David Lean (1908-1991)

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés avant 1980.

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someone1600
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Re: David Lean (1908-1991)

Post by someone1600 »

feb wrote:
someone1600 wrote:Ca fait longtemps que je veux voir ce film, mais je n'en ai jamais vu de copie en dvd... il existe ? :?
Il existe en édition Criterion sur Amazon US
http://www.amazon.com/Summertime-Criter ... 662&sr=1-1
Test Beaver DVD US Z1
http://www.dvdbeaver.com/film/DVDReview ... ertime.htm

Il existe chez Second Sight sur Amazon UK
https://www.amazon.co.uk/Summertime-DVD ... 640&sr=1-1
Test DVD UK Z2 (pas de STF)
http://homecinema.thedigitalfix.com/con ... rtime.html

Et surtout il vient de sortir chez Carlotta dans une édition qui semble très belle si on jette un oeil aux captures de Profondo Rosso :wink:
http://www.amazon.fr/Summertime-Vacance ... 814&sr=8-1
VOSTF mais je pense qu'il est bloqué Z2.
Ok merci, en effet le carlotta a l'air superbe.
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Jeremy Fox
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Re: David Lean (1908-1991)

Post by Jeremy Fox »

La critique et les captures de Profondo m'ont mis l'eau à la bouche ; je dois le recevoir prochainement, je me jetterais dessus dès réception :) . Par contre, j'aime beaucoup l'acteur Rossano Brazzi
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feb
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Re: David Lean (1908-1991)

Post by feb »

Jeremy Fox wrote:La critique et les captures de Profondo m'ont mis l'eau à la bouche ; je dois le recevoir prochainement, je me jetterais dessus dès réception :) . Par contre, j'aime beaucoup l'acteur Rossano Brazzi
Il n'y a pas une critique du DVD qui est prévue sur DVD Classik d’ailleurs M. Fox ? :fiou: :mrgreen:
ed wrote:Portrait de la jeune fille en feu
L'un des films les plus rigoureux, scénaristiquement et formellement, qu'il m'ait été donné de voir depuis longtemps (...)
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Jeremy Fox
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Re: David Lean (1908-1991)

Post by Jeremy Fox »

feb wrote:
Jeremy Fox wrote:La critique et les captures de Profondo m'ont mis l'eau à la bouche ; je dois le recevoir prochainement, je me jetterais dessus dès réception :) . Par contre, j'aime beaucoup l'acteur Rossano Brazzi
Il n'y a pas une critique du DVD qui est prévue sur DVD Classik d’ailleurs M. Fox ? :fiou: :mrgreen:
Si, après nos vacances qui ont en fait déjà commencé et qui prendront fin mi-août :fiou:
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feb
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Re: David Lean (1908-1991)

Post by feb »

Jeremy Fox wrote:Si, après nos vacances qui ont en fait déjà commencé et qui prendront fin mi-août :fiou:
C'est noté :wink: Et bonnes vacances à la team :mrgreen:
ed wrote:Portrait de la jeune fille en feu
L'un des films les plus rigoureux, scénaristiquement et formellement, qu'il m'ait été donné de voir depuis longtemps (...)
someone1600
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Re: David Lean (1908-1991)

Post by someone1600 »

L'auteur de la chronique va t'il a Venise ? 8)
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Jeremy Fox
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Re: David Lean (1908-1991)

Post by Jeremy Fox »

someone1600 wrote:L'auteur de la chronique va t'il a Venise ? 8)
J'aurais bien aimé 8)
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Re: David Lean (1908-1991)

Post by someone1600 »

Lol... bonne vacance tout de meme. :wink:
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Rick Blaine
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Re: David Lean (1908-1991)

Post by Rick Blaine »

The Sound Barrier (Le Mur du Son - 1952)

A la sortie de la guerre, Tony Garthwaite (Nigel Patrick) est embauché par son beau-père John Ridgefield (Ralph Richardson), magnat de l'industrie aéronautique, comme pilote de test de ses nouveaux avions à réaction et surtout pour mener à bien l'incroyable projet de franchissement du mur du son.

