Les Westerns 2ème partie

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés avant 1980.

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kiemavel
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Re: Les Westerns 2ème partie

Post by kiemavel »

Alexandre Angel wrote: 18 Aug 20, 00:32
kiemavel wrote:Je viens d'autre part de voir qu'il était dans Count Three and Pray (L'étreinte du destin) mais je ne le vois plus là dedans. Tu l'as vu cette fois, Alexandre ?
Oui, mais mal (après un repas arrosé c'est agréable 20 minutes puis c'est inopérant) : il faut que je remette le couvert.
Tel quel, j'ai trouvé intéressants ses moments un peu dépressifs post-sécessionnistes et j'adore Van Heflin, le meilleur Athos du cinéma.
Mais je dois le revoir.
A part ça, je confirme que Jean-François Giré ne me fait pas grimper aux rideaux.
J-F Giré, moi pas connaitre :wink:

Moi aussi j'adore Van Heflin ... Et Joanne Woodward. Le duo fait des étincelles ... Le reste bcp moins pour ma part.

J'annonce :wink: : The Younger Brothers de Edwin L. Marin. La réputation du film n'était pas immense - loin s'en faut - mais c'est encore plus médiocre qu'escompté.
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Re: The Younger Brothers

Post by kiemavel »

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Juste après la guerre civile, les frères Younger, Cole, Jim et Bob, tout juste libérés de prison, arrivent dans la ville de Cedar Creek dans le Minnesota pour y retrouver Johnny, le plus jeune des frères, et Mary, la fiancée de Jim. Ils comptent surtout y honorer les obligations liées à leur libération conditionnelle car, à condition de se tenir tranquille, ils devraient obtenir assez vite leur grâce et ainsi avoir le droit de quitter l'état, retourner chez eux au Missouri et s'y consacrer à l'agriculture. C'est sans compter sur Ryckman, un ex détective de l'agence Pinkerton et sur Kate Shepherd, la veuve du chef d'un gang de hors-la-loi, qui vont, chacun de leur coté, tout tenter pour voir replonger les Younger dans le crime…
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Dans cette production Warner en Technicolor (1), une fois de plus on nous contait les aventures très fortement hollywoodisées de bandits célèbres, ici les frères Younger. Après tout, l'histoire commençait à l'époque de leur libération de prison, survenue en réalité - pour les survivants - en 1902 (mais dans le film, on a plutôt l'impression d'être 20 à 30 ans avant), et on a donc affaire à des bandits bien assagis, mais là on a plutôt l'impression d'être dans une production Disney tant les Younger sont de braves types.

Des preuves ? Par exemple, lorsque contraints et forcés, les anciens pilleurs de trains et de banques, pour empêcher précisément le vol de la National Bank de River Rock par la bande de Miss Shepherd, finissent par enfreindre l'interdiction de porter des armes et en volent, ils sont devenus si honnêtes que lorsqu'ils dérobent les revolvers, notamment d'un shérif, ils laissent la somme correspondant à la valeur de leur vol dans l'étui vidé de son contenu en affichant tous le sourire niais et confiant des honnêtes hommes qui ne seront pas pris en défaut ...
… Pourtant, dans la séquence finale, Edwin L. Marin tente de nous tromper en cadrant l'espace d'un instant l'un des Younger en train de passer la corde au cou de leur pire ennemi … On y croit pas :o ... Et comme de juste, il nous montre finalement tous les méchants saucissonnés se débattant en rageant contre ces maudits frères Younger décidément espiègles.
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Certes, on a le droit de revisiter l'histoire, voire de prendre un angle gentillet car parfois l'essentiel est sauf : cela donne un bon film ... mais pas là. Non seulement les Younger se sont énormément calmés mais le casting d'endormis, tous mous, tous doux, semble avoir été délibérément choisi pour ce scénario et il colle parfaitement avec le projet de montrer les frères Younger comme des enfants de cœur. De plus, ils sont presque indiscernables les uns des autres tant ils sont «  impersonnalisés « . C'est surtout le cas des deux plus jeunes interprétés par James Brown (le futur lieutenant Rip Masters de Rintintin) et Robert Hutton. Mais Bruce Bennett (Jim) n'est pas beaucoup mieux puisqu'il est comme souvent absolument insipide et les courtes séquences avec sa petite amie Mary (Geraldine Brooks) sont sans intérêt si ce n'est qu'elles montrent un type de femme du genre, la bonne, celle qui s'inquiète encore – vu le contexte – pour les ex criminels qui éprouvent les pires difficultés à échapper à leur passé. Quant à Wayne Morris (Cole), la vedette masculine, c' était un grand et massif blondinet au visage poupin, une sorte de David Brian gentil, mais il affiche ici une telle niaiserie face à l'autre type de femmes, la bad girl, que c'en est presque gênant.
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Le rôle est interprété par Janis Paige (vêtue à la dernière mode de Paris et elle change de tenue 3 ou 4 fois). Si elle domine aisément la concurrence, c'est du aussi à ce rôle d'aventurière mieux servi par le scénario. Cette veuve d'un bandit a décidé de diriger le gang de son époux après sa disparition mais elle a besoin d'hommes d'expérience pour s'attaquer à des proies d'envergure. Or, la sainteté nouvelle des Younger contrarie ses projets et elle va tenter de jouer de son charme pour tenter Cole et obtenir le soutien de la fratrie … Mais même pour une telle femme, Cole ne veut rien savoir et ça, cette attitude de bourses molles, Kate elle ne le supporte pas … Si elle ne peut pas avoir les Younger avec elle, dans son lit, ou tenant fermement leurs armes bien dressées, et bien elle va tenter de les incriminer pour des actes qu'ils n'auront pas commis.

