Louis Malle (1932-1995)

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés avant 1980.

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Commissaire Juve
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Re: Louis Malle (1932-1995)

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Dale Cooper wrote:... La parodie qu'en fera Anderson avec La Vie aquatique est un peu comme Les Carnets de Monsieur Manatane à côté des guides de bonnes manières de Nadine de Rothschild : les originaux sont parfois plus drôles...
:lol:
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kiemavel
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Re: Louis Malle (1932-1995)

Post by kiemavel »

Dale Cooper wrote:C'est justement ce dernier film évoqué que je viens de voir, le fameux Monde du silence tellement silencieux que "nos biologistes utilisent la dynamite". Et boum les poissons, boum la barrière de corail. Avec des plans sur le génocide de poiscailles remontées à la surface ou coulées au fond des mers. Le plus savoureux reste le commentaire de Cousteau. Celui qui accompagne ce moment, c'est : "La pêche à la dynamite est interdite par la loi, c'est un acte de vandalisme." Sans blague. Cela traduit bien ce qui me semblait : même pour l'époque, ces barbares sans-gênes, à moins d'être profondément débiles, se doutaient un petit peu qu'ils faisaient beaucoup, beaucoup de mal à la faune sous-marine. Ce qui transparaît n'est ni l'ignorance ni la naïveté, mais le côté "rien à foutre, c'est pour la science", mais qui évoque moins le scientifique que le citadin qui filme ses vacances au mépris des lois (j'avais pensé à la scène dans les Bronzés font du ski où ils discutent de la pollution tout en jetant leurs déchets dans la neige). Alors, effectivement, vu à travers nos regards d'aujourd'hui, ça pique, ça fait mal au cœur (voir des gros connards qui bouffent leur petit dèj' sur la plage assis à dos de tortue). Parfois, souvent même, on rit : du jeu de Cousteau, aux accents marseillais d'un des membres d'équipage ou français petit nègre d'un indigène ("To'tues dé mê véni pondre là"), tous doublés, jusqu'au manque incroyable de connaissances maritimes dudit commandant relevé par Mordillat ("À droite toute, moussaillon!" - "Droite toute, ducon... heu commandant."), tout, tout, tout sonne faux. La parodie qu'en fera Anderson avec La Vie aquatique est un peu comme Les Carnets de Monsieur Manatane à côté des guides de bonnes manières de Nadine de Rothschild : les originaux sont parfois plus drôles. Je ne connaissais rien de ce film, à part son titre resté célèbre, et l'imaginais seulement un peu désuet vu l'époque. Mais je suis tombé sur le pire et le plus sauvage des documentaires sur la mer. Palme d'Or de la connerie.

Edit: Un frère antisémite qui dirigeait un hebdomadaire collaborationniste pendant la guerre, lui-même pas très net pendant cette période, et des tribunaux de la science où des experts lui reprochaient des erreurs et raccourcis approximatifs mensongers... inutile de préciser que tout ça ne donne pas très envie de prolonger mes découvertes sur Cousteau.
On a le droit de détester mais ces propos sont excessifs et traduisent une ignorance d'ailleurs pas niée (pas envie de prolonger…) Mais quand même, Cousteau, davantage le beauf qui "filme ses vacances" qu'un scientifique, ça peut amuser mais c'est un peu beaucoup. Par ailleurs, le dernier paragraphe remet en cause la jurisprudence Polanski plusieurs fois invoquée par le même ; par exemple ici:
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Dale Cooper wrote:
Père Jules wrote: Image
Je ne savais pas du tout pour Polanski. Le monstre. Je n'aime plus ses films maintenant.
Je vais me changer les idées et m'écouter un bon petit Noir Désir de derrière les fagots. Quoiqu'un petit Michael Jackson me redonnerait la pêche. Ou Charles Trenet. Ou un bon livre, ça tombe bien, ma collection Céline attend. Heureusement qu'il reste des gens droits dans ce monde (récemment, j'ai appris que Scorsese avait touché à la drogue, alors j'ai brûlé les DVD de ses films)...
…Céline, OK. Et puis oh, le frère de Rebatet, de Brassillac ou de Drieu, c'est pas pareil que…Maintenant, si Cousteau est l'un des français les plus connus de par le monde et le plus célèbre océanographe (le segment était étroit), ça me semble immérité quand même car un autre pionnier de l'exploration sous-marine est lui demeuré à peu près inconnu alors que ses films sont plus respectueux des animaux et surtout plus rigoureux car c'est le gros reproche qu'on peut faire à Cousteau, y compris dans la centaine d'épisodes de la fameuse Odyssée ; la mise en scène des comportements animaux pour faire joli et donc un coté Walt Disney du documentaire animalier (à l'opposé, Les dents de la mer, il ne l'a fait qu'une fois à ma connaissance :mrgreen: ) L'inconnu moins malin qui n'a pas transformé sa passion en business, c'est l'autrichien Hans Hass dont les films sont malheureusement rarement projetés.
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Re: Louis Malle (1932-1995)

