David Lean (1908-1991)

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés avant 1980.

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Rockatansky
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Re: David Lean (1908-1991)

Post by Rockatansky »

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moonfleet
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Re: David Lean (1908-1991)

Post by moonfleet »

Lord Jim wrote: PS: Moonfleet parle de nazis dans La Fille de Ryan; il me semblait pourtant que le film se passait pendant la première guerre mondiale donc je ne vois pas pourquoi il y aurait des nazis là dedans...mais bon, ça fait longtemps que je ne l'ai pas vu...
Oui Ok c'est une erreur, on va dire l'ennemi allemand alors :wink:
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Commissaire Juve
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Re: David Lean (1908-1991)

Post by Commissaire Juve »

Hé, les z'aminches, faudrait me déquoter dans la citation de Moonfleet. Moi, je n'ai strictement rien contre Lawrence d'Arabie ! :mrgreen:
La vie de l'Homme oscille comme un pendule entre la douleur et l'ennui...
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Roy Neary
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Re: David Lean (1908-1991)

Post by Roy Neary »

Commissaire Juve wrote:Hé, les z'aminches, faudrait me déquoter dans la citation de Moonfleet. Moi, je n'ai strictement rien contre Lawrence d'Arabie ! :mrgreen:
Je l'ai fait. :mrgreen:

Moonfleet, arrête de t'enfoncer. :lol:
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moonfleet
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Re: David Lean (1908-1991)

Post by moonfleet »

Roy Neary wrote:
Commissaire Juve wrote:Hé, les z'aminches, faudrait me déquoter dans la citation de Moonfleet. Moi, je n'ai strictement rien contre Lawrence d'Arabie ! :mrgreen:
Je l'ai fait. :mrgreen:

Moonfleet, arrête de t'enfoncer. :lol:
Mais non, je maintiens mon point de vue :mrgreen:
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A serious man
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Re: David Lean (1908-1991)

Post by A serious man »

moonfleet wrote:
Roy Neary wrote:Évidement, il ne s'agit pas de faire de Lawrence un héros complètement désintéressé et entièrement tourné vers la cause des Arabes... .
C'est pourtant la vision que Lean nous propose, aidé par un Peter O'Toole carrément 'halluciné', connecté et guidé par sa 'vision intérieure', peut-être dépassé par les intérêts géo-politiques en jeu... le coté 'christique' donc :mrgreen:, ce qui ne l'empêche pas d'avoir été sincère sur le fait qu'il appréciait le mode de vie des hommes du désert.
Non en aucune manière ce n'est la vision proposé par Lean...
Lawrence est admirable par son courage et son charisme pour autant il reste toujours un personnage un peu inquiétant et le scénario comme la mise en scéne souligne a plusieurs reprise l'hybris de Lawrence et ses dangers (la scéne de l'allumette, quand il s'amuse a marcher sur l'eau, et bien sur cette scéne ou il sauve l'un de ses compagnons du désert pour être obligé de le tuer plus tard, les dialogues souligne a plusieurs reprise la faute quasi métaphysique qu'il a commis en secourant cet homme, et le personnage subis une véritable remise en question de ses motivations, de son égocentrisme et de ses faiblesses et de sa folie meurtrière dans la deuxième partie du film).
Pour le reste Lord Jim a parfaitement répondu. Lawrence est un inadapté en quête d'identité qui cherche a échapper a sa culture britannique en se fondant la culture arabe, mais ne peux y parvenir ce qui en définitive le conduit a la haine de lui même et au bord de la folie. Effectivement a la fin il ne lui reste plus qu'a disparaitre vaincu par le désert dont il avait cru se rendre maitre. Lawrence est un héros romantique ce qui implique qu'il est bien plus proche de l'anti-héros (selon le modèle Byronien) que du chevalier blanc que tu veux y voir. Il y a des images qui semble associé Lawrence a une figure christique (sa traversé du désert, quand il s'amuse a marcher sur l'eau) sauf qu'il n'est porteur d'aucune rédemption puisque sa quête s’achève sur un échec, et qu'il ne "renait" pas même dans un sens symbolique. Si le fameux cut sur l'allumette et le lever de soleil semble lui conférer un pouvoir démiurgique il ne faut pas oublier la mise en garde de Claude Rains: "Seul deux types de créature apprécie le désert, les bédouins et les dieux et vous n'êtes ni l'un ni l'autre", et c'est bien ça que le reste ne va avoir de cesse de montrer. Que Lawrence ne soit finalement que le jouer des hommes politique britanniques et arabes nous montre déjà a quoi nous en tenir quand a la dimension christique de Lawrence.
moonfleet wrote: La Route des Indes, c'est gentil et romantique donc bof :mrgreen: Pour cette même raison voir Brève Rencontre et Vacances à Venise ne m'intéresse pas.
je ne sais pas bien ce que tu entend par gentil, mais romantique, si ce film est romantique alors ce n'est surement pas au sens sentimentale du terme (puisqu'il n'y a pas d'histoire d'amour) et que le film est bien plus centré sur la satire du comportement des colonisateurs anglais et surtout la difficulté d'un dialogue et d'une rencontre entre les deux civilisation, a travers les hésitations d'une jeune anglaise a l'éducation victorienne qui a la fois fasciné et attiré par l'Inde et dans le même temps répulsée et effrayée. J'avoue que je ne vois pas vraiment ce que ça a de gentil, quand au romantisme il y en a (il n'y a qu'a voir les plans de paysage) mais surement pas dans le sens réducteur de la sentimentalité (vu que c'est ce que tu semble mettre derrière ce terme avec ta référence a Brève Rencontre et Vacance a Venise)
Last edited by A serious man on 23 Apr 17, 18:16, edited 1 time in total.
"Il ne faut pas être timide avec la caméra. Il faut lui faire violence, la pousser jusque dans ses derniers retranchements, parce qu'elle est une vile mécanique. Ce qui compte, c'est la poésie."