Ces manipulations diverses … isolées ou jointes à celle du second – et véritable – ennemi des Younger sont croquignolesques tant le récit est, d'un bout à l'autre, bourré d'invraisemblances que ce soit dans ses grandes lignes directrices ou bien dans de très nombreux détails à intérieur des scènes. Cela dit, c'est un film qui ne manque pas de péripéties, loin de là, mais il ne faut pas avoir dépassé les 10 ans pour marcher.
Le vieil ennemi des Younger est même assez cartoonesque. C'est donc Ryckman, un ancien détective de l'agence Pinkerton qui rend responsable les Younger de son renvoi (2) et de l'accident qui l'a rendu boiteux. Se sentant humilié, il va résolument tout tenter pour provoquer leur chute, quitte à les forcer à enfreindre la loi. Il représente l'homme de loi dévoyé, aveuglé par sa haine. Personnage intéressant en rappelant d'autres (J'ai pensé immédiatement à Bouquet dans Deux Hommes dans la ville) mais joué de manière bien trop forcée par Fred Clark (Tiens, encore un vilain chauve :wink: )
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En revanche, un personnage secondaire est très bien servi, à la fois par le scénario (c'est même le seul) et par son interprète (Alan Hale), c’est celui du shérif, pas couard, mais prudent et rusé, jamais pressé d'en découdre avec des gars dangereux. Alan Hale joue ça avec un réjouissant humour à froid.

Bilan … Bon, pour un film tourné en 30 ou 40 jours, le père Edwin L. Marin ne s'est pas foulé mais c'est surtout qu'il a tourné tel quel un scénario très paresseux. Sans la présence de deux de mes béguins de longues dates, j'aurais mis – et chez moi c'est rare – une note « jeremiesque « , genre 2,5/10. Mais pour la présence de Janis et Geraldine + les petits numéros assez savoureux de Alan Hale : 4,5


(1) Un Technicolor bien fatigué tel qu'on peut le voir sur le DVD Warner Archive sorti il y a quelques années. On a l'impression que la pellicule a été plongée dans du bleu de Méthylène tant l'image est sombre avec une dominante bleue nuit très prononcée

(2) Est ce une allusion aux véritables bavures commises par des agents de Pinkerton à l’encontre des Younger ? En effet, deux de leurs attaques sur le gang se sont soldées par des dommages collatéraux gênants : la mort de deux frères, l'un enfant, l'autre adolescent qui n'étaient pas membres du gang … et leur mère eu un bras arraché lors du siège de la ferme familiale. Je ne sais pas si à l'époque les Pinkerton avait un Gérald Darmanin pour les soutenir en tout et pour tout ?
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Janis Paige et Geraldine Brooks
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Jeremy Fox
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Re: Les Westerns 2ème partie

Post by Jeremy Fox »

Voilà ; mon niveau d'exigence est désormais tel que je ne peux plus regarder un film dans une copie aussi peu définie. A tel point que je pensais qu'il s'agissait d'un enregistrement TV et non un Warner Archive :o Mais sinon avis très intéressant avec une note non jeremiesque :mrgreen:
Nathan Brittles
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Re: Les Westerns 2ème partie

Post by Nathan Brittles »

j'adore ce topic avec tant de film qui sont de vrai découvertes pour moi!
kiemavel
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Re: Les Westerns 2ème partie

Post by kiemavel »

Nathan Brittles wrote: 26 Aug 20, 22:14 j'adore ce topic avec tant de film qui sont de vrai découvertes pour moi!
Moi aussi :wink:
Jeremy Fox wrote: 23 Aug 20, 19:49 Voilà ; mon niveau d'exigence est désormais tel que je ne peux plus regarder un film dans une copie aussi peu définie. A tel point que je pensais qu'il s'agissait d'un enregistrement TV et non un Warner Archive :o Mais sinon avis très intéressant avec une note non jeremiesque :mrgreen:
Si ma mémoire est bonne, ton niveau d'exigence a toujours été élevé, le mien nettement moins ... mais mine de rien :wink: il l'est devenu depuis que je me suis vraiment converti au B-R, cad avec un bon temps de retard quand même. Mais de temps en temps, quand un film me fait vraiment envie et que rien de mieux ne se profile, il peut encore arriver de zieuter des choses assez moches. J'avoue ! (en même temps, on en a la preuve plus haut :mrgreen: )
La note a effectivement seulement failli être " jeremiesque " J'ai terminé ma présentation là dessus car le jour de la rédaction, en me baladant sur le forum, je suis (re)tombé sur ton texte et ta note sur un certain western avec des basques bondissants armés de chistera qui s'en prenaient à des indiens assez déroutés par les pratiques guerrières de nos compatriotes :o :shock: . Enfin, compatriotes ... enfin, si, de plus en plus se considèrent comme au moins autant français que basques.
Cette note de 0, elle est presque impossible chez moi car j'aurais toujours quelques points à donner, y compris pour des motifs futiles: les jolies jambes d'unetelle :wink: ... ou justement pour le coté spectaculaire - même si grotesque - de séquences comme on peut en voir précisément dans le nanard de Russell Rouse. Mais il est bien nanardesque quand même, oui.
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Alexandre Angel
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Re: Les Westerns 2ème partie

