Luigi Comencini (1916-2007)

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés avant 1980.

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Père Jules
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Re: Luigi Comencini (1916-2007)

Post by Père Jules »

Je sens que je vais adorer :D
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Kevin95
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Re: Luigi Comencini (1916-2007)

Post by Kevin95 »

J'ai le souvenir d'un scénario très confus mais d'une ambiance tendue et ironique du meilleur effet (musique de Morricone au top, comme d'hab). J'espère qu'ils le sortiront en DVD.
Les deux fléaux qui menacent l'humanité sont le désordre et l'ordre. La corruption me dégoûte, la vertu me donne le frisson. (Michel Audiard)
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Profondo Rosso
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Re: Luigi Comencini (1916-2007)

Post by Profondo Rosso »

Eugenio (1980)

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À l'occasion de la fugue de leur fils de dix ans, un couple séparé revit son passé et ses échecs. Un retour en arrière sur la vie de l'enfant depuis 1968 car Eugénio était le fruit de l'amour des barricades. Mais l'entente dans le couple s'est vite détériorée et l'enfant est devenu encombrant. Un regard acide sur la vie italienne.

Eugenio constitue pour Comencini une nouvelle variation plus méconnue de son thème fétiche de l’enfance. Dans le bouleversant L’Incompris (1967) les tourments de l’enfant venaient comme son titre l’indique de l’incompréhension de son père à gérer la perte récente de sa mère. Le plus caustique Casanova, un adolescent à Venise (1969) montrait l’innocence de l’enfant pervertie par un environnement corrompu, façonnant le séducteur le plus impitoyable de son temps. Enfin Les Aventures de Pinocchio (1972) était un conte moral ou entre laxisme bienveillant de Gepetto, sévérité de la fée bleue et tentations diverses, le modèle à suivre restait confus pour le pantin de bois aspirant à être un vrai petit garçon. Chacun des films montraient un dialogue complexe entre le monde des adultes et l’enfant qui conduisait au drame. Cependant toutes ces œuvres mettaient l’adulte dans l’erreur par une volonté sincère de s’occuper de l’enfant. Eugenio par son cadre plus contemporain et réaliste fait un constat bien plus cruel avec l’enfant comme véritable fardeau à l’épanouissement des adultes. La scène d’ouverture donne le ton, lorsqu’un un ami de la famille ramenant en voiture le jeune Eugenio (Francesco Bonelli) à son père, agacé par le comportant du petit garçon, l’abandonne tout simplement sur une route de campagne et poursuit son chemin. Tout le film est là : plutôt que de raisonner, éduquer l'enfant, on s'en débarrasse. Alerté de sa disparition, son père Giancarlo (Saverio Marconi) se lance à sa recherche tout en prévenant Fernanda (Dalila Di Lazzaro), ex-campagne dont il est séparé mais également les grands parents. La culpabilité le ronge tout au long de cette recherche car il sait bien que ce qui a permis ce geste absurde et irresponsable, c’est le réel abandon dans lequel à grandit Eugenio. La narration entrecoupée de flashbacks nous fait ainsi parcourir les circonstances qui ont amenées l’enfant à un tel désœuvrement. A la fin des années 60, Giancorlo et Fernanda sont un jeune couple d’activistes devenant parent par accident. Une circonstance banale mais qui se prête bien mal à l’époque prônant l’hédonisme, la révolution et se prêtant bien mal à l’éducation d’un enfant synonyme de carcan familial aux antipodes de l’idéal libertaire.

