Henri Verneuil (1920-2002)

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés avant 1980.

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Momo la crevette
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Henri Verneuil (1920-2002)

Post by Momo la crevette »

EDIT DE LA MODERATION:

Vous pourrez aussi trouver sur le forum des topics sur des films d'Henri Verneuil

Le boulanger de Valorgues (1953)
Un singe en hiver (1962)
Le clan des Siciliens (1969)
I comme Icare (1979)

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Mille milliards de dollars : je viens de découvrir le film de Verneuil et je suis emballé (comme disais la sorcière...). L'intrigue est prenante (mais bon, faut aimer les magouilles économico-politique, sinon, ca doit etre chaint la mort), le propos toujours pertinent plus de 20 ans plus tard et surtout Dewaere est impressionant de justesse.
Il n'y a pas à dire, je regrette cette période du cinéma français ou quelques réalisateurs (Verneuil, Deray, etc.) savaient faire des films de divertissement populaires et intelligents.
7/10

Momo
styx wrote:Je comprends pas grand chose à vos salades, mais vous avez l'air bien sur de vous, donc zetes plus à même hein de parler, de sacrés rigolos que vous faites en fait, merde ça rime lourd là, je vais éditer. mdr
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Personne
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Post by Personne »

Le Clan des Siciliens De Verneuil. La claque encore une fois. Des Acteurs, un bon scénar, une bonne réalisation(Verneuil soigne ses cadrages), une musique qui vous hérisse le poil de Morricone.
Le moment ou Delon s'acharne sur la muréne :shock: :shock: :shock:
9.8/10 Minimum!
Il rentre dans mon top 20!
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John Constantine
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Post by John Constantine »

Peur sur la ville

un classik des redifs télé le dimanche soir sur TF1. Nostalgie bien sûr et surtout bcp de fun. Verneuil fait du polar urbain un peu à l'américaine, en insistant sur les buildings parisiens imposants certes pas autant qu'à NY mais c'est tjrs sympa (le générique notamment avec ses immeubles 15e bord de Seine sur fond de Morricone bien flippant), avec une touche de France 70's et de gouaille gauloise ("le hold-up de la banque d'Asnières...", par le génial Charles Denner). Festival Bébel bien sûr, Bébel athlétique (dans le RER, le métro, sur les rebords d'immeubles) et gouailleur séduisant ("p'tite tête, gros muscles", "vous savez parler anglais alors corvée de chiottes").

Ca fait des fois sourire (tout ce qui concerne Minos le sérial Killer qui entend sa mère à la radio, la photo de Minos, "des mains d'homme, un corps d'homme", Rosy Varte en Germaine "mais je baise commissaire" Granon ou J-F Balmer en prof de physique 68-tard); le scénar est simpliste (ok, par rapport aux standards actuel du film de sérial killer) mais ce cachet 70s (avec un fond intéressant presque socio de malaise dans les grandes villes) le rend tjrs vraiment sympa. :D
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Jordan White
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Post by Jordan White »

John Constantine wrote:Peur sur la ville

un classik des redifs télé le dimanche soir sur TF1. Nostalgie bien sûr et surtout bcp de fun. Verneuil fait du polar urbain un peu à l'américaine, en insistant sur les buildings parisiens imposants certes pas autant qu'à NY mais c'est tjrs sympa (le générique notamment avec ses immeubles 15e bord de Seine sur fond de Morricone bien flippant), avec une touche de France 70's et de gouaille gauloise ("le hold-up de la banque d'Asnières...", par le génial Charles Denner). Festival Bébel bien sûr, Bébel athlétique (dans le RER, le métro, sur les rebords d'immeubles) et gouailleur séduisant ("p'tite tête, gros muscles", "vous savez parler anglais alors corvée de chiottes").