Post by Alexandre Angel »

kiemavel wrote: 29 Aug 20, 20:19 Mais de temps en temps, quand un film me fait vraiment envie et que rien de mieux ne se profile, il peut encore arriver de zieuter des choses assez moches. J'avoue !
Les BR, c'est quand même vachement bien (beau progrès) mais je reste attaché à des copies pas folichonnes mais acceptables si il n'y a pas le choix à condition qu'elles expriment malgré tout une certaine vérité plastique non dénaturée du film. Et je vais, sans perversion aucune, y prendre le plaisir particulier de "deviner" ce à quoi pourrait ressembler le film si sa fraîcheur était intacte.Par exemple, je supporte assez bien les copies un peu cradingues de certains films d'Ulmer dans le coffret Bach Films.
Mais il y a des limites : l'horrible Sirk paru chez Elephant par exemple ou la première version sortie en dvd de Naissance d'une nation.
Les captures du western postées ci-dessus me font fuir à toutes jambes (la troisième où l'on voit l'actrice dans sa calèche est à peu près supportable, et la toute première éventuellement).
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Outlaw's Son (1957)

Post by kiemavel »

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Une seconde affiche assez racoleuse :
" C'mon Cowboy - Let' s See How Tough You Are Without That Gun Belt! " :mrgreen:
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Outlaw's Son de Lesley Selander. Produit par Bel-Air (Howard W. Koch et Aubrey Schenck) Distribution : U.A. (1957). Scénario de Richard Alan Simmons d'après le roman “Gambling Man” de Clifton Adams. Photographie de William Margulies. Musique de Les Baxter. Avec Dane Clark (Nate Blaine), Ben Cooper (Jeff Blaine), Ellen Drew (Ruth), Lori Nelson (Lila), Cecile Rogers (Amy), Charles Watts (Le Marshall Blessingham), Joseph Stafford (Jeff Blaine, enfant). Durée : 88 min - N&B

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Depuis la mort de sa mère dans un accident de cheval et le départ de son père alors qu'il n'était âgé que de quelques mois, Jeff Blaine, 12 ans, qui se croit orphelin, vit avec sa tante Ruth. Lorsque Nate Blaine, devenu un hors-la-loi recherché, revient se réfugier dans la ferme familiale et demande à voir son fils, il se heurte à l'hostilité de Ruth et même initialement à celle du jeune garçon qui rejette ce père inconnu mais père et fils finissent par très bien s'entendre au grand dam de Ruth. Cependant, des problèmes apparaissent quand le voisinage apprend le retour de Nate ce qui le conduit à envisager un départ. Quand un soir en ville, Nate croise Ruth et lui apprend qu'il part en emmenant Jeff avec lui, pour l'en empêcher, Ruth, témoin de l'attaque de la banque par d'anciens complices de Nate, prétend que ce dernier a participé au vol et tué le guichetier. Il est capturé et mis en prison mais parvient à s'échapper. 10 ans, plus tard, Jeff est devenu l'agent de sécurité zélé d'une compagnie de diligences...

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Dane Clark, épisode 4.
Le personnage central de Outlaw's Son est un jeune garçon - que l'on retrouve ensuite jeune adulte puisque 10 ans se passent entre la première partie et la seconde – confronté aux multiples problèmes et aux conséquences sur sa propre vie d'avoir pour père un célèbre hors-la-loi. Cette situation est abordée dans de multiples aspects, évidemment attendus pour peu que l'on ait un peu fréquenté le western de cette époque là, mais d'une part les scénaristes avaient créé des personnages principaux ayant une vraie épaisseur psychologique, tous servis par des comédiens d'une grande justesse (même si Ben Cooper n'était peut-être pas l'acteur idéal pour endosser le rôle de Jeff) ; avaient presque toujours trouvé à faire rentrer une part d'originalité dans les développements scénaristiques de leur histoire et il y avait aussi beaucoup de notations justes sur les conséquences de la situation sur la communauté et chaque personnage secondaire apportait vraiment à la dramaturgie :

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- Un shérif dont l'attitude avec Nate, qu'il connaît de longues dates, va être en perpétuel évolution vis à vis de lui, louvoyant entre ses obligations vis à vis de la communauté et sa volonté de ne pas accabler Nate puisque dans un premier temps il va même faire mine d'ignorer que Nate est un hors-la-loi recherché.
- Les ex complices du hors-la-loi jouent aussi un rôle crucial dans l'intrigue, tantôt aggravant la situation de Nate, de Jeff, ou des deux ; tantôt les servant (enfin, les servant … La confession d'un mourant apprend à Jeff que sa tante avait fourni un faux témoignage et que Nate n'avait pas pris part à l'attaque de jadis ; mais si cela permet de faire éclater la vérité, cela bouleverse tant le jeune homme qu'il …... (les petits points tiennent lieu de gros spoiler alert )
- Et même les deux filles qui flirtent avec Jeff ne sont pas des potiches. L'une est la blonde, prude et docile Amy, qui assiste son père à l'épicerie familiale, un père qui n'aime pas Jeff et la réputation qu'il traîne. L'autre est bien plus émancipée, c'est la brune Lila, beaucoup plus directe avec les hommes et qui dirige déjà son propre ranch dont elle a hérité de son père.

