Michael Curtiz (1886-1962)

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés avant 1980.

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Kurtz

Michael Curtiz (1886-1962)

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Le roman de Mildred Pierce (Michael Curtiz, 1945)

Un scénario riche et intéressant mais une réalisation aseptisée voire artificelle comme c'était trop souvent le cas à l'époque à Hollywood. Les films plus légers convienent mieux à Curtiz à mon avis. Comme à Hollywood en général.
Un beau portrait de femme néanmoins, porté par Joan Crawford qui reçut l'Oscar de la meilleure actrice pour ce rôle en or.

4,25/6
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Roy Neary
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Post by Roy Neary »

Kurtz wrote:Un scénario riche et intéressant mais une réalisation aseptisée voire artificelle comme c'était trop souvent le cas à l'époque à Hollywood.
Essaie de regarder plus de films avant de sortir une énormité pareille. :wink:
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Kurtz

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Roy Neary wrote:
Kurtz wrote:Un scénario riche et intéressant mais une réalisation aseptisée voire artificelle comme c'était trop souvent le cas à l'époque à Hollywood.
Essaie de regarder plus de films avant de sortir une énormité pareille. :wink:
c'est vraiment l'impression que ça m'a fait. ce film manque de sang, de sueur et de larmes bordel !
avec un tel sujet ( meurtres, femmes fatales, mort d'enfant, fille indigne...). je ne me suis pas senti impliqué émotionellement comme ça aurait pu être la cas. je n'ai jamais été choqué. imaginez ce qu'un réalisateur plus contemporain comme heu, je sais pas moi, disons Martin Scorcese, aurait pu faire !


Vazymollo:
tout à fait ! toi au moins, tu m'as compris.
les grands espaces, c'est mieux en technicolor je trouve !
Kurwenal
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Kurtz wrote: imaginez ce qu'un réalisateur plus contemporain comme heu, je sais pas moi, disons Martin Scorcese, aurait pu faire !
Consternant :evil: :shock:

:wink:
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Roy Neary
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Post by Roy Neary »

Kurtz wrote:c'est vraiment l'impression que ça m'a fait. ce film manque de sang, de sueur et de larmes bordel !
avec un tel sujet ( meurtres, femmes fatales, mort d'enfant, fille indigne...). je ne me suis pas senti impliqué émotionellement comme ça aurait pu être la cas. je n'ai jamais été choqué. imaginez ce qu'un réalisateur plus contemporain comme heu, je sais pas moi, disons Martin Scorcese, aurait pu faire !
C'est ta généralisation qui choque plus que ton ressenti vis-à-vis de ce film en particulier. Je peux passer le reste de l'après-midi à te faire une liste bourrée de films au visuel impressionnant et à la mise en scène très loin d'être "aseptisée" ou "artificielle".
Quant à comparer avec les réalisateurs contemporains, c'est une démarche intéressante mais c'est oublier que l'art cinématographique évolue lentement (avec aussi des ruptures franches) et que la façon de représenter la violence a radicalement changé. Attention aux anachronismes ! Ce n'est pas pour cela que les réalisations de l'époque n'étaient pas ingénieuses ou personnelles.
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Kurtz

Post by Kurtz »

Quant à comparer avec les réalisateurs contemporains, c'est une démarche intéressante mais c'est oublier que l'art cinématographique évolue lentement (avec aussi des ruptures franches) et que la façon de représenter la violence a radicalement changé. Attention aux anachronismes ! Ce n'est pas pour cela que les réalisations de l'époque n'étaient pas ingénieuses ou personnelles.
OK. alors pensons simplement à que Hitchcock (réalisateur on ne peut plus contemporain) aurait pu faire d'un tel sujet.

