Elia Kazan (1909-2003)

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés avant 1980.

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mannhunter
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Elia Kazan (1909-2003)

Post by mannhunter »

EDIT DE LA MODERATION:

N'hésitez pas à consulter les topics dédiés aux films du réalisateur:

Le lys de Brooklyn (1945) et sa Chronique "Classik"
Panique dans la rue (1950) et sa Chronique "Classik"
A l'est d'Eden (1954)
Le fleuve sauvage (1960) et sa Chronique "Classik"
La fièvre dans la sang (1961)
America, America (1963)
L'arrangement (1969)
Les visiteurs (1972)
Le dernier nabab (1976)

la Chronique "Classik" de Viva Zapata (1952)

un topic ouvert à l'annonce du décès d'Elia Kazan (septembre 2003)

un Top Elia Kazan









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que pensez vous des VISITEURS (1972)?

je l'ai découvert cet après-midi à l'Action Ecoles et certes la copie et la salle n'étaient pas terribles mais j'ai trouvé le film vraiment laborieux et ennuyeux,malgré la bonne prestation de james Woods qui s'en sort,comme toujours.
sur un sujet assez proche,LES CHIENS DE PAILLE de Peckinpah me parait bien plus tendu et percutant...ici,que de blablas et de répétitions,sans parler de scènes parfois ridicules(le diner ou le père-l'acteur en question n'est pas très convaincant-fait son numéro...).
Billy Budd
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Post by Billy Budd »

Le message du film n'est pas un peu limite ou je confonds ?
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sundance_matt
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Post by sundance_matt »

On the Waterfront
Elia Kazan

Avis mitigé... Oui, bien sûr le film possède des qualités indéniables mais j'ai eu des difficultés à vraiment m'intéresser à l'histoire. J'avoue même m'être ennuyé. La seconde moitié du film est plus intéressante.
Décidemment, après la grosse déception de The Wild One, c'est le second "classique" avec Brando qui me laisse sur ma faim, voire qui me déçoit largement ... J'en attendais peut-être plus...

Je retiendrais de cet On the Waterfront qu'il a été fait dans les '50, décennie qui a vu poindre le maccarthysme. A ce titre, le film est interpellant par les thèmes qu'il exploite (la trahison, la délation).
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Jeremy Fox
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Post by Jeremy Fox »

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Cirque en révolte (Man on a Tightrope) - 1953


1952 en Tchécoslovaquie. Karl Czernik (Fredric March) a du mal à faire vivre son petit cirque depuis que ce dernier a été nationalisé par le régime communiste. Dans l’obligation d’obéir aux ordres drastiques du gouvernement en place, Karl doit non seulement adapter ses numéros à la propagande communiste mais également débaucher tous ses artistes qui ne plaisent pas au régime. Ses difficultés ne s’arrêtent pas là car au sein même de son cirque d’autres problèmes découlent de cette mainmise : le pouvoir en place ne lui donne pas les moyens financiers d’entretenir correctement son matériel ; sa seconde épouse Zama (Gloria Grahame), le trouvant lâche par le fait de se mettre à genoux devant les autorités, le méprise et tente de le rendre jaloux en allant faire tourner la tête du dompteur de fauves ; quant à sa fille Tereza (Terry Moore), il voit d’un mauvais œil le fait qu’elle fréquente un membre de la troupe (Cameron Mitchell) dont on ne sait pas grand-chose. Un climat de suspicion s’instaure, tout le monde craignant la présence d’une taupe du régime en leur sein. Fatigué de ce que la tyrannie communiste lui impose, Karl décide de faire franchir à sa troupe le rideau de fer pour se réfugier en Bavière ; ce qui va se révéler très dangereux d’autant que le vicieux chef de la sureté de l’état (Adolphe Menjou) les surveille de près...