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Beaucoup de détails sonnaient justes :
- Les retrouvailles tout en retenue entre Nate et Ruth. Assez touchantes mais aussi ambivalentes car on sent, chez la vieille fille très bien campée par Ellen Drew dans un de ses derniers rôles, sa méfiance vis à vis de l'attirant Nate, méfiance qui se transforme assez vite en hostilité.
- Le rejet initial du jeune garçon et la manière -là aussi ambivalente- dont Nate séduit son fils et l'attire. Sans doute élevé avec une image du père très négative (ce n'est pas dit mais l'attitude de Ruth ne laisse guère de doute à ce sujet), l'attitude du jeune garçon évolue pourtant très vite et Selander nous prévient immédiatement, dès la séquence montrant le retour de Nate.
Lorsque sa tante dit au jeune garçon qu'un homme voudrait le voir, Selander cadre en gros plan le ceinturon et l'étui de revolver clinquant de Nate qui arrête le garçon dans son élan, semble même l'impressionner voire l'effrayer … mais c'est aussi probablement instantanément ou presque que va naître sa fascination des armes, attirance que surprend Nate un peu plus tard et dont il va se servir spontanément – sans réfléchir aux conséquences – en l'initiant au tir, ce qui bien sûr va effrayer Ruth.

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Plus tard, on peut discuter de l'attitude de Nate, pourtant innocent du crime dont on l'accuse, mais qui, pour préserver l'avenir de son fils, va s' effacer, non sans avoir tenté de dégoutter son fils de lui car après avoir assommé son gardien, Nate, aussi pour que le jeune garçon ne puisse pas être accusé d'avoir facilité son évasion, va flanquer à Jeff une claque monumentale avant de s'enfuir.
Cela ne change d'ailleurs rien au fait que 10 ans plus tard, Jeff « paye » toujours pour ce père encombrant et subit l'ostracisme d'une partie de la ville. Et pourtant il donne des preuves de son attachement au respect de la loi.Trop même … et même cela lui est reproché. Il faut dire que le jeune agent de sécurité de la Wells Fargo traîne une sale réputation puisqu'il lui arrive de tabasser les suspects, même seulement accusés d'avoir triché aux jeux. Pour donner des gages de confiance, il fait du zèle … La découverte de la vérité sur le vol de jadis va tout bouleverser ...

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S'il faut trouver au film un défaut, ce serait dans l'interprétation de Ben Cooper, peut-être un peu trop « jeune premier ». Il est très bon, notamment dans les séquences avec ces deux prétendantes et aussi en fils dévoué mais un peu trop »stable » pour incarner un tel personnage tourmenté et on a un peu de mal à l'accepter en « méchant » . Le final -qu'on peut trouver moralisateur- pourrait faire aussi un peu glousser. Mais pas moi... car je trouve que Outlaw's Son est surement un des tous meilleurs westerns de Lesley Selander et l'un des 30 meilleurs westerns restant à éditer. J'ai dit :wink: . Vu en vost.

PS : Durant cette année de me... nous n'avons pas seulement perdu 2 des dernières immenses stars du cinéma hollywoodien … mais aussi 2 des acteurs de ce film : Ben Cooper, en février et Lori Nelson, en août. Le temps est assassin ...

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Nathan Brittles
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Re: Les Westerns 2ème partie

Post by Nathan Brittles »

Le temps est assassin ...Et emporte avec lui les rires des enfants
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Jeremy Fox
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Re: Les Westerns 2ème partie

Post by Jeremy Fox »

Lesley Selander, l'un des réalisateurs dont j'aimerais découvrir plus profondément la filmo westernienne au vu des belles pépites déjà découvertes.
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Supfiction
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Re: Les Westerns 2ème partie

Post by Supfiction »

C’est encore Dane « la poisse » Clark (toujours se méfier des belles-soeurs !) mais dans ce western il est charismatique et même presque sympathique. Juste quelques remarques : La scène de l’aveu du gangster mourant à propos de l’attaque de la banque sonne un peu faux et un peu improbable, car personne ne lui demandait rien. Idem concernant les revirements brusques du fils (adulte), non seulement concernant son père (admettons) mais surtout concernant la loi. Il n’est pas long à passer du camp de la loi à celui des gangsters dès qu’il découvre l’innocence de son père. Effectivement Ben Cooper n’est pas très bon. Ceci explique peut-être cela.
tenia wrote: rien de bien nouveau
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Re: Les Westerns 2ème partie

Post by kiemavel »

Supfiction wrote: 7 Sep 20, 20:19 C’est encore Dane « la poisse » Clark (toujours se méfier des belles-soeurs !) mais dans ce western il est charismatique et même presque sympathique. Juste quelques remarques : La scène de l’aveu du gangster mourant à propos de l’attaque de la banque sonne un peu faux et un peu improbable, car personne ne lui demandait rien. Idem concernant les revirements brusques du fils (adulte), non seulement concernant son père (admettons) mais surtout concernant la loi. Il n’est pas long à passer du camp de la loi à celui des gangsters dès qu’il découvre l’innocence de son père. Effectivement Ben Cooper n’est pas très bon. Ceci explique peut-être cela.
On ne lui demande rien mais lui peut avoir eu envie, juste avant de se retrouver devant son créateur, de libérer sa conscience (Amen !) Il peut simplement avoir envie de rétablir la vérité sur le père du jeune homme, qu'il reconnait, et dont il doit penser qu'il a eu à souffrir de la situation. Même les bandits ont un cœur, tu sais :wink:

Quant à son passage dans l'autre camp (au passage, tu spoiles alors que je m'étais efforcé de ne pas aborder du tout cette dernière partie. Remarque, là je fais comme si on ne s'y attendait pas alors qu'on n'est pas vraiment surpris de la tournure des évènements).
Bon, son passage dans l'autre camp peut s'expliquer par le choc émotionnel. Certes, ce n'est pas le seul méfait commis par son père mais le braquage de la banque et le meurtre du caissier de Plainsville, c’est directement ce qui a pourri la vie de Jeff depuis 10 ans. Sans compter que c'est la seule personne sur qui il pensait compter, sa mère adoptive, qui a fait tourner court la tentative de reconstitution de la famille, au moins père et fils, alors qu' à partir du faux témoignage de Ruth, Nate Blaine a été obligé de reprendre sa vie de errant.

