Kenji Mizoguchi (1898-1956)

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés avant 1980.

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Cololi

Re: Kenji Mizoguchi (1898-1956)

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Je viens de découvrir Mizoguchi avec Les Contes de lune vague après la pluie, et j'avoue avoir vraiment beaucoup aimé. Hélas c'est un DVD FSF ... et l'image est vraiment très mauvaise ... c'est une honte pour un tel film.
Résultat : le bonheur certes de découvrir un tel réalisateur ... mais malheur de devoir attendre les calendes grecques pour avoir tout ça en BR (STF !)
kiemavel
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Re: Kenji Mizoguchi (1898-1956)

Post by kiemavel »

Cololi wrote:Je viens de découvrir Mizoguchi avec Les Contes de lune vague après la pluie, et j'avoue avoir vraiment beaucoup aimé. Hélas c'est un DVD FSF ... et l'image est vraiment très mauvaise ... c'est une honte pour un tel film.
Résultat : le bonheur certes de découvrir un tel réalisateur ... mais malheur de devoir attendre les calendes grecques pour avoir tout ça en BR (STF !)
Sorti aussi par Opening. Je ne sais pas si c'est la même copie mais impossible il me semble de qualifier la copie que j'ai vu de "honteuse" alors le doute est permis même si je ne suis pas très exigent...
Cololi

Re: Kenji Mizoguchi (1898-1956)

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kiemavel wrote:
Cololi wrote:Je viens de découvrir Mizoguchi avec Les Contes de lune vague après la pluie, et j'avoue avoir vraiment beaucoup aimé. Hélas c'est un DVD FSF ... et l'image est vraiment très mauvaise ... c'est une honte pour un tel film.
Résultat : le bonheur certes de découvrir un tel réalisateur ... mais malheur de devoir attendre les calendes grecques pour avoir tout ça en BR (STF !)
Sorti aussi par Opening. Je ne sais pas si c'est la même copie mais impossible il me semble de qualifier la copie que j'ai vu de "honteuse" alors le doute est permis même si je ne suis pas très exigent...
Je suis à 10000 lieues des exigences des membres chevronnés de ce forum, que ce soit clair :) (et je ne juge pas du fait qu'il faille être exigent ou non).
J'ai juste trouvé ce DVD déplorable. Je n'arrive même pas à imaginer qu'il puisse s'agir d'une restauration.
kiemavel
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Re: Kenji Mizoguchi (1898-1956)

Post by kiemavel »

Cololi wrote:
kiemavel wrote: Sorti aussi par Opening. Je ne sais pas si c'est la même copie mais impossible il me semble de qualifier la copie que j'ai vu de "honteuse" alors le doute est permis même si je ne suis pas très exigent...
Je suis à 10000 lieues des exigences des membres chevronnés de ce forum, que ce soit clair :) (et je ne juge pas du fait qu'il faille être exigent ou non).
J'ai juste trouvé ce DVD déplorable. Je n'arrive même pas à imaginer qu'il puisse s'agir d'une restauration.
Je viens de (re)mettre le DVD Opening et même si c'est nettement moins bon que dans mon souvenir (aveuglé par la beauté du film lui-même ?) , ça reste acceptable donc mon impression confirmerait plutôt que les copies Opening et FSF sont différentes (il est d'ailleurs possible sinon probable que l'information se trouve dans ce sujet). Quoiqu'il en soit, de tels films méritent bien mieux…
Cololi

Re: Kenji Mizoguchi (1898-1956)

Post by Cololi »

kiemavel wrote:Quoiqu'il en soit, de tels films méritent bien mieux…
C'est ça qui m'irrite :)
Et aussi de devoir attendre pour découvrir les autres films ...
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Thaddeus
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Re: Kenji Mizoguchi (1898-1956)

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L’élégie d’Osaka
Entre la cruauté d’un trajet observé froidement jusque dans l’abîme et la complainte affligée de qui ne peut accompagner ses personnages sans verser une larme, le cinéaste s’approprie un équilibre de ton et de registre qu’il ne cessera de perfectionner par la suite. Il raconte comment une jeune standardiste devient la maîtresse de son patron afin d’aider financièrement son père et son frère puis, après voir essuyé l’ingratitude des siens, est amenée à se prostituer en s’enferrant dans une spirale infernale. Mais si, en dénonçant l’exploitation de l’héroïne par ses amants et sa famille, en désignant l’argent et le sexe comme les vecteurs d’une déchéance sans rémission, le film annonce certaines constantes thématiques de l’auteur, il reste moins tenu, poignant et accompli que les réussites à venir. 3/6