Post by Dale Cooper »

kiemavel wrote:On a le droit de détester mais ces propos sont excessifs et traduisent une ignorance d'ailleurs pas niée (pas envie de prolonger…)
Tu as raison, passons sur l'homme et restons sur l'artiste amoureux de la nature. Pour le reste, mes propos "traduisent" quelle ignorance ? Je ne parle que du film que j'ai vu. Et ce que j'ai vu m'a sidéré. J'adore la mer, j'y ai vécu et, années cinquante ou pas (le contexte a parfois quelque chose à voir, parfois non), c'est un film de gros cons. Bien sûr c'est mon point de vue de contemporain, mais même, ils savent très bien qu'en utilisant des tortues comme sièges ou pour faire du rodéo, ils leur font mal, les grands chercheurs virils. Outre ce qui est raconté par Cousteau, qui est bourré de conneries, et la Calypso qui bute deux cachalots (j'ai vraiment cru que c'était une parodie des Nuls), le film présente des pseudo-biologistes qui ressemblent davantage à des beaufs en shorts bronzant avec leur clébard, entre deux scènes de boucherie, et jouant (très mal) quelques scènettes involontairement drôles.
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Supfiction
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Post by Supfiction »

François Sarano : "Le procès fait à Cousteau me rappelle ceux faits à 'Tintin'"

"Répugnant", "insupportable", "naïvement dégueulasse"... Dans sa chronique du 23 juin, Gérard Mordillat assassine – avec humour – le documentaire océanographique réalisé en 1954 par Louis Malle, "Le Monde du Silence". Le romancier et cinéaste, tire à boulets rouges sur le commandant et son bonnet, rouge lui aussi. De quoi provoquer un début de polémique, 60 ans après la sortie du film. Mais alors, pourquoi tant de haine ?

Dans le viseur de Gérard Mordillat, l’équipage de la Calypso, qualifié de "pires viandards". Jouant avec une tortue jusqu’à lui faire perdre son souffle, explosant un récif corallien à coups de dynamite, ou massacrant des requins "pour venger le cachalot que l’équipage vient pourtant d’achever à coup de fusil", les images de cette "bande d’abrutis satisfaits […] baignant dans le sang et la bonne humeur" ne passent plus auprès du chroniqueur.

Interrogé par "l’Obs", l’océanographe François Sarano, ancien conseiller scientifique de Jacques-Yves Cousteau durant une quinzaine d’années, revient sur ces attaques.

La chronique assassine de Gérard Mordillat vous a-t-elle surpris ?

- Cela me rappelle les procès en racisme qui ont été faits à certains épisodes de "Tintin". Bien évidemment, avec nos yeux d’aujourd’hui, certaines expressions ou images sont insupportables. Mais à l’époque, cela ne choquait personne. C’est pour cela que je trouve la critique de Gérard Mordillat assez malhonnête, quoique plutôt drôle. La moindre des choses aurait été de replacer le film dans son contexte. Comment peut-on prétendre apporter une critique sincère en occultant les 60 ans qui nous sépare du tournage de ce film ?

Il faut quand même rappeler qu’à l’époque ["Le Monde du Silence" a été tourné en 1954, NDLR], les connaissances sur la vie sous-marine étaient quasi-inexistantes, tout comme l’était ce qu’on appelle aujourd’hui la pensée écologiste. Cousteau et son équipage étaient d’authentiques explorateurs, des pionniers et pas des idéologues. J’ai trouvé cette chronique blessante car en s’attaquant à son film le plus emblématique, elle jette l’opprobre sur toute l’œuvre de Cousteau, qui a pourtant énormément œuvré pour les causes environnementales dès la fin des années 60.

Néanmoins, des scènes comme celle du massacre des requins, laissent à penser que l’équipage prend du plaisir à tuer certains animaux…

Mais c’était le cas ! Encore une fois, le monde sous-marin était complètement inconnu et pour les marins, les requins étaient assimilés à l’ennemi, à des monstres marins. Le film n’est que le reflet de son époque et de ses croyances. L’océan était perçu comme un terrain vierge et une corne d’abondance. En 1954, personne n’avait encore pressenti les désastres à venir, pas même Cousteau. Avec le recul, lui-même trouvait ces images révoltantes et insupportables. Mais elles font partie du film, de cette photographie d’un instant T de notre connaissance des océans. Les réactions que ces scènes suscitent aujourd’hui sont plutôt un signal positif, la preuve que les mentalités ont évolué. N’en déplaise aux bien-pensants, c’est aussi grâce à des gens comme le commandant Cousteau.

En 2015, est-ce toujours imaginable de diffuser "Le Monde du Silence" sur une grande chaîne de télévision ?

Je comprends que ces images choquent, notamment les plus jeunes et ceux qui ont eu la chance de naître dans une société déjà sensibilisée aux questions d’écologie et de respect de la vie animale. C’est pourquoi je fais partie de ceux qui militent pour que le film soit accompagné d’un documentaire complémentaire qui permettrait de recontextualiser le film et parler plus généralement des 50 ans de carrière de Cousteau.

Concernant une diffusion, la question s’est déjà posée en fait. Je me rappelle qu’en 1992, France 2 avait voulu diffuser "Le Monde du Silence" à l’occasion du Sommet de la Terre de Rio consacré aux changements climatiques. La chaîne avait demandé à Cousteau de pouvoir couper au montage la scène du "massacre" des requins. Bien évidemment, il avait refusé.

