Les Westerns 2ème partie

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés avant 1980.

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kiemavel
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Re: Les Westerns 2ème partie

Post by kiemavel »

Ruth, très grièvement blessée, se tortille sur sa paillasse ... à entendre ses râles et en voyant la couverture se soulever spectaculairement à chacune de ses profondes respirations, on souffre avec elle. Mais c'est bon.

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Re: Massacre - Louis King (1956)

Post by kiemavel »

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A la recherche de Miguel Chávez, soupçonné de se livrer au trafic d'armes avec les indiens Yaqui, la patrouille de rurales mexicains conduite par le capitaine Ramón arrive au poste de traite de Chavez et y trouve sa femme Angélica, laquelle nie les accusations visant son mari. Bientôt, un petit groupe de Yaquis arrive à son tour et accuse les Chavez de leur avoir vendu des médicaments toxiques ayant rendus aveugles plusieurs membres de la tribu. Au poste, Ramon trouve bien une cache avec ces médicaments et, n'accordant plus aucun crédit aux propos d'Angelica, d'autant plus que les fusils en possession des Yaquis et les traces de chariots lourdement chargés trouvés à proximité du poste de traite semblent confirmer ses soupçons, il autorise les Yaquis à brûler le poste et force la jeune femme à accompagner la patrouille à la recherche de son époux …
Dane Clark, épisode 3
Massacre, western américano-mexicain, était la dernière production de Robert L. Lippert, Jr. (le fils de, qui fut bien moins prolifique que Robert Sr.), dirigée par un petit spécialiste du western, Louis King, dont c'était aussi le dernier film réalisé pour le cinéma et qui n'y a jamais fait d'étincelles, mais il était écrit par un trio très capable : Fred Freiberger et William Tunberg, pour l'histoire, et D.D. Beauchamp, pour le scénario … Mais on ne peut pas dire qu'ils se soient beaucoup creusés les méninges pour celui ci même si par ailleurs le film possède bien quelques attraits.

Ils avaient fait du personnage central, Angelica (Martha Roth), une intéressante garce comme on en rencontre plus souvent dans le film noir. L'épouse du trafiquant d'armes tentait de diviser la troupe de fédéraux par différents stratagèmes : en tentant de semer le doute sur les intentions de Juan Pedro (Jaime Fernandez), le pourtant loyal éclaireur « prêté » par le chef Yaqui rencontré au comptoir de traite et chargé de les guider vers les dits trafiquants, créant donc de premières dissensions entre Ramon (Dane Clark) et son second Ezparza (James Craig). Et surtout en séduisant ce dernier, lui promettant, en plus de ses faveurs, de faire main basse sur le pactole accumulé par son époux. Pour elle, il tue un de ses hommes, s'enfuit en sa compagnie … mais recule finalement, et ça, les indécis, les faibles, les cojones molassssson, Angelica, elle ne les aime pas ! (la scène où elle lâche – ou plutôt écarte radicalement le « mou » de son chemin - est plutôt sympa)
L'actrice Martha Roth (née italienne mais qui fit toute sa carrière au Mexique), très expressive (trop ?), en faisait beaucoup et la rage inscrite parfois sur son visage, de même que ce visage lui même assez particulier, faisait d'elle une sorte de Mercedes McCambridge méditerranéenne. Par contre, d’aucuns pourraient peut-être trouver qu'elle manquait de charme pour faire ainsi tourner les têtes mais au moins, avec son personnage, les auteurs avaient crée un personnage doté d'une certaine épaisseur, même s'il était mauvais à outrance, ce qui n'était moins le cas avec les deux principaux personnages masculins, tout deux assez mal caractérisés et interprétés mollement par James Craig, et de manière plus surprenante par un Dane Clark, plus effacé que de coutume. Pour lui.

