Sacha Guitry (1885-1957)

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés avant 1980.

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Rick Blaine
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Re: Sacha Guitry (1885-1957)

Post by Rick Blaine »

Deburau (1951)

Un peu déçu par ce film. Mon reproche est essentiellement formel, Deburau est la transposition d'une pièce de théâtre, et je l'ai trouvée un peu pesante et visible. Je n'ai pas pour habitude de reprocher à Guitry de faire du théâtre filmé, bien au contraire, mais cet fois ci le reproche est acceptable. Il y a évidement le découpage en actes qui marque cette transposition, mais aussi un statisme extrême, et un texte en vers qui ne sert pas le dynamisme du film.
C'est dommage, le sujet était intéressant, dans la réflexion sur l'acteur, sur l'amour, sur la transmission filiale. La fin est notamment assez touchante, lorsque Deburau prend conscience de la portée de son travail, et qu'il décide de lancer son fils. Mais, malheureusement, on a déjà quelque peu décroché d'un film un peu trop paresseux pour passionner totalement.
Comme toujours chez Guitry, Deburau est tout de même agréable, le plaisir de retrouver le maitre est suffisant, celui d'y entendre certaines belles répliques aussi, mais je le trouve tout de même très mineur.
Nestor Almendros
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Re: Sacha Guitry (1885-1957)

Post by Nestor Almendros »

LE DESTIN FABULEUX DE DESIREE CLARY (1942)

Une parenthèse sympathique qui rappelle les petites histoires dans la grande que Guitry aime tant raconter. Je le trouve ici peut-être plus romanesque qu'à l'habitude: il s'intéresse davantage à cette destinée effectivement incroyable qu'à des critiques stylisées sur la politique. L'ensemble est enlevé, il y a une certaine application dans les décors, les costumes. Tout n'est pas exempt de longueurs et j'ai regretté qu'il n'y ait pas plus de la personnalité de Guitry. Je me contenterai (et c'est déjà pas mal) de cet entracte étonnant pendant lequel Guitry se permet de faire une pause pour accompagner une ellipse de dix années dans son histoire. Ainsi on aura droit au générique en plein milieu du film. Seul Guitry pouvait se le permettre. Je me demande même s'il n'est pas le seul à l'avoir osé.
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onvaalapub
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Re: Sacha Guitry (1885-1957)

Post by onvaalapub »

Nestor Almendros wrote:LE DESTIN FABULEUX DE DESIREE CLARY (1942)

Une parenthèse sympathique qui rappelle les petites histoires dans la grande que Guitry aime tant raconter. Je le trouve ici peut-être plus romanesque qu'à l'habitude: il s'intéresse davantage à cette destinée effectivement incroyable qu'à des critiques stylisées sur la politique. L'ensemble est enlevé, il y a une certaine application dans les décors, les costumes. Tout n'est pas exempt de longueurs et j'ai regretté qu'il n'y ait pas plus de la personnalité de Guitry. Je me contenterai (et c'est déjà pas mal) de cet entracte étonnant pendant lequel Guitry se permet de faire une pause pour accompagner une ellipse de dix années dans son histoire. Ainsi on aura droit au générique en plein milieu du film. Seul Guitry pouvait se le permettre. Je me demande même s'il n'est pas le seul à l'avoir osé.
Assez déçu pour ma part par ce film que je voulais voir depuis longtemps. Justement par les longueurs récurrentes. Guitry ne parvient pas à mon sens à enrober l'histoire de son esprit et de ses traits si jubilatoires dans nombres d'autres films. De plus, si Guitry, Varennes et Morlay sont très bons, Madame Guitry est bien terne je trouve (comme quoi on peut être belle et terne :? ). Un petit film même si quelques scènes ou phrases viennent sauver l'ensemble et notamment la suivante : "c'est une erreur commune de croire qu'en sauvant le régime on sauve la nation" (tourné en 1942, je le rappelle :wink: ) et, dans le même esprit, les diverses allusions à la France "éternelle" ou "immortelle" que Guitry se permet en pleine Occupation.
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Re: Sacha Guitry (1885-1957)

Post by daniel gregg »

Y aurait t-il une âme généreuse pour me dire ce que valent les copies des films dans ce coffret Criterion édité en 2010, donc 3 ans après celui de Gaumont ?
Est il envisageable de penser qu'il reprend les même masters que ceux exploités par les français ?
Merci d'avance. :wink:

