Akira Kurosawa (1910-1998)

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés avant 1980.

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Jeremy Fox
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Re: Akira Kurosawa (1910-1998)

Post by Jeremy Fox »

Suite de notre cycle avec, cette fois chroniqué par Olivier Bitoun, Les bas Fonds.
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Jeremy Fox
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Re: Akira Kurosawa (1910-1998)

Post by Jeremy Fox »

Strum
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Re: Akira Kurosawa (1910-1998)

Post by Strum »

Et bien ce Je ne regrette rien de ma jeunesse, que j'ai découvert ce week-end, est vraiment un très beau film, traversé par des éclairs de génie de Kurosawa et illuminé par le visage pur et si expressif de Setsuko Hara. La genèse du film est assez passionnante et fut très conflictuelle, Kurosawa s'opposant aux décisions du Comité d'Examen de la Toho à propos de la dernière partie du film. Il s'en est expliqué dans Comme une autobiographie. A noter dans le texte accompagnant le DVD/Blu-ray wild side, une analyse du film contestable de Charles Tesson où ce dernier prend un ton d'historien procureur un peu agaçant.
kiemavel
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Re: Akira Kurosawa (1910-1998)

Post by kiemavel »

Dans le court passage dans lequel Tesson évoque très brièvement l'attitude de Kurosawa durant la guerre, Il rapproche son parcours à cette époque là de celui de Itokawa (l'étudiant proche des milieux progressistes qui va finir par servir le régime) en affirmant qu'il est plus proche de son parcours que de celui du rebelle Noge…C'est vrai que c'est abusé car même si Tesson ne porte pas de jugement, rapprocher son parcours dans le milieu du cinéma (assistant puis réalisateur) durant les années 30, puis celles de la guerre, de celui d'un serviteur zélé (même si tourmenté) du régime, c'est osé…

Ensuite, sur le film lui-même, pas grand chose à redire sauf dans le passage où Tesson prétend que Kurosawa a voulu privilégier la réconciliation nationale quitte à trahir l'histoire car il n'aurait pas restitué la violence de l'époque. Il lui reproche d'avoir montré un peu trop de "résistants" (mais c'est que K s'est intéressé à un milieu d'intellectuels progressistes) et d'avoir minoré les conséquences de la trahison de Itokawa ; et au delà la violence de la répression politique. C'est plutôt vrai mais on peut en faire le constat sans pour autant porter un regard critique sur la volonté réconciliatrice de Kurosawa. L'épuration, c'est pour les autres, surtout "à chaud" et puis même si évidemment le contexte politique est en permanence plus qu'au second plan, si les deux pôles idéologiques s'expriment avant tout par les 2 garçons qui évoluent différemment, le personnage central c'est celui interprété par Setsuko Hara et ce qui intéresse surtout K pour moi c'est ce personnage de femme et ce triangle amoureux dans lequel le contexte politique tient une grande place puisqu'il guide même pour une grande part le choix que fini par faire la jeune femme. Elle est séduite par un homme autant pour les idées qu'il défend que pour son attitude courageuse, mais si elle suit Noge et qu'elle partage ses idées, elle est bien plus indécise ; elle est celle qui observe, qui tente de réconcilier, qui s'inquiète de la radicalisation de l'un, des dérives de l'autre, etc…Elle n'est pas "centriste" ou passive mais mesurée. C'est parce qu'elle passe par un tel personnage que la description de l'époque ne rend pas compte de sa violence. Il me semble.
Strum
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Re: Akira Kurosawa (1910-1998)

Post by Strum »

kiemavel wrote:Dans le court passage dans lequel Tesson évoque très brièvement l'attitude de Kurosawa durant la guerre, Il rapproche son parcours à cette époque là de celui de Itokawa (l'étudiant proche des milieux progressistes qui va finir par servir le régime) en affirmant qu'il est plus proche de son parcours que de celui du rebelle Noge…C'est vrai que c'est abusé car même si Tesson ne porte pas de jugement, rapprocher son parcours dans le milieu du cinéma (assistant puis réalisateur) durant les années 30, puis celles de la guerre, de celui d'un serviteur zélé (même si tourmenté) du régime, c'est osé…