L'affrontement entre les deux hommes, l'un aveuglé par Angelica, l'autre ayant compris son manège et ne la lâchant pas du regard donne tout de même quelques bonnes petites scènes bien dialoguées rendant compte des tensions entre les deux hommes et une petite péripétie (Ramon sauve la vie de son second), trouve son prolongement plus tard puisque c'est sans doute la raison pour laquelle Ezparza refuse d'obéir jusqu'au bout à Angelica. On retrouve le Dane Clark que l'on connaît ça et là dans des accès de violence ou dans les dialogues acerbes qu'il échange avec Angelica mais il reste en retrait par rapport à ce que l'on connaît de lui dans ses meilleurs jours.
D'autre part, dans ses développements le film s'avère assez avare en péripéties, semblant réserver les séquences d'action d'envergure pour le bouquet final (il est vrai, bref, sans doute trop, mais assez spectaculaire). Entre temps, on voit néanmoins de petites choses : le différent entre l'éclaireur indien et Ezparza est clos à la suite d'un bon duel au couteau arbitré par Ramon … et des anicroches retardent la patrouille dans sa tentative d'empêcher la livraison d'armes aux Yaquis en guerre.

Mais la plupart des violences sont commises à contretemps par rapport à la marche de la patrouille. Parfois, celle ci arrive trop tard : les trafiquants d'armes attaquent et massacrent les renforts du Lt. Sandival sur lesquels comptait Ramon ... mais hors champ donc, et Ramon ne peut que ramasser le cadavre de son collègue. Plus tard, elle arrive en fin de bataille et en trop petit nombre pour empêcher le massacre des trafiquants d'armes à leur tour attaqués par les Yaquis … mais on a le temps de recueillir les derniers mots d'un homme qui révèle le lieu où se cachent Chavez et les survivants de sa bande de trafiquants.
C'est le lieu où se termine le récit, dans les ruines d'un fort espagnol puisque c'est entre ses pans de murs en partie effondrés que se cache Chavez et ses derniers hommes. C'est là que les deux camps se rejoignent à la suite d'un coup de force -ou de bluff- de Ramon qui en chemin s'est endurci. Mais la tentative d'alliance entre soldats et trafiquants sera vaine, les époux se montrant jusqu'au bout irrécupérables. Même si une fois de plus, les auteurs ont aussi cédé à la routine (le rachat du bon soldat qui s'était montré faible et fautif), ils ont tout de même eu l'audace de clôturer le film de manière très noire par une bonne séquence spectaculaire, qui bien que filmée de manière assez brouillonne, ne manque pas de force et qui offre un final – au moins - sans concessions (y compris, pour l'image finale de l'éclaireur Yaqui, finalement indifférent au sort des blancs qu'il avait guidé et qui se prépare tranquillement un repas tandis qu’ils sont massacrés)
Quelques qualités et aspects originaux : Ce final. Un bon personnage de femme. Les paysages verdoyants, très boisés, inhabituels et superbes du Mexique (film tourné intégralement à Mexico City et dans la région de Cuernavaca ), bien mis en valeur par Louis King et son chef op. En revanche, le procédé Anscolor a mal vieilli donnant une image rougeâtre marronnasse très prononcée … La distribution mexicaine, et donc des personnages basanés montrés sans condescendance au cours de scènes de bivouacs agréables où notamment les chansons mexicaines offrent une variante aux scènes comparables du western 100 % américain (à l'exception du trio vedette, Clark, Craig, Roth, les deux premiers ne jurant pas trop avec un sombrero sur le crane, la plupart des techniciens et comédiens étaient mexicains). Par contre, Louis King, comme metteur en scène, était très loin d'avoir le talent de son illustre frère. Mais le fait est connu … tout comme sont connus les risques du métier de trafiquant d'armes dans lequel on ne vit guère plus vieux que chez les chasseurs de prime et les pilleurs de banque. Mais ce n'est que justice car : Bien mal Yaqui ne profite jamais (même pas honte, non). Vu en vost

Massacre :arrow:
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Alexandre Angel
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Re: Les Westerns 2ème partie

Post by Alexandre Angel »

kiemavel wrote:Bien mal Yaqui ne profite jamais
...et Pawnee soit qui mal y pense
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Re: Les Westerns 2ème partie

Post by Chip »

Peu de chance de le voir en dvd zone 2 français... le film est sorti chez VCI Entertainment (Kit Parker-films) en 2009, le dvd contient 2 galettes avec ces titres:
- Massacre
- Shotgun
- Three desperate men
- Ouylaw women
- Deputy marshal
- Four fast gun
en bonus, interview de Robert Lippert,jr
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Supfiction
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Re: Les Westerns 2ème partie