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Re: David Lean (1908-1991)

Post by moonfleet »

A serious man wrote:
moonfleet wrote: C'est pourtant la vision que Lean nous propose, aidé par un Peter O'Toole carrément 'halluciné', connecté et guidé par sa 'vision intérieure', peut-être dépassé par les intérêts géo-politiques en jeu... le coté 'christique' donc :mrgreen:, ce qui ne l'empêche pas d'avoir été sincère sur le fait qu'il appréciait le mode de vie des hommes du désert.
Non en aucune manière ce n'est la vision proposé par Lean...
Lawrence est admirable par son courage et son charisme pour autant il reste toujours un personnage un peu inquiétant et le scénario comme la mise en scéne souligne a plusieurs reprise l'hybris de Lawrence et ses dangers (la scéne de l'allumette, quand il s'amuse a marcher sur l'eau, et bien sur cette scéne ou il va arracher l'un de ses compagnons au danger du désert qu'il seras finalement obligé de tuer, les dialogues souligne a plusieurs reprise la faute quasi métaphysique qu'il a commis en secourant cette homme, et le personnage subis une véritable remise en question de ses motivations, de son égocentrisme et de ses faiblesses et de sa folie meurtrière dans la deuxième partie du film).
Pour le reste Lord Jim a parfaitement répondu. Lawrence est un inadapté en quête d'identité qui cherche a échapper a sa culture britannique en se fondant la culture arabe, mais ne peux y parvenir ce qui en définitive le conduit a la haine de lui même et au bord de la folie. Effectivement a la fin il ne lui reste plus qu'a disparaitre vaincu par le désert dont il avait cru se rendre maitre. Lawrence est un héros romantique ce qui implique qu'il est bien plus proche de l'anti-héros (selon le modèle Byronien) que du chevalier blanc que tu veux y voir. Il y a des images qui semble associé Lawrence a une figure christique (sa traversé du désert, quand il s'amuse a marcher sur l'eau) sauf qu'il n'est porteur d'aucune rédemption puisque sa quête s’achève sur un échec, et qu'il ne "renait" pas même dans un sens symbolique. Si le fameux cut sur l'allumette et le lever de soleil semble lui conférer un pouvoir démiurgique il ne faut pas oublier la mise en garde de Claude Rains: "Seul deux types de créature apprécie le désert, les bédouins et les dieux et vous n'êtes ni l'un ni l'autre", et c'est bien ça que le reste ne va avoir de cesse de montrer. Que Lawrence ne soit finalement que le jouer des hommes politique britanniques et arabes nous montre déjà a quoi nous en tenir quand a la dimension christique de Lawrence.
Wow, belle argumentation :D Je ne vais de toute façon pas revoir le film pour noter les détails que tu cites :mrgreen:
Je n'accroche pas à ce genre d'hyper romantisme (même si inspiré d'une histoire 'vraie'), je n'ai pas rêvé de Lawrence étant petit garçon,tout simplement. :mrgreen:
Mais que de réactions !! :shock: C'est : 'pas touche au film culte' ou quoi ?? Après, cela reste instructif :mrgreen: (cf Moonfleet : the exercise was beneficial)
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Re: David Lean (1908-1991)

Post by moonfleet »