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Au sein de la filmographie d’Elia Kazan, son 9ème opus, Man on a Tightrope, était avant sa sortie en DVD voici très peu de temps, la pièce la plus difficile à voir du grand réalisateur américain ; en effet, à l’exception de sa diffusion dans certains festivals, le film n’avait jamais été proposé dans le circuit traditionnel des sorties salles en France. Et si l’on va consulter les sites américains on constate qu’Outre-Atlantique le film était également devenu une rareté, ostracisé là-bas aussi probablement en raison du climat politique de l’époque, entre guerre froide et chasse aux sorcières. Souvent l’extrême ‘discrétion’ d’un film est justifiée par sa médiocre qualité ; il n’en est rien pour celui-ci qui, certes plutôt mineur dans l’œuvre de Kazan, surtout coincé entre ces deux chefs-d’œuvre de puissance et de lyrisme que sont Viva Zapata! et Sur les quais (On the Waterfront), mérite au contraire instamment qu’on s’y arrête, qu’on le redécouvre et enfin qu’on le prenne désormais en compte lorsque l’on évoquera la carrière du cinéaste. Ce dernier le portait en piètre estime mais l’on sait que les principaux concernés ne sont pas forcément les meilleurs juges de leur œuvre. En France, le film fut purement passé sous silence par les autorités de l’époque qui comptaient en leur sein quelques communistes et qui ne voulurent probablement pas que soit projetée cette œuvre dramatique, véritable charge contre l’oppression du peuple par les régimes communistes à l’Est du rideau de fer, le pouvoir politique tchécoslovaque en faisant ici les frais.


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Man on a Tightrope (nous préférerons utiliser ce titre -qui est déjà celui du roman éponyme de Neil Paterson- à celui ridicule sous lequel il est sorti en Belgique) pourrait être en quelque sorte le film que réalisa Elia Kazan pour se dédouaner d’avoir un temps fait partie du Parti Communiste américain et d’avoir dû dénoncer quelques uns de ses ‘collègues’ auprès de la commission des activités anti-américaines du sénateur McCarthy. Réalisé en pleine "chasse aux sorcières", l’intrigue du film est basée sur les déboires que le cirque Brumbach connut en Tchécoslovaquie en 1950 jusqu’à ce qu’il réussisse à passer tant bien que mal à l’Ouest. Kazan et son scénariste (non moins que Robert E. Sherwood, auteur du sublime mélo de William Wyler, Les Plus belles années de notre vie ou encore du Rebecca d’Alfred Hitchcock) relatent les pérégrinations de ce petit microcosme luttant contre le pouvoir communiste totalitaire pour sauvegarder le plus possible sa liberté artistique et celle de se mouvoir là où bon lui semble. Dans son autobiographie, Kazan écrivait que son équipe avait été menacé par le gouvernement Est Allemand de représailles sur d’éventuels membres de leurs familles vivant encore de ce côté du rideau de fer ; c’est pour cette raison que le premier chef-opérateur pressenti refusa de se joindre au tournage. Malgré le fait que Kazan ait réussi ce qu’il voulait, aller tourner son film sur les lieux même du drame (ou tout du moins pas très loin, dans la Bavière Ouest Allemande), il ne reconnut pas vraiment son film (charcuté d’une vingtaine de minutes par la Fox), attribuant toutes ses qualités au producteur Gerd Oswald et à son chef opérateur Georg Kraus.


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Sans pouvoir être sûr de rien, gageons que si Elia Kazan avait eu les coudées franches sur son montage le film aurait encore gagné en intensité et en émotion. Car le gros reproche qu’on pourrait lui faire est que d’une chronique qui aime à prendre son temps, à une évocation vigoureuse des dures conditions de vie pour les habitants des pays tombés sous la coupe des tyrannies communistes, Man on a Tightrope se transforme à mi-parcours en un film d’aventure et de suspense certes très efficace mais qui devient un peu moins attachant, ou tout du moins plus classique et moins original. En effet la première demi-heure est tellement réussie que l’on regrette un peu que les auteurs n’aient pas poursuivi dans cette même veine tout du long. La séquence d’ouverture est d’une puissance d’évocation telle que l’on est immédiatement happé ; ce qui nous surprend agréablement d’emblée est une sensation de grand réalisme par le fait que le film soit tourné en Europe -sur des lieux voisins de ceux où se sont déroulés les véritables évènements et non aux USA comme pour la grande majorité des films hollywoodiens de l’époque- ainsi que par le fait d’avoir pour principaux figurants et seconds rôles de véritables artistes de cirque. Alors que le générique se déroule, nous assistons donc à des images d'un convoi des forains avançant sur une route de Bavière puis à l’arrivée en sens inverse d’une dizaine de motards de la police les rudoyant pour qu’ils se rangent sur les bas-côtés de la route. Quelques secondes après on comprend que c’était pour laisser passer quelques camions dans lesquels sont entassés des prisonniers que l’on repère à leurs vêtements marqués, à leurs postures dépitées. Grâce à des plans sur les visages que n’aurait pas reniés Eisenstein (c’était déjà le cas pour Viva Zapata!), une photographie superbement contrastée et une belle vitalité de la mise en scène, rarement la brusquerie et l’inhumanité des régimes communistes n’avaient été évoqués avec une telle simplicité et une telle robustesse. Le message est ainsi bien plus percutant que ceux délivrés par la plupart des autres films anticommunistes de l’époque, la majorité bien trop caricaturaux et manichéens.


