Carol Reed (1906-1976)

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés avant 1980.

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Jihl
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Re: Carol Reed (1906-1976)

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Le troisième homme

Premier film de Reed pour moi et franchement déçu, surtout vu la réputation de classique du film. Pas convaincu par le scénario, peu touché par les personnages.
Le travail sur le cadre m'a paru systématique et artificiel et le thème musical joué ad nauseam m'a définitivement fait sortir du film.
J'ai vu juste après La Scandaleuse de Berlin, tourné par Wilder à la même époque, qui sur l'atmosphère d'une ville vaincue, ses lieux, son architecture me semble dire avec beaucoup plus de légèreté beaucoup plus de choses.
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Jeremy Fox
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Re: Carol Reed (1906-1976)

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Thaddeus
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Re: Carol Reed (1906-1976)

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Huit heures de sursis
Ce pourrait être un modèle de film policier, c’est une allégorie de la solitude et du destin, la complainte d’un être condamné sur lequel pèse l’inéluctable. Cet homme erre blessé dans la nuit noire de Belfast, aux abois, recherché par tous. Dilemmes, rencontres étranges, questions existentielles émaillent son itinéraire : une femme le soigne avant de le renvoyer aux flocons de la rue, un vagabond alcoolique reconnaît en lui un alter ego, un peintre illuminé cherche à capter sur la toile l’étincelle de la mort qu’il entrevoit dans son regard. Prêtre altruiste, chef de police, amis, maîtresse, tous sont mis à l’épreuve de leur engagement – moral, idéologique, amoureux. Poème funèbre en forme de suspense haletant, le film impose une rigueur admirable qui culmine lors de la conclusion, saisissante de grandeur tragique. 5/6

Première désillusion
Les perspectives semblent ici déformées, sous le règne de la menace ou de l’émerveillement. L’impression est renforcée par le cadre du film, une grande demeure victorienne et son escalier en spirale autour duquel vont se développer mystères et faux-semblants, s’attiser tensions et dangers. Tout en effets de contraste, troubles indécis, partages de l’ombre et de la lumière, le suspense favorise un formidable exercice de démontage d’une cristallisation enfantine. Les faits ou leurs apparences y sont perçus et interprétés par un jeune héros à la fertile imagination : le mensonge est l’ultime recours pour ne pas trahir, les histoires d’adultes vécues comme des contes de fées, et la compréhension du drame une initiation à la lucidité – apprendre un peu de la cruauté des relations humaines. 5/6

Le troisième homme
Une ruelle de Vienne enveloppée dans les ténèbres, un chat qui passe, une silhouette surgissant dans le cadre, et la caméra qui finit par arracher un sourire charmeur à la pénombre. C’est pour ce genre de séquences, hantées par la présence magnétique d’Orson Welles, que le film est entré dans la légende. Mais aussi pour le désarroi d’un pays dévasté et les accords de cithare obsédants, pour la poésie crapuleuse du climat et les bas-fonds cauchemardesques où le gibier traqué devient chasseur à son tour. Au croisement des idées de Camus et de l’humanisme chrétien, Reed développe une tragédie policière fonctionnant par jeu d’identifications successives, fait tourner les cas de conscience comme autant de ressorts métaphysiques, et dresse l’analyse politique de la situation européenne au lendemain de la guerre. 5/6

Le banni des îles
Des romans de Conrad, le plus précieux à fixer sur la pellicule est son climat, son mode narratif et non le détail de ses fictions. Le cinéaste l’a parfaitement assimilé et en restitue à merveille l’atmosphère équivoque, insolite, mystérieuse, la captivante ambigüité qui caractérise ses personnages et la structure de ses récits. Il dresse le portrait d’un paria ni bon ni mauvais, se débattant contre un destin désespérant qui le dépasse, vivant une aventure étrange avec la jeune fille silencieuse d’un chef de tribu et se laissant consumer par ses tentations jusqu’à trahir l’amitié du bienfaiteur capitaine qui lui avait accordé sa confiance. Nul manichéisme, aucune faute de goût ne vient écorner la force dramatique de sa déchéance, dont l’amertume et la folie douce semblent couler d’un même désarroi existentiel. 5/6
Top 10 Année 1951