Toute la vie du gamin a changé à partir de là. Il y a de quoi disjoncter. Après, comme il le fait, pas forcément. L'idée - peut-être simplette - se tient un peu quand même : puisqu'on ne peut finalement compter sur personne (1) et puisqu'on me traite comme le fils de ... autant assumer cette hérédité (ce n'est jamais dit comme ça). Il est dans une démarche d'imitation autodestructrice.
Pour ma part, je ne vois pas d'invraisemblances mais peut-être des " facilités ", si tu veux. La seule chose qui ne va pas - et tu le dis - c'est quand même la petite erreur de casting concernant Ben Cooper (qui n'est pas mauvais du tout mais qui ne peut pas vraiment être crédible dans toutes les dimensions du personnage)

EDIT :
(1) La tante Ruth agit par amour du garçon mais elle lui pourri la vie même si rien ne dit que la vie avec Nate aurait été bien plus facile.
Pour revenir en arrière, l'attitude de Ruth est ambiguë... Elle est en total désaccord avec Nate sur les "méthodes éducatives", elle repousse ce qu'il représente et qui va à l'encontre - forcément - de son idée d'une vie respectable mais je crois qu'il est suggéré qu'elle est personnellement attirée par Nate, ou qu'elle le fut. En tout cas, son attitude - même concernant l’éducation du gosse - n'est pas totalement hostile et elle voudrait intégrer le père s'il se montrait durablement capable de s'amender... ça, c'est sans compter sur l'hostilité du voisinage causé par la réputation du bandit (et qui peut aussi se comprendre) ...

Je ne sais pas si tout se tient ...Il est possible qu'il y ait des "naïvetés " et que je baigne un peu trop dans les années 50 (ça c'est vrai) mais c'est quand même un western d'une grande richesse

EDIT :
Jeremy Fox wrote: 7 Sep 20, 18:31 Lesley Selander, l'un des réalisateurs dont j'aimerais découvrir plus profondément la filmo westernienne au vu des belles pépites déjà découvertes.
Apparemment, c'est surtout dans les années 50 qu'on trouverait ses meilleurs films. De ce que j'ai vu jusque là, parmi ceux non édités, deux se détachent : Outlaw's Son et War Paint.
Pas sûr que le premier te plaise avec son coté film noir mais le second, probablement.

Le dernier que j'ai vu n'est pas mauvais mais c'est un ou deux étages en dessous :
Revolt at Fort Laramie (Le fort de la révolte) de 1957 avec un casting All Stars (la tête d'affiche, c'est John Dehner :wink: ), des cavaliers bleus et des plumes.
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Re: Les Westerns 2ème partie

Post by kiemavel »

Alexandre Angel wrote: 29 Aug 20, 22:26
kiemavel wrote: 29 Aug 20, 20:19 Mais de temps en temps, quand un film me fait vraiment envie et que rien de mieux ne se profile, il peut encore arriver de zieuter des choses assez moches. J'avoue !
Les BR, c'est quand même vachement bien (beau progrès) mais je reste attaché à des copies pas folichonnes mais acceptables si il n'y a pas le choix à condition qu'elles expriment malgré tout une certaine vérité plastique non dénaturée du film. Et je vais, sans perversion aucune, y prendre le plaisir particulier de "deviner" ce à quoi pourrait ressembler le film si sa fraîcheur était intacte.Par exemple, je supporte assez bien les copies un peu cradingues de certains films d'Ulmer dans le coffret Bach Films
La remarque sur les films du coffret Ulmer est bien vue. En exagérant à peine, je serais presque gêné que reparaisse dans une édition parfaite un film cradingue avec ses personnages bien glauques comme Detour, film culte, s'il en est.
Je viens de revoir dans une copie sublime un autre film noir, moins célèbre mais culte aussi pour les fans - surtout aux USA car il est très peu connu en France - qui possède lui aussi ses bizarreries baroques et ses personnages glauques. Et bien le film photographié par Frank/Franz Planer et revu dans une copie qui rend enfin justice à son superbe travail est devenu presque trop beau :wink:
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Stranger at My Door - L'inconnu du ranch

Post by kiemavel »

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Stranger at My Door (L'inconnu du ranch) de William Witney, sur un scénario de Barry Shipman. Produit par Sidney Picker pour Republic Pictures (1957). Directeur de la photographie : Bud Thackery. Musique : R. Dale Butts
Avec Macdonald Carey (Hollis Jarret), Patricia Medina (Peg Jarret), Skip Homeier (Clay Anderson), Stephen Woottoon (Dodie Jarret), Louis Jean Heydt (le shérif John tatum), Slim Pickens (Ben). Durée : 85 min - N&B

Après avoir pillé la banque et semé la panique dans la ville de West Bridge en s'enfuyant, le célèbre hors-la-loi Clay Anderson et son gang s'échappent puis se séparent, prévoyant de se retrouver plus tard à Kansas City. Mais sitôt qu'il se retrouve seul, Clay s'aperçoit que son cheval ne peut plus galoper. Il rencontre alors Dodie, un jeune garçon qui jouait avec son chien près de la ferme familiale, à qui il demande la permission d'y soigner son cheval. C'est là que Clay fait la rencontre de la nouvelle belle mère de Dodie qui l’attire immédiatement ce qui trouble la jeune femme qui sent le désir du jeune homme. Quand Hollis, son époux - un pasteur occupé à construire une nouvelle église – revient il comprend très vite à qui il a affaire et tente de remettre Clay dans le droit chemin .. 