Disons le d'emblée, un film de ce genre ne pouvait que convenir au petit garçon fasciné par les avions qui se cache derrière l'amateur de cinéma que je suis. Sur ce sujet passionnant, Lean choisit dès le départ une approche semi-documentaire, même si les événements relatés son fictif. J'ai d'ailleurs rarement vu, pour ce genre de film touchant aux sciences et techniques, des séquences explicatives aussi précises et claires, tout en restant suffisamment rapide et efficace pour ne pas le transformer en un cours magistral (voir la séquence décrivant le fonctionnement du réacteur). Ces éléments permettent à Lean de mettre le spectateur, surtout celui de l'époque d'ailleurs, à niveau pour comprendre les enjeux dont il veut discuter sans jamais casser le rythme de sa narration ni le spectaculaire de son entreprise.

Car il y a clairement, pour Lean, une fascination pour l'avion et l'entreprise qu'il décrit. Il n'y a qu'à voir comment il les filme, en vol ou au sol, toujours dans la beauté, et toujours dans le spectaculaire. Il n'y a qu'a entendre les sons presque envoutants des réacteurs pour s'en convaincre définitivement (le film obtiendra d'ailleurs l'oscar du meilleur son, l'évidence même). Ce spectacle aérien, il faut bien le dire, est l'un des grands intérêts d'autant que Lean ne sombre pas dans la redite avec ces plans.

Pourtant c'est loin d'être le seul intérêt du film. Le fil dramatique du film, les relations entre Susan Garthwaite (Ann Todd) et son père qu'elle tient responsable de la mort de son frère, tué dans un accident d'avion lors de son premier vol en solitaire alors qu'il se forçait à apprendre le pilotage pour correspondre aux desseins de son père, celles entre Susan et son mari Tony, qu'elle craint de voir mourir à chaque sortie, est pour David Lean l'occasion de mettre en scène differentes visions de l'héroïsme. Celui des pilotes bien sur, qui frôlent la mort, celui plus subtile aussi de John Ridgefield, le chefs d'entreprise aux rêves de grandeurs.
Interprété par un Ralph Richardson qui domine la distribution de la tête et des épaules, John Ridgefield apparait dans un premier temps comme un personnage égoïste, obnubilé par un rêve impossible, prêt à accepter la mort de ses proches sans broncher pour l'atteindre. Mais, au fil du film, ce personnage devient une sorte de héros. Il est l'homme qui à une vision, l'homme qui à un idéal. Il est celui qui incarne l'Homme, qui par la science triomphe des barrières imposées par la nature, il veut être celui qui cassera celle du son, un défi qui semble sans but, mais qui doit être relevé car il a été placé sur le chemin de l'humanité. Cet héroïsme particulier, qui pourrait sembler presque absurde, me fait penser à celui tout aussi particulier, et tout aussi absurde, qui sera celui, cinq ans plus tard, du colonel Nicholson. Ce personnage magnifique sera révélé définitivement lors des dernières scènes du film, une impressionnante leçon de cadrage et de montage de la part de Lean qui sert de point final à un excellent film.

Après Ceux qui servent en mer, Grandes Espérances, Le Pont de la Rivière Kwai, Lawrence d'Arabie et Docteur Jivagho, Le Mur du Son est le sixième film de Lean que je vois et je n'ai toujours pas été déçu. J'attends le coffret Carlotta pour compléter ma collection et pouvoir découvrir l’intégralité de ses longs métrages, mais il semble que vais devoir lui faire une place de choix dans la liste de mes réalisateurs préférés.
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Jeremy Fox
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Re: David Lean (1908-1991)

Post by Jeremy Fox »

Je n'en avais jamais entendu parler mais il me tente désormais sacrément, moi aussi ayant été un enfant (puis adolescent) passionné par les avions. Tu m'as sacrément donné envie là !!!
Strum
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Re: David Lean (1908-1991)