Ca fait des fois sourire (tout ce qui concerne Minos le sérial Killer qui entend sa mère à la radio, la photo de Minos, "des mains d'homme, un corps d'homme", Rosy Varte en Germaine "mais je baise commissaire" Granon ou J-F Balmer en prof de physique 68-tard); le scénar est simpliste (ok, par rapport aux standards actuel du film de sérial killer) mais ce cachet 70s (avec un fond intéressant presque socio de malaise dans les grandes villes) le rend tjrs vraiment sympa. :D
En effet bon polar, carré, solide et efficace avec un Bébel au top ( mais il l'était déjà dans Le Magnifique par exemple). C'est typique du cinéma populaire des années 70's, avec pattes d'eph', montage nerveux et musique dans le ton, c'est-à-dire angoissante. Et la scène de l'attentat devant le cinéma :shock:
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harry callahan
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Post by harry callahan »

J'en garde vraiment un bon souvenir, de ce Peur sur la ville. Je suis tout sauf un fan de Bébel mais c'est un film qui le met bien en valeur ( et vice versa ) sans que cela ne se transforme en Bébel show. Je me demande vraiment ce que j'en penserais si je le revoyais maintenant.
[...]But being this a .44 magnum, the most powerful handgun in the world, and would blow your head clean off, you have to ask yourself one question : "Do I feel lucky ?". Well, do you, punk ?
John Constantine
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Post by John Constantine »

Jordan White wrote: Peur sur la ville

Et la scène de l'attentat devant le cinéma :shock:
On est vraiment dans le docu avec ces files d'attentes pour films de boules (le premier plan montre une foule men only mais après l'explosion on voit qd même des femmes et pas des plus jeunes dans la file d'attente :lol: ), pratiquement à la fin de l'âge d'or du genre avant la classification X. Et cette Pamela Sweet qui met des fotos géantes d'elle dans son salon est un passage qui me fait marrer. :D
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Zelda Zonk
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Post by Zelda Zonk »

bruce randylan wrote: mélodie en sous-sol ( jolie titre mais je vois pas trop le rapprt )
Par de grande surprises dans ce film de casse au dessus de la moyenne : Gabin fait du gabin, Delon fait du delon, Audiard fait du audiard... Mais les films de casse ont un coté cinégénique indéniable, celui-ci certainement ( mais moins que Bob le flambeur ).
C'est donc efficace, bien mené, les personnages manquent tout de même de relief ( ormis le beau-frère de Delon malheureusement sous-exploité ).
Bref du bon divertissement pas trés crédible ( la planification temporelle du casse même est pour le moins peu réaliste ) jusqu'à l'arrivée de la trés longue scène final qui s'avère une véritable morceau d'anthologie, un merveille de cadrage, de montage, de gestion du temps, de l'espace. Un morceau de bravoure qui monte crescendo avec un pure sens de la mise en scène qui n'a même pas besoin du son pour être compréhensible. Un monument quoi.
J'aime assez ce film, mais contrairement à toi, j'ai de grosses réserves sur les 10 dernières minutes. Je ne parle pas ici de mise en scène (c'est OK de ce côté là), mais du scénario. A ce niveau là, je trouve la fin ridicule, pour ne pas dire débile.
Voilà deux types (trois même) qui ont monté un casse de A à Z, réussi leur coup et qui se jettent littéralement dans la gueule du loup. D'abord le coup de la photo dans le journal (ouh là là, quel drame !...), ensuite le rencard à la piscine, là où ça grouille précisément de flics, enfin le coup de se ballader avec les deux sacs remplis à ras bord en plein jour, pile le lendemain du casse. C'est quand même du gros n'importe quoi. Il suffirait à nos deux lascars de se la couler douce pendant une semaine, de laisser les sacs dans leur planque, voire même de repartir illico sur Paris, chacun de leur côté. Mais non, ils ont décidé d'offrir leur butin aux flics, sur un plateau. Enfin, le comble du ridicule, Delon qui décide de planquer les sacs dans l'eau et les balance dans la piscine...
Je suppose que Verneuil avait dans l'idée de terminer le film sur cette scène des billets dans la piscine. Très belle scène, visuellement et symboliquement, certes, mais amenée n'importe comment d'un point de vue scénaristique.
C'est dommage car ce film m'est plutôt sympatique par ailleurs. Comme tu le dis, chacun est dans son registre (Gabin, Delon, Audiart), mais ça fonctionne pas mal jusqu'à cette fin grotesque.
bruce randylan
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Post by bruce randylan »