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Toujours au cours de cette première scène, le chargement de certaines carrioles se renverse à terre, certaines caravanes se coincent dans les ornières… Les efforts pour remettre en route la caravane font apparaitre que le cirque est mal en point, que le matériel et les forains sont tout aussi fatigués les uns que les autres, que les moyens commencent sérieusement à se réduire comme une peau de chagrin à tel point que la sécurité n'est désormais plus assurée correctement (les cordes cassent...). Et effectivement ‘le bilan de santé’ du cirque n’est pas des plus réjouissants depuis qu'il a été nationalisé à l’arrivée du nouveau pouvoir en place ; son directeur n’est plus désormais là que pour veiller à ce que le spectacle ne fasse apparaitre aucune mention de la vie à l’Ouest du rideau de fer et serve au contraire de propagande au régime actuel. Par le fait que ‘La Duchesse’ possède un drapeau français pour se rappeler son pays d’origine, le chef de la sureté demande à ce qu’elle soit débauchée (magnifique séquence où Karl lui demande de quitter la troupe avant d’immédiatement se raviser) ; un numéro de clown à priori totalement inoffensif doit être modifié pour mieux plaire aux autorités… Entre description de la vie quotidienne assez terne des forains et les numéros devenus minables par manque de budget, nous sommes loin des films de cirque spectaculaires à la Cecil B. DeMille (Sous le plus grand chapiteau du monde) ou Carol Reed (Trapeze). La misère n’est pas seulement financière, elle est aussi morale ; la seconde épouse du directeur est mal vue des membres de la troupe par le fait de ne pas faire partie ni des artistes ni des 'ouvriers' du cirque ; se sentant mal intégrée elle s’ennuie et cherche à rendre jaloux son mari bien plus âgé qu’elle en tournant autour du bellâtre et narcissique dompteur de lions. Elle en profite la plupart du temps lorsque son époux est convoqué par la police pour s’expliquer sur certains faits. Ces scènes d’interrogatoire menées par les excellents comédiens que sont Adolphe Menjou et John Dehner sont très sombres et contrastent fortement avec le lyrisme typique de Kazan, témoin cette séquence sublime et lumineuse qui suit immédiatement et qui n’a rien à envier aux plus belles scènes du Fleuve Sauvage ou de La Fièvre dans le sang, celle de la baignade amoureuse dans le courant de la rivière avec pour fond musical une réorchestration de la Moldau de Smetana par un Franz Waxman plutôt inspiré.


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Le directeur du cirque a beau se sentir obligé d’obéir aux commissaires du peuple afin de pouvoir poursuivre l’aventure de sa vie, un jour il finit par en avoir marre et décide de passer à l’Ouest. Car alors que le régime voit de la politique dans tous les domaines de la vie quotidienne, comme Karl le dit alors qu’on l’interroge, le cirque est sa seule politique, sa seule religion, sa seule vie... comme devait l’être le cinéma pour Kazan. Le réalisateur a d'ailleurs dû mettre beaucoup de lui même dans le personnage interprété par Fredric March. Avant la partie qui narre les préparatifs et la mise en œuvre de cette "évasion", nous aurons encore pu nous extasier devant les relations entre les deux membres du couple composé par Karl et Zama d’autant que les deux comédiens s’avèrent ici tout à fait exceptionnels. Si Fredric March mérite toutes les louanges dans la peau du patron de crique dans lequel il semble s'être fortement investi, Gloria Grahame est quant à elle tout simplement inoubliable ; et ce dès l’une de ses premières apparitions où l’on ne lui voit tout d'abord que les jambes nues, ses orteils essayant de dessiner sur le mur de sa caravane, expliquant nonchalamment et ironiquement à son époux que c’est le seul numéro auquel elle a pensé mettre en place pour se sentir enfin intégré au sein de la troupe. Une image d’un puissant potentiel érotique comme la plupart des autres qui la mettront en scène. Les relations amour/haine liant ce couple pas vraiment sur la même longueur d’ondes sont d'ailleurs à l’origine de quelques unes des plus belles séquences du film. Ce qui s’ensuivra, certes d’une belle efficacité, s'avèrera plus conventionnel ; c’est presque la seule chose que l’on puisse déplorer avec également une scène un peu trop longue et à l’humour pas spécialement léger entre les deux directeurs de cirque arrangeant leurs petites affaires, ainsi encore qu’un clivage scénaristique un peu caricatural entre les artistes et les ‘travailleurs’ du cirque, le personnage de Richard Boone s’avérant au final un peu simpliste sans que je ne puisse en dire plus sous peine de révéler des spoilers.


