The Misfits (John Huston - 1961)

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés avant 1980.

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Philip Marlowe
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The Misfits (John Huston - 1961)

Post by Philip Marlowe »

Je l'ai vu ya qques jours et malgré toute ma volonté, j'avoue ne pas vraiment avoir accroché à cette histoire.
Disons que si je ne me suis pas ennuyé, le destin de ces personnages carrément à l'ouest ne me touchait pas trop.
Cependant, plusieurs belles scènes comme:

-Marylin qui, complètement saoule, danse à l'ombre des arbres(que c beau! Anita Ekberg avec sa fontaine peut aller se rhabiller :P )

-La scène quand Marylin est avec [je sais plus lequel :oops: ] dans sa chambre et que sur la porte de l'armoire, des photos glamours d'elle sont accrochés. L'homme veut les voir mais elle veut absolument refermer l'armoire. C bien pour un dernier film, ça la fait abandonner le masque de la star glamour pour celui de la femme plus naturelle en manque d'amour(on trouve toujours des // entre sa vie et ses films).

-Enfin, la dernière 1/2 heure sur la Terre de Dieu, magistrale, qui est d'une intensité émotionnelle et d'un souffle épique peu commun.

Sinon, je renvoie tous les détracteurs de Marylin à voir ce film :twisted: C je crois grâce à elle que je ne me suis pas ennuyé, car même dans un rôle différent, elle est toujours aussi belle, bouleversante, et magnétique. :D

Maintenant, il y a aussi la résonnance involontaire qu'a pris ce film avec l'Histoire. Il constitue ainsi une sorte d'adieu des Stars hollywoodiennes. Beaucoup de sa beauté vient de là: Clark, Monty, et Marylin ne sont pas morts, ils se sont retirés dans un endroit isolé.

Cependant, le sentiment de déception persiste :? ...J'en attendais peut-être trop...Mais comme le film ne vieillit pas trop mal, je lui redonnerai une chance à l'occasion :P

PS: J'oubliais de mentionner l'exceptionnelle performance de Marylin.
PS2: En voyant ce film, j'ai pensé à la réplique de Gloria Swanson dans Boulevard du Crépuscule: "The Stars are ageless, aren't they?". Je trouve cette phrase sublime, et si on lui donne raison, Marylin est l'une des seules vraies Stars de l'Histoire du ciné.
PS3: Marylin je t'aime!
John Constantine
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Post by John Constantine »

Je l'ai vu au ciné l'année dernière et euh... ça m'a paru long, un peu étiré sans effectivement nier de grands moments: en particulier, filmer Marilyn de loin en train de hurler à Gable et Clift qu'ils sont des bouchers, comme une silhouette agitée au milieu de nulle part.

Le truc qui m'a marqué, c'est l'absence de glamour - lorsque Eli Wallach tente de se "faire" Marilyn - du film qui regroupe quand même 3 beaux acteurs-icônes. Marilyn joue une parodie d'elle-même, une petite reine de beauté provinciale comme elle avait dû l'être à ses débuts. Clift et Gable ressemblent à des morts-vivants, des ombres d'eux-mêmes et les voir s'agiter dans le désert renforce en effet le côté tragique et macabre - des gens sur le point de mourir - de l'entreprise. On dirait que les 3 vont se désintégrer.
Philip Marlowe wrote: le destin de ces personnages carrément à l'ouest
Marrant que tu dises ça, mais aller à l'ouest dans les anciens mythes, ça voulait dire mourir.

Mais vu que j'aime les films sur les outsiders, les orphelins du système, les gens un peu déglingués, ce film me plaît bien. Qu'en disent les fans de western? Est-ce que ce film n'est pas un adieu au western et à tout à pan de la mythologie US - on capture des chevaux pour en faire de la pâté.
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Jeremy Fox
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Post by Jeremy Fox »

J'adore ce film de bout en bout : tous ces personnages me touchent profondément et ils nous offrent tous chacun l'une de leurs plus belles compositions que ce soit Clark Gable, Marylin Monroe, Montgomery Clift et Eli Wallach.