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Comencini filme ainsi des situations absurdes mais témoignant de l’immaturité du couple qui embarqué dans une dispute descend d’un train en y oubliant leur nourrisson… Désormais un garçon de dix ans, Eugenio sera au gré des disponibilités et réconciliations ponctuelles ballotés entre ses deux parents ou ses grands-parents. La sensibilité à fleur de peau du héros de L’Incompris, l’innocence du jeune Casanova ou la crédulité de Pinocchio en faisaient des enfants de leurs âges, frappés par les épreuves qu’ils traversaient. Eugenio laisse ici éclater ses émotions au gré des trahisons constantes de ses parents - le mensonge sur l'Espagne, la manière dont les dérange dans la nuit pour être sûr qu'ils sont toujours là - , mais au fil du récit arbore la désinvolture et lassitude amère de celui qui n’attend plus rien. Une des dernières scènes marque par son naturel cruel où Eugenio, après une énième dispute de ses parents va spontanément préparer ses valises car il sait que cela entraînera un déménagement de plus pour lui. Comencini ne fait pas des parents des indifférents sans cœur, mais de simples reflets de leur époque. Les aspirations artistiques, l’activisme politique et la liberté sexuelle en fait une génération plus libre mais pas préparée à l’éducation d’un enfant. Malgré toute leur bonne volonté, celui-ci restera toujours un objet encombrant – un dialogue cinglant d’un personnage annexe le soulignant - les empêchant de s’accomplir et qu’ils se repassent au gré de leur culpabilité ou sursaut d’affection. Eugenio le ressent et le jeune acteur excelle à exprimer une mélancolie ordinaire où la fougue enfantine s’estompe progressivement. Comencini n’est cependant jamais moralisateur et fustige le fameux modèle familial italien machiste, une tentative d’existence plus classique explosant en plein vol quand Fernanda comprendra qu’elle se retrouve désormais réduite à la ménagère servile qui l’ont offre des appareils ménagers à noël.

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Coincée entre une tradition étouffante et une modernité immature, l’Italie fait un terrible constat d’impasse tout au long du récit. Les personnages des grands-parents (dont un excellent et sensible Bernard Blier) semblent s’être pliés plus qu’avoir appréciés ce modèle traditionnel et seront incapables de raisonner leurs enfants en rejet du schéma traditionnel. C’est sans doute le film le plus amer de Comencini sur le sujet car pas baigné de l’exaltation de ton des précédents (dans le mélodrame, la comédie caustique et historique ou le récit d’initiation) et offrant la simple chronique ordinaire d’un abandon, d’une solitude. Le leitmotiv musical de Romano Checcacci aux paroles légères et désabusées souligne bien la conscience de qu'a Eugeniode l'indifférence qu'il suscite dans le final poignant de simplicité. 5/6

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Jeremy Fox
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Re: Luigi Comencini (1916-2007)

Post by Jeremy Fox »

Eugenio chroniqué par Justin Kwedi.
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Kevin95
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Re: Luigi Comencini (1916-2007)

Post by Kevin95 »

PANE, AMORE E FANTASIA - Luigi Comencini (1953) découverte

Choc des civilisations, vision attendrie mais jamais neuneu d'un village italien (imaginaire) bloqué dans le début du siècle et faisant mine de ne pas voir qu'une guerre vient de passer sous sa fenêtre. La situation est classique, le personnage d'étranger (Vittorio De Sica, génial en maréchal très content de lui-même) sert de guide au spectateur et permet au réalisateur de dessiner une poignée de personnages plus ou moins secondaires mais à chaque fois mémorables. Seuls se détachent une Gina Lollobrigida sauvageonne, érotisée, et un jeune carabinier tellement con con qu'on lui donnerait le Bon Dieu sans confession. La comédie italienne n'avait alors que des dents de lait, ce qui ne l’empêchait pas de mordre (voir la scène du miracle). Rien n'est sublimé, Luigi Comencini sympathise sans refuser de regarder la pauvreté de ces gens, l'étouffement que cette vie reculée peut enfanter. Ceci dit, on en ressort le sourire au lèvre et l'envie de répéter "qu'il crève qu'il crève". Pas étonnant que les producteurs aient lancé deux suites.
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Jeremy Fox
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Re: Luigi Comencini (1916-2007)

Post by Jeremy Fox »

Florian Bezaud nous parle de Femmes dangereuses à l'occasion de la sortie du film en DVD en octobre dernier chez SNC/M6 video.
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Jeremy Fox
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Re: Luigi Comencini (1916-2007)

