Chinatown (Roman Polanski - 1974)

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés avant 1980.

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Major Tom
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Re: Chinatown (Roman Polanski - 1974)

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Nombreux spoilers!

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Los Angeles, 1937. Une sécheresse réelle ou provoquée accable la ville. J.J. Gittes (Jack Nicholson), détective spécialiste des infidélités conjugales, reçoit la visite d'une (fausse) Evelyn Mulwray qui lui demande de filer son époux, Hollis, haut fonctionnaire du Service des Eaux. Il accepte et apprend que Mulwray s'oppose à la construction d'un barrage destiné à alimenter en eau les environs de Los Angeles. Plus tard, il apparaît évident que le projet n'a pas été imaginé pour aider les fermiers mais pour enrichir une poignée de grands capitalistes, tel le multimillionnaire Noah Cross (John Huston) qui se trouve être le père d'Evelyn. Au moment où la presse publie les clichés pris par Gittes prouvant les aventures extra-conjugales d'Hollis Mulwray, l'épouse de ce dernier, la vraie Evelyn Mulwray (Faye Dunaway) apparaît et menace le détective de poursuites judiciaires. Puis Hollis Mulwray est retrouvé mort. Gittes poursuit l'enquête à ses risques et périls...
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C'est à la fois un remarquable thriller, une belle histoire d'amour et un film épique, même s'il compte peu d'action. Comme un western, il met en scène l'Amérique dans une phase particulière de son histoire et dans une de ses régions les plus caractéristiques, et toujours comme un western, il dépasse ces contingences pour atteindre le niveau du mythe, en l'occurrence le mythe de la fondation de l'Amérique. En effet, l'histoire et le développement du Nouveau Monde peuvent aussi se lire à travers la conquête de l'eau ; l'extension vers l'Ouest s'est faite par les grands fleuves, et ils ont contribué à la survie puis à la prospérité des colons, éleveurs ou fermiers.
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L'eau est omniprésente tout au long du film: mer, marécages, lac d'Echo Park, réservoir, etc. Et le jeu de mots sur le nom de Noah (Noé) Cross interprété par John Huston est un signe de la dimension mythique du récit. Le film se base ainsi sur les plans technique et juridique des problèmes en approvisionnement en eau, au cœur de la croissance du pays californien, inspirée par le scandale qui éclata en Californie au début du siècle dernier (ces conflits ont de nouveau surgi durant les années 70, lorsqu'il s'est agi de construire un nouvel aqueduc pour alimenter la vallée de l'Owens). La fin des années trente, période choisie pour le film, était une époque d'importants programmes de travaux publics liés à la politique rooseveltienne et le New Deal. Une époque, également, où la corruption allait bon train. Autant de points communs avec les années du Watergate contemporaines du tournage.
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Robert Towne avait travaillé pendant deux ans sur le scénario quand Polanski en a pris connaissance. Écrite pour Jack Nicholson, l'histoire présente un personnage de privé très original, rappelant Marlowe sans s'y réduire. Mais trop confuse, trop longue, elle nécessite un travail de réécriture. Polanski supprime la moitié des personnages et simplifie l'action. Avant même la fin de ce travail, le tournage commence. Il n'y a pas de fin écrite. Les divergences artistiques se multiplient. Pour Polanski, sa véritable croix sur le tournage va s'avérer être Faye Dunaway, une furie. Toujours sans fin écrite, Robert Towne insiste pour un happy end où Mme Mulwray tue son père afin de sauver sa fille et, après un bref séjour en prison, elle sort libre et célèbre. Pour Polanski, cette fin où les bons triomphent gâcherait considérablement l'originalité du film. Il imagine plutôt une fin tragique, où toute la distribution se retrouve sur scène comme dans un opéra. C'est sa fin qui est retenue. Il demande à son décorateur de construire un décor de quartier chinois (Chinatown est un titre remarquable mais sans une seule scène dans ce quartier, ce serait un titre mensonger selon Polanski), et il écrit la scène en deux jours avec l'aide de Jack Nicholson pour les dialogues.
