Luigi Comencini (1916-2007)

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés avant 1980.

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xave44
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Re: Luigi Comencini (1916-2007)

Post by xave44 »

Bogus wrote:Encore la découverte d'une perle du cinéma italien avec Le grand embouteillage.
Outre un casting impressionnant (Mastroianni, Depardieu, Tognazzi, Sordi, Dewaere, Girardot...), je suis une nouvelle fois admiratif devant ce mélange parfait entre humour (souvent féroce) et émotion caractéristique du cinéma italien.
Je l'ai trouvé malheureusement terriblement daté et démonstratif.
Aussi assommant que le discours du 17e délégué au congrès du parti communiste.
L'Argent de la vieille et surtout l'Incompris sont cent coudées au-dessus.
Bogus
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Re: Luigi Comencini (1916-2007)

Post by Bogus »

Je l'ai trouvé malheureusement terriblement daté et démonstratif.
Aussi assommant que le discours du 17e délégué au congrès du parti communiste.
Peut-être caricatural oui mais j'ai vraiment été ému par la plupart des histoires des automobilistes.
La mise en scène du film m'a aussi beaucoup séduit, cette satire parfois très noire et même dérangeante (la scène du viol et la lâcheté qui l'entoure) de la société italienne est traitée de manière assez légère avec cette succession de petites vignettes.
Pour être honnête j'ai faillit zapper lors des 10 premières minutes mais je ne regrette pas d'avoir persévéré. Un gros coup de coeur!
Last edited by Bogus on 15 Jul 14, 18:43, edited 1 time in total.
fabe68
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Re: Luigi Comencini (1916-2007)

Post by fabe68 »

pas de vost malheureusement...
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Demi-Lune
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Re: Luigi Comencini (1916-2007)

Post by Demi-Lune »

Pareil, très belle découverte que ce Grand embouteillage. Il faut dire que le pitch est génial. La manière dont le film glisse progressivement de l'humour franc vers quelque chose de plus grinçant et/ou dérangeant est tout aussi réussie que le va-et-vient entre les différents personnages. Pratiquement tous m'ont fait jubiler: le couple Girardot/Rey (l'engueulade pour les clés!), le pathétique Dewaere qui parle tout seul, le cocu Depardieu, la bombe anatomique Angela Molina... S'il y a bien un aspect vignette, je trouve que tout fait corps. Malgré tout le film se rallonge un peu trop et patine sur la fin, et il manque sans doute le grand pétage de plomb qui ferait tout dégénérer (un peu à la Do the right thing, quoi), mais Comencini gère admirablement son affaire et se paie le luxe d'avoir un casting de ouf.
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Rick Blaine
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Re: Luigi Comencini (1916-2007)

Post by Rick Blaine »

Le pitch est génial mais je trouve que l'ensemble manque un peu de consistance. Il y a de beaux moments forts, drôles ou graves, mais aussi pas mal de longueurs, un aspect vignette que je trouve marqué. Evidemment le film est dans l'ensemble agréable et on profite d'un superbe casting mais c'est loin d'être mémorable. Comencini a fait mieux
Federico
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Re: Luigi Comencini (1916-2007)

Post by Federico »

Souvenir d'un film bien lourdingue, voire pénible (le viol d'Angela Molina...). Difficile de croire que c'est le même réalisateur qui a offert le sublime Casanova un adolescent à Venise. :cry:
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Ben Castellano
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Re: Luigi Comencini (1916-2007)

Post by Ben Castellano »

Demi-Lune wrote:Malgré tout le film se rallonge un peu trop et patine sur la fin, et il manque sans doute le grand pétage de plomb qui ferait tout dégénérer (un peu à la Do the right thing, quoi), mais Comencini gère admirablement son affaire et se paie le luxe d'avoir un casting de ouf.
Je dirais que c'est l'une de ses qualités et de ses nombreuses nuances de ne jamais tomber dans le pétage de plomb "attendu",
Spoiler (cliquez pour afficher)
à l'image de la vengeance post- tabassage/viol qui n'a finalement pas lieu, ou d'un Depardieu faisant semblant de dormir pendant qu'il est cocu.
Je suis surpris des accusation sinon sur la lourdeur, je trouve que ça évite la démonstration générale pour instaurer plutôt un beau "climat" apocalyptique, le film travaille à fond son décor limité ,et les séquences nocturnes ou les derniers plans sont splendides, comme les disgression dans la partie Mastroianni... Le film évite les travers du film à sketch et bien des raideurs (à part quelques élements plus clichés comme le couple Girardot/Ferando Rey), belle réussite pour ma part. Dommage qu'il n'y ait pas eu de version italienne proposée par arte cependant
Bogus
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Re: Luigi Comencini (1916-2007)

