Charles Chaplin (1889-1977)

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés avant 1980.

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Grimmy
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Re: Charles Chaplin (1889-1977)

Post by Grimmy »

hansolo wrote:
Grimmy wrote:Ma déception viendra plus tard avec "les feux de la rampe", un pensum interminable, lourdingue, bavard, assez laid visuellement et d'un ennui mortel. Ma seule déception dans l'oeuvre de Chaplin.
:(
on n'a pas du voir le même film alors ...
rassure moi, tu l'as quand même pas preferé à Un roi à New York ou La Comtesse de Hong Kong :?: :!:
Heu, tu veux dire le contraire, non ? Parce que non, je n'ai pas préféré "Les feux de la rampe" à ses deux films suivants. J'ai trouvé "Un roi à New-York" très bien, très pertinent et très courageux quand on connaissait la situation de Chaplin au moment du film (et le film est souvent très drôle). Quant à "La comtesse...", c'est assez mal fichu, mais Sophial Loren et Brando sont très bien. :mrgreen:
hansolo
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Re: Charles Chaplin (1889-1977)

Post by hansolo »

J'aime bcp les Feux de la Rampe, un peu moins Un roi a NY (mais j'ai egalement bcp apprécié la satire et quelques scènes) et je n'ai jamais vu La Comtesse de Hong Kong ...

Je peux comprendre qu'on apprecie moderement Limelight - même si a mes yeux c'est un des chefs d'oeuvre de Chaplin - mais de là a le qualifier de :
"un pensum interminable, lourdingue, bavard, assez laid visuellement et d'un ennui mortel" :?
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Grimmy
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Re: Charles Chaplin (1889-1977)

Post by Grimmy »

Je te comprends et tu as parfaitement raison ! En regardant "Les feux de la rampe", je me disais "Mais comment c'est possible ? C'est méga chiant, c'est bavard et ça dure des plombes !! Mais que m'arrive-t-il ?"
hansolo
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Re: Charles Chaplin (1889-1977)

Post by hansolo »

Je te comprends; la derniere fois que je me suis fait cette reflexion (ennui devant un film considéré unanimement comme un chef d'oeuvre); c'est devant Vol au-dessus d'un nid de coucou :?
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Re: Charles Chaplin (1889-1977)

Post by someone1600 »

Limelights est pour moi un des meilleurs Chaplin... :?
Bcar
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Re: Charles Chaplin (1889-1977)

Post by Bcar »

Les lumières de la ville - Charles Chaplin

C’est toujours difficile de parler d’un film que tout le monde connait, que presque tout le monde a vu, dire que c’est un chef d‘œuvre, un film incroyablement drôle et émouvant n’a finalement que peu d’intérêts. C’est au mieux une piqure de rappelle pour ceux qui l’auraient oubliés et pour les autres l’alignement de lieux communs deviendra vite rébarbatif.
Donc, que dire et comment le dire ? Essayer de sortir des sentiers battus pour ne pas s’ennuyer soi-même.
Déjà c’est un chef d’œuvre (flute, je m’étais juré de pas le dire). Bon je recommence, je l’ai revu pour la quatre ou cinquième fois dimanche dernier et c’est encore et toujours meilleur. Ce film qui était tout juste dans mon top 20 il y a un an squatte aujourd’hui mon top 3 de tout les temps, rien que ça. Je vais tenter d’expliquer pourquoi tout en évitant les banalités.
Commençons par le début, Charlot dort dans les bras d’une statue censés représenter la paix et la prospérité de la communauté, malheureusement pour lui c’est le jour de l’inauguration et les braves gens présent pour l’occasion lui « demande » de partir, déjà c’est très fort. Alors que la statue offrait au sans-abri un lit a haute porté symbolique (c’est comme ci c’était la communauté que lui offrait le gîte), le voilà chasser par les défenseurs de cette même communauté, car Charlot n’est évidemment pas inviter à en faire partie, le tout se déroulant dans une suite de gags absolument géniale. En une scène Chaplin montre l’hypocrisie américaine, la statue de la liberté, oui, mais pas pour tout le monde. Toutes les séquences des Lumières de la ville sont construites sur ce schéma, à l’instar des Temps modernes ou Charlot fera dérailler la machine, ici c’est la société qu’il fait dérailler, tout du moins les gens qui la compose. Un riche homme d’affaire en pleine crise de couple n’a plus gout à la vie, au contact de notre bon vieux vagabond il redevient un joyeux fêtard, de son coté une pauvre « fleuriste » aveugle (oui, elle cumule) qui s’accroche à la vie coute que coute se verra offrir une autre vie grâce à Charlot. Quelque part c’est Chaplin qui part en croisade contre le déterminisme, comme le montre c’est intéressante dualité riche/pauvre, celui qui à la chance d’être bien né refuse la vie alors que celle qui pourrait être fataliste lutte contre l’adversité, Chaplin complexifie le rapport à la vie, à la chance même. On pourrait quand même se dire qu’il va loin dans le malheur et qu’il tombera à un moment ou à un autre dans le misérabilisme. Et bien non, il l’évite avec une grâce déconcertante, oui la fleuriste est aveugle, oui elle est pauvre, oui elle doit subvenir au besoin de sa mère (ou grand-mère on en sait rien), mais en même temps l’amour lui tombe dessus et par l’amour de n’importe qui celui du vagabond le plus connu et aimé du monde c’est pas mal, en plus la plupart des scènes qui lui sont consacrés ( à la fleuriste hein) sont d’une bonne humeur enthousiasmante. Bon j’aurais encore beaucoup de remarque à faire, sur le combat de boxe, la fin et mille autre chose mais je crois que je retomberais dans les banalités, donc je m’abstiens.
En bref, Les Lumières de la ville c’est une folie, la folie d’un génie, un film avec lequel je communique, mais j’ai beaucoup de mal à en parler. Je laisse ça à mes glandes lacrymales qui sont devant City lights bien plus éloquentes que moi, de rire, de joie, de tristesse, elles sont de sorties, pour mon plus grand bonheur.
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Watkinssien
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Re: Charles Chaplin (1889-1977)

