Les Fraises sauvages (Ingmar Bergman - 1957)

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés avant 1980.

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Jack Sullivan
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Post by Jack Sullivan »

Strum wrote: Tu m'as donné envie de revoir la toute fin, en tout cas. :)
:oops: Merci!
Là où tu parles de cruauté, je dirais plutôt qu'il n'a pas de complaisance (comme tu dis, ça vaut pour lui-même comme pour ses personnages). C'est terriblement luthérien tout ça, la complaisance vécue comme un excès de graisse moral. Pour autant, comme Bergman se veut un portraitiste exhaustif, cela n'exclut pas la tendresse.
Philip Marlowe
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Post by Philip Marlowe »

Lucky wrote:
Philip Marlowe wrote:On peut très bien se contenter de la pure émotion esthétique procurée par la forme.
Quand les bornes sont franchies, il n'y a plus de limite.
:?:
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AlexRow
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Post by AlexRow »

Vision (très émouvante) terminée. Je vais pouvoir lire ta chronique.
"Le goût de la vérité n'empêche pas de prendre parti" (Albert Camus)

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Philip Marlowe
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Post by Philip Marlowe »

Ingmar Bergman wrote: (2) « Je pense qu’en enfer je vais devoir m’asseoir dans une salle de projection et voir mes propres films pendant deux ou trois éternités. Je pense que ça sera ma punition. » in Conversation avec Ingmar Bergman, Olivier Assayas et Stig Björkman, Petite bibliothèque des Cahiers du Cinéma, n°88.
:shock:

Il est beaucoup moins péremptoire dans Images, qu'il a pourtant écrit juste après avoir revu l'intégrale de sa filmographie.
J'en profite pour (re)conseiller la lecture de ce livre. Bergman s'efforce d'être le plus juste possible avec ses oeuvres, revient sur ce qu'il considère comme réussit ou raté, parle de son état d'esprit au moment de leur réalisation, et peu à peu, c'est le portrait du cinéaste qui se dessine. Passionnant, pour en apprendre sur Bergman, sur les cinéastes, et le cinéma en général.
Jack Sullivan
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Post by Jack Sullivan »

Images fait partie des références utilisées pour cette chronique, et que je préconise :wink: Mais il faut savoir que selon les époques et les interlocuteurs, Bergman a émis des avis très différents sur les mêmes films, parfois au point de dire tout et son contraire. La tendance est néanmoins à une grande sévérité sur l'ensemble de son œuvre, raison pour laquelle je ne suis pas loin de penser qu'il faudrait éviter absolument de le lire avant de voir ses films, c'est trop décourageant! :lol:
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Flol
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Post by Flol »

Je n'ai vu qu'un seul Bergman de toute ma vie : L'Oeuf du Serpent. J'ai beaucoup aimé.
Du coup, j'ai énormément envie de découvrir le reste de sa filmo, et principalement ses oeuvres majeures. Mais quand je vois l'étendue de la carrière du bonhomme, je suis limite découragé...:?
En tout cas, mes félicitations à Jack pour son très beau texte pédagogique, comme l'a justement dit Strum. Et il m'a donné envie de découvrir cette oeuvre dont l'histoire, à priori, pourrait beaucoup me toucher. :D
Jack Sullivan
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Post by Jack Sullivan »

Ratatouille wrote: En tout cas, mes félicitations à Jack pour son très beau texte pédagogique, comme l'a justement dit Strum. Et il m'a donné envie de découvrir cette oeuvre dont l'histoire, à priori, pourrait beaucoup me toucher. :D
:D Merci!
Si ça peut te mettre à l'aise: je ne suis nullement une spécialiste de Bergman, je n'en ai vu qu'une petite dizaine. Mais un jour, sur une inspiration, je suis entrée dans une cinémathèque et j'ai choisi un Bergman au hasard, dont le titre me plaisait. C'était Les fraises sauvages. Mes pieds ne touchaient plus le sol lorsque je suis sortie. Alors, j'ai continué... et je compte bien poursuivre.
NounouOgg
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Post by NounouOgg »

Ratatouille wrote:Je n'ai vu qu'un seul Bergman de toute ma vie : L'Oeuf du Serpent. J'ai beaucoup aimé.
Pareil. Plus qu'aimé même. Et mon deuxième c'est Les fraises sauvages. :D Je compte bien continuer.
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Jack Sullivan
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Post by Jack Sullivan »

AlexRow wrote:Je vais pouvoir lire ta chronique.
Mince, je vais devoir aller me coucher sur un cliffhanger atroce, j'ai horreur de ça :lol: Heureusement que NounouOgg a donné son impression, elle!
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AlexRow
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Post by AlexRow »

Je la lirai au lit alors tu peux te coucher tranquille :mrgreen:
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Post by Jack Sullivan »

AlexRow wrote:Je la lirai au lit alors tu peux te coucher tranquille :mrgreen:
Pas vraiment, j'ai des visions maintenant :? bêêrk
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AlexRow
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Post by AlexRow »

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Post by Strum »

Jack Sullivan wrote:Là où tu parles de cruauté, je dirais plutôt qu'il n'a pas de complaisance (comme tu dis, ça vaut pour lui-même comme pour ses personnages). C'est terriblement luthérien tout ça, la complaisance vécue comme un excès de graisse moral.
En toute logique, si l'on admet que Bergman est sans complaisance avec ses personnages, cela voudrait dire que le regard moins sévère, plus indulgent, d'autres cinéastes, serait complaisant. Ce serait inexact. Il faut donc trouver à mon avis un autre terme, une sorte de compromis entre "cruel" et "sans complaisance". Le prisme par lequel Bergman observe la condition humaine est un prisme négatif, souvent tourné vers les zones d'ombres, les trous béants. Car Bergman, cinéaste génial, n'en demeure pas moins un juge terrible de la condition humaine. Un "juge pénitent" comme disait Camus, donc, puisque Bergman est aussi un juge terrible envers lui-même.
Jack Sullivan
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Post by Jack Sullivan »

Strum wrote: En toute logique, si l'on admet que Bergman est sans complaisance avec ses personnages, cela voudrait dire que le regard moins sévère, plus indulgent, d'autres cinéastes, serait complaisant, ce qui serait inexact.
Alors là c'est moi qui trouve que tu pousses le raisonnement trop loin! :lol: On peut pratiquer l'indulgence sans être complaisant pour autant, il y a de la place pour la nuance tout de même. Il faut bien voir aussi que Bergman est quelqu'un qui fait de "l'introspection externe", en projetant ses traits de caractères, névroses comprises, sur ses personnages, et que c'est une raison supplémentaire pour lui de se montrer lucide et, pour le coup, connaisseur des rouages intimes, puisque ce sont les siens!
Sinon, l'image du "juge pénitent", tu l'avais utilisée déjà dans ton post d'hier, hihi.
Strum
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Post by Strum »

Ratatouille wrote:Du coup, j'ai énormément envie de découvrir le reste de sa filmo, et principalement ses oeuvres majeures. Mais quand je vois l'étendue de la carrière du bonhomme, je suis limite découragé...:?
J'ai commencé par Le Septième Sceau, que je trouve plus abordable que Les Fraises Sauvages, et qui est encore aujourd'hui mon Bergman préféré. Je te le conseille.