Charles Chaplin (1889-1977)

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés avant 1980.

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hansolo
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Re: Charles Chaplin (1889-1977)

Post by hansolo »

someone1600 wrote:Un des seuls que je possede que je n'ai pas encore regardé justement parce qu'il n'a pas une tres bonne reputation...
Tu parle bien de L'opinion publique :!: :?:
Je n'ai jamais entendu dire qu'il avait "mauvaise réputation" ... il n'a certes pas été bien acceuilli a sa sortie; mais ça fait presque 90 ans, il y a prescription :)

A présent, il est certes moins connu que la plupart des 'classiques' de Chaplin, mais il merite une place au panthéon des oeuvres inoubliables de Charlot :!:
Ce film est simplement remarquable de justesse dans la peinture des sentiments humains (comme ses autres chefs-d'oeuvre)
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allen john
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Re: Charles Chaplin (1889-1977)

Post by allen john »

hansolo wrote:
someone1600 wrote:Un des seuls que je possede que je n'ai pas encore regardé justement parce qu'il n'a pas une tres bonne reputation...
Tu parle bien de L'opinion publique :!: :?:
Je n'ai jamais entendu dire qu'il avait "mauvaise réputation" ... il n'a certes pas été bien acceuilli a sa sortie; mais ça fait presque 90 ans, il y a prescription :)

A présent, il est certes moins connu que la plupart des 'classiques' de Chaplin, mais il merite une place au panthéon des oeuvres inoubliables de Charlot :!:
Ce film est simplement remarquable de justesse dans la peinture des sentiments humains (comme ses autres chefs-d'oeuvre)
C'est vrai que les historiens, le public amateur de films muets a vraiment apprécié le film, mais le "grand public", et les gens assez nombreux qui voient les films de Chaplin aujourd'hui ont de sérieuses réticences vis-à-vis de ce film.
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Re: Charles Chaplin (1889-1977)

Post by someone1600 »

En tout cas, les différents autres forum ou je passais quand j'ai acheté les coffrets Warner / MK2 en 2003 - 2004, les différentes personnes ne semblaient pas trop apprécié... mais je vais regarder le film dans mon cycle donc je me ferai un opinion lol. :wink:
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Re: Charles Chaplin (1889-1977)

Post by someone1600 »

Mabel's Busy Day (1914)

Encore un film sans grand intéret... ca se bastonne a tout va... c'est a peu pres tout... le pretexte, un stand de hot dog, qu'une jeune femme essai d'entretenir dans un stade course... alors qu'un vagabond un peu désagréable tente de lui faucher... sniff on espere mieux bientot...

Mabel's Married Life (1914)

Le meilleur depuis un bon moment, dans ce film, pour la premiere fois, Charlot est marié... mais son épouse est une femme ayant un soupirant et voyant que son mari ne fait pas grand chose pour la défendre, décide de le rendre jaloux en achetant un mannequin qu'elle met dans sa chambre, sachant que son mari s'est ennibé d'alcool consciencieusement toute la soirée... Charlot, jaloux va se mettre a taper joyeusement le mannequin et le tout dégenere quand sa femme s'approche et que les coups envoyé au mannequin finisse a la figure de celle-ci, le mannequin rebondissant a chaque coup... lol... bien amusant.
allen john
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Re: Charles Chaplin (1889-1977)

Post by allen john »

The gold rush (Charles Chaplin, 1925)

Tourné après l'échec commercial de A woman of Paris, ce nouveau film aurait pu n'être qu'un film par dépit, dans lequel pour satisfaire le public Chaplin revenait à son personnage, et pourtant il n'en est rien; c'est un film majeur un paradoxe aussi: rarement revu autrement que dans une version massacrée, il a acquis un statut de chef d'oeuvre, d'ailleurs pleinement mérité. Il va de soi qu'il ne sera pas question ici de cette affreuse version de 1942 dans laquelle Chaplin transformait les images en une illustration pour son monologue, mais que cette critique est entièrement basée sur la version d'origine, telle qu'elle a été restaurée et éditée en supplément d'un DVD MK2 en 2003.

L'Alaska, pendant la ruée vers l'or. Un chercheur d'or en rencontre un autre, et ils vont s'épauler dans l'adversité, et être séparés, réunis... parallèlement, le plus petit, et le plus vagabond des deux va rencontrer une femme dans une ville minière,et tomber désépérément amoureux, ne se rendant pas compte qu'elle n'a d'yeux que pour un autre...