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Un film sur le monde du cirque décrivant par la même occasion les dures conditions de vie sous les dictatures communistes au temps de la guerre froide, époque à laquelle la suspicion et la paranoïa étaient de mise. Comme il semble logique et comme nous l'évoquions plus haut, un film 'de cirque' pas spécialement glamour dont l'atmosphère se révèle au contraire assez sombre et dépressive. Une violente charge contre les régimes de l’Est et leur système dégradant mais à postériori une vision assez lucide puisque l’on a évidemment pu vérifier depuis que ce qui nous avait été montré par Kazan et son scénariste n'avait pas été loin de la vérité. Même s’il est difficile de le compter parmi les sommets du cinéaste, il s’agit cependant d’une très belle surprise que ce film ayant failli tomber dans les oubliettes du 7ème art. Nous n’oublierons pas de sitôt les interprétations de Fredric March et Gloria Grahame, la mise en scène d’une belle vigueur, la photographie somptueuse et de nombreuses images d’une grande force poétique et lyrique. Une œuvre d’une grande beauté formelle et d’une grande force dramatique ; l’un des pamphlets anticommuniste les plus intelligents et tendus des années 50.
George Bailey
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Post by George Bailey »

sundance_matt wrote:On the Waterfront
Elia Kazan

Avis mitigé... Oui, bien sûr le film possède des qualités indéniables mais j'ai eu des difficultés à vraiment m'intéresser à l'histoire. J'avoue même m'être ennuyé. La seconde moitié du film est plus intéressante.
Décidemment, après la grosse déception de The Wild One, c'est le second "classique" avec Brando qui me laisse sur ma faim, voire qui me déçoit largement ... J'en attendais peut-être plus...

Je retiendrais de cet On the Waterfront qu'il a été fait dans les '50, décennie qui a vu poindre le maccarthysme. A ce titre, le film est interpellant par les thèmes qu'il exploite (la trahison, la délation).
D'accord avec toi sur l'équipée sauvage. Par contre, sur les quais est bouleversant et magnifique. UN des plus beaux rôles de Brando en être fragile, désorienté, amoureux.
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sundance_matt
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Post by sundance_matt »

George Bailey wrote:
sundance_matt wrote:On the Waterfront
Elia Kazan

Avis mitigé... Oui, bien sûr le film possède des qualités indéniables mais j'ai eu des difficultés à vraiment m'intéresser à l'histoire. J'avoue même m'être ennuyé. La seconde moitié du film est plus intéressante.
Décidemment, après la grosse déception de The Wild One, c'est le second "classique" avec Brando qui me laisse sur ma faim, voire qui me déçoit largement ... J'en attendais peut-être plus...

Je retiendrais de cet On the Waterfront qu'il a été fait dans les '50, décennie qui a vu poindre le maccarthysme. A ce titre, le film est interpellant par les thèmes qu'il exploite (la trahison, la délation).
D'accord avec toi sur l'équipée sauvage. Par contre, sur les quais est bouleversant et magnifique. UN des plus beaux rôles de Brando en être fragile, désorienté, amoureux.
Je suis certainement passé à côté... Je suis limite frustré là... :lol:
Allez nouvelle vision dans quelques temps histoire d'y voir un peu plus clair... Et puis me comm audio me tente bien aussi...
Par contre The Wild One... c'est bon, j'ai donné et je n'aime vraiment pas.
acidparadouze
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Post by acidparadouze »