L’homme de Berlin
Un personnage candide dans une ville menaçante et divisée, un autre à la fois charmeur et dangereux, trafiquant prêt à tout pour survivre, qui apparaît et disparaît à loisir… Difficile de ne pas établir de parallèle entre ce film d’espionnage sec et percutant et le classique réalisé quatre ans plus tôt. Si le script ne possède pas la construction implacable de celui de Greene, plusieurs lièvres étant levés sans être poursuivis, sa fragilité dramaturgique s’avère un atout : le reflet d’un monde absurde et cruel où rien n’est jamais certain, et dont les situations et les épisodes reviennent comme des réminiscences. Projection surtout d’une Histoire ayant fait des ombres et des ruines encore fumantes de l’ex-capitale nazie, pleine de fantômes inquiets surgis d’un passé trop lourd, le réceptacle des blessures de l’après-guerre. 4/6

Trapèze
Le cirque, son directeur capricieux, ses acrobates voltigeurs, ses lions, ours et girafes, ses dresseurs, jongleurs et écuyères : milieu toujours spectaculairement exotique, dans lequel naît ici une amitié entre deux trapézistes. Le schéma est vieux comme le monde, qui voit un bourlingueur bourru, ancienne gloire blessée en quête de rachat, prendre sous son aile un jeune casse-cou qui l’admire, avant que l’amour d’une incendiaire acrobate ne vienne compromettre leur belle harmonie. Reed tire une certaine cinégénie de son drame forain (voltiges aériennes et plans vertigineux à l’appui), formule au passage deux-trois choses pas sottes sur l’ambition déçue et le prix de la réussite, et glisse en loucedé un sous-texte gay-friendly qui donne un peu de relief à l’efficacité tranquille de l’ensemble. 4/6

Oliver !
Dans les années soixante, adapter en luxueuses comédies musicales des classiques littéraires ou de grands succès de la scène pouvait quasiment garantir une moisson d’Oscars. Le film de Reed a bien confirmé, après West Side Story ou My Fair Lady, à quel point ce calcul était payant. Il s’apparente à une tentative de synthèse du cinéma britannique contemporain en un spectacle bigarré chantant et dansant, destiné à tous les publics. Les taudis savamment agencés des bas-fonds londoniens et les quartiers résidentiels tout baignés de soleil y abritent une faune caracolante aux débordements chorégraphiquement appliqués. Quant à la trame mélodramatique de Dickens, elle vient soutenir avec efficacité cette entreprise au pittoresque habilement dosé, exécutée selon les règles de la bienséance artistique. 4/6


Mon top :

1. Le troisième homme (1949)
2. Huit heures de sursis (1947)
3. Le banni des îles (1951)
4. Première désillusion (1948)
5. L'homme de Berlin (1953)

Si le reste de sa filmographie est réputée pour ne pas atteindre leurs sommets, ces quelques titres souvent admirables, grands classiques du cinéma britannique, font de Carol Reed un réalisateur de très belle envergure, un excellent technicien, un raconteur précis, un cinéaste souvent animé de fulgurances visuelles et dramatiques : en bref, l’auteur d’une œuvre aussi solide que passionnante.
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bruce randylan
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Re: Carol Reed (1906-1976)

Post by bruce randylan »

Thaddeus wrote: Si le reste de sa filmographie est réputée pour ne pas atteindre leurs sommets, ces quelques œuvres souvent admirables, grands classiques du cinéma britannique, font de Carol Reed un réalisateur de très belle envergure, un excellent technicien, un raconteur précis, un illustrateur patient, bref un cinéaste qui compte.
J'ai pas encore fait le tour de sa filmographie mais je te conseille Week-end (the bank holiday - 1938) qui est un petit bijou, une comédie de mœurs qui dépeint la société anglaise de l'époque avec humour et tendresse.
Notre agent de la Havane est également plus que recommandable, Reed y prend en contre-pied les films d'espionnage avec intelligence et malice derrière.
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Thaddeus
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Re: Carol Reed (1906-1976)

Post by Thaddeus »

Je note. J'avais également entendu parler en bien de Week-end, sans avoir encore pris le temps de m'y plonger. Il faudra aussi que je découvre tôt ou tard son très primé Oliver, même si sa réputation n'est pas forcément très flatteuse.
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Jeremy Fox
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Re: Carol Reed (1906-1976)

Post by Jeremy Fox »

Thaddeus wrote:Il faudra aussi que je découvre tôt ou tard son très primé Oliver, même si sa réputation n'est pas forcément très flatteuse.
Ah si, il est superbe, ainsi que sa musique d'ailleurs. Pour moi la meilleure adaptation/transposition du bouquin de Dickens. Il fut d'ailleurs mon film du mois en octobre 2009.
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Jeremy Fox
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Re: Carol Reed (1906-1976)