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Une autre grande intervention du cinéaste concerne la scène d'amour entre Gittes et Evelyn Mulwray, idée qu'il est seul à défendre et parvient à imposer. Cela donne lieu à un des plus beaux cadrages du film en même temps qu'un superbe plan-séquence en plongée verticale, exploitant tout le rectangle du cinémascope et présentant les deux interprètes principaux en gros plan, couchés dans un lit. Mouvement et cadrage déjà expérimentés par Polanski dans Rosemary's Baby et dans sa version de Macbeth. À cet instant, les tissus des draps rejoignent la subtile apparence d'un ciel du Quattrocento, et la pose maniérée des mains d'Evelyn ainsi que la frontalité des visages nous mettent en présence d'une fresque. On ne sait plus si on les regarde depuis en haut ou si ce sont eux qui nous contemplent depuis un plafond.
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Film californien sur la Californie, Chinatown est aussi un film hollywoodien sur Hollywood. Polanski n'a pas voulu faire une œuvre rétro ou un démarquage volontaire des grands classiques, ni à imiter les techniques cinématographiques ou utiliser un noir & blanc facile. Il cherche plutôt à montrer les années trente par l'objectif d'une caméra des années soixante-dix, en reconstituant le monde et l'époque des romans de Hammett et Chandler par le décor, les costumes et la langue. Cependant, le choix des costumes est volontairement limité aux couleurs noir, blanc, marron ou beige. Les références aux films de Bogart sont narratives ou scénographiques et on parlera plutôt de clins d'œil que de citations ou d'emprunts significatifs. Le choix de John Huston en est évidemment un. La situation au début, avec la femme au fume-cigarette qui se fait passer pour une autre dans le bureau du détective, ou la tache claire des images retirées du mur, en sont d'autres. On peut aussi constater de remarquables rappels à Orson Welles (en interviews, Polanski a souvent tenu Citizen Kane pour film favori), comme par exemple le plan d'ensemble avec grande profondeur de champ de la conférence sur le projet de barrage. On se souviendra même qu'au meeting politique de Kane, un personnage qui l'observait de loin en train de faire son speech s'appelle James W. Gettys, oralement proche de Jake J. Gittes. Difficile de ne pas penser à une influence sur ce film...
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Le héros est un voyeur professionnel, et toute une stratégie de points de vue et de cadrages nous le rappelle constamment.
  • "Mon premier vrai travail a consisté à rendre le personnage de Gittes subjectif. Ce qui créé l'atmosphère dans les livres de Chandler ou de Dashiell Hammett, c'est que c'est écrit à la première personne. On doit avoir l'impression de vivre les aventures du détective privé, avec lui, l'impression d'être le témoin invisible de tout ce qui se passe. Il ne faut donc pas de scène vécue ailleurs qu'en sa présence."
    (Roman Polanski dans L'Express de décembre 1974)
En partant de ce fait pour analyser le film, on s'aperçoit qu'effectivement Polanski ne quitte jamais son héros, mais surtout il place sa caméra à hauteur d'homme, filmant fréquemment par-dessus l'épaule de Gittes. Le réalisateur redouble le spectateur dans sa situation d'observateur indiscret et l'interpelle dans son rapport au cinéma. Souvent, Gittes dissimule quelque chose et la caméra bouge ou le suit pour découvrir avec lui ce qu'il observe. Ce qui importe avant tout pour le réalisateur est de représenter une réalité qui soit la plus crédible possible, donc de placer sa caméra à la distance exacte où se mettrait un témoin de la scène pour regarder. Exemples en vrac :
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Dans le même ordre d'idées, l'impressionnante séquence finale nous met en présence d'un autre public, celui des Chinois qui envahissent l'écran, contemplant le corps maculé de sang d'Evelyn Mulwray. Comme la plupart des spectateurs, ils sont silencieux, impuissants, avides de sensations. L'objet de leur regard est le même que celui de Gittes et que le nôtre: le corps sans vie d'Evelyn. Puis le film s'achève par un impressionnant plan à la grue qui rassemble en un mouvement unique et continu tous les voyeurs du film...
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Droudrou
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Re: Chinatown (Roman Polanski - 1974)