Post by Strum »

Tiens à propos de Lean, j'ai vu récemment L'Esprit s'amuse, qui m'a beaucoup fait rire. Le scénario est excellent, avec quelques développements inattendus et une fin que l'on s'amuse à deviner, les acteurs s'en donnent à coeur joie, le ton est joyeusement amoral, bref, c'est une très bonne comédie.
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Ann Harding
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Re: David Lean (1908-1991)

Post by Ann Harding »

Il va falloir que je le regarde. J'ai déjà vu pratiquement tous les autres films de sa période anglaise sauf celui-là. Merci Rick pour ta critique.
someone1600
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Re: David Lean (1908-1991)

Post by someone1600 »

Je connais peu sa premiere période malheureusement... je possede quelques uns des films en enregistrements TCM, faudrait que je pige dedans. Pour l'instant, j'ai adoré tous les films de Lean que j'ai vu.
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Rick Blaine
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Re: David Lean (1908-1991)

Post by Rick Blaine »

Jeremy Fox wrote:Je n'en avais jamais entendu parler mais il me tente désormais sacrément, moi aussi ayant été un enfant (puis adolescent) passionné par les avions. Tu m'as sacrément donné envie là !!!
Il y a des chances qu'il te plaise alors. J'en ai discuté avec mon père (qui ne peut pas le revoir pour le moment, VOSTA oblige), qui en avait des souvenirs nets alors qu'il l'a découvert à l'armée il y a près de 50 ans... :D Un film qui semble donc fait pour marquer ceux que la question intéresse mais qui, comme je l'ai écrit me parait avoir un propos beaucoup plus large à même de toucher tout le monde.
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Ann Harding
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Re: David Lean (1908-1991)

Post by Ann Harding »

J'ai regardé The Sound Barrier suite à la critique de Rick Blaine. Je serai un peu moins enthousiaste que lui. Il faut dire que j'ai déjà vu pas mal de films anglais sur l'aviation. Il y en a qui sont de purs objets patriotiques parfaitement imbuvables comme Reach for the Sky (1956, L. Gilbert) qui un biopic de l'as Douglas Bader (joué par Kenneth More) qui perdit ses jambes mais continua à piloter (s'il le faut avec les dents! :mrgreen: ). C'est un summum du 'stiff-upper-lip', presque risible. Il y a aussi The Dam Busters (1955, M. Anderson) qui raconte l'histoire de la fabrication de bombes spéciales pour faire exploser les barrages de la Ruhr durant la 2nde GM. Richard Todd y est un pilote droit dans ses bottes, le doigt sur la couture du pantalon. Mais, heureusement, il y a aussi de très beaux films comme The Way to the Stars (1945, A. Asquith) qui un sommet de sensibilité et d'intelligence dans l'interprétation et les dialogues. J'en avais parlé ici. Ce film et le film de Lean ont en commun le scénariste/dramaturge Terrence Rattigan. Dans les deux films, Rattigan s'attache à nous montrer la vie des pilotes en famille et au travail. Contrairement au film d'Asquith, les femmes du film de Lean sont assez incolores. Ce sont des ménagères parfaites qui attendent au foyer le retour du héros. Je suis d'accord avec Rick pour ce qui est des scènes d'action qui sont très réussies. On est tenu en haleine. La distribution est certainement dominée par Ralph Richardson dans un rôle inspiré du patron de la firme De Havilland (qui mit au point les premiers avions à réaction). Par contre, les deux pilotes joués par Nigel Patrick et John Justin sont assez fades [encore que Justin est flamboyant comparé à sa prestation insipide dans The Thief of Bagdad (1941, M. Powell) :mrgreen: ] Dans l'ensemble, le film est très agréable à regarder, mais je l'ai trouvé quand même inférieur au film d'Asquith quant au traitement des personnages ainsi qu'en terme d'émotion.