Post by Jeremy Fox »

Florian Bezaud commence la semaine en nous parlant de Les Surprises de l'amour sorti récemment en DVD chez SNC/M6 Video.
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Jeremy Fox
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Re: Luigi Comencini (1916-2007)

Post by Jeremy Fox »

La Femme du dimanche (La Donna della Domenica) - 1975

Pas le plus captivant des scénarios de Age et Scarpelli, pas le plus réussi des films de Comencini, une comédie policière qui manque de mordant et de rigueur mais qui se suit néanmoins avec un certain plaisir grâce à un excellent Mastroianni en commissaire de police, à une ritournelle entêtante de Morricone et à une vision assez acerbe de la bourgeoisie turinoise.
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Jeremy Fox
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Re: Luigi Comencini (1916-2007)

Post by Jeremy Fox »

Les Russes ne boiront pas de cocas chroniqué et dont le DVD ESC a été testé par Antoine Royer.
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Jeremy Fox
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Re: Luigi Comencini (1916-2007)

Post by Jeremy Fox »

Les Acacias ressortent dès aujourd'hui en salles le Pinocchio de Comencini. La chronique est signée Ronny Chester.
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Thaddeus
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Re: Luigi Comencini (1916-2007)

Post by Thaddeus »

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La grande pagaille
8 septembre 1943, l’armistice est signé entre Badoglio et les alliés. S’ensuit une extrême confusion pendant laquelle un officier, faute d’ordres précis, se voit contraint d’abandonner ses hommes. Dépassé par les évènements, il refuse de se mêler aux partisans qui luttent contre les Allemands ou aux fascistes continuant de combattre à leurs côtés. Sous couvert de décrire la désillusion des soldats transalpins démobilisés, Comencini en fait des héros malgré eux, l’un donnant sa vie pour une Juive, les autres se mêlant aux libérateurs de Naples. Tantôt caustique et cinglant, tantôt doux et attendri, toujours bienveillant, il multiplie les épisodes burlesques (certains sont d’un goût contestable, d’autres inventifs), et filme ces pauvres hères comme autant de paumés emportés par le désarroi d’une époque. 4/6

À cheval sur le tigre
Plus pessimiste encore que Le Pigeon ou Le Fanfaron, qui lui sont contemporains, cette odyssée tragi-comique d’un pauvre hère victime des circonstances vaut comme approche, à partir d’un certain nombre de procédés traditionnels de la comédie italienne, d’une mise en scène qui favorise de longs plans sur le travail d’un acteur et exploite les possibilités de déception ou de rebondissement inscrite dans la topographie. Elle débute sur une description de la vie carcérale dont le réalisme à la Dassin ou à la Becker est coloré de répliques et de gags comiques, se poursuit sur le mode de l’aventure picaresque, farcie de trouvailles verbales, et épouse en fin de course l’incapacité radicale du héros à organiser le simulacre de sa propre vie. L’âpreté de la critique sociale se nourrit ainsi d’un pathétique inattendu. 4/6

Il commissario
Les caractères distinctifs de la nouvelle école du genre consistent en une adhérence très forte aux problèmes et à la vie des Italiens du début des années soixante. Dans cette société soumise à des transformations, déséquilibres et déphasages vivaces, le rôle du fonctionnaire hérite d’une signification toute particulière. En proposant un commissaire de police qui veut faire carrière, pèche par excès de zèle, se fourre dans la mauvaise direction et met la main sur des affaires trop grosses, avec trop de confusion, Comencini montre comment les aspirations peuvent être frustrées par des structures opprimantes. L’œuvre, mal préparée et mal conçue de l’aveu même de son auteur, peine toutefois à trouver la verve nécessaire, comme si la courroie de transmission entre les idées et leur expression était atteinte. 3/6