Et puis la mise en scène de Huston complètement libre fait bien plaisir à voir.
Waldo Lydecker
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Post by Waldo Lydecker »

Cela fait des années que je ne l'ai pas vu, mais ce film m'avait laissé totalement froid (comme beaucoup d'autres films de Huston, je dois l'avouer...). Seule la dernière partie m'avait touché. Mais j'ai conscience d'être sûrement passé à côté de quelque chose.
Bref, je me tais et je ressort ma VHS :arrow: :wink:
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Jeremy Fox
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Post by Jeremy Fox »

Roslyn (Marilyn Monroe) vient de divorcer et fête l’évènement dans un bar de Reno où elle est accompagné par Guido (Eli Walach) qu’elle vient de rencontrer. Ils y retrouvent Gay (Clark Gable), cow-boy fatigué et vieillissant qui s’éprend immédiatement de Roslyn. Avec Isabelle (Thelma Ritter), la grande amie de cette dernière et le jeune Perce (Montgomery Clift), un peu déboussolé et qui doit bientôt participer à un rodéo, ils décident d’aller tous passer quelques jours dans un ranch à proximité…

Marilyn Monroe, Montgomery Clift, Clark Gable, Thelma Ritter, Eli Walach dans un même film et tous ayant des rôles à peu près de même importance : quel improbable et étonnant casting qui émerveille pourtant toujours autant ! Film maudit par les décès rapprochés de ses trois stars dans les années qui suivirent ; film dans l’ensemble mal accueilli pour le scénario trop littéraire du dramaturge Arthur Miller ; film aujourd’hui mythique à juste titre ! Portrait d’un groupe de paumés dans un coin d’Amérique peu reluisant, The Misfits est un film situé dans la droite lignée de la thématique ‘hustonienne’ de l’échec.

Ces cinq personnages ne sont arrivés à rien faire d’exceptionnel de leur vie, n’ont pas réussi à réaliser leurs rêves car ils en demandaient peut-être trop et ils seront obligés de s’en contenter jusqu’au bout à moins de trouver un nouveau but à leur existence (la bouleversante séquence finale faisant suite à celle célèbre des Mustangs pourrait-être un formidable hymne à vivre ‘tout simplement’). Un film d’une modernité incroyable (des plans très osés pour l’époque sur ‘la croupe’ de Marilyn à cheval par exemple) et d’une force incomparable grâce au génie de la mise en scène, à la beauté de la partition d’Alex North et au texte d’Arthur Miller.

Huston nous délivre une œuvre oh combien poignante aidé en cela par l’interprétation inoubliable des montres sacrés qu’il avait réussi à réunir. Nous trouvons dans The Misfits, peut-être la séquence la plus sublime de toute la filmographie ‘hustonienne’, celle qu’on dirait improvisée et ‘volée’ du déjeuner que prennent ensemble Clark Gable et Marilyn Monroe, une Marilyn qui n’a jamais été aussi belle et resplendissante qu’ici, au naturel et sans maquillage. Un grand moment de cinéma qu’il faut prendre le temps d’apprivoiser car Huston ne fait pas de cadeau, ni au spectateur (réalisation éloignée de tout classicisme), ni à ses personnages qui au final aurons quand même fini par nous être plus qu’attachants, des personnages avec qui nous aurions bien partagé encore quelques moments de vie.

Avec ensuite La Nuit de l'Iguane et Reflets dans un œil d'or, Huston nous prouve qu'il n'est jamais plus à l'aise qu'avec entre ses mains une galerie de protagonistes aux abois, psychiquement instables et d'une fragilité qui les rend tous poignants voire parfois effrayants par les actes qu'ils pourraient accomplir. Trois chefs-d’œuvre, peut-être les plus beaux de sa filmographie.
Tom Peeping
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Post by Tom Peeping »

C'est quand même rare de trouver un film de la fin de l'âge d'or du cinéma hollywoodien où la vie réelle de l'équipe impliquée dans la réalisation du film et l'histoire des personnages sur l'écran sont aussi étroitement emmêlés. On l'a souvent dit, mais s'il y a un film qui mérite bien l'adjectif de "crépusculaire", c'est celui-là. Et c'est émouvant de voir comment Huston dirige Marilyn une dernière fois 10 ans après "Asphalt Jungle". Et puis il y a en bonus Thelma Ritter, qui est dans tous ses films l'un des seconds rôles les plus réjouissants du cinéma américains (cf. "Fenêtre sur Cour"). "The Misfits" n'est pas parfait, loin de là, mais c'est un film unique...
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Jeremy Fox
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Post by Jeremy Fox »

Tom Peeping wrote:Et puis il y a en bonus Thelma Ritter, qui est dans tous ses films l'un des seconds rôles les plus réjouissants du cinéma américains (cf. "Fenêtre sur Cour"). "The Misfits" n'est pas parfait, loin de là, mais c'est un film unique...
:P Thelma Ritter, géniale surtout dans Le port de la drogue de Samuel Fuller
John Anderton
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Post by John Anderton »

