Le Cinéma britannique

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés avant 1980.

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daniel gregg
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Post by daniel gregg »

Alcatel wrote:Kubrick non plus n'est pas britannique. ;)

En revanche, Charlie Chaplin, par origine, l'est ! :D
Sans oublier Charles Laughton qui a vu le jour dans la vieille Angleterre ! 8)

Et parmi les réalisateurs de Bond, il manque ce vieux routier de John Glen. ;)


Ouais, (pardon çà m'a échappé), mais dans ce cas là, il y en a une belle tripotée...
Pour moi , Chaplin est un réalisateur américain, de même qu'Ida Lupino, non ?
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Jeremy Fox
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Un Monde à part de Chris Menges


1963 à Johannesburg. Molly (Jodhi May), adolescente de 13 ans, ne voit que d'assez loin les abominations générées par le régime ségrégationniste de l’Apartheid, protégée qu'elle est par son milieu de blancs assez aisé. Mais lorsque son père (Jeroen Krabbé), soupçonné de communisme, est obligé de fuir le pays et que sa mère (Barbara Herschey), journaliste qui lutte pour la liberté et les droits des noirs, est emprisonnée durant 90 jours comme l’autorise la nouvelle loi à propos de n’importe quel ‘suspect’, la jeune fille commence à prendre conscience de la réalité des injustices et des horreurs commises par le gouvernement sud africain. Son passage à l’âge adulte ne va pas se faire sans heurts, non seulement chahutée puis ostracisée par ses amies mais également obligée de s’occuper de sa jeune sœur maintenant que ses deux parents sont ‘partis’…

Avant de devenir chef-opérateur à la fin des années 60 notamment pour Ken Loach (Kes) et Stephen Frears (Gumshoe), Chris Menges avait vécu quelques années en Afrique Du Sud, notamment cette année 1963 au cours de laquelle se déroule l’histoire du film. Il connaissait donc parfaitement son sujet lorsqu’il décida sans hésiter en 1988 de passer pour la première fois derrière la caméra dans le fauteuil de réalisateur pour mettre en images le scénario de Shawn Slovo qui narrait son propre vécu d’adolescente à Johannesburg alors que l’Apartheid faisait rage ; une manière de rendre hommage à Ruth First, la mère de l'écrivain interprétée dans le film par Barbara Hershey, femme courageuse qui avait été assassinée au Mozambique quelques années plus tôt, plus précisément en 1982. Très en vogue depuis le début de la décennie pour avoir signé la photographie des plus grands succès de Roland Joffé, La Déchirure (The Killing Fields) et Mission, la production fit confiance à Chris Menges mais ne lui octroya malgré tout qu’un faible budget. Son intention n’étant pas de réaliser un film épique mais une modeste chronique, Menges réussit parfaitement à s’en accommoder et au vu du résultat on peut dire que rien n’y parait, la reconstitution d’époque semblant assez rigoureuse.

S’insérant dans un petit corpus de films consacrés au régime de l’Apartheid sortis à peu de temps d’intervalles dans les 80's avec notamment Cry Freedom de Richard Attenborough avec Kevin Kline ou Une Saison blanche et sèche de Euzhan Palcy avec Marlon Brando, Un monde à part n’a malheureusement pas eu une couverture médiatique aussi considérable ; il en résulta un faible succès d’estime, loin de celui escompté par les critiques l’ayant vu et souvent grandement appréciés. Il reste de nos jours toujours aussi méconnu malgré son élogieuse réception au Festival de Cannes, son grand prix du jury et son triple prix d’interprétation féminine -tout à fait mérité- pour Jodhi May -la plus jeune comédienne a avoir reçu cette récompense-, Barbara Herschey et Linda Mvusi. Il est toujours temps de le redécouvrir et de le faire sortir du relatif anonymat qu'à mon humble avis il ne mérite pas d’autant qu’il pourrait bien au contraire s’avérer être le meilleur film sur ce sujet politique dramatique.