Conte des chrysanthèmes tardifs
C’est en quittant sa classe privilégiée, en cristallisant sur scène ses dons et sa nature et en s’en remettant aux conseils de la femme qui l’aime que le héros trouve ici son accomplissement. La métaphore autour de la dualité identitaire imposée par le métier d’acteur, celle également de la sensibilité artistique et humaine qui féminise, soulignent l’oppression que la société de caste et l’ingratitude masculine imposent aux femmes sacrificielles. La beauté souple des mouvements d’appareil, qui investissent les images et en font le prix, la conception des scènes en travellings coulissants et en plans-séquences définis par les rapports psychologiques et sociaux des personnages, la pudeur constante de l’expression mélodramatique imposent ce style délicat et retenu qui ne fera que s’épanouir ensuite. 4/6

La vengeance des 47 rônins
Refusant l’effet spectaculaire, Mizoguchi impose un respect rigide de la dramaturgie théâtrale, exclut tout picaresque, tout combat héroïque, et ne filme qu’en plans fixes et panoramiques latéraux. En résulte un carcan hiératique bien difficile à digérer, une suite froide de dialogues clos autour d’obscures manœuvres politiques et d’atermoiements psychologiques nébuleux : on sent passer chacune des presque deux cent quarante minutes d’un (très, très) long-métrage qui, malgré le dispositif de distance, n’évacue pas sa part de propagande. Par ailleurs, et si je dois avouer qu’il me manque bien des clés pour appréhender le code d’honneur bushido, c’est peu dire que je me trouve en violente rupture avec un propos cherchant à rendre admirable la patiente organisation d’un meurtre vengeur. 2/6

Cinq femmes autour d’Utamaro
Pas difficile de lire comme un autoportrait du réalisateur dans cette évocation d’un peintre d’estampes entièrement dévoué à son art, cherchant à magnifier la beauté des femmes, ne vivant que pour dessiner leurs corps et les aimer, ne s’embarrassant ni de morale ni de dévotion aux représentants du pouvoir, reproduisant la vie, et donc le réel, par l’épure de son style. Mais chez Mizoguchi la beauté est toujours liée à la mort, et la recherche artistique s’inscrit au sein de tragédies, d’excès, de déchéances inéluctables. Les courtisanes évoluant autour d’Utamaro sont entières et revendicatrices, jalouses et passionnées, elles ne se subordonnent qu’à leurs sentiments, fût-ce jusqu’au meurtre et au sacrifice : la savante galerie de leurs portraits entrelacés confère sa valeur à ce mélo feutré et minimaliste. 4/6

Miss Oyu
Si l’on doutait de la finesse et de la sensibilité allusives dont témoigne Mizoguchi pour parfaire ses mélodrames, celui-ci propose quelques arguments bien costauds. Fondée sur l’étude d’un étrange ménage à trois où l’amour se vit par procuration, dans la chasteté, il développe une tragédie en sourdine, faite de peines silencieuses et de pleurs réprimés, qui repose sur la féminisation graduelle d’un jeune homme en quête de mère aimante et peu attiré par une vierge douce. L’auteur y traite les questions du désir, de la frustration, du sacrifice surtout, et affine son art en soignant l’apparence de dessins composés au fusain où le sens de l’esquisse, la perspective déclinée dans un refus des courbes au profit d’arêtes coupantes et l’usage de fausses teintes révèlent les états d’âme des protagonistes. 4/6

La vie de O’Haru femme galante
Mizoguchi se fait ici peintre et apologue de la femme, dont il chante avec un lyrisme retenu les souffrances et les humiliations au sein d’une société patriarcale décrite dans toutes ses strates. La destinée de son héroïne est retracée avec limpidité par le biais d’un flash-back, en de sinueux plan-séquences dessinant une douloureuse odyssée, une destinée intellectuelle dont chaque étape possède une dimension presque symbolique. À travers ses grandeurs et décadences, l’artiste développe les thèmes de la prostitution et de l’oppression sociale, de la lâcheté et de la cupidité, le long d’une trajectoire sans issue, celle d’une noble de haut rang transformée en marchandise sexuelle, exploitée dans un monde où elle a perdu sa place en enfreignant les lois de sa caste. Un beau film, à la fois ample et épuré. 4/6