Post by Supfiction »

Alexandre Angel wrote:
kiemavel wrote:Bien mal Yaqui ne profite jamais
...et Pawnee soit qui mal y pense
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tenia wrote: rien de bien nouveau
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Re: Les Westerns 2ème partie

Post by kiemavel »

Ah ben voilà, tu te décarcasses et tout ce qu'ils retiennent c'est les c....eries
C'est p'tet de ma faute, remarque :mrgreen:
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Alexandre Angel
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Re: Les Westerns 2ème partie

Post by Alexandre Angel »

kiemavel wrote:Ah ben voilà, tu te décarcasses et tout ce qu'ils retiennent c'est les c....eries
C'est p'tet de ma faute, remarque :mrgreen:
Mais non, je t'ai lu et tu m'as donné envie de voir Massacre, qui avait été annoncé il y a quelques années comme devant paraître chez Sidonis. On l'attend encore...
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Re: Les Westerns 2ème partie

Post by kiemavel »

Elles m'ont évidemment fait sourire vos réactions.
Pour la sortie annoncée puis repoussée sans date, oui, et c'est pas mal, Massacre, mais je crois qu'il y a mieux dans la flmo de Dane Clark. Avant même de poster la dernière présentation, celle de Outlaw's Son de Lesley Selander, pour donner une idée de ma hiérarchie, je dirais :

Fort Defiance (Le fort de la vengeance) de John Rawlins 7,5
Barricade de Peter Godfrey 7
Outlaw's Son de Lesley Selander 6,5
Massacre de Louis King 6

C'est assez haut et serré, ce qui veut dire qu'une re-viste pourrait presque bouleverser le classement … et surtout, que tout est très regardable.
A propos de regardable, toujours pas vu : Thunder Pass de Frank McDonald (1954)… et ses seconds rôles attirants : Raymond Burr, John Carradine et Andy Devine
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Re: Seven Angry Men

Post by kiemavel »

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Seven Angry Men … d'après une histoire et un scénario de Daniel B. Ullman, réalisé par Charles Marquis Warren, produit par Vincent M. Fennelly pour Allied Artists. Directeur de la photographie : Ellsworth Fredericks. Musique : Carl Brandt. U.S.A. 1955

Avec Raymond Massey (John Brown), Jeffrey Hunter (Owen Brown), Debra Paget (Elizabeth Clark), Larry Pennell (Oliver Brown), Leo Gordon (Martin White), John Smith (Frederick Brown), James Best (Jason Brown), Dennis Weaver (John Brown, Jr.), Guy Williams (Salmon Brown)

