Fanny et Alexandre (Ingmar Bergman - 1982)

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés à partir de 1980.

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Rockatansky
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Post by Rockatansky »

Cathwoman wrote:
Fatalitas wrote: elle a peut-etre besoin de stf, non ??
Voilà, j'hésite encore. Je le prendrais si j'étais sûre que dans 6 mois il ne sorte pas une version avec des stf...
Ce coffret tel quel, ça m'étonnerai beaucoup.
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Post by Fatalitas »

perso, je ne pourrai pas me taper 5 heures de sta, je decrocherai tres vite :?
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Leopold Saroyan
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Post by Leopold Saroyan »

Fatalitas wrote: elle a peut-etre besoin de stf, non ??

Si tel etait le cas, dans mon cas, je l'aurai deja depuis longtemps
Tu me l'as déjà faite celle-là!

Elle a dit qu'elle hésitait, d'où mon conseil. :idea:
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Post by Fatalitas »

Leopold Saroyan wrote:
Fatalitas wrote: elle a peut-etre besoin de stf, non ??

Si tel etait le cas, dans mon cas, je l'aurai deja depuis longtemps
Tu me l'as déjà faite celle-là!

Elle a dit qu'elle hésitait, d'où mon conseil. :idea:
:oops: :arrow:
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Fatalitas
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Post by Fatalitas »

la version ciné (3h) diffusé sur cinecinema famiz à partir du 13 mars en multidiffusions :wink:
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Leopold Saroyan
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Post by Leopold Saroyan »

Je viens de finir l'épisode 3. C'est encore plus frappant dans la version TV mais ce film est une déclaration d'animosité voire de haine envers la religion. C'en est facinant, je ne retiens presque que cela du film au final.
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Post by MJ »

Fanny et Alexandre d'Ingmar Bergman (gaffe aux spoilers!)

Enfin vu l'adieu au cinéma du cinéaste qui me touche le plus dans sa version définitive et originelle, version télévisée d'une durée totale de six heures (contre trois pour la version cinéma) et qui change l'oeuvre du tout au tout.
J'avais déjà trouvé la version cinéma ample et virtuose, mais elle est à vrai dire proprement incomparable par rapport à la longue. Là où la mise en scène pouvait sembler encore un peu "castrée", là où la narration s'apparentait à une machine structurée, très bien huilée, Bergman livre ici un film fleuve, limpide, où tout coule de source. Les évènements se suivent, tout va très vite, et les scènes clés manquantes pour raccourcir l'oeuvre offrent souvent une toute autre signification à certains passages (par exemple les funérailles, qui revêtent une toute autre signification sur l'état de la veuve quand on sait comment son mari mourrant souhaitait qu'elle se déroule).
Bergman se livre, offre un panorama largement exhaustif de ce qu'il a fait durant toute sa carrière, offre un récit à grande partie auto-biographique, s'amuse à distiller des clés, parfois volontairement erronées, rend hommage à ses maîtres tel Strindberg ou Carl Larsson et surtout, déclare une bonne fois pour toute sa flamme aux deux amours de sa vie: le théâtre et le cinéma.
Fanny och Alexander est une célébration de l'imagination et de la créativité, qui montre ce qui se passe quand on tente de l'étouffer et qui plonge finalement dans les abîmes de la noirceur humaine (principalement assimilées à l'artiste) avant un lumineux retour à la joie et l'espoir.
Un film somme, vu par les yeux d'un enfant, ce qui permet au réalisateur de passer en une fraction de secondes et sans ridicule d'une émotion à son plus total contraire. L'oeuvre est si multiple, appelle à des émotions si différentes (parfois dans un même temps) qu'il est impossible de l'enfermer dans un carcan, ou alors on a pas vu le même film.
À ce niveau le premier plan sur Alexandre, allongé, seul et mélancolique, jouant avec un théâtre de marionettes est hautement significatif: il tire les ficelles, crée son propre univers... et peut-être que toute l'intrigue à venir n'est que le fruit de l'imagination d'un petit garçon qui s'ennuie seul une après-midi. L'hypothèse n'est pas négligeable.

Prologue
En quelques minutes et un seul personnage (si l'on excepte l'apparition finale de la grand-mère), Bergman impose son univers, sa séduction, sa mélancolie.
Déjà le surnaturel est présent, Alexandre a des visions. Ce sont certes les visions naturelles d'un enfant imaginatif, et il ne s'agit pas d'une névrose, mais dès le début le spectateur est prévenu: ici tout peut arriver. Dès lors, ça peut commencer.

