Mitchell Leisen (1898-1972)

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés avant 1980.

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francesco
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Re: Mitchell Leisen

Post by francesco »

En 1951 Leisen n'avait vraiment perdu la main : Cette Mère du mariée que j'ai vu tout à l'heure en est la preuve. On y retrouve les qualités de ces grandes comédies des années 30 : la perfection du rythme (pas un temps mort, mais aucune frénésie), l'équilibre subtil entre humour et sentiment, l'élégance visuelle qui transcende un univers finalement quotidien (superbe scène où on ne voit que les ombres du couple de héros ... dans un placard !), le foisonnement d'idées pas toujours attendu (culminant avec une scène hilarante ou Miriam Hopkins ....
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se persuade que son gendre trompe sa fille avec une femme qui a l'âge d'être sa mère et qui d'ailleurs EST sa mère
), les dialogues délicieux d'un bout à l'autre et la direction d'acteur remarquable : Leisen n'a pas besoin de faire grand chose pour Thelma Ritter aussi confondante d'humanité et de justesse que d'habitude et se contente de filmer avec beaucoup d'intelligence le numéro délicieux d'Hopkins, aussi maniérée et théâtrale que d'habitude mais c'est sans doute à lui qu'on doit l'aisance décontractée de Tierney et la touchante fragilité de John Lund (sans oublier l'ambiguÏté qu'il donne au personnage du rival). Tout deux sont magnifiquement filmés et chacune de leur scène est un plaisir visuel. Les scènes marquantes se succèdent et j'ai du mal à en détacher une tellement tout s'équilibre avec justesse jusqu'au happy end (sous la pluie).
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Re: Mitchell Leisen

Post by Tancrède »

j'aime beaucoup leur scène d'amour dans le placard.
Fatalitas
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Re: Mitchell Leisen

Post by Fatalitas »

le 1 er octobre en zone 2

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Sybille
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Re: Mitchell Leisen

Post by Sybille »

Intéressant. Ca fait longtemps que j'ai envie de découvrir "La baronne de minuit". J'en prend note, merci ! :D
bruce randylan
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Re: Mitchell Leisen

Post by bruce randylan »

Ann Harding wrote:Hold Back the Dawn (A chacun son destin, 1946)
Un film avec Ann Harding, The Life of Vergie Vinters (1934) de E. Santell contient à peu près les mêmes éléments. Mais, quand le film de Santell est un sombre navet, écrasé par un scénario improbable
La même histoire avait aussi servi dans la vieille fille de Goulding avec Bette Davis ( 1939 je crois ) :wink:
Si j'avais préféré la version avec Davis ( mieux rythmé avec un ou deux rebondissement moins grossiers et doté d'une fin beaucoup plus déchirante car non heureuse ), cette adaptation n'a pas a rougir et possède même de nombreux argument de choix en sa faveur. Tout d'abord une structure en flash-back qui déjoue une attente sur l'identité du pilote que l'héroïne attend et surtout une
Olivia de Havilland merveilleuse qui joue avec énormément de talent son personnage qui va de l'adolescente rayonneuse à la quarentenaire aigrie. Elle porte le film sur ses épaules avec émotion perpétuelle au point d'éclipser totalement la réalisation qu'on oublie totalement. Vu le genre et le scénario, c'est pour le coup un énorme compliment tant la mise en scèe se fait discrète et fluide.
Et puis même si la fait joue la carte du happy-end un peu facile, ça ne m'a nullement empêché de version ma petite larme devant tant de chaleur et d'humanisme :)

Très recommandable donc rien que pour la performance de Havilland ( que j'ai même eut du mal à la reconnaître )