Un tramway nommé desir:
J'ai l'impression d'avoir raté le film. Je l'ai trouvé pas mal mais sans plus. Les acteurs sont tous excellents, l'atmosphère envoutante mais je dois reconnaitre que je pensais voir un autre film :oops:
Moi qui m'attendait a une histoire d'amour (qui pourra me le reprocher avec ces acteurs, ce titre et cette ambiance) je me suis retrouvé avec un film plus ou moins sur la folie ou le mensonge. Or c'est typiquement le genre de films qui a tendance à me saouler d'autant plus quand ca n'a pas du tout l'ambiance d'un film d'epouvante comme les polanski.
Certes scènes sont superbes mais j'ai vraiment l'impression d'avoir rien compris à ce que j'ai vu, peut-etre la femme devient folle parcequ'à la mort de son copain elle rejette ses desirs et devient manipulatrice par tristesse? Je vois pas pourtant où ca va en venir, notamment le final pourquoi quitte t elle son mari et pere de son enfant? Parcequ'il a été cruelle avec sa belle-soeur? Un peu rien compris en fait :mrgreen:
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Spongebob
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Post by Spongebob »

acidparadouze wrote:Un tramway nommé desir:
J'ai l'impression d'avoir raté le film. Je l'ai trouvé pas mal mais sans plus. Les acteurs sont tous excellents, l'atmosphère envoutante mais je dois reconnaitre que je pensais voir un autre film :oops:
Moi qui m'attendait a une histoire d'amour (qui pourra me le reprocher avec ces acteurs, ce titre et cette ambiance) je me suis retrouvé avec un film plus ou moins sur la folie ou le mensonge. Or c'est typiquement le genre de films qui a tendance à me saouler d'autant plus quand ca n'a pas du tout l'ambiance d'un film d'epouvante comme les polanski.
Certes scènes sont superbes mais j'ai vraiment l'impression d'avoir rien compris à ce que j'ai vu, peut-etre la femme devient folle parcequ'à la mort de son copain elle rejette ses desirs et devient manipulatrice par tristesse? Je vois pas pourtant où ca va en venir, notamment le final pourquoi quitte t elle son mari et pere de son enfant? Parcequ'il a été cruelle avec sa belle-soeur? Un peu rien compris en fait :mrgreen:
Je ne suis pas loin de penser la même chose. Une nouvelle vision viendra peut-être modifier mon premier jugement.
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Jack Griffin
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Post by Jack Griffin »

acidparadouze wrote:Un tramway nommé desir:
J'ai l'impression d'avoir raté le film. Je l'ai trouvé pas mal mais sans plus. Les acteurs sont tous excellents, l'atmosphère envoutante mais je dois reconnaitre que je pensais voir un autre film :oops:
Moi qui m'attendait a une histoire d'amour (qui pourra me le reprocher avec ces acteurs, ce titre et cette ambiance) je me suis retrouvé avec un film plus ou moins sur la folie ou le mensonge.
ça parle surtout de sexe et de frustration...Kazan est dans son élément et bizarrement malgré la conservation d'un ton très théatrale, le jeu outré des acteurs et les thèmes chers à tenesse williams ,qui d'habitude ne m'attirent guère, c'est peut être le film du cinéaste que je préfère. Il y insufle une énergie incroyable et une tension émotionnelle très forte à travers sa mise en scène, et les performances de Brando et Vivian Leigh sont réellement jubilatoires. y'a un côté rentre-dedans et caricatural qui peut géné mais qui fait la force du film. Et puis c'est à des années lumières de la molesse d'un Brooks sur "La chatte sur un toit brûlant".
Tite Bouh
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Post by Tite Bouh »

Un Tramway Nommé Désir

Un grand chef d'oeuvre. Je tenais vraiment à lire la pièce de Tenessee William avant pour après voir l'adaptation. Résultat, le film d'Elia Kazan est vraiment ce que j'attends d'une adaptation, très fidèle à l'auteur d'origine, mais en même temps très personnel. Kazan apporte sa pierre à l'oeuvre de William et ne se contente pas uniquement de la transposer à l'écran.
Les acteurs incarnent les personnages à merveille, et on ne peut voir d'autres acteurs pour ces rôles là, ils sont parfaits.
L'ambiance y est bien reconstruite, le quartier, l'appartement, tout y est tellement tel qu'on l'imagine.
Vraiment pas d'autre mot que Chef d'Oeuvre
Stalker
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Post by Stalker »

Viva Zapata! - Elia Kazan, 1952

Très grand film !
J'aime le regard passionnant et intelligent que jettent Steinbeck et Kazan sur la personnage de Zapata et à travers lui sur la révolution et le pouvoir. On ne tombe jamais dans le misérabilisme ni dans l'héroïsme, car tous les personnages sont des hommes entiers avec leurs doutes, leurs ambiguités, leurs forces, leurs faiblesses, leurs frustrations (Zapata, grand chef de guerre et meneur d'homme, taraudé par le fait de ne pas savoir lire, de ne pas être au niveau intellectuel des hommes éduqués, sait qu'il n'est pas capable d'exercer le pouvoir et le constate amèrement).
En 1h53, Kazan parvient à faire fonctionner un film à la fois épique et intime, riche et profond. Il a le bon goût de ne pas complétement répondre aux questions qu'il pose, mais on le sent terriblement empli de désillusions.
L'aspect formel est plus qu'à la hauteur. Superbe photographie, composition des plans, cadrages originaux, utilisation extrême de la profondeur, paysages majestueux...