La ragazza
Avec beaucoup de finesse, le cinéaste analyse les renoncements successifs, les fluctuations tactiques, les compromis et les dialectiques habiles qui ont abouti au découragement et à la démobilisation de la classe ouvrière. Il bâtit des personnages parfaitement situés dans leur temps, enlisés dans des trahisons qui les dépassent, victimes de la totalité du don qu’ils ont fait à la cause épousée. Le plus émouvant est bien sûr incarné par CC, innocente, charmeuse, pathétique, coquette, grave, sereine ou triste, femme en litige entre l’homme du miracle économique confortable et celui du soulèvement armé. Si la Révolution a sa beauté sauvage, sa sensuelle plénitude, si le baiser du triomphe a le goût de ses lèvres, si la mort pour la cause a l’anéantissement de ses étreintes, tout espoir n’est pas encore perdu. 5/6

L’incompris
De ce qui aurait pu n’être qu’une putassière pleurnicherie (les commentateurs aveugles de l’époque en ont encore le doigt au fond de l’œil), Comencini tire un pur joyau de finesse et de sensibilité, sans doute l’un des plus beaux films jamais consacrés au monde de l’enfance. Il resserre toutes les données sentimentales en une approche constamment éclairée, écarte le moindre bavardage oiseux et privilégie ce qui compte : les problèmes du cœur, la solitude vécue par un pré-adolescent de douze ans face au deuil prématuré de sa mère, à l’inattention inconsciente de son père, et près de son plus jeune frère dont il est en quelque sorte le malheureux responsable. Film sur le regard, sur la suspension du temps, du cri, de la souffrance, avec des stries d’humour à la surface sinon trop polie des apparences ; cruel mais infiniment tendre, bouleversant car rigoureux. 6/6
Top 10 Année 1967

Casanova, un adolescent à Venise
Des sacristies aux alcôves, de la vocation ecclésiastique à sa joyeuse défroque, le cinéaste raconte la jeunesse du célèbre libertin, son apprentissage à la pauvreté, aux pouvoirs du paraître, de la séduction et du langage. Rien ne vient jamais trahir la crédibilité de ce XVIIème minutieusement reconstitué, de cette Venise déchiffrée avec la même direction qu’une toile de Guardi, de Tiepolo ou qu’un chapitre des mémorialistes du temps. Aucune image n’est gratuite dans cette chronique allègre et truculente où les expériences humaines sont évoquées sans que le problème de l’existence n’y soit soulevé, et dont chaque instant révèle une intelligence sensible à la beauté dans ce qu’elle a de périssable, au désir dans ce qu’il révèle du rapport à la vie, à la vérité des masques, du spectacle et de l’illusion. 5/6
Top 10 Année 1969

L’argent de la vieille
À gauche, les italiens Alberto Sordi et Silvana Mangano, couple populaire issu des faubourgs les plus défavorisés de la capitale. À droite, les américains Bette Davis et Joseph Cotten, elle milliardaire onctueuse, lui chauffeur sadisé et soumis. Dans le champ clos d’une villa romaine, les deux camps entament une partie interminable dont l’orchestration atteint les dimensions immenses d’un problème de société. Jeu de cartes mais surtout jeu de pouvoir économique et politique, où la mise se fait à quitte ou double et dont le gagnant, loin d’être le plus fort, le plus intelligent, le plus courageux, est celui qui, parce qu’il possède, peut le prolonger à l’infini. Derrière la cocasserie hilarante des situations, la tension permanente de la dramaturgie, toute la férocité d’un constat cinglant sur l’inégalité de la lutte des classes. 5/6
Top 10 Année 1972

Les aventures de Pinocchio
Les adultes ont de la chance d’avoir quelquefois des enfants pour parfaire leur éducation. C’est la leçon que donne Comencini avec cette histoire d’un apprentissage manqué, celui de la marionnette par la fée, et d’un apprentissage réussi, celui du père par son enfant. Développant une comedia dell’arte composée de règnes parallèles, de classes et de sous-classes, inversant la morale sermonneuse et conformiste de Collodi, il fait de Pinocchio une incarnation de la liberté anarchique face à un monde inaccompli, rétrograde et béatement inepte. Quant à la gageure que constitue l’oscillation d’un réalisme sans pitié, géographiquement très situé (la Toscane, pays battu des vents), à la féérie la plus classique, avec son arsenal de magiciens, de vergers des miracles et de contrée des merveilles, elle est bien tenue. 4/6