Si A woman of Paris ressemblait à une comédie déguisée en drame, on peut dire que The gold rush est le contraire: regardez les séquences durant lesquelles Chaplin est absent, et vous verrez un film qui n'a rien de drôle, un de ces films sur les conditions difficiles des pionniers, The trail of '98 par exemple. Tout appelait un tournage épique, et le seul fait que le film a été motivé par l'anecdote de cannibalisme a sans doute poussé Chaplin a insérer son personnage afin d'atténuer l'horreur... Après avoir été un temps attiré par un tournage entièrement en extérieurs (Dont il reste un prologue, et quelques plans çà et là), Chaplin a finalement choisi de retourner vers son cher studio, où il pouvait à loisir contrôler chaque aspect de la production; cette maniaquerie s'en ressent notamment dans les scènes de tempête, pour lesquelles il se permet quelques effets spéciaux.

Chercher de l'or? Big Jim Mc Kay (Mack Swain) le fait effectivement, il en trouve d'ailleurs dès la première bobine. Mais Chaplin, lui, semble abandonner l'idée lorsqu'il vend sa pelle, au bout d'une demi-heure de film. Je pense qu'il a abandonné en fait dès le débur, lorsqu'il voit une stèle de bois marquant la tombe d'un mineur mort de faim. Cet abandon fait de lui un témoin de l'histoire jusqu'au moment ou il rencontre Georgia (Hale). je reviendrai sur cette histoire d'amour un peu spéciale plus tard, en attendant, je voudrais quand même mentionner l'étrange position de son "petit homme" ici: à la fois partie intégrante de l'action (Il est venu chercher de l'or, comme le vagabond de The idle class était venu jouer au golf) et témoin des turpitudes des autres (Quel poids a-t-il réellement dans la cabane entre le chercheur d'or fréquentable et l'aventurier peu recommandable? celui de choisir son camp, c'est tout), il est malgré tout intégré au même monde que les autres. a ce titre, il est moins transparent, et Chaplin fait de nombreuses allusions à une certaine forme de solidarité (Big Jim aime vraiment son copain, et hank Curtis (Henry Bergman) partage vraiment sa maison avec lui.) parfois démentie par la dureté des circonstances: la fameuse scène du délire cannibale, avec Chaplin en poulet, un gag qui vaut à lui seul de voir le film! En tout cas, pour une fois, Chaplin est intégré à quelque chose. on objectera que sans Big Jim, sans Curtis, le héros est fichu. C'est vrai, mais cela sert le propos de solidarité devant les conditions, qui est relayé, une fois n'est pas coutume, par "les autres": Comme toujours, Chaplin se plait à imaginer une société dont notre héros serait naturellement écarté, mais cette fois ce siont les mineurs venus chercher l'oubli dans le saloon. Une scène de St-Sylvestre les montre enchainés dans une de ces interprétations ivres de Auld Lang Syne, les yeux humides de larmes. Cette solidarité affichée est malgré tout montée en parallèle de la fameuse scène de rêverie durant laquelle Chaplin seul, attendant ses invitées, rêve qu'il leur interprète la danse des petits pains. Pour en finir avec ce thème de partage et de solidarité, dans ce qui aurait pu être une ode au rêve Américain dans toute son égoïste splendeur, on constaera que la façon dont Chaplin et Big Jim se partagent le gateau est encore une fois une division intéressante des profits: ils ont conclu un pacte, mais Big Jim aurait eu le droit de tout garder pour lui. Dans ce film, à part le méchant "Black Larsen" (éliminé au bout de 30 minutes), tout le monde semble jouer le jeu de la coopération. Une coopération mise en valeur dans la scène fameuse de la cabane en équilibre instable sur une falaise, durant laquelle Chaplin et Mack Swain doivent d'abord maintenir l'équilibre de la cabane, puis surmonter leur panique pour se sauver mutuellement. Un film avec les frémissements d'une certaine forme de socialisme Chaplinien, donc...

L'amour, Chaplin le trouve enfin. Est-ce que la mise hors-jeu d'Edna Purviance l'a libéré, ou est-ce que le fait que l'héroïne devait un temps être interprétée par son épouse, Lita Grey, l'a influencé? Ou est-ce que le rapport très proche avec la jolie Georgia Hale qui reprendra finalement le rôle a eu raison de lui? quoi qu'il en soit, pour une fois, ça marche! Si pendant longtemps le film est une fois de plus l'histoire du ver de terre amoureux d'une étoile, la fin inverse subtimement les rôles: sur le bateau, Chaplin devenu riche est déguisé en chercheur d'or minable afin de prendre une photo commémorative, et Georgia qui est sur le même bateau le voit et croit qu'il est le passager clandestin que tout le monde recherche. Il se rend compte qu'elle est plus proche de lui qu'elle n'a jamais été, et ce sans même savoir qu'il a décroché le gros lot. Ils s'embrassent goulument, et à pleine bouche. Il est à noter que Chaplin, dans ces séquences, interprète un personnage en contrôle de la situation, aux antipodes de son alter ego en haillons... A woman of Paris est passé par là.