Certains bien pensants d’aujourd’hui s’offusqueront très probablement du fait que le film ait été réalisé par un blanc et que les personnages noirs aient une moindre importance au sein de l’intrigue ; puisque c’est à la mode, laissons-les croire que seul un noir aurait eu la légitimité de réaliser un film sur leurs propres conditions et ne nous arrêtons pas sur de telles idioties d’autant qu’en l’occurrence le projet est l’adaptation du livre d’une femme blanche qui a narré cette chronique d’après sa propre expérience alors qu’elle était encore adolescente. Ces ignominies vues au travers le prisme du regard d’une jeune fille assez éloignée de ces abjections par son appartenance à une classe sociale aisée était une très bonne idée, le ton du film s’en ressentant, très loin d’un quelconque moralisme emphatique 'à la Hollywood' -pas nécessairement condamnable d’ailleurs, Cry Freedom étant loin d’être un mauvais film- plus proche de celui d’un récit sobre et sans artifices ; ce qui n’en fait pas pour autant un film dénué de puissance, les rares séquences violentes n’en acquérant au contraire que plus de forces. Efficaces sans avoir besoin d’être graphiquement insupportables ni grandiloquentes, elles possèdent le pouvoir de nous faire ressentir de l’indignation et de la révolte ; exemple d’une de ces séquences se situant au début du film au cours de laquelle Molly assiste de loin à un accident, un noir étant renversé par une voiture sans que cela n’émeuve grand monde, le conducteur s’enfuyant sans se retourner, personne ne venant en aide à l’accidenté et les autorités policières ne cherchant pas à poursuivre le coupable. Pas de cris outranciers ni de commentaires attendus, juste les regards plein d’interrogations et de pitié de Molly et de sa mère.

Comme l’a très bien expliqué Stéphane Hessel dans son célèbre et récent essai, l’indignation étant le ferment de l’esprit de résistance contre toute injustice, un tel film -malgré les éventuels défauts relevés par certains tels tiédeur, académisme, fadeur… que néanmoins je ne partage pas du tout même si je comprends pourquoi ils pourraient être mis en avant-, demeurera toujours salutaire et utile pour se souvenir que si ce genre d’avilissement et d’abus de pouvoir se sont déjà produits, cela pourrait encore se reproduire sous des régimes sans éthique, fustigeant les droits de l’homme pour mieux sauvegarder la souveraineté nationale. Sauf que Chris Menges et sa scénariste s’appesantissent plus longuement sur la description d’une famille chahutée par la vie quotidienne sous le régime ségrégationniste et surtout sur le portrait de l’ainée des deux filles et ses difficultés lors du passage à l’âge adulte que sur les drames vécus par ses parents ou connaissances noires, tout du moins pendant une bonne moitié du film. Non pas qu’ils soient évacués mais, plus qu’ils ne viennent s’inviter sur le devant de la scène, ils forment avant tout un arrière fonds à trois magnifiques portraits de femmes. Au début l’on se préoccupera d'ailleurs surtout des relations que Molly entretient avec ses parents, sa sœur, sa grand-mère ou les amis de son âge, qu’ils soient blancs ou noirs au travers de modestes séquences de la vie quotidienne.

La description du passage à l’âge adulte de cette attachante adolescente est d’ailleurs parfaitement bien ressenti et rendu à l'écran. Comme la plupart des filles de son âge, à la puberté Molly commence à se révolter, à se révéler égoïste, susceptible, possessive et accaparante, à vouloir avant tout qu’on la regarde et qu’on s’occupe d’elle, remontée autant contre sa petite sœur que contre sa grand-mère qui l’agacent toutes deux tout autant. 'Ne se sentant plus un bébé', elle a également du mal à supporter que sa mère ne se soit pas confiée plus tôt quant aux activités de leur couple, cette dernière ayant estimée sa fille encore trop jeune, ne lui ayant jamais révélé son combat politique pas plus que celui de son mari dont elle lui a toujours caché la vérité sur son ‘départ’. Molly va donc grandir en prenant conscience du monde qui l’entoure et de ses injustices, les droits niés aux noirs, les réunions publiques interdites, les emprisonnements abusifs et les morts dans de curieuses circonstances. La nouvelle loi des 90 jours qui autorise les autorités à interpeler, emprisonner et détenir quiconque est estimé suspect afin de pouvoir sans mandat l’interroger et lui soutirer des informations, va la frapper de plein fouet puisque sa mère va être une des premières à en être victime ; deux fois de suite d’ailleurs puisqu’au bout des trois premiers mois de détention dans de très mauvaises conditions, elle sera de nouveau arrêtée et incarcérée pour une durée à nouveau égale, ce qui va marquer le début de l’implication de la jeune fille dans la lutte après qu’elle ait mis le doigt sur les iniquités qui se déroulaient en dehors de sa ‘communauté’ d’autant qu’elle commence elle-même à être ostracisée par ses amis qui ne souhaitent plus fréquenter la fille d’un traitre et d’une prisonnière politique d'autant qu'elle entretient également des relations amicales avec certains noirs. Après la tentative de suicide de la mère pour échapper à la torture et son retour au foyer, la famille va de plus être sous surveillance quotidienne, ce qui va rendre leur vie encore plus pénible sans que jamais le film ne le soit.