En 1856, alors que des élections sont programmées afin de déterminer la position de l'état du Kansas nouvellement ouvert aux colons au sujet de l'esclavage, pour y défendre l'abolition, John Brown, ses fils, et un groupe de colons tentent de s'implanter à proximité de la petite ville de Lawrence malgré l’hostilité des fermiers ségrégationnistes menés par Martin White qui donnent 48 h à Brown pour quitter le campement. Mais c'est la ville qu'ils commencent par saccager parce que ses habitants soutenaient Brown. En représailles, ce dernier ordonne à ses partisans de capturer et exécuter 5 des auteurs du carnage. Après avoir repoussé les assauts de White, et malgré la victoire de son camp lors des élections, le combat de Brown ne s'arrête pas là et il planifie bientôt en secret une autre opération spectaculaire en Virginie, rêvant d'y provoquer le soulèvement des esclaves …
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Les 7 hommes en colère du titre, ce sont donc John Brown et ses 6 fils, tous plus ou moins embrigadés dans les opérations orchestrées par leur père qui va tenter d’obtenir l'abolition de l'esclavage ou de provoquer la révolte des esclaves sur différents points du territoire américain par – en particulier – les deux coups de force authentiques relatés ici, ces événements s'étant déroulés en 1856 (la période du Bleeding Kansas et le massacre de Pottawatomie) et en 1859 (l'attaque sur l'arsenal fédéral de Harpers Ferry en Virginie). Les faits tels qu'ils sont montrés semblent à peu près authentiques mais si l'approche historique de l'auteur semble assez sérieuse, il n'en a pas pour autant négligé le spectacle puisque le film n'est pas avare en scènes d'action, loin de là. Et enfin, une romance semblant dans un premier temps hors de propos est finalement très bien menée. Elle implique un des couples de la période puisque Jeffrey Hunter et Debra Paget furent associés plusieurs fois mais c'est de loin dans ce film de Warren que l'un comme l'autre ont eu à jouer les personnages les plus subtilement caractérisés et où ils ont pu s'exprimer plus finement qu'à l'accoutumée puisque dans ce film d'hommes, assez violent, et dominé en particulier par un personnage fort – qui plus est interprété par un acteur qui en imposait (Massey) - le personnage féminin et son interprète ne sont absolument pas sacrifiés puisque c'est même Elizabeth - ce personnage interprété par Paget- qui résistera le plus à John Brown, rendant la position de son petit ami puis mari, qui est aussi le fils favori de Brown et le plus fidèle à son père, difficile à tenir.
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Ce scénario équilibré, on le doit à Daniel B. Ullman qui signa les scénarios de très nombreux westerns au cours des années 50 avant de travailler essentiellement pour la télévision. C'était la première fois que Charles Marquis Warren - d'abord scénariste – qui en était à son 5ème film – et son 4ème western – “déléguait “ l'écriture d'un de ses films ... et il a bien fait car la structure de celui ci est plus solide que celle de la plupart des films qu'il réalisa d'après ses propres scénarios. Autre apport de Ullman, il avait aussi construit un portrait assez nuancé de Brown alors que le personnage avait été précédemment montré de manière outrée, comme un fou sanguinaire, dans Santa Fe Trail (1940), dans lequel Brown était déjà interprété par l'excellent Raymond Massey. Entre les deux films, il joua aussi le rôle sur scène, à Broadway, et en tournée en 1953-1954, avec Anne Baxter et Tyrone Power. Il avait donc eu le temps de peaufiner le personnage ...
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Raymond Massey y excelle. Il est formidable et vraiment habité par son personnage complexe. Moins hystérique que dans le Curtiz, pour autant il est à peine moins inquiétant dans la version qu'en donnent Ullman et Warren. Brown est en effet montré comme un fanatique religieux, portant une bible ou en citant un passage dans une apparition sur deux, prétendant notamment recevoir ses ordres de dieu et ne reculant pas à utiliser la force et la violence pour atteindre ses objectifs. Mais il ne fait toutefois que répondre à la violence initiale du révérend Martin White (Leo Gordon) et ses hommes qui menacent d'emblée de massacrer Brown et ses colons.

Le personnage est paradoxal dans le sens où il veut libérer les esclaves de son pays … tout en exerçant sur sa famille une autorité de patriarche despotique. C'est en partie pourquoi – avec aussi le recours aux coups de force sanglants – que certains de ses fils quittent le navire avant qu'il ne coule. Même si c'est Owen (J. Hunter) qui est de loin le mieux caractérisé, tous les fils (interprétés notamment par Dennis Weaver, James 'Rosco' Best et Guy 'Zorro' Williams) ont "leur moment" et adoptent tous une position un tant soi peu différente par rapport à leur père. Certains finissent par partir, d'autres meurent au combat … ou parfois, quitte le champ de bataille mais meure quand même, victime de l'époque. Un seul reste (presque) jusqu'au bout au coté du père.
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Durant cette croisade contre l'esclavage ... on croise peu de noirs et deux seulement ont droit à la parole. Le premier, à qui on annonce qu'il est libéré répond que cela fait 8 ans qu'il a été affranchi, à la grande stupéfaction de Brown ... Le second sauve la vie de Owen en le raisonnant et lui faisant quitter le dernier "champ de bataille" avant l'assaut final, lui évitant ainsi un sacrifice inutile. Là encore, équilibre et nuance. Vraiment à voir. Peut-être mon western préféré de Warren avec Little Big Horn. Vu "à peu près " en vost.
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Jeremy Fox
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Re: Les Westerns 2ème partie

Post by Jeremy Fox »

Alléchant tout ça 8)
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Re: Les Westerns 2ème partie

Post by kiemavel »