Post by Watkinssien »

Rien à dire, très beau texte pour ce chef-d'oeuvre absolu !!! :D
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Bcar
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Re: Charles Chaplin (1889-1977)

Post by Bcar »

Thank you, Sir !
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Supfiction
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" Great "

Post by Supfiction »

A voir (21 min) !

http://www.arte.tv/guide/fr/047903-000/great?autoplay=1



1942. Nikola, jeune résistant serbe, transporte une lourde caisse dans le train qui l'emmène vers la petite ville de Valjevo. Il est contraint à plusieurs reprises d'expliquer à des soldats allemands ce qu'il y a dans la caisse, à savoir les bobines d'un film qui sera présenté dans un cinéma subventionné par Kraft durch Freude, l'organisation de loisirs contrôlée par les nazis. Mais Nikola ne dit pas toute la vérité. Car la caisse renferme aussi " Le dictateur " de Charlie Chaplin. Nikola veut montrer ce film aux nombreux soldats allemands qui assisteront à la projection pour leur renvoyer leur propre image mais surtout pour leur faire comprendre que, grâce au pouvoir du rire, les Serbes ne se laisseront jamais dominer. Nikola risque sa vie pour exécuter son plan. Mais étonnamment, tout finira bien.

Andreas Henn est né en 1983 à Munich. De 2004 à 2009, il suit des études de cinématographie et de dramaturgie à Vienne. En 2009, il monte à Berlin la société de production Dog Ear Films avec le cameraman Alexander Wasielewski. " Great ", son 2e court métrage, a reçu de nombreuses distinctions, notamment au festival international du court métrage d'Almería.
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Re: " Great "

Post by Hitchcock »

Supfiction wrote:A voir (21 min) !

http://www.arte.tv/guide/fr/047903-000/great?autoplay=1



1942. Nikola, jeune résistant serbe, transporte une lourde caisse dans le train qui l'emmène vers la petite ville de Valjevo. Il est contraint à plusieurs reprises d'expliquer à des soldats allemands ce qu'il y a dans la caisse, à savoir les bobines d'un film qui sera présenté dans un cinéma subventionné par Kraft durch Freude, l'organisation de loisirs contrôlée par les nazis. Mais Nikola ne dit pas toute la vérité. Car la caisse renferme aussi " Le dictateur " de Charlie Chaplin. Nikola veut montrer ce film aux nombreux soldats allemands qui assisteront à la projection pour leur renvoyer leur propre image mais surtout pour leur faire comprendre que, grâce au pouvoir du rire, les Serbes ne se laisseront jamais dominer. Nikola risque sa vie pour exécuter son plan. Mais étonnamment, tout finira bien.

Andreas Henn est né en 1983 à Munich. De 2004 à 2009, il suit des études de cinématographie et de dramaturgie à Vienne. En 2009, il monte à Berlin la société de production Dog Ear Films avec le cameraman Alexander Wasielewski. " Great ", son 2e court métrage, a reçu de nombreuses distinctions, notamment au festival international du court métrage d'Almería.
Sympathique, merci !
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Re: Charlot

Post by Hitchcock »

Visionnage des premiers courts-métrages Keystone de Chaplin grâce au coffret Arte/Lobster.

Pour gagner sa vie : Ce court-métrage est resté dans les annales pour avoir connu la première apparition de Chaplin, encore grimé avec un haut de forme et un costume de lord anglais. Ici, son personnage est détestable, faisant tout pour pourrir la vie d'un malheureux journaliste (Henry Lehrman, également réalisateur du court-métrage), en lui prenant sa fiancée, puis son travail. Malgré quelques bons moments et des gags assez bien joués, ce court-métrage est important surtout historiquement parlant, car les personnages sont assez stéréotypés et le scénario très prévisible.