Un long métrage à prendre plus comme une chronique adolescente sur fonds d'Apartheid –régime qui vivait ses derniers soubresauts en cette année 1988- que comme un violent pamphlet, même si dans ce domaine le film se révèle efficace sans pour autant s'approprier les travers, les clichés et les lourdeurs des réquisitoires manichéens. Aidé par une remarquable interprétation d’ensemble, une superbe BO de Hans Zimmer dont il s’agissait du premier travail solo après sa longue collaboration avec Stanley Myers ainsi que d’une très jolie photographie –aussi pastelle que le ton du récit-, Chris Menges nous livre –à l’instar de sa bouleversante dernière séquence des obsèques d’un militant noir mort sous la torture et des prémices de la révolte qui s’ensuivent- une œuvre touchante et toute en subtilité. Molly ayant compris que ses parents activistes se battaient pour rendre le monde meilleur, elle accepte enfin pour que cela puisse perdurer de ne pas avoir une vie ‘normale’ comme la plupart des enfants de son âge et de son entourage mais de se confronter à la brutale réalité de la vie en Afrique du Sud pour faire avancer les choses et faire tomber ce système oppressif. Admirable !
Fatalitas
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Post by Fatalitas »

Jeremy Fox wrote:Un de mes cinéastes anglais préférés : Carol Reed
ah oui, on l'a oublié

Le Troisieme homme

et

Huit heures de Sursis
Train de nuit pour Munich
l'Homme de Berlin


tous trois decouverts au cinema de minuit :wink:
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Billy Budd
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Post by Billy Budd »

John Schlesinger
Tony Richardson - The Loneliness of the Long Distance Runner
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Link Jones
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Post by Link Jones »

"La fille de Ryan" à l'évocation de ce film, pleins d'images magnifiques me reviennent, vite un DVD pour remplacer ma VHS usée !


+hors naphtalinés :?

3 films de James Ivory
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Jeremy Fox
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Post by Jeremy Fox »

Link Jones wrote:
3 films de James Ivory
-Chambre avec vue
-Howards End
-Remains of the Day / les Vestiges du jour
James Ivory est américain et ses films aussi
Link Jones
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Post by Link Jones »

Jeremy Fox wrote:
Link Jones wrote:
3 films de James Ivory
-Chambre avec vue
-Howards End
-Remains of the Day / les Vestiges du jour
James Ivory est américain et ses films aussi
il "parle" si bien de l'Angleterre que j'étais persuadé qu'il était anglais. Sorry
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Jeremy Fox
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Post by Jeremy Fox »

Link Jones wrote:
Jeremy Fox wrote:
James Ivory est américain et ses films aussi
il "parle" si bien de l'Angleterre que j'étais persuadé qu'il était anglais. Sorry
T'inquiètes, on l'a tous cru un jour ou l'autre ;-)

sinon, pour le Lean, je l'attend aussi avec impatience
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Post by Nada »

Ken Loach

Kes - 1969
Family life - 1971

Pour ne citer que les naphta. C'est par lui et Lean (dans des genres radicalement différents) que je me suis intéressé au cinéma d'outre manche
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bogart
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Post by bogart »

Jeremy Fox wrote:
Link Jones wrote:
il "parle" si bien de l'Angleterre que j'étais persuadé qu'il était anglais. Sorry
T'inquiètes, on l'a tous cru un jour ou l'autre ;-)

sinon, pour le Lean, je l'attend aussi avec impatience
+1
Grand souvenir de La fille de Ryan dont l'histoire d'amour se passe sur fond de révolte irlandaise.
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Jeremy Fox
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Post by Jeremy Fox »

Le plus beau film de Lean à mon goût
bogart
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Post by bogart »

Jeremy Fox wrote:Le plus beau film de Lean à mon goût


Je suis pas loin de penser la même chose ! :wink:
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Sergius Karamzin
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Post by Sergius Karamzin »

J'aime pas vous embêter, mais Losey était aussi anglais que ma concierge.

Losey était un bon américain pur jus, même s'il a fait sa carrière en Angleterre dans sa majorité, et qu'il y est mort. C'est un peu le Ivory avant l'heure, où le Henry James...
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Fatalitas
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Post by Fatalitas »

Fatalitas wrote:à noter que Polanski n'a tourné que deux films anglais et qu'il ne l'est pas, anglais

quand à Losey, c'est un cineaste americain, qui a beaucoup tourné en Angleterre

sinon on peut citer les comparses "Ealing" de Mackendrick : Hamer, Cavalcanti, Crichton
:wink:
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Sergius Karamzin
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Post by Sergius Karamzin »

Je ne lis pas tes posts, Fata ! :lol:
Vous voulez maroufler ? Je suis votre homme...