Deux plans :
Spoiler (cliquez pour afficher)
le corps de Zapata recroquevillé et criblé de balles, puis ce même corps déposé sur la place publique - contre-plongée avec la main qui pend et l'eau qui s'écoule
Deux scènes :
- le dialogue par proverbes et aphorismes entre Zapata et sa promise. C'est du Buñuel ! Tension sexuelle, surréalisme, peinture absurde des moeurs bourgeoises...
- le cortège de paysans qui se forme progressivement autour de Zapata et les militaires qui l'emmènent


La qualité de la copie ressortie à Paris et qui tourne quotidiennement cette semaine à l'Action Christine est incroyable. Je crois que je n'ai jamais vu un film de cette époque si bien restauré. C'est tout simplement parfait. :shock:
Nestor Almendros
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Post by Nestor Almendros »

le master de VIVA ZAPATA que j'ai vu sur le câble, et probablement le même que le dvd m'a semblé plutôt poussiéreux...
Stalker
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Post by Stalker »

Nestor Almendros wrote:le master de VIVA ZAPATA que j'ai vu sur le câble, et probablement le même que le dvd m'a semblé plutôt poussiéreux...
En tous cas la copie ressortie sur Paris est toute neuve et manifestement restaurée.
Je l'ai vraiment trouvée irréprochable, comme si le film avait été tournée la semaine dernière. Je ne pensais pas qu'on pouvait obtenir une telle qualité pour un film de 1952.
Tom Peeping
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Post by Tom Peeping »

Pinky d'Elia Kazan (1949)
Un film très audacieux dans sa thématique quand on pense à l'époque où il a été réalisé : Pinky (Jeanne Crain) est une infirmière blanche qui a 1/4 de sang noir dans les veines. Dans le Sud ségrégationiste, elle est donc "colored". Elle revient vivre chez sa grand-mère noire (Ethel Waters) après avoir fait ses études dans le Nord et doit subir les harrassements des blancs du coin. Une voisine blanche excentrique (Ethel Barrymore) lui montrera la voie de la réalisation personnelle... C'est un film à message assez subtil sur le racisme qui a été un très gros succès en salles à sa sortie. Tourné entièrement en studio, les scènes d'extérieurs (forêt, village, marais...) ont un look qui lorgne du côté du fantastique. Excellence des trois interprètes principales, surtout Ethel Waters et évidemment, la géniale Ethel Barrymore, impériale. Le film aurait du être réalisé par Ford qui s'est brouillé avec Jeanne Crain au début du tournage et a passé le flambeau à Kazan. Le thème du racisme qui est au centre du film s'est retrouvé en miroir dans le tournage : Pinky devait être jouée par Dorothy Dandridge mais la Fox a eu peur qu'une scène de baiser entre une actrice noire et un acteur blanc ne révolte les spectateurs. C'est donc Jeanne Crain, une actrice blanche, qui s'est retrouvée à jouer un personnage mulâtre pour des raisons de décence morale... Une excellente surprise que ce film que je ne connaissais pas. DVD Z1, image N&B correcte (un peu trop contrastée), VO & st anglais.
... and Barbara Stanwyck feels the same way !

Pour continuer sur le cinéma de genre, visitez mon blog : http://sniffandpuff.blogspot.com/
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AtCloseRange
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Post by AtCloseRange »

Le Mur Invisible - Elia Kazan (1947)
Un des premiers films sur l'antisémitisme et le 2ème de Kazan (et son premier oscar). Le film met un peu de temps à démarrer, je ne suis pas fan du jeu de Gregory Peck mais le film a l'avantage de l'originalité de son sujet.
Le scénario est un peu "flou" et un peu trop schématique pour être vraiment convaincant. Importance historique sûrement mais film mineur (encore plus dans la carrière du grand Kazan). Oscar du second rôle mérité pour Celeste Holm plus mémorable en tout cas que la prestation de la très fade Dorothy McGuire.