la dangereuse aventure ( No Time for Love - 1943 )
Bonne petite comédie romantique qui brille surtout pour son excellent duo d'acteur : Claudette Colbert ( en photographe artistique snob et prétentieuse ) et Fred MacMurray ( en ouvrier Mr muscle bon vivant et issu du milieur populaire ).
Comme souvent l'intrigue repose sur une rivalité amoureuse où le "couple" ne peut pas se supporter au début, n'ose pas avouer leur passion au milieu et s'aime sans retenu dans dans le final.
Les 2 acteurs ont tous deux un excellent tempo comique qui offre jusque ce qu'il de faut de respiration, d'expressions faciales et de silence en 2 répliques cinglantes bien tournées. Ils sont comme souvent accompagnés de seconds rôles réussis qui donnent du relief à l'intrigue et relancent la machine à gag/dialogues pour un film qui s'essoufle tout de même dans le dernier tiers durant le passage obligé où les amoureux doivent prouver leur amour après une dispute où tout commençait pourtant à fonctionner entre eux.
La structure comme la mise en scène demeure trop conventionnel mais c'est fait avec un professionnalisme qui n'a rien de honteux et on se prend sans aucune problème au jeu.
Et puis il y a bien sur son lot de scènes franchement drôles ( du au choc des univers ) : Fred MacMurray découvrant la fameuse chaise, la présentation de celui-ci au ami de Claudette Colbert, le rêve avec Superman ou bien le jeu des chaises musicales.
Si ce n'est donc la baisse de régime vers la fin, c'est un excellent divertissement !


La mère du marié ( The Mating Season - 1951 )
La par contre, c'est une excellente comédie enlevée et irrésistible.
Le scénario à la construction impeccable évoque comment une femme d'origine modeste se retrouve, suite à un quiproquo, à devenir la cuisinière de son propre fils et garder cet emploi pour ne pas gêner sa belle-fille qui ignore son identité. Ce se pimente encore plus comme la mère de la mariée, une bourgeoise hautaine à baffer, vient séjourner dans leurs appartement.
Rythme soutenu, dialogues percutant, situations cocasses, mises en scène tout en élégance et surtout un bien sur casting en or ! Entre Gene Tierney qui aura rarement été aussi fraiche, Miriam Hopkins impayable avec sa méchanceté et ses poses shakespeariennes, John Lund dépassé par les événements et surtout une Thelma Ritter extraordinaire, le spectateur est aux anges et savoure chaque seconde passé avec eux.
Ce sont ces personnages délicieusement humains et cette alchimie entre les touches d'émotion et un rire léger, raffiné et jamais vulgaire qui font de Leisen un réalisateur humble, modeste et chaleureux.


La porte d'or ( Hold Back the Dawn - 1941 )
C'est sans doute l'un des films de Leisen les plus tristement célèbre puisqu'il marqua la fâche entre son réalisateur et son scénariste, Billy Wilder, qui n'apprécia guère les coupes effectuées à son script, criant désormais avec haine son mépris pour Leisen et le conduisit dans un oubli injuste.
Car si cette porte d'or n'est pas parfait, les raisons en incombent autant à Leisen ( encore de fâcheux problèmes de rythme ) qu'à Wilder qui ralentit considérablement la narration avec des personnages secondaires franchement inutile ( le descendant de Lafayette plombe le récit d'une force ! :evil: ).
Celà dit, ça reste un très bon film avec comme toujours une structure banale ( un homme qui épouse une femme par intérêt finit par tomber réellement amoureuse d'elle mais trop tard ) qui se rattrape par le soin accordé aux personnages conférant une tonalité doucement amer dont l'aspect désillusionné surprend à plusieurs reprises ( comme par exemple le jeu "absent" de Charles Boyer ou sa voix off mélancolique que rien ne vient accompagné : ni bruitage ambiant, ni musique ). Et puis cette vision dépressive des immigrés bloqués à la frontière américaine prend encore plus de sens quand on sait qu'elle date de 1941 et que Wilder lui-même avait fuit l'Allemagne nazie.
Mais pour en revenir au film en lui-même, c'est une comédie dramatique terriblement attachante et juste avec un trio de personnages merveilleusement bien écrits et joués et qui distille émotions et pointe d'humour avec un charme évident. Et si je disais du mal de certains seconds rôles, d'autres sont tout aussi réussis ( Walter Abel ; le femme voulant accoucher aux USA ).
Enfin, le film est raconté dans un étonnant flash-back où le héros vient trouver un réalisateur dans les studios Paramount ( Mitchell Leisen lui-même ) pour lui narrer son histoire avant d'être arrêter :o

Imparfait mais terriblement attachant.