Contes de la lune vague après la pluie
Deux couples traversent la guerre, y vivent de terribles expériences et y perdent leurs illusions. Mizoguchi nous entraîne cette fois aux lisières du fantastique, fait sourdre l’impalpable et travaille à la manière d’un alchimiste à la recherche du secret du monde. Avec un extrême raffinement, il conjugue l’art de la fresque et l’art de la fugue, le conte d’aventures et le poème élégiaque, la cruauté et la compassion, en un hymne superbe à l’amour fou, à l’unité panthéiste et au prix du sacrifice. Ses images oniriques et contrastées, la virtuosité de ses mouvements d’approche et de recul, la puissance expressive de son univers à la fois violent et fondamentalement contemplatif, en font une œuvre envoûtante – à l’image de la somptueuse traversée du lac, dans une brume irréelle. 5/6
Top 10 Année 1953

Les musiciens de Gion
Estampille de garantie contre toute surprise négative, les films de Mizoguchi se suivent et se ressemblent. Il y a une réelle continuité, presque une consanguinité entre ses fictions historiques et ses récits modernes, fragments d’un panorama humaniste désabusé de la société et de ses castes. En racontant avec une résignation sereine la lente et implacable soumission de deux geishas aux lois de la marchandisation et de l’argent, il file une métaphore de l’initiation, des rites de passage à l’âge adulte, présentés comme une aliénation de l’innocence au profit d’une apparence artificielle. Il dénonce ainsi la perte de l’identité individuelle, l’étouffement de la révolte par les diktats d’un métier qui relève de l’esclavagisme institutionnalisé. Le constat est dur, sa formulation constamment mesurée. 4/6

L’intendant Sansho
Le Japon paysan et féodal, évoqué avec une inspiration plastique et un sens de la composition qui laissent à chaque instant comblé d’admiration, est encore le cadre de cette histoire mélodramatique dont la dialectique atteint des sommets de pureté et de lyrisme méditatif. De son humanisme vibrant (les préceptes d’un père transmis à son fils), de sa poignante douleur (la complainte de la mère, pleurant la perte de ses enfants), de la douceur des sentiments (ceux liant un frère à sa sœur) s’opposant à la cruauté de son récit, de la poésie pure de ses images et de ses séquences (le suicide elliptique d’Anju), le film tire une puissance d’expression admirable, élevant la chronique de la souffrance des plus faibles en célébration de la vie, de la justice et du pardon, à l’image d’une séquence finale magnifique. Un très grand film. 5/6
Top 10 Année 1954

Les amants crucifiés
Sensiblement différent des autres opus par son champ thématique, le film cherche à produire l’identification émotionnelle en s’attachant à capter des flots d’amour dans les gestes et les regards des héros, leurs silences ourlés de soupirs tendres et d’ébauches de caresses. La technique fluide, la sens plastique de tous les instants, la composition de chaque plan comme un tableau, de chaque séquence comme une mélodie, confèrent à ce beau film sur le trouble impalpable du désir partagé une tonalité à la fois douce et cruelle, qui s’éloigne de toute révolte féroce pour ne laisser subsister que l’évidence de la beauté des sentiments. Mais si le cadre moral du monde ne peut la faire s’épanouir que dans la fuite et la mort, cette idylle ouvre aussi une foi en un monde qui dépasse l’échec immédiat. 4/6

L’impératrice Yang Kwei-Fei
Pour ses premières couleurs Mizoguchi expérimente une musicalité de teintes évoquant l’aquarelle, et dissémine par l’ellipse des signes qui forment les motifs essentiels de la tapisserie (mousselines mordorées, costumes rutilants). La femme y est une nouvelle fois victime des conventions et des traditions de la société, quels que soient son rang et sa sincérité. Plus que jamais le cinéaste privilégie la douceur des relations du couple impérial pour atteindre au final des accents de tragédie aux allures d’opéra romantique. N’évacuant qu’en apparence sa part réaliste, le raffinement du style est inversement proportionnel à la tristesse du propos : le peuple s’oppose au pouvoir, la politique empêche les sentiments de s’épanouir, et ce sont les esprits et les fantômes seuls qui peuvent accéder au bonheur absolu. 4/6