Jeremy Fox wrote:Alléchant tout ça 8)
Avec un peu plus de recul (j'ai découvert le film le matin et posté ma présentation le soir même), je complète et nuance mes propos. Ullman et Warren rendent compte très partiellement - plus que partialement - du personnage. Ils insistent sur les conflits à l'intérieur de la famille ce qui permettait d'exprimer de manière quand même superficielle les différentes options possibles pouvant amener à une abolition de l'esclavage, mais on ne voit pas grand chose du versant politique de Brown. Tout juste le voit-on convaincre - symptomatiquement dans une séquence muette - des notables d'une grande ville qui soutiennent et financent une de ses opérations. De même, on ne sait pas comment il avait fait pour convaincre les habitants de Lawrence qui lui étaient majoritairement favorables. On voit donc ses soutiens dans différents milieux - et c'est donc que le personnage n'était pas qu'un "activiste violent" - mais on a très peu de discours montrant cet aspect du personnage en dehors de ceux mettant en exergue avec insistance l'origine religieuse de sa croisade. Lui même revendiquait d'ailleurs ses méthodes violentes contre les atermoiements des "théoriciens" qui ne faisaient que "Talk, talk, talk ..." mais quand même ... Du coup, au lieu de faire un film historique plus qu'un western, Warren a vraiment fait un western, bourré notamment de scènes d'action : le raid sur Lawrence du révérend White et ses hommes. Les actions de représailles de Brown et des siens. Les attaques sur le campement de Brown par les troupes de son opposant principal, etc ...
En tant que western : 6,5
En tant que biographie de Brown : 4
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Re: The Black Dakotas

Post by kiemavel »

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The Black Dakotas … Scénario de Ray Buffum et DeVallon Scott, réalisé par Ray Nazarro et produit par Wallace MacDonald pour Columbia. Photographie : Ellis W. Carter. U.S.A. 1954. 65 min. Technicolor

Avec Gary Merrill (Brock Marsh), Wanda Hendrix (Ruth Lawrence), John Bromfield (Mike Daugherty), Noah Beery, Jr. (Gimpy), Fay Roope (John Lawrence),  Robert Simon (Le Marshal Whit Collins), James Griffith (Warren), Richard Webb (Frank Gibbs), Peter Whitney (Grimes), John War Eagle (War Cloud), Jay Silverheels (Black Buffalo)

En 1864, alors qu'il avait reçu pour mission du président Lincoln de signer un traité avec les Sioux, leur promettant 100 000 $ en or pour sceller cette paix, Zachary Paige est intercepté par un groupe de sudistes qui lui enlèvent ses papiers et son ordre de mission, lesquels sont pris par Brock Marsh, le voyageur qui l'accompagnait, le but de ce dernier étant d'usurper l'identité de l'émissaire du président, de sceller l'accord avec les indiens mais avec l'intention de ne pas du tout le respecter afin que les Sioux se révoltent ce qui servirait les intérêts des sudistes puisque des militaires du nord seraient ainsi obligés d'être envoyés en renfort pour faire face à la révolte indienne ...
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En préambule, un texte défilant nous informe de la situation de départ : «  Durant la guerre civile, des sympathisants du sud ont fait des efforts désespérés pour aider les confédérés en incitant les indiens à se révolter et s'en prendre à des villes sans défense sur toute la frontière de l'ouest. L'objectif était de contraindre d'importants contingents du nord à quitter le front principal afin de le rendre plus vulnérable face aux attaques sudistes. Et c'est donc la mission de Brock Marsh ...