Post by Droudrou »

en 1990 il y a eu une suite réalisée par Nicholson avec Nicholson Piège pour un privé (the two jakes)...
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John Wayne : "la plus grande histoire jamais contée" - It was true ! This man was really the son of God !...
julien
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Re: Chinatown (Roman Polanski - 1974)

Post by julien »

Parait que sur le tournage, Nicholson se faisait tellement chier qu'il préférait rentrer chez lui et regarder des matchs de base ball. Une fois Polanski a débarqué dans sa piaule et furieux, a jeté le téléviseur par la fenêtre.
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Major Tom
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Re: Chinatown (Roman Polanski - 1974)

Post by Major Tom »

julien wrote:Parait que sur le tournage, Nicholson se faisait tellement chier qu'il préférait rentrer chez lui et regarder des matchs de base ball.
Non c'est complètement erroné. Au contraire, Nicholson s'investissait réellement dans ce rôle. Il adorait travailler avec Polanski, c'était une joie de toutes les minutes, il arrivait à l'heure, connaissait son texte et celui des autres... Il a même dirigé Polanski lorsqu'il apparaît dans le film.

C'est surtout Faye Dunaway qui a foutu la merde. :D
julien wrote:Une fois Polanski a débarqué dans sa piaule et furieux, a jeté le téléviseur par la fenêtre.
C'est cavalièrement résumé, hein. ;) Toutefois, bien que différente, cette anecdote est arrivée et correspond à la seule querelle sanglante entre lui et son réalisateur. C'est arrivé un jour de grand match nationnal de basket-ball. Sur le plateau de Chinatown, c'est le jour du tournage de la scène où Gittes attend le successeur de Mulwray en passant en revue des photos dans le bureau (de la "figuration" selon Nicholson)...
En passionné de sport, quand il ne tourne pas, Nicholson court voir le match dans sa caravane. Mais l'éclairage extérieur (à travers les stores) pose des problèmes. Ils viennent aussi d'entamer les heures supplémentaires. Polanski veut tourner et en finir avec cette scène ce soir-là. Il commence à s'énerver et alors qu'on amène pour la énième fois Jack Nicholson sur le plateau, Polanski lui dit sans être sérieux : "Si c'est comme ça, on remballe." Et Nicholson a beau être professionnel, il décide de jouer les peaux de vache et lui répond: "D'accord!" et retourne voir son match. :lol:
Vexé, Polanski entre dans la caravane avec un balai et tente de casser le téléviseur avec, mais ça ne marche pas. Du coup, il le jette par la fenêtre et il se casse en mille morceau. Puis Nicholson se fout en rogne de façon irrationnelle, enlève son costume de Gittes et part à poil (!) du plateau jusqu'à sa voiture en vociférant. :) Le soir même, Polanski et Nicholson se marrent de la situation, et ils ont décidé de ne rien dire au producteur, Bob Evans, qui se faisait un mourron pas possible. :D
Le tournage a repris normalement sans aucun autre heurt le jour suivant...
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julien
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Re: Chinatown (Roman Polanski - 1974)

Post by julien »

Ah Merci. Tu viens de me rafraichir la mémoire. Je ne me souvenais plus des détails. Pour Faye Dunaway j'ignorais d'ailleurs qu'elle avait posée des problèmes sur le plateau. Mais à ce qu'il parait, elle a un caractère de cochon. Ça m'avait bien fait marrer en tout cas cette histoire. Ce genre d'embrouille c'est le genre de truc qu'on devrait voir plus souvent dans les makings of qui en général sont souvent très policés et ne reflètent pas exactement la véritable ambiance qu'il y a sur un tournage.
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Boubakar
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Re: Chinatown (Roman Polanski - 1974)

Post by Boubakar »

Major Tom wrote:Le tournage a repris normalement sans aucun autre heurt le jour suivant...
On dirait que tu pourrais tenir le journal du tournage ! :shock:
Mais l'anecdote est marrante, je ne la connaissais pas (celle avec Faye Dunaway et le gobelet de pisse qu'elle aurait renversé sur Polanski, ou avec le cheveu récalcitrant, est encore plus célèbre, je pense).
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Major Tom
Petit ourson de Chine
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Re: Chinatown (Roman Polanski - 1974)

