrien bluffante ??? :shock: :shock: :mrgreen:
Paix à son âme, mais je trouve au contraire son jeu exécrable. Elle plombe en grande partie le film. C'est une erreur de casting proprement incompréhensible de la part de René Clair. Du reste, elle n'a tourné que quelques films en tout et pour tout. Ca ne m'étonne pas vraiment.
(Bon maintenant, j'attend que le club des admirateurs de Marcelle Derrien me tombe dessus).

Sinon, le film, (dont le script est vaguement inspiré de "l'Ecole des Femmes", dixit René Clair) est une comédie très très gentillette sur une rivalité amoureuse entre un vieux beau charmant (Maurice Chevalier) et un jeune coq naïf (François Périer) au temps du muet.
La comédie est assez anodine et on est loin des grandes réussites de Clair.
Chevalier a repris au pied levé le rôle principal destiné au départ à... Raimu. C'est plus que probable que ce chamboulement d'acteurs a eu des conséquences négatives pour le film.
Découvert hier soir...

En dépit de la présence de Maurice Chevalier (dont je ne suis pas du tout friand), j'ai tenté le coup et j'ai trouvé ça très sympa (c'est mon côté "midinette" :mrgreen: ). Si j'ai été un peu frustré par la disparition rapide de Dany Robin (encore toute débutante, elle n'y a qu'un petit rôle), le regard de chat mouillé de Marcelle Derrien a su me toucher. Je me suis demandé pendant tout le film qui elle pouvait bien être (maintenant, je sais) et je trouve la réaction d'EddieBartlett bien excessive. Mais... les goûts et les couleurs.
Pas une grande actrice mais plutôt charmante. Je ne suis pas un inconditionnel de René Clair dont je trouve le parcours très inégal mais Le silence est d'or est un de mes préférés. Et aussi un des plus jolis films sur l'industrie du cinéma.
Autour de Maurice Chevalier (sobre... je me demande bien ce que cela aurait donné avec Raimu), on retrouve quelques habitués des films de René Clair : Raymond Cordy (assez drôle en chaperon), Gaston Modot, Paul Ollivier... et je me dis que le rôle tenu par Maurice Chevalier aurait probablement convenu à Albert Préjean (5 ans plus jeune que Chevalier), mais Clair et lui s'étaient visiblement perdus de vue depuis 1930.
C'est vrai que Chevalier n'en fait pas trop. Avec Raimu, ça aurait pu être amusant mais certainement moins sobre.
Préjean a eu des soucis à la Libération et mis quelques années avant de pouvoir retourner avec de bons cinéastes.
Une faute de goût : les nombreux plans tournés en transparence, comme un vulgaire Hitchcock : muuuf !
Ou un Fantômas de Hunebelle... :mrgreen:
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Commissaire Juve
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Re: Notez les films naphtalinés de Novembre 2008

Post by Commissaire Juve »

Federico wrote: C'est vrai que Chevalier n'en fait pas trop. Avec Raimu, ça aurait pu être amusant mais certainement moins sobre.
Préjean a eu des soucis à la Libération et mis quelques années avant de pouvoir retourner avec de bons cinéastes.
Cela dit, en 1947, il est à l'affiche de trois films (mais avec des réals dont les noms ont l'air de pseudos :mrgreen: ... même si je connais René Jayet).

EDIT : j'ajoute que Chevalier a eu chaud aux fesses avant et pendant l'épuration (il a carrément été condamné à mort par contumace par un tribunal spécial à Alger le 27 mai 1944... avec un étonnant retournement de situation : "Menacé d'être fusillé à la Libération, il est finalement sauvé par le Parti communiste et lavé de tout soupçon de collaboration. Pierre Dac vint en personne demander au comité d'épuration que Chevalier soit entièrement et complètement blanchi. Le 30 novembre 1945, un rapport du comité national d'épuration des professions d'artistes dramatiques et lyriques, adressé au ministre des Beaux-Arts, conclut à la complète innocence de Maurice Chevalier. C'est par la chanson Fleur de Paris (1945) qu'il affirmera son blanchiment et son nouveau départ" selon Wikipedia).
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Ce n'est pas aussi pathologique que chez Alfred. Mais -- après revoyure en HD pas terrible sur France 4 -- il est vrai que la fin de "Fantômas se déchaîne" m'a bien piqué les yeux. :?
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Re: Notez les films naphtalinés de Novembre 2008

Post by Federico »

Commissaire Juve wrote:
Federico wrote: C'est vrai que Chevalier n'en fait pas trop. Avec Raimu, ça aurait pu être amusant mais certainement moins sobre.
Préjean a eu des soucis à la Libération et mis quelques années avant de pouvoir retourner avec de bons cinéastes.
Cela dit, en 1947, il est à l'affiche de trois films (mais avec des réals dont les noms ont l'air de pseudos :mrgreen: ... même si je connais René Jayet).

