Michael Curtiz (1886-1962)

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés avant 1980.

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pak
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Female (1933)

Post by pak »

Après le beau texte d'Allen John, on ne peut que poursuivre en parlant des films de Curtiz...

Female de Michael Curtiz (et aussi William Dieterle et William A. Wellman, 1933) :

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PDG d'une firme automobile, une femme ne vit que pour son travail, et n'a que des aventures sans lendemain avec ses employés.

Un film commencé par William Dieterle, mais qui, malade, a été remplacé par William A. Wellman. Ce dernier, quittant prématurément le projet après avoir mis 17 scènes en boite, a été a son tour remplacé par Michael Curtiz qui termina le film. En fait, Jack Warner a vu une première version du film et a détesté la prestation de l'acteur jouant le rôle de George Cooper, et il insista que les scènes où il apparaît soient retournées avec Johnny Mack Brown dans ce rôle : mais Wellman n'était plus disponible, engagé sur un autre film (College coach).

Le film étonne d'emblée par son personnage principal et sa liberté de ton. Une femme directrice d'une firme automobile, un monde habituellement d'hommes, industriels et financiers sans scrupules généralement. Une particularité peu réaliste pour l'époque qui goûte peu les femmes ailleurs qu'au foyer pour l'homme de la rue et autrement que fatale au cinéma... Mais c'est sans compter sur l'écriture du personnage, au caractère quasi masculin, sans état d'âme pour les affaires, piochant dans son personnel ses conquêtes d'un soir, et attention à celui qui s'accroche... !

On parle ici de sexe comme d'une envie à assouvir et non comme un prolongement de sentiments partagés. Cette franchise de ton, qui est sensible aussi bien dans les scènes que dans les dialogues, accroche du début à la fin, mais ne sera plus possible l'année d'après car en 1934, le code Hays va durcir le ton de la censure et ce genre d'histoire ne sera plus possible.

Dommage que la fin, très conventionnelle, remette les choses à leur place brutalement pour une morale respectée, ainsi une femme qui se marie doit forcément tout abandonner pour suivre son mari, remettant donc un film en avance sur son temps à propos de la femme dans la société occidentale sur les rails de son époque. Le film ne durant qu'une heure, cette fin est clairement bâclée en quelques minutes, ce qui rend peu cohérent le changement radical de son héroïne.

En tous cas un beau portrait de femme forte, incarnée avec pep par une formidable Ruth Chatterton qui habite le film et éclipse ses partenaires mâles, pour un ensemble rythmé et piquant.

Étoiles : * * . Note : 13/20.

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Ruth Chatterton : Image
Last edited by pak on 18 Jan 11, 17:11, edited 1 time in total.
Le cinéma : "Il est probable que cette marotte disparaîtra dans les prochaines années."

Extrait d'un article paru dans The Independent (1910)

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Julien Léonard
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Re: Michael Curtiz (1886-1962)

Post by Julien Léonard »

Très intéressant !

Il semble toutefois, d'après ce que j'ai pu lire, que Michael Curtiz n'a signé qu'une faible partie du film, le reste ayant été tourné par le non moins talentueux William Wellman. Visiblement, son travail n'a pas convaincu la Warner qui a, comme de coutume, envoyé Curtiz sauver l'entreprise. Ce qu'il a pu faire à plusieurs reprises dans les années 1930 (et Walsh le fera dans les années 1940... c'est la marque des grands de la Warner, de pouvoir repasser derrière les autres). Ce qui me choque, c'est que si on remplace un Lloyd Bacon, un Archie Mayo ou un Roy Del Ruth, cela semble presque anodin. Mais remplacer Wellman, fallait le faire ! Je crois même que William Dieterle a du bosser dessus un peu aussi (mais je ne voudrais pas dire de bêtises à ce propos). :)
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Julien Léonard
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Re: Michael Curtiz (1886-1962)

Post by Julien Léonard »

Meurtre au chenil (The Kennel murder case) - Réalisé par Michael Curtiz / 1933 :

