Rod Steiger (1925-2002)

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés avant 1980.

Moderators: cinephage, Karras, Rockatansky

User avatar
Flol
smells like pee spirit
Posts: 49178
Joined: 14 Apr 03, 11:21

Post by Flol »

Ratatouille wrote:Rod Steiger a joué dans un des films que j'ai le plus envie de découvrir (et qui, bien sûr, est très difficilement trouvable) : il s'agit de The Illustrated Man (L'Homme Tatoué en VF), film de SF à sketchs réalisé par Jack Smight, et à l'atmosphère qui m'a l'air particulièrement étrange.
Et puis il faut dire aussi que c'est surtout depuis que j'aie découvert sa musique hypnotique (Goldsmith, of course :roll:) que j'ai envie de découvrir ce film...

Bref si quelqu'un l'a vu (Lord Henry perhaps ?), je serais curieux de connaître son avis. ;)
Et pour moi ? Toujours personne ? :cry:
O'Malley
Cadreur
Posts: 4405
Joined: 20 May 03, 16:41

Post by O'Malley »

Rod Steiger est très émouvant dans le méconnu mais remarquable Fille et le général de Festa Campanile, film que je cite souvent...
Sinon, c'est un des rares acteurs dont j'apprécie le jeu cabotin....
harry callahan
Mogul
Posts: 11413
Joined: 13 Apr 03, 17:28
Location: Dans un snack de San Francisco, d'où il vaut mieux que je ne sorte pas

Post by harry callahan »

Art Core wrote:Je n'ai souvenir de lui que dans le Leone et sa prestation mimétique d'avec celle de Gian Maria Volonte de le Bon, la Brute et le Truand m'avait plutôt convaincu :wink: .
Gian Maria Volonte, non, Eli Wallach, plutôt.
[...]But being this a .44 magnum, the most powerful handgun in the world, and would blow your head clean off, you have to ask yourself one question : "Do I feel lucky ?". Well, do you, punk ?
blaisdell
Assistant opérateur
Posts: 2285
Joined: 2 May 05, 16:19

Post by blaisdell »

harry callahan wrote:
Art Core wrote:Je n'ai souvenir de lui que dans le Leone et sa prestation mimétique d'avec celle de Gian Maria Volonte de le Bon, la Brute et le Truand m'avait plutôt convaincu :wink: .
Gian Maria Volonte, non, Eli Wallach, plutôt.
Dans l'oeuvre de Leone, il y a souvent un personnage grotesque qui donne au récit une tonalité picaresque (un peu comme le "picaro" dans la littérature hispano-italienne)= c'est WALLACH dans LE BON, LA BRUTE ET LE TRUAND; STEIGER dans GIU LA TESTA et ROBARDS dans IL ETAIT UNE FOIS DANS L'OUEST.
harry callahan
Mogul
Posts: 11413
Joined: 13 Apr 03, 17:28
Location: Dans un snack de San Francisco, d'où il vaut mieux que je ne sorte pas

Post by harry callahan »

Certes, mais là n'était pas le but de mon intervention. Je suohaitais simplement préciser que Volonte avait joué dans les deux premiers volets de la trilogie des "dollars" mais que c'est Wallach qui tient le rôle de Tuco, c'est tout.
[...]But being this a .44 magnum, the most powerful handgun in the world, and would blow your head clean off, you have to ask yourself one question : "Do I feel lucky ?". Well, do you, punk ?
blaisdell
Assistant opérateur
Posts: 2285
Joined: 2 May 05, 16:19

Post by blaisdell »

Je n'ai pas dit le contraire mais il me semble que ce n'était pas une précision inutile de ma part :D :D
bogart
Réalisateur
Posts: 6522
Joined: 25 Feb 04, 10:14

Post by bogart »

Dans le célèbre mélodrame de David Lean "Docteur Jivago" Rod Steiger incarnait avec brio un personnage brutal et roublard.
Image
bogart
Réalisateur
Posts: 6522
Joined: 25 Feb 04, 10:14

Post by bogart »

blaisdell wrote: Je nuancerais peut-être sa prestation dans WATERLOO ou il est outrancier au début mais au fur et à mesure que le film évolue et que Napoléon montre ses faiblesses, il devient crédible et touchant aidé par la remarquable photo d'Armando Nanuzzi.

Effectivement le début de son jeu dans le film fait craindre le pire...
Puis on se surprend à oublier le comédien qui s'efface au profit de son personnage historique.
Image
User avatar
Kevin95
Footix Ier
Posts: 18225
Joined: 24 Oct 04, 16:51
Location: Devine !