Post by Jeremy Fox »

D'ailleurs, je n'avais pas posté mon court avis dans ce topic


Oliver (1968) de Carol Reed

Je rejoins donc le camp de ceux qui ont été très agréablement surpris par cette adaptation musicale du roman de Dickens, histoire qui m'avait jusque là toujours ennuyée même racontée par David Lean (je prèfère passer sous silence la version Polanski). Non seulement l'interprétation d'ensemble est très convaincante (mentions spéciales à Oliver Reed, inquiétant Sikes, Ron Moody, attachant Fagin et Shani Wallis, inoubliable Nancy) mais la mise en scène de Carol Reed est souvent très inspirée (notamment dans le sublime numéro "Who Will Buy?") et surtout la musique de Lionel Bart (compositeur que je ne connaissais pas même de nom) se révèle superbe, tour à tour entraînante et émouvante, les mélodies se retenant quasi-instantanément. Et, chose rare, j'ai trouvé que le film se bonifiait au fur et à mesure de son avancée. Encore la preuve que l'on peut réussir une comédie musicale à partir d'une intrigue très sombre.
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Kevin95
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Re: Carol Reed (1906-1976)

Post by Kevin95 »

bruce randylan wrote:J'ai pas encore fait le tour de sa filmographie mais je te conseille Week-end (the bank holiday - 1938) qui est un petit bijou, une comédie de mœurs qui dépeint la société anglaise de l'époque avec humour et tendresse.
Je confirme. L'ayant mis dans le lecteur sans trop y croire (les aléas des coffrets), j'ai été ravis de constater qu'il s’agissait d'une comédie tout ce qu'il y a de plus recommandable, drôle et dotée de quelques plans de toute beauté (la plage envahit le nuit). :D
Les deux fléaux qui menacent l'humanité sont le désordre et l'ordre. La corruption me dégoûte, la vertu me donne le frisson. (Michel Audiard)
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Re: Carol Reed (1906-1976)

Post by Johnny Doe »

The Man Between

On retrouve le Berlin d'après guerre du troisième homme, on retrouve aussi (surtout dans sa dernière partie) les dutch angles et la photo hyper contrasté, on retrouve encore les ruelles sombres magnifiées par Reed et puis, pour terminer, une intrigue à base d'espionnage entourée de beaucoup de mystère. Par contre jamais on ne retrouve la magie du film pré-cité. Il manque effectivement Welles et Cotten, mais l'immense James Mason devrait assurer le spectacle.

Pourtant, j'ai trouvé que tout ça tournait un peu à vide : de l'intrigue d'espionnage beaucoup trop appuyée au début (pratiquement pas un plan qui ne cherche à cultiver le mystère) au point qu'on en oublie les personnages, aux révélations faiblardes à mi-parcours, le film ne décolle, et ne prend vie, que dans sa dernière partie. Dans ses déambulations, dans le drame qui prend enfin un peu de chair, dans le rapport Mason / Bloom lors de cette séquence dans la chambre. On sent ce qu'il y a à faire avec tout ça, sans que ça fonctionne totalement.

Du coup la dernière séquence (un peu gâchée par des incrustations bizarres d'ailleurs) n'a pas marché sur moi, faute de tension et d'empathie pour des personnages peu incarnés. Reste Mason, à l'aise dans tout, le joli minois de Bloom qui joue la naïveté avec une certaine fraîcheur, mais l'ensemble reste bien fade.
- Errm. Do you want to put another meeting in?
- Any point?
- May as well. Errm. And then when nothing comes in, just phone you up and cancel it.
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Jeremy Fox
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Re: Carol Reed (1906-1976)

Post by Jeremy Fox »

Tamasa ressort en salle trois classiques de Carol Reed : le classique Le Troisième homme et les plus méconnus Première désillusion et L'Homme de Berlin. L'occasion de (re)découvrir son oeuvre la plus emblématique mais aussi un versant moins mis en lumière par la critique française avec l'espionnage mâtiné de romantisme de L'Homme de Berlin et le thriller se croisant au récit initiatique de Première désillusion.
La News et une chronique inédite de L'homme de Berlin signée Justin Kwedi
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Profondo Rosso
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Re: Carol Reed (1906-1976)

Post by Profondo Rosso »

A Kid for Two Farthings (1955)

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Dans le quartier pauvre de l’East End de Londres, Joe, un petit garçon, vit avec sa mère, Joanne. Ils habitent au-dessus du magasin du tailleur Kandinsky pour lequel elle travaille. Joe est candidement et sérieusement déterminé à aider à exaucer les vœux de ses voisins pauvres qui se tuent à la besogne. Après avoir entendu Mr. Kandinsky raconter qu’une licorne capturée permet la réalisation de tous les vœux, Joe utilise son argent de poche pour acheter un chevreau qui a une corne au milieu du front, pensant qu’il s’agit d’un animal magique.