Episode I
Une heure et demie pour raconter une soirée de Noël! Tout courre, aucuns temps morts dans la première partie. Le paradis des joies familiales vu par Bergman, et pourtant ses personnages sont loin d'être parfaits, on s'en rend compte très vite.
Après la soirée, chacun retrouve son intimité et les protagonistes nous sont présentés de manière ciblée. Il a beau vouloir la faire taire le Suédois, la misanthropie est tout de même présente, lucidité diront certains. Mais contrairement à beaucoup des films de son auteur, il y a ici une grande compassion pour ses gens dans des situations parfois particulièrement inconfortables. Ce qui aurait pu être balayé en deux coup de cuiller à pot est ici exposé avec une grande minutie, tout en conservant un rythme intransigeant, qui semble dicter l'épisode.
La différence majeure avec la version en salles du film est le background bien plus lourd du père de Fanny et Alexandre, qui rendra son décès bien plus lourd.
À noter aussi une foule de second rôles tous passionants, totalement absents du montage écourté, narrativement inutiles mais réjouissants à suivre.

Episode II
Après une poignante déclaration d'amour au théâtre -alors qu'on nous montre deux acteurs furieusement pitoyables répétant sans grand talent le Hamlet de Shakespeare- le film commence véritablement via la crise d'Oscar Ekhdal.
La mort, le deuil, voilà le sujet principal de cet épisode. Bergman semble vouloir dire que pour accéder à son statut d'artiste, il faut se détacher de son père, symboliquement le tuer. Ce sera le cas pour les deux mentors d'Alexandre, le bon comme le mauvais.
Dès l'entrée en scène du pasteur Vergerus, l'ambiance change: les tons se décolorent de plus en plus, alors que la lumière se fait aveuglante et l'hiver nocturne sépia du début fait place à un été âpre et étouffant.
La créativité est interdite, la petite famille Ekhdal part sans rien chez ce pasteur avec qui la mère se re-marie et dès le départ le spectateur comprend que la suite ne donnera pas forcément envie de rire.


Episode III
On a cette fois clairement bascué dans le psychodrame, l'horreur psychologique dans ce qu'elle a de plus pervers parce qu'indéfinissable.
Un malaise persistant subsiste, et les visions horrifiques des enfants viennent presque comme un réconfort par rapport à l'aridité de cette paroisse où ils sont cloîtrés.
L'apaisement ne subsiste qu'en dehors de ce lieux ironiquement maléfique, dans la résidence d'été de la grand-mère, peuplé de fantômes bienveillants et nimbée d'une ambiance délétére sur laquelle Bergman joue dans un montage parallèle entre la tranquille mélancolie de sa demeure et la tension omniprésente de chez Vergerus.
Difficile de ne pas identifier ici le père d'Ingmar Bergman, sévère pasteur luthérien dont il dressera un portrait ambigu, mais ici simplifié à sa vision enfantine d'un pasteur unilatéralement malveillant. Il lui offrira finalement un semblant d'humanité, mais pas pour le moment.
Bien qu'il s'agisse d'une adaptation littéraire, on ressent dans tout Fanny och Alexander le vécut de son metteur en scène, dont la mère était issu d'un milieu très aisé mais qui enceinte du cinéaste, abandonna sa précédente vie pour partager celle d'un prédicateur et austère, qui laissera à Bergman toute sa vie durant, une vision profondément anti-cléracaliste de la vie, à défaut d'être agnostique (le Dieu-araignée, absent voir sadique mais pas inexistant pour autant, le surnaturel qui parcourt son oeuvre).
Cet épisode s'insère dans une oeuvre foisonnante mais pris à part ne peut être vu autrement que comme une déclaration de haine à la religiosité.