Et à ce sujet, parlons une fois de plus de mise en scène: voilà pourquoi il est important de voir le film dans on montage de 1925: l'auteur est au somment de son génie, et son efficacité lui permet de réaliser des scènes à la narration directe et claire, en particulier devant le défi que constiytue l'enveloppe du film, ces scènes sans son personnage, totalement dénuées de gags. Qu'on pense au long plan qui nous montre les clients du bar chantant ensemble, par exemple. Les trois plans d'ouverture, qui ont été tournés au Nord de la californie, dans la montagne, et qui ont du être un cauchemar à tourner (on y voit une file de prospecteurs s'engager dans une passe abrupte, dans la neige, pour de vrai!). Et puis il y a la séquence durant laquelle Black larsen tente de voler son or à Big Jim: comme toujours, Chaplin choisit une position de caméra immuable pour ancrer sa séquence, et le montage est ensuite une série de plans admirablement enchainés:

1. Sur la gauche, Big Jim arrive à sa mine. un attelage prouve que quel'qu'un est déjà là.

2. "Black Larsen" remonte de la mine avec de l'or

3. Big Jim découvre son or dans les affaires de "Black Larsen"

4. Larsen finit de monter; il a vu le danger.

5. Big Jim a vu Larsen lui aussi et a tout compris.

6. Retour à l'ancrage du plan large: Big Jim va demander des comptes.

7. Gros plan intense, d'un Mack swain qui ne rigole absolument pas...

8. Gros plan d'un Tom Murray tout aussi menaçant.

9. Big Jim attaque le premier.

10. Reprise du plan large, avec les deux hommes qui poursuivent leur bagarre.

11. Larsen assène un coup de pelle à Big Jim

12. Jim tombe, assommé.

13. Retour au plan large: Larsen prend ses affaires et s'en va, laissant Jim seul dans la neige.

14. Intertitre: La loi du Nord (The North. A law unto itself)

15. Larsen arrive sur une corniche, dont la neige commence à montrer de sérieuses vélléités de tomber...

16. Larsen, en pleine panique

17. Retour au plan 15, l'accident se précise

18. L'avalanche

19. Jim se réveille

20. encore un gros plan dramatique du visage de Mack swain. Son visage hagard anticipa sur l'amnésie qui nous sera révélée plus tard.

21. Il se lève, et part, en titubant vers la caméra puis à gauche.

Voilà, cette séquence, fameuse, est l'un des moments les plus dramatiques du film. c'est un modèle d'économie narrative, et de direction des comédiens. Ni Murray ni Swain n'en font des tonnes, et l'un et l'autre jouent beaucoup de leur physique. Chaplin joue à fond sur le coté naturaliste de l'absence de maquillage, et laise beaucoup les yeux de Mack swain exprimer toute l'émotion requise: indignation, colère, abasourdissment... lui qui parfois en fait des tonnes (Lorsqu'il trouve de l'or, ses gestes sont trop exagérés, par exemple) est absolument parfait dans cette scène. elle est d'une grande efficacité dramatique, et franchement mémorable... Voilà, donc, un film indispensable, on n'a plus besoin de le dire. mais contrairement à la croyance populaire, il ne se réduit pas à une scène durant laquelle Chaplin joue un poulet, une scène de dégustation de chaussures, une scène de danse avec des petits pains, et une scène mémorable dans laquelle une cabane tient en équilibre instable sur une corniche. Non, c'est un film épique sur la survie et une certaine forme de solidarité typiquement Américaine devant l'adversité des éléments. C'est aussi un chef d'oeuvre.

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Re: Charles Chaplin (1889-1977)

Post by someone1600 »

Entierement d'accord avec ton texte, un pur chef d'oeuvre, mais en soit, un des films les plus droles qui soit. :wink:
Nomorereasons
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Re: Charles Chaplin (1889-1977)

Post by Nomorereasons »

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Re: Charles Chaplin (1889-1977)

Post by hansolo »

allen john wrote:The gold rush (Charles Chaplin, 1925)