boulevards de paris ( Bedevilled - 1955 )
Bon, là par contre, on est proche du Navet. :?
Il y a avait pourtant de faire de bonne chose en remplaçant le sempiternel privé des films noar par un jeune prêtre...
Mais ça va pas plus loin que le vague mélo conservateur ( et un brin misogyne ) avec un héros masculin fade comme pas permis et dont la mise se limite à se la jouer carte postale parisienne pour des scènes d'une mollesse éhontée pour un film policier.
Seule Anne Baxter tire son épingle du jeu avec une fragilité qui parvient à faire oublier le pré ben Affleck qui lui récite ses dialogues.
Certes, les conditions de diffusion auraient pu être mieux ( une copie recadrée du 2.55 en 4/3 et aux couleurs virées ) mais je ne suis pas sur que ça aurait sauver ce film, par ailleurs l'avant dernier de Leisen.
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Ann Harding
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Re: Mitchell Leisen

Post by Ann Harding »

Take a Letter Darling (Mon secrétaire travaille la nuit, 1942)
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A. M. MacGregor (Rosalind Russell) est une femme d'affaire à la tête d'une agence de publicité. Elle cherche la perle rare pour remplacer son dernier secrétaire qui vient de démissioner. Il faut dire que le 'secrétaire' doit jouer le rôle du fiancé de la patronne lors de ses diners d'affaires. Il doit en outre danser et flirter avec diverses matronnes pendant qu'elle discute business avec quelques grands patrons. Tom Verney (Fred MacMurray) accepte le poste à regrets, mais, il est un peintre désargenté et il a besoin de son salaire à 100$ par semaine....

Cette honnête comédie est très bien jouée par Russell en pleine forme (il faut voir le croc-en-jambe qu'elle assène à ce pauvre MacMurray dans un accès de jalousie! :mrgreen: ) et par MacMurray très à l'aise. Les seconds rôles sont très bien tenus avec entr'autres, Robert Benchley, en 'executive' paresseux et Cecil Kellaway, en alcoolique mondain. Le film n'a pas le niveau de Easy Living ou Midnight mais on passe un très bon moment!

Hold Back The Dawn (La Porte d'Or, 1941)
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Le second film de la soirée était d'un autre niveau avec un scénario de Billy Wilder & Charles Brackett. D'ailleurs, Wilder se plaint que Boyer ait modifié une scène où il devait parler avec un cafard ce qui rendit Wilder furax. Il décida de modifier le rôle de Boyer pour le rendre moins important à la fin du film. :mrgreen:
George Iscovescu (Charles Boyer) est un réfugié Roumain dans une petite ville frontière mexicaine (Situation dans la laquelle Wilder s'était lui-même trouvé qq années auparavant). Il cherche désespéremment à obtenir un visa pour les USA comme de nombreux autres Européens coincés eux aussi dans un petit hôtel minable. Par chance, George rencontre une ancienne maîtresse et partenaire, Anita (Paulette Goddard) qui lui donne la bonne recette. Il sufit d'épouser une citoyenne Américaine. Il part en chasse immédiatement et se concentre sur Emmy (Olivia de Havilland), une jeune institutrice naïve et honnête. Le lendemain, il l'épouse avec la ferme intention de divorcer dès que possible....

Ce mélodrame se révèle absolument étonnant par son traitement des personnages, particulièrement le personnage de Boyer qui au début du film est un gigolo amoral et cynique, et qui peu à peu se transforme sous l'influence de Emmy dont la confiance et la bonté le sidère. De Havilland est superbe de bout en bout ainsi que Goddard dans un tout autre registre de chercheuse d'or avec des répliques cinglantes. Les personnages secondaires ne sont pas tous développés comme il le faudrait. En particulier, Victor Francen qui a vraiment un petit rôle (on peut noter la présence de la française Micheline Cheirel qui joue une de ses filles: elle était la fille de Françoise Rosay dans la Kermesse Héroïque en 1935!). La fin heureuse du film ne semble pas plaquée et apporte un dénouement bienvenu. Parmi tous les Leisen que j'ai pu voir jusqu'à présent, c'est un des meilleurs. :D
Dommage que les deux copies soient un peu sombres et peu contrastées contrairement à Cradle Song et To Each His Own. Mais, la qualité est tout à fait acceptable. :|
bruce randylan
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Re: Mitchell Leisen

Post by bruce randylan »

Practically Yours ( 1944 )
Une excellente comédie avec un scénario propice à de nombreux éclats de rire.