Memento wrote: J'aime assez ce film, mais contrairement à toi, j'ai de grosses réserves sur les 10 dernières minutes. Je ne parle pas ici de mise en scène (c'est OK de ce côté là), mais du scénario. A ce niveau là, je trouve la fin ridicule, pour ne pas dire débile.
Voilà deux types (trois même) qui ont monté un casse de A à Z, réussi leur coup et qui se jettent littéralement dans la gueule du loup. D'abord le coup de la photo dans le journal (ouh là là, quel drame !...), ensuite le rencard à la piscine, là où ça grouille précisément de flics, enfin le coup de se ballader avec les deux sacs remplis à ras bord en plein jour, pile le lendemain du casse. C'est quand même du gros n'importe quoi. Il suffirait à nos deux lascars de se la couler douce pendant une semaine, de laisser les sacs dans leur planque, voire même de repartir illico sur Paris, chacun de leur côté. Mais non, ils ont décidé d'offrir leur butin aux flics, sur un plateau. Enfin, le comble du ridicule, Delon qui décide de planquer les sacs dans l'eau et les balance dans la piscine...
Je suppose que Verneuil avait dans l'idée de terminer le film sur cette scène des billets dans la piscine. Très belle scène, visuellement et symboliquement, certes, mais amenée n'importe comment d'un point de vue scénaristique.
C'est dommage car ce film m'est plutôt sympatique par ailleurs. Comme tu le dis, chacun est dans son registre (Gabin, Delon, Audiart), mais ça fonctionne pas mal jusqu'à cette fin grotesque.
Entierement d'accord avec l'aspect navrant du scenario et de la psychologie des personnages mais c'est une des rares fois où une scène me transcande pour sa pure mise en scène sans avoir besoin de personnages pour servir de catalyseur. J'avais donc volontairement mis de coté cet aspect ( que je dénoncais tout de même avant ).
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Henri Verneuil (1920-2002)

Post by blaisdell »

A la demande générale, je me jette à l'eau et inaugure le topic dédié à ce cinéaste populaire français par excellence, décédé il y a maintenant quatre ans.

Inaugurer un topic sur Verneuil, c'est se lancer à l'abordage d'une oeuvre qui est finalement assez controversée. En effet, nous aurons l'occasion de nuancer notre propos mais il faut reconnaître qu'il fut souvent aimé par le public et conspué par la critique. Mais la critique était en son temps beaucoup plus méchante que maintenant et forcément,Verneuil, qui a commencé sa carrière dans les années 50 dans le sillage d'une "qualité française", honnie par la future "nouvelle vague" avec une série de films ayant Fernandel comme vedette fut associé au cinéma anti-intellectuel, commercial, à grosses vedettes, etc

Gardons nous des clichés en tous genre même s'ils perdurent, comme le montre la façon odieuse de M. Jean-François Rauger de descendre froidement les films de Verneuil dans ses colonnes du monde. Personne n'est tout noir ni tout blanc. Certains films de la nouvelle vague ont mal vieilli pendant que des films de Verneuil se sont bonifiés avec las années et vice versa.

A titre personnel, je direz ceci: je regrette en France et dans le cinéma contemporain en général le fossé EN GENERAL entre des films populaires mais simplistes et faiblards et des films d'auteur ambitieux mais confidentiels et qui difficilement accessibles. Alors qu'en son temps Truffaut faisait un cinéma d'auteur mais qui ne rechignait pas à attirer le plus grand nombre, tandis que Verneuil faisait du cinéma populaire qui ne rechignait pas à avoir une certaine ambition.
Et on ne peut que regretter l'absence dans les "bessonnades" actuelles de l'ambition présente dans de nombreux films de Verneuil: UN SINGE EN HIVER, I COMME ICARE...

Voici ce que je peux dire sur les films de Verneuil, en précisant ceci. Mon rapport personnel avec son oeuvre est étrange: tantôt je trouverai un film de Verneuil stimulant, agréable, excellent, plutôt intelligent; tantôt je trouverai un film de Verneuil daté, simpliste, sans grand intérêt....
Tantôt tel film me fera éprouver simultanémént des sentiments positifs et des sentiments négatifs. Peut être aussi que certains films de ses films ont été trop rediffusé à la télé..