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Certes, le film a aujourd'hui un peu perdu de son attrait. Le film d'assassin improbable à la Agatha Christie a depuis eu de meilleures heures. Quant à William Powell, il a créé par la suite son personnage de Nick, avec Nora (Myrna Loy), bref, le couple de détective le plus élégant et mignon de l’histoire du cinéma. Ce sera à la MGM. Pour l'heure, à la Warner, Michael Curtiz trace un film au scénario complexe, avec de nombreux rebondissements, et dans lequel William Powell rode un peu son style. En ressort par ailleurs une prestation sophistiquée et très habile. L'acteur fera mieux, mais il est ici déjà très bien. Le casting est homogène dans la qualité, avec entre autres une Mary Astor encore toute jeune. Là où le film s'envole davantage, c'est au niveau de sa mise en image. Curtiz offre une réalisation inspirée, très énergique, avec beaucoup de mouvement (sans oublier ces ombres dont le maître ne peut se passer). L'atmosphère est soignée, et l'ensemble est finalement bien fichu, avec ce lot de fausses pistes et autres candidats au crime que ce genre d'histoires brasse avec bonheur. Parfait pour boucler une bonne soirée chez soi ! Jamais ennuyeux et toujours alerte : à déguster avec un bon chocolat chaud et la lumière éteinte.
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Re: Michael Curtiz (1886-1962)

Post by feb »

Je garde un bon souvenir de ce film dynamique, qui nous surprend par ses fausses pistes et où on ne voit pas le temps passer (bon c'est vrai le film est court :mrgreen: ). C'est vraiment le film idéal pour rebondir sur la fantastique série des "Thin Man" je trouve (quelle fantastique série de films et quel couple adorable :roll: ).
Une petite question Julien : as-tu eu l'occasion de le comparer au DVD édité chez Bach Films sous le titre Le Mystère de la chambre close ? Parce que niveau qualité :fiou:
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ed wrote:Portrait de la jeune fille en feu
L'un des films les plus rigoureux, scénaristiquement et formellement, qu'il m'ait été donné de voir depuis longtemps (...)
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Re: Michael Curtiz (1886-1962)

Post by Rick Blaine »

Vu aujourd'hui Passage pour Marseille, je suis assez en phase avec l'avis exprimé par Julien Léonard plus haut dans ce topic, le message est martelé avec beaucoup trop de lourdeur, appuyé en cela par un gros raté de Steiner, qui a signé tant de magnifiques B.O. et qui ici propose une musique pompière et sans âme.
Dans les reproches, j'ai envie d'ajouter cette accumulation de Flashback, façon poupées russes (lorsque l'on raconte Matrac, le personnage de Bogart, au cachot, je crois que l'on est au quatrième flashback imbriqué), qui alourdit un peu la narration, il y avait moyen de faire plus simple. Enfin, ce problème linguistique, on aurait pu être à 100% en anglais ça aurait été plus équilibre que ce mélange assez vide de sens, d'autant que 90% du film est un récit de Freycinet au journaliste, donc en anglais.

Pourtant le film est très loin d'être mauvais, car il est rythmé, vivant, passionnant, propose une vision de la France vraiment intéressante sur sa position dans la guerre, mais aussi sur Cayenne et la problématique du doublement de la peine par exemple. Visuellement la réussite est très grande, montage et photographie sont au sommet et le casting est exceptionnel.
Au final, beaucoup de plaisir et pas une seconde d'ennui pour moi, le film est loin d'être exempt de défaut, mais on se laisse emporter facilement, comme souvent d'ailleurs dans les productions de propagande Warner, j'ai toujours trouvé que ce studio avait été d'assez loin (les exceptions existent évidemment) le meilleur dans cette exercice.

