Michael Curtiz (1886-1962)

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés avant 1980.

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Jeremy Fox
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Re: Michael Curtiz (1886-1962)

Post by Jeremy Fox »

Scandale à la cour (A Breath of Scandal) 1960

L'histoire d'amour entre une princesse du royaume austro-hongrois et un ingénieur américain au début du 20ème siècle. Après 20 premières minutes très amusantes (la tentative de séduction dans le pavillon de chasse), dès que l'intrigue se déplace à Vienne, c'est l'ennui qui prend le dessus, Michael Curtiz n'étant pas du tout inspiré dans sa mise en scène, l'intrigue devenant totalement intéressante. C'est bien dommage car John Gavin et Sophia Loren semblaient bien s'amuser lors de ce prologue à la campagne. Beaucoup d'émigrés européens à Hollywood n'auront vraiment pas réussi leurs coups dans leurs tentatives de réaliser leurs "comédies viennoises".
Hitchcock
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Re: Michael Curtiz (1886-1962)

Post by Hitchcock »

Jeremy Fox wrote:Scandale à la cour (A Breath of Scandal) 1960

L'histoire d'amour entre une princesse du royaume austro-hongrois et un ingénieur américain au début du 20ème siècle. Après 20 premières minutes très amusantes (la tentative de séduction dans le pavillon de chasse), dès que l'intrigue se déplace à Vienne, c'est l'ennui qui prend le dessus, Michael Curtiz n'étant pas du tout inspiré dans sa mise en scène, l'intrigue devenant totalement intéressante. C'est bien dommage car John Gavin et Sophia Loren semblaient bien s'amuser lors de ce prologue à la campagne. Beaucoup d'émigrés européens à Hollywood n'auront vraiment pas réussi leurs coups dans leurs tentatives de réaliser leurs "comédies viennoises".
J'avais abandonné le film en cours de visionnage, tellement c'était laborieux et ennuyeux.
bruce randylan
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Re: Michael Curtiz (1886-1962)

Post by bruce randylan »

Découvert dans le festival Toute la mémoire du monde
Mammy (1930)

Al fait partie d'une troupe itinérante de Minstrel show spécialisée dans les spectacles de blackface. Il est secrètement amoureux de la fiancée du chef d'orchestre, son meilleur ami.

Un véhicule pour Al Jolson qui recycle beaucoup de figures du chanteur de jazz : les blackfaces et la relation mélodramatique avec sa "mammy".
Curtiz dans tout ça n'a pas grand chose à faire de plus que suivre le scénario et sa vedette d'autant que sa réalisation doit composer avec un tournage sonore et plusieurs séquences en technicolor bichrome. De quoi largement alourdir le caméra. Si ce n'est donc quelques passages éparses (l'ouverture sous la pluie, un plan dans un commissariat avec ombres gigantesques sur les murs, quelques morceaux du vagabondage vers la fin), le film est assez terne et anodin. Mais on ne lui demande pas de tout façon de se faire remarquer, plutôt de mettre en avant le potentiel commercial des chansons. Ainsi on entendra pas mois de 3 fois "let me sing and I'm happy" (sur la fin, c'est un peu fatiguant). Tirés en partie des compositions de Irving Berling, les titres alternent entre le sympathique et le médiocre (c'est pas trop dégoulinant au moins). Mais en revanche la chanson avec le casting maquillé en noirs qui entonne "yes ! we have no banana" laisse vraiment un sale arrière gout :?

Mais le problème majeur du film est pour ainsi dire de n'avoir aucune intrigue, juste une accumulations d'éléments tiré d'un cahier des charges. on pourrait ainsi couper la maman du film que ça changerait rien... et l'histoire d'amour aussi... Y-a juste dans le dernier tiers un curieux détour par le film policier avec un pistolet chargé de balles réelles (au lieu d'être à blancs). Et encore, le dénouement est balancé comme si on s'en fichait.