Je connais mal ses premières années et particulièrement les films de Fernandel mais on peut retenir un très beau drame réaliste avec Gabin en routier: DES GENS SANS IMPORTANCE (1955) film qui est souvent apprécié par ceux qui d'habitude cassent du sucre sur son dos.

LA VACHE ET LE PRISONNIER: nul besoin de présenter ce classique du grand et du petit écran, un des films les plus célèbres de Fernandel.

LE PRESIDENT: un film passionnant sur la vie politique de la tout juste défunte quatrième République. Du pur Gabin avec des dialogues d'Audiard et un goût pour l'observation politique que Verneuil confirmera dans I comme Icare par exemple.

UN SINGE EN HIVER: Blondin, Audiard, et surtout un duo Gabin- Belmondo (qui n'est pas encore adepte du cabotinage outrancier malgré son rôle d'ivrogne). Très beau film mélancolique avec de nombreux morceaux d'anthologie "audiardesques". Un classique.

MELODIE EN SOUS SOL: duo Delon-Gabin jubilatoire. Deux moments d'anthologie:la séquence finale et le dialogue: "Toi et ton père, tu nous aura fait mourrir de chagrin -tant mieux, comme ça, on ne retrouvera pas l'arme du crime".

CENT MILLE DOLLARS AU SOLEIL: souvenir agréable et arrivée de Lino chez Verneuil mais je dois le revoir celui-ci..

WEEK END A ZUYDCOOTE: le prix nobel de Robert Merle devient un très beau film avec Belmondo au top et un ton tragicomique original. Dommage qu'il y ait quelques baisses de rythme car c'est voilà un film méconnu: pourquoi ?

LA BATAILLE DE SAN SEBASTIEN et LA VINGT CINQUIEME HEURE: deux films avec Anthony Quinn que je n'ai pas vu :oops: :oops:

LE CLAN DES SICILIENS: là un film culte hyper connu. Mais je fus déçu en le revoyant: le scénario manque de rigueur et de concision et même d'enjeux (énième gros coup qui finit mal), les effets ont vieilli (l'avion de studio). Surtout, j'ai du mal à accepter Gabin en parrain italien :lol: : Ventura, qui reste ici assez sous employé n'eût-il pas mieux convenu ?
Déception mais une re-vision me fera changer d'avis et la musique de Morriconne est superbe.

LE CASSE, PEUR SUR LA VILLE et LE CORPS DE MON ENNEMI: là aussi je trouve que ces Belmondo ont pris la pousière. Les scénaris sont simplistes (la palme au casse), Belmondo cesse peu à peu d'être un acteur subtil pour refaire le numéro de gymnaste cabotin et pour lui, plus dûre sera la chute (LE SOLITAIRE, JOYEUSES PAQUEs), le manichéisme est prééminent, et sur le plan plastique, c'est hideux au niveau des décors et costumes (vive les pattes d'eph) sont laids, et une photo suréclairée, des zooms .... malgrè des moments virtuoses sur le plan technique et de bons seconds rôles: Denner, Omar Sharif ou Bernard Blier. Et une belle bo de Morriconne pour PEUR SUR LA VILLE.

I COMME ICARE: là en revanche c'est un film étonnant. Verneuil part du meurtre de Kennedy pour se livrer à une passionnante réflexion sur la tentation fasciste des pays démocratiques en s'inspirant surtout des Etats d'Amérique du sud.
Le film tient en haleine du début à la fin (sans cascades cette fois-ci) avec des séquences stupéfiantes: lorsque l'on découvre que tous les témoins ont été supprimés, ou la fameuse scène des tests sur la soumission à l'autorité.
Certes il y a des défauts: il aurait fallu un Semprun pour les dialogues, Montand est tantôt moyen tantôt excellent mais quel charisme ! Trintignant aurait certainement été parfait aussi dans ce rôle qui fait penser au juge de Z. Certaines scènes sont un peu téléphonées (le film d'amateur pris sous plusieurs angles, la cassette qui explique tout) mais pourquoi critique t-on ces invraisemblances et pas celles beaucoup plus gênantes dans LA MARIEE ETAIT EN NOIR de Truffaut ?
Le film donne quand même une grande impression d'intelligence et un climat réussi même s'il alterne le moyen et le plus que parfait. C'est un film sombre: est-ce pour celà qu'il est plutôt rare sur le hertzien par rapport aux autres Veneuil et à quand le dvd? Et quelle fin puissante !