Post by Kevin95 »

bogart wrote:Dans le célèbre mélodrame de David Lean "Docteur Jivago" Rod Steiger incarnait avec brio un personnage brutal et roublard.
Sa meilleur performance pour moi (avec celle du Leone) ! :wink:
Les deux fléaux qui menacent l'humanité sont le désordre et l'ordre. La corruption me dégoûte, la vertu me donne le frisson. (Michel Audiard)
User avatar
Major Dundee
Réalisateur
Posts: 6541
Joined: 15 May 06, 13:32
Location: Bord de la piscine de "Private Property"

Post by Major Dundee »

Restera toujours pour moi un très grand acteur (c'est vrai que j'aime bien les cabots, en général).
Dans les années soixante, il suffisait qu'il soit au générique pour que je courre voir le film. Je l'ai trouvé génial dans "Sur les quais", "Run of the arrow" "The pawnbroker" "Mains basses sur la ville" "Al Capone" "In the heat of the night" et c'est grâce à lui (et à Coburn) que j'arrive à supporter la vision du Leone.
Pour "The illustrated man" je ne peux pas aider Ratatouille (mais son post date de 2005), car j'ai vu ce film par une chaude nuit d'été, à une séance de minuit, dans un lieu qui ressemblait plus à une fournaise qu'à une salle de ciné. Donc j'ai eu beaucoup de mal à garder les yeux ouverts et je suis sorti en me promettant de revoir le film. Promesse non tenue :roll:
User avatar
Flol
smells like pee spirit
Posts: 49178
Joined: 14 Apr 03, 11:21

Post by Flol »

Major Dundee wrote:Pour "The illustrated man" je ne peux pas aider Ratatouille (mais son post date de 2005)
Et 2 ans plus tard, je n'ai toujours pas vu ce film. Et je cherche toujours à le découvrir...
Swan
Au poil soyeux
Au poil soyeux
Posts: 31866
Joined: 12 Apr 03, 15:00
Location: The Swanage

Post by Swan »

Je te le prêterai d'ici deux ans.
Image
Image
"One Day There'll Be a Place for Us"
User avatar
Rick Blaine
Charles Foster Kane
Posts: 21707
Joined: 4 Aug 10, 13:53
Last.fm
Location: Paris

Re: Rod Steiger (1925-2002)

Post by Rick Blaine »

Across The Bridge (Frontière Dangereuse, Ken Annakin - 1957)


Carl Schaffner (Rod Steiger), un homme d'affaire britannique apprends alors qu'il est en voyage à New York que Scotland Yard est en train de mettre le nez dans ses comptes. Il décide de fuir au Mexique. En chemin, il emprunte l'identité d'un autre voyageur pour passer la frontière, mais apprends que celui-ci est un meurtrier recherché.


J'associais plutôt Ken Annakin à des productions Disney ou à des super-productions Fox (type Le Jour le Plus Long ou La Bataille des Ardennes), c’était donc une surprise pour moi de le voir à la tête de cette série B noire, et qui plus est de la réussir à ce point.
Across The Bridge est l'adaptation d'un texte de Graham Greene - souvent gage de sujet passionnant - produit par la Rank, tourné en Espagne, avec une vedette américaine. Curieux mélange qui se paye visuellement à quelques instants, notamment lorsque l'on voit par la fenêtre de l’hôtel New-yorkais où réside Schaffner le décor de la ville qui ne semble être qu'un dessin. Voilà, c'est le seul reproche que j'ai trouvé à faire au film. :D (Si, la musique est un peu too much au tout début)
Pour le reste, on est subjugué par une tension de tous les instants, souvent renouvelée, et mise en valeur par une mise en scène souvent discrète mais fort efficace, qui s'illustre dès l'introduction, alors que les policiers sont introduits dans le bureau londoniens de Carl Schaffner, et que la double porte s'ouvre face caméra sur un impressionnant portrait du businessman, notre premier contact avec ce personnage trouble.
Un personnage qui est la grande valeur ajoutée du film. Cupide, désagréable, violent, mais finalement attachant, il révèle petit à petit une part d'humanité qui entrainera sa perte. Excellemment écrit, il est surtout remarquablement interprété par un Rod Steiger absolument époustouflant. Celui-ci avait semble-t-il énormément travaillé son rôle, et son incarnation est immense. Il la considérait d'ailleurs lui même comme sa meilleure après celle dans The Pawnbroker de Lumet - que je n'ai pas encore vu.
Autour de lui gravitent des personnages qui, bons ou méchants, se distinguent pour la plupart par leur cupidité et de mauvais sentiments: un policier corrompu, un jeune dépanneur qui ferait tout pour de l'argent, un meurtrier star dans son village, et un inspecteur de Scotland Yard a priori sympathique, mais qui n’hésitera pas à tendre des pièges abjectes à sa proie. Cette galerie donne un ton fort noir à Across The Bridge, film pessimiste qui condamne une humanité gouvernée par l'argent et le crime, et qui ne considère pas les preuves d'humanité même tardives comme un rachat. En cela, la séquence finale, assez atypique, est très marquante.
Excellemment rythmé et écrit, Across The Bridge est un film noir passionnant, qui doit être vu par les fans du genre et pour la performance de Steiger et la tension qu'il instille à chaque instant. Sacré découverte!