Propos recueillis par Lucas Burel - le 7 juillet 2015
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Commissaire Juve
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Re: Louis Malle (1932-1995)

Post by Commissaire Juve »

Ça me fait penser aux archéologues qui fouillaient avec des explosifs ! :lol:

Sinon, je suis d'accord : les procès en sorcellerie intentés aux générations anciennes, c'est pas mon truc. Nous mêmes, dans 100 / 150 ans, nous passerons sûrement pour une sacrée bande de cons.
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Re: Louis Malle (1932-1995)

Post by kiemavel »

Dale Cooper wrote:
kiemavel wrote:On a le droit de détester mais ces propos sont excessifs et traduisent une ignorance d'ailleurs pas niée (pas envie de prolonger…)
Tu as raison, passons sur l'homme et restons sur l'artiste amoureux de la nature. Pour le reste, mes propos "traduisent" quelle ignorance ? Je ne parle que du film que j'ai vu, et ce que j'ai vu m'a sidéré. J'adore la mer, j'y ai vécu, et le film que j'ai vu là, années cinquante ou pas (le contexte a parfois quelque chose à voir, mais souvent non) est un film de gros cons. Ils savent très bien qu'en utilisant des tortues comme sièges ou pour faire du rodéo, ils leur font mal, les grands chercheurs. Entre ce qui est raconté par Cousteau, qui est bourré de conneries, et ce que ça montre, avec la Calypso qui bute deux cachalots (j'ai vraiment cru que c'était une parodie des Nuls), le film présente des pseudo-biologistes en shorts qui bronzent avec leur clébard, entre deux parties de destruction de la nature, jouant (très mal) quelques scènettes involontairement drôles, ou d'autres qui les montrent en train d'agir de manière irresponsable. Même pour l'époque.

Non, il y a des choses qui s'expliquent par l'époque et le milieu. Le "Génocide de poiscailles", c'était un procédé employé pour recenser les espèces présentes sur UN secteur donné. Il n'a pas fait péter la barrière de corail…(j'ignore si c'est encore le moyen utilisé aujourd'hui mais il n'y a pas si longtemps les scientifiques -pour obtenir le même résultat- employaient différents poisons). "Génocide", tu peux éventuellement garder ça pour la sur-pèche actuelle de nombreuses espèces de poissons…qui était déjà dénoncée -et ce n'était pas paradoxal- par Cousteau. Même si on peut évidemment discuter ces méthodes scientifiques, assimiler les explorations de Cousteau … aux films de vacances d'un beauf façon Bronzés, c'est trop. Même s'il devait y avoir quelques beaufs en short et de "pseudo-biologistes" à bord, Cousteau a souvent embarqué des pointures parmi les centaines de scientifiques embarqués sur la Calypso. Quant à son "manque incroyable de connaissances maritimes", pour le "à droite…", ce n'est pas très sérieux car en 1956 ce n'était pas un marin débutant (il était entré à l'école de marine de Brest à l'âge de 20 ans). Après, pour le jargon de marin, c'était pas le Cpt Haddock mais perso ça ne me choque pas. Quant à la Calypso qui heurte un cachalot ; ben oui, c'est très con mais ça s'appelle un accident. Cela dit on peut s'interroger sur les raisons qui ont poussé Malle et Cousteau a garder ça...

Alors il est où "L'artiste amoureux de la nature" :mrgreen: . On le trouve davantage dans d'autres films. Si je parlais d'ignorance c'est que ce film que j'ai l'air de défendre alors que ne l'aime pas du tout, est celui qui me semble le moins défendable de Cousteau, et il m'apparaissait déjà comme tel à l'époque lointaine de sa découverte. On doit pouvoir trouver des épisodes de son odyssée tout aussi discutables -voir peut-être odieux vu d'aujourd'hui- mais même si les mentalités ont évolué, je vois mal des générations de gamins et leurs parents être passés à coté d'ignominies répétées chaque dimanche après midi. J'ai connu les années 70 et 80 au cours desquels Cousteau était un incontournable des dimanches familiaux (j'ai eu une enfance malheureuse) et pas seulement en France. Si je reviens encore plus loin en arrière, s'agissant de la réception d'un film "Palme d'or de la connerie" (qui a eu aussi l'Oscar du meilleur doc), toujours vu d'aujourd'hui, on peut s'étonner qu'il ai été aussi un grand succès public. Sur ce point là, il ne faut pas oublier qu'il s'agissait du premier film consacré au monde sous marin qui était alors un monde totalement inconnu du grand public. On peut aussi s'étonner de la bonne réception critique de ce film. Je me souviens d'un texte dithyrambique d'André Bazin notamment (ça peut se retrouver) dans lequel évidemment il ne fait aucunement mention de ce qui nous choque aujourd'hui. Donc oui, il faut quand même tenir compte du fait que ce film a 60 ans.

Pour le reste, les "gros cons", je les vois aussi mais je garde ça pour les scènes affligeantes dans lesquels les plongeurs et hommes d'équipage maltraitent les tortues ; pour le massacre des requins et pour un truc qui devait être dans ce film il me semble (le harponnage d'un cétacé par un membre d'équipage qui avait servi sur un baleinier) :roll: …À propos de tortue, tiens, Pierre Desproges racontait qu'en Algérie pendant les "évènements", il a assisté à des courses de tortue singulières. À chaque soldat, sa tortue. Tu perces un trou dans la carapace. Tu y glisses une mèche et tu allumes ; puis tu lâches les bestioles…À coté, l'équipage de la Calypso, c'était juste des petits cons. Pour le reste, cinématographiquement je suis d'accord, c'est vraiment pas terrible et surtout ça sonne faux, le jeu des "acteurs" est emprunté, etc…Alors oui, OK, vu d'aujourd'hui, Le monde du silence est difficilement regardable...
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Re: Saving private Cousteau