Charlot est content de lui : Première apparition du personnage de Charlot qui, ici, fait tout pour apparaître sur le film d'une course de voitures, gênant ainsi le cameraman qui finit par s'agacer. Le métrage est très court (6 minutes) et se caractérise par l'absence totale de scénario. Mais la prestation burlesque de Chaplin est toujours très amusante, et on passe tout de même un bon moment.

Charlot à l'hôtel : Ce court-métrage vaut surtout pour ses gags burlesques dans le hall de l'hôtel, avec un Charlot éméché tentant de séduire à tout prix une jeune fille (Mabel Normand). Le film prend ensuite des accents de vaudeville grinçant qui peinent à nous arracher un sourire. Le personnage de Charlot est d'ailleurs ici au second plan : on se concentre plus sur l'histoire de la fille, et cela au détriment du film, car les meilleurs moments sont ceux avec Chaplin au début.

Charlot et la parapluie : Même chose ici, scénario assez prévisible et répétitif. Charlot et un voleur se disputent un parapluie, cette situation étant compliquée par une dame qui revendique également la possession de l'objet. Encore une fois, les meilleurs moments sont au début du court-métrage, avec les tentatives de Mr Snookie pour voler le parapluie. Grâce à quelques gags bien trouvés, on passe un bon moment.

Charlot fait du cinéma : Première bonne surprise de ce coffret. Les gags sont ici très bien trouvés (seule la dernière partie pêche un peu), en particulier ceux du début illustrés par une astucieuse mise en abyme. Charlot se rend ensuite aux studios Keystone et sème le désordre à l'aide d'un revolver emprunté au secteur des accessoires de tournage. On retrouve Fatty Arbuckle, Henry Lehrman dans leurs propres rôles et cela nous permet de voir les habitudes de tournage des studios, privilégiant les conditions naturelles aux secteurs de studio.

Charlot danseur : Sympathique, avec quelques gags bien joués, mais assez répétitif et prévisible. Chaplin apparaît ici sans moustache (on peut voir comment son visage est vieilli et changé avec une moustache), légèrement éméché, et se disputent une fille avec deux autres musiciens (Ford Streling et Roscoe Arbuckle).

Chalot est trop galant : Le moins bon du coffret pour l'instant. Aucune originalité, prévisible de bout en bout, avec un humour parfois assez douteux. J'accorde la moitié des points pour la prestation, comme toujours impeccable, de Chaplin, ayant retrouvé son costume de vagabond.

Charlot marquis : Mon préféré pour l'instant. Il est notable car Chaplin n'y apparaît pas en vagabond, mais en aristocrate tentant de séduire une femme. A cause de la bêtise d'une jeune servante, le marquis est chassé par sa maîtresse et tente de se suicider. C'est la première fois qu'on voit un élément dramatique dans un film de Chaplin, même si celui-ci finit par servir un ressort comique. Malgré quelques exagérations (scènes de l'enfer), ce cour-métrage demeure une belle réussite.

Mon classement du travail de Chaplin à la Keystone arrivé ici :
Spoiler (cliquez pour afficher)
Agréables : (6.5/10)

1. Charlot marquis
2. Mabel au volant
3. Charlot garçon de café
4. Charlot fait du cinéma
5. Le Maillet de Charlot

Sympathiques : (6/10)

6. Charlot et la somnambule
7. Charlot et le chronomètre
8. Charlot aime la patronne
9. Charlot et le parapluie
10. Charlot est content de lui
11. Charlot danseur

Inégaux : (5.5/10)

12. Charlot à l'hôtel
13. Pour gagner sa vie

Moyen : (5/10)

14. Charlot est trop galant
15. Madame Charlot
Last edited by Hitchcock on 18 May 14, 20:59, edited 1 time in total.
Federico
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Re: Charles Chaplin (1889-1977)

Post by Federico »

France Culture vient de proposer une Nuit spéciale Charlot a 100 ans avec en invité l'inévitable Serge Bromberg et surtout un joli lot d'archives sonores (dont la conférence de presse parisienne de Chaplin pour Un roi à New-York).
The difference between life and the movies is that a script has to make sense, and life doesn't.
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Boubakar
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Re: Charles Chaplin (1889-1977)

Post by Boubakar »

Un jour, une histoire consacré à Chaplin :

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Jeremy Fox
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Re: Charles Chaplin (1889-1977)

Post by Jeremy Fox »

hansolo
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Re: Charles Chaplin (1889-1977)

Post by hansolo »

Jérôme Wybon wrote:à revoir sur la chaîne youtube de Arte, Mystères d'archives consacré au tournage du "Dictateur". Les archives couleurs du tournage ne sont pas étrangères aux possesseurs du dvd paru en 2002, mais ces images étaient muettes et sans aucun commentaire (à part quelques lignes dans le livret). Elles sont ici remises dans leur contexte et expliquées par Serge Viallet
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