Ca raconte comment Peegy, une modeste secrétaire découvre qu'un de ses collègues était amoureux d'elle lors qu'il lui a dédié ses dernières paroles avant de s'écraser sur un porte avion japonais. Sauf que...
1. Le héros en question a survécu au crash
2. Peeggy se référait à quelqu'un d'autre... :mrgreen:

La scène qui voit la rencontre entre Claudette Colbert et Fred MacMurray est juste à mourir de rire. Elle le regarde passionné avec des grands yeux de biche et un sourire niais au possible tandis que lui ne comprend rien à ce qui se passe et pourquoi on lui de parle de mariage... Comme d'hab la direction d'acteur de Leisen est excellentes et dose à merveille le timing dans les réaction et les expressions de ses personnages...
Par contre, comme d'habitude, Leisen grille un peu trop vite ses cartouches et s'essouffle un moment avant de repartir grâce à l'intervention d'un autre prétendant au mariage de Colbert... La aussi, ça donne une scène juste hilarante quand celui-ci fait visiter leur future maison à grand coups de répliques d'un machisme d'autant plus tordant que le mec a pas du tout le physique de l'emploi ( "venez, je vais vous montrer votre chambre", et il la conduit dans la cuisine :lol: :lol: )...
Evidemment on trouve son lot de répliques bien emballé et sa gallérie de second rôle ( plus ou bien exploité cependant )

Fidèle au mélange des émotions, Leisen introduit également quelques très beaux moments d'émotions comme cette femme qui demande des nouvelles de son mari sur un navire de guerre ou l'entente du "dernier" message de MacMurray à la radio. 2-3 moments sobres, justes et très pudiques.
D'ailleurs la mise en scène de Leisen m'a parut plus soigné que d'habitude avec notamment un astucieux plan-séquence qui commence par le couple d'acteur sur fond retroprojeté avant d'évoluer dans un vrai décor en studio. Mais en règle général, le film utilise très bien les cadres dans le cadres ou la profondeur de champ.
Une très bonne comédie.


I want Wings ( 1941 )
Grosse déception en revanche avec ce film d'"effort de guerre" interminable qui pendant plus de 2 heures suit l'évolution d'un trio de jeunes recrues pour devenir pilote dans l'army Air Force.
Tous les clichés sont de la partie entre le fils de riche, l'idiot sympa et celui qui manque de confiance en soi.. sans oublier les histoires de cœur bien gonflantes qui offre quelques scènes ridicules avec Veronica Lake...
Après, la réalisation n'est pas mauvaise en tant que telle ( il y a au moins une scène d'aviation très spectaculaire ) mais il est impossible de s'attacher à n'importe quelles personnages et pour une fois la structure en flash-back chère à Mitchell pour ses films dramatiques ne marche pas non plus et parvient encore moins à donner de la profondeur à l'intrigues ou à la psychologie.
2h10 bien longues sans être nulle.
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Re: Mitchell Leisen

Post by cinephage »

bruce randylan wrote:sans oublier les histoires de cœur bien gonflantes qui offre quelques scènes ridicules avec Veronica Lake...
J'ai bien peine à croire qu'une scène avec Veronica Lake puisse être ridicule... :?
I love movies from the creation of cinema—from single-shot silent films, to serialized films in the teens, Fritz Lang, and a million others through the twenties—basically, I have a love for cinema through all the decades, from all over the world, from the highbrow to the lowbrow. - David Robert Mitchell
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Re: Mitchell Leisen

Post by bruce randylan »

Tu ne l'as pas vu en blonde, fagotée comme une prostitué au rabais, se cacher dans la queue d'un avion militaire pour échapper à 2 policiers après qu'elle eut avoué avoir tué un mec à l'autre bout des USA ( le tout bien sur qui arrive comme cheveux au milieu de la soupe )
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Re: Mitchell Leisen

Post by Cathy »

bruce randylan wrote:Tu ne l'as pas vu en blonde, fagotée comme une prostitué au rabais, se cacher dans la queue d'un avion militaire pour échapper à 2 policiers après qu'elle eut avoué avoir tué un mec à l'autre bout des USA ( le tout bien sur qui arrive comme cheveux au milieu de la soupe )

Euh, Veronika Lake, elle est pas naturellement blonde, et elle a un peu toujours l'air un peu "pute" :oops: :oops: :oops: !
francesco
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Re: Mitchell Leisen