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Re: Sacha Guitry (1885-1957)

Post by Music Man »

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AU VOLEUR ! (Affäre Nabob) de Ralph HABIB –France/Allemagne 1960
Avec OE HASSE, Perrette PRADIER, Paul GUERS, Sonja ZIEMANN et Mary MARQUET

Une ravissante aventurière s’éprend d’un apprenti voleur convoitant un diamant hors de prix, le Nabab, que la demoiselle est parvenue à subtiliser à son richissime protecteur …

En 1957, alors qu’il était très malade, Sacha Guitry a écrit le scénario complet, les dialogues, le découpage d’Au voleur qu’il n’a jamais pu mettre en scène. Jean-Bernard Luc a repris et remanié complètement l’ouvrage pour aboutir à cette comédie policière confuse : de vol en substitution de bijou, j’avoue avoir un peu décroché ou n’ai-je pas été assez attentif. A la fin, je ne savais plus qui était le voleur ou la victime. Le film est assez mou, et à sa sortie Les cahiers du cinéma ont mentionné que « Les voleurs sont évidemment ceux qui osent s'emparer du nom de Guitry (auteur du seul point de départ) pour couvrir la plus morne des comédies policières ». L’ouvrage n’est pourtant pas déplaisant et plutôt bien filmé : Perrette Pradier est absolument ravissante et tient fort bien son rôle, OE Hasse, mystérieux à souhait dans son personnage à la Von Stroheim. Sinon, j’ai trouvé que le film avait du mal à trouver son style…en tous les cas, mis à part quelques phrases (comme les commentaires sur les riches oisifs se dorant près de la piscine), le film manquait du style Guitry, hélas.
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hansolo
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Re: Sacha Guitry (1885-1957)

Post by hansolo »

daniel gregg wrote:Y aurait t-il une âme généreuse pour me dire ce que valent les copies des films dans ce coffret Criterion édité en 2010, donc 3 ans après celui de Gaumont ?
ca semble etre les mêmes masters :
http://www.dvdbeaver.com/film3/dvd_revi ... guitry.htm
http://www.dvdtalk.com/reviews/43355/pr ... y-box-set/
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Watkinssien
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Re: Sacha Guitry (1885-1957)

Post by Watkinssien »

J'ai revu récemment le Napoléon de Guitry, après plus d'une décennie...

J'ai été très agréablement surpris. Par l'ampleur dramatique, par son ton à la fois ludique et brillamment caustique, par son souci du détail. Mais également et surtout par la mise en scène vive, mordante et passionnante de Guitry, son sens du dialogue et le défilé de comédiens tous impeccables (Orson Welles vole la vedette à tout le monde en deux minutes, mais là je suis plus que subjectif).

Un régal !!!
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onvaalapub
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Re: Sacha Guitry (1885-1957)

Post by onvaalapub »

Watkinssien wrote:J'ai revu récemment le Napoléon de Guitry, après plus d'une décennie...

J'ai été très agréablement surpris. Par l'ampleur dramatique, par son ton à la fois ludique et brillamment caustique, par son souci du détail. Mais également et surtout par la mise en scène vive, mordante et passionnante de Guitry, son sens du dialogue et le défilé de comédiens tous impeccables (Orson Welles vole la vedette à tout le monde en deux minutes, mais là je suis plus que subjectif).

Un régal !!!
Je suis en pleine période Guitry (je viens de finir la biographie de Lorcey) et je crois que je vais me le revoir bientôt du coup...
Le point sur deux de ses films que j'ai vu récemment :

Bonne Chance (1935)

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Le deuxième film parlant de Guitry. Film sans prétention mais parsemé de ces bons mots qui fleurissent tout au long des différentes scènes pour mon plus grand bonheur. Jacqueline Delubac est toujours aussi charmante et donne merveilleusement bien la réplique au "Maître". Comme toujours, Guitry s'amuse avec les spectateurs et la caméra : cette scène surréaliste où la caméra est placée sur la voiture et où l'on ne voit que la route; Guitry, que l'on devine assis dans la voiture avec sa partenaire, prend la parole pour dire que c'est un truc de cinéma de mettre la caméra à cette emplacement pour donner cette impression de vitesse. Elle lui répond "Vraiment?". Et lui " C'est ce qu'on m'a dit. C'est à ne pas le croire, d'ailleurs je n'y ai pas cru" :D .
C'est ce genre de clin d’œil qui laisse aussi finalement le goût d'un petit plaisir très agréable. A voir donc !
La copie René Chateau n'est pas très propre mais le N&B est très bien et la compression plus qu'honorable. Une bonne surprise 8)

