William A. Wellman (1896-1975)

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés avant 1980.

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Frances
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Re: William A. Wellman (1896-1975)

Post by Frances »

feb wrote:Mais il faut quand même noter que cela n'a rien à voir avec Other Men's Women car avec Night Nurse on est dans le Pre-Code façon "Le Pre-Code en 10 leçons" : le film semble suivre à la lettre tout ce qu'il faut mettre à l'écran pour faire péter une pile au père Hayes :mrgreen: Des infirmières en tenues légères, "apologie" de l'alcool, "maltraitance" sur l'enfant, bootleggers, etc...c'est distrayant (Stanwyck et Blondell obligent), c'est vraiment dynamique (merci Wellman), on y découvre un Gable dans rôle de pourri (pas forcément très bon d'ailleurs alors que le monsieur commence à se faire un nom à la MGM et qu'à la suite de ce film il va vraiment envoyer du lourd : Susan Lennox avec Garbo, les meilleurs films avec Crawford, avec Jean Harlow...tout ça avec sa fameuse moustache) et puis Stanwyck en nuisette....mais ça je ne sais pas si ça va t'intéresser :mrgreen:
Disons que Wellman propose 2 films différents : d'un côté un pur produit Pre-Code made in Warner et de l'autre un drame avec triangle amoureux où des touches de Pre-Code sont placées ici et là. Ce sont 2 visions du film Pre-Code, mais dans les 2 cas c'est du plaisir en DVD :wink:
Parfait alors. Puisque je compte explorer le Pre-code toutes les variations m'intéressent. Et je n'ai pas encore eu l'occasion de voir une somme des futurs interdits à l'écran. Donc je prends (il est dans le forbidden Hollywood vol 2 je crois). Encore des dépenses en perspective.
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feb
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Re: William A. Wellman (1896-1975)

Post by feb »

Oui il se trouve dans le coffret N°2 avec les 2 Norma Shearer (il faut aimer la dame par contre...moi je suis un gros fan :mrgreen: ), le très bon Female (Ruth Chatterton qui allume les mecs à la volée, ça c'est la classe !) et l'excellent Three on a Match. Et pour encore plus casser la tirelire, tu peux te prendre le coffret N°1 qui contient le match MGM/Warner avec Red-Headed Woman/Baby Face...grosse préférence pour le 2nd qui est lui aussi un sacré client pour le "Pre-Code en 10 leçons" :wink:
ed wrote:Portrait de la jeune fille en feu
L'un des films les plus rigoureux, scénaristiquement et formellement, qu'il m'ait été donné de voir depuis longtemps (...)
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Frances
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Re: William A. Wellman (1896-1975)

Post by Frances »

feb avec toutes tes recommandations souvent très pertinentes je cours à ma perte à la vitesse de l'éclair :mrgreen:
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feb
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Re: William A. Wellman (1896-1975)

Post by feb »

Tout est une question de priorité :mrgreen:
ed wrote:Portrait de la jeune fille en feu
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Re: William A. Wellman (1896-1975)

Post by Federico »

Julien Léonard wrote:Ah non mais Night nurse, c'est du pur plaisir... C'est d'ailleurs le film avec lequel j'avais découvert Barbara Stanwyck. Elle est depuis devenue mon actrice préférée, au sommet de mon top 30.
En regardant sa filmo, j'ai peur de l'avoir découverte via des séries TV de sa seconde partie de carrière. :?
Puis j'ai progressivement abordé la Stanwyck d'avant avec Miss Manton est folle, La Gloire du cirque et puis surtout Un coeur pris au piège et Les 40 tueurs... Une sacrée nana dont j'ai honte d'avoir vu si peu de films (une dizaine à tout casser). Par chance, le DVD de Night nurse n'attend plus que je daigne enfin le glisser dans le lecteur... :D
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Re: William A. Wellman (1896-1975)

Post by Julien Léonard »

Federico wrote:
Julien Léonard wrote:Ah non mais Night nurse, c'est du pur plaisir... C'est d'ailleurs le film avec lequel j'avais découvert Barbara Stanwyck. Elle est depuis devenue mon actrice préférée, au sommet de mon top 30.
En regardant sa filmo, j'ai peur de l'avoir découverte via des séries TV de sa seconde partie de carrière. :?
Puis j'ai progressivement abordé la Stanwyck d'avant avec Miss Manton est folle, La Gloire du cirque et puis surtout Un coeur pris au piège et Les 40 tueurs... Une sacrée nana dont j'ai honte d'avoir vu si peu de films (une dizaine à tout casser). Par chance, le DVD de Night nurse n'attend plus que je daigne enfin le glisser dans le lecteur... :D
Elle y est belle à se damner en plus dans ce film... Comme durant toute l'époque pré-code. Chez Capra, elle est sublime aussi. :oops:

Dans 40 tueurs, il faut la voir assurer ses cascades, traînée à terre par un cheval... A 50 ans ! Quel diable de femme ! Et dans le même temps si féminine, si belle, si intelligente. Quelle carrière, quelle présence !

Bref, c'est Barbara Stanwyck quoi... :mrgreen:
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Jeremy Fox
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Re: William A. Wellman (1896-1975)

Post by Jeremy Fox »

Et elle est tout aussi sublime et talentueuse dans Illicit de Archie Mayo qui a failli être mon film du mois
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Re: William A. Wellman (1896-1975)

Post by Julien Léonard »

Jeremy Fox wrote:Et elle est tout aussi sublime et talentueuse dans Illicit de Archie Mayo qui a failli être mon film du mois
Entièrement d'accord concernant sa présence dans ce film !
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Frances
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Re: William A. Wellman (1896-1975)

Post by Frances »

On doit aussi parler de sa magnifique interprétation dans "There's Always Tomorrow" de Douglas Sirk. Très touchante en femme amoureuse de Fred MacMurray (excellent lui aussi d'ailleurs).
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feb
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Re: William A. Wellman (1896-1975)

Post by feb »

Barbara Stanwyck est une actrice dont la filmographie est intéressante durant toutes ses époques : du Pré-Code au western, de la Screwball au film noir et même dans sa partie TV où elle conserve un charme et un pouvoir d'attraction intacts.
Jeremy Fox wrote:Et elle est tout aussi sublime et talentueuse dans Illicit de Archie Mayo qui a failli être mon film du mois
Le match avec Grand Hotel a été serré.
ed wrote:Portrait de la jeune fille en feu
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Re: William A. Wellman (1896-1975)

Post by Julien Léonard »

Oui, Grand Hotel a remporté tous les suffrages auprès de Jeremy ! :mrgreen:
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Re: William A. Wellman (1896-1975)

Post by Federico »

L'ange blanc (Night nurse, 1931)


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Devant les commentaires dithyrambiques, j'ai enfin pu découvrir ce drame social pre-Code mâtiné de Noir... et je suis désolé mais faut quand même pas trop s'emballer.

Stanwyck est (quasiment comme toujours) épatante en jeune femme volontaire et courageuse qui désire plus que tout devenir infirmière. De l'intelligence, du charme, de la répartie. Elle fait de son mieux et rend une copie parfaite. Le problème, c'est qu'en face, à l'exception d'une Joan Blondell égale à elle-même mais hélas dramatiquement sous-employée, le reste de la distribution n'est pas à la hauteur.

Dommage car le début s'annonçait vraiment intéressant avec cet aperçu documentaire du quotidien d'un hôpital qui n'a pas tant vieilli que ça, notamment dans les relations entre les infirmières et leur hiérarchie. Infirmière en chef au comportement d'adjudant, internes dragueurs et faisant des blagues de... carabins (le classique gag moyenâgeux du squelette), "grand patron" autoritaire et n'admettant pas la contradiction... Plus daté (fort heureusement), son régime de pensionnat privé pour jeunes filles (on y travaille et dort avec interdiction de sortir tard et les jeunes diplômées prêtent serment comme des nonnes).

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Et je fais don de mon corps infirmier à la science...


Ça commence à se gâter dès que Stanwyck se voit confier la garde de nuit des deux fillettes malades (et surtout maltraitées) d'une jeune femme fétarde, bourrée du soir au matin et qui est sous la coupe de son chauffeur. On a droit au jeu médiocre de la mère (la pauvre Stanwyck ne peut rien faire d'autre que rester les poings sur les hanches à la regarder flageoler avec son crétin d'ami), de la gouvernante (qui répète dix fois la même ligne censée être drôle sur le bain de lait de sa soeur), du médecin-chef corrompu affligé d'un tic ridicule...

Et puis Clark Gable, certes encore débutant et alors abonné aux rôles de mauvais garçon brutal, visiblement très mal à l'aise dans un emploi tout aussi mal dégrossi. On le voit heureusement assez peu. A noter toutefois que son entrée est plutôt réussie, la caméra ne cadrant que ses jambes.

A propos de guiboles, Wellman ne se prive pas de nous montrer le galbe élancé de celles de Stanwyck...

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That's a fine line, "sister"...


Parmi les bonnes idées : le patient qui engueule en chinois sa petite famille venue à son chevet (avec le gamin effronté qui lui répond d'un "Nuts !" de seconde génération d'immigrants), Stanwyck débarquant en urgence dans la party très alcoolisée du salon de la mère indigne et que les invités lourdement chargés prennent pour une attraction (clin d'oeil un peu lourd au vieux fantasme de la tenue d'infirmière) ; le pauvre jouet en plastique abandonné dans le bain de lait puis vidé avec dans l'évier ; le cambriolage inédit d'un magasin de Delikatessen pour dérober son stock de lait...

Après avoir visionné plusieurs films pre-Code, je leur trouve à tous un point commun : des premières parties très prometteuses (voire pour certains fulgurantes) et puis comme si les scénaristes tombaient en panne d'inspiration (ou de "liquidités" inspiratrices, en ces temps de Prohibition), la suite part de plus en plus en eau de boudin. J'en serais presque à me demander si trop de libertés n'aurait pas paradoxalement étouffé l'imagination...

Comme noté par certains classikiens, le film est un catalogue des interdits à venir : alcoolisme, corruption, violence sur femmes et enfants, adultère et - toute relative - nudité (Wellman prend au début un grand plaisir à faire mettre en "undies" Stanwyck et Blondell, le "fan service" type de l'époque.)

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Skeltonploitation...

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...ou Playtexploitation movie ?


Sans parler du final où la gentille, brave et honnête infirmière accueille avec un grand sourire la nouvelle que lui apprend son sympathique voyou de copain (joué par un ersatz de Dick Powell), à savoir qu'il vient de charger ses potes de descendre Gable.

Côté répliques, la plus osée se trouve au début lorsque l'interne coquin vient mater Stanwyck en train de se changer : "Oh, don't be embarrassed. You can't show me a thing. I just came from the delivery room." ("Ne vous gênez surtout pas pour moi. J'en ai vu d'autres. Je sors juste de la salle d'accouchement.") A ranger dans la catégorie "super fin"... et évidemment pas prête d'être entendue à nouveau avant quelques décennies. :roll:

Conclusion : une curiosité pre-Code qui vaut essentiellement pour son interprète principale, la pimpante Barbara Stanwyck, déjà droite dans ses escarpins, le regard franc, direct et pas la langue dans sa poche.

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Last edited by Federico on 10 Feb 13, 22:47, edited 2 times in total.
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Re: William A. Wellman (1896-1975)

Post by Jeremy Fox »

Même avis que Federico : un pre-code qui était loin de m'avoir emballé après un début prometteur.
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feb
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Re: William A. Wellman (1896-1975)

Post by feb »

Federico wrote:Après avoir visionné plusieurs films pre-Code, je leur trouve à tous un point commun : des premières parties très prometteuses (voire pour certains fulgurantes) et puis comme si les scénaristes tombaient en panne d'inspiration (ou de "liquidités" inspiratrices, en ces temps de Prohibition), la suite part de plus en plus en eau de boudin. J'en serais presque à me demander si trop de libertés n'aurait pas paradoxalement étouffé l'imagination...
Comme raison de ces chutes d'interêt sur les secondes moitiés de film, il y a, je pense, le besoin pour les producteurs de ne pas se retrouver avec un film sur les bras à cause du Board of Censorship. Les producteurs veulent en montrer toujours un peu plus que ce que le Code autorise mais à un moment ils activent les aéro-freins et doivent passer par un final qui contraste énormément avec le contenu du film. On a montré des femmes très légères, des hommes riches qui profitent de ces mêmes demoiselles, des bootleggers, de l'alcool, des beuveries mais sur la fin on passe un bon coup de gomme et tout doit redevenir normal : le mari volage revient dans le foyer, la femme fatale est punie ou accepte de se transformer en mère au foyer pour vivre avec celui qu'elle aime, etc.
Je prendrais comme exemple l'excellent Female signé par Michael Curtiz, William Dieterle et William Wellman (rayez la mention inutile :mrgreen: ) où Chatterton incarne une femme vraiment libre, quasi égale de l'homme qui allume les employés de son entreprise pendant la journée, les ramène à la maison le soir et les vire le lendemain matin. Mais lorsqu'elle tombe sur George Brent, le film perd un peu de son intérêt car le personnage féminin semble s'écraser devant l'homme au point de nous offrir un final vraiment trop abrupt dans sa mise en place : elle quitte son job, lui laisse les clés de l'entreprise et elle va devenir femme au foyer pour élever ses 9 enfants...moi je dis que c'est dommage parce que c'est la Ruth Chatterton du début du film qui m'interesse :mrgreen:
ed wrote:Portrait de la jeune fille en feu
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Re: William A. Wellman (1896-1975)

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Oui, comme l'avait écrit un philosophe sévèrement moustaché : "Le concubinage, lui aussi, a été corrompu. Par le mariage." :mrgreen:
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