MILLE MILLIARDS DE DOLLARS: excellent film politique sur la lancée de I COMME ICARE. Sans les défauts: un récit qui tient en haleine, des acteurs excellents surtout Dewaere qui apporte énormémént par rapport aux Belmondo- Delon de nuance et d'anticonformisme. Et on a rarement vu Mel Ferrer aussi bon qu'ici (dans SCARAMOUCHE oui, et après ?)
Pas évident de faire un suspens fort de 2h sur des chiffres et pourtant le pari est réussi et c'est un film lui aussi angoissant et prophétique dans cette mise en scène d'une multinationale aux pouvoirs insoupçonnés. Et une belle musique de Philippe Sarde. Un film personnel de grande qualité trop peu montré lui aussi à la télé -dérangeant pour les annonceurs ?-mais au moins a on l'a en dvd. A redécouvrir.

Voilà mon point de vue personnel sur la carrière d'Henri Verneuil, en attendant de découvrir certains de ses films : LE SERPENT, MAYRIG etc.. et d'en redécouvrir d'autres.



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Max Schreck
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Post by Max Schreck »

Je connais trop mal son cinéma. Je ne vais pas m'étendre sur La Vache et le prisonnier qui m'amusait, môme, quand ça passait l'été sur FR3. J'avais été très agréablement surpris par Un singe en hiver et le numéro éthylique de Gabin/Bébel, mais c'est plus très frais non plus. Et, dans mon souvenir là aussi, Mélodie en sous-sol était très efficace.

J'ai La 25e heure sur une étagère qui attend que je daigne la visionner.

Ce qui est certain par contre, c'est que sa collaboration avec Morricone a été très très fructueuse : pour ce que j'en connais, La Bataille de San Sebastian, Le Serpent, I comme Icare, Le Clan des Siciliens proposent des mélodies vraiment magnifiques et attachantes.
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frédéric
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Post by frédéric »

Infiniment de tendresse pour Verneuil, qui est mort un peu dans l'oubli et ce qui est dommage après les échecs de MAYRIG et 588 RUE PARADIS.

J'ai beaucoup de tendresse pour sa première période Fernandel, même si j'ai pas tout vu. LE MOUTON A CINQ PATTES, LA VACHE ET LE PRISONNIER, LE BOULANGER DE VALORGUES sont des films plus que sympathiques.

Avec Gabin, il alterne la comédie, l'avenure et le film noir dont ses excellents GENS SANS IMPORTANCE.

La période Bébel, j'ai un peu de mal, car on est plus dans les années 50, 100 000 DOLLARS AU SOLEIL reste une de ses plus grandes réussites. WEEK END A ZUYDCOOTE est bien, mais un peu lourd, et LE CASSE et PEUR SUR LA VILLE, marque le début période Cascade de Belmondo, même si ce dernier est pas mal du tout.


Les deux films qui l'a fait avec Anthony Quinn sont vraiment bien. LA BATAILLE DE SAN SEBASTIAN est le pur divertissement hollywoodien de l'époque, LA 25ème HEURE, un film plus personnel. I COMME ICARE est vraiment excellent et je trouve que LE CLAN DES SICILIENS est bien, mais largement surestimé (heu désolé).
Blogs Perso, Cinéma de Minuit : http://cineminuit.fr.over-blog.com/

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Post by blaisdell »

Max Schreck wrote: Ce qui est certain par contre, c'est que sa collaboration avec Morricone a été très très fructueuse : pour ce que j'en connais, La Bataille de San Sebastian, Le Serpent, I comme Icare, Le Clan des Siciliens proposent des mélodies vraiment magnifiques et attachantes.
Remarque très juste mais un bémol: la musique de Morricone pour LE CASSE est très décevante par rapport à la grande quailité des autres prestations du maestro pour les films de Verneuil.
Private Joker
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Re: LE topic de Henri Verneuil

Post by Private Joker »

blaisdell wrote:Je connais mal ses premières années et particulièrement les films de Fernandel
Tendance inverse pour moi...