Post by francesco »

cinephage wrote:
bruce randylan wrote:sans oublier les histoires de cœur bien gonflantes qui offre quelques scènes ridicules avec Veronica Lake...
J'ai bien peine à croire qu'une scène avec Veronica Lake puisse être ridicule... :?
:? Là pour le coup je n'arrive pas à changer mon opinion sur cette actrice. Quand elle sort de son registre de femme fatale un peu blasée je la trouve d'une molesse déprimante. Dans Les Anges du Pacifique où elle avait une grande scène dramatique j'avais rarement vu quelqu'un d'aussi peu convaincant. Et dans un film "de parade" Paramount, elle avait une petite chanson avec Lamour et Goddard. Elle ne faisait même plus semblant de jouer. On avait réellement l'impression qu'elle avait capitulé.
Alors je peux le croire sans problème, moi.
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Re: Mitchell Leisen

Post by francesco »

Attention Spoilers inclus dans la critique :


La duchesse des Bas Fonds c'est le titre un peu tartignole choisi par les distributeurs français pour Kitty (1946). Ne vous laissez pas arrêter, c'est un excellent film ! Croisement entre Ambre et Pygmalion ce récit typiquement picaresque (comment dans le Londres du XVIIIème siècle une jeune fille ravissante issues "des bas fonds" devient "duchesse" en usant de son charme et avec l'aide d'aristocrates charmants mais peu scrupuleux) est un bon résumé du genre : péripéties qui s'enchainent sans trop de soucis de vraissemblance, maris qui meurent au bon moment, humour polisson et personnages sans grande de profondeur. Comme dans Ambre l'héroïne est désespérément amoureuse du premier homme qui a été bon avec elle et n'aura de cesse que de la séduire et finalement de se sousmettre à son bon vouloir, alors qu'il ne lui arrive pas à la cheville. Ce qui nous vaut 5 dernières minutes un peu pesantes. Pour le reste un délice de mise en scène : Leisen s'est investi dans chaque séquence et dans chaque image (il était très soucieux de la réception du film en Angleterre) réussissant des plans mémorables (la mort du duc, ses valets autour de lui, qui ressemble à un tableau), des ruptures de ton audacieuses (tout le début du film est traité comme une comédie légère, quand la brusque, et surprenante, violence du premier mari de Kitty le fait basculer tout à coup dans le mélodrame), des moments de grâce qui reproduisent les tableaux de Gainsborough (un des personnages du film par ailleurs) comme ce bal où assiste le prince de Galles. Très attentif à l'authenticité du film (l'atelier du peintre, l'exposition de peinture -où sont reproduits certains chef d'oeuvre qu'on avait refusé de prêter au réalisateur, les costumes des hommes et des femmes -ces derniers particulièrement flatteurs) Leisen en a fait une fresque charmante dont il souligne avec intelligence les points de détails et pas nécessairement les moments dramatiques souvent traités par ellipse : comme oublier parmi ces scènes le ballet nocturne des valets du duc qui viennent lui annoncer la naissance de son enfant ou encore le cours d'éventail que donnent Ray Milland et Constance Collier à Paulette Goddard ? Ces derniers sont tous remarquables : les interprétations de Milland, très à l'aise et de Goddard sont extrêmement brillantes. Pour cette dernière c'est d'autant plus remarquable qu'elle a relativement peu de dialogues (ce sont toujours les autres qui lui parlent) jouant beaucoup sur un mime comique très réussi, son accent cokney, que je crois assez bon mais sans doute "théâtrale" (faudrait demander à Ann Harding) avait été coaché par Constance Collier qui était autant une répétitrice qu'une actrice et qui trouve son plus beau rôle a cinéma en lady alcoolique. Ses réactions et expressions sont toujours trés légèrement décalées par rapport à ce qu'on attend ce qui est extrêmement drôle sans jouer sur le stéréotype de la tante fofolle à la Mary Bolland.
Last edited by francesco on 22 Sep 08, 10:14, edited 1 time in total.
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Re: Mitchell Leisen

Post by someone1600 »

Fatalitas wrote:le 1 er octobre en zone 2

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J'ai justement regarder hier Hand across the table, disponible dans le coffret zone 1 Universal de Carole Lombard. Bien aimé le film en tout cas. :D
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Cathy
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Re: Mitchell Leisen

Post by Cathy »