Post by kiemavel »

Supfiction wrote:François Sarano : "Le procès fait à Cousteau me rappelle ceux faits à 'Tintin'"
Oui Mordillat se déchaine et c'est assez jouissif. Quand il le fait passer pour un marin d'eau douce avec le coup de "barre à droite", c'est même hilarant de malhonnêteté car on peut penser qu'il connait le curriculum de Cousteau. Le parallélisme avec Hergé, qui était de la même génération, est aussi valable pour leurs sympathies politiques, bien réelles s'agissant du dessinateur, et probables (peu de sources en atteste : une lettre, un témoignage…) pour ce qui est de Cousteau.
En 2015, est-ce toujours imaginable de diffuser "Le Monde du Silence" sur une grande chaîne de télévision ?
Il a été diffusé vers 2005 sur Arte. Depuis ? En revanche, il y a bien longtemps que la série de documentaires n'a plus été vu à la TV chez nous il me semble. Même si je crois qu'on y trouverait moins de séquences problématiques, de toute façon bien des aspects ont du prendre un gros coup de vieux. La forme (tout tourne autour de Cousteau et cette personnalisation passerait peut-être moins bien aujourd'hui étant donné que pour les nouvelles générations il ne signifie rien alors qu'il a longtemps été le français le plus populaire), la qualité des images pré-numériques, etc...
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tenia
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Re: Louis Malle (1932-1995)

Post by tenia »

Dale Cooper wrote:Edit: Un frère antisémite qui dirigeait un hebdomadaire collaborationniste pendant la guerre, lui-même pas très net pendant cette période, et des tribunaux de la science où des experts lui reprochaient des erreurs et raccourcis approximatifs mensongers... inutile de préciser que tout ça ne donne pas très envie de prolonger mes découvertes sur Cousteau.
Comme je dis toujours, chaque fois que j'écoute Billie Jean et Thriller ou que je regarde Chinatown, ma conscience ne me dit pas que je devrais avoir honte de me plonger dans les oeuvres d'artistes à la vie si juridiquement discutable. :idea:
Entre ceux qui ré-évaluent toute une filmo à cause d'une bouse, et ceux qui commencent à juger l'artiste sur sa vie perso (ou celles de ses proches), on ne va plus s'en sortir. :mrgreen:

Blague à part, le débat est intéressant, mais on en revient toujours aux mêmes choses. C'est un peu comme tous ces films qui zigouillaient des animaux à l'écran (genre les chevaux pendant les scènes d'action) avant que les associations se lèvent contre ces pratiques.
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Re: Louis Malle (1932-1995)

Post by kiemavel »

tenia wrote:
Dale Cooper wrote:Edit: Un frère antisémite qui dirigeait un hebdomadaire collaborationniste pendant la guerre, lui-même pas très net pendant cette période, et des tribunaux de la science où des experts lui reprochaient des erreurs et raccourcis approximatifs mensongers... inutile de préciser que tout ça ne donne pas très envie de prolonger mes découvertes sur Cousteau.
Comme je dis toujours, chaque fois que j'écoute Billie Jean et Thriller ou que je regarde Chinatown, ma conscience ne me dit pas que je devrais avoir honte de me plonger dans les oeuvres d'artistes à la vie si juridiquement discutable. :idea:
Entre ceux qui ré-évaluent toute une filmo à cause d'une bouse, et ceux qui commencent à juger l'artiste sur sa vie perso (ou celles de ses proches), on ne va plus s'en sortir. :mrgreen:

Blague à part, le débat est intéressant, mais on en revient toujours aux mêmes choses. C'est un peu comme tous ces films qui zigouillaient des animaux à l'écran (genre les chevaux pendant les scènes d'action) avant que les associations se lèvent contre ces pratiques.
Je défendais déjà mollement l'oeuvre et non pas l'homme bien sûr mais sur ce film là son cas est plus problématique que ce que tu soulèves puisque lui passait pour le défenseur des océans et plus largement pour un militant de la cause écologiste…Mais il l'est devenu (plus qu'il ne l'était d'emblée sans doute).
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Re: Louis Malle (1932-1995)

Post by Dale Cooper »