Mildred est un pur film de studio. et le film de studio de l'époque n'est pas compatible avec le sang, la sueur et les larmes, je maintiens.

quoique le cas du film noir est assez particulier...
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Roy Neary
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Post by Roy Neary »

Kurtz wrote:OK. alors pensons simplement à que Hitchcock (réalisateur on ne peut plus contemporain) aurait pu faire d'un tel sujet.
Mildred est un pur film de studio. et le film de studio de l'époque n'est pas compatible avec le sang, la sueur et les larmes, je maintiens.
quoique le cas du film noir est assez particulier...
On est pas obligé de montrer des tripes, du sang et des émotions paroxystiques pour faire du grand cinéma enfin !
Maintiens ce que tu veux, mais je ne suis pas du tout d'accord. D'ailleurs va voir Aventures en Birmanie de Raoul Walsh (1946) et tu en verras de la sueur et des larmes.
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Kurtz

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Roy Neary wrote:
Kurtz wrote:OK. alors pensons simplement à que Hitchcock (réalisateur on ne peut plus contemporain) aurait pu faire d'un tel sujet.
Mildred est un pur film de studio. et le film de studio de l'époque n'est pas compatible avec le sang, la sueur et les larmes, je maintiens.
quoique le cas du film noir est assez particulier...
On est pas obligé de montrer des tripes, du sang et des émotions paroxystiques pour faire du grand cinéma enfin !
calomnies !

Roy, c'est pas bien, tu me fais dire ce que je n'ai pas dit !

je n'ai jamais pensé ça !

je suis fan de Casablanca et de Robin des Bois.

Meis leurs sujets n'ont rien à voir avec le sujet limite glauque de Mildred. c'est pour ça que dans de tels cas, la perfection limite standardisée du studio est plus un atout qu'un handicap.
Kurwenal
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Post by Kurwenal »

Kurtz wrote:
Quant à comparer avec les réalisateurs contemporains, c'est une démarche intéressante mais c'est oublier que l'art cinématographique évolue lentement (avec aussi des ruptures franches) et que la façon de représenter la violence a radicalement changé. Attention aux anachronismes ! Ce n'est pas pour cela que les réalisations de l'époque n'étaient pas ingénieuses ou personnelles.
OK. alors pensons simplement à que Hitchcock (réalisateur on ne peut plus contemporain) aurait pu faire d'un tel sujet.

Mildred est un pur film de studio. et le film de studio de l'époque n'est pas compatible avec le sang, la sueur et les larmes, je maintiens.

quoique le cas du film noir est assez particulier...

Ton objection et tes réserves pourraient être intéressantes s'il y avait eu un "remake" du film, et tu serais dans ce cas en capacité de comparer!
Cela me remet en mémoire la comparaison demandée dans un autre topic sur "The Postman always rings twice"... je veux bien admettre que Jessica Lange se faisant culbuter sur la table de la cuisine puisse apporter au film sinon du sang, du moins de la sueur, mais c'est d'un intérêt cinématographique limité ( en tous cas, pour moi) en regard de ce qu'a fait Tay Garnett à l'époque qui était la sienne en montrant adroitement et crûment le désir sexuel....fais un effort pour replacer les films dans leur contexte socio-historique et dis toi que Mildred Pierce qui est tout sauf aseptisé pouvait bien passer pour un brûlot; cynisme, cupidité, mari gigolo c'est vraiment loin d'une vision artificielle et fade! Quand au personnage de la fille indigne, le tour de force relève justement de ne pas en avoir fait une femme fatale ( cela aurait été artificiel) mais the girl next door du typique american way of life! Ce film a choqué et je ne sais pas s'il a encouru les risques de la censure, mais ce ne serait pas étonnant.
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Philip Marlowe
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Post by Philip Marlowe »

Kurwenal wrote:
Kurtz wrote: imaginez ce qu'un réalisateur plus contemporain comme heu, je sais pas moi, disons Martin Scorcese, aurait pu faire !
Consternant :evil: :shock:

:wink:
Intervention tout aussi consternante :evil: :shock:

:wink:
Kurtz

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Kurwenal> "cynisme, cupidité..."je suis tout à fait d'accord (quoique mari gigolo...). mais tout ça, se sont des idées, de l'abstrait. c'est dans le scénario. je n'ai pas ressenti assez travers les images que j'ai trouvé trop aseptisées par rapport au sujet. d'où lon laïus sur la mise en scène aseptisée...
Kurwenal
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Post by Kurwenal »