Pas mémorable donc. Reste que les 2 séquences en technicolor bichrome (pas loin de 10 minutes en tout) rendent plutôt bien :)
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Jeremy Fox
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Re: Michael Curtiz (1886-1962)

Post by Jeremy Fox »

Les comancheros, western du WE
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Re: Michael Curtiz (1886-1962)

Post by xave44 »

...se suit avec un très grand plaisi.
Oups... :fiou:
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Jeremy Fox
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Re: Michael Curtiz (1886-1962)

Post by Jeremy Fox »

Merci ; corrigé :wink:
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Re: Michael Curtiz (1886-1962)

Post by bruce randylan »

Une sacrée rareté à la Fondation Pathé aujourd'hui et samedi : Frau Dorothys Bekenntnis (de 1921 - période autrichienne) :D

http://www.fondation-jeromeseydoux-path ... 6T14:00:00
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bruce randylan
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Re: Michael Curtiz (1886-1962)

Post by bruce randylan »

bruce randylan wrote:Une sacrée rareté à la Fondation Pathé aujourd'hui et samedi : Frau Dorothys Bekenntnis (de 1921 - période autrichienne) :D

http://www.fondation-jeromeseydoux-path ... 6T14:00:00
Et donc :) :
Frau Dorothys Bekenntnis (1921)

Une femme est arrêtée pour avoir assassiner son compagnon. Elle raconte ce qui l'a conduit à ce geste.

Si le film ne brille pas par son originalité avec un scénario assez conventionnel où un homme dépravé, arriviste et oisif profite de la naïveté d'une aristocrate pour détourner son argent et la pousser dans la débauche, sa construction dramatique est bien plus recherchée puisque les raison du meurtre son racontées dans une succession de flash-backs. Encore mieux : un épisode clé est même raconté de différents point de vue, ce qui implique même plusieurs aller-retours à différente époque, ce qui devait être encore assez rare pour l'époque. Michael Curtiz qui s'appelait alors Mihaly Kertész maîtrise sa narration avec une fluidité d'une extrême limpidité pour maintenir l'intérêt du début à la fin en se consacrant majoritairement sur son personnage féminin qui correspond évidement à un certain nombres de stéréotypes mais jouée et filmée avec une sincère sensibilité qui épaissit considérablement son caractère, malgré un maquillage un peu trop forcée.
L'autre point fort du film est sa sublime direction artistique : décors très réussis entre atmosphère châtelaine lumineuse et ambiances expressionnismes jamais surlignée, l'occasion pour Curtiz de jouer déjà sur des éclairages avec de violentes ombres portées. La photo est signée par Gustav Ucicky qui fut un collaborateur très fréquent du cinéaste (et accessoirement le fils non reconnu de Gustav Klimt, ce qui l'affecta considérablement). Il livre un travail admirable autant à l'aise dans les clairs-obscurs, les contrastes marquée, les contre-jours ou les halo lumineux délicats.

Cette sophistication dans la mise en scène permet d'apporter la touche qui fait oublier des péripéties pas toujours crédibles, quelques raccourcis voire des répétitions. Cela dit, même si le film durait bien plus que les 50 minutes annoncées (plutôt 80 en réalité), on devine que la copie (retrouvée en Angleterre) est toujours incomplète avec la possibilité que certaine coupes proviennent d'ailleurs de la censure. Mais les cartons de présentation étant en autrichien sans traduction, je n'en sais pas plus. :fiou:

Si je le compare avec Les Chemins de la terreur (aussi appelé Jusqu'au crime et datant également de 1921), un autre film autrichien du cinéaste que j'ai pu voir, ce Frau Dorothys Bekenntnis est moins trépidant, moins virtuose, moins divertissent mais il est plus élaboré avec une unité stylistique mieux contrôlée. Dans les deux cas, les films n'ont vraiment pas à rougir de leurs âges. :D
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Re: Michael Curtiz (1886-1962)

Post by allen john »

bruce randylan wrote:
bruce randylan wrote:Une sacrée rareté à la Fondation Pathé aujourd'hui et samedi : Frau Dorothys Bekenntnis (de 1921 - période autrichienne) :D

http://www.fondation-jeromeseydoux-path ... 6T14:00:00
Et donc :) :
Frau Dorothys Bekenntnis (1921)

Une femme est arrêtée pour avoir assassiner son compagnon. Elle raconte ce qui l'a conduit à ce geste.