kiemavel wrote:Non, il y a des choses qui s'expliquent par l'époque et le milieu.
Oui, et d'autres pas.
kiemavel wrote:Le "Génocide de poiscailles", c'était un procédé employé pour recenser les espèces présentes sur UN secteur donné.
Je sais, j'ai vu le film. Pour le coup le contexte explique les choses: à l'époque on devait penser que les espèces animales et les coraux dans la mer étaient infinis.
kiemavel wrote:Il n'a pas fait péter la barrière de corail…(j'ignore si c'est encore le moyen utilisé aujourd'hui
Ils posent les charges dans le récif corallien... et bien sûr que non, aujourd'hui un biologiste ne ferait pas péter de la dynamite dans une barrière de corail. On touche le fond comme dirait Cousteau. Les documentaires de ce dernier ne t'ont manifestement pas appris grand chose. Les coraux, indispensables mais aujourd'hui menacés (principalement à cause de la pollution), c'est très protégé. Même si, hélas... Ça n'empêche pas d'en trouver en colliers de bijoux en faisant son marché quoi. Les chercheurs sont beaucoup moins intrusifs qu'autrefois ; de ce point de vue Le Monde du silence présente tout ce qu'il ne faut pas faire. En gros, le corail abrite des espèces rares, ou nous protège également de certaines menaces venues de l'océan comme la houle, ou les tant détestés requins du film (les plages des îles, comme la Réunion, où tu peux te baigner sans craindre un requin sont les lagons qui, par définition, sont entourés de récifs coralliens). Quand on les voit casser du corail au marteau dans le film, ça aussi ça fait bizarre. Pour ce passage, on ne peut effectivement pas trop le leur reprocher pour l'époque. Mais quand même... l'image de scientifiques qui y vont au marteau, quoi...
kiemavel wrote:"Génocide", tu peux éventuellement garder ça pour la sur-pèche actuelle de nombreuses espèces de poissons…qui était déjà dénoncée -et ce n'était pas paradoxal- par Cousteau. Même si on peut évidemment discuter ces méthodes scientifiques, assimiler les explorations de Cousteau … aux films de vacances d'un beauf façon Bronzés, c'est trop. Même s'il devait y avoir quelques beaufs en short et de "pseudo-biologistes" à bord, Cousteau a souvent embarqué des pointures parmi les centaines de scientifiques embarqués sur la Calypso.
Disons-le, ce n'est pas ce qui saute aux yeux dans ce film. Je ne juge que le film que j'ai vu, comme pour n'importe quel film.
kiemavel wrote:Quant à son "manque incroyable de connaissances maritimes", pour le "à droite…", ce n'est pas très sérieux car en 1956 ce n'était pas un marin débutant (il était entré à l'école de marine de Brest à l'âge de 20 ans). Après, pour le jargon de marin, c'était pas le Cpt Haddock mais perso ça ne me choque pas.
Pour reprendre un commentaire sur le site où était posté l'article, du chargé des relations publiques à l'Institut Français de Recherche pour l'Exploitation de la Mer : "L'IFREMER est un établissement de recherche, nous faisons 99% de science et 1% de communication, Cousteau c'est le contraire" (ce à quoi un chercheur du même centre aurait répondu : "T'es pas fou ? Cousteau n'a pas fait 1% de science"). Je ne m'en souviens déjà plus, mais les commentaires de Cousteau que j'ai entendu ressemblaient à ceux d'un stagiaire guide de musée qui improvise un peu. Et pour le passage où il dit "À droite toute", c'est sûrement parce que le film est conçu pour le grand public (c'est vrai que des mots comme bâbord, tribord sont des termes compliqués).
kiemavel wrote:Quant à la Calypso qui heurte un cachalot ; ben oui, c'est très con mais ça s'appelle un accident.
Deux cachalots. Dont un lacéré, qu'on suit sous divers angles de caméras (j'imagine qu'ils n'ont pas mis cinq minutes à le filmer sous tous les angles, à la surface ou sous la mer) et récupéré ensuite à la gaffe (!) avant d'être achevé. J'adore ce moment qui suit, quand les requins débarquent, et qu'ils se disent: "Les requins, ces sales bêtes immondes. C'est intolérable de les voir manger un animal mort... Allez les gars, prenez tout ce qui vous passe par la main, des pelles, des bâtons, des haches... On les charcute, allez !!" Là ce n'est pas une question d'époque, c'est juste une belle brochette d'abrutis...
kiemavel wrote:Alors il est où "L'artiste amoureux de la nature" :mrgreen: . On le trouve davantage dans d'autres films.
Pour reprendre ce que j'ai répondu à une amie qui me suggérait de lire du Marc Lévy (que "je finirai d'abord Maupassant mais ensuite je verrai si j'ai le temps"), là j'ai d'autres choses à voir, lire comme les excellents bouquins de Kersauson ou faire à la mer mais promis, après je verrai si j'ai le temps...
kiemavel wrote:Pour le reste, les "gros cons", je les vois aussi mais je garde ça pour les scènes affligeantes dans lesquels les plongeurs et hommes d'équipage maltraitent les tortues ; pour le massacre des requins et pour un truc qui devait être dans ce film il me semble (le harponnage d'un cétacé par un membre d'équipage qui avait servi sur un baleinier) :roll: …À propos de tortue, tiens, Pierre Desproges racontait qu'en Algérie pendant les "évènements", il a assisté à des courses de tortue singulières. À chaque soldat, sa tortue. Tu perces un trou dans la carapace. Tu y glisses une mèche et tu allumes ; puis tu lâches les bestioles…À coté, l'équipage de la Calypso, c'était juste des petits cons. Pour le reste, cinématographiquement je suis d'accord, c'est vraiment pas terrible et surtout ça sonne faux, le jeu des "acteurs" est emprunté, etc…Alors oui, OK, vu d'aujourd'hui, Le monde du silence est difficilement regardable...
Si on commence à comparer avec le maltraitement des animaux par des militaires, les Chinois, les scientifiques avec les lapins de laboratoire, etc., on n'a pas fini. Pour le reste, tu dis que tu es d'accord avec moi, quoi...
tenia wrote:
Dale Cooper wrote:Edit: Un frère antisémite qui dirigeait un hebdomadaire collaborationniste pendant la guerre, lui-même pas très net pendant cette période, et des tribunaux de la science où des experts lui reprochaient des erreurs et raccourcis approximatifs mensongers... inutile de préciser que tout ça ne donne pas très envie de prolonger mes découvertes sur Cousteau.
Comme je dis toujours, chaque fois que j'écoute Billie Jean et Thriller ou que je regarde Chinatown, ma conscience ne me dit pas que je devrais avoir honte de me plonger dans les oeuvres d'artistes à la vie si juridiquement discutable. :idea:
Entre ceux qui ré-évaluent toute une filmo à cause d'une bouse, et ceux qui commencent à juger l'artiste sur sa vie perso (ou celles de ses proches), on ne va plus s'en sortir. :mrgreen:
Oh mais je suis le premier à dire ça (et un des premiers à avoir défendu Polanski à l'époque) comme le rappelait kiemavel. Mais 1. Polanski ne se met pas en scène devant sa caméra en train de massacrer du poisson avec un esprit festif, car le documentaire tourne autour de la personnalité de Cousteau, en grand marin avec sa pipe et son bonnet rouge, et 2. C'est surtout la dernière partie de ma phrase (que des scientifiques lui reprochent ses raccourcis ou ses erreurs) qui est importante puisque c'est le sujet de ses documentaires, et apprendre ça, du coup ça ne donne pas envie.