Passé la lourdeur du script, un film très recommandable.
Julien Léonard
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Re: Michael Curtiz (1886-1962)

Post by Julien Léonard »

feb wrote:Je garde un bon souvenir de ce film dynamique, qui nous surprend par ses fausses pistes et où on ne voit pas le temps passer (bon c'est vrai le film est court :mrgreen: ). C'est vraiment le film idéal pour rebondir sur la fantastique série des "Thin Man" je trouve (quelle fantastique série de films et quel couple adorable :roll: ).
Une petite question Julien : as-tu eu l'occasion de le comparer au DVD édité chez Bach Films sous le titre Le Mystère de la chambre close ? Parce que niveau qualité :fiou:
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J'ai revendu mon Bach Films pour acheter l'édition Wild Side, cela devrait répondre à ta question. :mrgreen: Plus sérieusement, le Wild Side offre la meilleure copie que j'ai vu pour ce film jusqu'à maintenant. Ce n'est pas parfait (beaucoup de scratchs, une compression pas toujours idéale, des tons noir & blanc fatigués par endroits...), mais très honnête. Achat conseillé, Wild Side permettant de redécouvrir des films libres de droits dans des conditions plus que respectables. Après, quand je lis sur Amazon l'avis des acheteurs, du genre "ouais, copie VHS pourrie...", cela m'énerve profondément. Parce qu'il faut voir d'où ils sortent ces films la plupart du temps, et que Wild Side fait son possible pour rendre un produit finit honorable. Avec ce genre de films dont personne ne veut (aucun gros studio s'entend), il est déjà génial de pouvoir accéder à ce niveau là de qualité.

Mais bon, j'ai aussi et surtout l'impression que les gens ont oubliés ce que c'était vraiment qu'une VHS... :roll:
Rick Blaine wrote:Vu aujourd'hui Passage pour Marseille, je suis assez en phase avec l'avis exprimé par Julien Léonard plus haut dans ce topic, le message est martelé avec beaucoup trop de lourdeur, appuyé en cela par un gros raté de Steiner, qui a signé tant de magnifiques B.O. et qui ici propose une musique pompière et sans âme.
Dans les reproches, j'ai envie d'ajouter cette accumulation de Flashback, façon poupées russes (lorsque l'on raconte Matrac, le personnage de Bogart, au cachot, je crois que l'on est au quatrième flashback imbriqué), qui alourdit un peu la narration, il y avait moyen de faire plus simple. Enfin, ce problème linguistique, on aurait pu être à 100% en anglais ça aurait été plus équilibre que ce mélange assez vide de sens, d'autant que 90% du film est un récit de Freycinet au journaliste, donc en anglais.

Pourtant le film est très loin d'être mauvais, car il est rythmé, vivant, passionnant, propose une vision de la France vraiment intéressante sur sa position dans la guerre, mais aussi sur Cayenne et la problématique du doublement de la peine par exemple. Visuellement la réussite est très grande, montage et photographie sont au sommet et le casting est exceptionnel.
Au final, beaucoup de plaisir et pas une seconde d'ennui pour moi, le film est loin d'être exempt de défaut, mais on se laisse emporter facilement, comme souvent d'ailleurs dans les productions de propagande Warner, j'ai toujours trouvé que ce studio avait été d'assez loin (les exceptions existent évidemment) le meilleur dans cette exercice.

Passé la lourdeur du script, un film très recommandable.
Bon, effectivement, à peu de choses près, on en a pensé la même chose. :wink:

Et puis, tu l'as dit, chez Warner (et de surcroît chez Curtiz), aucun ennui possible à cette époque !
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feb
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Re: Michael Curtiz (1886-1962)

Post by feb »

Merci pour ta (longue) réponse Julien. :mrgreen:
ed wrote:Portrait de la jeune fille en feu
L'un des films les plus rigoureux, scénaristiquement et formellement, qu'il m'ait été donné de voir depuis longtemps (...)
Julien Léonard
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Re: Michael Curtiz (1886-1962)

Post by Julien Léonard »

Oui, je sais... parfois, j'ai du mal à faire court. :oops:
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feb
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Re: Michael Curtiz (1886-1962)

Post by feb »

Julien Léonard wrote:Oui, je sais... parfois, j'ai du mal à faire court. :oops:
Oui je l'avais remarqué :mrgreen:

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Un homme pas comme les autres - Trouble Along the Way, Michael Curtiz (1953)

Ancien entraîneur de football américain, Steve Aloysius Williams (John Wayne) vit seul avec sa fille Carole (Sherry Jackson) dans un logement très modeste depuis son divorce avec sa femme Anne McCormick (Marie Windsor). Cette dernière engage une procédure pour récupérer sa fille et le fait suivre par une assistante sociale, Alice Singleton (Donna Reed) qui doit décider du sort de la petite.
Williams accepte un poste d'entraineur dans un collège Catholique tenu par le Père Burke (Charles Coburn) qui cherche à éponger les dettes colossales de l'établissement en créant une équipe de football américain. Pour pallier le manque de moyens, Williams a recours à des astuces peu orthodoxes qui vont lui causer des problèmes dont la garde de sa fille...