Si le film ne brille pas par son originalité avec un scénario assez conventionnel où un homme dépravé, arriviste et oisif profite de la naïveté d'une aristocrate pour détourner son argent et la pousser dans la débauche, sa construction dramatique est bien plus recherchée puisque les raison du meurtre son racontées dans une succession de flash-backs. Encore mieux : un épisode clé est même raconté de différents point de vue, ce qui implique même plusieurs aller-retours à différente époque, ce qui devait être encore assez rare pour l'époque. Michael Curtiz qui s'appelait alors Mihaly Kertész maîtrise sa narration avec une fluidité d'une extrême limpidité pour maintenir l'intérêt du début à la fin en se consacrant majoritairement sur son personnage féminin qui correspond évidement à un certain nombres de stéréotypes mais jouée et filmée avec une sincère sensibilité qui épaissit considérablement son caractère, malgré un maquillage un peu trop forcée.
L'autre point fort du film est sa sublime direction artistique : décors très réussis entre atmosphère châtelaine lumineuse et ambiances expressionnismes jamais surlignée, l'occasion pour Curtiz de jouer déjà sur des éclairages avec de violentes ombres portées. La photo est signée par Gustav Ucicky qui fut un collaborateur très fréquent du cinéaste (et accessoirement le fils non reconnu de Gustav Klimt, ce qui l'affecta considérablement). Il livre un travail admirable autant à l'aise dans les clairs-obscurs, les contrastes marquée, les contre-jours ou les halo lumineux délicats.

Cette sophistication dans la mise en scène permet d'apporter la touche qui fait oublier des péripéties pas toujours crédibles, quelques raccourcis voire des répétitions. Cela dit, même si le film durait bien plus que les 50 minutes annoncées (plutôt 80 en réalité), on devine que la copie (retrouvée en Angleterre) est toujours incomplète avec la possibilité que certaine coupes proviennent d'ailleurs de la censure. Mais les cartons de présentation étant en autrichien sans traduction, je n'en sais pas plus. :fiou:

Si je le compare avec Les Chemins de la terreur (aussi appelé Jusqu'au crime et datant également de 1921), un autre film autrichien du cinéaste que j'ai pu voir, ce Frau Dorothys Bekenntnis est moins trépidant, moins virtuose, moins divertissent mais il est plus élaboré avec une unité stylistique mieux contrôlée. Dans les deux cas, les films n'ont vraiment pas à rougir de leurs âges. :D
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Profondo Rosso
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Re: Michael Curtiz (1886-1962)

Post by Profondo Rosso »

Vingt mille ans sous les verrous (1932)

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Appréhendé pour de nombreux méfaits, le gangster Tom Connors est incarcéré à Sing Sing et condamné à y purger une peine de détention à vie. Il est persuadé cependant qu'il en sortira très vite, grâce aux relations politiques qu'entretient Finn, son associé. Celui-ci échoue toutefois dans sa tentative de soudoyer le directeur de la prison, M. Long, homme intègre et réfléchi. Décidé à jouer les "fortes têtes", Tom refuse de porter l'uniforme et ne veut à aucun prix accomplir les besognes réservées aux prisonniers. M. Long accepte ses exigences mais lui fait subir, en contrepartie, les conséquences de son attitude.

20,000 Years in Sing Sing perpétue le sous-genre du film carcéral initié cette même année avec le succès de Je suis un évadé de Mervyn Leroy. La Warner exploite donc ce nouveau filon qui s'inscrit néanmoins dans la veine sociale qui caractérise le studio. Le film adapte le roman éponyme de Lewis E. Lawes, ancien directeur du pénitencier de Sing Sing. Ancien gardien ayant gravit les échelons jusqu'aux plus hautes fonctions, Lawes eut ainsi le loisir d'étudier au plus près la psychologie du prisonnier et les méthodes pour qu'il ressorte meilleur de sa détention. Véritable "star" de son corps, il publia ainsi de nombreux ouvrage et s'exprima souvent dans la presse sur la nécessité de réelles méthodes de réinsertions pour les criminels. Il y aurait sûrement eu un film captivant à produire consacrée à sa seule personne mais le film choisit un autre angle, croisant le film de gangster à la James Cagney (initialement envisagé pour tenir la vedette mais alors en pleine renégociation salariale avec le studio) et le mélodrame plutôt que la vraie étude de mœurs en prison.