Il faudrait peut-être faire un topic Cousteau...
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Re: Louis Malle (1932-1995)

Post by bruce randylan »

kiemavel wrote: Je me souviens d'un texte dithyrambique d'André Bazin notamment (ça peut se retrouver) dans lequel évidemment il ne fait aucunement mention de ce qui nous choque aujourd'hui. Donc oui, il faut quand même tenir compte du fait que ce film a 60 ans.
Je n'ai retrouvé qu'un court extrait :

"Il se pourrait que le rêve d'Icare ait commencé de se réaliser dans les océans. Le ciel était à nos pieds ; il commence à nous livrer ses merveilles"

Et le film, je l'ai justement vu en début de semaine. En effet, de nombreux passages font désormais grincer les dents : les poissons qu'on dynamite pour pouvoir recenser les espèces "vivantes" (!), la barrière de corail attaqué à coup de marteau, le massacre des requins, le rodéo sur les tortues (là, ils passent vraiment pour des beaufs) et la post-synchro p'tit nègre sur l'autochtone.

Par contre, là où j'ai trouvé le film intéressant, c'est que Louis Malle prend justement le parti de ne pas couper ces passages qui aurait pu facilement se retrouver dans la poubelles (les cadavres de poissons après la dynamite, le cachalot, c'est pas vraiment valorisant) d'autant que le commentaire souligne souvent les contradictions de leurs actes et leurs comportements irrationnels (le massacre des requins, sorte d'hystérie collective sur une terreur ancestrale).
C'est ce que j'ai trouvé réussi dans ce film, sa dimension Journal de Bord et une sorte d’exultation à découvrir tout ça. D'où d'ailleurs, cette post-synchro bande-dessinée. Louis Malle s'était senti comme les premiers astronautes.
Et c'était le cas en effet.

Donc, oui, il y a du malaise, mais c'est justement à prendre comme un document historique d'une époque.

Et des erreurs de ce type, il y a toujours : j'ai lu le mois dernier un article surréaliste où l'on apprenait que les gouvernements de nombreux pays dont la France, l'Italie et les US (conseillé par certains spécialistes) avaient balancé de vieux stocks de pneus dans les mers/océans en s’imaginant que les poissons allaient en faire des habitat et que ça aillait permettre à la flore de se greffer dessus. Et bien, curieusement, rien n'a marché... Et ça remonte à fin 80-début 90. :shock:
Aujourd'hui évidement, il y a des opérations pour nettoyer tout ça ! :lol:
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kiemavel
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Re: Louis Malle (1932-1995)

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Dale Cooper wrote:Ils posent les charges dans le récif corallien... et bien sûr que non. Aujourd'hui un biologiste ne ferait pas péter de la dynamite dans une barrière de corail, on touche le fond comme dirait Cousteau. Les coraux sont aujourd'hui menacés (principalement à cause de la pollution) et très protégés, même si évidemment ça n'empêche pas d'en trouver encore en colliers de bijoux en faisant son marché. Les recherches sont beaucoup moins intrusives de nos jours, de ce point de vue Le Monde du silence présente tout ce qu'il ne faut pas faire. En gros, le corail abrite des espèces rares, ou nous protège également de certaines menaces venues de l'océan comme la houle, ou les tant détestés requins du film (les plages des îles, comme la Réunion, où tu peux te baigner sans craindre un requin sont les lagons qui, par définition, sont entourés de récifs coralliens). Quand on les voit casser du corail au marteau dans le film, ça aussi ça fait bizarre. Pour ce passage, on ne peut effectivement pas trop le leur reprocher pour l'époque. Mais quand même... l'image de scientifiques qui y vont au marteau, quoi…
Entre le moment ou j'ai repris ton message pour commencer à te répondre et maintenant ou je le reprends, tu as ajouté la petite phrase pas indispensable mais je fais comme si j'avais rien vu, OK…
Mais si, les films de Cousteau m'ont appris des choses…et pas que des bonnes. Embarqué par mon père plongeur et aquariophile, j'ai même un peu pratiqué les ignominies qui t'ont (justement) révulsé. Allez, je donne le baton pour me faire battre ! À 15ans, armé d'une massette, je tapais déjà sur un burin pour arracher à la mer non pas des coraux mais des anémones de mer. Voilà, voilà…Mais j'ai arrêté à 20 et aujourd'hui ce serait inconcevable. Quand je te disais que les mentalités évoluent :mrgreen:
En tout cas, je vois que tu connais le sujet mais moi aussi. Tu n'as d'ailleurs pas compris ce passage ou bien je me suis mal exprimé, ce qui n'est pas dans mes habitudes pourtant (sans envoyer de coups d'avertisseur cette fois). Je ne m'interrogeais pas sur l'emploi toujours actuel de la dynamite mais sur celui des poisons car jusqu'à une époque très récente, pour effectuer des comptages les scientifiques avaient recours à des méthodes dites destructives (pêche ou empoisonnement) même si de plus en plus ils utilisent aujourd'hui de préférence des méthodes d'observation. Bref, on s'éloigne de plus en plus du cinéma...