Tourné après l'échec commercial de A woman of Paris, ce nouveau film aurait pu n'être qu'un film par dépit, dans lequel pour satisfaire le public Chaplin revenait à son personnage, et pourtant il n'en est rien; c'est un film majeur un paradoxe aussi: rarement revu autrement que dans une version massacrée, il a acquis un statut de chef d'oeuvre, d'ailleurs pleinement mérité. Il va de soi qu'il ne sera pas question ici de cette affreuse version de 1942 dans laquelle Chaplin transformait les images en une illustration pour son monologue, mais que cette critique est entièrement basée sur la version d'origine, telle qu'elle a été restaurée et éditée en supplément d'un DVD MK2 en 2003.
Contrairement a toi, j'aime bcp la version 1942 (avec certains scènes alternatives tournées par d'autres caméras).
Par ailleurs la version initiale est bien en bonus sur le Dvd mais "restaurée" :?: ... il faut le dire vite ... (surtout par comparaison à la version 1942 elle superbement restaurée (et pour cause)
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Re: Charles Chaplin (1889-1977)

Post by someone1600 »

Heu, ok la copie est jolie, mais il y a tout de meme un long bout, la séquence ou Charlot arrive dans le village et entre dans la salle commune, l'image arrete pas de "flicker".

La version de 1942 est superbe quant a elle. Mais bien inférieur a la version de 1925, le commentaire est redondant avec l'image malheureusement. :(
allen john
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Re: Charles Chaplin (1889-1977)

Post by allen john »

Unknown Chaplin (Kevin Brownlow & David Gill, 1983)

En réussissant à convaincre la famille Chaplin, Oona O'Neill Chaplin en tête, de les laisser exploiter les chutes des films du grand homme, il y a fort à parier que Brownlow et Gill, déja responsables du documentaire Hollywood en treize parties, consacré au cinéma muet Américain, ont réussi un coup fumant, et ce en trois points:

D'une part, ils donnent à voir la méthode de Chaplin, de quelle manière il investissait le studio à 100 pour cent, et raffinait prise après prise ses films, avant même d'avoir un scénario; il començait par un décor, des personnages, du mouvements, et au final obtenait un film...

Ensuite, ils lèvent le voile sur les mystères de la création en montrant de quelle manière Chaplin gardait des idées sous le coude, parfois durant 25 ans, pour les resservir au bon moment: des gags inusités dans ses films, ou tirés de films inachevés, venaint avec bonheur se placer dans d'autres films, montrant que l'esprit de cet homme fonctionnait toujours et avait des capacités à stocker beaucoup d'informations...

Enfin, ils ont redéfini la connaissance de Chaplin qu'ont ses fans, et ont permis l'émergence d'une nouvelle cinéphilie, plus exigenate, qui a appris avec ces documentaires à ne pas se ciontenter d'insupportables copies délavées et de seconde zone, et à exiger l'excellence. De même, ils ont permis la ressortie et la réhabilitation de laq version d'origine de The gold rush, et ça, ce n'est pas rien...

Le tout, bien sur, a été fait dans un documentaire en trois parties, qui fait quasiment trois heures, et qui se regarde comme un thriller...

http://allenjohn.over-blog.com/article- ... 10717.html
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Re: Charles Chaplin (1889-1977)

Post by allen john »

someone1600 wrote:Heu, ok la copie est jolie, mais il y a tout de meme un long bout, la séquence ou Charlot arrive dans le village et entre dans la salle commune, l'image arrete pas de "flicker".

La version de 1942 est superbe quant a elle. Mais bien inférieur a la version de 1925, le commentaire est redondant avec l'image malheureusement. :(
restaurer, ce n'est pas nécessairement "nettoyer" un film; ici, on a un film qui a été restauré parce que "rendu", reconstitué. Il n'a pas fait l'objet de plus de restauration, notamment numérique, parce que les concepteurs ont choisi de suivre Chaplin. ils ont tort, je le pense, tout comme dans le choix de suivre Chaplin pour les autres films coupés, mais au moins on a une copie très décente... et on a enfin le film!!
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Re: Charles Chaplin (1889-1977)

Post by someone1600 »

En effet et loin de moi l'idée de me plaindre. :wink:

Au fait le documentaire Unknown Chaplin, tu l'as vu comment ? Il etait passé a TCM US, mais pas programmé par TCM Canada qui ne semblait pas avoir les droits d'aucun Chaplin d'ailleurs, car ce jour-la, nous avons plutot eu droit a un carnaval Keaton pour notre part. (Ce qui n'est pas plus mal car ce jour-la, je les avais presque tous enregistré. :P )
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Re: Charles Chaplin (1889-1977)

Post by allen john »

someone1600 wrote:En effet et loin de moi l'idée de me plaindre. :wink:

Au fait le documentaire Unknown Chaplin, tu l'as vu comment ? Il etait passé a TCM US, mais pas programmé par TCM Canada qui ne semblait pas avoir les droits d'aucun Chaplin d'ailleurs, car ce jour-la, nous avons plutot eu droit a un carnaval Keaton pour notre part. (Ce qui n'est pas plus mal car ce jour-la, je les avais presque tous enregistré. :P )
le DVD... :wink:
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Re: Charles Chaplin (1889-1977)

Post by allen john »

The circus (Charles Chaplin, 1928)

Réalisé sur une longue période, alors que Chaplin, comme indifférent au temps et aux problèmes personnels qui s'accumulaient, s'enfermait plus avant dans son studio ou il travaillait comme seul, à un projet plus austère que les précédents, The circus est une fois de plus un miracle de comédie, une épure d'un genre alors en pleine mutation, comme l'était le cinéma Américain du reste, sous l'influence alors des grands cinéastes étrangers, et en particulier Allemand. D'une part, en effet, Keaton avait évolué dans ses films, et en 1927-1928, tournait College et Steamboat Bill Junior: un film bien de son temps, et une prouesse technique. Lloyd faisait suivre son évocation rurale sur le carcatère d'un homme timide et effacé (The Kid Brother) d'un film qui situait le combat entre l'ancien et le nouveau en pleine ville, avec Speedy, au film mené à 100 à l'heure. D'autre part, le film est sorti (Janvier 1928) peu après le beau doublé de la Fox (Sunrise, Seventh Heaven), après The Jazz singer et The Student prince, quelques mois avant The wedding march et The wind... Bref, le cinéma de Chaplin risquait plus que jamais d'apparaitre anachronique en cette période de remise des compteurs à zéro.

Et puis, le metteur en scène ne va pas bien; si en surface, sa vie mondaine continue plus que jamais, il sait, pour avoir vu le mal qu'on avait fait à Arbuckle, qu'il était dangereux d'être un homme à femmes... Son deuxième mariage était une catastrophe, dont entendait semble-t-il bien profiter son épouse Lita Grey, et qui commençait à lui coûter cher: il lui avait fallu détruire un film sur décision de justice (The seagull ou Woman of the sea, de Josef Von Sternberg, qu'il avait produit). De même que The gold rush avait pris une solide année de travail, The circus était pour Chaplin un exutoire qui prendrait le temps qu'il faudrait, indifféremment aux évolutions des autres studios...

Un cercle, marqué en son centre d'une étoile: voilà le premier plan du film. Belle image du cirque tel que le verra le vagabond, arrivé au cirque par hasard, et une fois de plus amoureux d'une jeune femme impossible à atteindre... A la fin du film, dans une séquence célèbre, c'est au milieu d'un cercle, marqué sur le sol par la tente éphémère du cirque qu'il a choisi de laisser partir sans lui, que le vagabond se retrouve seul avant de repartir vers d'autres aventures... Comme si rien ne s'était passé, à l'extérieur comme à l'intérieur du cercle. Entre temps, pourtant, des péripéties qui vont opposer Chaplin à un irascible patron de cirque (Allan Garcia), dont la fille sera un temps la raison de vivre du héros, avant qu'il ne laisse un autre que lui (Harry Crocker), plus talentueux, plus beau, plus tout, la courtiser et finalement l'épouser. Chaplin, dans ce film, est à la fois partie intégrante du show (Il est clown malgré lui) et dans les coulisses, et on ne quitte que très rarement les allées du cirque pour aller voir ce qui se passe dans le spectacle...

Métaphore aussi bien de la vie que du spectacle, dans lequel on doit laisser faire ceux qui savent, le film n'est pas tant unemétaphore de Chaplin lui-même; il savait ce qu'il faisait, contrairement à ce petit homme qui n'est jamais si drôle que quand il ne sait pas qu'il est employé pour faire rire. Mais ce qu'il sait, lui qui a goûté au bide avec son projet le plus ambitieux, c'est que le public est versatile... Et qu'on ne peut pas forcer sa nature, d'où cette séquence superbe dans laquelle le clown malgré lui s'essaie à la corde raide pour notre plus grand bonheur; d'où aussi un film qui ne cherche pas à suivre les tendances virtuoses du cinéma de l'époque... S'il n'est pas le meilleur des Chaplin, et à ce niveau on ne mesure plus, en fait, The circus est un film qui passe tout seul, un concentré Chaplinien qui tient sacrément la route, une fois de plus.

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hansolo
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Re: Charles Chaplin (1889-1977)

Post by hansolo »

Qu'est ce que j'aime ce film!
La fin est quant a elle aussi acerée qu'un poignard ... TRES GRAND FILM visible a tout âge et que tous les publics apprécient

Une preuve de plus du génie de Chaplin :idea:
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