Kurtz wrote:Kurwenal> "cynisme, cupidité..."je suis tout à fait d'accord (quoique mari gigolo...). mais tout ça, se sont des idées, de l'abstrait. c'est dans le scénario. je n'ai pas ressenti assez travers les images que j'ai trouvé trop aseptisées par rapport au sujet. d'où lon laïus sur la mise en scène aseptisée...
Un homme qui n'épouse une femme que pour son argent, et qui joue l'inceste avec la fille héritière, tu appelles cela comment? :roll: Là je crois qu'il y a un problème de vocabulaire!

Ce que je tentais de te dire c'est comment, replacé dans le contexte, ce ne pouvait en aucun cas être considéré comme aseptisé. La mise en scène sans doute extérieurement trop narrative et conventionnelle pour toi semble minimiser la force de la démonstration, dont acte! Mais c'est sans doute cette pseudo linéarité du discours qui le rend si efficace. En outre le travail de Curtiz sur la lumière, la manipulation de l'ellipse apportent tout le poids nécessaire. Revisionne le film, si tu en as le temps. :wink:
Kurtz wrote:se sont des idées, de l'abstrait. c'est dans le scénario. je n'ai pas ressenti assez travers les images
Je suis désolé si je fais partie de ces gens qui sont incapables de dissocier la forme du fond, le scénario de l'art du cinéaste :oops:
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Majordome
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Post by Majordome »

Revu Night & Day de Michael Curtiz - 1946 sur TCM (ma chaine préférée !! Qui a dit "On le saura!" ? :lol: )
Je confirme moi jugement fait dans un autre post...
Ca vaut pour la musique de Cole Porter, inoubliable (Night and Day bien sur, mais aussi Begin the Beguine, le fabuleux My heart belongs to Daddy immortalisé par Marilyn mais écrite en 1934 !, et les géniales You're The Top !, I get a kick out of you et Anything Goes tirées du musical du même nom).
A ce propos, je conseille le très bel enregistrement paru chez EMI en 1989 (et qui constituait le premier enregistrement phonographique intégral depuis 1934 !! Il n'avait jamais existé de disque de l'ensemble des chansons de ce spectacle auparavant, c'est assez incroyable !). 1h15 de bonheur avec un livret remarquable de 142 pages. Malheureusement, je ne sais pas si c'est encore disponible.

Pour revenir au film, je trouve que Cary Grant n'est pas tout à fait crédible en Cole Porter qui semblait un homme plutôt fluet et plus "précieux". La réalisation est un peu paresseuse quand même, çà n'est pas Minnelli aux commandes et çà se sent !!! Le caméraman devait avoir des rumathismes !
Mais çà se laisse voir et revoir sans ennui grâce à ces chansons merveilleuses de distinction et de légèreté virtuose.
7/10
John T. Chance
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Michael Curtiz (1886-1962)

Post by John T. Chance »

KID GALAAD (1937)

Film de mike curtiz avec bette davis et edward g robinson. plutôt bon ; il s'agit d'une hiostoire ds le milieu de la box ou robinson, book et aussi manager, repère un jeune couillon doué pour la boxe et s'en sert pour se venger de son rival humphrey bogart. mais le boxeur va susciter la jalousie de roninson puisque sa soeur et bette davis vont tomber amoureuse de lui... bon, dit comme ça, l'histoire vaut pas tripette, mais c'est un bon film, bien mis en scène. le jeu des acteurs est génial, curtiz joue sur les regards intelligemment. je le recommande chaudement :wink:
passe me voir du côté du rio grande, petite...
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Jeremy Fox
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Les Comancheros (The Comancheros - 1961) de Michael Curtiz
20TH CENTURY FOX


Avec John Wayne, Stuart Whitman, Nehemiah Persoff, Lee Marvin
Scénario : James Edward Grant & Clair Huffaker
Musique : Elmer Berstein
Photographie : William H. Clothier (Technicolor 2.35)
Un film produit par George Sherman pour la 20th Century Fox