Le Comédien (1947)

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Premier film de Sacha après la fin de la Guerre, le Comédien est une œuvre supérieure. Tout d'abord, ce n'est plus un apprenti du cinéma et cela ce voit. La caméra se balade amoureusement autour des comédiens, il tente des plans différents selon les scènes telles que ce plan tournant autour de Lana Marconi au moment ou Lucien Guitry se sépare d'elle : la caméra qui la film de dos tourne autour d'elle pour la montrer de 3/4 face et fait rentrer dans le champ l'ouverture de sa loge qui symbolise la sortie. J'ai d'ailleurs trouvé cette scène admirablement filmé. Ce n'est pas du théâtre filmé alors même que Guitry filme son père et son théâtre. Il se met en scène lui-même dans le rôle de son père puis/et dans son rôle à lui et ce de manière tout à fait habile.
Il en profite pour régler quelques comptes avec la Comédie Française ou les mauvais acteurs tout en rendant un hommage très appuyé à la fois à son père mais aussi à tous les comédiens talentueux qui jouent tous les jours.
J'ai trouvé aussi excellent le rôle de Lana Marconi. C'est son premier rôle à l'écran, Sacha ayant décidé d'en faire une comédienne alors que elle-même ne le souhaitait pas. Précisons ensuite qu'il s'agit de sa dernière femme, la cinquième (!), qu'elle a 25 ans de moins qu'elle et qu'elle débute donc. Or elle joue justement une jeune "aventurière" qui séduit Lucien Guitry pour obtenir un rôle et être formé par le maître. Quand on y réfléchit, c'est quand même assez osé de lui avoir donné un tel rôle quand on pense qu'il est bien possible qu'elle ai été elle-même perçue comme une opportuniste par un certain nombre de spectateurs... Il ne reculait pas devant ce genre de considération !
Enfin l'hommage au Comédien avec un grand C, c'est-à-dire Lucien Guitry est admirable. Dommage que ce dernier n'ai pas connu le cinéma parlant (il est mort en 1925). Il déforme quand même la réalité puisque si l'anecdote qui conclut le film est vraie (les mots pendant la pièce), Lucien Guitry est mort seulement quelques temps après et pendant la pièce.
Certainement pas le meilleur Guitry, mais un bon Guitry.
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Re: Sacha Guitry (1885-1957)

Post by Supfiction »

Watkinssien wrote:J'ai revu récemment le Napoléon de Guitry, après plus d'une décennie...

J'ai été très agréablement surpris. Par l'ampleur dramatique, par son ton à la fois ludique et brillamment caustique, par son souci du détail. Mais également et surtout par la mise en scène vive, mordante et passionnante de Guitry, son sens du dialogue et le défilé de comédiens tous impeccables (Orson Welles vole la vedette à tout le monde en deux minutes, mais là je suis plus que subjectif).

Un régal !!!
Je ne l'ai toujours pas acheté. J'avais été refroidi par de mauvaises critiques du dvd rené chateau. Mais bon, avant qu'il y ai une nouvelle édition..


A propos, avez-vous acheté le nouveau dvd du Destin Fabuleux de Désirée Clary qui vient de sortir ? Le film est bon mais René Chateau a t-il encore les moyens de sortir de belles éditions ?
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Re: Sacha Guitry (1885-1957)

Post by Supfiction »

Lautner parle de Guitry et (durement) de Fernandel sur cet interview, à partir de la 10ème minute:
http://www.franceculture.fr/player/reec ... ay=4599602
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Re: Sacha Guitry (1885-1957)

Post by onvaalapub »


Le couple mythique des années 30 :D
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Re: Sacha Guitry (1885-1957)

Post by Supfiction »

onvaalapub wrote:
Spoiler (cliquez pour afficher)
Le couple mythique des années 30 :D
Super archive de la boite de propagande à Benito. C'est tiré de quel film ?
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Re: Sacha Guitry (1885-1957)