Quelques aspects – pas révolutionnaires – mais un tant soi peu originaux faisaient de ce court (65 min) western de « double programme «  un ouvrage un peu au dessus de la moyenne. Le personnage principal en était – et pas d'un peu - le méchant joué par Gary Merrill. Jusqu'au bout il surprenait par son sens aigu de la trahison, nous gratifiant d'une figure pas unique mais pas si fréquente dans le genre dans le sens où le fourbe l'était bien plus que ce que les moins perspicaces des spectateurs avaient pu anticiper puisqu'il donnait finalement dans le «  Double - Double-Cross « (volontairement flou mais peut-être encore trop explicite). Dès la séquence d'ouverture, il se distingue du commun des salopards puisqu'on le voit à bord de la diligence devisant tranquillement avec l'émissaire de Lincoln ... avant quelques minutes plus tard de l'abattre de sang froid provoquant la stupeur de ses propres complices puisqu'il avait été convenu quelques instants plus tôt que l'homme serait simplement enfermé et surveillé pendant toute la durée de l'opération.  
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C'est d'ailleurs -peut-être- parce que ce personnage très antipathique aurait pu tenir l'image d'une star maison (la Columbia n'en manquait pas …) que ce rôle lui avait échu, lui dont c'était la première incursion dans le genre. Bonne idée d'ailleurs puisque Merrill domine aisément le reste de la distribution. Il faut dire que presque tous ses collègues sont assez fades, à commencer par son principal adversaire, le « bon » John Bromfield. Il est Mike Daugherty, le propriétaire du service de diligences du secteur … Et d'une certaine manière c'est aussi un traître puisqu'il est le seul – le seul en tout cas qui s'exprime en ce sens – à soutenir que vivre en bonne harmonie avec les Sioux du voisinage est possible. Favorable à la paix avec les indiens et pro nordiste, il a deux bonnes raisons de s’opposer à Marsh ... Encore faut-il qu'il l'identifie comme un usurpateur, ce qui n'est pas le cas dans un premier temps puisqu'il va même d'abord lui venir en aide.

Le bon étant bien souvent l'objet de l'affection de la tête d'affiche féminine, c'est donc à son cou que se pend la ravissante (quoique, ici, je la trouve mal fagotée et mal coiffée. Broutilles, me direz-vous) Wanda Hendrix. La romance est d'ailleurs insignifiante et il n'y a pas grand chose à en dire. Il y avait en revanche un certain potentiel dans le personnage interprété par Wanda. Elle est en effet la fille d'un espion du sud, pendu le jour de l'arrivée en ville de Brock Marsh. En dehors d'une certaine fougue qui lui permet d'avoir un rôle actif dans les scènes d'action, le personnage est sans surprise puisqu'elle va juste tenter de racheter la trahison de son père. Classique …
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Du coté des complices du traître, James Griffith (Warren) a un petit rôle de porte flingues mais c'est surtout Noah Beery, Jr. (Gimpy) - seul partenaire de jeu de Merril qui soit au diapason de la tête d'affiche - qui va durablement seconder Marsh et accompagner ses actions. Et Le film n'en manque pas. Entre les indiens à amadouer : assez classiquement chez les Sioux, un conflit oppose les jeunes et belliqueux emmenés par Black Buffalo (Jay Silverhells) et les plus conciliants menés par son père, le vieux War Cloud (John War Eagle) ; et donc, avec les premiers, on se bat, avec les seconds, on discute … Par la suite, une longue suite de péripéties se succèdent sans relâche, sans surprises non plus de coté là puisque -notamment – un usurpateur est toujours sous la menace d'être démasqué … mais c'est surtout la quête de l'or qui arrive bientôt par diligence qui ramène tout le monde dans le champ : les sudistes, leurs ennemis et les indiens.
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Je signale aussi la belle photographie due à Ellis W. Carter et quelque lignes de dialogue amusantes :

Après que Marsh ait échappé de peu au bûcher dressé par une bande de punks, des délinquants juvéniles ayant grandi dans les rues sordides de New-York ... Non, ça c'est la version "film noir ", dans le western , il faut dire : " la bande de jeunes indiens rebelles qui ne veulent plus croire aux promesses des visages pales à langues fourchues ", lorsque Daugherty lui dit :

- La chance était avec nous ... Il s'en est fallu de peu que vous ne soyez un un ange à présent !
Marsh répond :
- Oui, Euh … ça ou des cendres
Probablement facilement oubliable mais sympathique. 6
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Re: Les Westerns 2ème partie

Post by Alexandre Angel »

kiemavel wrote:James Griffith (Warren) a un petit rôle de porte flingues
C'est marrant, c'est un acteur que j'ai eu le sentiment de ne découvrir qu'à ma première vision (2011) d' Apache Drums (Hugo Fregonese, 1951) et , mais ça c'est l'"effet Apache Drums", je le trouvais un peu ridicule dans son jeu (un côté grand dadais un peu indolent qui a l'air complètement stone pendant toute la séquence de l'église :mrgreen: ).
Ces réserves sont tombées depuis.
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Re: Les Westerns 2ème partie