Sortie USA : 30 octobre 1961

1843. En Louisiane, le joueur professionnel Paul Regret (Stuart Whitman) tue le fils d’un notable lors d’un duel illégal au pistolet. Il doit fuir pour sauver sa tête et se rend au Texas où il espère être vite oublié. C’est sans compter sur le Capitaine des Texas Rangers, Jake Cutter (John Wayne), qui l’arrête à Galveston à sa descente de bateau ; Jake a bien l’intention de le reconduire dans son État pour y être jugé et probablement pendu. Les deux hommes ont beau sympathiser en cours de route, Jack est trop à cheval sur la loi et la justice pour faire demi-tour. Paul n’a plus qu’une solution : s’évader. C’est ce qu’il réussit à faire après plusieurs tentatives infructueuses. Rentré à son quartier général sans prisonnier, Jake apprend que des Indiens sont sur le sentier de la guerre, incités par de redoutables renégats surnommés les Comancheros pour leur alliance avec les Comanches. Jake a pour mission, en se faisant passer pour un marchand d’armes, de s’infiltrer parmi eux afin de mieux pouvoir mettre fin à leurs agissements. Alors qu’il entame un rapprochement avec l’un de ses membres (Lee Marvin), attablé à une table de poker, il retrouve Paul qu’il fait de nouveau prisonnier avant d’en faire son allié dans la guerre qu’il a engagé contre les Comancheros…


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C’est un Michael Curtiz très affaibli qui met un terme à sa prolifique et passionnante carrière cinématographique avec Les Comancheros ; un western qui aura néanmoins été réalisé en partie par John Wayne qui, pour rendre hommage au cinéaste ayant succombé à un cancer peu de temps après la fin du tournage, refusa d’être crédité au générique pour sa contribution à la mise en scène. Maintenant que nous avons pu visionner la plupart des westerns d’importance de ce très grand cinéaste qu’était Michael Curtiz, nous devons nous rendre à l’évidence : il n’aura pas laissé une empreinte de grande importance dans le genre même s’il nous aura offert l’un de ses représentants les plus enlevés et colorés avec Les Conquérants (Dodge City) ainsi que l’une des œuvres les plus harmonieuses de sa filmographie avec La Caravane Héroïque (Virginia City), tous deux avec le bondissant Errol Flynn. S’il est manifeste que la plupart de ce qu’a réalisé le cinéaste d’origine hongroise durant les années 50/60 ne saurait rivaliser avec sa production des deux précédentes décennies, aucune honte à avoir cependant y compris dans le domaine qui nous préoccupe ici. Si L’Homme des plaines (The Boy from Oklahoma), était médiocre, Le Fier rebelle (Proud Rebel) et Le Bourreau du Nevada (The Hangman) furent loin d’être inintéressants ni même désagréables, bien au contraire.