Post by onvaalapub »

Supfiction wrote:
onvaalapub wrote:
Spoiler (cliquez pour afficher)
Le couple mythique des années 30 :D
Super archive de la boite de propagande à Benito. C'est tiré de quel film ?
Aucun film. Une pièce de théâtre sûrement.
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Re: Sacha Guitry (1885-1957)

Post by Supfiction »

Étonnant ces plans serrés pour une pièce. Peut-être la répétition alors..
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Re: Sacha Guitry (1885-1957)

Post by onvaalapub »

Rick Blaine wrote:Deburau (1951)

Un peu déçu par ce film. Mon reproche est essentiellement formel, Deburau est la transposition d'une pièce de théâtre, et je l'ai trouvée un peu pesante et visible. Je n'ai pas pour habitude de reprocher à Guitry de faire du théâtre filmé, bien au contraire, mais cet fois ci le reproche est acceptable. Il y a évidement le découpage en actes qui marque cette transposition, mais aussi un statisme extrême, et un texte en vers qui ne sert pas le dynamisme du film.
C'est dommage, le sujet était intéressant, dans la réflexion sur l'acteur, sur l'amour, sur la transmission filiale. La fin est notamment assez touchante, lorsque Deburau prend conscience de la portée de son travail, et qu'il décide de lancer son fils. Mais, malheureusement, on a déjà quelque peu décroché d'un film un peu trop paresseux pour passionner totalement.
Comme toujours chez Guitry, Deburau est tout de même agréable, le plaisir de retrouver le maitre est suffisant, celui d'y entendre certaines belles répliques aussi, mais je le trouve tout de même très mineur.
Assez d'accord avec toi dans l'ensemble. Les premiers actes sont paresseux et forcement très théâtraux. Mais j'ai trouvé le dernier tout simplement brillant grâce à ce long monologue de Sacha sur le métier d'acteur. Je ne résiste pas d'ailleurs à le placer ici et je ne peux pas m'empêcher de croire que ce qu'il dit sur les comiques et le plaisir de jouer est à ce point universel et toujours aussi vrai:
Adore ton métier, c’est le plus beau du monde !
Le plaisir qui te donne est déjà précieux,
Mais sa nécessité réelle est plus profonde :
Il apporte l’oubli des chagrins et des maux.

Et ça, vois-tu, c’est encore mieux -
C’est mieux que tout, c’est magnifique et tu verras,
Tu verras ce que c’est qu’une salle qui rit,
Tu l’entendras.

Ça, c’est unique, mon chéri.
Oh ! Le bruit que ça fait, tu verras, c’est très beau.
Imagine un très grand silence :
On vient de lever le rideau.

Un silence absolu, complet…
On entendrait voler un imprésario !

Soudain, tu viens de faire une chose qui plaît,
Un geste inattendu, comique… et ça commence
Tout à coup !
Car ça commence d’un seul coup.

Et voilà
Le silence rompu qui vole en mille éclats !

Le public s’abandonne à l’immense rafale
Qui gronde et le secoue -
Et le rire au galop qui traverse la salle
Emporte tout,
Les chagrins, les soucis
Et les peines.

Et comprends bien ceci,
Comprends que c’est pour ça qu’ils viennent.
A ceux qui font sourire on ne dit pas merci -
Je sais, oui, ça ne fait rien,
Sois ignoré.

Va donc laisser la gloire à ceux qui font pleurer.
Je sais bien qu’on dit d’eux qu’ils sont " les grands artistes " -
Tant pis, ne soit pas honoré.

On n’honore jamais que les gens qui sont tristes.
Sois un paillasse, un pitre, un pantin - que t’importe !

Fais rire le public, dissipe son ennui,
Et, s’il te méprise et t’oublie
Sitôt qu’il a passé la porte,
Va, laisse-le, ça ne fait rien,
On se souvient
Toujours si mal de ceux qui vous ont fait du bien !

Mais, peut-être qu’un jour alors tu connaîtras
Ce bonheur ignoré de la gloire éphémère,
Ce bonheur qu’on n’achète pas -
Oui, peut-être qu’un jour tu seras populaire !

Et ça, vois-tu, c’est presque aussi bon que l’amour.
Certainement pas le meilleur film de Sacha mais le bonheur de le retrouver et ses superbes textes sauvent encore tout!
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