Tom Connors (Spencer Tracy) un gangster incarcéré à Sing Sing pour une longue peine. Un sort qu'il pense provisoire grâces à ses relations haut placées, la scène d'ouverture montrant Connors tout en fanfaronnades sous le feu des projecteurs soulignant bien cela. C'est par ce même bagout qu'il compte se mettre Paul Long (Arthur Byron), le directeur de la prison, dans la poche. Ce dernier incorruptible et fin psychologue va pourtant peu à peu canaliser le chien fou qu'est Connors. Le film à cause de sa narration trop rapide mais aussi de la bonhomie de Spencer Tracy (convaincant mais jamais complètement intimidant comme pourrait l'être un Cagney au grain de folie omniprésent même dans la légèreté) échoue cependant à traduire la pédagogie que préconise Lawes. Ce dernier eu un droit de regard sur le scénario et le montage final (en échange d'un tournage dans la vraie prison de Sing Sing) ce qui peut sans doute expliquer le côté un peu simpliste de certaines situations, notamment Connors devenant docile après quelques semaines d'isolement. Même si à l'inverse nous verrons quelques irrécupérables (la scène d'évasion) tout cela s'enchaîne bien trop vite et sur ces thèmes Le Prisonnier d'Alcatraz (1962) voire plus proche Le Bataillon des sans-amours (1933 traitant lui des maisons de corrections) seront beaucoup plus juste et approfondi. Le polar et le mélo amènent ainsi deux gros rebondissements mettant à l'épreuve les méthodes du directeur et prouvant que Connors a changé, mais tout cela est trop précipitamment amené l'efficacité ayant été préférée à l'immersion.

La mise en scène de Michael Curtiz rattrape cependant grandement ces défauts narratifs. Sa manière de filmer la prison de Sing Sing est ainsi un surprenant mélange de réalisme et stylisation. Le film s'ouvre sur une merveilleuse idée visuelle avec ce plan d'ensemble des détenus, foule anonyme simplement résumés par la durée de leur peine qui s'affiche au-dessus d'eux. L'imagerie se fera oppressante et expressionniste par les jeux d'ombres écrasants qui prolongent les barreaux et l'architecture carcérale dans l'espace, noyant un Spencer Tracy isolé dans les ténèbres de sa cellule. Curtiz lâche aussi une fulgurante scène d'action dont il a le secret avec la séquence d'évasion, brutale et inventive. Pas tout à fait abouti mais intéressant donc. 4/6
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Jeremy Fox
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Re: Michael Curtiz (1886-1962)

Post by Jeremy Fox »

Le western du WE est The Hangman que j'ai chroniqué et dont Jean-Marc Oudry a testé le Bluray Olive.
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Re: Michael Curtiz (1886-1962)

Post by bruce randylan »

allen john wrote:
bruce randylan wrote: Frau Dorothys Bekenntnis (1921)
...Et ça fait envie!
Le film repasse encore le mardi 2 juin à 16h00 :wink:


Les aventuriers du fleuve (The Adventures of Huckelberry Finn - 1960)

Une adaptation assez libre de Mark Twain pour un film de fin de carrière forcément pas très excitant tout en possédant malgré tout quelques qualité pour éviter le naufrage.
Il faut tout de même avouer que le film a assez mal vieilli avec un rythme bien plat, un scope anodin, une tonalité s'adressant évidement aux enfants (sans être lénifiant non plus), un humour daté, des péripéties conventionnelles, un casting médiocre (Tony Randall s'en sort celà dit plutôt pas mal ; on y voit aussi Buster Keaton cachetonner brièvement) etc...
Heureusement Curtiz sait régulièrement composer de jolis plans, créer une atmosphère visuelle et surtout exploiter intelligemment ses couleurs. On trouve même quelques moments marquants tel le passage avec la cabane flottante à la photographie vraiment soignée pour des effets de lumières très graphiques.
On reconnait aussi la présence de Curtiz avec ce rejet de la religion et de sa moralité (avec le gag assez drôle des chaussures qui grincent). Pas de quoi non plus échapper en tout cas à un ennui certain.