Il y avait aussi de quoi rebondir sur l'humour et l'ironie (innocente celle là) mais on est quand même hors sujet alors je réduis le "métrage". On peut imaginer que Louis Malle était là avant tout pour ses compétences techniques et que ce film est surtout le film de Cousteau. Il n'a pas beaucoup filmé de poiscailles par la suite le Louis...par contre un autre collabo, si (Lucien Lacombe :mrgreen: ).
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Re: Louis Malle (1932-1995)

Post by kiemavel »

bruce randylan wrote:
kiemavel wrote: Je me souviens d'un texte dithyrambique d'André Bazin notamment (ça peut se retrouver) dans lequel évidemment il ne fait aucunement mention de ce qui nous choque aujourd'hui. Donc oui, il faut quand même tenir compte du fait que ce film a 60 ans.
Je n'ai retrouvé qu'un court extrait :

"Il se pourrait que le rêve d'Icare ait commencé de se réaliser dans les océans. Le ciel était à nos pieds ; il commence à nous livrer ses merveilles"

Et le film, je l'ai justement vu en début de semaine. En effet, de nombreux passages font désormais grincer les dents : les poissons qu'on dynamite pour pouvoir recenser les espèces "vivantes" (!), la barrière de corail attaqué à coup de marteau, le massacre des requins, le rodéo sur les tortues (là, ils passent vraiment pour des beaufs) et la post-synchro p'tit nègre sur l'autochtone.

Par contre, là où j'ai trouvé le film intéressant, c'est que Louis Malle prend justement le parti de ne pas couper ces passages qui aurait pu facilement se retrouver dans la poubelles (les cadavres de poissons après la dynamite, le cachalot, c'est pas vraiment valorisant) d'autant que le commentaire souligne souvent les contradictions de leurs actes et leurs comportements irrationnels (le massacre des requins, sorte d'hystérie collective sur une terreur ancestrale).
C'est ce que j'ai trouvé réussi dans ce film, sa dimension Journal de Bord et une sorte d’exultation à découvrir tout ça. D'où d'ailleurs, cette post-synchro bande-dessinée. Louis Malle s'était senti comme les premiers astronautes.
Et c'était le cas en effet.

Donc, oui, il y a du malaise, mais c'est justement à prendre comme un document historique d'une époque.

Et des erreurs de ce type, il y a toujours : j'ai lu le mois dernier un article surréaliste où l'on apprenait que les gouvernements de nombreux pays dont la France, l'Italie et les US (conseillé par certains spécialistes) avaient balancé de vieux stocks de pneus dans les mers/océans en s’imaginant que les poissons allaient en faire des habitat et que ça aillait permettre à la flore de se greffer dessus. Et bien, curieusement, rien n'a marché... Et ça remonte à fin 80-début 90. :shock:
Aujourd'hui évidement, il y a des opérations pour nettoyer tout ça ! :lol:
Le style de Bazin, c'était une merveille. Je suis sûr d'avoir le texte entier mais pas trop le temps de chercher...
Je te suis dans les grandes lignes. En revanche, je ne suis pas sûr que le fait d'avoir laissé les séquences pas ragoûtantes, c'était par soucis d'honnêteté ou s'ils étaient inconscients du mal qu'ils faisaient…Et sur ce point là, je rejoindrais plutôt Dale. Il faudrait déjà savoir comment travaillait les deux cinéastes. Malle était très jeune ; j'ignore s'il connaissait le monde de la mer avant ce tournage mais à priori (sans aucune certitude) on peut penser que Cousteau, avant tout océanographe, a pu choisir les sujets à filmer…et que le jeune Louis Malle a été pris pour ses compétences techniques.
Dale Cooper
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Re: Louis Malle (1932-1995)

Post by Dale Cooper »

kiemavel wrote:Entre le moment ou j'ai repris ton message pour commencer à te répondre et maintenant ou je le reprends, tu as ajouté la petite phrase pas indispensable mais je fais comme si j'avais rien vu, OK…
Pour la remarque que les documentaires de Cousteau ne t'aient pas appris grand chose, je rebondissais sur la remarque de l'ignorance que je n'ai toujours pas vraiment comprise (de la filmo de Cousteau ? oui, mais ça ira :)), car le doc de Cousteau me rappelait mes cours d'anglais par une prof qui nous l'enseignait avec l'accent ch'ti. Jamais je me suis senti régresser autant dans un cours... Même les autochtones sont doublés, comme le rappelait Bruce. En soi je connais des Créoles français qui parlent "P'tit nègre" comme on dit, ça existe, mais dans le film, le doubleur n'est clairement pas Créole, encore moins des Seychelles. Plutôt embarrassant et instructif comme un cours d'anglais ch'ti, ce doc...
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Re: Louis Malle (1932-1995)