Episode IV
Enlevés par le juif Jakobi, Fanny et Alexandre sont sains et saufs, mais qu'ils ne crient pas victoire trop tôt... le personnage principal doit faire un dernier plongeon cauchemardesque avant de revenir à la surface.
Le grand ajout de cette version longue est d'insister sur le fait que le pasteur Vergerus peut récupérer ces enfants, ce qui leur met une épée de Damoclès absente du montage cinéma, mais selon moi primordiale à la compréhension de l'oeuvre.
Ici, les errances nocturnes du jeune garçon dans une étrange bâtisse vont le pousser à faire de terribles découvertes: sur lui. Un film-cerveau, nous sommes dans la psyché du jeune garçon, qui jusque-là semblait encore candide et innocent mais va se révéler plus ambigu qu'on ne le pensait jusqu'alors.
On va très loin dans le fantastique, sans aucuns recul, pas de cynisme, un premier degré de mise. L'onirisme est de tout les plans, qu'ils parlent de culpabilité (le fantôme du père), de fascination religieuse (l'apparition de Dieu) ou du Mal qui est en nous (la momie qui est en fait la vieille tante grabataire, Ismaël qui lit dans les pensée d'Alexandre et le pousse à tuer son beau-père). Toute cette partie a sur moi un effet viscéral et sans pouvoir expliquer pourquoi, je dois dire qu'elle me fout franchement les pétoches. Le sympathique petit garçon du début a par sa pensée la capacité de tuer son prochain, de déclencher les évènements qu'il veut, on l'y a poussé certes, mais aura-t-il besoin d'influence pour le faire par la suite? Ou est-ce sa culpabilité qui s'exprime et le pousse à se croire meutrier? Dans tous ls cas il est rempli d'une haine véritable et d'un désespoir profond autant vis-à-vis de l'homme que vis-à-vis de Dieu, plutôt malsain quand on parle d'un gosse qui vient de passer la barre des onze ans.
Reprenant un canevas inhérent au cinéma de genre, la rédemption vient au matin quand le protagoniste est enfin allé au fond des choses, de ses traumas et psychoses. Le film se termine en apothéose, par un discours fédérateur de l'oncle Gustav Adolf. La famille étant à nouveau enfin réunie, et deux bébés semblant signifier une seconde chance, un nouvel espoir. Le plan final, hommage à Strindberg de nouveau, aussi simple soit-il est un véritable catharsis des six heures qui viennent de se dérouler devant nos yeux. Le film forme un cycle, le cycle de la vie.

Bien que foisonnant de post-scriptums, l'oeuvre cinématographique de Bergman se termine bien avec Fanny och Alexander dans sa version télévisée, du moins jusqu'à Saraband, autre téléfilm aux ambitions démesurées. Deux films totalement différents mais tout deux profondément bergmaniens.
En l'état, c'est en 1982 que Bergman livre son chef-d'oeuvre dont la réussite est la plus évidente.
"Personne ici ne prend MJ ou GTO par exemple pour des spectateurs de blockbusters moyennement cultivés." Strum
Cathwoman
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Post by Cathwoman »

MJ wrote:Fanny et Alexandre

[...]

En l'état, c'est en 1982 que Bergman livre son chef-d'oeuvre dont la réussite est la plus évidente.
:D :D :D

:|
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Roy Neary
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Fanny et Alexandre (Ingmar Bergman, 1982)

Post by Roy Neary »

Après Cria Cuervos la semaine dernière, notre même rédacteur poursuit avec un autre chef-d'œuvre de l'enfance.
Le DVD Criterion n'est pas sorti récemment mais ce film magnifique manquait à notre site, et notre rôle n'a jamais été de coller nécessairement à l'actualité (c'est un petit rappel pour les nouveaux inscrits). :wink:

:arrow: Fanny et Alexandre
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julien
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Post by julien »

Fanny et Alexandre en dvd c'est bien joli mais à quand une édition d'Hugo et Joséphine ?
Anorya
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Post by Anorya »

Apparemment cette édition chroniquée regroupe la version longue et la version courte...Pourtant dans les rayons dvd import, je ne trouve que le criterion version courte le plus souvent...

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:( :?
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Boubakar
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Post by Boubakar »

Anorya wrote:Apparemment cette édition chroniquée regroupe la version longue et la version courte...Pourtant dans les rayons dvd import, je ne trouve que le criterion version courte le plus souvent...
:( :?
La version 5 dvd est vendue sur dvdpacific pour moins de 30 euros :
http://dvdpacific.com/item.asp?ID=621862
Anorya
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Post by Anorya »

Boubakar wrote:
Anorya wrote:Apparemment cette édition chroniquée regroupe la version longue et la version courte...Pourtant dans les rayons dvd import, je ne trouve que le criterion version courte le plus souvent...
:( :?
La version 5 dvd est vendue sur dvdpacific pour moins de 30 euros :
http://dvdpacific.com/item.asp?ID=621862
Ouch, ça sent le bon plan ça...Merci ! :wink: :D
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Flol
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Post by Flol »

Zone all ?
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Boubakar
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Post by Boubakar »

Ratatouille wrote:Zone all ?
non