Je garde un bon souvenir du film Le Fruit Défendu avec Fernandel et Françoise Arnoul.

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Roy Neary
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Post by Roy Neary »

J'ai quasiment vu tous les films d'Henri Verneuil qui fait partie des réalisateurs français pour qui j'ai toujours eu le plus de sympathie et d'estime. Il n'est pas évident de tracer des parallèles faciles entre les différents films et de dégager des constantes. Il faut dire qu'un film de Verneuil c'est une "entreprise collective" (même pour ses plus grandes réussites) typiques d'une époque chaleureuse où le cinéma français possédait cette formidable famille de comédiens, scénaristes et réalisateurs qui formaient une certaine idée du cinéma "populaire" à la française et dont les recettes se sont envolées avec leurs créateurs. Ainsi les grands films de Verneuil lui sont redevables bien sûr, mais aussi à l'équipe qu'il avait réunie.
Henri Verneuil était un artisan très doué, parfois très exigeant, plus qu'un cinéaste d'envergure et c'est déjà beaucoup. Il aimait le cinéma américain et a su s'en inspirer (efficacité, sens du découpage) sans tenter de le photocopier comme on l'a fait en France dans les années 1990/2000. Meilleur que Giovanni, Lautner ou Enrico (à mon humble avis), il suffit de voir comme ses films tels que La Bataille de San Sebastian ou La 25ème heure ont su s'affranchir de ses attaches françaises.
Je vous trouve sévères avec Le Clan des Siciliens qui conserve toujours son efficacité et son caractére légendaire avec l'appui d'un trio magistral de comédiens (Gabin est crédible en parrain... bon peut-être pas italien mais en parrain quand même :lol: )
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Kevin95
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Post by Kevin95 »

Un réalisateur d'une simplicité et d'une modestie, qu'il est vraiment dommage de sous estimé son importance dans le cinéma français et dans l'imaginaire collectif. Une filmo assez éclectique qu'il est assez intéressant de (re)visiter, par leurs simplicités (en apparence) et leurs générosité (jamais Verneuil n'a fait du cinéma pour son seul compte personnel). J'avoue ne pas trop connaître la période Fernandel du bonhomme, hormis les sympas Mouton à 5 pattes et Le Grand Chef et le classique (à la fois drôle et très très émouvant ... gamin, le plan final sur la vache m'avais vraiment marqué) La Vache et le Prisonnier.

Ensuite :

- Mélodie en sous-sol est un suspense qui n'a pas pris de rides

- Week-end à Zuydcoote et Les Morfalous sont 2 films de guerres avec une même star, mais en tout points opposés (l'un est un chef d’œuvre pacifiste, l'autre est une farce décomplexée assez sympa, malgré le poids des ans qui se font sentir).

- 100 miles dollars au soleil est un mini-classique qui doit tout aux dialogues du père Audiard et aux tronches des acteurs.

- La Bataille de San Sebastian est un excellent western US qui empreinte beaucoup aux westerns italiens.

- Le Clan des siciliens est un pur classique FR des polars, qui malgré quelques maladresses, reste l'un de mes polars français préférés.

- Peur sur la ville, reste un thriller très honorable malgré les multi-diffusions télévisuelles et le poids des ans, et reste aussi le meilleur des films populo des 70's-80's de Bebel et d'une grande originalité du scénario (le flic ne s'intéresse pas à l'intrigue principale du film, préférant une affaire annexe)

- Le Corps de mon ennemi, I comme Icare et Mille Milliards de dollars sont des drames excellents (avec des tout aussi excellent acteurs) qui prouve que Verneuil est un très bon metteur en scène capable de projets audacieux.

Pas vu le reste, mais il me tarde de les découvrir.

Sinon, voici un lien, où l'on peut télécharger un bon doc sur le réal (cliquer sur Verneuil raconte) :

http://www.peursurlaville.fr.st/
Les deux fléaux qui menacent l'humanité sont le désordre et l'ordre. La corruption me dégoûte, la vertu me donne le frisson. (Michel Audiard)