Post by kiemavel »

Alexandre Angel wrote: C'est marrant, c'est un acteur que j'ai eu le sentiment de ne découvrir qu'à ma première vision (2011) d' Apache Drums (Hugo Fregonese, 1951) et , mais ça c'est l'"effet Apache Drums", je le trouvais un peu ridicule dans son jeu (un côté grand dadais un peu indolent qui a l'air complètement stone pendant toute la séquence de l'église :mrgreen: ).
Ces réserves sont tombées depuis.
Tu l’apprécies mieux depuis ... mais on reconnait pourtant très bien son allure dans ta description :lol:
Comme Heavy, il était un peu léger, genre Phil Defer, et pas seulement physiquement car ça c'est secondaire, mais j'aime bien sa trogne, son petit sourire en coin, son air flegmatique (qu'on peut percevoir comme tu l'as/avais fait). Je ne sais pas combien de westerns il a pu tourner mais il y en a un paquet dans lesquels il est 6ème ou 10ème au générique, des rôles où il n'a donc pas tant l'occasion de se montrer. C'est d'ailleurs le cas dans The Black Dakotas.

Et pas de bol pour lui, nombre de westerns où il était genre 3ème sur l'affiche n'étaient pas bien terribles, signés Castle par exemple, mais il lui a fait jouer des célébrités : Pat Garrett (dans The Law vs. Billy the Kid), Doc Holliday (dans Masterson of Kansas), Bob Dalton (dans Jesse James vs. The Daltons).
Pour d'autres, il a aussi été Davy Crockett dans le Alamo Bis réalisé par Byron Haskin : The First Texan (Attaque à l'aube) et Quantrell dans l'un des derniers Randolph Scott valable restant à éditer : Fighting Man of the Plains (L'homme de Kansas City).
Sinon, hors célébrités de l'ouest, il avait aussi un rôle important dans un film - pas terrible non plus - mais qui avait des cotés plaisants (notamment Rhonda Fleming en Technicolor et tenues indiennes moulantes :wink: ) : Bullwhip (La femme au fouet) de Harmon Jones ... et lui y était très bien. Il avait une présence mémorable aussi dans At Gunpoint (Le doigt sur la gâchette ) de Alfred Werker et était dans un autre bon Werker : Rebel in Town.

J'ai l'air de faire encore le malin à citer des films à la pelle ... mais en fait l'amateur éclairé aura remarqué qu'aucun des titres que j'ai cité là ne sont édités chez nous. Il en reste bien un paquet à éditer (même si tout ceux là ne le méritent pas forcément)

Je viens d'autre part de voir qu'il était dans Count Three and Pray (L'étreinte du destin) mais je ne le vois plus là dedans. Tu l'as vu cette fois, Alexandre ?

Sinon, hors western, il a aussi incarné une autre célébrité honteusement méprisée : Judas Iscariote dans Day of Triumph (1954) qui est à L'évangile selon saint Matthieu, ce que Plan 9 from Outer Space est à Star Wars (j'ai tenu 20 min ...)

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là, c'est une capture de la Cène de la scène, ou l'inverse pour les puristes. On voit que pour son dernier repas, Jésus s'était payé le barbier/coiffeur.
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Alexandre Angel
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Re: Les Westerns 2ème partie

Post by Alexandre Angel »

kiemavel wrote:Je viens d'autre part de voir qu'il était dans Count Three and Pray (L'étreinte du destin) mais je ne le vois plus là dedans. Tu l'as vu cette fois, Alexandre ?
Oui, mais mal (après un repas arrosé c'est agréable 20 minutes puis c'est inopérant) : il faut que je remette le couvert.
Tel quel, j'ai trouvé intéressants ses moments un peu dépressifs post-sécessionnistes et j'adore Van Heflin, le meilleur Athos du cinéma.
Mais je dois le revoir.
A part ça, je confirme que Jean-François Giré ne me fait pas grimper aux rideaux.