Post by Bogus »

Ben Castellano wrote:
Demi-Lune wrote:Malgré tout le film se rallonge un peu trop et patine sur la fin, et il manque sans doute le grand pétage de plomb qui ferait tout dégénérer (un peu à la Do the right thing, quoi), mais Comencini gère admirablement son affaire et se paie le luxe d'avoir un casting de ouf.
Je dirais que c'est l'une de ses qualités et de ses nombreuses nuances de ne jamais tomber dans le pétage de plomb "attendu",
Spoiler (cliquez pour afficher)
à l'image de la vengeance post- tabassage/viol qui n'a finalement pas lieu, ou d'un Depardieu faisant semblant de dormir pendant qu'il est cocu.
Je suis surpris des accusation sinon sur la lourdeur, je trouve que ça évite la démonstration générale pour instaurer plutôt un beau "climat" apocalyptique, le film travaille à fond son décor limité ,et les séquences nocturnes ou les derniers plans sont splendides, comme les disgression dans la partie Mastroianni... Le film évite les travers du film à sketch et bien des raideurs (à part quelques élements plus clichés comme le couple Girardot/Ferando Rey), belle réussite pour ma part. Dommage qu'il n'y ait pas eu de version italienne proposée par arte cependant

Entièrement d'accord. Le fait que tous les personnages soient touchés par un évènement anodin, drôle ou grave puis que chacun s'en aille reprendre le cours de sa vie renforce l'impacte émotionnel du film en ce qui me concerne.
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La non-vengeance suite au viol, les larmes et les regrets suite à une dispute pour des clés perdues, le désespoir puis la malice de Depardieu, la désillusion de Mastroianni, etc... même le personnage lunaire de Dewaere m'a touché
Cet embouteillage est une parenthèse dans leur existence, aura-t-elle des conséquences? peut-être, pour certains surement mais c'est une autre histoire. Comme le fait remarquer un personnage "hier vous étiez fou de désespoir et aujourd'hui vous êtes joyeux".
Le drôle de sermon du prêtre (?) tombe à pic avant de reprendre la route dans un concert de klaxons.
Cololi

Re: Luigi Comencini (1916-2007)

Post by Cololi »

Bogus wrote:Encore la découverte d'une perle du cinéma italien avec Le grand embouteillage.
Outre un casting impressionnant (Mastroianni, Depardieu, Tognazzi, Sordi, Dewaere, Girardot...), je suis une nouvelle fois admiratif devant ce mélange parfait entre humour (souvent féroce) et émotion caractéristique du cinéma italien.
Idem.

Découverte grâce à Arte (encore une fois merci ... la seule chaîne à faire un petit effort pour le cinéma).
Idée très originale au départ que celle d'un film qui se passe exclusivement dans un embouteillage. Elle est assez bien exploitée, on a une série de scénettes bien fichues, avec d'excellents acteurs.
Et comme ttlm l'a dit se film qui démarre très légèrement termine dans le grinçant et même on peut le dire l'horreur.
Mention spéciale à Mastroianni jouant son propre rôle de star du cinéma désabusée qui se fait avoir par un couple pauvre.

J'ai vu également l'Argent de la vieille, qui sans être un chef d'œuvre immortel est un très bon film.
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Profondo Rosso
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Re: Luigi Comencini (1916-2007)

Post by Profondo Rosso »

Le Commissaire (1962)

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Un député meurt dans un accident d'automobile. Mais le commissaire Lombardozzi découvre qu'on l'a assassiné un peu plut tôt, dans un motel. Le coupable est inculpé. Un peu trop vite ?...

Il commissario est une œuvre semble-t-il assez méconnue de Luigi Comencini mais qui s'avère des plus captivante par son mélange surprenant en comédie italienne, film noir et satire grinçante. Le film anticipe grandement la trilogie que consacrera le réalisateur à l'enfance et à la perte d'innocence dans classiques comme L'Incompris (1967), Casanova, un adolescent à Venise (1969) et Les Aventures de Pinocchio (1972 pour la série tv et 1975 pour la version cinéma). Dans chacun de ces films, Comencini confrontait ces jeunes héros à l'imperfection et la noirceur du monde adulte à travers des expériences de deuil et de corruption qui allaient les marquer à jamais, pour le meilleur et pour le pire. Dante Lombardozzi (Alberto Sordi) a lui quitté l'enfance depuis bien longtemps mais Comencini lui confère une forme de candeur et de naïveté qui en font un être bien trop pur pour l'atmosphère corrompue à laquelle il va se confronter. Cette ironie est soulignée dès la scène d'ouverture où sur une musique inquiétante on le voit suivre une jeune femme dans la nuit urbaine, avant que sa maladroite tentative de séduction ne désamorce la tension. Ce sera toute la problématique du personnage tout au long du film, ne pas être pris au sérieux.