Ensuite, sur le film lui-même, pas grand chose à redire sauf dans le passage où Tesson prétend que Kurosawa a voulu privilégier la réconciliation nationale quitte à trahir l'histoire car il n'aurait pas restitué la violence de l'époque. Il lui reproche d'avoir montré un peu trop de "résistants" (mais c'est que K s'est intéressé à un milieu d'intellectuels progressistes) et d'avoir minoré les conséquences de la trahison de Itokawa ; et au delà la violence de la répression politique. C'est plutôt vrai mais on peut en faire le constat sans pour autant porter un regard critique sur la volonté réconciliatrice de Kurosawa. L'épuration, c'est pour les autres, surtout "à chaud" et puis même si évidemment le contexte politique est en permanence plus qu'au second plan, si les deux pôles idéologiques s'expriment avant tout par les 2 garçons qui évoluent différemment, le personnage central c'est celui interprété par Setsuko Hara et ce qui intéresse surtout K pour moi c'est ce personnage de femme et ce triangle amoureux dans lequel le contexte politique tient une grande place puisqu'il guide même pour une grande part le choix que fini par faire la jeune femme. Elle est séduite par un homme autant pour les idées qu'il défend que pour son attitude courageuse, mais si elle suit Noge et qu'elle partage ses idées, elle est bien plus indécise ; elle est celle qui observe, qui tente de réconcilier, qui s'inquiète de la radicalisation de l'un, des dérives de l'autre, etc…Elle n'est pas "centriste" ou passive mais mesurée. C'est parce qu'elle passe par un tel personnage que la description de l'époque ne rend pas compte de sa violence. Il me semble.
Tout à fait. Charles Tesson oublie que le regard indulgent que porte Kurosawa sur Itokawa tient à l'humanisme du réalisateur (il trouve des raisons humaines à son comportement : une mère désargentée) et au point de vue de Yukie - il ne fait même pas état du point de vue de Kurosawa sur cette période qui est pourtant exprimé par le réalisateur avec une honnêteté admirable dans Comme une autobiographie. Je ne suis guère friand de ce genre de critique qui se prend pour un juge et qui oublie de parler du film (car Charles Tesson parle du contexte, mais n'analyse guère le film lui-même en vérité) pour donner des leçons de morale à un réalisateur, à 70 ans de distance au nom de je ne sais quels préjugés (Charles Tesson semble avoir pas mal de préjugés sur Kurosawa et en parle parfois avec gêne ; c'était perceptible dans son petit livre paru aux éditions des cahiers du cinéma / Le Monde). Un cinéaste n'est pas un historien. Dommage, car c'est un film sur lequel il y a beaucoup à dire. Ed en a bien parlé dans sa belle critique. Je viens moi-même d'écrire un long article sur le film.
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k-chan
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Re: Akira Kurosawa (1910-1998)

Post by k-chan »

Strum wrote:Tout à fait. Tesson oublie que le regard que porte Kurosawa sur Itokawa tient à l'humanisme du réalisateur (il trouve des raisons humaines à son comportement : une mère désargentée) et au point de vue de Yukie - il ne donne même pas le point de vue de Kurosawa sur la question qui est pourtant clairement exprimé par le réalisateur dans Comme une autobiographie. Je ne suis guère friand de ce genre de critique qui se prend pour un juge et qui oublie de parler du film (car Tesson parle du contexte, mais n'analyse guère le film lui-même en vérité) pour donner des leçons de morale à un réalisateur, à 70 ans de distance au nom de je ne sais quels préjugés (Tesson semble avoir pas mal de préjugés sur Kurosawa et en parle parfois avec gêne ; c'était perceptible dans son petit livre paru aux éditions des cahiers du cinéma / Le Monde). Un cinéaste n'est pas un historien. Dommage, car c'est un film sur lequel il y a beaucoup à dire. Ed en a bien parlé dans sa critique sur Classik. Je viens moi-même d'écrire un long article sur le film.
Charles Tesson, qui est "spécialiste" du cinéma japonais, est souvent très élogieux quand ils parlent d'autres cinéastes de l'âge d'or : Ozu, Kinoshita ou bien sûr Mizoguchi, et à vrai dire, il le fait plutôt bien. Mais quand il s'agit de Kurosawa, je confirme, il est malhonnête et c'est très énervant. Je pense que c'est dû à l'influence de ses aînées aux Cahiers du cinéma. On a beau penser que c'est une histoire complètement révolue, mais selon moi, il y a un truc qui n'est pas vraiment digéré de leur (ou de son) coté. Je pense que tu dois te rappeler le texte que j'avais recopié (il fût un temps), et qu'il avait écrit en hommage à Kurosawa en 98, lorsque ce dernier est décédé. Et notamment cette fameuse phrase où il disait : "les Cahiers ont eu raison de préférer Mizoguchi". C'était il y a presque 20 ans, et j'ai tendance à penser qu'il n'a pas mûri depuis.
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Jeremy Fox
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Re: Akira Kurosawa (1910-1998)