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Dale Cooper wrote:
kiemavel wrote:Entre le moment ou j'ai repris ton message pour commencer à te répondre et maintenant ou je le reprends, tu as ajouté la petite phrase pas indispensable mais je fais comme si j'avais rien vu, OK…
Pour la remarque que les documentaires de Cousteau ne t'aient pas appris grand chose, je rebondissais sur la remarque de l'ignorance que je n'ai toujours pas vraiment comprise (de la filmo de Cousteau ? oui, mais ça ira :))
Tu signalais toi même que c'était ton premier Cousteau et quand bien même je suis d'accord avec toi sur bien des points au sujet de ce film, je préfère le jugement bien plus modéré de bruce car même si je comprends l'indignation que tu as ressenti, je trouvais effectivement que tu tapais trop fort sur la foi de ce seul film qui n'est pas tout à fait le 1er de Cousteau mais qui a en tout cas précédé l'essentiel de sa contribution à l'étude des milieux marins et sous-marins, cad sa longue série de documentaires qui s'est étalée sur plusieurs dizaines d'année. Maintenant, que tu n'ai pas envie de poursuivre, je peux le comprendre car je ne suis moi même pas sûr d'y trouver un intérêt aujourd'hui.

Je n'avais presque pas répondu aux arguments ayant trait à la réception du travail de Cousteau par ses collègues…Que la valeur scientifique de ses expéditions ai été contestée, c'est indéniable mais après il faudrait étudier ça de plus près. Car si tu connais un domaine scientifique dans lequel aucun travaux ne sont contestés, tu me le signales…surtout s'agissant d'un homme ayant eu une position quasiment hégémonique sur son domaine d'étude auprès des médias et cela dans le monde entier. Cela dit, je l'avais d'ailleurs précisé dans une de mes 1ères interventions, il eut mieux fallu que Hans Haas ai le sens le sens de la publicité et des affaires de Cousteau car il aurait plaidé la cause avec plus de rigueur. Mais quand même, dans chaque épisode de l'Odyssée sous marine était embarqué des spécialistes de l'environnement qui allait être étudié et encore une fois, c'était souvent des pointures mais même ceux là ont forcément avancé -y compris par rapport aux connaissances de l'époque- des conneries ou des choses que d'autres scientifiques auraient pu contester. Qu'aujourd'hui 2 types de l'Ifremer…mettons (je dis ce qui me passe par la tête…) spécialistes du plancton trouvent que chez Cousteau, on en reste à des informations scientifiques pas assez pointues, OK c'est normal mais Cousteau s'est toujours présenté comme un vulgarisateur dont le but avoué était d'émerveiller le public (et il y est souvent parvenu sauf peut-être dans son film d'horreur Le monde du silence :mrgreen: ). Cousteau lui-même aurait été au niveau d'un "Stagiaire de musée" ; c'est amusant mais pour rappel c'était le premier film montrant un monde inconnu du grand public à l'époque alors Il y avait tant à montrer que cela peut expliquer le coté ras des pâquerettes du commentaire. Pour poursuivre l'exemple choisi ; pour le public de l'époque, c'était quoi le plancton ? Alors il était prématuré de faire appel à un spécialiste de biologie marine (il aurait plus manqué que Cousteau confie un échantillon de plancton sur une plaque de verre à un savant façon Chabat (la mouche qui pête). Bref…(Tu vas pas me dire que c'est à ça qu'ils t'ont fait penser les beaufs en short ? )
car le doc de Cousteau me rappelait mes cours d'anglais par une prof qui nous l'enseignait avec l'accent ch'ti. Jamais je me suis senti régresser autant dans un cours... Même les autochtones sont doublés, comme le rappelait Bruce. En soi je connais des Créoles français qui parlent "P'tit nègre" comme on dit, ça existe mais dans le film, le doubleur n'est clairement pas Créole, encore moins seychellois. Ça s'entend, et c'est gênant. Instructif comme un cours d'anglais ch'ti, ce doc...
C'est gênant et même un peu plus que pour la raison que tu relèves. Entièrement d'accord mais toujours pareil : c'est vu d'aujourd'hui. Il aurait fallu sous titrer les autochtones mais si ça te heurte, dans ce cas tu dois te boucher les oreilles à chaque fois que tu vois et entends un noir, par exemple chauffeur, domestique ou employé des chemins de fer dans les films américains d'avant les années 60…ça traduit peut-être des préjugés de Cousteau…ou pas et ça peut donc renvoyer pour le coup à ce qu'on a évité, cad les interrogations qui subsistent sur l'homme (ou plutôt le jeune homme) qu'il a été …

Je ne suis pas sûr que cet échange ai du beaucoup donner envie à ceux qui ne le connaitrait pas de le découvrir ce film :mrgreen: et pour être juste, c'est pas le film à monter à un gosse ou alors il faut lui montrer Les Dents de la mer avant, ce qui permet de mieux faire passer et même de justifier :shock: la séquence la plus atroce du film (sales bêtes…et ...pov'gosse)