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Avec Les Comancheros, Michael Curtiz appose donc un point final à son imposante filmographie avec un film assez brillant, finalement mis en chantier avec pour but principal d’être un nouveau ‘véhicule’ pour le Duke qui s’était moralement assez mal remis du relatif échec de son pourtant remarquable Alamo. Avec d’imposants moyens logistiques, The Comancheros représente une sorte de retour à un style de western qui sévissait dans les années 40, un pur divertissement pittoresque et mouvementé qui ne se prend jamais vraiment trop au sérieux ; ce qui n’est pas forcément déplaisant surtout lorsque c’est fait avec professionnalisme et efficacité ; ce qui est en l’occurrence le cas. Le projet de départ n’avait prévu ni Michael Curtiz à la réalisation ni John Wayne pour en être la tête d’affiche. Il est donc également fort probable que le scénariste attitré du Duke, l’excellent James Edward Grant, ait rejoint l’équipe après les multiples remaniements qui eurent lieu avant que le tournage ne débute. Le principal reproche fait au film lui serait donc imputable car une majorité regrette surtout que le postulat de départ, s’inspirant d’une situation historique encore peu (voire pas) évoquée, n’ait pas été plus approfondi. En effet, ceux que l’on a appelé les Comancheros n’avaient encore pas eu l’occasion de se voir dépeints au sein du genre. Il s’agissait de gens peu recommandables, des trafiquants (d’origine espagnole pour la plupart) s’étant installés au Nouveau Mexique et au Texas au début du 19ème siècle. Ils s’étaient enrichis en faisant du commerce avec les indiens des plaines et notamment les Comanches qui furent leurs meilleurs ‘clients’ (d’où le nom accolé à ces négociants peu scrupuleux leur vendant aussi bien de la nourriture et des vêtements que des armes ou des esclaves). En contrepartie, ces marchands se servirent d’eux pour leurs exactions, les poussant à attaquer et piller les colons, le gouvernement provincial mexicain de Santa Fe les laissant faire, les dégâts occasionnés arrangeant bien leurs affaires par le fait de déstabiliser l’équilibre géopolitique de la région. En effet, les mexicains estimaient que les Comanches représentaient un allié efficace pour empêcher les incursions américaines en territoire espagnol.


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Au grand dam des plus historiens des amateurs de western, le film ne nous fera pénétrer à l’intérieur du camp de ces vils marchands que durant la dernière demi-heure, sans que les deux scénaristes que sont James Edward Grant & Clair Huffaker ne viennent enrichir la réflexion à leur propos, sans qu’ils n’évoquent à aucun moment les implications historiques dues au rôle ambigu que jouèrent les Comancheros au travers de leur trafic d’armes avec les indiens, l’intrigue se limitant finalement à la remontée de la filière du trafic par un Texas Ranger chevronné et un Gentleman du Sud peu concerné et devant subir la situation. Pire encore pour les tenants du réalisme, les guerriers Comanches sont interprétés par des Apaches et les anachronismes sont légions à commencer par des Winchesters qui n’apparaitront sur le marché des armes que 23 ans plus tard ou encore, bien plus visible même des néophytes, des vêtements qui font bien plus penser à ceux de l’après guerre de Sécession qu’à ceux des années 1840. D’ailleurs John Wayne endossera quasiment la même chemise dans la plupart des westerns qu’il tournera par la suite, dont ceux se déroulant quelques quarante ans plus tard. Pour en revenir à la dernière partie, elle se sera donc avérée assez décevante, plus picaresque que ‘documentaire’ ou réellement violente malgré quelques images d’hommes ‘grillant’ en plein soleil pour des raisons bénignes, témoignant de la cruauté de ce groupe d’hommes plus proches de trafiquants et de bandits que de commerçants. Avant ça, nous aurons assisté à un western qui, même s’il ne possède pas l’ampleur attendue, aura néanmoins eu le temps et le mérite de forcer la sympathie. L’exposition s’avère d’ailleurs savoureuse, nous dépaysant grandement en nous faisant voyager de la Nouvelle Orléans au Texas, nous présentant tour à tour des personnages assez délectables tel ce joueur professionnel légèrement escroc sur les bords interprété par un Stuart Whitman très à l’aise, qui trouvait enfin un premier rôle de réelle importance après déjà dix ans d’une carrière bien remplie et qui arrive à faire jeu égal avec son prestigieux partenaire.