Mon Dieu, comment suis-je tombée si bas ?
L’auteur a déclaré avoir réalisé cette parodie de roman-feuilleton pour ridiculiser le dannunzianisme et en souligner le cabotinage, l’hypocrisie, le poison subtil qui ensemença les racines du fascisme. Son couple noble et chaste y véhicule une satire de l’Eglise, de la sauvegarde des apparences, en même temps qu’il favorise une grivoiserie flirtant avec la caricature. Car pour que la chair exulte, il faudra que la Marquise, pieuse mais lascive et débordante de désir frustré, s’encanaille avec un robuste chauffeur, avatar prolétaire du garde-chasse lawrencien. On ressent toutefois comme une gêne de voir un cinéaste d’ordinaire si subtil flirter ainsi avec la vulgarité, quand bien même ses talents d’esthète affirment une belle tenue dans le décor, le cadre, la prise de vue (et la plastique fort avenante de Laura Antonelli). 3/6

Le grand embouteillage
Il peut sembler facile de voir dans un embouteillage monstre la métaphore d’une société arrivée à un point de non-retour, décomposée par la technique, la vitesse, le conflit et l’individualisme forcené. Mais les paraboles se doivent d’êtres claires. Tout un peuple s’agite, se rebelle, se révèle, se hait, se tue sur ce ruban de macadam immobile, en un ballet polyphonique que n’aurait pas renié l’Altman de Nashville ou d’Un Mariage. Aucune histoire n’est poussée à son terme car il n’y a pas de solution mais une catastrophe n’en finissant jamais de s’étendre, la permanence d’une désagrégation sans issue, l’entassement de myriades de problématiques arrivé au blocage, au point mort. Un film noir, beckettien, volontiers atroce, qui ne craint pas d’exprimer de cruelles vérités sans prendre de ménagement. 4/6


Mon top :

1. L’incompris (1967)
2. Casanova, un adolescent à Venise (1969)
3. L’argent de la vieille (1972)
4. La ragazza (1964)
5. Le grand embouteillage (1979)

Si Comencini a longtemps fait figure de cinéaste de seconde catégorie à l’éclectisme suspect, l’histoire l’a bel et bien retenu finalement comme l’un des plus importants réalisateurs italiens des années 60 et 70. Son œuvre est celle d’un moraliste amer posant sur la condition humaine un regard désenchanté, et dont l’un des traits distinctifs demeure la primauté du sentiment sur l’idéologie, la valorisation des réactions affectives au détriment des démarches intellectuelles – sensibilité expliquant notamment sa remarquable perception du monde et des particularités de l’enfance.
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Jack Griffin
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Re: Luigi Comencini (1916-2007)

Post by Jack Griffin »

Un éditeur envisage-t-il à plus ou moins long terme d'éditer l'intégrale des aventures de Pinocchio. Y'a t il eu une restauration ? Je ne sais pas ce qui bloque vraiment ou si l'intérêt est moindre pour ce titre.
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Jack Carter
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Re: Luigi Comencini (1916-2007)

Post by Jack Carter »

+1

et aussi Cuore, Un Enfant de Calabre, Un vrai crime d'amour, La Storia....
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Jeremy Fox
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Re: Luigi Comencini (1916-2007)

Post by Jeremy Fox »

Jack Carter wrote:
et aussi Cuore, Un Enfant de Calabre, Un vrai crime d'amour, La Storia....
+100 d'autant que je ne connais pas le troisième et que les autres sont magnifiques.
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Jack Carter
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Re: Luigi Comencini (1916-2007)

Post by Jack Carter »

Je n'ai vu que les trois derniers pour ma part mais Cuore est dans ma liste de films à voir depuis un moment.