Le héros sacrilège
Les mêmes harmonies disloquées et chatoyantes, toutes en pastel ou en clair-obscur, tissent de leur réalisme altier cette nouvelle critique incisive du système féodal. Mizoguchi dépeint une société obnubilée par le pouvoir et célèbre l’apprentissage d’un homme qui refuse les obédiences de sa classe, rejette les images politiques exhibées par les palanquins sacrés, s’allie à l’ordre des marchands afin de combattre la corruption, le mensonge et l’oppression d’un ordre dépassé. La réflexion se développe à la faveur d’une structure complexe, d’une inversion des valeurs parentales (le père adoptif est intègre et généreux, la mère vile et cupide), et d’une quête d’identité qui voit le héros mettre son intransigeance au service d’une rigoureuse conception de la vertu et de la morale civique pour atteindre la vérité. 5/6

La rue de la honte
Nombreux sont les films à avoir dépeint le milieu de la prostitution, mais rares sont ceux témoignant de cette acuité, de cette précision, de ce refus de l’alibi compassionnel ou sentimentaliste. Incarnation d’un ordre dont la nécessité prend la forme impitoyable de la servitude, le bordel devient ici un lieu calme et monotone gouverné par les rites, l’emploi du temps, les situations. S’il n’accorde pas aux filles de joie la proposition concessive de la noblesse ou de la charité, Mizoguchi n’ôte rien à leur sort qui conjugue paradoxalement la misère et la grâce. Déployant le même art insaisissable que dans O’Haru, la même tristesse longuement épanchée, la même révolte secrète, ce dernier chapitre de la condition féminine parvient ainsi à donner, sans discours, le spectacle d’une vérité humaine toujours à l’agonie. 5/6


Mon top :

1. L’intendant Sansho (1954)
2. Contes de la lune vague après la pluie (1953)
3. La rue de la honte (1956)
4. Le héros sacrilège (1955)
5. Miss Oyu (1951)

Kenji Mizoguchi est considéré par beaucoup d’historiens – dans un de ces consensus officiels un peu idiots comme il y en a tant – comme le plus grand cinéaste japonais de l’histoire avec Kurosawa, auquel on l’oppose artificiellement. En ce qui me concerne, j’apprécie son art délicat et raffiné, sa sensibilité de ton, et la richesse d’un propos ayant consacré à la société ancestrale, à la place de la femme, aux tourments de l’amour quelques très beaux jalons.
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Re: Kenji Mizoguchi (1898-1956)

Post by Jack Carter »

Essaye de voir La Rue de la honte, son dernier opus, peut-être son plus beau avec Sansho.
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Thaddeus
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Re: Kenji Mizoguchi (1898-1956)

Post by Thaddeus »

C'est le prochain sur ma liste. :wink:
kiemavel
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Re: Kenji Mizoguchi (1898-1956)

Post by kiemavel »

Cololi wrote:
kiemavel wrote:Quoiqu'il en soit, de tels films méritent bien mieux…
C'est ça qui m'irrite :)
Et aussi de devoir attendre pour découvrir les autres films ...
Pas loin de 25 de ses films sont sortis en DVD mais si tu as eu mal aux yeux sur Les contes…et que tu préfères attendre les sorties en BR, je peux comprendre. Mais j'espère que tu es jeune :D
Cololi

Re: Kenji Mizoguchi (1898-1956)

Post by Cololi »

kiemavel wrote:
Cololi wrote:
C'est ça qui m'irrite :)
Et aussi de devoir attendre pour découvrir les autres films ...
Pas loin de 25 de ses films sont sortis en DVD mais si tu as eu mal aux yeux sur Les contes…et que tu préfères attendre les sorties en BR, je peux comprendre. Mais j'espère que tu es jeune :D
:lol: Oui je vais attendre ^^.
On en revient toujours au même constat : demander des STF ... c'est demander la mer à boire !
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Re: Kenji Mizoguchi (1898-1956)

Post by kiemavel »