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Stranger at my Door était parait-il le western préféré de William Witney, et c'est accessoirement aussi celui que je préfère dans sa filmographie, quand bien même le sujet pourrait faire peur car si l'on se fie à mon court préambule on pourrait penser que ce film se résume à une grossière fable religieuse sur la rédemption d'un mécréant. Elle y est bien, la fable, et pas qu'un peu, mais il serait criminel de butter là dessus comme le premier bouffeur de curés venu refusant par principe de rentrer dans une église quand bien même elle renfermerait des trésors architecturaux rares (1). Or, ce western est une petite pépite pour qui n'a rien contre, en vrac : le N&B dans un film «  en extérieur » pourtant tardif, les westerns peu mouvementés, comportant peu de personnages et dont les 4 principaux évoluent dans un quasi huit-clos, l’adjonction d'un soupçon de film noir et donc d'un message chrétien sincère mais superficiel et ambigu car, d'une certaine manière, même s'il gagne le combat du bien contre le mal, le pasteur, malgré les apparences, n'y gagne pas le bonheur.
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Il ne faut pas non plus se fier au casting de seconds couteaux ... Skip Homeier avait obtenu là le rôle le plus complet de sa carrière et il y est remarquable. Se sachant poursuivi et contraint par sa monture à rester proche du lieu de son forfait, il a trouvé refuge au sein d'un famille isolée, vivant au pied d'une église en construction mais il se montre pourtant inquiet, toujours sur le qui vive, et par là même inquiétant et dangereux. Rarement d'ailleurs aura-t-on vu de manière aussi explicite la peur du hors-la-loi, probablement tueur, en permanence aux aguets et effrayé par le moindre mouvement, le moindre bruit, ou bien une apparition soudaine, que la personne représente un danger ou pas (il manque d'abord de tirer sur l'enfant, puis sur Hollis et enfin sur le shérif qui, ignorant qui il est, ne représente pas une menace immédiate). Cette peur, c'est d'ailleurs la faille qui sera la mieux exploitée par le pasteur ...
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Mais c'est aussi – et on a rarement donné l'occasion à Homeier de jouer ça - un grand charmeur qui par son attitude changeante, probablement influencée par l'évolution très progressive de sa relation avec Hollis - qui va aller de la défiance à l'ironie, passer par une écoute attentive et respectueuse et se terminer peut-être par de l'admiration - va provoquer toutes les émotions imaginables chez la trop jeune femme du pasteur sans doute insatisfaite de son mariage. Il va vraiment souffler le chaud et le froid avec elle … Dans un premier temps, on pense même qu'il va finir par la forcer ou essayer de le faire ; puis il ne va pas la lâcher du regard sans rien tenter car il est évident que Clay n'exploite pas pleinement l'effet qu'il fait sur la femme de son hôte, lui disant simplement qu'il voit bien que son couple ne fonctionne pas mais attendant qu'elle vienne à lui … Puis, inconscient de ce qu'il produit chez elle ou bien devenu plus respectueux du mari, il va en passer par une forme d'ironie quand occasionnellement il va sentir le trouble de la jeune femme incertaine d'elle même et qui va même vouloir fuir le foyer …
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Patricia Medina (Peg) est elle aussi formidable et sait très bien traduire toutes ses émotions, sa crainte, son désir et sait donner une profondeur ambivalente à son rôle. Rien ne dit que la relation avec le mari est platonique mais on le suppose et si on la sent travaillé par son désir, elle est aussi admirative de son époux. Sans aller jusqu'aux excès extravagants dans l'expression du désir de certains de ses confrères westerniens (que l'on aime aussi), Witney nous concocte pourtant une séquence très forte quand Peg va aller, paniquée, jusqu'à s'enfermer dans sa chambre, non plus par peur de son désir à lui … mais du sien et c'est soulagée qu'elle va tomber dans les bras du rassurant vieux shérif qui passait par leur ferme toujours à la recherche du fugitif.
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Avec l'enfant aussi, la relation va être riche. Au début, parce que l'enfant se montre d'emblée content de voir une nouvelle tête, jeune et ayant, à priori, une personnalité moins barbante que celle de son père pasteur, on se demande si Clay ne va pas vouloir se servir de lui, pourquoi pas comme rempart ou au moins s'en servir pour s'imposer auprès de la famille. Il n'en est rien et une certaine complicité naît entre eux. Cette relation permet de faire aussi passer une forme d'ironie car, ignorant la véritable identité de Clay, le gamin, évidemment mis au courant du vol de la banque et des autres exploits que l'on attribut au bandit, va exprimer toute son admiration pour un homme comme lui dont la vie aventureuse le fait rêver. Tout ceci se passant évidement devant le bandit circonspect et suscitant un commentaire plein d'ironie de la part du pasteur se désolant que son éducation ait pu conduire son fils à exprimer de telles ambitions.
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Par la suite, deux personnages secondaires ont leur importance dans les développements de l'histoire :
L'éleveur de chevaux interprété par Slim Pickens. Mais c’est surtout le cheval qu'il vend au pasteur qui tient en réalité un rôle important puisqu'il est de plusieurs séquences et permet au metteur en scène de filer une métaphore complexe et très habilement filée. Le cheval s'avère en effet plus que capricieux : c’est un cheval mal dressé, pas montable et dangereux. Si Hollis, en bon pasteur, veut prouver que toute créature sauvage peut devenir docile ; Clay affirme, lui, que si on laisse une telle créature au milieu d'un troupeau, elle pervertit tout le groupe et qu'il convient donc d’abattre la bête avant qu'elle ne tue quelqu'un. En gros, Clay c’est un criminel favorable à la peine de mort ! Je vous laisse deviner qui maîtrisera finalement la bête … non sans que Peg ait voulu à un moment donné la/le tuer," par procuration".
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Le second personnage secondaire, réellement important celui là, c’est le shérif interprété par Louis Jean Heydt …. mais je ne dirais rien de plus, même sous la torture.
On peut penser que l'auteur du scénario avait aimé Duel au soleil, L'homme des vallées perdues et Mon curé chez … (non, c’est pas là) mais il a bien retenu la leçon car Stranger At my Door est un excellent western, un des 25 plus importants restant à éditer et j'exprime mon plus profond dédain pour ceux qui estiment que c'est juste une histoire pour grenouilles de bénitier :wink:
Vu en vost.
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(1) A propos de trésors architecturaux, je vous invite à découvrir (V'là qu'il nous fait le guide touristique maintenant :mrgreen: ) la cathédrale d'Autun, ses chapiteaux, et son tympan roman signé, qui sont de purs chefs d’œuvre … et puis, accessoirement, juste à coté, le visiteur trouvera un bouquiniste bien pourvu en bouquins de cinoche. Il connaissait, déjà avant son décès, le – ou un fils – de Claude-Jean Philippe et a acheté tout ou partie de sa collection personnelle (au moins un camion de bouquins est ainsi arrivé à Autun), collection qu'il vend progressivement. Il y a un an, je suis sorti de chez lui bourse vide et panier plein. Il parait que parmi les dernières paroles prononcées par CJP, il aurait exprimé le regret de ne pas avoir pu faire encore plus pour faire aimer le cinéma, affirmant qu'il y avait encore tant de films qu'il aurait aimé présenter. Il n’est plus et c'est à nous de prendre le relai (par contre, pour ma part je n’organise pas encore de projection publique ... mais je veux bien encore partager les bons plans éventuels en mp, genre société secrète)
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Last edited by kiemavel on 16 Sep 20, 10:35, edited 1 time in total.
Chip
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Re: Les Westerns 2ème partie