Post by Jeremy Fox »

k-chan wrote:Et notamment cette fameuse phrase où il disait : "les Cahiers ont eu raison de préférer Mizoguchi".
Quelle bêtise d'ailleurs de sortir une telle phrase qui ne veut strictement rien dire. Dommage pour un tel spécialiste ; ça aurait tendance à le décrédibiliser.
Strum
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Re: Akira Kurosawa (1910-1998)

Post by Strum »

k-chan wrote:Charles Tesson, qui est "spécialiste" du cinéma japonais, est souvent très élogieux quand ils parlent d'autres cinéastes de l'âge d'or : Ozu, Kinoshita ou bien sûr Mizoguchi, et à vrai dire, il le fait plutôt bien. Mais quand il s'agit de Kurosawa, je confirme, il est malhonnête et c'est très énervant. Je pense que c'est dû à l'influence de ses aînées aux Cahiers du cinéma. On a beau penser que c'est une histoire complètement révolue, mais selon moi, il y a un truc qui n'est pas vraiment digéré de leur (ou de son) coté. Je pense que tu dois te rappeler le texte que j'avais recopié (il fût un temps), et qu'il avait écrit en hommage à Kurosawa en 98, lorsque ce dernier est décédé. Et notamment cette fameuse phrase où il disait : "les Cahiers ont eu raison de préférer Mizoguchi". C'était il y a presque 20 ans, et j'ai tendance à penser qu'il n'a pas mûri depuis.
Tu as tout à fait raison. Oui, je me souviens de ce texte, merci k-chan. :wink:

Ces vieux préjugés concernant Kurosawa sont d'autant plus idiots et anachroniques que de tous les cinéastes japonais, c'est lui aujourd'hui qui est considéré par les japonais eux-mêmes comme leur grand cinéaste classique avec Ozu.
Cololi

Re: Akira Kurosawa (1910-1998)

Post by Cololi »

Pourquoi il avait écrit ça ?

Ne connaissant rien à l'histoire des débats cinéphiliques ... j'imagine quand même la raison : Kurosawa a certainement eu trop de succès et trop de succès international ... donc à partir de là il devient suspect.
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k-chan
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Re: Akira Kurosawa (1910-1998)

Post by k-chan »

Salut Colili,

C'est vrai que mon message peut être difficile à saisir si on pas du tout idée du contexte. Accroche toi !

C'est un vieux débat qui est naît peu de temps après la découverte de Kurosawa et Mizoguchi en France, et qui a fait couler beaucoup d'encre jusqu'à nos jours. Pour "résumer", Kurosawa a tout d'abord été encensé (Rashômon), puis rapidement rejeté par une partie de la critique française, et Les Cahiers du Cinéma notamment. Ces derniers avaient décidé d'élir Kenji Mizoguchi comme le plus grand cinéaste japonais de tous les temps, alors que Kurosawa était détestable à leur yeux, d'autant plus que ce dernier était défendu par la revue concurrente : Positif.

Précisons que Ozu et Naruse ont été découvert beaucoup plus tard chez nous, et que la critique française n'avait en réalité qu'une vision ultra limitée de la production japonaise de l'époque.

A vrai dire, Kurosawa, qui était jusque là très aimé au Japon, a commencé à faire grincer des dents dans son propre pays, après son succès mondial avec Rashômon. Après en avoir tiré beaucoup de fierté, certains de ces compatriotes ce sont dit : il est aimé en occident, ce n'est donc peut être pas si japonais. Sans doute que ce vent a soufflé jusqu'ici, et que cela a en partie influencé la critique en France.

Les critiques à l'encontre de Kurosawa étaient très nombreuses, la plus tenace étant donc qu'il n'était pas vraiment japonais, trop américanisé.
Il est aujourd'hui admis que Mizoguchi et Ozu étaient tout autant influencés par l'occident que Kurosawa, ce qui est un débat complètement ahurissant au final (aucune raison à ce qu'un artiste japonais soit fermé aux autres cultures et ne subisse aucune influence. Ils n'en sont pas moins japonais pour autant). Kurosawa a dit lui même : "plus on est japonais, plus on est universel". Ça résume bien les choses.
Cela-dit, même si une partie de la critique française le descendait, et certains de ces compatriotes aussi, il a continué à avoir du succès (notamment Yojimbo en 61, et Kagemusha en 80, qui ont cartonné au Japon). Ce serait très très long de refaire l'historique de l'évolution de l'appréciation de son oeuvre dans le monde.
L'eau à couler sous les ponts, mais ce vieux débat a laissé des marques sur plusieurs générations :

- Jacques Rivette 1958 :
"Trêve de rapprochement : le petit jeu Kurosawa-Mizoguchi a fait son temps. Laissons ramasser ses billes le dernier carré des kurosawiens, on ne peut comparer que ce qui est comparable et d'ambitions aussi hautes..."