Celà dit, si le film mérite d'être vu, c'est pour constater à quel point il serait désormais impossible de faire une telle oeuvre aujourd'hui : le jeune Huckelberry Finn y fume la pipe, fait croire à sa propre mort d'une façon assez sadique et craint durant presque tout le film d'être pris pour un abolitionniste ! :mrgreen:
Le réalisme historique ne survivrait sans doute pas au politiquement correct.
Last edited by bruce randylan on 18 Nov 17, 09:24, edited 1 time in total.
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Re: Michael Curtiz (1886-1962)

Post by nobody smith »

Découvert de mon côté Mad Genius. Je n’en attendais pas grand chose vu les déconvenues procurées par mes incursions dans le versant horrifico-fantastique de Curtiz (le quasi-nanardesque Doctor X, le morne Mystery Of The Wax Museum et le peu palpitant The Walking Dead malgré son inattendu mariage des genres). En faite, j’ai été induit en erreur qui le titre qui me faisait croire à une histoire de scientifique taré. Le résultat n’a rien à voir avec cela. Il tendrait plus vers un mélange de thriller et de mélo en s’octroyant néanmoins une ambiance lorgnant vers le fantastique. Autant j’ai du mal lorsque Curtiz travaille sur des sujets où l’accent est mit sur le fantastique, autant j’apprécie lorsqu’il l’utilise comme un moyen de soutenir son sujet. Je l’avais constaté sur son excellent The Sea Wolf et c’est également le cas avec Mad Genius. Le prologue convoque ainsi explicitement les mythes de Frankenstein et du Golem lorsqu’un misérable marionnettiste recueille un enfant pour le modeler selon sa convenance. La longue partie centrale prolonge formidablement l’idée. Quelques années plus tard, le personnage tire désormais les ficelles de l’intégralité des membres d’une compagnie de ballet. Le théâtre devient son monde où il manipule chacun selon ses désirs. A ce petit jeu, la prestation de John Barrymore est délectable tellement il savoure tout ce côté odieux et orgueilleux ("Vous voulez être ballerine ? Une grande ballerine ? Montez dans mon bureau à trois heures !" :lol: ). De son côté, Curtiz exploite joliment le décor du théâtre dans lequel est confiné l’intrigue (il sera quitté précisément au moment où le héros et sa compagne se libèreront de l’influence du marionnettiste). Bref, il y a pas mal de style et d’idées autour de l’obsession de la création (judicieusement juxtaposé avec son contexte artistique). Très sympathique découverte en somme.
"Les contes et les rêves sont les vérités fantômes qui dureront, quand les simples faits, poussière et cendre, seront oubliés" Neil Gaiman
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Re: Michael Curtiz (1886-1962)

Post by Ann Harding »

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A tolonc (L'indésirable, 1914)de Mihály Kertész (Michael Curtiz) avec Lili Berky, Várkonyi Mihály et Mari Jászai

A la mort de son présumé père, Liszka (L. Berky) apprend qu'elle n'est pas sa fille. Elle quitte son village pour devenir servante chez une veuve. Elle tombe amoureuse de son fils Miklós (V. Mihály). Puis, elle est accusée de vol...

Il y a fort à parier que ce film muet hongrois n'aurait jamais fait l'objet d'une restauration si le réalisateur n'avait pas fait ensuite carrière aux Etats-Unis sous le nom de Michael Curtiz. Adapté d'une pièce hongroise, cette production fait appel aux talents des acteurs du Théâtre National de Kolozsvár (de nos jours, Cluj en Roumanie). Le résultat est du théâtre filmé sans grand relief, à part quelques incursions bienvenues dans les paysages de Transylvannie. La filmographie muette de Kertész est fort peu enthousiasmante en comparaison de la grande période Warner des années 30 de Curtiz. Le cinéma de minuit nous avait présenté il y a quelques années un beau navet intitulé Das Spielzeug von Paris (1925) de sa période autrichienne avec la minaudante Lili Damita, son épouse d'alors. A tolonc est un peu plus intéressant en ce qu'il nous montre des Hongrois avec leurs us et coutumes. On peut remarquer aussi parmi les acteurs hongrois oubliés de ce petit film, le bellâtre Várkonyi Mihály qui fit plus tard carrière à Hollywood sous le nom de Victor Varconi. On peut le voir en particulier dans The Volga Boatman (1926) de Cecil B. DeMille. Pour ce qui est des metteurs en scènes hongrois du muet, je me souviens avoir vu une bande bien plus intéressante signée Alexander Korda intitulée Eine versunken Welt (1922) avec Maria Corda et de nouveau Victor Varconi.
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Mihály Kertész (alias Michael Curtiz) en 1914
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Re: Michael Curtiz (1886-1962)

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