Comme certains, je ne suis pas un inconditionnel du film, je trouve que c'est surtout à ses acteurs que cette oeuvre doit d'avoir pu rester dans les mémoires, car le film et son scénario, surtout, ne sont pas géniaux. Huston a fait bien mieux, et Miller, qui rebidouillait son script au jour le jour, était dans un trip bizarre qui consistait à moitié à décrire sa femme (Marilyn donc) telle qu'il la voayit alors. Quelques moments forts, mais rien de transcendant malgré tout.
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Roy Neary
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Post by Roy Neary »

John Anderton wrote:Quelques moments forts, mais rien de transcendant malgré tout.
Et bien moi je pense le contraire. Les conditions très particulières de ce tournage ont abouti à un film singulier et troublant. Justement ce mélodrame poignant qui mêle la réalité à la fiction, le mythe à son opposé, le genre lui-même à sa déconstruction maladive, élève cette oeuvre à un tel niveau de beauté et de douleur mélangés que j'en reste envoûté. Et je ne parlerai même pas des comédiens ! :shock: (enfin si, dans un test à venir... :oops:
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Jeremy Fox
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Post by Jeremy Fox »

Roy Neary wrote:
John Anderton wrote:Quelques moments forts, mais rien de transcendant malgré tout.
Et bien moi je pense le contraire. Les conditions très particulières de ce tournage ont abouti à un film singulier et troublant. Justement ce mélodrame poignant qui mêle la réalité à la fiction, le mythe à son opposé, le genre lui-même à sa déconstruction maladive, élève cette oeuvre à un tel niveau de beauté et de douleur mélangés que j'en reste envoûté. Et je ne parlerai même pas des comédiens ! :shock: (enfin si, dans un test à venir... :oops:
Viiiiiiiiiiiite la critique si c'est pour en dire autant de bien ;-)
John Anderton
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Post by John Anderton »

Roy Neary wrote:
John Anderton wrote:Quelques moments forts, mais rien de transcendant malgré tout.
Et bien moi je pense le contraire. Les conditions très particulières de ce tournage ont abouti à un film singulier et troublant. Justement ce mélodrame poignant qui mêle la réalité à la fiction, le mythe à son opposé, le genre lui-même à sa déconstruction maladive, élève cette oeuvre à un tel niveau de beauté et de douleur mélangés que j'en reste envoûté. Et je ne parlerai même pas des comédiens ! :shock: (enfin si, dans un test à venir... :oops:
Donc, là, nous sommes bien dans le domaine de la sensibilité de chacun. Je ne dis pas qu'il n'y a aucune émotion qui passe, bien entendu, mais bon, le film me laisse assez froid (en dehors, bien entendu, de qui vous savez... :oops: ). Ceci dit, je ne déteste pas, ça se regarde sans ennui (j'ai bien vu ce film au moins trois fois, si ce n'est plus...). :wink:
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Philip Marlowe
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Post by Philip Marlowe »

Je crois qu'une 2nde vision s'impose. :?

Parce qu'en fait je m'attendais à plus classique...
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Roy Neary
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Post by Roy Neary »

Philip Marlowe wrote:Je crois qu'une 2nde vision s'impose. :?
Parce qu'en fait je m'attendais à plus classique...
La première fois que j'ai vu The Misfits, j'étais bien jeune (mais déjà hypnotisé par Marilyn... :oops: ). Et je suis passé à côté de plein de choses. Des années plus tard, ce fut l'illumination ! :shock: :D
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Fatalitas
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Post by Fatalitas »

Jeremy Fox wrote:
Tom Peeping wrote:Et puis il y a en bonus Thelma Ritter, qui est dans tous ses films l'un des seconds rôles les plus réjouissants du cinéma américains (cf. "Fenêtre sur Cour"). "The Misfits" n'est pas parfait, loin de là, mais c'est un film unique...
:P Thelma Ritter, géniale surtout dans Le port de la drogue de Samuel Fuller
egalement geniale dans Le Prisonnier d'Alcatraz de Frankenheimer :wink:
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Majordome
Décorateur
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Post by Majordome »

Philip Marlowe wrote:Je crois qu'une 2nde vision s'impose. :?

Parce qu'en fait je m'attendais à plus classique...
Evidemment, si tu t'attendais à un film "classique"...
Je rappelle que Misfits se traduit par désaxés en Français, et que c'est bien le qualificatif qui convient au film...
Un noir et blanc somptueux. Une construction bordélique et libre qui donne ce je ne sais quoi au film (de l'ordre de la fascination morbide. On quasiment en position de voyeurs) et qui contribue à l'atmosphère délétère de l'ensemble.
Comédiens au sommet de leur art.
Et une marylin... qui ne peut faire que l'unanimité. (Sinon c'est de la mauvaise foi !) ... sur ce film, au moins.