A serious man wrote:
moonfleet wrote: La Route des Indes, c'est gentil et romantique donc bof :mrgreen: Pour cette même raison voir Brève Rencontre et Vacances à Venise ne m'intéresse pas.
je ne sais pas bien ce que tu entend par gentil, mais romantique, si ce film est romantique alors ce n'est surement pas au sens sentimentale du terme (puisqu'il n'y a pas d'histoire d'amour) et que le film est bien plus centré sur la satire du comportement des colonisateurs anglais et surtout la difficulté d'un dialogue et d'une rencontre entre les deux civilisation, a travers les hésitations d'une jeune anglaise a l'éducation victorienne qui a la fois fasciné et attiré par l'Inde et dans le même temps répulsée et effrayée. J'avoue que je ne vois pas vraiment ce que ça a de gentil, quand au romantisme il y en a (il n'y a qu'a voir les plans de paysage) mais surement pas dans le sens réducteur de la sentimentalité (vu que c'est ce que tu semble mettre derrière ce terme avec ta référence a Brève Rencontre et Vacance a Venise)
Drame romantique si tu veux :mrgreen:
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Re: David Lean (1908-1991)

Post by Rick Blaine »

Ce serait plutôt un drame pas romantique, ce mot n'est pas du tout approprié pour qualifier La Route des Indes.
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Re: David Lean (1908-1991)

Post by Jeremy Fox »

Rick Blaine wrote:Ce serait plutôt un drame pas romantique, ce mot n'est pas du tout approprié pour qualifier La Route des Indes.
On ne peut pas dire non plus que Brève Rencontre dégouline de sentimentalisme. Guère plus Vacances à Venise d'ailleurs. Les titres sont trompeurs.
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Re: David Lean (1908-1991)

Post by A serious man »

Rick Blaine wrote:Ce serait plutôt un drame pas romantique, ce mot n'est pas du tout approprié pour qualifier La Route des Indes.
Tout dépend de ce qu'on entend par romantisme, si il s'agit de la sentimentalité fleur bleu, effectivement ça n'est pas du tout aproprié. En revanche je ne pense pas que les films de David Lean soit sans rapport avec le romantisme en tant que courant esthétique et intellectuel.
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Re: David Lean (1908-1991)

Post by Jeremy Fox »

A serious man wrote:
Rick Blaine wrote:Ce serait plutôt un drame pas romantique, ce mot n'est pas du tout approprié pour qualifier La Route des Indes.
Tout dépend de ce qu'on entend par romantisme, si il s'agit de la sentimentalité fleur bleu, effectivement ça n'est pas du tout aproprié. En revanche je ne pense pas que les films de David Lean soit sans rapport avec le romantisme en tant que courant esthétique et intellectuel.
C'est clairement même l'un des cinéastes les plus romantiques qui soit ; mais comme romantisme ne rime pas forcément avec mièvrerie...
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Re: David Lean (1908-1991)

Post by A serious man »

Jeremy Fox wrote:
A serious man wrote: Tout dépend de ce qu'on entend par romantisme, si il s'agit de la sentimentalité fleur bleu, effectivement ça n'est pas du tout aproprié. En revanche je ne pense pas que les films de David Lean soit sans rapport avec le romantisme en tant que courant esthétique et intellectuel.
C'est clairement même l'un des cinéastes les plus romantiques qui soit
tout a fait cela dit c'est a relativiser, finalement il a transposer Madame Bovary avec La fille de Ryan et on peut retrouver la même ambivalence a l'égard du romantisme chez David Lean, que chez Flaubert (d'ailleurs contrairement a Lean qui a cette réputation de romantique acharné, Flaubert passe pour l'anti-romantique alors que c'est bien plus complexe que ça dans les deux cas).
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Re: David Lean (1908-1991)

Post by Jeremy Fox »

A serious man wrote:
Jeremy Fox wrote: C'est clairement même l'un des cinéastes les plus romantiques qui soit
tout a fait cela dit c'est a relativiser, finalement il a transposer Madame Bovary avec La fille de Ryan et on peut retrouver la même ambivalence a l'égard du romantisme chez David Lean, que chez Flaubert (d'ailleurs contrairement a Lean qui a cette réputation de romantique acharné, Flaubert passe pour l'anti-romantique alors que c'est bien plus complexe que ça dans les deux cas).
Oh que oui ! L'éducation sentimentale, malgré son soit-disant anti-romantisme, continue à me bouleverser.
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Rick Blaine
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Re: David Lean (1908-1991)

Post by Rick Blaine »

A serious man wrote:
Rick Blaine wrote:Ce serait plutôt un drame pas romantique, ce mot n'est pas du tout approprié pour qualifier La Route des Indes.
Tout dépend de ce qu'on entend par romantisme, si il s'agit de la sentimentalité fleur bleu, effectivement ça n'est pas du tout aproprié. En revanche je ne pense pas que les films de David Lean soit sans rapport avec le romantisme en tant que courant esthétique et intellectuel.
Oui bien sur, c'est évident, mais comme tu disais "gentil et romantique " il me semble que tu avais plutôt en tête quelque chose de relatif au fond.