- Bien plus tard, en 1980 je crois, Jean Luc Godard a eu l'occasion de rencontrer Kurosawa à New-York, en compagnie de John Millius et Werner Herzog...
Teruyo Nogami rapporte que Godard n'a pas adressé le moindre mot à Kurosawa, et se contentant d'observer. Un peu honteux quand même.
Image Image

- Et en 98 donc, Charles Tesson, dans son "hommage" à Kurosawa qu'il a écrit dans les Cahiers, où il rabâche la même histoire. La phrase que je cite résume bien son texte. Le reste est à peine plus intéressant.

Tu as raison, Kurosawa a été quelquepart victime de son succès, et j'ai parfois retrouvé cet agacement chez certains amateurs de cinéma japonais sur classik ou ailleurs, qui préfèrent aduler Kobayashi, Fukasaku, Shindo, ou même Gosha, Misumi... tout en étant un peu hautains lorsqu'ils parlent de Kurosawa, ou même Ozu et Mizoguchi, qui sont longtemps restés les 3 grands arbres cachant la forêt, il est vrai.

Cela-dit, c'était il y a 10 ans, et j'ai l'impression que ça a encore pas mal évolué depuis... depuis la ressortie des films avec Wild Side surtout, et les nombreux articles qui en ont découlé dans la presse.

Toujours est-il qu'aujourd'hui, comme le dit Strum, Kurosawa est le plus aimé des cinéastes japonais, en occident comme au Japon. Le classement des meilleurs films japonais par Kinema Jumpo est très parlant à ce sujet : Kurosawa atomise la "concurrence", et même Mizoguchi.


Si ça t'intéresse, voici deux liens vers une ancienne conversation à ce sujet :

>>> Début de la conversation (pages 3 et 4)
>>> Suite de la même conversation (pages 19 et 20


Tu remarqueras que j'étais infernal à l'époque (10 ans déjà !). Ah les prises de tête avec Jack Griffin... Ça me fait bien rire de relire tout ça. Je n'ai plus trop le temps aujourd'hui, et puis j'ai grandi, mais je suis un peu nostalgique :) . Je reste toutefois tapis dans l'ombre, toujours près à bondir pour défendre l'honneur mon maître ! :mrgreen:
Last edited by k-chan on 16 Mar 16, 16:57, edited 1 time in total.
Strum
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Re: Akira Kurosawa (1910-1998)

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Voici d'ailleurs un lien vers la liste des meilleurs films japonais établie par les lecteurs japonais de Kinema Junpo, le premier magazine de cinéma japonais :

https://mubi.com/lists/japanese-movies- ... un-readers
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k-chan
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Re: Akira Kurosawa (1910-1998)

Post by k-chan »

Strum wrote:Voici d'ailleurs un lien vers la liste des meilleurs films japonais établie par les lecteurs japonais de Kinema Junpo, le premier magazine de cinéma japonais :

https://mubi.com/lists/japanese-movies- ... un-readers
Merci, je vais comparer avec le classement Kinema Jumpo ! :)
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Re: Akira Kurosawa (1910-1998)

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k-chan wrote:Merci, je vais comparer avec le classement Kinema Jumpo ! :)
Cela devrait te plaire, il y a 4 films de Kurosawa dans les 10 premiers. :)
Cololi

Re: Akira Kurosawa (1910-1998)

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Je comprends mieux :) Merci à toi pour ce long post.

Du coup ça explique la sous-notation de Kurosawa sur ce site : http://www.cineclubdecaen.com/
Strum
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Re: Akira Kurosawa (1910-1998)

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Cololi wrote:Je comprends mieux :) Merci à toi pour ce long post.

Du coup ça explique la sous-notation de Kurosawa sur ce site : http://www.cineclubdecaen.com/
Oui, ce site a tendance à suivre une certaine doxa dans la mouvance des Cahiers du cinéma (du moins les Cahiers d'avant la nouvelle équipe).