Le cadavre d'un député (une scène de meeting où des prêtres trônent aux premiers rangs laisse deviner qu'il s'agit de la Démocratie Chrétienne bien qu'elle ne soit jamais nommée) vanté pour sa morale et vertu est découvert sur un terrain vague abandonné. Pour ne pas salir la mémoire du disparu, il est occulté d'un commun accord entre le parti et la police le fait qu'il se trouvait en galante compagnie avant sa mort et l'enquête est rapidement bouclée avec un automobiliste comme coupable involontaire passant rapidement aux aveux et de toute façon acquitté pour ce qui semble être un malheureux accident. Tout n'est cependant pas si simple pour le sous-commissaire Lombardozzi qui espère bien obtenir une promotion en trouvant le fin mot de l'affaire. Il ne va pas tarder en effet à repérer d’étranges incohérences dans les preuves et les témoignages divers. Pourtant son zèle semble gêner auprès de ses supérieurs et des personnages haut placés ayant côtoyés la victime. Comencini mêle brillamment comédie et fait polar dans un équilibre surprenant. Cela tient grandement à la formidable prestation d'Alberto Sordi. Son rôle n'est pas sans rappeler celui qu'il tenait dans Une Vie difficile (1961) de Dino Risi à savoir un personnage à contretemps du monde qui l'entoure et là un militant engagé perdu dans l'Italie cynique du boom économique. Dans Le Commissaire le zèle acharné de Lombardozzi est un motif comique permanent pour ses supérieurs qu'il gêne aux entournures. Les rendez-vous manqués avec sa belle-famille d'un Lombardozzi absorbé par son enquête forment également un savoureux running gag. Parallèlement, la trame policière est traitée avec le plus grand sérieux et notre héros mis en valeur par son intuition et ses capacités de déductions. C'est l'occasion de découvrir un envers sordide de ce cadre urbain fait de prostituées, de proxénètes répugnants et d'escroc à la petite semaine, une population dont Sordi va découvrir les liens troubles avec la politique. Comencini s'avère d'ailleurs particulièrement doué pour instaurer une atmosphère urbaine oppressante.

On pourrait s'attendre à ce que le récit tourne vers une dénonciation de la corruption politique mais plus qu'un pamphlet, Comencini orchestre surtout un grand film sur l'hypocrisie. La résolution du crime est moins importante que les efforts faits pour l'étouffer. Pas de grand secret ou de complot mais juste une volonté de maintenir les apparences morales intactes. Lombardozzi va ainsi voir sa propre intégrité questionnée lorsqu'en ayant relancé l'enquête il est effectivement promu alors qu'un innocent croupit sans doute derrière les barreaux. Entre se ranger au tableau d'ensemble et gravir les échelons ou s'opposer mais tout perdre, notre héros va devoir choisir. Le final est d'un tel cynisme que le faux coupable s'avère par ailleurs peu recommandable et mériterait presque son sort. La conclusion est un renoncement pathétique où l'énergie, la vivacité et l'intelligence d'Alberto Sordi s'estompent pour laisser place à son regard éteint et absent. 5/6
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Re: Luigi Comencini (1916-2007)

Post by Jeremy Fox »

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Re: Luigi Comencini (1916-2007)

Post by Jeremy Fox »

Avant d'oeuvrer dans le "néoréalisme rose", dans le mélodrame enfantin, dans la comédie policière ou encore dans la satire sociale, ce touche-à-tout de génie qu'était Luigi Comencini avait participé, au début des années 50, à l'aventure du "film noir italien", combinant de fortes influences américaines et des considérations typiquement transalpines. Drame de la prostitution aux ambiances nocturnes contrastées, habité de malfrats aux visages marqués et de jolies pépées en détresse, La Traite des blanches est une oeuvre à redécouvrir, en salles dès aujourd'hui grâce à Unzero Films.
La chronique signée Antoine Royer.
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Re: Luigi Comencini (1916-2007)

Post by Jeremy Fox »

Reprise en salles par Tamasa du Grand embouteillage
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Re: Luigi Comencini (1916-2007)

Post by Jeremy Fox »

Mon Dieu, comment suis-je tombée si bas ? chroniqué par Justin Kwedi avec également le test du DVD sorti en 2011 chez SNC.
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Re: Luigi Comencini (1916-2007)

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