Post by Chip »

Avis partagé. Le meilleur film de Witney et le meilleur rôle de Skip Homeier (avec le Roxey Davis de " Cry vengeance ") :wink:
kiemavel
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Stagecoach to Dancers' Rock - Earl Bellamy

Post by kiemavel »

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Stagecoach to Dancers' Rock Produit et réalisé par Earl Bellamy. Maison de production : Gray-Mac Productions. Distribution : Universal. Scénario de Keneth Darling. Directeur de la photographie : Eddie Fitzgerald. Musique : Franz Steininger
avec Warren Stevens (Jess Dollard), Martin Landau (Dade Coleman), Jody Lawrance (Ann Thompson), Don Wilbanks (Le Major Southern), Dell Moore (Hiram Best), Judy Dan (Loy Yan Wu)

Après un bref arrêt à Tombstone, une diligence reprend sa route vers Fort Yuma avec à son bord 5 passagers, 2 femmes et 3 hommes aux profils très hétéroclites. A l’arrêt suivant, monte à bord un cow-boy silencieux et taciturne qui est en fait un hors-la-loi dont le complice doit intercepter la diligence un peu plus loin. Mais en cours de route, une des deux passagères, une jeune femme d'origine chinoise, tombe malade et bientôt des boutons apparaissent sur son visage. Malgré les propos rassurant de l'autre femme, un futur médecin, une partie du groupe soupçonne la fille d'avoir la variole. C'est cette menace de la maladie qui fait hésiter le complice du voleur voyageant incognito et qui ne se démasque pas durant la tentative de vol de son ami, laquelle se termine en fiasco. Bientôt, profitant d'une nouvelle pose, le conducteur et le garde de la compagnie de diligence redémarrent par surprise, abandonnant les passagers au milieu du désert à l'exception de celui qui sommeillait à l'intérieur...
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Le scénario de cette toute petite production tournée en 7 jours avait déjà bien servi en 1962, et pourtant, même dans la première partie, le scénariste avait réussi à innover un peu à partir d'une trame générale éculée. Et pourtant, on a déjà vu :

La diligence transportant des passagers aux profils prémédités afin de favoriser les attirances et les oppositions. Puis le fait qu'ils soient ensuite livrés à eux mêmes dans un milieu inhospitalier …
… cet environnement hostile, lui même, avec des périls de différentes natures :
D'abord les Apaches, dont la diligence s’apprête à traverser le territoire et dont on entend beaucoup parler dès le démarrage à Tombstone. Par la suite, on voit bien les dégâts qu'ils peuvent causer (au cours de leur errance piétonne dans le désert, les rescapés tombent sur la diligence des fuyards qui ont été massacrés) et on va voir leurs signaux de fumée, les traces de leur passage … mais au final, on ne les verra jamais à l'écran.

Ensuite, de manière moins habituelle, en raison du rôle joué par le personnel de la compagnie de diligence, deux abrutis racistes et bien lourdingues (le conducteur se promet de se faire la blonde avant la fin du parcours … et il est d'une séquence superbement dialoguée quand, en présence de l’apprentie médecin, lui et celui qu'il prend à juste titre pour son rival, tentent de confronter leur techniques de séduction, le lourdaud et le "raffiné " étaient chacun à leur tour finalement ironiquement repoussés)

Puis, à partir de l'abandon au milieu du désert, le plus attendu chemin de croix : la soif, la faim, la tempête de sable, l'épuisement ... La solidarité des uns, l’égoïsme et l'individualisme d'un autre ; la lutte pour la survie quoi et peut-être même la folie induite … Là, rien de neuf … s'il n'y avait à partir de là, l'interprétation exceptionnelle de Martin Landau, j'y reviendrai.