A Kid for Two Farthings est une des dernières œuvre "modeste" de Carol Reed avant que sa carrière ne s'oriente davantage vers la superproduction avec notamment Trapèze (1956), L'Extase et l'Agonie (1965 ou encore Oliver (1968) - sans parler de sa contribution non créditée à Les Révoltés du Bounty (1962 finalement réalisé par Lewis Milestone. L'Homme de Berlin (1953), film précédent de Reed, avait rencontré un accueil public et critique tiède en raison d'une approche jugée (à tort trop proche du Troisième homme (1949). Le réalisateur décide donc pour son projet suivant de revenir à un sujet typiquement anglais en adaptant le roman semi-autobiographique de Wolf Mankowitz. Le film cherche à la fois à dépeindre un récit d'enfance et perte d'innocence à la manière de Première désillusion (1948) et capturer une pure atmosphère londonienne comme pu le faire Huit heures de sursis (1947).

C'est la complémentarité de ces deux objectifs qui évite au film de donner dans la redite. La dimension de conte s'incarne à travers le personnage de Joe (Jonathan Ashmore) jeune garçon vivant avec sa mère Joanna (Celia Johnson), dans l'attente que la famille rejoigne le père parti chercher fortune en Afrique. Doux rêveur, Joe s'accroche à la perspective de revoir son père en espérant trouver une licorne apte à exaucer tous ses vœux. Il pense avoir touché au but lorsqu'il acquiert un chevreau muni d'une seule corne et ce nouvel espoir va influencer tous les protagonistes qui gravitent autour du garçonnet. Les attentes contrariées, suspendues où déçues caractérisent ainsi, à des degrés divers, l'espoir de mariage de Sonia (Diane Dors) avec son musculeux fiancée Sam (Joe Robinson), celui d'une nouvelle machine pour le tailleur Kandinsky (David Kossoff) ou encore celui de revoir son mari pour Joanna. La candeur de Joe le pousse à croire en la magie de sa "licorne" et les hasards et coïncidences semblent presque lui donner raison à chaque fois. Cependant si la licorne est un baume sans conséquence pour l'enfant, les adultes vont passer par des raccourcis dangereux au bonheur (Sonia poussant Sam à un périlleux combat de lutte pour avoir les finances de construire leur foyer) ou au contraire sombrer dans le plus pitoyable désespoir (Joanna résignée dans sa solitude). Le pont entre ces deux états est représenté par Kandinsky, formidable conteur qui avive l'imagination de Joe, tente de faire garder les pieds sur terre au couple Joanna/Joe et empêche Joanna de céder à sa dépression. Kandinsky est pourtant celui qui a le plus renoncé au bonheur, et pour une raison que Reed laisse subtilement deviner lorsque le personnage révèle son patronyme complet à consonance juive.

Si le vide et les terreurs nocturnes inspirées par la grande maison guidaient le point de vue du gamin de Première désillusion, c'est le grouillement urbain et la chaleur humaine du quartier marchand et cosmopolite de Petticoat Lane Market qui anime celui de Joe ici. Reed oscille entre réalisme et conte en alternant les vraies vues du quartier et le tournage en studio. Il s'agit de son premier film en couleur et la photo d'Edward Scaife capture à merveille une réalité cosmopolite (des indiens, la communauté juive ou à tendance slave) tout en déployant une vraie féérie tour à tour rêveuse ou inquiétante lors des séquences nocturnes avec des vues majestueuses du quartier. Cela façonne une approche voisine de ses travaux passé mais aussi totalement différente, puisque les villes fantômes, inquiétantes et mortifères du Troisième homme et Huit heures de sursis deviennent des lieux chargés de vie, bruits et activités pour symboliser cet optimisme par le mouvement. Reed semble fortement influencé le réalisme magique façonné par un Fellini sur Il Bidone (l'intimidant catcheur qui rappelle Anthony Quinn) ou Miracle à Milan de Vittorio De Sica. Cette bienveillance imprègne tout le film jusqu'à une belle conclusion qui aura, à des degrés divers, intégré un réel sinueux mais positif pour chacun des protagonistes. Un bel opus méconnu de Carol Reed. 4,5/6

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