Pour ceux qui captent TCM, je rappelle que mardi soir, une soirée Mitchell Leisen est prévue avec la diffusion de deux films.
Une fille qui promet et Young man with ideas.
bruce randylan
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Re: Mitchell Leisen

Post by bruce randylan »

Dream Girl ( 1948 )
De nouveau une comédie dans cette histoire où une fille amoureuse du mari de sa grande sœur se fait séduire par un journaliste littéraire bon vivant.
Sous ses allures classiques, le film étonne joyeusement dans l'originilité du traitement atypique de la voix-off en forme de clin d'œil au spectateur. Et il y a surtout une demi-douzaine de scènes irrésistibles où la jeune fille, très rêveuse, s'imagine des situations dignes des pires romans photos avec interprétations surjoués, clichés hénaurmes, dialogues ridicules et imagerie Soap Opera.
Ca fonctionne à fond avec des acteurs qui en font vraiment des caisses et une mise en image très inspirée dans ces délires mais il est dommage que Betty Hutton soit plus âgée de 10 ans pour le rôle et elle casse malgré-elle l'essence du personnage.
J'ai également beaucoup apprécié Macdonald Carey dans le rôle du journaliste blasé qui essaye d'affranchir Hutton de son imaginaire. Ca apporte comme toujours chez Mitchell une touche de sentiment et de justesse qui fonctionne en total adéquation avec l'humour du film ( à la fois fin et aux grosses ficelles ).
Et puis pour une fois, Mitchell parvient à garder un bon rythme jusqu'à la fin mais si pour son problème de casting et de scénario trop prévisible, cette Dream Girl ne parvient pas à se hisser parmi les réussites du genre.


Les nuits ensorcelès
( Lady in the dark - 1944 )
Avec celui-là par contre, je suis assez embêté, je suis incapable de savoir si le film est réussi ou raté !

D'un côté il y a un scénario qui aborde la psychanalyse avec tous les stéréotypes du genre ( la femme névrosée avec le trauma de l'enfance, l'amour du père et autre frustration sexuelle refoulée ) dans un cadenas très hollywoodien qui laisse peu de place au final à la surprise, le tout dans un univers des plus kitsch à grand coup de costumes extravagant et/ou de scènes rêvées hallucinantes qui date énormément le film.

Mais d'un autre coté, c'est aussi l'un des premiers films américain à aborder la psychanalyse avec un personnage très intéressant qui parvient complètement à être crédible dans le portrait dressé. En plus Ginger Rogers se révèle être une excellente actrice dramatique.
Et, puis visuellement le film est gros délice pour les yeux grâce à un technicolor délirant qui déploie une palette de couleur étourdissants et une photo de qualité qui explosent dans les séquences rêvées et musicales. Digne des meilleurs délires de Minnelli période Ziegfield Folies ou Yolanda et le voleur, ces 4-5 moments repoussent toujours plus loin l'onirisme et le baroque coloré, c'est assez délirant et si le ridicule n'est mais bien loin, la fascination fonctionne à plein régime.

Avec cette balance à 2 poids, 2 mesures, le film a forcément le cul entre 2 chaises mais je pense que vu l'année de production et les questions qu'il aborde frontalement ( notamment la sexualité ), le film est plus subversif qu'il n'y parait. Évidement, aujourd'hui, ça parait bien limité mais le parcours du personnage marche toujours ( encore une fois, une bonne part est du à Ginger Rogers )

Après, mon coté fleur bleue et fan de Musicals me donne quand même envie de dire du bien de ce film qui dresse un portrait de femme avec une sincérité évidente bien qu'esquissé avec grossierté.
C'est une curiosité qui mérite le coup d'œil si vous êtes assez ouvert d'esprit.

C'est en tout cas un film important dans ma découverte de Leisen car c'est avec celui-ci que je me suis rendu compte que la plupart des personnages de Leisen sont des êtres en quêtes d'un nouveau départ ou d'une nouvelle chance ( c'est le cas de 75% des films vu pour le moment ). Ça ne fait pas de Leisen le porte parole des exclus et des perdants, mais l'élégance et la discrétion de sa mise en scène ( qui évite d'ailleurs à chaque fois les baisers finaux ) jouent beaucoup dans sa capacité à aborder des thèmes plus graves et mélancoliques... fidèle à l'idée que l'humour est la politesse du désespoir ( bien que le termes soit un exagéré vu les situations ).
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