Et enfin celui représenté par le pistolero et son complice … Une fausse piste, en quelque sorte, puisque le rusé scénariste sut fort bien tirer parti de ce personnage surprenant - très bien campé par Warren Stevens – dont l'attitude va croiser celle de l' ironique joueur professionnel (joué par un sensationnel Martin Landau. Oui, je « redonde ») qui est pourtant, malgré sa complexité et ses sourires déjà inquiétants, d'abord plutôt un personnage positif.
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Présentation sommaire des personnages très (trop ?) typés :
Loi Yan Wu : une jeune femme d'origine chinoise, bibliothécaire à San Francisco
Ann Thompson : féru de médecine mais qui est seulement en passe d'intégrer l'Université de San Francisco afin d'y commencer ses études.
Hiram Best : un agent des affaires indiennes râleur, raciste et sexiste
John Southern : un major de la cavalerie qui est en route pour sa première affectation dans l'ouest, à Fort Laramie
Dade Coleman : un joueur tout juste libéré de la prison de Tombstone après y avoir séjourné pour avoir été pris en train de tricher
et donc, au premier arrêt, vient se joindre aux passagers, le hors-la-loi Jess Dollard, le bandit complexe et scrupuleux.
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Alors que souvent, lorsque deux femmes sont en présence en pareille situation, elles sont en opposition. A la lecture de ces courts portraits, on comprendra qu'ici ce n’est pas le cas : une malade … et une apprentie médecin, elles sont faites pour se rapprocher … pas trop quand même car c’est contagieux (et la distanciation sociale, bord...) mais il y a du mère Teresa en puissance chez la belle blonde et elle ne lâche pas sa malade aux yeux bridés … laquelle a donc deux « bonnes » raisons d'être détestée par une partie de l'équipage et des passagers : ses origines et sa tête non conforme … puis sa maladie contagieuse dont les confiants disent que c’est la scarlatine ; les méfiants et les hystériques croyant y voir les signes de la Smallpox (la variole)
Je ne rentre pas dans les détails mais le scénariste n'exploite pas tout le potentiel de cette situation et de ces personnages dont l’opposition reste assez schématique ou parfois trop artificiellement spectaculaire en raison de l'interprétation trop voyante de l'acteur jouant le plus raciste et sexiste des personnages, évidemment l'agent des affaires indiennes ... mais c'est aussi probablement que Bellamy savait qu'il avait une seconde partie très forte.
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Elle démarre avec la longue marche à travers le désert où rien de révolutionnaire ne se passe mais c’est un passage où Bellamy ou ses assistants avaient bien repéré les lieux de tournage et où le chef opérateur avait particulièrement soigné ses cadres car cette traversée du désert, si elle est sans surprise, est visuellement superbe.
Épuisés par la longue marche à travers le désert, les rescapés retombent sur la diligence avec ses occupants massacrés et les chevaux envolés. Si jusque là, malgré quelques thématiques sortants un peu de l'ordinaire (racisme anti chinois, maladie contagieuse …), on était globalement en terrain connu, à partir de là, rien que pour la prestation de Martin Landau, il faudrait voir le film ...Jusque là, le joueur -réputé tricheur- ironique et provocateur, se moquant des racistes, des imbéciles et des incultes (surtout l’agent aux affaires indiennes et les deux employés de la compagnie de diligences) mais visiblement éduqué, beau parleur, raisonneur et s'exprimant en employant des aphorismes poétiques s'était montré un personnage positif, le seul prenant de manière virulente position en faveur de la chinoise (ses autres appuis, le Major et l'apprentie médecin étant trop « tendres » et pas de taille à luter contre les autres) mais l'épreuve du désert va faire apparaître la noirceur profonde du personnage. On ne sait si c'est un monstre qui cachait sa nature profonde sous un vernis séduisant ; s'il est rendu fou par les épreuves ; s'il est atteint par la maladie à son tour, mais en tout cas, Martin Landau campait là un des plus surprenants et diaboliques salauds de toute l'histoire du genre. Halte aux superlatifs, me dira-t-on ... Non, non, je maintiens mais n'en dis pas plus sinon que la séquence finale est sidérante.
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Pour le coup, sans trop chercher, on peut trouver quelques défauts, à commencer par quelques interprètes pas au niveau de leurs camarades : Del Moore (Best) est un peu trop voyant tandis que c'est le contraire pour Judy Dan (la chinoise) et Don Wilbanks (le Major) et d'ailleurs entre les deux une dragouille timide et terne s'amorce assez vite mais c’est pour "l'instant romance" quasiment obligé mais Bellamy n'insiste nullement.
Ensuite, la musique. Celle du générique de début - que l'on entend une deuxième fois - semble avoir 10 ans de retard. Celle du générique de fin est si douce et guillerette que c'en est incongru en raison de ce qui précède. Et c'est à peu près tout ce que je vois. Par contre, je vois la note sur IMDB et je ne comprend pas mais pour autant je n'ai pas envie de lire le gars qui met un 2 ou même un 4 à un tel film. Je méprise :wink: Vu ' à peu près ' en vost (un grand merci à Chip qui m'a orienté sur ce film qui avait échappé jusque là à mon radar :wink: )
Martin Landau avait l'un des sourires les plus flippant qui soit. ici, il a un serpent à sonnette à vous donner
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ici , en mode Javier Bardem
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Final (spoiler photographique)
Spoiler (cliquez pour afficher)
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