Cololi wrote:
kiemavel wrote: Pas loin de 25 de ses films sont sortis en DVD mais si tu as eu mal aux yeux sur Les contes…et que tu préfères attendre les sorties en BR, je peux comprendre. Mais j'espère que tu es jeune :D
:lol: Oui je vais attendre ^^.
On en revient toujours au même constat : demander des STF ... c'est demander la mer à boire !
Si vraiment tu es impatient (ou si tu vois tes premiers cheveux blancs), tu peux aussi te consoler avec les BR américains sous titrés en anglais ; mais ils ne sont pas donnés et si tu ne te sens pas de suivre les sous titres engliches, c'est réglé...
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Re: Kenji Mizoguchi (1898-1956)

Post by kiemavel »

Thaddeus wrote:C'est le prochain sur ma liste. :wink:
…et c'est effectivement un de ses meilleurs films avec Les amants crucifiés (que j'ai été surpris de voir si mal noté par toi…)
Thaddeus wrote:...dans un de ces consensus officiels un peu idiots comme il y en a tant – comme le plus grand cinéaste japonais de l’histoire avec Kurosawa auquel on l'oppose artificiellement."
Comme tu y vas :o Réputation abusive ? Tes notes plutôt mitigées par rapport à l'accoutumée semble confirmer ta position par rapport à la réputation du cinéaste. Ton commentaire final relatif au style et aux "sujets" limités auxquels s'est intéressés Mizoguchi sont justes…mais personnellement ça me suffit tant le style de Mizoguchi magnifie ses sujets de mélo.
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Thaddeus
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Re: Kenji Mizoguchi (1898-1956)

Post by Thaddeus »

Tu as mal compris le sens de mon commentaire sur le parallèle Kurosawa/Mizoguchi (ou alors je me suis mal exprimé). En disant cela, je ne sous-entends surtout pas que Mizoguchi est sur-évalué, ou que sa réputation est un peu trop gonflée, mais qu'on "réduit" trop souvent les grands courants historiques du cinéma japonais à l'opposition entre ces deux réalisateurs. Je suggère que, peut-être (je ne m'y connais sans doute pas assez), les choses sont un peu plus compliquées que ça. Quant à ma remarque finale sur la nature de ses thèmes de prédilection, je ne vois pas pourquoi tu la perçois comme un reproche, ou comme un regret que son cinéma y soit "limité".

Je ne rebondis pas sur les notes données ("si mal noté par toi", "Tes notes plutôt mitigées") : je n'en peux plus.
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Re: Kenji Mizoguchi (1898-1956)

Post by Watkinssien »

Thaddeus wrote:
Je ne rebondis pas sur les notes données ("si mal noté par toi", "Tes notes plutôt mitigées") : je n'en peux plus.
Tu as bien raison, personnellement, ce sont tes commentaires qui importent, les notes, elles sont anecdotiques, voire presque insignifiantes.
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Re: Kenji Mizoguchi (1898-1956)

Post by cinephage »

Thaddeus wrote:Tu as mal compris le sens de mon commentaire sur le parallèle Kurosawa/Mizoguchi (ou alors je me suis mal exprimé). En disant cela, je ne sous-entends surtout pas que Mizoguchi est sur-évalué, ou que sa réputation est un peu trop gonflée, mais qu'on "réduit" trop souvent les grands courants historiques du cinéma japonais à l'opposition entre ces deux réalisateurs. Je suggère que, peut-être (je ne m'y connais sans doute pas assez), les choses sont un peu plus compliquées que ça.
J'aurais tendance à penser, sans être un expert non plus, que cette "opposition" Kurosawa/Mizoguchi se rapporte plutôt à l'histoire de la découverte du cinéma japonais par l'occident qu'à un réel axe structurant de l'histoire du cinéma japonais, qui serait plutôt à rapprocher de l'histoire de ses grands studios. Et puis bon, d'Ozu à Naruse, en passant par Kobayashi, Imai ou Kinoshita, il y en a vraiment beaucoup, des cinéastes japonais importants, mais ils sont un peu laissés de coté par le cinéphile occidental traditionnel. Il faut dire que, même aujourd'hui, on a un peu de mal à voir les films en question...
Obviously the world is not a wish-granting factory (The fault in our stars, Josh Boone, 2014)
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