Après la déception d'hier avec le visionnage de Without Reservations (Mervyn LeRoy), j'ai tenté une 2ème expérience avec ce film où John Wayne joue le rôle d'un entraineur peu orthodoxe qui cherche surtout à conserver la garde de sa fille unique. Ce film mineur de la filmographie de John Wayne et de Michael Curtiz semble être un prétexte pour aborder un sujet difficile à savoir le combat des parents pour la garde de leur enfant (un Kramer contre Kramer avant l'heure :mrgreen: ). Il nous permet de retrouver un John Wayne assez à l'aise et crédible dans son rôle de papa entraineur, un Charles Coburn qui joue un homme d'église âgé mais pas encore à la retraite et une Donna Reed très élégante mais dont le rôle est plus en retrait ce qui est dommage.
A noter que la jeune actrice, Sherry Jackson, qui joue le rôle de la petite fille est vraiment adorable et se débrouille très bien face à John Wayne.

En résumé, un petit film sans prétention que j'ai bien plus apprécié que Without Reservations sans doute parce que John Wayne est plus âgé dans ce film, sans doute aussi parce que ce rôle de père qui se bat pour la garde de sa fille lui va assez bien et parce que le film n'est pas une pure comédie mais plutôt une comédie dramatique et sociale. 6,5/10

Copie TCM de qualité correcte
Last edited by feb on 22 Nov 10, 19:01, edited 1 time in total.
ed wrote:Portrait de la jeune fille en feu
L'un des films les plus rigoureux, scénaristiquement et formellement, qu'il m'ait été donné de voir depuis longtemps (...)
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Re: Michael Curtiz (1886-1962)

Post by Julien Léonard »

feb wrote:
Julien Léonard wrote:Oui, je sais... parfois, j'ai du mal à faire court. :oops:
Oui je l'avais remarqué :mrgreen:
En même temps, comme ça, tu as tous les détails. Je préfère cela à une réponse par monosyllabe ou incomplète et qui amène à poser d'autres questions. :wink:
feb wrote:Image
Un homme pas comme les autres - Trouble Along the Way, Michael Curtiz (1953)

Ancien entraîneur de football américain, Steve Aloysius Williams (John Wayne) vit seul avec sa fille Carole (Sherry Jackson) dans un logement très modeste depuis son divorce avec sa femme Anne McCormick (Marie Windsor). Cette dernière engage une procédure pour récupérer sa fille et le fait suivre par une assistante sociale, Alice Singleton (Donna Reed) qui doit décider du sort de la petite.
Williams accepte un poste d'entraineur dans un collège Catholique tenu par le Père Burke (Charles Coburn) qui cherche à éponger les dettes colossales de l'établissement en créant une équipe de football américain. Pour pallier le manque de moyens, Williams a recours à des astuces peu orthodoxes qui vont lui causer des problèmes dont la garde de sa fille...


Après la déception d'hier avec le visionnage de Without Reservations (Mervyn LeRoy), j'ai tenté une 2ème expérience avec ce film où John Wayne joue le rôle d'un entraineur peu orthodoxe qui cherche surtout à conserver la garde de sa fille unique. Ce film mineur de la filmographie de John Wayne et de Michael Curtiz semble être un prétexte pour aborder un sujet difficile à savoir le combat des parents pour la garde de leur enfant (un Kramer contre Kramer avant l'heure :mrgreen: ). Il nous permet de retrouver un John Wayne assez à l'aise et crédible dans son rôle de papa entraineur, un Charles Coburn qui joue un homme d'église âgé mais pas encore à la retraite et une Donna Reed très élégante mais dont le rôle est plus en retrait ce qui est dommage.
A noter que la jeune actrice, Sherry Jackson, qui joue le rôle de la petite fille est vraiment adorable et se débrouille très bien face à John Wayne.