Post by Major Tom »

julien wrote:Ah Merci. Tu viens de me rafraichir la mémoire. Je ne me souvenais plus des détails. Pour Faye Dunaway j'ignorais d'ailleurs qu'elle avait posée des problèmes sur le plateau. Mais à ce qu'il parait, elle a un caractère de cochon. Ça m'avait bien fait marrer en tout cas cette histoire. Ce genre d'embrouille c'est le genre de truc qu'on devrait voir plus souvent dans les makings of qui en général sont souvent très policés et ne reflètent pas exactement la véritable ambiance qu'il y a sur un tournage.
Faye Dunaway est la parfaite antithèse de Jack Nicholson. Limite, elle s'en fout du film.
En vrac (moi aussi j'adore :D ) :
Elle ne retient pas ses répliques, discute de chaque ligne qu'elle change avant de revenir au dialogue initial, n'arrive pas à l'heure (d'autant qu'elle consacre un temps de plus en plus long au maquillage au fur et mesure du tournage), et se fout dans des colères de star incroyables.
Dès qu'ils coupent, elle tient à refaire son maquillage. Intégralement.
(à la fin du tournage, l'équipe lui a créé et offert en cadeau d'adieu un tube de Blistex géant)
Polanski n'en peut plus. Quand il supprime une ligne de son texte pour dynamiser l'action, elle le prend personellement, comme un affront, et l'accuse de mutiler son rôle.

Jusqu'à cette éééénooooorme engueulade. :D Elle est survenue au moment de la scène au cours de laquelle Nicholson et elle se rencontrent dans un restaurant (après qu'il a eu l'aile du nez tranchée). La caméra est à côté de l'épaule de Faye, mais un de ses cheveux rebique et accroche la lumière. Pour Polanski, "c'était le genre de situation épouvantable où, si on ne faisait rien, toute l'attention du public serait mobilisée sur un seul cheveu illuminé" (dans Roman p. 476).
Il coupe et convoque la coiffeuse. Silence de mort. Faye Dunaway ne comprend pas ce qui se passe. La coiffeuse fait de son mieux pour aplatir le cheveu rebelle, mais aucune quantité suffisante de laque ne suffit.
En désespoir de cause et pensant qu'elle ne sentira rien, Polanski lui arrache le cheveu... :mrgreen: Hurlements hystériques, obscénités, on peut dire qu'il a senti passer la redoutable furie Dunaway, "capable de jurer comme un camioneur". Polanski devra s'excuser pour ce cheveu même pas coupé en quatre auprès de l'agent de Dunaway, tout en ajoutant que "c'est une dingue et une emmerdeuse". Du coup, Dunaway a recommencé son flot d'injures épouvantables, son entourage a dû s'en souvenir longtemps, et crache encore son venin...

Une autre scène ; une scène de voiture où Dunaway conduit pendant que Nicholson lui parle à côté. Le principal souci de Polanski c'est l'éclairage. Seulement Dunaway a envie de pisser. Polanski lui réplique qu'elle n'a pas le temps: il faut tourner immédiatement. Entre deux prises, alors qu'il s'approche d'elle pour lui donner de nouvelles indications, elle lui jette le contenu d'un gobelet à la gueule, et Polanski gueule: "Salope, c'est de la pisse!" et Nicholson était hilare.
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Demi-Lune
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Re: Chinatown (Roman Polanski - 1974)

Post by Demi-Lune »

Major Tom wrote: Une autre scène ; une scène de voiture où Dunaway conduit pendant que Nicholson lui parle à côté. Le principal souci de Polanski c'est l'éclairage. Seulement Dunaway a envie de pisser. Polanski lui réplique qu'elle n'a pas le temps: il faut tourner immédiatement. Entre deux prises, alors qu'il s'approche d'elle pour lui donner de nouvelles indications, elle lui jette le contenu d'un gobelet à la gueule, et Polanski gueule: "Salope, c'est de la pisse!" et Nicholson était hilare.
L'anecdote relative au gobelet de pisse est vraiment hilarante :uhuh: Le genre de truc tellement too much que cela pourrait bien être vrai, surtout à cette époque. Et tellement too much qu'elle n'est absolument pas évoquée dans les suppléments du collector de Chinatown, dans mon souvenir.
Faudra vraiment que je débusque Roman par Polanski, un de ces quatre, parce que le Biskind, tout savoureux qu'il soit, reste relativement frustrant (trop court, on aimerait en savoir tellement plus).
Gounou
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Re: Chinatown (Roman Polanski - 1974)

Post by Gounou »

Demi-Lune wrote:Faudra vraiment que je débusque Roman par Polanski, un de ces quatre
Tu veux mettre Major Tom au chômage, ou quoi !? :o :mrgreen:
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Alphonse Tram
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Re: Chinatown (Roman Polanski - 1974)

Post by Alphonse Tram »

Major Tom wrote:En désespoir de cause et pensant qu'elle ne sentira rien, Polanski lui arrache le cheveu... :mrgreen:
Très bon, ça aussi :mrgreen:
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Major Tom
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Re: Chinatown (Roman Polanski - 1974)

Post by Major Tom »

Gounou wrote:
Demi-Lune wrote:Faudra vraiment que je débusque Roman par Polanski, un de ces quatre
Tu veux mettre Major Tom au chômage, ou quoi !? :o :mrgreen:
Tout ne vient pas de là. D'ailleurs, si pour le cheveu c'est vérifiable dans plein de bouquins et reportages, l'anecdote de la pisse provient du Nouvel Hollywood qui dit beaucoup de conneries, donc à prendre quand même avec des pincettes... :)
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Strum
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Re: Chinatown (Roman Polanski - 1974)

Post by Strum »

Merci Major Tom pour cette intéressante critique de Chinatown ! C'est un grand film et mon Polanski préféré d'assez loin. En revanche, je trouve que l'anecdote où il "arrache" un cheveu de Faye Dunaway n'est pas très flatteuse pour lui (surtout s'il veut vraiment nous faire croire qu'il pensait qu'elle "ne sentirait rien" :uhuh: ), de même que celle selon laquelle il refuse qu'elle aille faire pipi (si elle est exacte).
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Major Tom
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Re: Chinatown (Roman Polanski - 1974)

Post by Major Tom »

:wink:
Strum wrote:En revanche, je trouve que l'anecdote où il "arrache" un cheveu de Faye Dunaway n'est pas très flatteuse pour lui
Je trouve la réaction de Dunaway cent fois pire que celle de Polanski, perfectionniste au regard aiguisé qui remarque même un cheveu attirant la lumière (et puis arracher un cheveu ne fait pas super mal, on me le fait avec les premiers cheveux blancs :mrgreen: :| il y a bien pire comme réals :) ).
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Colqhoun
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Re: Chinatown (Roman Polanski - 1974)

Post by Colqhoun »

Strum wrote:Merci Major Tom pour cette intéressante critique de Chinatown !
Je me joins à Strum.
J'ai énormément aimé lire ton texte Major. D'autant plus qu'il s'agit là d'un film dont je ne me lasse pas. Je peux le regarder en boucle.
Comme je le disais à Demi-Lune dans le topic de Vertigo, certains films m'ont pris un peu de temps avant de pleinement les apprécier. Chinatown en fait partie.
La première fois, j'ai passé un bon moment, puis le film s'est installé dans mon esprit et depuis je le revois en moyenne une fois par année avec un plaisir grandissant.
C'est assez clairement l'un des films les plus importants des 70s. J'adore la réalisation de Polanski, la lourdeur de l'atmosphère qui pèse sur L.A..
Et la musique de Goldsmith est tout autant fabuleuse.
Du coup ça m'a donné envie de le revoir.
(et faut absolument que je me procure la magnifique affiche)
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Boubakar
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Re: Chinatown (Roman Polanski - 1974)

Post by Boubakar »

Major Tom wrote::wink:
Strum wrote:En revanche, je trouve que l'anecdote où il "arrache" un cheveu de Faye Dunaway n'est pas très flatteuse pour lui
Je trouve la réaction de Dunaway cent fois pire que celle de Polanski, perfectionniste au regard aiguisé qui remarque même un cheveu attirant la lumière (et puis arracher un cheveu ne fait pas super mal, on me le fait avec les premiers cheveux blancs :mrgreen: :| il y a bien pire comme réals :) ).
Et dans sa bio, que dit Polanski sur son travail avec Towne, qui avait quasiment écrit le film dans du marbre ?