Akira Kurosawa (1910-1998)

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés avant 1980.

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-Kaonashi Yupa-
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Re: Akira Kurosawa (1910-1998)

Post by -Kaonashi Yupa- »

The Eye Of Doom wrote:J’essaye d’imaginer l’image du cineaste qu’aurait quelqun qui decouvrirait Kurosawa avec ce film...
C'est mon cas : j'étais tombé sur ce film complétement par hasard, lors de sa diffusion sur Canal+. Je devais avoir une douzaine d'années, ça m'avait bouleversé, et je pense que ce fut pour moi l'une des réelles clés d'entrée vers le cinéma japonais et mon attirance pour ce pays et sa culture.
A priori en découvrant Les Sept samouraïs, deux trois années pus tard, je ne m'attendais pas à quelque chose de proche de Rhapsodie en août.
The Eye Of Doom
Machino
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Re: Akira Kurosawa (1910-1998)

Post by The Eye Of Doom »

Madadayo
Bien etrange film que cette oeuvre ultime de Kurosawa. Je veux dire que cela ne resemble que vraiment tres peu a ce que l’on peut imaginé. On passe 2 heures avec un prof d’allemand à la retraite, admiré et veneré par ses anciens eleves sur aumoins 2 generations. La grande majorité des scenes le voit entouré de ses eleves à boire du sake et discutailler de tout et de rien.
Le sujet est bien sur la viellesse, naufrage bien connu mais aussi la force de l’héritage laissé/transmis aux autres.
On se demande en effet ce qu’a pu faire ce modeste Sensei pour justifier de l’adulation de ses eleves. On ne le saura pas vraiment mais peu à peu on le devine. L’homme se dévoile attachant, anticonformiste, droit, plein d’un humour primsotier et moqueur, et on fini par se dire que peut etre il a enchanté ses eleves par son humour et sa sensibilité plus que par ses capacités pedagogique.
Le film n’est pas sans defaut, la première moitié est un peu longue, avant le moment de vérité :
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La perte du chat bouleverse l’homme qui apparait d’un coup comme un veillard quasi gateux. Devoilant crument la decheance a venir.
Cette seconde partie est plus émouvante.
Quant à la fin
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On comprend bien que le Sensei regarde l’au dela dans le reve final mais je n’ai pas compris qu’il mourrait pour autant.
Le medecin etait rassurant, il a l’air de dormir paisiblement,...bref ce deces la maintenant surprend.
Le passage est magnifique dans tout les cas

La forme du film est sans ornement sauf pour quelques instantanés superbes autour de la cabane ( je pense notamment au court plan où on le voit avec son epouse regarder dehors en pleine hiver.
La premiere scene est tres frappante
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Il annonce sa demission a ses eleves avec un ton badin ou presque et ceux ci sont bouche bee (au figuré)
On pense plusieure fois a Dodes Kaden, avec son decors de ruine. Le Sensei, s’il n’avait eu le secours de ses disciples aurait pu etre un des pauvres heres rendus fous par la misere.

Le dernier diner est aussi tres émouvant.
J’ai beaucoup aimé aussi l’epouse, derriere l’homme comme lui demande la tradition mais pas inexistante pour autant.
L’actrice Kyoko Kawana est une habituée des films de Kurosawa mais a aussi joué chez Mizogushi. Elle est tres bien. Comme toute la distribution d’ailleurs.

Pour conclure, un film moins reussi et plus difficile a conseiller sue Rapsodie en Aout mais singulier dans l’oeuvre de Kurosawa.
A reserver aux admirateurs.