En résumé, un petit film sans prétention que j'ai bien plus apprécié que Without Reservations sans doute parce que John Wayne est plus âgé dans ce film, sans doute aussi parce que ce rôle de père qui se bat pour la garde de sa fille lui va assez bien et parce que le film n'est pas une pure comédie mais plutôt une comédie dramatique et sociale. 6,5/10
Assez d'accord. Mais si le film est meilleur, c'est aussi dû (je pense) au scénario, bien meilleur concernant le fond, et à la réalisation de Michael Curtiz. Un film oublié qui mérite une redécouverte, à n'en pas douter.
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Re: Michael Curtiz (1886-1962)

Post by feb »

Julien Léonard wrote:En même temps, comme ça, tu as tous les détails. Je préfère cela à une réponse par monosyllabe ou incomplète et qui amène à poser d'autres questions. :wink:
De ce coté là, pas de soucis avec toi, j'ai toujours des réponses complètes :mrgreen:
Julien Léonard wrote:Assez d'accord. Mais si le film est meilleur, c'est aussi dû (je pense) au scénario, bien meilleur concernant le fond, et à la réalisation de Michael Curtiz. Un film oublié qui mérite une redécouverte, à n'en pas douter.
Oui tu as raison, malgré un coté un peu superficiel à la lecture du synopsis, on se rend compte que la relation père-enfant est bien "travaillée" et que les personnage du père de la mère sont bien écrits : un père qui a tout perdu se bat pour sa fille au risque même d'en perdre la garde alors que la mère peu aimante et vénale cherche surtout à détruire son mari en obtenant la garde de la petite.
Quant à la réalisation de Curtiz, je ne peux pas dire grand chose n'étant pas un spécialiste du réalisateur mais j'ai trouvé qu'elle était très simple, sans fioriture, sobre quoi :mrgreen:
ed wrote:Portrait de la jeune fille en feu
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Re: Michael Curtiz (1886-1962)

Post by Julien Léonard »

Disons qu'il s'agit d'un Curtiz mineur, et de surcroît un Curtiz des années 1950, c'est à dire souvent moins plastiquement marqué que ses films des années 1930 et 1940. Ses jeux sur les ombres, sa caméra mouvante, son efficacité suprême dans l'organisation des séquences... Trouble along the way n'est réellement porteur d'aucune de ces qualités, mais le film demeure tout de même un exercice concis et tout à fait maîtrisé.

Dommage que sa collaboration avec le Duke se soit bornée à deux films très respectables mais tout de même mineurs.
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Re: Michael Curtiz (1886-1962)

Post by feb »

Julien Léonard wrote:Disons qu'il s'agit d'un Curtiz mineur, et de surcroît un Curtiz des années 1950, c'est à dire souvent moins plastiquement marqué que ses films des années 1930 et 1940. Ses jeux sur les ombres, sa caméra mouvante, son efficacité suprême dans l'organisation des séquences... Trouble along the way n'est réellement porteur d'aucune de ces qualités, mais le film demeure tout de même un exercice concis et tout à fait maîtrisé.
Merci cette réponse...complète une fois de plus :mrgreen:
ed wrote:Portrait de la jeune fille en feu
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Re: Michael Curtiz (1886-1962)

Post by Julien Léonard »

Désolé, je suis peut-être ennuyeux, à force. :oops:
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Re: Michael Curtiz (1886-1962)

Post by feb »

Non pas du tout rassure-toi bien au contraire car je suis vraiment "novice" dans le cinéma donc c'est toujours agréable et très enrichissant de pouvoir discuter avec des personnes "qualifiées". Là en l'occurrence n'étant pas un grand connaisseur de Curtiz, j'apprends des choses concernant son travail moins plastique dans les années 50 que dans les années 30-40...et c'est à peu près comme ça sur tous les topics de ce forum où je découvre et j'apprends beaucoup. Bref j'arrête de raconter ma vie et surtout de pourrir ce topic, merci pour toutes ces infos Julien :wink:
ed wrote:Portrait de la jeune fille en feu
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