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Leur complicité à la ville se ressentant parfaitement à l’écran, Suart Whitman forme donc ici avec un John Wayne en pleine santé un duo assez réjouissant et, qui plus est, fonctionnant à merveille ; un duo assez cocasse préfigurant un peu ceux que l'on trouvera dans les 'Buddy Cop Movies' avec d’un côté l’homme de loi bourru, patriote, probe et respectueux de la loi, de l’autre l'escroc sympathique et roublard entrainé malgré lui dans une lutte qui ne le concerne pas. Après le semi-échec de Alamo, on redonna au Duke des rôles susceptibles de faire à nouveau de ses films des cartons au box office. Avant Les Comancheros, déjà à la Fox (la compagnie qui le fit débuter au début des années 30 avec notamment le spectaculaire La Piste des géants de Raoul Walsh), il y eut l’amusant North to Alaska (Le Grand Sam) de Henry Hathaway ; contrairement à ce dernier film, celui de Michael Curtiz ne fut pas cette fois une pure comédie mais un western désinvolte avec beaucoup d’humour et d’une tonalité plutôt bon enfant même si l’on aura cependant à faire à quelques très bonnes séquences dramatiques comme la découverte de la famille massacrée qui rappelle étrangement celle de The Searchers (La Prisonnière du désert) de John Ford d’autant qu’on y retrouve les paysages des contreforts de Monument Valley chers au plus célèbre borgne d'Hollywood, mais filmés sous un autre angle. Les décors traversés s’avèrent d’ailleurs aussi beaux que divers, permettant aux spectateurs un grand dépaysement. Le cinéaste les met parfaitement bien en valeur et en tire de très belles choses comme par exemple cet étonnant plan d’ensemble filmé en plongée du haut d’une montagne sur la carriole poursuivie par les indiens (indiens qui dans ce film politiquement incorrect sont non seulement faméliques mais tombent comme des mouches ; autre élément qui rappelle les westerns des années 40).


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Au menu parmi les ingrédients 'légers', un peu de nonchalance, beaucoup d’humour au travers des dialogues et situations (jamais ou rarement graveleux ni lourdingue comme ce sera le cas plus tard chez Andrew V. McLaglen) et pas mal de séquences picaresque par l’intermédiaire notamment du truculent personnage secondaire interprété avec gouaille par un Lee Marvin qui partageait pour la première fois l’affiche avec le Duke) au sein d’un western qui peut cependant se regarder avec le plus grand sérieux, le scénario étant parfaitement bien écrit, le film réussissant à rester fluide malgré les divers sentiers de traverse qu’il emprunte durant ses trois premiers quarts. L'intrigue semble effectivement partir un peu dans tous les sens et les changements de ton sont fréquents sans que jamais ça ne semble forcé grâce un sens solide de la narration que j’aurais tendance à attribuer à James Edward Grant plutôt qu’au médiocre Clair Huffaker. L’aficionado retrouvera également avec plaisir dans les seconds rôles des habitués du genre tels Bruce Cabot, Michael Ansara, Jack Elam, Edgar Buchanan, Patrick Wayne, ou encore Nehemiah Persoff (charismatique dans la peau du chef des Comancheros que l'on aurait aimé voir plus longtemps) et Guinn ‘Big Boy’ William dont ce sera la dernière apparition à l’écran après avoir hanté beaucoup des précédents westerns et films du cinéaste. Côté féminin, l'on trouve la très belle Joan O’Brien trop vite mise de côté après un semblant de romance avec John Wayne lors d'une belle séquence apaisée, ainsi que Ina Balin dans un rôle un peu plus important quoique également un peu sacrifié.


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Un western à gros budget tout ce qu’il y a de plus classique, parfois inégal et qui ne révolutionne en rien le genre, mais qui, grâce à une histoire bien écrite et une excellente interprétation d’ensemble, se suit avec un très grand plaisir d’autant qu’il faut encore en saluer un visuel très soigné grâce en premier lieu à une photographie somptueuse de William Clothier, ainsi qu'une superbe musique d'Elmer Bernstein qui ne manque ni d’ampleur ni de souffle ni de puissance (bien meilleure dans le même style que son célèbre score pour The Magnificent Seven - Les 7 mercenaires). Beaucoup de péripéties et de rebondissements pour un spectacle parfois trépidant, en tout cas hautement divertissant même si manquant un peu d'âme et de vitalité dans ses scènes d’action. Un baroud d’honneur finalement satisfaisant et tout à fait recommandable, rejoignant les belles réussites de fin de carrière de Michael Curtiz telles Le Bourreau du Nevada (The Hangman) ou Bagarres au King Creole, très certainement le meilleur film avec Elvis Presley.