EDIT : j'ajoute que Chevalier a eu chaud aux fesses avant et pendant l'épuration (il a carrément été condamné à mort par contumace par un tribunal spécial à Alger le 27 mai 1944... avec un étonnant retournement de situation : "Menacé d'être fusillé à la Libération, il est finalement sauvé par le Parti communiste et lavé de tout soupçon de collaboration. Pierre Dac vint en personne demander au comité d'épuration que Chevalier soit entièrement et complètement blanchi. Le 30 novembre 1945, un rapport du comité national d'épuration des professions d'artistes dramatiques et lyriques, adressé au ministre des Beaux-Arts, conclut à la complète innocence de Maurice Chevalier. C'est par la chanson Fleur de Paris (1945) qu'il affirmera son blanchiment et son nouveau départ" selon Wikipedia).
C'est certain qu'il ne fit pas partie des "plus résistants" mais j'imagine que sa situation était très délicate et qu'il dut plus que d'autres danser sur la corde raide car sa compagne d'alors était juive. L'épuration fut particulièrement sévère dans le milieu du cinéma (avec en Fouquier-Tinville l'acteur Pierre Blanchar) mais étrangement, certains cadors du cinéma et du music-hall restés très actifs durant l'Occupation passèrent étrangement beaucoup plus facilement entre les gouttes que Chevalier... :roll:
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Père Jules
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Re: René Clair (1898-1981)

Post by Père Jules »

Entr'acte (1924) est un film éminemment chiant. Si je peux concevoir qu'à l'époque beaucoup des possibilités du cinéma restaient encore à explorer, j'ai en revanche beaucoup plus de mal avec le côté totalement foutraque de l'expérimentation et aux inspirations surréaliste de ce court-métrage de vingt minutes. Déjà dans la littérature je trouve ça totalement vain et sans intérêt, alors au cinéma, quand on est confronté à un dromadaire qui tire un corbillard, à une danseuse en tutu filmée du dessous au ralenti, à une partie d'échecs sur les toits de Paris, à deux types qui sautent autour d'un canon... le tout, sans que rien ne vienne lier l'ensemble dans un semblant de logique, ben je décroche inévitablement. Là, ça a dû prendre 1 minutes 30. Si Paris qui dort avait un minimum d'attrait, là on est confronté à un truc dont je demeure surpris qu'on puisse encore, 90 ans après, y voir autre chose qu'un témoignage lointain des tâtonnements cinématographique du muet.
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Re: René Clair (1898-1981)

Post by cinephage »

Père Jules wrote:Entr'acte (1924) est un film éminemment chiant. Si je peux concevoir qu'à l'époque beaucoup des possibilités du cinéma restaient encore à explorer, j'ai en revanche beaucoup plus de mal avec le côté totalement foutraque de l'expérimentation et aux inspirations surréaliste de ce court-métrage de vingt minutes. Déjà dans la littérature je trouve ça totalement vain et sans intérêt, alors au cinéma, quand on est confronté à un dromadaire qui tire un corbillard, à une danseuse en tutu filmée du dessous au ralenti, à une partie d'échecs sur les toits de Paris, à deux types qui sautent autour d'un canon... le tout, sans que rien ne vienne lier l'ensemble dans un semblant de logique, ben je décroche inévitablement. Là, ça a dû prendre 1 minutes 30. Si Paris qui dort avait un minimum d'attrait, là on est confronté à un truc dont je demeure surpris qu'on puisse encore, 90 ans après, y voir autre chose qu'un témoignage lointain des tâtonnements cinématographique du muet.
On peut aussi y voir de la poésie, de la fantaisie et une certaine recherche. On peut aussi y voir un document historique d'intérêt, comme témoignage d'une époque, d'une certaine approche de l'écriture et du cinéma, bref, un petit film pas très long et plutôt intéressant et sympathique.
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Jack Carter
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Re: René Clair (1898-1981)

Post by Jack Carter »

Père Jules wrote:Entr'acte (1924) est un film éminemment chiant. Si je peux concevoir qu'à l'époque beaucoup des possibilités du cinéma restaient encore à explorer, j'ai en revanche beaucoup plus de mal avec le côté totalement foutraque de l'expérimentation et aux inspirations surréaliste de ce court-métrage de vingt minutes. Déjà dans la littérature je trouve ça totalement vain et sans intérêt, alors au cinéma, quand on est confronté à un dromadaire qui tire un corbillard, à une danseuse en tutu filmée du dessous au ralenti, à une partie d'échecs sur les toits de Paris, à deux types qui sautent autour d'un canon... le tout, sans que rien ne vienne lier l'ensemble dans un semblant de logique, ben je décroche inévitablement. Là, ça a dû prendre 1 minutes 30. Si Paris qui dort avait un minimum d'attrait, là on est confronté à un truc dont je demeure surpris qu'on puisse encore, 90 ans après, y voir autre chose qu'un témoignage lointain des tâtonnements cinématographique du muet.
Tu dois etre un grand fan des deux premiers Bunuel, toi, non ? :lol:
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Père Jules
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Re: René Clair (1898-1981)

Post by Père Jules »

cinephage wrote:On peut aussi y voir de la poésie, de la fantaisie et une certaine recherche. On peut aussi y voir un document historique d'intérêt, comme témoignage d'une époque, d'une certaine approche de l'écriture et du cinéma, bref, un petit film pas très long et plutôt intéressant et sympathique.
On peut. Moi pas. La recherche pour la recherche, ça me gonfle. Ce fut sans doute une prouesse en termes de montage pour l'époque mais ça me laisse totalement froid. Et je loue le ciel que Clair n'en est tiré que 20 minutes.
Jack Carter wrote:Tu dois etre un grand fan des deux premiers Bunuel, toi, non ? :lol:
Bof :mrgreen: