William A. Wellman (1896-1975)

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés avant 1980.

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Beule
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William A. Wellman (1896-1975)

Post by Beule »

Ce soir (samedi 31) projection de deux westerns assez rares de William Wellman à la Cinémathèque des Grands Boulevards: Yellow Sky (La ville abandonnée/ Nevada) et Track of the cat.

Je ne garde du premier qu'un souvenir pour le moins diffus, celui d'une oeuvre assez chargée visuellement, un peu bavarde et assortie d'un final moralisateur des plus inconcevables.Et tout de même d'un très grand numéro de Widmark J'irai vérifier ça ce soir.

Par contre jamais vu le second, qui du western ne retient je crois d'ailleurs que le cadre. M'encouragez-vous ou pas à en faire la découverte?
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Dave Bannion
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Post by Dave Bannion »

La ville abandonnée m'a laissé un très bon souvenir : nerveux, très bien mis en scène et interprétation géniale (et grimaçante...) de Widmark.
Je ne l'ai pas trouvé moralisateur comme toi.
Track of the cat (passé au cinéma de minuit il n'y a pas très longtemps) m'a paru long, poussif et beaucoup plus convenu.
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Beule
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Post by Beule »

Dave Bannion wrote:La ville abandonnée m'a laissé un très bon souvenir : nerveux, très bien mis en scène et interprétation géniale (et grimaçante...) de Widmark.
Je ne l'ai pas trouvé moralisateur comme toi.
Track of the cat (passé au cinéma de minuit il n'y a pas très longtemps) m'a paru long, poussif et beaucoup plus convenu.
Merci Dave. Comment ce fait-il que j'ai raté Track of the cat au cinéma de minuit. Comprends pas...

C'est le final de La ville abandonnée qui m'a laissé cet arrière-goût moralisateur. Peck en chef de banque acceptant de rendre l'argent du hold-up par amour pour Anne Baxter, et pouvant dès lors assumer tranquillement son passé, quand même...
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Roy Neary
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Post by Roy Neary »

J'aime beaucoup La Ville abandonnée et son ambiance poisseuse. Je ne saurais dire si la fin est moralisatrice, mais je la trouve bien amenée car l'évolution du personnage de Gregory Peck est finement traitée. D'autant plus que Peck n'est jamais aussi bon comédien (c'est mon avis) que lorsqu'il est confronté à un acteur de grand talent comme ici Richard Widmark. C'est l'un de ses premiers rôles après Le Carrefour de la mort et je trouve Widmark toujours aussi génial dans son rôle de personnage cruel et sardonique. La mise en scène, avec comme souvent pas mal de théatralité chez Wellman, exploite bien les décors de cette ville fantôme. Bref un grand western selon moi.

Pas vu Track of the Cat . Moi aussi j'ai du le manquer chez Brion. :?
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Beule
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Post by Beule »

Bon, et bien mes souvenirs diffus ne me trahissaient malheureusement pas. Ce Yellow sky m'est effectivement apparu très théatral, j'irai jusqu'à oser le terme franchement plombé dans sa mise en scène. Alors effectivement on peut y voir la volonté du cinéaste de fondre la psychologie de ses personnages dans la déliquescence physique et architecturale de cette ghost town. Une chose est sûre, je m'y suis passablement ennuyé, et ce, même si çà et là, Wellman signe quelques scènes superbes (comme dans cet autre classique n&b des 40s, L'étrange incident du reste):tous les affrontements entre Baxter et Peck, toutes ces confrontations autour de ce point d'eau où massèrent les vilainies des protagonistes.
Du coup pas eu le courage d'enchaîner sur Track of the cat. J'aurais peut-être du: ça m'aurait évité de me rejouer toute la pluie tombe sur moi à la sortie :)
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Roy Neary
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Post by Roy Neary »

Beule wrote:Alors effectivement on peut y voir la volonté du cinéaste de fondre la psychologie de ses personnages dans la déliquescence physique et architecturale de cette ghost town.
C'est effectivement mon avis et c'est ce que j'entendais rapidement par "ambiance poisseuse". Il est clair que les westerns de Wellman comme L'étrange incident ou celui-là sont particuliers et finalement moins appréciés. Moi, je continue à les aimer même si je préfère de loin les oeuvres de Ford, Hawks, Mann, Hathaway, Walsh, Sturges, Daves, Peckinpah et autres.
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Jeremy Fox
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Post by Jeremy Fox »

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Track of the Cat (1954) de William Wellman
BATJAC


Avec Robert Mitchum, Teresa Wright, Diana Lynn, Tab Hunter, Phillip Tonge, Beulah Bondi
Scénario : A.I. Bezzerides d’après un roman de Walter Von Tilburg Clark
Musique : Roy Webb
Photographie : William H. Clothier (Warnercolor 2.55)
Un film produit par Robert Fellows & John Wayne pour la Batjac


Sortie USA : 27 novembre 1954

En cette fin d’année 1954, avec Track of the Cat, William Wellman nous livre son ultime western. Il ne tournera après ça plus que quatre autres films, terminant sa carrière par Lafayette Escadrille, film de guerre semi-autobiographique avec comme acteur principal, Tab Hunter, déjà présent ici dans le rôle du frère cadet de Robert Mitchum. Avant de quitter ce très grand réalisateur hollywoodien, revenons rapidement sur son cursus dans le genre, l’un des plus passionnants qu’il nous ait été donné de voir jusqu’à présent. Un superbe palmarès d’où se distinguèrent trois immenses chefs-d’œuvre réalisés dans un laps de temps d’à peine trois années : La Ville abandonnée (Yellow Sky), Au-delà du Missouri (Across the Wide Missouri) et Convoi de femmes (Westward the Women). Trois films aussi différents qu’admirables, ayant pour autre point commun une perfection plastique de tous les instants, confirmant le talent d’esthète de Wellman, un esthète souvent austère (façon Dreyer) et non clinquant. Avant ça, il avait commencé en 1943 par le puissant L’Etrange incident (The Ox-Bow Incident), pamphlet impitoyable contre le lynchage, se distinguant déjà par une sobriété exemplaire et une belle et rigoureuse recherche esthétique. Si son Buffalo Bill était un peu décevant, il n’en était pas déshonorant pour autant, lui aussi un véritable régal pour les yeux. Il en est d’ailleurs de même pour Track of the Cat, probablement son film le plus stylisé. Œuvre unique et étrange, elle est dans l’ensemble l’une de plus mal-aimées de sa filmographie au point de n’être jamais sortie en salles en France. Sans évidemment atteindre les sommets des westerns précités, Track of the Cat mérite néanmoins qu’on s’y arrête.


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Fin du 19ème siècle en Californie dans un ranch détenu par la famille Bridges, perdu au milieu des montagnes enneigées. Le vieil indien Joe Sam, homme de main de la famille, alerte les frères Bridges qu’avec l’arrivée des premières neiges, 'la panthère noire' est très probablement revenue pour décimer le bétail. Art (William Hopper) et Curt (Robert Mitchum) se préparent à aller traquer la bête malfaisante. Avant de partir, toute la famille se réunit pour le petit déjeuner ; c’est à cette occasion que l’on fait la connaissance de ses membres et que l’on s’aperçoit des tensions qui règnent entre eux, tous plus ou moins tyrannisés par leur mère (Beulah Bondi) et le fils qui a sa préférence, monstre de cruauté et d’égoïsme, Curt. Le patriarche (Philip Tonge) a préféré s’adonner à la boisson pour oublier cette ambiance délétère ; Grace (Teresa Wright), toujours vieille fille, retrouve un peu de joie de vivre par le fait de côtoyer Gwendolyn (Diana Lynn), voisine et petite amie de Hal (Tab Hunter), son frère cadet. Pourtant, il n’est pas question pour la matrone que les deux jeunes gens pensent au mariage d’autant qu’elle avait dans l’idée de la faire épouser par Curt. Ce dernier prend un plaisir pervers à humilier Gwendolyn devant Hal tandis que son père n’hésite pas à lui jeter des regards concupiscents. C’en est trop pour Gwen qui demande à Hal de choisir entre elle et sa famille ; sa sœur Grace le pousse elle aussi à s’émanciper. Quoiqu’il en soit, tandis qu’au ranch l’ambiance est plus que tendue, les deux frères sortent rendre visite à leur troupeau ; effectivement, comme le pressentait l’indien, les bêtes ont été massacrées par un félin géant qui s’en prend bientôt à Hal qui, attaqué par surprise, succombe à son tour. Curt poursuit seul la piste du ‘monstre’…


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Contrairement à ce que l’on pourrait penser au vu de l’histoire, il ne faut pas s’attendre ici à un ample film d’aventure en plein air, la traque de la bête sauvage n’étant pas ce qui occupe la plus grande place dans le cours de l’intrigue, plutôt recentrée sur le psychodrame familial théâtralisé qui se déroule au sein d’un ranch isolé en pleine nature ‘de studio’. Mais attention, tout cela est voulu et nous y reviendrons après avoir évoqué brièvement la genèse du film. Dès 1949, après que Wellman eut fini de lire le nouveau roman de Walter Von Tilburg Clark (déjà auteur du livre à l’origine de son premier western, L’étrange incident) et en être tombé amoureux, il voulut immédiatement l’adapter au cinéma. Mais il se rendit bien vite compte qu’aucun producteur ne voudrait se lancer dans une telle aventure. Il persévéra, pris son mal en patience jusqu’à ce qu’une opportunité se présente cinq ans plus tard. L’énorme succès de Ecrit dans le ciel (The High and the Mighty), mélodrame pourtant bien médiocre ayant été nominé plusieurs fois aux Oscars y compris dans la catégorie ‘Meilleur réalisateur’, lui ouvrit les portes de son rêve. John Wayne, à la tête de la Batjac, lui donna carte blanche pour tourner ce qu’il voudrait et à sa manière, lui promettant que la Warner le distribuerait. Il ne s’attendait néanmoins pas à ce que Wellman tourne Track of the Cat de la sorte, véritable film expérimental pour l’époque. Wellman imposa en effet ses conditions : tourner en scope et dans un "glorious black and white-colour " ! Même si Wellman fut content de son travail et du résultat obtenu, le film reçut un accueil pour le moins mitigé, aussi bien de la part du public que des critiques et fut un échec commercial. Il devint ensuite un film culte pour sa rareté : comme pour la plupart des films du catalogue Batjac, les descendants de John Wayne le gardèrent sous clé pendant une longue période, sa première diffusion en France ayant eu lieu par le biais du cinéma de minuit de Patrick Brion.


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Le fameux ‘noir et blanc en couleurs’ s’avère être une idée audacieuse et un sacré tour de force ; le résultat est parfaitement convainquant dans sa recherche constante de l’anti-naturalisme. Avec son chef opérateur William Clothier, Wellman a décidé d’atténuer toutes les couleurs et d’en saturer quelques rares autres afin de faire ressortir ces dernières par contraste, avec entre autres buts recherchés le symbolisme (rouge flamboyant de la veste d’un Curt machiste en diable ; rouge du feu allumé pour sauver Curt mais qui paradoxalement provoquera au contraire sa chute et sa mort) ou pour le suspense (le bleu des bouts d’allumettes lors de la séquence digne d’un Hitchcock au cours de laquelle Robert Mitchum n’en dispose plus que trois pour allumer son feu et ne pas mourir de froid). Pour le reste, pour en arriver à un intriguant monochromatisme, l’équipe technique a construit de magnifiques et sobres décors, a érigé quelques splendides toiles peintes et s’est même mis à colorier les feuilles des arbres en noir sur certains extérieurs ! Le tournage en studio a été expressément voulu pour tout ce qui concerne les alentours du domaine familial et le résultat est assez étonnant, dépouillé à l’extrême pour accentuer la théâtralité et cette impression de solitude, d’étouffement et de mesquinerie qui pollue l’atmosphère. Pour les séquences de la traque, Wellman utilise à merveille l'écran large en privilégiant de superbes extérieurs réels mais sans trop chercher à les magnifier (peu de longs panoramiques ni de grands plans d’ensemble) pour garder cette impression de claustrophobie et de menace ; les plans en studio lors de ces séquences sont parfaitement bien intégrés et ne dépareillent pas l’ensemble, n’enlevant rien à l’intensité dramatique que le cinéaste a réussi à instaurer. Le retour incessant de ce plan d’un même et inquiétant sommet montagneux (à la silhouette de tête de chat) fait le même effet qu’un leitmotiv dans le domaine musical et vient constamment ponctuer l’action, servant de transition entre les séquences au ranch et celles dans la neige. D’ailleurs l’excellente partition écrite par Roy Webb fait beaucoup penser à une symphonie ; quasiment omniprésente mais jamais envahissante, se mariant parfaitement bien aux images et à l’intrigue. Bref, du point de vue formel et plastique, la réussite est difficilement contestable.


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On pourra en revanche trouver à redire sur le fond ; Pascal Pernod dans le Positif N°377 parlait d’une "expérience limite et non exempte d'insuffisances". Il faut dire que, dans son enthousiasme à tourner son film, William Wellman n’aurait parait-il pas laissé son scénariste revenir sur la première mouture de son travail d’écriture alors même qu’il n’en n’était pas pleinement satisfait. Ce qui fait de ce mélange assez iconoclaste et unique de western, film d'aventure, théâtre et psychodrame, le tout à la lisière du fantastique, une œuvre parfois boursouflée, verbeuse et statique manquant un peu de subtilité ; mais c’est aussi ce qui fait le charme de cet étrange OVNI. L’aspect fortement théâtral du film (tout se déroule en quelques jours dans deux lieux uniques avec à peine une dizaine de personnages) est tellement présent qu’il s’agit probablement du seul western a avoir été ensuite joué sur une scène ! Sorte de mixture improbable entre Eugène O’Neill et Tennessee Williams, Jacques Tourneur (pour le fait de jouer sur la peur de ce qu’on ne voit jamais) et Dreyer (pour son austère rigorisme), Track of the Cat raconte surtout les relations délétères qui se tissent entre les membres d’une même famille recluse dans un lieu clos : "Un ranch familial perdu au milieu des étendues neigeuses de Californie est menacé à la fois par des conflits internes et un dangereux prédateur…". Au sein de ce drame familial, on y parle d’amour contrarié, de tentative d’émancipation, d’alcoolisme, de jalousies, de mesquineries, de puritanisme… Le New-York Times parlait meme de "Western with Greek overtones". L'obsession de la bête (quasi surnaturelle comme le croit farouchement le vieil indien fantomatique qui disparait et réapparait sans que l’on s’y attende, un peu comme le shérif interprété par Harry Carey dans L’Ange et le mauvais garçon de James Edward Grant) joue un peu le rôle de catalyseur des haines et rancœurs qui existent dans le cœur de la plupart des membres de cette famille un peu stérile, privée d’amour, de liens et d’attention. Dès que la traque au chat sauvage est lancée, tout le monde étant sous pression, les problèmes ressurgissent avec violence et cruauté. Dans cette description sans concession, presque personne n’est épargné et surtout pas la mère qui est à l’origine de cette ambiance délétère.


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Formidable Beulah Bondi qui se délecte à priori d’avoir eu à jouer ce personnage hautement déplaisant, une manipulatrice qui ne demande qu’à ce qu’on l’écoute et lui obéisse ; pour échapper à son entreprise tyrannique, son mari se sentant dans cette propriété "comme un poisson hors de l’eau" a préféré sombrer dans l’alcoolisme d’où le fait de le voir chercher tout au long du film les bouteilles de whisky qu’il cache dans tous les recoins de la maison ; touches humoristiques assez bienvenues au sein de cette atmosphère d’une forte âpreté. Dans la peau de ce patriarche sans autorité, il faut avoir vu le très bon Philip Tonge en haut de l’escalier se mettre à chanter des chants religieux à tue-tête comme s’il s’agissait de chansons à boire. Les trois fils, ce sont Curt (Robert Mitchum, impérial en beau salaud machiste et égoïste), le véritable chef de famille désigné et protégé par sa mère, se plaisant à humilier ses autres frères et sœur dès qu’il en a la moindre occasion ; Arthur (William Hopper), c’est tout le contraire, un homme doux et bon, poète à ses heures, qui ne souhaite pas intervenir ni se mêler des conflits mais qui malheureusement en fera les frais ; quand au cadet, Tab Hunter lui prête sa silhouette de beau gosse et pourtant son personnage reste assez effacé, manquant singulièrement de charisme. Sa sœur restée vieille fille sans l’avoir voulu (superbe Teresa Wright, comme à son habitude) le pousse à s’émanciper, à fuir sa famille en prenant pour épouse la jolie Gwen avec qui elle s’entend à merveille. On parle parfois d’interprétation d’ensemble assez fade ou statique concernant surtout Tab Hunter mais son personnage requérait un tel jeu d’acteur. Il s’avère donc au contraire très bon, très sobre, tout comme la comédienne qui joue sa fiancée, superbe Diana Lynn chez qui tout passe par le regard. Tous deux forment un couple qui offre au film quelques respirations romantiques assez convaincantes ; leurs gestes tendres et la séquence au cours de laquelle ils vont faire l’amour pour la première fois sont assez touchants.


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Reste un dernier protagoniste, celui assez symbolique de l’indien, représentant en fait, non sans quelques lourdeurs, l’histoire de son peuple et son anéantissement. Un homme qui aurait vécu les guerres indiennes, ayant vu sa famille décimée d'une part par les américains, de l'autre par la panthère, croyant dur comme fer depuis ce temps que le félin géant n’est autre que l’esprit du mal venu pour se venger des atrocités commises par les blancs envers la nation indienne. Personnage fantomatique et mystérieux tout comme l’est la bête traquée du titre que l’on ne verra jamais, ce que regrettera d’ailleurs William Wellman, seule chose sur laquelle il n’aurait pas eu gain de cause. Un western psychologique lorgnant vers le mélodrame métaphysique poisseux et vénéneux mais non dénué d’onirisme (les toiles peintes). Il pourra probablement en ennuyer certains mais surement en fasciner d’autres, notamment ceux pour qui la forme importe beaucoup. En effet, en plus de sa plastique épurée inhabituelle, Track of the Cat leur offrira d’autres éléments susceptibles de les réjouir : plans insolites, montage ‘symphonique’ audacieux, utilisation efficace de la musique ou des plages de silence… S’il ne s’agit pas loin de là du meilleur film de Wellman, il n’en demeure pas moins un envoutant et oppressant exercice de style se jouant du naturalisme avec une certaine jubilation !


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O'Malley
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Post by O'Malley »

"Track of the cat" est réellement passé au Cinéma de minuit dernièrement?
Ca m'étonne :? Je l'aurai vu aussi.

En consultant il y a longtemps un vieux Télérama, j'ai pu remarquer qu'il était passé dans le cadre de cette émission au milieu des 80's.
Il me semble qu'il n'a plus été diffusé depuis....
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Jeremy Fox
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Post by Jeremy Fox »

O'Malley wrote:"Track of the cat" est réellement passé au Cinéma de minuit dernièrement?
Ca m'étonne :? Je l'aurai vu aussi.

En consultant il y a longtemps un vieux Télérama, j'ai pu remarquer qu'il était passé dans le cadre de cette émission au milieu des 80's.
Il me semble qu'il n'a plus été diffusé depuis....
Exact, je me le suis enregistré sur TCM il y a peu de temps (1 an et demi environ).

Donc je réitère mon conseil : une belle réussite statique mais passionnante.
Atticus Finch
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Post by Atticus Finch »

Beule wrote:Bon, et bien mes souvenirs diffus ne me trahissaient malheureusement pas. Ce Yellow sky m'est effectivement apparu très théatral, j'irai jusqu'à oser le terme franchement plombé dans sa mise en scène. Alors effectivement on peut y voir la volonté du cinéaste de fondre la psychologie de ses personnages dans la déliquescence physique et architecturale de cette ghost town. Une chose est sûre, je m'y suis passablement ennuyé, et ce, même si çà et là, Wellman signe quelques scènes superbes (comme dans cet autre classique n&b des 40s, L'étrange incident du reste):tous les affrontements entre Baxter et Peck, toutes ces confrontations autour de ce point d'eau où massèrent les vilainies des protagonistes.
Du coup pas eu le courage d'enchaîner sur Track of the cat. J'aurais peut-être du: ça m'aurait évité de me rejouer toute la pluie tombe sur moi à la sortie :)

Beule, tu me rassures ! Moi qui étais déçue de ne pas avoir pu me libérer pour ces 2 Wellman (surtout tentée par le 1er, j'avoue) à la Cinémathèque, je ne regrette rien, du coup.
Petite déviation de ton topic : y avait Raccrochez, c'est une erreur/Sorry, wrong number de Litvak à Chaillot à la même heure, là j'ai raté quelque chose ou pas ?
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Roy Neary
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Post by Roy Neary »

Atticus Finch wrote:Beule, tu me rassures ! Moi qui étais déçue de ne pas avoir pu me libérer pour ces 2 Wellman (surtout tentée par le 1er, j'avoue) à la Cinémathèque, je ne regrette rien, du coup.
Ah et bien si l'avis de M.Beule compte plus que le mien...
Je m'en vais comme un Prince et je ne ferme même pas la porte derrière moi... :?

:mrgreen:
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John T. Chance
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Post by John T. Chance »

Track of the cat : je le trouve un peu raté. Il y a beaucoup de bonnes idées, une très bonne utilisation des couleurs et Mitchum y est excellent. Mais il y a comme un parfum d'inachevé, d'inabouti... J'aime bien quand même :wink:
passe me voir du côté du rio grande, petite...
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Jeremy Fox
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Post by Jeremy Fox »

John T. Chance wrote:Track of the cat : je le trouve un peu raté. Il y a beaucoup de bonnes idées, une très bonne utilisation des couleurs et Mitchum y est excellent. Mais il y a comme un parfum d'inachevé, d'inabouti... J'aime bien quand même :wink:
Oui, une sorte de film bizarre, un peu boursouflé, statique, étrange mais c'est ce qui fait aussi son charme.
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Post by Johnny Guitar »

tout à fait d'accord
un film très âpre. Unique en son genre.
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Beule
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Post by Beule »

Roy Neary wrote:
Atticus Finch wrote:Beule, tu me rassures ! Moi qui étais déçue de ne pas avoir pu me libérer pour ces 2 Wellman (surtout tentée par le 1er, j'avoue) à la Cinémathèque, je ne regrette rien, du coup.
Ah et bien si l'avis de M.Beule compte plus que le mien...
Je m'en vais comme un Prince et je ne ferme même pas la porte derrière moi... :?

:mrgreen:
:lol: :lol:
Au moins tu m'auras offert mon fou rire de la journée. Et fou du roi ce n'est déjà pas si mal, non? :mrgreen:

Plus sérieusement our Aticus, Raccrochez c'est une erreur est un huis-clos à suspense que j'aime bien, dont la mise en scène très théâtrale de Litvak sert bien le sujet. Stanwyck y livre une de ses plus belles compositions. Mais cinématographiquement ce suspense criminel ne m'apparaît tout de même pas absolument indispensable. Donc pas trop de regret à avoir, d'autant qu'il passe assez régulièrement dans les salles parisiennes et qu'il existe aussi en Zone1.
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